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Economie

Économie : le Sénégal face au « mur financier » de 2026, l’alerte du Dr Abdourahmane Ba

Alors que le gouvernement sénégalais a récemment rejeté le plan de restructuration proposé par le Fonds Monétaire International (FMI), les observateurs économiques tirent la sonnette d’alarme. Pour le Docteur Abdourahmane Ba, expert en évaluation des politiques publiques, « l’heure n’est plus à la rhétorique, mais à une préparation technique rigoureuse ».

Le Sénégal se trouve à un tournant critique. Entre la gestion d’une dette jugée partiellement « cachée » et des échéances internationales imminentes, la marge de manœuvre de l’État se réduit considérablement. Selon le Dr Ba, le rejet du plan du FMI ne doit pas être interprété uniquement comme un acte de souveraineté nationale, mais aussi comme un défi majeur pour les capacités institutionnelles du pays. Le point le plus préoccupant reste le remboursement d’un Eurobond massif. Entre mars et mai 2026, le Sénégal devra mobiliser au minimum 1,1 milliard de dollars, une échéance que l’expert qualifie de « mur financier » à franchir.

« Ce que nous devons noter, ce n’est pas une bataille idéologique entre la souveraineté du Sénégal et le FMI, mais une bataille entre l’improvisation et la préparation technique », a expliqué le Dr Abdourahmane Ba au micro d’iRadio. Pour surmonter cet obstacle, il estime que le marché régional seul ne suffira pas. Selon lui, plusieurs mesures doivent être envisagées : l’émission d’un nouvel Eurobond à maturité plus longue, l’obtention d’un prêt relais (bridge) pour assurer la transition, et la renégociation des échéances avec les créanciers afin de différer certains paiements.

Malgré les tensions et les divergences actuelles, le Dr Ba insiste sur la nécessité de parvenir à un accord avec le FMI pour crédibiliser la signature du Sénégal sur la scène internationale. Cet accord, selon lui, constituerait une véritable « bouffée d’oxygène », permettant au pays d’accéder de nouveau aux marchés financiers et de lever les fonds indispensables. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit rassurer les partenaires par un discours clair et technique. Il est crucial de sceller un programme avec le FMI avant la fin février pour anticiper le virage de 2026 », a-t-il ajouté. L’expert a également rappelé que, même après 2026, d’autres échéances majeures attendent le Sénégal, notamment en 2028, ce qui rend l’année 2027 particulièrement périlleuse.

Le Premier ministre a assuré que ses équipes étaient prêtes à relever le défi. Toutefois, le Dr Ba prévient que la seule bonne volonté ne suffira pas face à la rigueur des chiffres et des échéances. « Par rapport à ce mur financier qui arrive, une attitude responsable du gouvernement est à prioriser », a-t-il conclu, lançant un appel à la prudence et à la stratégie pour éviter une crise majeure.


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