Politique
Invitation au Palais : des députés boycottent le « Ndogou » du président Diomaye
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par
Le Dakarois
Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.
Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.
Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.
Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.
Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.
Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.
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