Pour la troisième journée consécutive, Farba Ngom, député et maire des Agnam, a décliné toute visite à la prison de Rebeuss, où il est détenu depuis février dernier dans le cadre d’une affaire de transactions financières jugées douteuses. Une décision qui suscite l’inquiétude de ses proches, venus en nombre ces derniers jours pour lui témoigner leur solidarité.
Dans une note relayée par le quotidien Les Échos, la cellule de communication de l’élu informe que « toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées à une date ultérieure », invoquant des raisons de santé. « En raison de son état de santé, l’honorable député Farba Ngom informe que toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées […] Merci pour votre compréhension et votre solidarité », peut-on lire dans le communiqué.
Arrêté dans le cadre de l’enquête sur un scandale financier impliquant plus de 125 milliards de francs CFA, révélé par un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), Farba Ngom est depuis placé sous mandat de dépôt. Les charges pesant contre lui portent notamment sur des flux financiers suspects et des montages financiers opaques.
Face à la dégradation présumée de son état de santé, les avocats de Farba Ngom ont introduit une nouvelle demande de liberté provisoire. Cette requête s’appuie sur un rapport médical établi par un médecin mandaté par le juge d’instruction, concluant à une incompatibilité entre son état physique et la détention en milieu carcéral.
Au sein de l’Alliance pour la République (APR), parti au pouvoir jusqu’à récemment, certains cadres dénoncent un « acharnement judiciaire » contre un homme qu’ils présentent comme affaibli et vulnérable. « Il faut que le droit soit dit, mais dans des conditions humaines et médicales acceptables », a déclaré un responsable du parti sous couvert d’anonymat.