Goudomp : le PASTEF secoué par de fortes tensions entre le ministre Olivier Boucal et des cadres locaux

La section communale du PASTEF à Goudomp traverse une période de turbulences qui risque de fragiliser l’unité du parti dans cette zone stratégique du sud du pays. Ce week-end, une conférence publique consacrée à la fiscalité, initiée par la coordination communale, a tourné au fiasco, exposant au grand jour les divisions profondes qui opposent le ministre Olivier Boucal à certains cadres locaux du parti.

L’événement, pensé comme un espace d’échanges citoyens, a rapidement été marqué par une ambiance électrique. Après la prise de parole du ministre, ses partisans auraient quitté la salle en signe de désaccord ou pour marquer leur soutien exclusif à leur leader. Ce départ collectif a exacerbé les tensions et provoqué une escalade qui a culminé en jets de pierres et en usage de gaz irritant. Face à ce désordre, les organisateurs ont été contraints de mettre fin prématurément à la rencontre, laissant un goût amer à ceux qui espéraient un dialogue constructif.

Dans la foulée, Albino Ndecky, membre du MONCAP et représentant du parrain de l’événement, n’a pas mâché ses mots. Il a accusé Olivier Boucal d’avoir volontairement saboté la conférence : « Il a fait plus de 500 km de Dakar à Goudomp pour venir saboter notre activité », a-t-il déploré, exprimant sa frustration et sa déception face à ce qu’il considère comme une manœuvre délibérée.

Olivier Boucal, de son côté, a rejeté toute responsabilité dans la perturbation de la rencontre. Dans sa réplique, le ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de tentatives d’exclusion orchestrées par des cadres locaux qui, selon lui, veulent l’écarter des activités du PASTEF dans sa propre base. « Des gens qui se disent militants authentiques s’organisent à m’écarter du parti », a-t-il déclaré, avant de prévenir qu’il mènerait son « gatsa-gatsa » chaque fois qu’il serait visé par ce type de manœuvres. Avec fermeté, il a ajouté : « Le respect ne se quémande pas, il s’arrache. » Pour lui, la situation est incompréhensible : « Je ne peux pas être majoritaire et être malmené par une minorité incapable. »

Cette confrontation illustre, selon plusieurs observateurs politiques, une lutte d’influence en perspective des prochaines élections locales. Dans ce contexte, chaque camp cherche à consolider ses positions, quitte à exposer les fractures internes du parti. La querelle dépasse ainsi le simple cadre d’un événement perturbé pour devenir un révélateur des rivalités de leadership au sein du PASTEF à Goudomp.

L’avenir dira si la direction nationale du parti interviendra pour apaiser les tensions et restaurer l’unité, ou si le bras de fer entre le ministre Olivier Boucal et la coordination communale s’intensifiera. Ce qui est certain, c’est que la cohésion du PASTEF dans cette commune sera déterminante pour son implantation durable et son poids électoral dans la région.

Révision des listes électorales : la DGE annonce l’affichage des mouvements dans les préfectures, sous-préfectures et mairies

La Direction générale des élections (DGE) a publié un communiqué pour informer les citoyens et les acteurs politiques de nouvelles dispositions liées à la révision ordinaire des listes électorales, qui s’est tenue du 1er février au 31 juillet 2025. À partir du 1er octobre, les listes de mouvements — comprenant les inscriptions, les modifications, les changements de statut et les radiations — ainsi que les listes de rejet seront affichées dans les préfectures, sous-préfectures et mairies. Cette mesure s’appuie sur les articles L.40, L.43, R.43 et R.44 du Code électoral.

L’objectif, selon la DGE, est de garantir transparence et accessibilité dans la gestion du fichier électoral. Les citoyens sont ainsi invités à se déplacer dans ces administrations pour vérifier si leurs demandes ont été correctement prises en compte et si leurs informations personnelles sont conformes.

Le communiqué précise également les voies de recours ouvertes à tout électeur. Toute personne omise de la liste électorale ou confrontée à une erreur matérielle sur ses données d’identification, et qui détient son récépissé d’inscription, peut saisir le président du tribunal d’instance compétent dans un délai de vingt jours après la publication des listes. Cette saisine peut se faire directement ou par l’intermédiaire de la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Par ailleurs, la DGE rappelle que non seulement les citoyens concernés, mais aussi l’autorité administrative ou tout autre électeur peuvent demander l’inscription d’un électeur omis ou la radiation d’une personne indûment inscrite.

Bras de fer à l’Hôtel Radisson de Diamniadio : le ministre Amadou Ba appelle au dialogue et à la responsabilité

La crise sociale qui secoue l’Hôtel Radisson de Diamniadio continue de prendre de l’ampleur et attire désormais l’attention des plus hautes autorités. Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, s’est exprimé publiquement à travers un communiqué transmis à la presse. Dans ce document, il invite les travailleurs et la direction de l’établissement à se conformer au cadre légal en matière de licenciement et de grève. Il appelle ainsi à un retour à la légalité et au dialogue dans un climat de conciliation et de responsabilité.

Le ministre insiste sur l’urgence d’engager des négociations sous la supervision de l’Administration du Travail afin de trouver un compromis permettant une reprise rapide et durable des activités de l’hôtel. Pour lui, ce conflit dépasse les simples relations sociales internes, car il touche directement l’image touristique du Sénégal et la disponibilité de son parc hôtelier.

Amadou Ba rappelle que l’Hôtel Radisson constitue un atout stratégique pour le pays, notamment à l’approche d’événements internationaux majeurs tels que le Sommet sur les investissements FII Sénégal et les Jeux olympiques de la Jeunesse. Dans ce contexte, il souligne que la stabilité et la crédibilité de l’offre hôtelière nationale doivent être préservées en toutes circonstances.

Afin de suivre de près l’évolution de la situation, le ministre a pris contact avec les plus hautes autorités de la Société de Gestion des Infrastructures publiques dans les Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP-SA) ainsi qu’avec le ministère du Travail. Il veut ainsi s’assurer que toutes les mesures nécessaires soient prises pour éviter une dégradation du climat social.

Le communiqué du ministère apporte également une précision importante sur le statut juridique de l’hôtel. Amadou Ba rappelle en effet que l’Hôtel Radisson est une propriété exclusive de l’État du Sénégal, qui en a confié la gestion au Groupe Summa dans le cadre d’une délégation de quinze ans. En cas de contentieux persistant, le différend devra être porté devant la Chambre de Commerce Internationale de Paris, comme le prévoit le contrat de gestion.

Par cette intervention, le ministre cherche à apaiser les tensions et à rappeler aux parties concernées leurs obligations légales et contractuelles. L’objectif affiché reste la recherche d’une solution concertée qui garantisse à la fois la protection des droits des travailleurs et la sauvegarde de l’intérêt national lié à l’image et au dynamisme du secteur touristique.

Sénégal : un nouvel organigramme de l’État entre en vigueur avec le décret n°2025-1431

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a publié le 6 septembre 2025 le décret n°2025-1431 fixant la nouvelle répartition des services de l’État et des pouvoirs de contrôle sur les établissements publics, sociétés nationales et sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte abroge le décret n°2024-940 du 5 avril 2024 et redessine de façon précise la cartographie administrative et les chaînes de responsabilité au sommet de l’exécutif.

Le cœur du dispositif repose sur trois pôles. À la Présidence, sont reconduits et recentrés les leviers dits “régaliens” et de redevabilité : l’Inspection générale d’État et l’OFNAC pour l’audit et la lutte contre la corruption, le COS-PETROGAZ pour l’orientation stratégique des hydrocarbures, ainsi que des cellules de suivi et d’évaluation des politiques publiques. La Présidence conserve aussi les fonctions diplomatiques et protocolaires de très haut niveau, les organes de sécurité nationale, la coordination des conseils supérieurs de la magistrature et de la Cour des comptes, ainsi que le renseignement. Elle chapeaute l’appareil militaire placé au plus près du chef de l’État, y compris les hautes autorités sectorielles de la sûreté maritime et des aéroports, le CHEDS, et l’ensemble des services de soutien et de sécurité dédiés.

La Primature se voit, elle, confirmée dans son rôle de pilote et d’orchestrateur interministériel. Autour du cabinet et du Secrétariat général du gouvernement, le texte rassemble les instruments de planification, de normalisation et de coordination, du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets aux conseils et comités nationaux thématiques — nutrition, sécurité alimentaire, sécurité sanitaire “One Health”, prévention et sécurité routières, restructuration des entreprises publiques, suivi de l’Agenda Sénégal 2050. La Primature concentre aussi les fonctions de fabrication de la norme, de conservation des archives de l’État, de communication gouvernementale et de gestion des grands ensembles immobiliers administratifs, dans une logique de cohérence d’ensemble.

Chaque ministère dispose d’un périmètre clarifié, avec ses inspections, cellules techniques, directions générales et directions spécialisées. La Justice articule protection judiciaire, administration pénitentiaire, droits humains, dématérialisation et bonne gouvernance. L’Énergie, le Pétrole et les Mines structurent l’électricité, les renouvelables, la transition énergétique, les hydrocarbures et la géologie, avec une direction de contrôle transverse des opérations minières, pétrolières et gazières. L’Intérieur concentre sécurité publique, police judiciaire, frontières, protection civile, traitement des fichiers et organisation des élections. L’Économie et le Plan coordonnent prévision, politiques économiques, coopération et financements extérieurs, tandis que Finances et Budget encadrent Trésor, Douanes, Impôts-Domaines, Budget et secteur financier. L’Enseignement supérieur organise l’offre publique et privée, la recherche et l’innovation, les bourses, les classes préparatoires et la maintenance universitaire. Les Transports intègrent routier, ferroviaire et aérien, avec des directions de planification, QHSE et systèmes d’information. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la Santé, de la Famille et de l’Action sociale, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Environnement et de la Transition écologique, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, de l’Industrie et du Commerce, des Pêches et de l’Économie maritime, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des Infrastructures, ainsi que de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, se voient attribuer des organigrammes complets et homogènes, avec des cellules de passation des marchés, d’études, de planification, de suivi-évaluation, d’informatique, de genre et d’équité, signe d’une standardisation des fonctions support.

Au-delà des organes internes, le décret ventile la tutelle et le contrôle de centaines d’entités publiques et parapubliques. Les établissements de santé — du CHU de Fann aux hôpitaux régionaux en passant par les centres spécialisés — sont regroupés sous la Santé et l’Hygiène publique, avec la PNA, les ordres professionnels et le SAMU. Les universités — UCAD, UGB, UADB, UASZ, UAM, USSEIN, UNS, l’Université numérique, les œuvres universitaires et les instituts supérieurs — relèvent de l’Enseignement supérieur. Les grands opérateurs énergétiques — SENELEC, SAR, les filiales de PETROSEN, le Réseau gazier — sont confirmés sous l’Énergie. Les transports publics structurants — Dakar Dem Dikk, TER (SETER et SEN-TER), Grands Trains du Sénégal, Autoroutes du Sénégal, AIBD, Air Sénégal — se rattachent aux Transports terrestres et aériens. Les entreprises de télécoms et de médias d’État — RTS, Le Soleil, APS, Sonatel, La Poste, TDS, Sénégal Numérique — sont assignées au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’hydraulique et l’assainissement regroupent la SONES, la Sénégalaise des Eaux et la coordination avec les organisations de bassins. L’agriculture et l’élevage encadrent SODAGRI, SODEFITEX, SAED, l’ANCAR et les programmes structurants. L’Industrie et le Commerce couvrent ICS, SONACOS, le CICES, les domaines industriels et les agropoles. Le Port autonome de Dakar, l’ANAM et les organismes maritimes relèvent des Pêches et de l’Économie maritime. Les finances publiques et le secteur financier listent banques et assureurs à participation publique, du Crédit du Sénégal à la BNDE, en passant par la BHS, la BIS, la CBAO ou la LONASE. La Culture et le Tourisme regroupent les institutions patrimoniales et scéniques majeures — Grand Théâtre, Sorano, Musée des Civilisations Noires, École nationale des Arts — ainsi que les agences de promotion et la gestion des sites touristiques.

La logique d’ensemble est lisible : recentrer la Présidence sur le stratégique, le contrôle et la sécurité, conforter la Primature dans le pilotage et la fabrique de la norme, donner aux ministères des blocs de compétences complets, doter chaque département d’un socle identique de fonctions de gouvernance et de gestion, et aligner clairement les têtes de tutelle des établissements et sociétés publiques. L’ambition affichée est de fluidifier les processus, réduire les zones grises de responsabilité et rendre l’action publique plus traçable, depuis l’initiation d’une politique jusqu’à son exécution et son évaluation.

Cette répartition ne se limite pas à un toilettage administratif. Elle annonce aussi une montée en puissance des dispositifs de contrôle interne, de suivi-évaluation, de statistiques et de digitalisation, omniprésents dans les organigrammes. La transversalité “genre et équité”, désormais systématisée, signale un cadrage normatif que les départements devront décliner dans leurs politiques. La centralisation du pilotage des grands projets à la Primature, conjuguée au renforcement des directions de planification dans les ministères, laisse entrevoir un arbitrage plus resserré des investissements publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigence d’efficience.

Avec l’abrogation du décret de 2024, le nouveau cadre devient immédiatement opposable. Il appartiendra aux secrétariats généraux, inspections et directions de formaliser leurs manuels de procédures et de mettre à jour les chaînes de délégation, tandis que les établissements et sociétés publiques s’aligneront sur leurs ministères de rattachement. La réussite de cette réforme dépendra, au-delà du texte, de la capacité des acteurs à coopérer, à partager l’information et à faire vivre les mécanismes d’évaluation promis au cœur du dispositif.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°570 – 30/09/2025

🔴 MACKY SALL SUR LA « DETTE CACHÉE » : « UN NON-SENS »
🔴 PAPE MAHAWA DIOUF GARDÉ À VUE À LA DSC : « ASER-GATE » : SUITE ET PAS FIN

🔴 NAVÉTANES À DIAMNIADIO / ÉLIMINÉE EN DEMI-FINALE : L’ASC MANKOO ACCUSE DES RESPONSABLES DE LA ZONE 9B
🔴 COUPE DU MONDE U20 / PREMIÈRE UTILISATION DU CARTON VERT PAR LE MAROC : HISTORIQUE !

