Société
Mamelles Jaboot : le dernier fugitif rattrapé à la frontière gambienne, deux ans de prison dont un ferme
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par
Diack
Après plusieurs mois de cavale présumée, Pierre Diatta, ancien magasinier de la société Les Mamelles Jaboot, a finalement été interpellé à la frontière avec la Gambie. Présenté comme le dernier fugitif d’un groupe de douze anciens employés poursuivis dans une vaste affaire de détournement de produits laitiers, il a été placé sous mandat de dépôt avant de comparaître devant la justice.
L’affaire remonte à décembre 2023, lorsque la société Les Mamelles Jaboot avait saisi la justice à la suite de soupçons de détournement de marchandises. Les premières investigations avaient conduit à l’interpellation de douze employés, poursuivis notamment pour association de malfaiteurs et vol en réunion au préjudice de leur employeur. Plusieurs des mis en cause ont depuis été jugés et condamnés.
Pierre Diatta, lui, avait échappé à la première vague d’arrestations. Son absence prolongée avait alimenté les recherches jusqu’à son arrestation récente à la frontière gambienne. Une fois devant les enquêteurs puis la justice, l’ancien magasinier a toutefois contesté avoir organisé une quelconque fuite. Il a expliqué avoir quitté son poste avant de se rendre successivement à Kaolack puis en Casamance, notamment pour des raisons médicales. Il assure également ne pas avoir été informé de la procédure judiciaire visant ses anciens collègues et affirme ignorer l’existence d’une interdiction de sortie du territoire.
Au cœur du dossier se trouve un mécanisme présumé de détournement de produits laitiers qui aurait impliqué plusieurs agents affectés à la réception, au stockage et à la sortie des marchandises. Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, certains employés auraient utilisé de faux bons de transfert pour faire sortir frauduleusement des produits des magasins de l’entreprise.
Les marchandises ainsi soustraites auraient ensuite été entreposées dans différentes chambres froides avant d’être revendues. Les recettes issues de ces ventes auraient, selon les enquêteurs, été réparties entre les différents protagonistes du système.
Les investigations auraient notamment mis en évidence plusieurs irrégularités dans les carnets de bons de transfert utilisés par les magasiniers. Des feuillets auraient disparu, tandis que certains bons, pourtant retrouvés dans les documents de l’entreprise, n’auraient jamais été utilisés. Les enquêteurs auraient également relevé des différences entre les quantités de produits mentionnées sur certains bons et celles effectivement enregistrées dans les stocks.
Plusieurs anciens magasiniers sont cités dans cette affaire, parmi lesquels Jacques Tendeng, Bacary Bodian, Jean Anges Badji et Pierre Diatta. Concernant ce dernier, les responsables de la société lui imputaient notamment la falsification de 40 bons de transfert. Le montant cumulé des marchandises concernées par ces documents est évalué à 25,119 millions de FCFA.
À l’échelle de l’ensemble du dossier, le préjudice allégué par Les Mamelles Jaboot atteint 104 millions de FCFA. Un montant qui constitue l’un des principaux enjeux de cette procédure judiciaire, alors que la société estime avoir subi d’importantes pertes à la suite des détournements présumés.
À la barre, Pierre Diatta a contesté les accusations portées contre lui. Son conseil a plaidé la relaxe au bénéfice du doute, estimant que les éléments versés au dossier ne permettaient pas d’établir sa responsabilité dans les faits qui lui étaient reprochés.
Le parquet avait, pour sa part, requis une peine de deux ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 2 millions de FCFA.
Au terme des débats, le tribunal a finalement relaxé Pierre Diatta du chef de faux et usage de faux en écritures publiques. Il l’a toutefois reconnu coupable pour le surplus des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA.
Sur le plan civil, Les Mamelles Jaboot, qui réclamait 30 millions de FCFA en réparation du préjudice subi, n’a pas obtenu l’intégralité de la somme demandée. Le tribunal lui a accordé 15 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.
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