Economie
Rapport budgétaire 2024 : Des recettes record mais une pression budgétaire croissante
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par
Le Dakarois
Le ministère des Finances et du Budget a rendu public, ce lundi, le Rapport d’Exécution Budgétaire du quatrième trimestre 2024, en application de l’article 70 de la loi organique relative aux lois de finances et du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce document, qui anticipe l’adoption du Projet de Loi de Règlement (PLR) 2024, lève le voile sur les grandes tendances budgétaires qui ont marqué l’exercice écoulé. Entre mobilisation exceptionnelle des recettes et forte expansion des dépenses, le rapport dévoile les tensions réelles qui traversent les finances publiques sénégalaises.
À la date du 31 décembre 2024, les recettes et dons du budget général ont atteint 4 005,21 milliards de FCFA, dépassant les prévisions initiales avec un taux d’exécution de 103,91 %. Cette performance reflète une bonne dynamique dans la collecte des ressources fiscales et parafiscales. Toutefois, cette progression ne suffit pas à contenir une dépense publique galopante.
En effet, les dépenses totales de l’État se sont établies à 6 506,16 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 103,70 %. Cette enveloppe est composée de 4 239,02 milliards de dépenses ordinaires, notamment les salaires, les subventions et le service de la dette, et de 2 267,14 milliards de dépenses en capital, témoignant de l’effort d’investissement de l’État.
Mais derrière ces chiffres, le rapport fait état d’arriérés de paiement préoccupants. Les factures impayées au titre de l’exercice 2024 comprennent 146,3 milliards de subventions au secteur de l’énergie, 105,20 milliards pour des travaux réalisés dans le secteur du BTP, et 249,5 milliards d’investissements non réglés, bien qu’ayant été financés sur ressources extérieures. Ces arriérés soulignent les limites de la capacité de l’État à faire face à l’ensemble de ses engagements financiers dans un contexte budgétaire contraint.
Le rapport offre également un aperçu de la situation du Fonds National de Retraite (FNR). Les recettes cumulées du FNR au 31 décembre 2024 s’élèvent à 177,01 milliards de FCFA, réparties entre 153,15 milliards pour le régime de base et 23,86 milliards pour le régime complémentaire. Les dépenses totales du FNR, y compris les remboursements, atteignent 141,395 milliards de FCFA, contre 139,282 milliards l’année précédente. Le taux d’exécution s’élève à 83,91 % par rapport aux crédits ouverts de 165,8 milliards de FCFA.
Par ailleurs, le rapport démographique du FNR affiche une légère amélioration. Le nombre de cotisants s’établit à 144 543, contre 75 134 pensionnés, soit un ratio de 1,92 cotisant pour un pensionné, contre 1,86 en 2023. Ce redressement timide reste néanmoins insuffisant pour inverser la tendance structurelle de déséquilibre qui menace la soutenabilité du régime de retraite à moyen terme.
Au final, si les performances de mobilisation des recettes sont à saluer, le rapport met en exergue les défis persistants liés à la maîtrise des dépenses, au paiement des engagements de l’État et à la soutenabilité globale de la politique budgétaire. Dans un contexte économique encore marqué par l’incertitude des marchés extérieurs et les tensions sociales internes, ces éléments appellent à une gestion rigoureuse et plus prévoyante des ressources publiques.
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