Fièvre de la Vallée du Rift : le Dr Mamadou Ndiaye éclaire sur les risques et les mesures de prévention

La fièvre de la Vallée du Rift suscite de nombreuses interrogations au sein de la population. Pour clarifier les risques liés à cette maladie et expliquer les modes de transmission, le Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a tenu à apporter des éclaircissements.

Selon lui, cette maladie est avant tout d’origine animale, ce qui en fait une zoonose – une infection transmissible des animaux vertébrés à l’être humain. « Mais pour que le virus passe de l’animal à l’homme, il faut un vecteur amplificateur », précise-t-il. Ce rôle est principalement joué par le moustique, qui constitue le canal de transmission le plus courant.

Le mécanisme est simple : certaines espèces de moustiques piquent un animal infecté, puis, en piquant un être humain, transmettent le virus. Toutefois, le risque ne se limite pas aux piqûres d’insectes. Le Dr Ndiaye a également insisté sur la possibilité d’une contamination directe, notamment par le contact avec les sécrétions d’un animal infecté – comme le sang – ou encore par la consommation de produits d’origine animale contaminés, tels que de la viande insuffisamment cuite ou du lait non pasteurisé.

Une fois l’infection contractée par l’être humain, les premiers symptômes ressemblent à ceux d’un syndrome grippal classique. « On parle de pseudo-grippe », indique le Dr Ndiaye. Le patient peut souffrir de maux de tête, de douleurs articulaires et musculaires, accompagnés parfois de vomissements. Mais dans certains cas, la maladie peut évoluer vers une forme plus grave, à caractère hémorragique. Ces complications peuvent se manifester par des vomissements de sang ou des diarrhées sanglantes, nécessitant une prise en charge médicale urgente.

Sur le plan préventif, le responsable du ministère de la Santé a insisté sur la limitation des contacts directs avec les animaux potentiellement infectés, ainsi que sur l’importance de bonnes pratiques alimentaires. Il recommande d’éviter de consommer du lait non pasteurisé ou de la viande mal cuite, qui sont autant de vecteurs potentiels de transmission. La réduction de l’exposition aux moustiques reste également une mesure essentielle, en particulier dans les zones rurales où la proximité entre l’homme, les animaux et les insectes est plus marquée.

Sénégal : le taux de chômage recule de 2,6 % au deuxième trimestre 2025, selon l’ANSD

Au deuxième trimestre de l’année 2025, le Sénégal a enregistré une baisse notable de son taux de chômage élargi chez les jeunes âgés de 15 à 34 ans. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), ce taux s’est établi à 19,0 %, contre 21,6 % à la même période en 2024, soit une diminution de 2,6 points de pourcentage en un an.

Cette tendance à la baisse masque cependant d’importantes disparités territoriales et sociodémographiques. En milieu rural, le chômage élargi reste plus prononcé, atteignant 22,8 %, contre 16,4 % en zone urbaine. L’analyse par groupe d’âge montre également que les jeunes continuent d’être les plus touchés par le phénomène, avec un taux de 24,0 %, nettement supérieur à celui observé chez les adultes, fixé à 13,6 %.

Les inégalités de genre demeurent également marquées : les femmes, toutes tranches d’âge confondues et quel que soit leur lieu de résidence, sont plus fortement touchées par le chômage que les hommes, selon le rapport de l’ANSD.

Concernant la dynamique globale du marché du travail, l’étude indique que 56,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont participé à l’activité économique au cours de ce trimestre. Toutefois, ce taux de participation reste relativement faible chez les jeunes (15-34 ans), avec un niveau de 48,2 %, contre 69,0 % chez les adultes de 35 ans et plus. Cette différence traduit une insertion plus difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, souvent liée à des facteurs tels que le manque d’expérience professionnelle ou les inadéquations entre formation et emploi.

Le document met aussi en évidence un écart significatif entre hommes et femmes en matière de participation à la main-d’œuvre. En milieu urbain, 65,4 % des hommes sont actifs contre 46,4 % des femmes ; en milieu rural, l’écart est similaire, avec 68,3 % pour les hommes contre 47,7 % pour les femmes. Ce déséquilibre entre les sexes reste constant, toutes tranches d’âge confondues, et illustre les obstacles persistants à l’égalité d’accès à l’emploi.

Enfin, malgré une participation globale plus forte en zone rurale (57,5 %) qu’en zone urbaine (55,8 %), le taux d’activité national connaît un léger recul sur un an. Comparé au deuxième trimestre de 2024, il a diminué de 1,1 point, passant de 57,6 % à 56,5 %.

À Dakar, l’Afrique adopte une Vision commune de l’eau à l’horizon 2063 : un tournant décisif pour le continent

C’est dans la capitale sénégalaise que s’est tenue cette semaine la 14e session du Conseil des Ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), un rendez-vous continental qui a abouti à l’adoption officielle de la Vision africaine de l’eau 2063. Qualifié d’« événement historique » par de nombreux observateurs et responsables politiques, ce moment marque un changement de cap stratégique dans la manière dont le continent entend gérer, valoriser et protéger sa ressource en eau.

L’adoption de cette nouvelle vision continentale est le fruit de plusieurs mois de concertation entre les États membres de l’Union africaine, les experts en hydrologie, les institutions régionales, et les représentants de la société civile. Les travaux préparatoires se sont intensifiés au cours des deux jours ayant précédé la réunion ministérielle, avec la participation d’une délégation technique élargie. Ces échanges ont permis de finaliser un document de référence, désormais présenté comme le socle des politiques africaines de l’eau pour les décennies à venir.

Cheikh Tidiane Dièye, ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui assure actuellement la présidence de l’AMCOW, a ouvert la session avec un discours empreint de fierté. Il a salué un « moment déterminant pour l’avenir du continent », rappelant que c’est à Dakar, et grâce au travail mené sous sa présidence, que ce document a pu voir le jour. Pour lui, cette Vision 2063 constitue bien plus qu’un simple cadre stratégique ; elle est l’expression d’une ambition collective de souveraineté et de justice hydrique.

L’Assemblée Générale de l’AMCOW, qui s’est déroulée en format hybride avec la participation de plusieurs délégations à distance, a rapidement validé l’ensemble des résolutions. Le texte adopté sera désormais transmis aux instances supérieures de l’Union africaine pour approbation finale par les Chefs d’État et de Gouvernement lors de leur prochain sommet. Il est appelé à devenir un référentiel unique pour les politiques nationales et régionales en matière de gestion de l’eau, de l’assainissement et de la coopération transfrontalière.

Ce nouveau cadre stratégique met particulièrement l’accent sur la nécessité d’une gestion intégrée et durable des ressources hydriques, en lien direct avec les objectifs de transformation économique, de résilience climatique et de stabilité sociale. La Vision encourage une approche qui considère l’eau non seulement comme une ressource naturelle, mais comme un véritable levier de développement. Elle appelle à une mobilisation renforcée des financements, en priorisant les ressources internes des États africains avant de faire appel aux financements extérieurs. Une orientation qui témoigne d’une volonté d’autonomisation croissante du continent en matière de gouvernance hydrique.

La Vision africaine de l’eau 2063 repose aussi sur l’expérience déjà acquise à travers les mécanismes de coopération sous-régionale, tels que l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG). Ces exemples sont cités comme des modèles de gestion partagée de ressources transfrontalières, basés sur la solidarité, le partage équitable et la prévention des conflits. Le ministre Dièye a insisté sur cette dimension, affirmant que « c’est avec l’eau qu’on peut construire la paix, garantir la sécurité alimentaire, et faire reculer les inégalités entre les territoires. »

Au-delà de cette avancée politique, l’adoption de la Vision 2063 renforce également la place du Sénégal comme acteur central dans la diplomatie de l’eau. Le pays multiplie les initiatives sur la scène internationale et se positionne déjà comme un leader africain sur les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Cette position sera renforcée par la co-organisation, en 2026, de la Conférence des Nations Unies sur l’eau, aux côtés des Émirats arabes unis. En prélude à cet événement, une réunion préparatoire de haut niveau se tiendra à Dakar dès le mois de janvier, avec la participation attendue de plusieurs chefs d’agences internationales et ministres du continent.

En parallèle, les ministres présents à Dakar ont également entériné une série de mesures visant à renforcer l’AMCOW en tant qu’institution continentale. Le Secrétariat de l’organisation, basé au Nigeria, fera l’objet d’un appui renforcé, tant sur le plan institutionnel que financier. Une meilleure régularisation des contributions des États membres est prévue, de même qu’une augmentation progressive de ces contributions, afin d’assurer l’autonomie et la pérennité de l’organe décisionnel.

En clôturant les travaux, le ministre Cheikh Tidiane Dièye s’est réjoui du consensus fort qui a émergé de cette session. Il a rappelé que sous la présidence sénégalaise, l’AMCOW avait su reprendre de la vigueur et poser des actes concrets pour relever les défis de l’eau en Afrique. La Vision 2063 n’est pas seulement un document, a-t-il conclu, mais « une boussole commune pour une Afrique plus résiliente, plus unie et plus souveraine dans sa gestion de l’eau. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°569 – 29/09/2025

🔴 AGRESSION DE JOURNALISTES PAR LE MAIRE BILAL DIATTA : LA CJRS ET L’APPEL RÉPLIQUENT
🔴 L’AFRIQUE AU CŒUR / REDDITION DES COMPTES : « UNE VENDETTA » SELON MACKY SALL

🔴 1ER TOUR DES PRÉLIMINAIRES / DE LA LIGUE DES CHAMPIONS AFRICAINE : FIN DE PARCOURS POUR LE JARAAF
🔴 NATIONAL 2 FRANCE : BABOU SÈYE À L’ASC BIESHEIM

Pacte de stabilité sociale : Cheikh Diop (CNTS/FC) accuse le gouvernement de ne pas honorer ses engagements

Le climat social reste tendu entre l’État et les organisations syndicales. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV ce dimanche 28 septembre 2025, le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal–Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a dénoncé le non-respect par le gouvernement des engagements contenus dans le pacte de stabilité sociale signé le 1er mai dernier.

Selon lui, cet accord, censé apporter un souffle nouveau au dialogue social et redonner confiance aux travailleurs, demeure lettre morte. « Nous avons signé un pacte depuis le 1er mai. Et ce pacte devait donner de l’espoir aux travailleurs, aux signataires et au monde du travail sur le déroulement du pacte, mais depuis lors rien n’a été respecté », a-t-il fustigé.

Face à ce qu’il considère comme une inertie gouvernementale, la CNTS/FC a organisé une conférence de presse le 25 septembre pour alerter l’opinion et annoncer un plan d’action. Celui-ci inclut l’organisation d’une marche nationale, une vaste campagne de sensibilisation sur l’ensemble du territoire et, en dernier recours, le dépôt d’un préavis de grève.

Réagissant aux critiques de certains syndicalistes qui voient dans ce pacte une manœuvre pour museler les travailleurs, Cheikh Diop a tenu à préciser qu’il ne retire en rien les droits fondamentaux : « Pour rappel, ce pacte ne prive aucun travailleur ni de son droit de grève, ni de son droit de revendication, ni de son droit de manifester. Ce pacte est une entente. C’est un principe et une forme de dialogue social qui nous permet d’éviter un accrochage avec les autorités. »

Le syndicaliste souligne par ailleurs que les revendications des travailleurs sont, par essence, permanentes : « La source de la revendication est inépuisable, c’est pourquoi quel que soit l’état de la revendication, ça ne devrait pas nous empêcher de signer un pacte. Quand on signait le pacte, on avait pris nos précautions parce que cette fois-ci, on a mis en place une autre forme de stratégie que celle qu’on avait l’habitude d’utiliser. »

Interpellé sur la situation des travailleurs victimes de licenciements abusifs, Cheikh Diop a rassuré que son organisation prendra en charge chaque cas soumis. « Si les licenciements sont jugés abusifs, nous œuvrerons à leur réintégration », a-t-il promis.

Violence contre des journalistes à Keur Massar : le SYNPICS dénonce une « atteinte grave à la liberté de la presse »

L’agression de journalistes à Keur Massar continue de susciter une vague d’indignation au sein de la corporation. Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau ce dimanche 28 septembre 2025, après les violences attribuées au maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et à ses agents, lors d’une opération de déguerpissement.

Dans un communiqué ferme, le syndicat dénonce « une atteinte grave à la liberté de la presse ainsi qu’au droit fondamental des citoyens à être informés ». Pour le SYNPICS, ces actes ne peuvent rester sans suite, d’autant plus qu’ils sont le fait d’une autorité locale censée protéger et accompagner les acteurs chargés d’assurer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique.

Le syndicat rappelle que la mission des journalistes est de garantir un droit constitutionnel à l’information et qu’en ce sens, toute tentative d’entrave ou de violence dirigée contre eux constitue une violation des libertés publiques. « Ces comportements sont indignes et totalement incompatibles avec la responsabilité d’un maire », souligne le communiqué.

En réaction, le SYNPICS n’écarte pas la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, qu’il affirme avoir formellement identifiés. L’organisation estime qu’il est temps de mettre un terme à l’impunité qui entoure souvent les violences faites aux journalistes, en envoyant un signal fort de protection et de justice.

