Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , aurait tenu des propos mesurés sur l’avenir politique de son Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’occasion du traditionnel « Ndogou Présidentiel » organisé au Palais de la République. Selon des révélations faites par le député Abdou Lahad Ndiaye lors d’une émission diffusée ce vendredi sur une chaîne privée locale, le chef de l’État ne se serait pas engagé sur une éventuelle candidature du leader de Pastef à l’élection présidentielle de 2029.
D’après le parlementaire, l’échange a eu lieu dans une atmosphère conviviale propre à la rupture collective du jeûne, mais la discussion aurait rapidement pris une tournure politique lorsque la question de l’avenir électoral d’Ousmane Sonko a été évoquée. C’est dans ce contexte que le président aurait déclaré que « la candidature du président de Pastef ne l’engage pas » et que « ce n’est pas le moment d’en parler ». Des propos rapportés indirectement, mais qui traduisent une volonté apparente de temporisation au sommet de l’État.
Cette posture prudente tranche avec l’image d’alignement total souvent affichée au sein de la coalition Diomaye Président depuis l’accession au pouvoir. En refusant de se projeter dès à présent sur l’échéance de 2029, Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une lecture institutionnelle de sa fonction, soucieux de ne pas apparaître comme partie prenante d’une dynamique électorale anticipée. À travers cette réserve, le chef de l’État pourrait chercher à préserver la séparation entre l’exercice du pouvoir et les ambitions partisanes, alors même que les spéculations sur l’après-mandat commencent à émerger dans le débat public.
Pour certains observateurs, cette prise de distance ne signifie pas nécessairement une divergence stratégique avec son Premier ministre. Elle pourrait plutôt refléter une gestion maîtrisée du tempo politique, dans un contexte où le gouvernement est encore engagé dans la mise en œuvre de ses réformes économiques et institutionnelles. Mettre en avant dès aujourd’hui la question de 2029 risquerait, selon cette analyse, de détourner l’attention des priorités immédiates et d’alimenter des rivalités prématurées au sein de la majorité.
D’autres, en revanche, y voient les premiers signes d’un repositionnement subtil au sein de la mouvance présidentielle. La perspective d’une candidature d’Ousmane Sonko à la prochaine présidentielle constitue un enjeu majeur pour la recomposition du paysage politique sénégalais. En déclarant que cette éventualité « ne l’engage pas », Bassirou Diomaye Faye enverrait un signal clair : le débat sur la succession ou la continuité ne saurait être tranché à ce stade, et encore moins scellé dans le cadre d’un événement à caractère protocolaire.
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