La chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a examiné une affaire particulièrement sensible mettant en cause Abdoulaye Sy, un enseignant de 60 ans et ancien directeur de l’École 16. Placé en détention préventive depuis trois ans, il est poursuivi pour des faits présumés de viols répétés sur ses deux nièces jumelles, qu’il avait recueillies à son domicile après une enfance passée au Village d’enfants SOS.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, les débats ont été marqués par de nombreuses contradictions qui ont fragilisé le dossier d’accusation. Les éléments présentés au cours de l’audience ont alimenté les interrogations sur les faits reprochés au sexagénaire.
L’accusation a notamment versé au dossier des certificats médicaux indiquant que l’une des jumelles était encore vierge au moment où les viols présumés auraient été commis. De son côté, la responsable du Village d’enfants SOS, entendue comme témoin, a déclaré que les deux jeunes femmes présentaient une « pathologie du mensonge », un témoignage qui a suscité de vifs échanges devant la juridiction.
L’affaire trouve son origine dans un drame familial survenu à Bakel, où la mère des enfants est décédée en couches en donnant naissance à des triplés, dont les deux jumelles concernées par cette procédure. Devenues orphelines, elles ont été prises en charge par le Village d’enfants SOS avant d’être confiées, à l’âge de 17 ans, à leur oncle paternel, Abdoulaye Sy, qui les a accueillies dans son domicile situé au quartier Notaire, à Guédiawaye.
Au fil des audiences, les différentes parties ont livré des versions parfois divergentes des événements. Les contradictions relevées dans les déclarations et les éléments du dossier ont conduit le ministère public à estimer que les charges ne permettaient pas d’établir avec certitude la culpabilité de l’accusé.
À l’issue des réquisitions, le procureur de la République a ainsi demandé l’acquittement d’Abdoulaye Sy. La défense a, pour sa part, plaidé en faveur d’une relaxe, soutenant que les accusations ne reposaient pas sur des preuves suffisantes.