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Marché régional : le Sénégal lève 210,6 milliards de FCFA en dix jours malgré des taux d’emprunt record

Le Sénégal poursuit activement sa stratégie de mobilisation de ressources sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA. En l’espace de dix jours, l’État a levé un total de 210,6 milliards de FCFA à travers deux opérations d’adjudication, confirmant l’intérêt soutenu des investisseurs pour la signature sénégalaise. Toutefois, cette confiance s’accompagne d’un coût de financement de plus en plus élevé, les rendements exigés atteignant désormais des niveaux inédits.

Lors de sa dernière émission, organisée le 29 juin, le Trésor public sénégalais recherchait un montant de 100 milliards de FCFA. L’opération a suscité un fort engouement puisque les investisseurs ont soumis des offres totalisant 132,9 milliards de FCFA, soit une demande largement supérieure au montant recherché. Au terme de l’adjudication, le Sénégal a finalement retenu 103,5 milliards de FCFA.

Dans le détail, cette enveloppe est composée de 77 milliards de FCFA levés sous forme de Bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours. À cela s’ajoutent 21,2 milliards de FCFA obtenus grâce à des Obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois ans et 5,2 milliards de FCFA sur des OAT à cinq ans.

Cette opération intervient seulement quelques jours après une précédente levée de fonds réalisée le 19 juin. À cette occasion, l’État avait mobilisé 107,1 milliards de FCFA, dont 13,2 milliards sur des BAT, 87,5 milliards sur des OAT à trois ans et 6,3 milliards sur des OAT à sept ans. Ensemble, ces deux émissions représentent un volume de financement de 210,6 milliards de FCFA en seulement dix jours.

Si ces résultats témoignent d’une capacité intacte du Sénégal à attirer les investisseurs, ils mettent également en lumière une hausse significative du coût de son endettement. Les dernières adjudications révèlent en effet des rendements particulièrement élevés, notamment sur les obligations de moyen et long termes.

Les OAT à trois ans ont été émises à un taux moyen pondéré de 8,04 %, tandis que les OAT à cinq ans ont atteint un rendement de 8,09 %. Même les BAT à un an enregistrent une progression notable, avec un taux moyen pondéré de 7,82 % lors de l’opération du 29 juin.

Cette évolution contraste fortement avec les conditions obtenues par certains pays de la sous-région. À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire est parvenue, quatre jours auparavant, à placer des Bons assimilables du Trésor à un taux moyen pondéré de seulement 3,63 %, soit près de la moitié du coût supporté par le Sénégal pour des titres de même nature.

Cet écart illustre la prime de risque plus importante désormais exigée par les investisseurs pour financer la dette sénégalaise. Malgré une demande toujours supérieure aux montants recherchés, les marchés réclament des rémunérations plus élevées pour compenser les risques perçus, dans un contexte marqué par des tensions sur les finances publiques et un environnement financier régional plus exigeant.


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