Politique
Retrait de la protection de Mame Makhtar Guèye : Ousmane Sonko assume, Madiambal Diagne rappelle le devoir de l’État
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par
Diack
Le débat sur la protection sécuritaire accordée à Mame Makhtar Guèye s’est invité à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko. Sans citer explicitement son nom dans un premier temps, le chef du gouvernement a indiqué avoir personnellement demandé le retrait de la protection mise à disposition de l’activiste, une décision qui a rapidement suscité des réactions dans l’espace public.
Face aux députés, le Premier ministre a expliqué qu’il avait été informé de la mise en place d’un dispositif sécuritaire au bénéfice de Mame Makhtar Guèye et qu’il avait aussitôt saisi le ministère de l’Intérieur pour en demander le retrait. « Quand j’ai entendu qu’une sécurité avait été mise à sa disposition, j’ai demandé au ministère de l’Intérieur de la retirer », a-t-il affirmé, assumant pleinement la paternité de la décision. Cette déclaration, faite dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale du Senegal, a immédiatement alimenté les discussions sur la responsabilité de l’État en matière de protection des citoyens exposés à des menaces.
La réaction du journaliste Madiambal Diagne ne s’est pas fait attendre. Dans une publication largement relayée, il a tenu à rappeler que l’obligation de protection relève des missions fondamentales de l’État, indépendamment des divergences d’opinion ou des controverses entourant une personnalité publique. Selon lui, même si certains contestent les méthodes ou les prises de position de Mame Makhtar Guèye, cela ne saurait justifier un désengagement sécuritaire si sa sécurité est effectivement menacée. « On peut ne pas être d’accord avec les méthodes de Mame Makhtar Guèye mais il reste que l’État du Sénégal lui doit protection si tant est que sa sécurité est menacée », a-t-il écrit, posant ainsi la question du principe d’égalité devant la protection publique.
Cette séquence intervient dans un contexte politique déjà chargé, où les échanges à l’Assemblée nationale prennent souvent une dimension hautement symbolique. Au-delà du cas particulier, c’est la doctrine sécuritaire du gouvernement qui se retrouve scrutée : sur quels critères une protection est-elle accordée ou retirée ? Qui évalue la réalité de la menace ? Et dans quelle mesure l’exécutif peut-il intervenir directement dans ce type de décision ?
Par ailleurs, lors de la même intervention, le Premier ministre a annoncé son intention de présenter mardi, en séance plénière consacrée aux questions d’actualité, un projet de loi portant sur l’homosexualité. Cette annonce laisse présager des débats intenses au sein de l’Assemblée nationale et dans l’opinion publique, tant le sujet demeure sensible et clivant au Sénégal.
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