Politique
Macky Sall en campagne diplomatique à New York : entre plaidoyer d’expérience et zones de tension
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par
Diack
À Manhattan, à quelques encablures du siège de Organisation des Nations unies, Macky Sall s’active dans une séquence diplomatique cruciale pour son avenir international. L’ancien président sénégalais y mène une série d’échanges stratégiques dans un cadre discret mais déterminé, cherchant à consolider sa candidature à de hautes fonctions au sein de l’institution multilatérale.
Dans une atmosphère décrite comme studieuse par plusieurs sources proches du dossier, l’ancien chef de l’État s’est entouré d’un cercle restreint de conseillers afin d’affiner ses éléments de langage. L’objectif est clairement assumé : transformer son bilan à la tête du Sénégal en levier de crédibilité sur la scène mondiale. Plutôt que d’adopter une posture défensive face aux critiques, Macky Sall revendique une expérience qu’il présente comme un atout dans un contexte international marqué par des crises multiples et complexes.
Ses échanges avec des représentants d’organisations non gouvernementales ont toutefois mis en lumière des sujets sensibles. La question des victimes des manifestations politiques survenues durant son mandat a été abordée sans détour. Face à l’évocation du chiffre de 80 morts, un moment de flottement a précédé une réponse ferme de l’ancien président, qui a déclaré : « On saura qui est qui », en référence à l’abrogation de la loi d’amnistie. Une réponse qui illustre sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans un discours de justification, tout en laissant ouverte la question des responsabilités.
Autre sujet délicat évoqué lors de ces discussions : les droits des personnes LGBTQ+. Macky Sall a défendu une ligne qu’il qualifie d’équilibrée, centrée sur le respect de la dignité humaine, tout en insistant sur la souveraineté culturelle des États. Pour appuyer son propos, il a rappelé un échange passé avec Barack Obama en 2013, soulignant la constance de sa position sur cette question. « Je n’ai jamais accepté qu’on me l’impose », a-t-il affirmé, dans une formule qui résume sa doctrine sur les sujets sociétaux sensibles.
Sur le plan politique, l’attitude du nouveau pouvoir sénégalais dirigé par Bassirou Diomaye Faye intrigue. L’absence de soutien explicite à cette initiative internationale est perçue, dans certains cercles diplomatiques, comme un signal de distance, voire de réserve. Dans ce contexte, Macky Sall semble privilégier une stratégie d’alliances extérieures, cherchant à mobiliser des appuis au-delà du cadre national.
Parmi ces soutiens, Burundi est notamment cité comme ayant introduit sa candidature, un geste à forte portée symbolique. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de se positionner comme un candidat africain, capable de fédérer au-delà des clivages internes sénégalais et de porter une voix continentale sur la scène internationale.
À New York, Macky Sall poursuit ainsi une opération de séduction diplomatique méthodique, où chaque rencontre, chaque déclaration et chaque posture sont soigneusement calibrées. La rencontre avec la société civile apparaît comme une étape clé dans ce processus, à la fois pour tester ses arguments et pour anticiper les critiques qui pourraient émerger lors de son intervention officielle devant l’Assemblée générale des Nations unies.
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