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LFI 2026 : Un « choc fiscal sans précédent » selon l’économiste Seydina Alioune Ndiaye

L’économiste Seydina Alioune Ndiaye tire la sonnette d’alarme sur la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, qu’il qualifie de véritable « choc fiscal sans précédent » pour le Sénégal. Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, il avertit que l’année à venir pourrait s’avérer plus difficile que 2025 si le gouvernement ne parvient pas à concilier rigueur budgétaire et protection sociale.

Selon ses analyses, l’exécutif sénégalais « marche sur une corde raide » en engageant une politique de redressement budgétaire d’une ampleur rarement observée. L’onde de choc fiscale représenterait une hausse équivalente à 3,9 points de PIB, dont 92,8 % seraient supportés directement par les ménages et les entreprises. Une charge considérable, estime-t-il, qui pourrait à la fois redresser les finances publiques ou, à l’inverse, plonger le pays dans une crise économique et sociale de grande ampleur.

Pour Seydina Alioune Ndiaye, le pari du gouvernement est risqué, mais pas impossible. S’il réussit, ce tournant fiscal pourrait « restaurer la crédibilité budgétaire du pays » et jeter les bases d’une croissance soutenable. En revanche, un échec exposerait le Sénégal à « un choc de confiance » et à une aggravation des tensions économiques et sociales.

L’économiste met particulièrement en garde contre les répercussions sur les ménages, déjà fragilisés par la hausse continue du coût de la vie. Il redoute une érosion du pouvoir d’achat et une pression inflationniste accrue, dans un contexte où l’inflation alimentaire atteint désormais 36 %, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Les foyers les plus modestes, déjà éprouvés par les difficultés économiques de 2025, risquent de subir de plein fouet l’effet cumulatif des nouvelles taxes et de la cherté des produits de base.

Du côté des entreprises, le constat n’est guère plus rassurant. L’économiste prévoit un triple impact : une compression des marges bénéficiaires, une menace sur la compétitivité et un risque de délocalisation de certaines activités. Il cite notamment l’augmentation de la Taxe sur les Activités Financières (TAF) de 56 %, ainsi que la hausse de 32 % des impôts sur les salaires, des mesures qui pourraient peser lourdement sur le secteur privé et freiner les investissements.

Face à ces défis, Seydina Alioune Ndiaye appelle à une stratégie plus équilibrée. Il plaide pour une pédagogie fiscale de la part du gouvernement, afin d’expliquer aux citoyens et aux entreprises la nécessité de cet effort collectif. Dans le même temps, il insiste sur la mise en place de mécanismes de compensation pour protéger les ménages les plus vulnérables et éviter une explosion sociale.

Enfin, il souligne que la réussite de cette politique dépendra largement de la croissance économique attendue à 5 % en 2026. Si cette projection ne se matérialise pas et que la dette publique — déjà supérieure à 130 % du PIB — continue de s’alourdir, le pays pourrait entrer dans une zone de turbulence financière et sociale sans précédent.


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