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Pétrole iranien : trois pétroliers défient le blocus américain et quittent le Golfe avec cinq millions de barils

Trois pétroliers chargés de brut iranien ont franchi le détroit d’Ormuz mercredi 15 avril, marquant un développement notable dans un contexte de tensions croissantes autour des exportations énergétiques de l’Iran. Selon les données de la société de suivi maritime Kpler, ces navires transportaient à eux seuls un total de cinq millions de barils de pétrole brut, constituant les premiers chargements signalés depuis la mise en place récente d’un blocus américain visant les ports iraniens.

Les navires en question, le Deep Sea, le Sonia I et le Diona, sont tous sous sanctions américaines. Ils ont appareillé depuis l’île de Kharg, principale infrastructure d’exportation pétrolière du pays, par laquelle transite environ 90 % du brut iranien selon une note de la banque JPMorgan Chase. Le Deep Sea et le Diona transportaient chacun deux millions de barils, tandis que le Sonia I en embarquait un million.

Cette opération intervient alors que Washington a intensifié sa pression sur Téhéran en renforçant, depuis le début de la semaine, les mesures de restriction sur ses capacités d’exportation. L’objectif affiché est de réduire significativement les flux pétroliers iraniens sur le marché international. Jusqu’à présent, ces exportations avaient relativement résisté aux perturbations liées au conflit déclenché fin février, mais le nouveau dispositif américain semble marquer une escalade.

Avant ce départ, aucun pétrolier iranien chargé de brut n’avait quitté le Golfe depuis le passage du Starla le 10 avril, ce qui souligne le caractère exceptionnel de cette nouvelle expédition. Toutefois, le suivi de ces navires reste particulièrement complexe. Les systèmes d’identification automatique, utilisés pour tracer les mouvements maritimes en temps réel, sont désactivés sur ces bâtiments, une pratique courante pour échapper à la surveillance.

Malgré cette opacité, Kpler affirme avoir confirmé leur transit grâce à des images satellites, attestant leur passage dans le détroit d’Ormuz en direction de la sortie du Golfe. Les dernières données de signalisation disponibles remontent à environ un mois, dans la zone du détroit de Malacca, selon MarineTraffic.

Si la destination finale de ces cargaisons n’est pas officiellement connue, les schémas logistiques observés laissent peu de doute quant à leur itinéraire probable. Ces pétroliers acheminent généralement le brut vers la région de Singapour, où des opérations de transbordement en mer sont effectuées. Ces transferts de navire à navire permettent ensuite de redistribuer le pétrole vers d’autres destinations, notamment la Chine.

Les précédentes opérations confirment ce circuit. Le Deep Sea avait déjà livré du brut via un autre navire au port de Yantai, dans la province chinoise du Shandong. Le Diona avait, lui, transféré sa cargaison vers le terminal pétrolier de Dongjiakou, également situé dans cette région. Quant au Sonia I, son précédent chargement avait été transbordé sur un autre pétrolier, sans que sa destination finale ne soit clairement identifiée.


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