Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements sur l’évolution des discussions en cours entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face aux députés, il a assuré que les échanges « se passent très bien », tout en rappelant les différentes étapes déjà franchies dans le cadre du processus.
Cheikh Diba est revenu sur la publication de l’audit initial, intervenue le 26 septembre, un document qui a permis de mettre en lumière la situation exacte des finances publiques. À la suite de cet audit, un rapport certifié a été validé le 12 février, levant ainsi les derniers prérequis pour l’ouverture formelle des négociations avec le FMI. Selon le ministre, ce cadre de transparence et de clarification était indispensable pour asseoir des discussions constructives.
Dans son intervention, le ministre a également dressé un tableau sans complaisance de la situation budgétaire héritée. Il a révélé que le taux d’endettement du Sénégal est passé de 74 % à 119 %, un niveau considéré comme très élevé et susceptible de fragiliser la stabilité macroéconomique du pays. À cela s’ajoute un déficit budgétaire estimé à 13,4 %, un chiffre bien au-dessus des normes communautaires et des seuils habituellement admis par les partenaires techniques et financiers.
Cheikh Diba a expliqué que ces indicateurs justifient la prudence dont fait preuve actuellement le FMI. L’institution, selon lui, souhaite s’assurer que les déséquilibres financiers observés par le passé ne se reproduiront plus. Elle adopte ainsi une démarche fondée sur « l’assurance et la sûreté », l’objectif étant de sécuriser la trajectoire budgétaire du Sénégal pour les années à venir.