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Société

Rétablissement des droits de douane sur le riz : Thierno Bocoum dénonce une mesure injuste et antisociale

Le débat autour de la levée de la suspension des droits de douane sur le riz brisé ordinaire continue de susciter de vives réactions. Après l’annonce du ministère du Commerce, qui a demandé au ministre des Finances de rétablir le taux de 10 % de droits de douane, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, est monté au créneau pour dénoncer une « incohérence structurelle » dans la gestion économique du gouvernement.

Selon l’ancien député, cette décision risque de porter un coup dur aux couches sociales les plus vulnérables. Il estime que le gouvernement aurait dû prioriser l’exigence faite aux importateurs de baisser les prix du riz en raison de la chute des cours mondiaux, plutôt que de rétablir une fiscalité qui frappera directement le panier de la ménagère. À ses yeux, « le riz brisé, pilier de l’alimentation populaire, mérite mieux qu’un simple ajustement comptable destiné à renflouer un budget alourdi par les dépenses de fonctionnement ».

Thierno Bocoum voit dans cette initiative une preuve supplémentaire d’un déséquilibre dans les choix politiques du régime. Il déplore le fait que, pendant que les hausses de prélèvements frappent les produits de grande consommation, les privilèges liés aux fonctions de l’État, tels que les fonds politiques ou les dépenses de prestige, ne soient jamais remis en question. Pour lui, il s’agit là d’un réflexe constant qui consiste à faire porter l’essentiel de l’effort budgétaire sur les ménages, plutôt que sur les responsables des dépenses publiques superflues.

Cette sortie intervient dans un contexte où les Sénégalais, déjà confrontés à une conjoncture économique difficile, s’inquiètent de la possible augmentation du prix du riz brisé, denrée essentielle consommée au quotidien par une large majorité de la population. La mesure de suspension des droits de douane, en vigueur depuis 2024 pour contenir l’envolée des prix mondiaux, avait permis de stabiliser les prix à 410 F CFA, puis à 350 F CFA le kilogramme à Dakar depuis avril 2025.

Alors que le ministère du Commerce justifie le rétablissement des droits par la baisse continue des prix à l’international, des voix s’élèvent pour rappeler que le consommateur sénégalais n’a pas encore pleinement bénéficié de cette tendance. Pour beaucoup, le moment semble mal choisi pour alourdir la fiscalité sur un produit aussi stratégique.

Ce débat relance ainsi une question centrale : comment concilier équilibre budgétaire et justice sociale dans un contexte économique fragile ? La réponse que donnera le gouvernement pourrait bien peser lourdement sur sa crédibilité auprès des ménages.


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