Face à la progression inquiétante des groupes jihadistes maliens vers la frontière sénégalaise, le député Thierno Alassane Sall alerte sur la fragilité croissante du pays. Dans une sortie publiée ce vendredi 4 juillet sur ses réseaux sociaux, il pointe du doigt la stratégie d’expansion du JNIM vers Kayes, l’état de vulnérabilité des populations frontalières et les failles internes de l’État sénégalais.
Alors que la pression jihadiste s’intensifie dans la sous-région, notamment à la frontière entre le Mali et le Sénégal, le député Thierno Alassane Sall lance un cri d’alarme. Dans un message sans détours publié ce vendredi, le président du parti La République des Valeurs estime que « la cote d’alerte est atteinte » pour le Sénégal.
Selon lui, les groupes armés affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), liés à Al-Qaïda, visent désormais Kayes, ville malienne située à seulement quelques dizaines de kilomètres du territoire sénégalais. Une progression géographique préoccupante, qui installe la menace djihadiste aux portes du pays.
« Les nouvelles à nos frontières confirment une dynamique contre laquelle nous alertent depuis des mois tous les connaisseurs : les groupes dits jihadistes sont à nos portes », déclare Thierno Alassane Sall.
S’il affirme faire confiance à la vigilance des forces de défense et de sécurité, le parlementaire se montre particulièrement préoccupé par la fragilité du tissu social et institutionnel sénégalais. Il pointe notamment la pauvreté structurelle dans les zones frontalières, l’implantation croissante de réseaux de narco-trafiquants, et la multiplication de trafics en tout genre, comme en témoignent les récentes saisies de faux billets ou de drogues.
Pour Thierno Alassane Sall, le véritable danger réside dans la vulnérabilité interne du Sénégal. Citant le ministre des Finances qui évoquait récemment une pirogue « trouée de toutes parts », et le Premier ministre Ousmane Sonko qui affirmait que le pays était au « quatrième sous-sol », le député estime que le contexte actuel est celui d’un « naufrage ».
Il ajoute que ce contexte socio-économique délétère crée un terrain fertile pour les discours jihadistes, notamment dans les zones où l’État est peu présent et les services sociaux quasi inexistants. La pauvreté, le chômage des jeunes, l’isolement et la perte de confiance dans les institutions constituent, selon lui, un cocktail explosif.
Thierno Alassane Sall va plus loin en critiquant directement le Premier ministre, qu’il accuse de ne pas être à la hauteur des défis sécuritaires. Il reproche notamment à Ousmane Sonko de contribuer à « discréditer les institutions », à travers certaines de ses sorties publiques, et de « ne pas penser à la Patrie mais à lui-même ».
Dans un contexte où les équilibres régionaux sont fragiles et les menaces transfrontalières réelles, cette mise en garde du député s’inscrit dans une série d’alertes de plus en plus fréquentes émanant de la classe politique, des experts sécuritaires et des partenaires internationaux.