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Parti KIIRAAY à Kédougou : le Dr Mouhamadou Lamine Diallo mobilise les troupes et interpelle le ministre Moustapha Bamba Guirassy

Le Dr Mouhamadou Lamine Diallo, responsable politique, élu au Conseil départemental de Kédougou et adjoint au maire de la commune de Tomboronkoto, est monté au front pour structurer le nouveau parti KIIRAAY – Les Patriotes Républicains dans la région de Kédougou. Son objectif est de renforcer l’implantation de la formation politique et de massifier le soutien au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à l’approche des prochaines échéances électorales.

Géographe, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar et spécialiste de la gouvernance des ressources naturelles et du développement territorial, le Dr Diallo entend mettre son expertise au service de la consolidation du parti dans la région. Il a ainsi engagé les responsables politiques des trois départements de Kédougou, Saraya et Salémata dans une dynamique de mobilisation.

Dans cette perspective, une première réunion des responsables s’est tenue le 2 août 2026. Elle a réuni les maires ayant rejoint KIIRAAY, ainsi que les leaders de mouvements et de partis politiques ayant fusionné avec cette nouvelle formation. Un grand rassemblement régional est prévu le 16 août 2026, à partir de 9 heures.

« Il est temps de se dévoiler » : le Dr Diallo interpelle le ministre Moustapha Bamba Guirassy

Le principal point de préoccupation soulevé par le Dr Mouhamadou Lamine Diallo concerne l’attitude du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Bamba Guirassy, qu’il juge trop discret vis-à-vis de KIIRAAY.

« Pour l’instant, il n’a pas montré ses couleurs. Ni à la base, ni au niveau national, nous n’avons constaté d’actes concrets de sa part. Aujourd’hui, il est difficile de dire qu’il accompagne le président de la République dans le renforcement de KIIRAAY à Kédougou », regrette-t-il.

Selon lui, cette absence d’engagement complique les efforts de mobilisation. « Dans chaque région, les responsables politiques comptent d’abord sur les autorités nommées au niveau central. Nous finançons nos activités sur nos propres ressources. Il est difficile de solliciter l’appui d’un ministre qui ne s’est pas encore clairement positionné », affirme-t-il.

Le responsable politique salue toutefois l’engagement des militants locaux, qui contribuent financièrement à chaque activité du parti. Il cite notamment leur participation au meeting « Sargal Diomaye » à Mbour ainsi qu’à l’assemblée de lancement de KIIRAAY à Dakar.

Au-delà de la critique, le Dr Diallo lance un appel au ministre. « Lorsqu’on souhaite accompagner la vision du président de la République, il faut l’assumer clairement et apporter son soutien. Le chef de l’État lui a accordé sa confiance parmi des millions de Sénégalais. S’il ne se dévoile pas, cela pose un véritable problème. »

Il rappelle également que Moustapha Bamba Guirassy a occupé plusieurs hautes fonctions, notamment celles de député, de maire de Kédougou et de ministre, tout en estimant que son bilan local reste peu convaincant.

Kédougou, le paradoxe d’une région riche mais pauvre

Au-delà des considérations politiques, le Dr Mouhamadou Lamine Diallo dresse un constat préoccupant de la situation socio-économique de Kédougou. Malgré son immense potentiel, notamment grâce à ses trois grands projets miniers industriels, ses nombreuses exploitations semi-industrielles, le dynamisme de l’orpaillage ainsi que ses importantes ressources foncières et touristiques, la région demeure l’une des plus pauvres du Sénégal.

Il dénonce notamment l’enclavement persistant de la région, l’état dégradé des routes en période d’hivernage, y compris celle menant à la mine de Sabodala, ainsi que le déficit d’infrastructures sanitaires et éducatives.

« Kédougou est la seule région du Sénégal qui ne dispose toujours pas d’un ISEP pleinement fonctionnel. Beaucoup de jeunes rejoignent Dakar pour poursuivre leurs études supérieures, mais faute de moyens, ils abandonnent et rentrent chez eux sans avoir obtenu leur licence », déplore-t-il.

Le lycée technique et minier de Kédougou souffre également d’un manque d’équipements et de formateurs qualifiés. Une situation qui, selon lui, alimente les frustrations des jeunes et explique en partie les manifestations récurrentes autour des sites miniers.

« Le véritable problème de l’emploi, c’est d’abord la formation. Nos jeunes disposent-ils réellement des compétences nécessaires pour intégrer les sociétés minières ? », s’interroge-t-il.

Pour inverser cette tendance, le Dr Diallo plaide en faveur d’une stratégie de développement fondée sur le renforcement de la formation professionnelle dans les métiers des mines, la modernisation de l’agriculture afin de réduire la dépendance au coton en crise, ainsi que le désenclavement de la région et la relance du tourisme autour de Dindéfelo et du Parc national du Niokolo-Koba.

« Les ressources minières ne sont pas éternelles. Il faut créer une véritable synergie entre les mines, l’agriculture et des projets innovants afin que les populations ne dépendent pas exclusivement de l’orpaillage », insiste-t-il.

Le responsable politique affirme également que les discours du président Bassirou Diomaye Faye témoignent d’une attention particulière envers les régions périphériques.

« Je l’ai entendu à plusieurs reprises citer Kédougou comme exemple. Cela nourrit de grands espoirs pour notre région. Kédougou attend aujourd’hui son “Plan Diomaye”, à l’image du Plan Casamance », souligne-t-il.

Sur le plan politique, KIIRAAY affirme avoir déjà obtenu le ralliement des deux tiers des maires de la région et ambitionne de conquérir l’ensemble des collectivités territoriales lors des prochaines élections municipales.

Moustapha Ndiaye


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