Suivez-nous

Société

Ismaïla Ngom rejette catégoriquement les accusations devant le Doyen des juges

Face au Doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, Ismaïla Ngom a fermement nié toutes les accusations de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs qui pèsent sur lui. Inculpé et placé sous bracelet électronique depuis le 19 mai, le frère de l’ancien député Farba Ngom s’est présenté hier avec quatre de ses avocats pour un interrogatoire très attendu.

Devant le magistrat instructeur, Idrissa Diarra, son audition n’aura duré qu’un peu plus d’une heure. Selon des sources citées par L’Observateur, l’attitude d’Ismaïla Ngom s’est voulue posée, méthodique et directe. Ses déclarations, jugées suffisamment structurées, ont conduit ses avocats — Mes Baboucar Cissé, Abdou Dialy Kane, Alassane Cissé et Antoine Mbengue — à ne formuler aucune intervention, laissant le juge dérouler seul son interrogatoire.

Les questions du magistrat se sont particulièrement concentrées sur les activités financières et la gestion des quatre sociétés civiles professionnelles (SCP) Haba, Doworou, Kantong et Tidjania, toutes placées sous la responsabilité statutaire d’Ismaïla Ngom. Le juge a notamment examiné les opérations de retraits et de virements portant sur des montants particulièrement élevés.

L’un des volets les plus sensibles porte sur quatorze chèques émis par la société Sofico de l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Selon le réquisitoire introductif du Procureur, fondé sur les conclusions de la Centif, ces chèques — d’un montant cumulé de 5,3 milliards de francs CFA — auraient été versés au profit de la SCP Tidjania, considérée comme une structure liée à Farba Ngom et détenue à 90 % par Ismaïla Ngom. Les dépôts auraient été effectués à l’agence « Prestige Blue » de la Nsia, aux Almadies.

Confronté à ces éléments, Ismaïla Ngom a opposé un démenti catégorique. Il a affirmé que ces mouvements financiers, loin de revêtir un caractère suspect, relevaient exclusivement d’opérations privées et transparentes. Il a déclaré ne pas comprendre les fondements ayant conduit à les assimiler à un détournement de deniers publics. Insistant sur la nature strictement privée de toutes les transactions, il a soutenu que rien ne justifiait les accusations de blanchiment et d’escroquerie portées contre lui.

Interrogé ensuite sur les retraits en espèces effectués en sa faveur, il a assuré que leur traçabilité ne souffrait d’aucune ambiguïté. Tous les justificatifs existent, a-t-il insisté, ajoutant que les opérations ont été effectuées conformément à la réglementation bancaire. L’examen s’est prolongé sur un autre point crucial : douze virements totalisant 6 milliards de francs CFA enregistrés en juillet 2020 sur le compte de la SCP Doworou, ouvert à la Nsia et détenu à 90 % par lui. La Centif estime que ces fonds proviendraient du remboursement de bons de caisse émis par la société Sofico.

À l’issue de son audition, l’homme poursuivi pour association de malfaiteurs en bande organisée, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux, est rentré chez lui avec retenue, toujours sous bracelet électronique. Ses avocats, convaincus que les éléments du dossier ne suffisent pas à étayer les accusations du ministère public, envisagent de déposer une requête en non-lieu dans les prochains jours.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Plus dans Société

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture