L’examen du projet de loi n°03/2026 relatif aux activités de sécurité privée a donné lieu à des échanges particulièrement tendus à l’Assemblée nationale. Profitant de la tribune parlementaire, le député Guy Marius Sagna a vivement interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cisse , sur ce qu’il considère comme de graves dérives au sein des forces de l’ordre.
Prenant la parole avec une rare véhémence, l’élu a dénoncé la présence, dans les rangs de la police nationale, d’éléments qu’il a qualifiés de « bandits, nervis et voyous ». Selon lui, ces comportements sont en totale contradiction avec la mission fondamentale de maintien de l’ordre et de protection des citoyens. « Nous ne pouvons pas accepter que dans nos forces de police, il y ait des individus qui font tout sauf du maintien de l’ordre », a-t-il lancé devant l’hémicycle, dans une intervention qui a suscité murmures et réactions parmi ses collègues députés.
Dans son argumentaire, Guy Marius Sagna a établi un lien direct entre le projet de loi encadrant les activités de sécurité privée et la nécessité d’un encadrement rigoureux des forces publiques elles-mêmes. Pour lui, il serait incohérent de renforcer le contrôle et la réglementation des sociétés de sécurité privée sans, dans le même temps, exiger une exemplarité irréprochable au sein des forces de défense et de sécurité. Il a insisté sur le fait que la crédibilité de l’État repose d’abord sur le comportement de ses propres agents.
Le député a également fustigé ce qu’il décrit comme des actes de violence marqués par la « cruauté » et la « haine ». Sans citer de cas précis au cours de son intervention, il a estimé que certains agissements observés ces derniers temps traduisent une dérive inquiétante. À ses yeux, ce « déferlement de violences » est non seulement inacceptable, mais il ne saurait être toléré par la représentation nationale, qui a pour mission de défendre les droits et la dignité des citoyens.
Face au ministre de l’Intérieur, Guy Marius Sagna a appelé à des mesures concrètes pour identifier et sanctionner les agents fautifs. Il a plaidé pour une réforme profonde des mécanismes de contrôle interne, estimant que la confiance entre la population et les forces de l’ordre est gravement mise à mal par ces comportements déviants. Il a soutenu que l’impunité, réelle ou perçue, nourrit la défiance et fragilise l’autorité de l’État.
Le projet de loi n°03/2026, qui vise à mieux encadrer les activités de sécurité privée, intervient dans un contexte de débats récurrents sur la sécurité et les libertés publiques. L’intervention du député a ainsi élargi le champ de la discussion, en ramenant au cœur des échanges la question sensible de la responsabilité et de l’éthique au sein des forces publiques.