Il ne peut y avoir de justice véritable sans la manifestation pleine et entière de la vérité. C’est pourquoi, si les circonstances l’exigent, la mise en place d’une Commission nationale de vérité pour la Justice pourrait constituer une étape nécessaire pour éclairer l’opinion et consolider l’État de droit.
Une telle commission devrait être composée de personnalités indépendantes et crédibles issues de la magistrature, du barreau, des forces de défense et de sécurité, de la société civile, des organisations syndicales ainsi que d’autres composantes représentatives de la nation. Sa mission serait de contribuer, en toute impartialité, à l’établissement de la vérité sur les faits graves survenus au Sénégal entre le 1er mars 2021 et le 2 avril 2024.
Pour garantir sa légitimité et son autorité morale, cette commission devrait être instituée par un acte juridique de portée suffisante — idéalement une loi adoptée par l’Assemblée nationale, ou à défaut un décret — définissant clairement son mandat, ses pouvoirs et ses modalités de fonctionnement.
Dans un État de droit, il ne saurait être acceptable que la responsabilité de citoyens sénégalais ayant participé, à divers niveaux, à la gestion du pays durant cette période soit décrétée ou imputée de manière unilatérale, sans que la vérité des faits ne soit établie de manière rigoureuse, transparente et contradictoire.
La justice ne peut se construire sur des présomptions ou des récits partisans. Elle exige, avant toute chose, la recherche méthodique et sereine de la vérité.
Me El Hadji Ayé Boun Malick DIOP,
Secrétaire général national du Syndicat
des travailleurs de la Justice.