Ce vendredi, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présenté les grandes orientations du gouvernement dans la gestion des inondations au Sénégal, lors de la conférence de presse gouvernementale “Káddu” tenue au Building administratif de Dakar. Devant la presse, le ministre a exposé une vision tournée vers la prévention, l’innovation technologique et la durabilité des infrastructures.
D’emblée, Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la nécessité de renforcer le maillage territorial en équipements météorologiques et hydrologiques, notamment à travers l’installation de radars et de stations automatiques. Ces outils, selon lui, permettront une meilleure anticipation des phénomènes pluvieux et une réponse plus rapide sur le terrain. Dans le même esprit, il a annoncé la pérennisation du système d’alerte et de communication basé sur la technologie et la participation citoyenne, un dispositif déjà expérimenté avec succès dans plusieurs localités.
Le ministre a également rassuré sur l’avancement et l’achèvement des grands chantiers structurants engagés dans plusieurs villes, notamment Touba, Tivaouane, Kaolack et Rufisque. Ces projets, a-t-il précisé, constituent des maillons essentiels dans la politique nationale de drainage et de gestion durable des eaux pluviales. En parallèle, un Plan d’entretien permanent des ouvrages de drainage et de pompage sera mis en œuvre afin d’assurer la durabilité des infrastructures et d’éviter les dégradations récurrentes observées après chaque hivernage.
Par ailleurs, Cheikh Tidiane Dièye a annoncé une réforme importante dans le domaine de l’aménagement urbain. Dorénavant, le paramètre d’altitude, désigné sous la lettre « Z », sera intégré dans toutes les opérations de lotissement et d’autorisation de construire. Cette mesure vise à prévenir les constructions dans les zones basses et à réduire considérablement les risques d’inondation dans les nouvelles zones d’habitation.
« Le Sénégal passe d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, et la résilience climatique devient un pilier de la politique publique », a-t-il affirmé, soulignant la volonté du gouvernement de rompre avec les réponses d’urgence pour adopter une approche de long terme.
Abordant les perspectives économiques et environnementales, le ministre a mis en avant des projets innovants fondés sur des solutions naturelles. « Nous allons transformer les défis en opportunités. Nous avons des projets basés sur la nature. Avec la vallée du Sine, nous pouvons créer des lacs artificiels. Et toujours avec Touba et Tivaouane, il est envisagé des activités de pêche et d’élevage avec les opérations hivernales de drainage », a-t-il expliqué.
Cette conférence de presse s’est tenue en présence de la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye, du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, ainsi que d’autres membres du gouvernement.