La Brigade de recherches de Keur Massar a réalisé une importante opération qui a conduit au démantèlement d’un réseau d’escrocs opérant sous le nom de « Qnet Infinity Millenials ». Quatre individus, dont trois hommes et une femme, ont été interpellés le 28 octobre dernier. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie faisant appel à l’épargne publique et ouverture d’un établissement sans autorisation administrative.
Selon les informations rapportées par le journal Libération dans son édition de ce vendredi, tout est parti d’un renseignement exploité par les gendarmes. Ces derniers ont réussi à mettre fin aux agissements d’un groupe particulièrement bien organisé qui opérait depuis plusieurs semaines dans la banlieue dakaroise. Les mis en cause sont identifiés comme étant M. G., né en 1990 à Pikine, S. W., née en 1994 à Dakar et résidant à Yarakh, C. D., née en 1997 à Dakar et demeurant à Keur Massar, et M. T., né en 1992 à Thiaroye et habitant à Keur Massar. Tous se présentaient comme commerçants.
Leur mode opératoire consistait à attirer des victimes, souvent étrangères, par le biais d’une plateforme numérique. Ils leur proposaient de prétendues offres d’emploi assorties de promesses d’une vie meilleure et d’opportunités professionnelles « au-delà de celles offertes par les États ou le secteur privé ». Pour accéder à ces opportunités illusoires, les postulants devaient verser une somme comprise entre 600 000 et 900 000 francs CFA. En contrepartie, les recruteurs leur faisaient miroiter une formation au sein d’un établissement censé les insérer dans un réseau international prospère.
Mais derrière ce discours séduisant, se cachait une vaste entreprise d’escroquerie. Les victimes étaient invitées à acheter des produits tels que le café « Olé » ou le « bio disque », censés constituer des supports de formation ou des outils de développement personnel. L’enquête a toutefois révélé qu’il ne s’agissait que d’un stratagème pour leur soutirer de l’argent.
Le transport effectué sur les lieux par les gendarmes a permis de découvrir la véritable nature de l’établissement. Ce prétendu centre de formation n’était en réalité qu’une simple maison transformée en dortoir et en salle de cours. À leur arrivée, les enquêteurs ont trouvé sur place les quatre instigateurs en train de dispenser des enseignements à vingt-deux jeunes, dont neuf garçons et treize filles, tous de nationalité sénégalaise.
Une perquisition menée dans les locaux a permis la saisie d’un important lot de matériel bureautique, de nombreux documents administratifs et de produits liés à cette activité illégale. Les enquêteurs ont également constaté que les responsables de cette structure ne disposaient d’aucune autorisation administrative pour exercer et n’avaient versé aucune redevance au Trésor public.