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Kaolack — Faire le bilan post-hivernage pour mieux anticiper la prochaine saison des pluies

L’hivernage tire à sa fin, laissant derrière lui son lot de conséquences sociales et environnementales. Cette période pluvieuse, bien qu’indispensable pour l’agriculture, révèle chaque année les mêmes vulnérabilités structurelles. Il est donc impératif de dresser un bilan exhaustif et un diagnostic sans complaisance des effets négatifs enregistrés à Kaolack afin de mieux se préparer pour la saison des pluies à venir.

Des quartiers toujours sous les eaux

Contrairement à certaines affirmations, Kaolack n’a pas échappé cette année aux inondations. Plusieurs quartiers restent gravement touchés, notamment Thioffac Mbambara, Médina Mbaba, Ngane Alassane et Sara Diamaguène, à des degrés divers. Cette situation récurrente souligne l’urgence pour l’État central de mettre en œuvre un programme structurant de construction et d’extension du système d’assainissement et de gestion des eaux pluviales.

Dans l’attente d’un tel programme, des actions d’urgence renforcées s’imposent : multiplication des unités de pompage, fonctionnement continu des équipements, identification des points bas en collaboration avec le génie militaire et les services de l’État, ainsi que la création de tranchées pour améliorer le drainage des eaux. Un plan annuel de curage rigoureux doit aussi être mis en place par la municipalité, afin de garantir une circulation fluide des eaux, particulièrement depuis les quartiers périphériques jusqu’à la bande d’Aouzou.

En parallèle, une campagne de sensibilisation s’avère nécessaire pour inciter les populations à préserver le cadre de vie et éviter le dépôt de déchets solides dans les canalisations.

Paludisme : un fléau amplifié par les eaux stagnantes

La stagnation prolongée des eaux entraîne la prolifération des moustiques et, par ricochet, une recrudescence alarmante des cas de paludisme. Dans presque chaque foyer, on signale au moins un cas. Pour limiter cette propagation, des opérations ciblées de saupoudrage dans les zones à risque sont recommandées, ainsi que la distribution annuelle de moustiquaires imprégnées dans les quartiers les plus vulnérables. Les postes de santé doivent, de leur côté, intensifier leurs activités de sensibilisation et promouvoir des initiatives communautaires de prévention.

Des routes dégradées et une mobilité entravée

Les routes secondaires et nationales de Kaolack subissent de plein fouet les effets des pluies. Plusieurs tronçons sont devenus pratiquement impraticables, notamment la route de Mérignac, celle menant au marché Kibélé, la voie « Talibou Ndaw », le boulevard de la Liberté à HLM Sara, ou encore le tronçon entre l’arrêt Lamine Mbaye et le marché Ocassé. Les nids-de-poule, accentués par la stagnation de l’eau, aggravent la dégradation des chaussées.

Cette situation impose la mise en œuvre d’un programme de réhabilitation des routes secondaires et nationales afin d’améliorer la mobilité urbaine et la sécurité des usagers, notamment les conducteurs de motos Jakarta et de taxis.

Des écoles sous les eaux : une rentrée compromise

L’entrée des classes n’a pas été une réussite dans plusieurs établissements de la commune. Le slogan « Oubi tay, diang tay » peine à se concrétiser dans des écoles encore inondées, envahies par les herbes et les moustiques. Le CEM Médina Mbaba et l’école primaire du même nom sont particulièrement affectés. Les eaux provenant des canalisations principales, situées en hauteur, envahissent les cours d’école à chaque pluie, fragilisant les bâtiments et accélérant leur corrosion.

Des établissements emblématiques, tels que le Lycée Valdiodio Ndiaye, le CEM Moustapha Ndiaye ou encore le bloc scientifique du CEM Tafsir Mignane Sarr, souffrent d’une vétusté avancée. La stagnation des eaux accentue cette dégradation. Les cases des tout-petits n’échappent pas non plus à cette situation préoccupante.

Pour anticiper les perturbations scolaires, il est nécessaire de désherber les écoles avant la rentrée, de repenser le système de drainage, et de procéder à des opérations périodiques de pompage. La mise en place d’équipes mobiles équipées de motopompes permettrait une intervention rapide et ciblée.

Des moyens limités pour les collectivités locales

Avec la mise en œuvre de l’Acte III de la décentralisation, l’État s’est progressivement désengagé de la gestion directe des établissements scolaires, laissant cette responsabilité aux collectivités territoriales, souvent dépourvues de ressources suffisantes. De nombreuses écoles n’ont ni gardien ni personnel de nettoyage, exposant les établissements à des risques de vols et de dégradation accélérée.

Il devient urgent d’impliquer davantage les parents d’élèves dans la gestion des écoles et d’augmenter le budget communal alloué à l’éducation. Une meilleure coordination avec l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) et les Comités de Gestion des Écoles (CGE) est également indispensable. Parallèlement, l’État central doit assumer pleinement ses responsabilités dans le cadre de l’Axe « Capital humain et justice sociale » de Agenda 2050, en lançant un vaste programme de réhabilitation et de construction d’infrastructures éducatives.

En conclusion

Les conséquences de l’hivernage à Kaolack sont multiples : inondations, risques sanitaires, dégradation des routes et perturbations scolaires. Face à ces défis récurrents, une stratégie globale, inclusive et anticipative s’impose. Municipalité, conseil départemental, services de l’État et acteurs communautaires doivent unir leurs efforts pour limiter les dégâts lors des prochaines saisons pluvieuses.

📝 Par Babacar Ndiogou — Mouvement Jappo Yessal


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