Société
Gestion des infrastructures : deux directeurs limogés après les défaillances sur le tronçon Birkilane–Mabo
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par
Diack
Le secteur des infrastructures routières vient de connaître un tournant décisif après les décisions prises au plus haut niveau de l’État. Dimanche dernier, lors d’une visite de terrain particulièrement attendue, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, avait tiré la sonnette d’alarme en constatant de nombreuses irrégularités sur le chantier du tronçon Birkilane–Mabo. Face à des retards jugés inexplicables, des insuffisances techniques et une exécution des travaux en deçà des normes, le ministre avait promis que des sanctions tomberaient rapidement.
Ces avertissements n’auront pas tardé à se concrétiser. Réuni ce jeudi en Conseil des ministres, le gouvernement a annoncé la révocation du directeur général de l’Ageroute, Mamadou Ndao, ainsi que celle de Mamadou Alassane Camara, jusque-là directeur général des Infrastructures et du Développement routier (DGIDR). Cette décision forte traduit la volonté de l’exécutif de réaffirmer l’exigence de rigueur et de transparence dans la conduite des grands travaux publics, en particulier au moment où plusieurs chantiers stratégiques traversent des zones d’ombre.
La visite ministérielle à Birkilane avait mis en lumière une situation préoccupante : équipements insuffisants, rythme d’avancement trop lent, non-respect des délais contractuels et carences dans le suivi technique. Pour le ministre Déthié Fall, ces manquements ne pouvaient rester sans conséquence, d’autant plus que l’État a fait de l’amélioration du réseau routier un pilier essentiel de sa politique de développement territorial.
La décision du Conseil des ministres s’inscrit donc dans une démarche assumée de redressement. Elle vise à envoyer un message clair aux acteurs du secteur : la qualité des infrastructures, la bonne gestion des fonds publics et le respect des engagements contractuels ne seront plus négociables. Les révocations de Mamadou Ndao et de Mamadou Alassane Camara marquent ainsi le début d’une nouvelle séquence, où l’accent sera mis sur une gouvernance plus exigeante et un contrôle accru de l’exécution des chantiers.
Cette orientation devrait également renforcer la crédibilité de l’État auprès des populations, souvent exaspérées par les retards et les défaillances qui freinent les projets routiers pourtant cruciaux pour la mobilité et le développement économique. En prenant des décisions rapides et fermes, le gouvernement cherche à instaurer une culture de résultats et à exiger des standards élevés dans un secteur où les enjeux financiers et sociaux sont particulièrement importants.
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