Dans le cadre de ses opérations de lutte contre l’immigration irrégulière et la falsification de documents administratifs, la brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar a procédé, le 9 décembre 2025, au démantèlement d’un réseau spécialisé dans la délivrance frauduleuse d’actes d’état civil. L’affaire a éclaté après l’interpellation d’un ressortissant guinéen en possession d’un extrait de naissance obtenu de manière irrégulière à la mairie de Rufisque.
Les gendarmes ont d’abord arrêté I. Diallo, un Sénégalais retraité résidant à Sangalkam, ainsi que le Guinéen en question, qui tentait de se faire passer pour un citoyen sénégalais grâce à des documents falsifiés. L’enquête a rapidement révélé que ce dernier, dont la véritable identité est M. Diallo, avait acquis un extrait de naissance frauduleux pour la somme de 15 000 F CFA, facilité par l’intermédiaire d’I. Diallo. Cette démarche avait été effectuée sans jugement supplétif, une procédure obligatoire pour toute personne n’ayant pas été enregistrée à l’état civil à la naissance.
Grâce à ce document irrégulier, le ressortissant guinéen avait ensuite réussi à obtenir un récépissé de dépôt de carte nationale d’identité sénégalaise, enregistré au nom d’un certain M. Sall, né le 11 octobre 1990. Confronté aux enquêteurs, I. Diallo n’a pas nié les faits. Il a reconnu que l’acte de naissance au nom de M. Sall était bel et bien frauduleux et a expliqué qu’il avait été facilité par un individu du nom de S. Tall, aujourd’hui décédé. Ce dernier l’aurait mis en rapport avec un agent de l’état civil de la mairie de Rufisque, ouvrant ainsi la voie à la production du faux document. I. Diallo a également admis avoir encaissé l’argent versé par le ressortissant guinéen, selon les informations relayées par Seneweb.
Une perquisition menée au domicile d’I. Diallo, à Sangalkam, a permis aux enquêteurs de découvrir une quantité importante de documents administratifs compromettants : des actes de naissance, des certificats de résidence, des certificats de nationalité sénégalaise ainsi que plusieurs récépissés de demande de carte nationale d’identité. Ces éléments laissent supposer l’existence d’un réseau structuré et actif dans la falsification de documents officiels.
À l’issue de l’enquête préliminaire, les deux suspects ont été déférés au tribunal de grande instance de Rufisque. Ils devront répondre de faits de fraude documentaire, de complicité et d’immigration irrégulière. Cette affaire met de nouveau en lumière les failles persistantes dans le système d’état civil et l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle pour lutter contre les réseaux de falsification.