Comme chaque année, la Journée des talibés a été célébrée à Kaolack. Cette journée vise à mettre en lumière la situation difficile de milliers d’enfants confiés aux écoles coraniques, appelés talibés, qui vivent souvent dans des conditions précaires.
Ce samedi 28 juin 2025, un grand rassemblement s’est tenu au quartier Thioffack, à l’initiative de l’Association pour le soutien aux talibés. Pour cette 18e édition, la journée a été placée sous le parrainage de Ndéné Kébé, délégué de quartier de Thioffack, et a également rendu hommage à trois figures engagées : l’inspecteur Asse Bitèye, Kéba Guèye et Nazir Bitèye, tous reconnus pour leur dévouement au service de la nation.
À cette occasion, des vêtements, des savons, des exemplaires du Saint Coran, entre autres dons, ont été distribués aux talibés grâce au soutien de partenaires et d’ONG.
« Cette journée n’est pas seulement symbolique. Elle nous rappelle que ces enfants méritent d’être protégés, éduqués et soignés, comme tous les autres », a déclaré Oustaz Papa Mamadou Guèye, président de l’Association de protection des enfants.
Depuis quelque temps, l’association a mis en place une initiative innovante : la “coopérative agricole des Daaras”, implantée dans les trois départements de la région de Kaolack : Kaolack, Guinguinéo et Nioro du Rip.
« Cette initiative vise à allier enseignement religieux, apprentissage pratique et autonomie économique », a expliqué Oustaz Papa Mamadou Guèye, également coordonnateur du Conseil supérieur des Daaras, section Kaolack.
Traditionnellement, les talibés vivent de l’aumône. Une réalité qui les expose à la mendicité et à de nombreuses difficultés sociales. Face à cela, l’association cherche à offrir des alternatives plus dignes et éducatives.
« Au-delà de l’agriculture, nous voulons que nos élèves puissent apprendre un métier : menuiserie, couture ou autres. C’est pourquoi nous sollicitons l’accompagnement de l’État du Sénégal. L’enjeu est de renforcer l’autonomie des écoles coraniques tout en offrant aux talibés un avenir meilleur », a plaidé Oustaz Guèye.
En conclusion, ces coopératives pourraient contribuer à transformer l’image des écoles coraniques, souvent critiquées pour la mendicité forcée et les mauvaises conditions de vie des élèves.