Deux jeunes hommes sourds-muets, M. Bâ, âgé de 18 ans, charretier de son état, et son ami B. Diouf, 21 ans, pêcheur, ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Mbour. Ils sont poursuivis pour des faits de vol, de diffusion de vidéos intimes et de tentative d’extorsion de fonds au préjudice de F. Dia, une femme mariée dont la vie privée a été violemment exposée sur les réseaux sociaux.
Les faits remontent au lundi 22 septembre 2025. Ce jour-là, en fin d’après-midi, F. Dia, accompagnée de sa sœur, rentrait du marché central de Mbour à bord d’une charrette conduite par M. Bâ, en compagnie de son ami B. Diouf. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans sa parution de ce jeudi, les deux jeunes hommes auraient profité d’un moment d’inattention pour subtiliser le téléphone portable de leur passagère, sans que cette dernière ne s’en rende compte. Ce n’est qu’à son arrivée à Saly Carrefour que la victime a constaté la disparition de son appareil.
Le lendemain, les voleurs présumés sont passés à l’acte. Ils ont exploré le contenu du téléphone et découvert des vidéos à caractère intime. L’une des amies de la victime a été la première à recevoir une vidéo pornographique, envoyée depuis le numéro de F. Dia, accompagnée d’un sticker obscène. Peu après, les deux jeunes hommes ont exigé un transfert de 5 000 francs CFA via l’application Wave, sur un numéro qu’ils ont communiqué à leur victime.
Choquée, F. Dia s’est immédiatement rendue au commissariat de Saly Portudal pour déposer plainte. Elle a également tenté de récupérer sa puce téléphonique et de sécuriser son compte WhatsApp, mais il était déjà trop tard. Les mis en cause avaient créé un groupe WhatsApp à caractère pornographique, dans lequel ils avaient ajouté la majorité de ses contacts. Les vidéos intimes de la jeune femme ont ainsi été massivement diffusées, provoquant stupeur, indignation et colère parmi ses proches et connaissances.
Avant même que la victime ne récupère sa ligne, les suspects ont utilisé son numéro pour publier ces vidéos compromettantes en statut WhatsApp, amplifiant ainsi la diffusion. Face à cette humiliation publique, la sœur de F. Dia a pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer la diffamation et rétablir la vérité sur cette affaire qui a profondément choqué la communauté locale.
Grâce aux réquisitions téléphoniques effectuées par les enquêteurs, les auteurs présumés ont été rapidement identifiés. Interpellés par les policiers de Saly, M. Bâ et B. Diouf ont reconnu les faits sans détour. Ils ont exprimé leurs regrets et assuré qu’il s’agissait de leur premier acte délictueux.
À l’issue de leur garde à vue, les deux jeunes hommes ont été déférés devant le parquet du Tribunal de grande instance de Mbour. Après leur audition, ils ont été placés sous mandat de dépôt et conduits à la MAC de Mbour, dans l’attente de leur jugement.