Politique
Réouverture du COUD : Daouda Ngom annonce de nouvelles mesures de sécurité et défend la réforme des bourses
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par
Diack
À l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Daouda Ngom, a annoncé la réouverture du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) à compter du 26 février. Face aux députés, il a détaillé un ensemble de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les résidences universitaires, tout en revenant sur les causes profondes de la crise qui a secoué le campus social.
Le ministre a assuré que des instructions fermes ont été données afin d’améliorer les conditions de sécurité dans les pavillons universitaires. Parmi les dispositions annoncées figurent le contrôle strict des accès aux résidences, la dotation en détecteurs de fumée, l’installation de bouches d’incendie ainsi que la mise en place de caméras de surveillance. Selon lui, ces mesures visent à prévenir les incidents, mais aussi à restaurer un climat de sérénité dans un environnement marqué ces derniers mois par des tensions récurrentes.
Daouda Ngom a également insisté sur la problématique de la surpopulation dans les campus universitaires, qu’il considère comme un facteur aggravant de l’insécurité. Il a révélé que certaines chambres accueillent entre quinze et vingt étudiants, une situation qu’il juge inacceptable. Pour le ministre, l’État ne peut laisser perdurer une telle promiscuité, susceptible de générer des conflits, des vols et même de favoriser la circulation d’armes blanches au sein des résidences. Cette réalité, a-t-il reconnu, appelle des réponses structurelles et durables.
La gestion des lits dans les résidences universitaires a par ailleurs été pointée du doigt. Le ministre a affirmé qu’environ 30 % des lits seraient actuellement répartis par un groupe restreint d’environ 300 étudiants, créant ainsi des déséquilibres dans l’attribution des chambres. Il a annoncé qu’à partir de la prochaine rentrée universitaire, des mesures correctives seront mises en œuvre en concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire, afin de garantir plus d’équité et de transparence.
Interpellé par la députée Amy Dabo du parti Pastef sur la question des revendications financières à l’origine de la crise, Daouda Ngom a tenu à clarifier la position du gouvernement. Il a soutenu que l’État ne doit aucune dette aux étudiants régulièrement inscrits, précisant que les bourses sont versées de manière régulière le 5 de chaque mois et qu’aucun rappel n’est actuellement dû.
Le ministre a expliqué que les tensions observées trouvent leur origine dans un chevauchement des années universitaires, une situation héritée du passé, durant laquelle l’État procédait à des paiements supplémentaires appelés « rappels ». Selon lui, ces pratiques ont engendré des charges budgétaires importantes et contribué à entretenir une confusion autour des droits des étudiants. Il a rappelé que la loi est explicite : seul un étudiant régulièrement inscrit peut bénéficier d’une bourse, laquelle doit être versée uniquement pendant la période d’inscription effective.
Évoquant un dérapage budgétaire, Daouda Ngom a révélé que l’État avait versé jusqu’à seize mois de bourses au lieu des douze prévus par an. Il a souligné qu’au lieu des 70 milliards de francs CFA votés au budget, ce sont finalement 105 milliards qui ont été décaissés cette année pour couvrir les paiements. Une situation qu’il juge insoutenable pour les finances publiques et qui justifie, selon lui, les réformes engagées.
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