Élu en août 2025 à la tête de la Fédération sénégalaise de football (FSF) pour succéder à Augustin Senghor, Abdoulaye Fall traverse aujourd’hui une période particulièrement délicate. Celui qui était arrivé aux commandes avec la promesse d’insuffler un nouveau souffle au football sénégalais se retrouve désormais confronté à deux dossiers sensibles qui fragilisent son début de mandat : la contestation de son élection devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et une procédure disciplinaire engagée par la Confédération africaine de football (CAF) après ses déclarations sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025.
Au moment de son élection, Abdoulaye Fall incarnait une forme de rupture après plusieurs années de gouvernance sous Augustin Senghor. Son arrivée à la tête de la FSF avait suscité beaucoup d’espoir parmi les acteurs du football national, notamment sur les questions de gouvernance, de développement des compétitions locales et d’amélioration des infrastructures sportives. Mais très rapidement, le climat autour de sa présidence s’est tendu, notamment à la suite de contestations émanant de certains acteurs du football sénégalais qui remettent en cause la régularité du processus électoral.
Ces contestations ont finalement été portées devant le Tribunal Arbitral du Sport, juridiction internationale compétente pour trancher les litiges liés au sport. Le recours introduit vise à examiner les conditions dans lesquelles l’élection s’est déroulée, certains plaignants évoquant des irrégularités dans la procédure. Cette démarche judiciaire maintient une incertitude sur la stabilité institutionnelle de la Fédération sénégalaise de football. Même si aucune décision définitive n’a encore été rendue, l’existence même de cette procédure entretient un climat d’instabilité au sein de l’instance dirigeante du football national.
Parallèlement à ce dossier, Abdoulaye Fall fait également face à une autre affaire qui dépasse le cadre national. La Confédération africaine de football a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre à la suite de propos qu’il aurait tenus concernant l’organisation et l’arbitrage de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Ces déclarations, jugées sensibles par l’instance continentale, auraient suscité l’attention de la commission disciplinaire de la CAF, qui pourrait décider de sanctions si elle estime que les règles de communication et de respect des institutions ont été enfreintes.
Cette situation place le président de la FSF dans une position particulièrement inconfortable. D’un côté, il doit gérer les tensions internes au sein du football sénégalais et rassurer les acteurs locaux sur la solidité de sa légitimité. De l’autre, il doit répondre aux exigences des instances continentales, dont les décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur sa crédibilité et sur la position du Sénégal au sein du football africain.
Dans les coulisses, plusieurs observateurs du football sénégalais s’inquiètent de l’impact que ces turbulences pourraient avoir sur la gestion des compétitions nationales et sur les relations entre la Fédération et les différents clubs. Certains appellent à l’apaisement et à une clarification rapide des procédures en cours afin d’éviter que ces affaires ne perturbent davantage le fonctionnement du football sénégalais.