Le syndicat interpelle également le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, l’exhortant à « prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes et techniciens de l’information mobilisés sur le terrain, notamment lors des opérations de déguerpissement menées dans la région de Dakar ».

Fidèle à sa mission de défense des intérêts moraux et matériels des journalistes, le SYNPICS réaffirme son engagement total à protéger la profession et à accompagner les victimes dans toutes les démarches nécessaires, qu’elles soient judiciaires ou sociales.

Cet incident, qui survient le jour même de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, ravive le débat sur les rapports parfois tendus entre autorités locales et professionnels des médias, et pose à nouveau la question de la sécurité et du respect de la liberté de la presse au Sénégal.

Keur Massar : la CJRS dénonce les violences contre des journalistes lors d’un déguerpissement

Un incident grave est venu assombrir l’opération de déguerpissement menée ce dimanche 28 septembre 2025 à Keur Massar, en banlieue dakaroise. La Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) a vivement réagi après que des journalistes, dépêchés pour couvrir l’événement, ont été victimes d’agressions de la part du maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et de certains de ses agents municipaux.

Dans un communiqué rendu public dans la journée, l’organisation professionnelle a exprimé son indignation. Elle « condamne fermement le traitement inacceptable infligé aux journalistes venus exercer leur mission d’informer », dénonçant une atteinte directe à la liberté de la presse et au droit des citoyens à accéder à une information libre et transparente.

La CJRS a rappelé la gravité symbolique de cet incident, qui survient à la veille de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée chaque 28 septembre. « Ce triste événement constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit des citoyens à être informés », insiste le communiqué.

Face à cette situation, l’organisation a tenu à exprimer sa solidarité pleine et entière aux reporters agressés. Elle a assuré qu’elle se tenait aux côtés des confrères et consœurs concernés pour leur apporter une assistance médicale ou juridique si nécessaire.

La Convention a conclu en réaffirmant sa détermination à défendre la dignité et la sécurité des journalistes sénégalais. « La CJRS reste mobilisée pour la défense de la liberté de la presse et la dignité des journalistes », a-t-elle martelé, appelant implicitement les autorités à prendre leurs responsabilités face à ces dérives.

Cet incident relance le débat sur la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier, particulièrement lors de missions de couverture de situations sensibles où les tensions peuvent dégénérer. Il met aussi en lumière la nécessité de renforcer les garanties en matière de liberté de presse au Sénégal, dans un contexte marqué par la multiplication des opérations de déguerpissement dans la région de Dakar.

Déguerpissements à Dakar : Alioune Tine dénonce un « échec de la décentralisation » et appelle à un changement de capitale

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Intérieur, Me Bamba Cissé a multiplié les opérations de déguerpissement dans la région de Dakar. Ces interventions, menées à Soumbédioune, Colobane, Guédiawaye et récemment autour du pont de Keur Massar, visent à libérer les voies publiques et les espaces marchands des occupations anarchiques qui perturbent la circulation et l’ordre urbain.

Si ces actions trouvent un écho favorable auprès d’une partie de la population, elles suscitent également des critiques. Parmi les voix discordantes figure celle d’Alioune Tine. Le fondateur du think tank Afrikajom Center a réagi via la plateforme X (anciennement Twitter) pour dénoncer ce qu’il considère comme une mauvaise réponse à un problème structurel.

« Déguerpir n’est pas une solution », a-t-il martelé. Selon lui, la situation actuelle illustre avant tout l’échec de la politique de décentralisation au Sénégal. « Il faut circuler dans Dakar pour voir que la politique de décentralisation est un échec total. Il faut changer de capitale, faire de chaque capitale régionale des espaces de développement économique et social durable, des espaces de bien-être pour les habitants. Et faire de la planification urbaine », a-t-il écrit.

Pour Alioune Tine, la gestion des occupations irrégulières ne saurait être uniquement l’affaire du ministère de l’Intérieur. Elle relève aussi, insiste-t-il, de la responsabilité des collectivités locales, du ministère de l’Urbanisme et de celui du Travail. « Il est temps de véritablement décentraliser le pouvoir et les ressources financières, humaines et matérielles », a-t-il plaidé, estimant que seule une décentralisation effective pourrait permettre de résorber durablement le problème d’occupation anarchique des espaces publics.

Pendant ce temps, l’action gouvernementale se poursuit. Ce dimanche 28 septembre 2025, Me Bamba Cissé a lui-même supervisé une nouvelle opération de déguerpissement à Keur Massar, accompagné du maire de Keur Massar Nord, Adama Sarr. Cette démarche témoigne de la détermination de l’État à faire respecter l’ordre public et à fluidifier la mobilité urbaine, malgré les réserves exprimées par certains acteurs de la société civile.

Le débat reste donc ouvert entre, d’un côté, la fermeté affichée par le gouvernement dans la gestion de l’espace urbain et, de l’autre, les critiques qui appellent à une approche plus structurelle fondée sur la décentralisation, la planification urbaine et un rééquilibrage du développement territorial.

Mandat d’arrêt contre Madiambal Diagne : le Forum du justiciable appelle au respect des principes de l’État de droit

La réaction ne s’est pas fait attendre après l’annonce du mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, accusé de transactions financières suspectes. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a pris la parole pour rappeler les obligations de chacun dans une démocratie.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le juriste a rappelé un principe fondamental : « Déférer à une convocation de justice est un devoir citoyen ». Pour lui, tout justiciable doit répondre aux sollicitations de la justice, quel que soit son statut. Cependant, il a tenu à apporter une précision importante sur le rôle des autorités compétentes dans une procédure judiciaire. « Mais dans un État de droit, les autorités doivent aussi notifier clairement, et à temps, les interdictions de sortie du territoire aux concernés », a-t-il souligné, pointant ainsi d’éventuelles failles dans la gestion de cette affaire.

Au-delà de ce rappel juridique, Babacar Ba a exprimé une conviction personnelle concernant l’issue de cette affaire : « Je reste convaincu que Madiambal Diagne viendra, pour son honneur, répondre de ses responsabilités comme il l’a promis ».

Cette réaction intervient dans un contexte tendu où l’affaire Madiambal Diagne continue d’alimenter les débats sur la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance de la justice au Sénégal. Alors que l’ancien directeur de publication est activement recherché, les voix s’élèvent pour exiger que la procédure suive son cours sans atteinte aux droits fondamentaux, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation politique.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas du journaliste : il illustre les défis auxquels la justice sénégalaise est confrontée, entre exigence de fermeté dans la lutte contre la corruption et nécessité de garantir un traitement équitable et respectueux des principes de l’État de droit.

Macky Sall dénonce une « vendetta politique » autour de la reddition des comptes dans son nouveau livre

L’ancien président de la République, Macky Sall, est de retour sur la scène publique avec la publication de son second ouvrage intitulé L’Afrique au Cœur, paru en français et en anglais. Dans ce livre, il revient sur plusieurs thématiques liées à la gouvernance, au panafricanisme et aux enjeux mondiaux, mais il n’a pas manqué de s’arrêter sur la politique de reddition des comptes menée par le nouveau régime.

Dans un passage particulièrement incisif, Macky Sall fustige ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Je ne peux qu’être indigné lorsque le nouveau pouvoir prend comme prétexte la reddition des comptes et utilise la Haute Cour de justice pour incriminer des ministres et les emprisonner sur la base de l’audit de la Cour des comptes que j’avais moi-même ordonné : on frise la vendetta, alors que nulle part dans ce même rapport aucun des ministres accusés et mis en prison n’est cité », écrit-il.

L’ancien chef de l’État estime ainsi que les procédures judiciaires engagées contre certains de ses anciens collaborateurs s’apparentent davantage à une chasse aux sorcières qu’à une quête de justice impartiale.

Pour mémoire, le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, avait transmis un référé à Ousmane Diagne, alors ministre de la Justice, dans lequel il recommandait l’ouverture de poursuites pénales après l’audit des finances publiques. Ce document ciblait en particulier les différents ministres des Finances qui s’étaient succédé entre 2019 et 2024, tout en mettant en lumière de possibles responsabilités au sein du Trésor public et d’autres services du ministère.

Depuis cette décision, plusieurs anciens ministres et hauts responsables du régime Sall ont été convoqués par la justice et certains placés sous mandat de dépôt, notamment dans le cadre de la gestion controversée du Fonds Covid-19. Cette vague d’incarcérations a profondément marqué l’opinion publique et divisé la classe politique, entre partisans d’une reddition des comptes ferme et défenseurs d’anciens dignitaires qui dénoncent une opération de liquidation politique.

Avec L’Afrique au Cœur, Macky Sall cherche non seulement à défendre son bilan, mais aussi à alerter sur les dérives possibles d’une justice instrumentalisée. Ses propos risquent de relancer les débats sur la frontière fragile entre lutte contre la corruption et règlements de comptes politiques dans un contexte où le Sénégal traverse une période de recomposition institutionnelle et de fortes attentes citoyennes en matière de transparence et de gouvernance.

Crise au Radisson de Diamniadio : le personnel sénégalais rejette les accusations d’occupation illégale

L’atmosphère reste tendue au Radisson de Diamniadio, où le conflit entre la direction turque et le personnel sénégalais prend une nouvelle ampleur. Alors que la direction accuse les employés d’avoir occupé illégalement les locaux et entravé l’accès à l’hôtel, ces derniers ont tenu à apporter un démenti ferme et public.

Paul-André Diouf, délégué du personnel, a qualifié ces accusations de « grotesques, fallacieuses et mensongères », dénonçant ce qu’il considère comme une « pure manipulation ». Dans une déclaration, il a rappelé que les travailleurs respectaient leurs engagements et continuaient d’assurer leurs missions professionnelles. « Depuis le 15 septembre dernier, nous nous rendons chaque jour sur notre lieu de travail fidèle à nos engagements contractuels et professionnels. Nous sommes tous liés à l’hôtel par des contrats à durée indéterminée et nous n’avons jamais cessé d’honorer nos obligations », a-t-il affirmé.

Selon les employés, la direction cherche délibérément à bloquer le fonctionnement normal de l’établissement. Le délégué du personnel a ainsi dénoncé des pratiques qu’il juge contradictoires : « Les mêmes dirigeants turcs qui nous accusent de manquer à nos obligations professionnelles sont ceux-là même qui nous bloquent l’accès aux outils de travail en verrouillant le système informatique, que ce soit à la réception, à la comptabilité ou au service de réservation ». Il a ajouté que les clés de l’économat avaient été retirées par la direction, rendant impossible la réception de livraisons et paralysant de fait l’activité de l’hôtel.

Un autre point de tension concerne le recrutement d’agents de sécurité privée récemment installés dans l’établissement. Pour les travailleurs sénégalais, cette décision traduit une volonté d’intimidation plus que de sécurisation. « Ils ont transformé l’établissement en caserne en y logeant des agents de sécurité fraîchement recrutés pour nous intimider au lieu de servir les clients », a déploré Paul-André Diouf.

Pour conclure, le délégué a retourné les accusations contre la direction turque, l’accusant de saboter volontairement l’activité de l’hôtel. « Voilà la vérité. Ce sont les Turcs qui sabotent l’activité de l’hôtel et tentent, par des manœuvres malsaines, de salir l’image des travailleurs sénégalais, dignes, loyaux et engagés », a-t-il martelé.

Cette crise, qui oppose désormais frontalement le personnel sénégalais à la direction turque, soulève des inquiétudes quant à l’avenir du Radisson de Diamniadio, un établissement stratégique pour le tourisme d’affaires et les grands événements internationaux organisés dans la capitale sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°568 – 27 ET 28/09/2025

🔴 ENQUÊTE SUR LES IVG – MARCHÉ NOIR DES PILULES ABORTIVES : TRAFIC MORTEL AU CŒUR DE DAKAR
🔴 « NOUS RENFORCERONS NOTRE SÉCURITÉ SUR L’ENSEMBLE DES FRONTIÈRES FACE À LA MENACE TERRORISTE » : DIOMAYE FAYE IMPLACABLE

🔴 SAUDI PRO LEAGUE : SADIO MANÉ RAYONNE DANS LE CLASSIQUE DU GOLFE
🔴 COMPÉTITIONS INTERCLUBS CAF : JARAAF ET GÉNÉRATION FOOT JOUENT LEUR SURVIE

« Dette cachée » : Bassirou Diomaye Faye presse le FMI de clarifier sa position

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien à la chaîne France 24. Interrogé par le journaliste Mark Perelman, le chef de l’État est revenu sur plusieurs dossiers économiques sensibles, dont celui de la fameuse « dette cachée » qui suscite de vifs débats au Sénégal.

Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel clair au Fonds monétaire international (FMI), exhortant l’institution à accélérer le processus afin de lever les incertitudes. « Nous voulons que le FMI presse un peu le pas pour que nous sachions sur quel pied danser… », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une clarification rapide pour orienter les choix économiques du pays.

Le président a néanmoins tenu à rappeler que le Sénégal avait déjà respecté ses obligations. « Tout ce que nous devons faire, nous l’avons déjà fait, non pas pour le FMI, mais pour les dirigeants que nous sommes et pour la crédibilité que nous avons vis-à-vis de notre peuple », a-t-il affirmé. Une manière de souligner que la démarche du gouvernement n’est pas guidée uniquement par les injonctions extérieures, mais par une exigence de responsabilité et de transparence vis-à-vis des citoyens.

Le dossier de la dette cachée, dont l’ampleur et les implications continuent de faire l’objet d’investigations, reste l’un des sujets les plus scrutés du moment, tant au niveau national qu’international. En mettant la pression sur le FMI, le président Faye veut visiblement accélérer la levée des zones d’ombre et rassurer aussi bien les partenaires financiers que l’opinion publique sénégalaise.

Poursuites contre Macky Sall : Bassirou Diomaye Faye promet une justice « juste et équitable »

Lors de son entretien accordé à la chaîne France 24, ce vendredi, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur la question sensible des éventuelles poursuites judiciaires visant des responsables de l’ancien régime de Macky Sall.

Le chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté en rappelant que la justice, pour préserver la paix civile et l’ordre public, doit être rendue de manière impartiale et équitable. « Je fais toujours la différence entre se faire justice et rendre la justice. Rendre la justice suppose respecter la présomption d’innocence de tout individu, respecter ses droits et lui assurer un procès juste et équitable », a-t-il déclaré, soulignant que cette règle s’applique à tout citoyen, quel que soit son statut ou sa fonction passée.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le fait qu’il ne saurait exister de « présomption de culpabilité sur personne ». Selon lui, seules les procédures prévues par le droit sénégalais doivent guider les décisions de justice, loin de toute forme de règlement de comptes politiques.

Le président a également voulu rassurer sur l’indépendance du processus judiciaire. « Chacun est libre d’exprimer ses opinions. Mais quand la justice aura à se prononcer, elle le fera de manière sereine et sur la base d’éléments matériels, devant un juge indépendant qui va juger selon son intime conviction », a-t-il précisé.

En plaçant ainsi la présomption d’innocence et l’équité au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye trace une ligne de conduite claire : les enquêtes et éventuels procès concernant les figures de l’ancien régime ne devront pas être interprétés comme une revanche politique, mais comme une exigence de l’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur la reddition des comptes reste vif au Sénégal, deux ans après l’alternance politique. Elle traduit la volonté du président de concilier exigence de justice et respect des principes démocratiques, afin de préserver la stabilité et la crédibilité des institutions.

ONU : Antonio Guterres félicite Bassirou Diomaye Faye pour son leadership et réaffirme l’importance du Sénégal dans le multilatéralisme

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a rencontré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en marge de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, à New York. Cette entrevue a été l’occasion pour le patron de l’organisation internationale de saluer « l’excellence des relations entre le Sénégal et les Nations Unies », mais aussi de mettre en lumière le rôle majeur que joue le pays sur la scène diplomatique.

Antonio Guterres a particulièrement tenu à souligner « le leadership et l’engagement du Sénégal et du Président Faye, sur le multilatéralisme et sur les grands défis en Afrique et dans le monde ». Pour lui, la position du Sénégal dans les instances internationales, conjuguée à la vision de son président, fait de ce pays un acteur incontournable dans les débats mondiaux, qu’il s’agisse de paix et de sécurité, de développement durable ou de réformes financières internationales.

Le secrétaire général a rappelé que l’Afrique restait au cœur des priorités de l’ONU, en particulier dans un contexte marqué par de fortes attentes concernant une réforme du système financier international. Selon lui, il est indispensable de parvenir à un modèle « plus juste et plus équitable au bénéfice des populations », une ambition partagée par le Sénégal.

Pour sa part, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la volonté du Sénégal de défendre un multilatéralisme rénové, plus humain et plus respectueux de la dignité des peuples. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de faire face aux crises mondiales, qu’elles soient sécuritaires, économiques ou environnementales.

La rencontre a également permis d’évoquer la dynamique de redéploiement des agences onusiennes à la Maison des Nations Unies de Diamniadio, un projet symbolique qui illustre la confiance de l’organisation dans le Sénégal et confirme le rôle central du pays en tant que hub diplomatique et institutionnel en Afrique de l’Ouest.

Cette reconnaissance du secrétaire général de l’ONU vient renforcer l’image internationale du Sénégal, déjà perçu comme une démocratie stable et un partenaire fiable dans les affaires multilatérales. Elle conforte également le président Bassirou Diomaye Faye dans son ambition de positionner son pays comme un acteur clé dans la refonte des équilibres mondiaux.

Affaire Madiambal Diagne : le ministère de l’Intérieur annonce un mandat d’arrêt international et relève deux hauts responsables de la sécurité

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a publié, ce vendredi 26 septembre 2025, un communiqué officiel confirmant la fuite du journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne. L’homme de presse, visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par une autorité judiciaire, a quitté le Sénégal dans la nuit du 23 au 24 septembre via l’aéroport international Blaise Diagne. Les circonstances de ce départ, malgré les instructions de vigilance adressées aux services de sécurité, restent encore inexpliquées.

Selon le communiqué, des consignes strictes avaient pourtant été données pour empêcher le voyage de l’intéressé, mais celui-ci a réussi à embarquer à bord d’un vol sans que les mesures d’opposition ne soient appliquées. Face à cette situation jugée grave, une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les conditions exactes de la sortie de Madiambal Diagne et d’identifier d’éventuelles complicités ou manquements.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministre de l’Intérieur a pris une décision conservatoire en relevant de leurs fonctions les responsables de deux structures directement concernées : le chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et celui du Commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne. Le communiqué précise que si des responsabilités sont établies, des sanctions appropriées seront appliquées contre les agents fautifs.

En parallèle, le ministère indique que le président du Collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier a émis, ce vendredi même, un mandat d’arrêt international à l’encontre de Madiambal Diagne. Cette décision ouvre la voie à une coopération avec les autorités étrangères pour localiser, interpeller et, le cas échéant, extrader le journaliste afin qu’il réponde devant la justice sénégalaise.

Le texte insiste également sur les principes fondamentaux qui doivent encadrer ce dossier sensible. Le ministère rappelle son attachement au respect des décisions judiciaires, à la transparence dans la gestion des affaires publiques et à la présomption d’innocence, soulignant qu’aucune condamnation ne peut être retenue sans un jugement définitif.

L’affaire Madiambal Diagne, déjà au centre de l’attention en raison des soupçons portant sur des transactions financières estimées à plusieurs milliards de francs CFA, prend désormais une dimension plus large avec l’émission d’un mandat d’arrêt international et la mise en cause de responsables sécuritaires. Elle met en lumière les failles dans le dispositif de contrôle aux frontières et place les autorités face à un double défi : retrouver le fugitif et restaurer la confiance dans l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

23e anniversaire du naufrage du « Joola » : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux victimes et réaffirme la solidarité nationale

Le Sénégal s’est souvenu, ce vendredi 26 septembre 2025, du naufrage du ferry Le Joola, survenu il y a vingt-trois ans au large de la Gambie. À l’occasion de ce triste anniversaire, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message solennel de recueillement et de solidarité aux familles des disparus.

Dans une publication sur sa page Facebook, le chef de l’État a rappelé l’ampleur de ce drame qui demeure une blessure encore vive dans la mémoire collective. « En ce 26 septembre, notre Nation se recueille à la mémoire des victimes du naufrage du Joola, survenu il y a 23 ans. Ce drame, l’un des plus douloureux de notre histoire, reste gravé dans la conscience nationale. Aux familles éprouvées, j’exprime, au nom du Sénégal, compassion et solidarité indéfectibles », a-t-il écrit.

Le naufrage du Joola, survenu dans la nuit du 26 septembre 2002, demeure l’une des plus grandes catastrophes maritimes en temps de paix. Officiellement, près de 1 900 personnes y ont perdu la vie, faisant de cette tragédie une plaie nationale et internationale. Au fil des ans, le souvenir des victimes est resté intact, et la douleur des familles endeuillées continue de hanter la conscience collective.

Chaque année, la date du 26 septembre est marquée par des cérémonies commémoratives, à Dakar comme à Ziguinchor, où une partie des victimes était originaire. Ces moments de recueillement permettent à la Nation de rendre hommage aux disparus, mais aussi de réaffirmer la nécessité de préserver leur mémoire et de tirer des leçons de ce drame pour renforcer la sécurité maritime.

En réitérant son message de compassion, le président Diomaye Faye s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, tout en rappelant que la solidarité avec les familles endeuillées demeure une responsabilité permanente de l’État.

Bassirou Diomaye Faye : « Nous renforcerons notre sécurité sur l’ensemble des frontières face à la menace terroriste »

Le Sénégal affiche sa détermination à prévenir toute infiltration terroriste sur son territoire. Lors d’un entretien accordé à la chaîne française France 24, ce vendredi 26 septembre 2025 à New York, en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé la vigilance de son gouvernement face à un contexte sécuritaire régional marqué par l’instabilité au Mali et la multiplication des attaques dans le Sahel.

« La menace terroriste, elle n’est pas simplement qu’à l’ouest du Mali ou à l’est du Sénégal. Je suis convaincu que le phénomène du terrorisme, où qu’il soit, est une menace », a déclaré le chef de l’État. Il a insisté sur la dimension globale du danger, estimant que « tous les pays sont concernés par ce qui se passe au Mali et partout ailleurs tant que cela porte sur le terrorisme ».

Bassirou Diomaye Faye a révélé que son gouvernement a pris des mesures fermes pour renforcer la sécurité aux frontières, considérées comme les premières lignes de défense. « Nous renforçons notre sécurité sur l’ensemble des frontières parce que la menace peut venir de partout et elle peut être multiforme », a-t-il expliqué, soulignant que le Sénégal n’entend pas baisser la garde.

Au-delà du dispositif militaire, le président sénégalais a plaidé pour une approche globale et concertée de la lutte antiterroriste. Il a défendu une stratégie « intégrée », reposant sur l’échange de renseignements entre pays, le dialogue entre puissances internationales et nations directement concernées, ainsi que la coopération avec les États dont les frontières restent vulnérables.

Pour lui, la réponse au terrorisme ne saurait se limiter au continent africain. Elle doit être portée par une solidarité internationale, en évitant toutefois que l’Afrique devienne le théâtre d’affrontements indirects entre grandes puissances. « J’ai toujours alerté en disant qu’il ne faut pas que l’Afrique, notamment le Sahel, devienne le terrain d’affrontement des grandes puissances par terrorisme interposé ou par intervention militaire conventionnelle interposée », a-t-il mis en garde.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques dans plusieurs pays voisins et la présence croissante de groupes armés non étatiques, ces déclarations traduisent la volonté du Sénégal d’anticiper les menaces et de consolider ses alliances stratégiques tout en préservant sa souveraineté.

Inondations : l’armée sénégalaise érige des digues de protection à Matam et Podor

Les armées sénégalaises ont renforcé leur mobilisation dans la lutte contre les inondations qui frappent plusieurs localités du nord du pays. Sur X (ancien Twitter), le Directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) a annoncé que le génie militaire s’est mobilisé pour la réalisation de plusieurs digues de protection au niveau de Aram, Fanaye, Diamel, Ngouye et Thilogne dans les départements de Matam et Podor, en relation avec la direction de la prévention et de la gestion des inondations.

Ces travaux, entamés le 3 septembre 2025, visent à sécuriser les zones riveraines du fleuve Sénégal, particulièrement exposées aux débordements. Les opérations se poursuivent afin de protéger les populations menacées par les crues et réduire les risques de dégâts matériels et humains.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°567 – 26/09/2025

🔴 « INONDATIONS, INFLATION, INJUSTICE » : GUEUM SA BOPP DÉCLENCHE L’OFFENSIVE
🔴 JUSTICE : MANSOUR FAYE ET BOUGAR LIBRES

🔴 FSF / LE PROJET PRAXIS : L’AXE MAJEUR DU PROGRAMME D’ABDOULAYE FALL

Sénégal : la Première Dame Marie Khone Faye nommée ambassadrice de la Fondation Merck « Plus qu’une mère »

La Première Dame du Sénégal, Marie Khone Faye, a été officiellement désignée ambassadrice de l’initiative « Plus qu’une mère » de la Fondation Merck. La nomination a été annoncée lors de la 7ᵉ édition du sommet MFFLI 2025, une rencontre annuelle qui réunit les Premières Dames autour des programmes de cette organisation internationale dédiée à la santé et au développement.

La cérémonie s’est tenue en présence de Frank Stangenberg-Haverkamp, président du Conseil d’administration de la Fondation Merck, et de la sénatrice Dr Rasha Kelej, directrice générale de la fondation. Aux côtés de Marie Khone Faye figuraient plusieurs Premières Dames venues d’Afrique et d’Asie, notamment celles de l’Angola, du Cap-Vert, de la République centrafricaine, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, du Kenya, du Libéria, des Maldives, du Mozambique, du Nigeria, de São Tomé-et-Principe et du Zimbabwe.

Dans son allocution, la Dr Rasha Kelej a salué l’arrivée de l’épouse du président sénégalais au sein de cette initiative qui milite en faveur de la santé reproductive et de l’autonomisation des femmes. Elle a rappelé les actions déjà menées par la Fondation Merck au Sénégal, notamment l’octroi de vingt-cinq bourses à des médecins sénégalais dans des domaines aussi variés que l’oncologie, le diabète, la fertilité ou encore l’embryologie. Elle a également annoncé l’inscription prochaine de nouveaux praticiens dans des spécialités critiques encore insuffisamment couvertes.

Prenant la parole à son tour, Marie Khone Faye a exprimé sa reconnaissance pour cette nomination, qu’elle considère comme une responsabilité majeure au service de la cause des femmes et des familles. « C’est un véritable honneur d’être ambassadrice de la Fondation Merck ‘Plus qu’une mère’ et de rejoindre cette 7ᵉ édition du sommet aux côtés de mes sœurs, les Premières Dames d’Afrique et d’Asie », a-t-elle déclaré. Elle a aussi annoncé le lancement du programme « Éduquer Linda », destiné à promouvoir l’éducation des jeunes filles. Pour elle, l’instruction constitue la clé de l’autonomisation féminine et un levier indispensable à la construction de nations plus solides et plus justes.

Avec cette nomination, la Première Dame du Sénégal s’engage ainsi dans une dynamique internationale qui associe santé, éducation et empowerment des femmes. Cette nouvelle mission pourrait renforcer la contribution du Sénégal aux initiatives mondiales en faveur du développement inclusif et de l’égalité des chances.

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne activement recherché, son épouse placée en garde à vue

L’affaire impliquant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne connaît un tournant décisif. Le fondateur du groupe Avenir Communication est désormais activement recherché par les forces de sécurité après avoir ignoré une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC).

Le dossier a basculé mercredi lorsque Madiambal Diagne ne s’est pas présenté devant les enquêteurs, alors qu’il devait simplement recevoir une ordonnance d’interdiction de sortie du territoire. La convocation faisait suite à son interception la veille par la Police de l’air et des frontières à l’aéroport international Blaise Diagne, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Paris.

Devant son absence, les enquêteurs ont décidé de se rendre à son domicile, sur autorisation du juge du premier cabinet financier. Mais ils n’y ont pas trouvé le journaliste. Toutes les tentatives pour le localiser étant restées vaines, un avis de recherche et d’arrestation a été lancé à son encontre, accompagné d’une vaste opération destinée à le retrouver.

L’affaire remonte à un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui soupçonne Madiambal Diagne d’être impliqué dans une opération financière douteuse portant sur 21 milliards de francs CFA. Ce document, transmis au parquet financier, a déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Dans le prolongement de cette cavale présumée, l’épouse de Madiambal Diagne, présentée comme la gérante de l’une de ses sociétés, a été interpellée et placée en garde à vue ce jeudi. Une mesure qui confirme la volonté des autorités de resserrer l’étau autour de ce dossier sensible, au croisement de la justice financière et du monde médiatique.

L’affaire, qui continue de faire grand bruit, est suivie de près par l’opinion publique. Les prochains développements devraient être décisifs pour l’avenir judiciaire du patron de presse, dont la disparition alimente déjà de nombreuses spéculations.

Sébikhotane : Le « scandale » du protocole de 115 hectares au profit de Holding Gueye SA

En juillet 2024, un protocole d’accord a été signé entre la société Holding Gueye SA, représentée par son administratrice générale Mame Diarra Gueye, et la Direction des Eaux, Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS). Cet accord autorise l’aménagement et l’exploitation d’une plateforme logistique de 115 hectares dans la forêt classée de Sébikhotane, au sud-ouest de Dakar. Officiellement, ce projet est présenté comme une initiative stratégique destinée à contribuer au désengorgement du Port autonome de Dakar, aujourd’hui saturé par l’intensité des mouvements de marchandises. Il prévoit la construction d’infrastructures modernes telles que des hangars de stockage, un hôtel pour chauffeurs, des bureaux de douane, une banque, une clinique et même une station d’essence, transformant ainsi une partie de la forêt classée en un véritable port sec privé.
Le protocole, approuvé par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique d’alors, le professeur Daouda Ngom, oblige Holding Gueye à financer annuellement la Brigade forestière de Sébikhotane à hauteur de quarante millions de francs CFA, à produire cinq mille plants destinés au reboisement et à participer à des opérations de cartographie et de préservation environnementale. En contrepartie, la DEFCCS a concédé à l’entreprise l’usage de l’assiette foncière pour une durée de vingt-cinq ans, une concession qui suscite depuis de vives polémiques.
La controverse a pris une nouvelle dimension le 4 août 2025, lorsque le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, Cheikh Sadibou Diop, a signé une autorisation exceptionnelle de démarrage des travaux préparatoires de terrassement. Cette décision est intervenue alors même que l’étude d’impact environnemental et social (EIES) n’était pas encore finalisée. Pour de nombreux observateurs, cette autorisation constitue une violation flagrante du Code forestier sénégalais, qui interdit toute exploitation en forêt classée sans un déclassement officiel par décret présidentiel.
Les populations riveraines ont aussitôt exprimé leur colère. Le 21 septembre 2025, un collectif d’usagers de la forêt classée de Sébikhotane a publié un communiqué dans lequel il rejette catégoriquement ce protocole, jugé illégal et dangereux. Les habitants dénoncent l’absence de consultation publique, rappelant qu’ils n’ont jamais été associés à un projet qui les concerne pourtant directement. Ils estiment que la construction de ce port sec est inutile dans la mesure où l’État développe déjà les ports de Sendou et de Ndayane, dotés de vastes réserves foncières prévues précisément pour désenclaver Dakar et renforcer les infrastructures logistiques. Pour eux, ce protocole ouvre surtout la voie à une privatisation progressive des forêts classées, avec le risque de voir se multiplier les attributions foncières au profit d’intérêts privés au détriment des communautés locales et de l’environnement.
Les accusations de corruption sont également au cœur de la contestation. Le collectif évoque des pratiques opaques au sein de l’administration territoriale, de la mairie de Diamniadio, de la direction des eaux et forêts et du ministère de l’Environnement. Selon les contestataires, l’attribution de ces 115 hectares à Holding Gueye illustre une stratégie récurrente de spoliation foncière maquillée sous couvert de protocoles administratifs.
La mobilisation s’est intensifiée avec l’entrée en scène du Collectif des exploitants des villages de Dougar, Gandoul et Ndoukhoura. Le 6 mai 2025, ce collectif a adressé une lettre ouverte au Président de la République. Dans ce courrier, signé par leur représentant Charles Justinien Thione, les habitants rappellent qu’ils avaient déjà formulé en 2018 puis en 2021 une demande de déclassement de 98 hectares de la forêt afin d’étendre leurs villages et de créer une zone d’activités locales génératrice d’emplois. Or, après confrontation des coordonnées géographiques, les 98 hectares sollicités se trouvent exactement sur l’assiette foncière de 115 hectares attribuée à Holding Gueye. Cette superposition signifie que les besoins vitaux en logement et en terres agricoles des populations entrent directement en conflit avec un projet privé à but lucratif.
La lettre met également en lumière des pratiques troublantes. Le ministre de l’Environnement aurait tenté d’associer un représentant de Holding Gueye à une audience officielle entre les exploitants et ses services, ce que le collectif a décliné. Quelques jours plus tard, l’administratrice générale de Holding Gueye SA a directement contacté les leaders villageois, après avoir obtenu leurs coordonnées via le ministère. Pour le collectif, ces méthodes démontrent une proximité inquiétante entre l’administration et l’entreprise, et confirment l’existence d’un traitement de faveur.
Au-delà de ces aspects, les exploitants dénoncent le fait que le protocole autorise une société privée à occuper une partie de la forêt classée pour y développer une activité lucrative indépendante pendant vingt-cinq ans. Ils soulignent que l’article 28 de la loi 2018-25 du 12 novembre 2018, invoqué pour justifier le protocole, ne peut pas primer sur l’article 11 de la même loi qui interdit toute exploitation régulière dans les forêts classées non aménagées. Pour eux, ce protocole est en réalité une attribution déguisée de terres publiques au profit d’une société privée, en violation de la législation et au détriment de l’intérêt général.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°566 – 25/09/2025

🔴 SÉBIKHOTANE / 115 HA ATTRIBUÉS À HOLDING GUÈYE SA : UN SCANDALE !
🔴 NOUVEL OUVRAGE L’AFRIQUE AU CŒUR : MACKY SALL BOUSCULE LES CLICHÉS

🔴 MMA / 1ᵉʳ CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE HAND TO HAND FIGHTING : LE SÉNÉGAL DANS LA CAGE
🔴 25 SEPTEMBRE 1988 – 25 SEPTEMBRE 2025 : Il Y A 38 ANS À SÉOUL, UNE ÉTERNITÉ !

Parquet financier : Waly Seck libéré après avoir versé une caution de 210 millions de FCFA

Le chanteur Waly Seck, convoqué ce mercredi devant le parquet financier, a finalement retrouvé la liberté après plusieurs heures d’audition. Selon son avocat, Me Abdou Dialy Kane, l’artiste a été relâché à la suite du versement d’un cautionnement fixé à 210 millions de francs CFA.

Le nom du musicien avait été cité dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ce document fait état de transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Macky Sall ».

Si Waly Seck n’a pas été placé sous mandat de dépôt, son implication dans ce dossier sensible continue de susciter de nombreuses réactions. Pour ses avocats, le paiement de la caution ne signifie pas une reconnaissance de culpabilité mais s’inscrit dans la procédure afin de garantir sa disponibilité à répondre aux convocations de la justice.

La suite de l’enquête permettra de déterminer le rôle exact joué par l’artiste dans ces transactions financières jugées douteuses par la CENTIF. En attendant, Waly Seck, figure incontournable de la scène musicale sénégalaise, reste sous la surveillance étroite de la justice financière.

DIC : Madiambal Diagne ignore une convocation des enquêteurs

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est au cœur d’une nouvelle polémique. Convoqué par la Division des investigations criminelles (DIC), il n’a pas donné suite à l’invitation qui lui avait été adressée. Selon plusieurs sources proches du dossier, le fondateur du groupe Avenir Communication aurait délibérément manqué à ce rendez-vous avec les enquêteurs.

Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet financier. À l’origine de la procédure, un rapport transmis par la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières) fait état de transactions suspectes estimées à près de 21 milliards de francs CFA. Ces opérations mettraient en cause Madiambal Diagne et impliqueraient des responsables de la société Ellipse.

Pour l’heure, aucune précision n’a filtré sur les suites immédiates que les autorités comptent donner à ce refus de déférer. Mais l’affaire suscite déjà de nombreuses interrogations, tant par l’ampleur des sommes évoquées que par la personnalité concernée. Patron de l’un des groupes de presse les plus influents du pays, Madiambal Diagne est également connu pour ses prises de position tranchées dans le débat public.

Ce dossier, désormais suivi de près par l’opinion, pourrait marquer un tournant dans la relation entre justice et médias au Sénégal. Les prochains développements permettront de savoir si la justice décidera de passer à une étape supérieure, en contraignant le journaliste à s’expliquer devant les enquêteurs.

Bassirou Diomaye Faye signe un partenariat stratégique de 6 milliards FCFA avec la Fondation Gates

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a rencontré ce mercredi Bill Gates, président de la Fondation Gates. Cette entrevue s’est conclue par la signature d’un partenariat stratégique d’une valeur supérieure à 6 milliards de francs CFA, soit plus de 10 millions de dollars.

Selon la présidence sénégalaise, cet accord s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique lancé par le chef de l’État. Il vise à transformer profondément l’écosystème numérique du pays, en mobilisant des ressources et des innovations capables d’accélérer la modernisation de plusieurs secteurs clés.

Parmi les axes prioritaires du partenariat figure la mise en place d’une identité numérique universelle destinée à l’ensemble des citoyens sénégalais. Cette mesure devrait faciliter l’accès aux services publics et renforcer l’inclusion numérique. Le projet prévoit également la création d’un hub d’intelligence artificielle qui orientera ses travaux vers des solutions innovantes dans les domaines de la santé et de l’agriculture, deux piliers essentiels du développement national.

Une Delivery Unit sera enfin installée pour veiller à la transparence et à l’efficacité dans la mise en œuvre des projets. Ce mécanisme, inspiré des meilleures pratiques internationales, aura pour mission de s’assurer que les engagements pris se traduisent rapidement par des résultats concrets pour les populations.

En scellant ce partenariat, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de la transformation numérique en Afrique de l’Ouest, tout en bénéficiant de l’expertise et de l’accompagnement d’une fondation reconnue mondialement pour son engagement en faveur du progrès technologique et social.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°565 – 24/09/2025

🔴 AFFIRMATION DU PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE SUR L’ENGAGEMENT DU SÉNÉGAL EN FAVEUR DES DROITS DES FEMMES : LES FÉMINISTES RÉCLAMENT DU CONCRET
🔴 MAINTIEN DU TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT MALGRÉ LA SOUFFRANCE DES SÉNÉGALAIS : ÑOO LANK APPELLE À LA MOBILISATION

🔴 UFOA-U17 FÉMININ : LES « LIONCELLES » BUTENT SUR LA SIERRA LEONE
🔴 HOMMAGE À MOUSSA DIOP QUENUM : UN DÉPART QUI LAISSE UN VIDE ABYSSAL

Diamel submergé : Thierno Alassane Sall accuse le gouvernement de négligence

La situation dramatique vécue par les habitants du village de Diamel, aujourd’hui submergé par les eaux, fait vivement réagir la classe politique. Parmi les voix les plus critiques, celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, se distingue par sa fermeté. Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce ce qu’il qualifie de « non-assistance à des populations en danger » de la part du président Bassirou Diomaye Faye et de son gouvernement.

Selon l’ancien député, la menace pesant sur Diamel n’était ni soudaine, ni imprévisible. Depuis deux mois, affirme-t-il, les habitants du village se battent à mains nues contre une crue annoncée, tentant désespérément d’endiguer les eaux avec de simples sacs de sable. Il rappelle avoir alerté à plusieurs reprises, y compris lors de sessions extraordinaires à l’Assemblée nationale, sur la gravité de la situation et l’urgence d’une intervention étatique.

Le 18 septembre dernier, après les premiers lâchers d’eau du barrage de Manantali, Thierno Alassane Sall dit avoir réitéré son appel, insistant sur le caractère « pressant » de la situation. En vain. Quelques jours plus tard, Diamel est sous les eaux, ses habitants livrés à eux-mêmes. Pour lui, ce drame aurait pu être évité. « Ce n’était pas une fatalité », écrit-il. « C’est de la non-assistance à des populations en danger. »

Mais ce qui semble l’avoir le plus choqué, c’est l’attitude du chef de l’État dans ce contexte de crise. Alors que le village appelait à l’aide, le président Diomaye Faye apparaissait, selon lui, dans une scène légère et déplacée : une partie de Scrabble partagée sur les réseaux sociaux. Une image qui, pour Thierno Alassane Sall, incarne un manque total de considération face à la détresse d’une partie du peuple. « Il avait le temps et les moyens », souligne-t-il, tout en fustigeant une communication décalée, à mille lieues des urgences du terrain.

Avec une ironie amère, il anticipe déjà la suite. « Sans doute, comme l’année dernière, il va aller, en tenue de Général, au chevet des sinistrés. Un Général qui vient toujours après la bataille. » Une formule acérée qui résume le sentiment d’abandon ressenti par les sinistrés et que l’opposition n’hésite pas à exploiter pour dénoncer l’inaction du pouvoir.

Au-delà du président, Thierno Alassane Sall interpelle également les parlementaires. Deux sessions extraordinaires ont été organisées récemment à l’Assemblée nationale, mais aucune n’a, selon lui, accordé l’attention requise à la situation de Diamel et d’autres localités menacées par les inondations. Un silence institutionnel qu’il juge complice. « Les représentants du peuple porteront aussi la responsabilité d’avoir ignoré une situation extraordinaire qui frappe bien des localités du pays. »

Il conclut son message par une définition sans équivoque du patriotisme : « Le patriotisme, c’est être auprès du peuple. » Une piqûre de rappel adressée à ceux qui, selon lui, ont tourné le dos à leurs responsabilités les plus élémentaires.

Enseignement supérieur : Daouda Ngom inscrit le dialogue au centre de sa stratégie

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, s’est rendu ce mardi à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), située dans la Cité du Savoir à Diamniadio. Cette visite a été l’occasion pour lui de réaffirmer sa volonté de fonder son action sur une approche participative et inclusive.

D’après l’Agence de presse sénégalaise (APS), le ministre a insisté sur l’importance de la concertation avec l’ensemble des parties prenantes du secteur. Il a déclaré que l’ensemble de ses initiatives seront guidées par l’écoute et l’échange avec les enseignants-chercheurs, les chercheurs, le personnel administratif et technique, les étudiants ainsi que les syndicats, dans le but de garantir un accès juste et équitable à un enseignement supérieur de qualité.

Lors de son intervention, Daouda Ngom a tenu à saluer les performances remarquables de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane. En douze ans seulement, l’établissement est devenu la deuxième université du pays en nombre d’inscrits, comptant aujourd’hui quelque 74 000 étudiants. Il a rappelé que l’université a obtenu son habilitation institutionnelle en 2020, avant d’ouvrir une école doctorale dès l’année suivante, en 2021.

Cette progression rapide, qu’il qualifie de « prouesse », démontre selon lui le rôle essentiel que joue l’UN-CHK dans la démocratisation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le ministre a également mis en lumière les avancées technologiques de l’établissement, en citant notamment les applications numériques développées en interne telles que « Jokoo », « Gisé » et « Disso ». Ces outils, selon lui, participent activement à la consolidation de la souveraineté numérique nationale.

Il a d’ailleurs exprimé un intérêt particulier pour l’application « Gisé », soulignant qu’elle représente une alternative gratuite et locale aux plateformes de visioconférence payantes comme Zoom.

Encourageant l’université à poursuivre ses efforts, Daouda Ngom a salué des initiatives telles que les vacances citoyennes numériques, organisées en partenariat avec le ministère en charge du numérique. Pour lui, ces actions illustrent parfaitement l’engagement de l’UN-CHK au service des communautés.

Enfin, le ministre s’est montré attentif aux difficultés rencontrées par l’université. S’il a promis un accompagnement de la part de son département, il a également précisé qu’il souhaitait éviter les promesses non tenues, préférant une approche réaliste et pragmatique dans la conduite des réformes.

Sénégal : lancement d’un programme de renouvellement de 2 000 taxis urbains avec 500 hybrides gaz-essence

Le ministère des Transports terrestres et aériens a annoncé un vaste plan de modernisation du parc de taxis urbains au Sénégal. Porté par le Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD) et le Fonds de Développement des Transports terrestres (FDTT), ce programme prévoit le renouvellement de deux mille taxis, dont un premier lot de cinq cents véhicules hybrides fonctionnant au gaz et à l’essence.

Ce projet, financé par la société MECTRANS avec l’accompagnement du FDTT et du Fonds de Garantie des Investissements prioritaires (FONGIP), s’inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser le transport urbain et de professionnaliser les acteurs du secteur. Le ministère rappelle que cette initiative répond à un double enjeu : d’une part, améliorer la qualité du service rendu aux usagers, et d’autre part, contribuer à la réduction des émissions polluantes grâce à l’introduction de véhicules plus respectueux de l’environnement.

L’arrivée de taxis hybrides constitue une innovation majeure dans le domaine de la mobilité urbaine au Sénégal. Ces véhicules, combinant l’utilisation du gaz et de l’essence, permettront de réduire significativement la consommation de carburant et d’améliorer la performance énergétique. Ils offriront également davantage de confort et de sécurité aux passagers, tout en renforçant la compétitivité des chauffeurs dans un secteur marqué par la vétusté d’une partie importante du parc actuel.

Pour garantir le succès de cette opération, le ministère des Transports a invité les propriétaires et chauffeurs de taxis à se regrouper en entités organisées avant de déposer leurs demandes d’adhésion auprès du CETUD. Cette démarche vise à assurer une meilleure coordination, une distribution équitable des véhicules et une gestion transparente des financements mobilisés.

Au-delà du simple renouvellement du parc automobile, ce projet illustre l’ambition des autorités de faire du transport urbain un levier de développement durable. En introduisant des technologies hybrides et en soutenant la transition énergétique, le Sénégal s’inscrit dans une logique de modernité et d’efficacité, tout en respectant ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Sénégal : la Direction de l’Emploi introduit la délivrance de certificats de chômage

La Direction de l’Emploi a annoncé, dans un communiqué rendu public ce mardi 23 septembre 2025, la mise en place d’une nouvelle procédure permettant aux citoyens sénégalais d’obtenir un « certificat de chômage ». Ce document administratif, délivré sur demande, vise à attester officiellement la situation de non-emploi d’un individu et pourrait être requis dans divers contextes, notamment pour l’accès à certains programmes publics, aux appuis sociaux ou dans le cadre de démarches administratives spécifiques.

Selon la note, plusieurs pièces justificatives sont nécessaires pour constituer un dossier. Parmi elles figurent une photocopie de la carte nationale d’identité, une déclaration sur l’honneur légalisée, une demande manuscrite adressée au Directeur de l’Emploi, ainsi qu’un certificat de résidence. Dans le cas où la demande est effectuée par une tierce personne, une procuration dûment signée doit également être présentée.

La Direction de l’Emploi insiste sur l’importance de vérifier la complétude du dossier avant tout dépôt, afin d’éviter les retards liés à des pièces manquantes ou mal établies. Cette précision témoigne de la volonté des autorités de rationaliser et d’accélérer la procédure, tout en garantissant la fiabilité des informations fournies par les demandeurs.

L’instauration de ce certificat intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le marché du travail, où le chômage reste une préoccupation majeure pour une grande partie de la population active, notamment les jeunes diplômés. Pour certains observateurs, cette initiative pourrait contribuer à mieux cerner et documenter la réalité du chômage au Sénégal, en fournissant des statistiques plus fiables aux décideurs publics.

Cependant, des interrogations demeurent quant à l’impact réel de ce document sur l’amélioration des conditions d’accès à l’emploi. Si le certificat constitue une reconnaissance administrative d’une situation vécue par beaucoup de Sénégalais, il n’apporte pas de solution directe au déficit d’opportunités économiques et professionnelles.

Migration irrégulière : la marine nationale intercepte une pirogue avec 259 candidats au large de Dakar

Un nouveau coup de filet en mer illustre l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de frapper le Sénégal et la sous-région. La marine nationale sénégalaise, en étroite coordination avec l’armée de l’air, a annoncé avoir intercepté, lundi dernier, une pirogue transportant 259 candidats à l’immigration irrégulière. L’embarcation a été repérée à environ 100 kilomètres au large de Dakar alors qu’elle tentait de rallier les côtes européennes.

Selon la communication officielle relayée via la page X (ex-Twitter) de la marine nationale, l’opération a mobilisé des moyens aériens et navals permettant de sécuriser rapidement la pirogue et de mettre les passagers hors de danger. Ces derniers, visiblement épuisés après plusieurs jours en mer, ont été conduits sains et saufs à la base navale Amiral Faye Gassama, où ils ont été pris en charge par les services compétents.

Les migrants interceptés sont actuellement entre les mains des structures chargées de leur identification et de leur accompagnement. Les autorités n’ont pas précisé la nationalité des personnes secourues, mais l’embarcation, selon les premières informations, provenait d’un pays voisin, confirmant le caractère transfrontalier et régional de cette migration irrégulière.

Cette opération vient rappeler l’intensification des départs par voie maritime observés ces derniers mois. Malgré les risques considérables, de nombreux jeunes continuent de s’embarquer à bord de pirogues surchargées, dans l’espoir d’atteindre l’Espagne, via les Canaries. Une traversée périlleuse qui entraîne chaque année des drames humains, avec des naufrages meurtriers recensés au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes.

Les autorités sénégalaises réaffirment régulièrement leur détermination à lutter contre ce fléau, en renforçant la surveillance côtière et la coopération internationale. Mais les observateurs estiment que la solution durable passe par des mesures structurelles, visant à améliorer les opportunités économiques et sociales des jeunes dans leurs pays d’origine.

En interceptant cette pirogue chargée de 259 personnes, la marine nationale évite sans doute une nouvelle tragédie en mer. Mais cet épisode illustre aussi la persistance d’un phénomène migratoire complexe, où l’espoir d’une vie meilleure continue de pousser des centaines de candidats à défier les vagues et les dangers de l’Atlantique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°564 – 23/09/2025

🔴 BAKEL NOYÉ, DJILAKHAR FOUDROYÉ : TRAGIQUE HIVERNAGE
🔴 ONU : LA VOIX DU SÉNÉGAL RÉSONNE !

🔴 BALLON D’OR 2025 : DEMBÉLÉ INDÉLÉBILE DE L’HISTOIRE
🔴 BALLON D’OR FÉMININ : BONMATÍ SACRÉE POUR LA TROISIÈME FOIS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°563 – 22/09/2025

🔴 BOYCOTT AUTOUR DU FORUM PÉTROLE ET GAZ / FADILOU KEÏTA VS SERIGNE MBOUP : LA GUERRE FROIDE
🔴 BOULANGERIE / CHAMPION À MARRAKECH ET QUALIFIÉ POUR LE MONDIAL 2026 : LE SÉNÉGAL SUR LE TOIT DU CONTINENT

🔴 PRÉLIMINAIRES COUPE CAF : GÉNÉRATION FOOT ACCROCHÉ PAR AFAD DJÉKANOU (1-1)
🔴 UFOA-A U17 FÉMININ : LE SÉNÉGAL REPREND LA MAIN CONTRE LE LIBERIA

Occupations anarchiques : un recensement national ordonné par le ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a demandé aux gouverneurs de région de procéder à un recensement général des occupations irrégulières de la voie publique et des abords des zones commerciales.

Dans une lettre-circulaire datée du 19 septembre 2025, il relève une « prolifération regrettable » d’installations précaires, de commerces informels et de stationnements anarchiques dans la capitale ainsi que dans plusieurs centres urbains.

Pour préserver l’ordre public et améliorer la sécurité routière, le ministre préconise des mesures « hardies » à mettre en œuvre « avec rigueur ». Les gouverneurs, en collaboration avec les collectivités territoriales et les services compétents, devront dresser un état des lieux complet d’ici le 25 septembre 2025, selon un canevas annexé à la circulaire.

Il leur est également demandé d’élaborer des plans d’action régionaux, en lien avec les forces de défense et de sécurité, afin d’établir un calendrier précis des opérations. L’objectif est de « mettre fin à ces installations et d’assainir les villes du pays », insiste Mouhamadou Bamba Cissé.

Le ministre appelle enfin à une exécution rapide et efficace de ces directives, avec la pleine implication des autorités locales et de tous les acteurs concernés.

Liberté d’expression : Seydi Gassama plaide pour plus de responsabilité et de tolérance

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a appelé ce vendredi les citoyens à faire preuve de retenue dans l’usage de la liberté d’expression, tout en invitant les autorités à davantage de tolérance dans la répression des propos jugés offensants, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

« Nous encourageons les citoyens à user de leur liberté d’expression avec discernement et à éviter de polluer le débat public par des propos inutiles. S’exprimer librement ne signifie pas diffamer ou porter atteinte à la dignité d’autrui », a-t-il affirmé.

Ces propos ont été tenus lors d’un atelier consacré à la présentation des avant-projets de loi sur la protection des défenseurs des droits humains, l’instauration d’un juge des libertés, ainsi que les recommandations issues des assises de la justice et du dialogue national sur le système politique.

D’après l’APS, cette rencontre visait à sensibiliser les parlementaires et à faciliter une adoption rapide de ces réformes destinées à renforcer la garantie des droits et libertés au Sénégal.

Le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Me Abdoulaye Tall, a pour sa part souligné que « tous ceux qui aspirent à la paix et à la justice doivent accorder une attention particulière à ces textes ».

Présent également, Ayéda Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, a salué les efforts conjoints de l’État et de la société civile dans la promotion des droits humains.

« Cet atelier est une initiative que nous soutenons fortement. Il est essentiel de continuer à progresser sans exclure aucune institution », a-t-il conclu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°562 – 20 ET 21/09/2025

🔴 GRANDE MOBILISATION DE « RAPPEL À L’ORDRE » ET DE L’OPPOSITION : L’AVERTISSEMENT !
🔴 ENTRETIEN / Dr MOUSSA DIOP KOUROU (KALIME) : AUTEUR DE « MUNQIDH » : DANS LA PEAU DU POÈTE SOUFI

🔴 CAN 2025 : LE MAROC SIMPLIFIE LES FORMALITÉS D’ENTRÉE AUX SÉNÉGALAIS
🔴 RENCONTRE ENTRE ABDOULAYE FALL ET GIANNI INFANTINO : LE FOOT SÉNÉGALAIS AU CŒUR

Dysfonctionnements au sein de l’ARP : le SAMES tire la sonnette d’alarme

L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), structure clé chargée de garantir la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments disponibles sur le marché national, traverse une zone de fortes turbulences. Dans un communiqué rendu public, la section ARP du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) dénonce de graves irrégularités qui menacent, selon elle, la viabilité et la mission fondamentale de l’institution.

Le syndicat pointe en premier lieu des pratiques de gouvernance jugées inacceptables. Les nominations au sein de l’ARP seraient désormais guidées par le clientélisme, l’appartenance familiale ou partisane, au détriment des compétences et de la transparence. À cela s’ajoutent des recrutements massifs qualifiés de complaisance, qui ont fait exploser les effectifs de l’agence en passant de près de 150 agents à plus de 200 en moins d’un an. Or, selon le SAMES, cette augmentation s’est opérée sans ressources financières additionnelles, compromettant la viabilité de l’agence.

Les syndicalistes dénoncent également des mutations jugées abusives et injustifiées visant notamment des pharmaciens inspecteurs, analystes et points focaux des fonctions réglementaires. Ces cadres avaient pourtant joué un rôle déterminant dans l’obtention par l’ARP du « niveau de maturité 3 », un acquis majeur pour la reconnaissance internationale de l’agence. Leur déplacement, sans justification claire, est perçu comme un recul qui fragilise l’institution.

La gestion du personnel dans les pôles régionaux est également mise en cause. Les affectations y seraient faites sans mesures d’accompagnement adéquates, comme le versement de primes d’éloignement ou l’amélioration des conditions de travail. Une situation qui, selon le syndicat, démotive les agents et affecte leur rendement.

Le communiqué du SAMES met aussi en lumière un climat social délétère, marqué par des intimidations et menaces de mutation visant certains membres du syndicat. Les retards récurrents dans le paiement des salaires et des primes viennent accentuer les frustrations. Les médecins signalent que les salaires du mois d’août n’ont toujours pas été versés, tout comme la prime de motivation du programme NEPAD.

Face à ce tableau préoccupant, la section ARP du SAMES appelle les autorités à réagir rapidement. Elle estime que la persistance de ces dysfonctionnements risque de compromettre la mission essentielle de l’agence, qui est de protéger la santé publique en veillant à la qualité et à la sécurité des médicaments mis à la disposition des populations. Pour les syndicalistes, seule une intervention urgente et décisive permettra de rétablir un fonctionnement normal de l’ARP et de restaurer la confiance des agents comme des usagers.

Moustapha Diakhaté : « Nous devons faire face à ce régime qui en 18 mois a montré ses limites »

Présent à la marche citoyenne organisée par le mouvement « Rappel à l’Ordre » ce vendredi 19 septembre 2025 à Dakar, l’ancien député Moustapha Diakhaté a livré un discours particulièrement virulent contre le régime en place. S’exprimant devant une foule rassemblée à Liberté 5 après le changement d’itinéraire imposé aux manifestants, l’ancien parlementaire a salué la mobilisation des citoyens et souligné la présence remarquée de militants issus du régime précédent, venus renforcer la contestation.

Moustapha Diakhaté a saisi cette tribune pour exiger la libération immédiate de plusieurs personnalités incarcérées, parmi lesquelles Lat Diop, ancien directeur général de la LONASE, ainsi que Farba Ngom et d’autres figures politiques considérées par l’opposition comme des « détenus arbitraires ». Selon lui, ces arrestations traduisent une volonté manifeste du pouvoir de museler la contradiction et d’affaiblir l’État de droit.

Mais l’ancien député est allé plus loin dans sa critique, en appelant sans détour à la démission du régime de Pastef qu’il juge « à bout de souffle » après seulement dix-huit mois d’exercice. « Ce gouvernement a déjà montré ses limites. Nous devons lui faire face et l’obliger à rendre des comptes. Nous sommes prêts à tout donner pour restaurer la démocratie dans ce pays », a-t-il martelé sous les applaudissements des manifestants.

Pour Moustapha Diakhaté, la mobilisation de ce vendredi constitue un signal fort envoyé au pouvoir. Elle démontre, selon lui, que l’opposition politique, les acteurs de la société civile et une frange importante de la population sont désormais déterminés à s’unir pour défendre les libertés fondamentales et mettre fin aux dérives qu’ils attribuent au tandem Diomaye-Sonko.

Cette sortie de l’ancien député confirme la radicalisation du discours de plusieurs figures de l’opposition, qui voient dans ces rassemblements l’occasion de galvaniser leurs partisans et de poser les jalons d’une contestation durable contre le régime actuel.

« Morosité économique », libération des « détenus politiques » : la marche de « Rappel à l’Ordre » galvanise l’opposition et la société civile

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme d’une mobilisation initiée par le Collectif citoyen « Rappel à l’Ordre ». Société civile, activistes, partis politiques d’opposition et simples militants ont répondu à l’appel, transformant cette marche pacifique en une véritable démonstration de force. Objectif affiché : dénoncer la situation économique jugée préoccupante et exiger la libération de plusieurs personnalités considérées comme des « détenus politiques ».

Initialement, l’itinéraire devait relier le FASTEF (ex-École Normale Supérieure) au rond-point Jet d’Eau. Mais, sur instruction des autorités administratives, les organisateurs, parmi lesquels Karim Xrum Xax, ont été contraints de revoir leurs plans. Les discours ont finalement été tenus près du terminus Dakar Dem Dikk à Liberté 5, où une foule compacte s’était rassemblée.

Les revendications ont largement tourné autour de la libération des personnalités incarcérées, parmi lesquelles Farba Ngom, Lat Diop, Khadim Ba, Badara Gadiaga, Tahirou Sarr ou encore Abdou Nguer. Pour Thierno Alassane Sall, ancien ministre et leader de République des Valeurs, mais aussi pour l’activiste Assane Diouf et l’ancien parlementaire Moustapha Diakhaté, « il y a, au sommet de l’État, des gouvernants qui redoutent la contradiction et qui veulent affaiblir la démocratie et l’État de droit ».

Dans les rangs de l’opposition, le message est clair : multiplier ce type de mobilisations pour accentuer la pression sur le pouvoir exécutif. Les leaders présents ont insisté sur la nécessité d’ancrer ces manifestations dans la durée, en les inscrivant comme un levier de résistance démocratique.

Au-delà des questions de libertés publiques, les orateurs ont dressé un tableau sombre de la conjoncture économique. « La situation est marquée par une morosité croissante qui appelle une réaction immédiate », a martelé Abdou Mbow, député et membre de l’Alliance pour la République (APR). Pour sa part, l’ancien ministre Papa Malick Ndour a averti que « les difficultés actuelles ne feront qu’empirer si les dirigeants actuels persistent dans leurs choix politiques et économiques ».

Un appel à l’union a été lancé, dépassant les clivages partisans pour rassembler l’ensemble des forces vives du pays. Les acteurs de la société civile, à l’image de Karim Xrum Xax, ont insisté sur l’urgence d’une coalition élargie, afin de faire face aux inégalités et injustices qu’ils jugent de plus en plus criantes.

Cette marche marque une nouvelle étape dans la dynamique de contestation du « tandem Diomaye-Sonko », accusé par ses détracteurs d’instaurer une gouvernance autoritaire et de fragiliser les acquis démocratiques. Pour les organisateurs, la mobilisation de ce 19 septembre doit servir de tremplin à d’autres actions de masse, dans une perspective de lutte prolongée contre ce qu’ils appellent « les dérives du régime ».

Importations d’oignons : le Sénégal lève le gel après neuf mois d’autosuffisance

Après neuf mois d’approvisionnement assuré exclusivement par la production nationale, le gouvernement sénégalais vient d’autoriser à nouveau l’importation d’oignons. La décision a été officialisée ce vendredi 19 septembre 2025 par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à travers une note circulaire.

Cette levée du gel des importations intervient dans un contexte marqué par l’épuisement progressif des stocks locaux. Depuis le 25 janvier, date du lancement de la campagne de commercialisation, la production nationale avait réussi à satisfaire la demande du marché intérieur, une performance saluée par les autorités comme une preuve de la montée en puissance de la filière.

« La production locale a permis de couvrir les besoins du pays pendant neuf mois. Toutefois, afin de garantir la régularité et l’adéquation de l’approvisionnement, il est désormais jugé nécessaire d’autoriser à nouveau les importations », précise le communiqué signé par Serigne Guèye Diop.

La reprise des importations ne se fera cependant pas sans encadrement. Le ministère, en collaboration avec l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et l’Interprofession oignon du Sénégal (IPOS), a décidé de soumettre les autorisations à des quotas, afin de préserver un équilibre entre l’offre importée et la relance future de la production nationale. Ces autorisations resteront valables jusqu’au 31 décembre 2025.

Pour assurer une application rigoureuse de cette décision, plusieurs services publics sont mobilisés, dont la Direction générale des Douanes, la Direction du Commerce intérieur et la Direction de la Protection des végétaux. Leur mission consistera à encadrer le processus, contrôler les flux et garantir la qualité des produits mis sur le marché.

En levant le gel, l’État cherche à prévenir toute tension sur les prix et à maintenir la stabilité de l’approvisionnement, tout en réaffirmant son ambition de renforcer la souveraineté alimentaire. Cette alternance entre consommation de la production nationale et ouverture contrôlée aux importations illustre une stratégie de gestion souple mais vigilante des denrées de grande consommation.

FRDS : un sit-in annoncé à Bercy le 23 septembre pour dénoncer les dérives et arrestations au Sénégal

Le Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS) se prépare à descendre dans la rue pour faire entendre sa voix. L’organisation, qui regroupe des Sénégalais établis à l’étranger et engagés pour la défense des libertés démocratiques, a annoncé la tenue d’un sit-in le mardi 23 septembre 2025 sur l’Esplanade de Bercy, à Paris. Cette mobilisation vise à dénoncer ce que ses membres considèrent comme des « dérives arbitraires » et une multiplication des arrestations ciblant des opposants politiques et des acteurs de la société civile au Sénégal.

Selon le FRDS, la situation actuelle dans le pays exige une vigilance accrue et une réaction forte de la diaspora. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à l’arbitraire et à la répression », déclarent les organisateurs, qui appellent à une large participation des Sénégalais de France et d’Europe pour donner plus de visibilité à leurs revendications. Pour eux, ce rassemblement est un signal adressé aux autorités sénégalaises, mais également à la communauté internationale, afin de mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits fondamentaux.

Cette initiative s’inscrit dans un climat marqué par une succession de mobilisations citoyennes. À Dakar, le Collectif Rappel à l’Ordre a déjà organisé, le vendredi 19 septembre, une marche pacifique dénonçant l’absence de justice, la restriction des libertés et la montée des pratiques autoritaires. Plusieurs personnalités politiques et de la société civile avaient pris part à cette manifestation, renforçant la portée du message de contestation.

En annonçant son sit-in à Paris, le FRDS entend ainsi prolonger ce mouvement de résistance au-delà des frontières nationales, tout en mettant en avant le rôle de la diaspora comme acteur incontournable dans le débat démocratique sénégalais. Le choix de l’Esplanade Bercy n’est pas anodin : lieu symbolique de rassemblements et d’expression publique, il permettra aux manifestants d’attirer l’attention des médias et des autorités françaises sur la situation au Sénégal.

Les organisateurs espèrent que ce sit-in marquera une étape importante dans la mobilisation de la diaspora et contribuera à accentuer la pression pour un retour à ce qu’ils appellent « le respect de l’État de droit et des libertés individuelles ».

Abdou Mbow dénonce une « dictature » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d’expression

La marche citoyenne organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre, ce vendredi à Dakar, continue de susciter des réactions politiques marquées. Parmi les participants, le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et proche du régime précédent, a tenu un discours virulent contre l’actuel pouvoir, qu’il accuse de bafouer la liberté d’expression et de tendre vers une « dictature ».

Dans une allocution prononcée devant les manifestants, l’élu a rappelé que cette initiative est partie de citoyens qui, selon lui, ont été déçus par les promesses non tenues du président Ousmane Sonko et de son parti Pastef. « Des Sénégalaises qui avaient placé leurs espoirs en Ousmane Sonko et son parti, porteurs d’une promesse de changement, ont pris l’initiative de cette manifestation. Toutes ces promesses faites aux Sénégalais n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, la liberté d’expression dans ce pays est bafouée », a-t-il affirmé, sous les applaudissements d’une partie de la foule.

Le député a également pointé du doigt la vague d’arrestations qui, selon lui, vise à réduire au silence toute voix discordante. Citant des noms précis, Abdou Mbow a évoqué les cas de Badara Gadiaga, Farba Ngom, Abdou Nguer, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Maodo Malick Mbaye, tous emprisonnés dans des conditions qu’il juge arbitraires. Pour lui, ces détentions traduisent une volonté claire d’instaurer un régime répressif et autoritaire.

« L’actuel régime veut instaurer une dictature au Sénégal, mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais », a lancé le député, appelant à une mobilisation populaire massive pour contraindre Ousmane Sonko et Pastef à quitter le pouvoir. Ses propos s’inscrivent dans une stratégie d’opposition frontale, marquée par une dénonciation constante de la gouvernance actuelle et de ses pratiques jugées liberticides.

Cette sortie d’Abdou Mbow intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui accuse les autorités de restreindre les libertés publiques et de multiplier les décisions arbitraires. La marche du Collectif Rappel à l’Ordre, qui se veut pacifique, apparaît ainsi comme un espace d’expression de ces frustrations, mais aussi comme un point de ralliement pour les forces politiques et citoyennes qui entendent résister à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire.

Marche du Collectif Rappel à l’Ordre : Thierno Alassane Sall fustige une justice « absente » au Sénégal

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme de la marche pacifique organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre. Ce mouvement citoyen, né dans un contexte de crispations sociales et politiques, milite pour la défense des libertés fondamentales et le respect de l’État de droit. Parmi les personnalités présentes, la participation de Thierno Alassane Sall, député à l’Assemblée nationale et leader du parti République des Valeurs, a retenu l’attention.

L’ancien ministre a profité de cette tribune pour pointer du doigt ce qu’il considère comme une faillite de l’appareil judiciaire sénégalais. Dans son allocution, il a affirmé avec force qu’« il ne peut y avoir de paix sans justice », rappelant que la stabilité sociale et politique du pays dépend directement de l’impartialité des juges et de leur capacité à rendre des décisions équitables. Il a cité le cas d’Abdou Nguer, envoyé en instruction « sans raison valable », ainsi que celui d’autres personnes détenues qu’il estime arbitrairement privées de liberté.

Revenant sur les crises de 2021 et de 2024, marquées par des manifestations violentes et de profondes contestations sociales, Thierno Alassane Sall a insisté sur le fait qu’elles ne résultaient pas uniquement d’un conflit autour d’un individu ou d’un parti politique, mais traduisaient surtout un ressentiment collectif face à ce qu’il a appelé « l’absence de justice ». Selon lui, ce déficit de confiance dans les institutions judiciaires est l’un des principaux moteurs des tensions persistantes au Sénégal.

Au-delà de la justice, le député a également dénoncé des pratiques qu’il qualifie de « dictatoriales » de la part des dirigeants actuels. Il a notamment pointé le licenciement de travailleurs qu’il juge arbitraire, remplacés, selon lui, par des militants du parti au pouvoir, Pastef. « Des travailleurs, soutiens de famille, ont été licenciés sans motif valable. C’est une violence inacceptable », a-t-il martelé, soulignant que ces décisions ne font qu’aggraver le sentiment d’injustice au sein des populations.

Pour Thierno Alassane Sall, sa présence à cette marche répond à une exigence morale et citoyenne. Il affirme que ce type d’injustices constitue l’une des principales raisons de son engagement aux côtés du Collectif Rappel à l’Ordre. Par ce geste, il veut signifier sa solidarité avec les Sénégalais qui dénoncent une gouvernance jugée autoritaire et qui appellent à un retour aux valeurs fondamentales de l’État de droit.

Cette mobilisation, bien que pacifique, s’inscrit dans une dynamique de contestation qui prend de l’ampleur à travers le pays. Elle illustre le malaise profond d’une partie de la société sénégalaise, qui estime que les institutions, en particulier la justice, ne remplissent plus leur rôle de garant de l’équité et de la paix sociale.

Rapport CENTIF : les montants perçus par Wally Seck et plusieurs personnalités révélés

Le dossier dit du rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de livrer ses secrets. Un rapport supplétif transmis au parquet financier révèle les sommes perçues par plusieurs personnalités citées dans l’affaire des transferts financiers jugés suspects.

Selon les enquêteurs, l’ancien ministre Samuel Sarr aurait bénéficié d’un montant de 200 millions de FCFA. Mahamadane Sarr, de Lansar Automobile, aurait quant à lui perçu 800 millions de FCFA. Il est d’ailleurs placé sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois dans le cadre de l’enquête sur la reddition des comptes. Mamadou Sy figure également parmi les bénéficiaires présumés, avec un milliard de francs CFA. Le chanteur Wally Seck, de son côté, est cité pour un montant de 210 millions de FCFA.

Ces flux financiers, selon la CENTIF, proviennent de chèques ou de virements liés au Trésor public ou à d’autres entités étatiques. Ils n’auraient cependant aucun fondement économique réel, ce qui alimente les soupçons de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs. Face à ces révélations, le parquet financier a établi un réquisitoire supplétif, transmis au président du collège des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier. Des mesures de saisies conservatoires sur les biens identifiés ont également été planifiées.

Au cœur du dispositif, le cambiste Saliou Sylla, gérant d’un bureau de change, a été placé en garde à vue. Il est accusé d’avoir joué un rôle central dans le circuit financier en procédant notamment à des retraits de chèques d’un montant total de 5,59 milliards de FCFA sur les comptes de la société Woodrose Investment Ltd. Devant les enquêteurs, il a évoqué l’implication d’un certain Seydou Dia, entendu à la Division des investigations criminelles (DIC). Ce dernier a remis des pièces justificatives qu’il présente comme preuves de la légalité de ses transactions, conformément aux règles bancaires en vigueur.

Le rapport met aussi en lumière l’implication présumée d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Il est cité pour sa participation à hauteur de 30 % dans la SCI CTS, une société immobilière créée en partenariat avec Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. La CENTIF estime que ces parts auraient été financées grâce à la vente en 2002 d’un terrain situé à Ouakam. Toutefois, l’entourage d’Ibrahima Ba avance une autre version. Ses proches assurent qu’il avait apporté comme contribution un terrain acquis en 2008, bien avant l’accession de Macky Sall à la présidence. Ils soutiennent également qu’il avait envisagé de construire un immeuble qui n’a finalement jamais vu le jour.

Les auditions menées par la DIC visent à lever ces zones d’ombre et à déterminer si le fils de l’ancien Premier ministre a, ou non, procédé à des opérations de blanchiment en association avec le fils de l’ancien chef de l’État. Ce nouveau rebondissement confirme la complexité d’une affaire qui mêle personnalités politiques, artistes et hommes d’affaires, et dont les ramifications continuent d’être explorées par la justice.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°561 – 19/09/2025

🔴 COUR SUPRÊME : BARTH’ AU TAPIS
🔴 JUSTICE / TENUE DE L’AUDIENCE D’ABDOU NGUER : SON AVOCAT MET LA PRESSION

🔴 TOKYO 2025 : SALY SARR DANS LE GOTHA DU TRIPLE SAUT
🔴 BASKET / AL HALA (BAHREÏN) : YACINE DIOP RÈGNE SUR L’ARAB WOMEN’S CLUB

Rapport CENTIF : Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, placé en garde à vue par la DIC

L’affaire révélée par le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Selon des informations rapportées par Seneweb, Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été interpellé et placé en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC).

Son arrestation s’inscrit dans le cadre de la délégation judiciaire ouverte après les soupçons de blanchiment de capitaux et de flux financiers suspects impliquant plusieurs personnalités publiques. Le dossier met déjà en cause Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, ainsi que le chanteur Waly Ballago Seck, dont les noms sont apparus dans les conclusions de la CENTIF.

D’après les mêmes sources, Ibrahima Ba est actuellement entendu par les enquêteurs sur l’origine et la traçabilité de certains mouvements financiers qui lui sont attribués. Les enquêteurs cherchent à déterminer son rôle exact dans les transactions considérées comme atypiques par la cellule financière.

Dans cette même affaire, l’opérateur économique Saliou Sylla, interpellé il y a deux jours, a vu sa garde à vue prolongée. Il est soupçonné d’avoir effectué des transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, un montant qui intrigue particulièrement les autorités judiciaires.

Ces arrestations traduisent la volonté affichée de la justice sénégalaise d’approfondir les investigations sur les flux financiers révélés par la CENTIF dans son rapport 2024, qui avait déjà mis en lumière des dossiers sensibles dans différents secteurs, notamment l’extractif, les services financiers et les réseaux de transferts d’argent.

L’opinion publique, très attentive à l’évolution de ce dossier impliquant des figures connues, attend désormais de savoir si d’autres personnalités pourraient être inquiétées par l’enquête. Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs pour la suite judiciaire de cette affaire qui, au-delà de ses aspects financiers, met en jeu la transparence et la crédibilité des institutions dans la lutte contre le blanchiment et la corruption.

Accusations de détournement : l’ASER saisit la justice contre Pape Mahawa Diouf

L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les accusations publiques formulées par Pape Mahawa Diouf. Ce dernier, invité de l’émission Faram Facce diffusée le mercredi 17 septembre 2025, avait affirmé qu’« un détournement de 37 milliards de francs CFA aurait eu lieu au sein de l’ASER ».

Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de l’agence, qui les qualifie de « diffamatoires » et de « fausses nouvelles ». Dans un communiqué transmis à la presse, l’ASER estime que de telles déclarations, « d’une extrême gravité », portent atteinte à son image et risquent de semer le doute dans l’opinion publique sur sa gestion.

L’agence a précisé avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son conseil juridique afin que M. Pape Mahawa Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses allégations. Pour l’ASER, cette action judiciaire vise à rappeler l’importance du respect de l’État de droit et à mettre chacun face à sa responsabilité lorsqu’il s’agit d’accusations de détournement touchant des institutions publiques.

Dans le même communiqué, l’ASER a tenu à réaffirmer son engagement à poursuivre sa mission de service public en faveur des populations rurales. Elle rappelle que l’électrification rurale demeure un pilier du développement économique et social, et assure que ses activités sont menées dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole et sur la nécessité de distinguer critique légitime et accusations non étayées. Le dossier sera désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la véracité ou non des propos tenus par M. Pape Mahawa Diouf.

Réforme fiscale : l’Assemblée nationale adopte le nouveau Code général des impôts malgré quelques réticences

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 17 septembre 2025, le projet de loi n°17/2025 modifiant la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts. Sur les 133 députés présents, 123 ont voté en faveur du texte, 8 s’y sont opposés et 2 se sont abstenus. Ce large plébiscite traduit l’adhésion d’une grande majorité des parlementaires, même si des voix discordantes ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact social de certaines mesures.

Défendu par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le projet de loi s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), axe central de la politique économique actuelle. Selon le ministre, cette réforme se fonde sur trois piliers : la souveraineté nationale, la justice sociale et la transparence dans la gestion des ressources publiques. Il a souligné que l’objectif du PRES est d’assurer une plus grande indépendance financière de l’État en s’appuyant sur des ressources endogènes, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans sa présentation, Cheikh Diba a mis en avant la nécessité d’explorer de nouvelles niches fiscales, capables d’apporter une contribution significative au financement du développement économique et social. Les choix opérés par le gouvernement s’expliquent, selon lui, par l’évolution de la structuration de l’économie sénégalaise, marquée notamment par le poids croissant des transactions numériques dans les flux financiers. Les transferts d’argent, qu’ils soient nationaux ou internationaux, représentent aujourd’hui un volume considérable et apparaissent comme un secteur à fort potentiel contributif.

Au-delà de la recherche de recettes, le ministre a insisté sur le rôle du vecteur fiscal comme instrument de régulation publique. L’introduction de nouvelles taxes vise aussi à infléchir certains comportements jugés nocifs pour la société. C’est dans ce sens que la réforme cible les jeux de hasard, les boissons alcoolisées, les liquides alcoolisés et le tabac, des produits dont la consommation engendre à la fois des risques sanitaires et des coûts sociaux importants. De même, la taxation des véhicules importés a été justifiée par des impératifs à la fois économiques et environnementaux, dans un contexte où le parc automobile connaît une croissance rapide et parfois désordonnée.

Le ministre a assuré que les nouvelles mesures fiscales n’ont pas été conçues dans une logique punitive mais dans une perspective de justice sociale et d’équité. Elles doivent permettre à chaque secteur de contribuer de manière proportionnelle à l’effort collectif, tout en consolidant la base budgétaire nécessaire au financement des services publics essentiels comme l’éducation, la santé ou encore l’aménagement du territoire.

Malgré l’adhésion massive des députés, le texte n’a pas fait l’unanimité. Certains élus ont exprimé des réserves, estimant que ces hausses fiscales risquent de peser directement sur les ménages les plus modestes, en particulier en ce qui concerne les transferts d’argent et les transactions digitales, qui constituent souvent un soutien vital pour de nombreuses familles. Des inquiétudes similaires ont été exprimées sur le risque de voir s’accroître l’économie informelle, si les taxes incitent une partie des usagers à contourner les circuits officiels.

La réforme, désormais adoptée, marque toutefois une étape importante dans la mise en œuvre du PRES. Elle traduit la volonté du gouvernement d’adapter la fiscalité nationale aux mutations économiques et sociales, tout en renforçant sa marge de manœuvre financière dans un contexte marqué par la pression sur les dépenses publiques et la nécessité de financer de vastes projets structurants.

À l’issue du vote, Cheikh Diba a salué « un pas décisif vers une souveraineté budgétaire plus affirmée » et a assuré que son ministère veillera à une mise en œuvre progressive et concertée, en tenant compte des réalités sociales et économiques du pays.

Révocation de Barthélemy Dias : la Cour suprême rendra sa décision ce jeudi à midi

L’affaire de la révocation de Barthélemy Dias connaît un nouveau tournant. Ce jeudi, la Cour suprême s’est penchée sur le recours introduit par l’ancien maire de Dakar, qui conteste la légalité de sa destitution. Après de brefs débats, l’audience a été suspendue et le verdict a été fixé à midi, dans une atmosphère tendue où les doutes persistent quant à l’issue.

À la sortie de l’audience, Me El Hadji Amadou Sall, seul avocat présent aux côtés de l’ex-maire, a livré ses impressions devant la presse. Son discours était empreint d’inquiétude. « Je ne suis pas rassuré du dénouement de cette affaire. Nous avons des craintes par rapport au verdict qui sera rendu par le juge à 12 heures », a-t-il déclaré. Ces craintes, selon lui, découlent notamment du climat politique entourant le dossier.

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il considère comme une pression excessive exercée par l’État et l’administration sur le Conseil municipal de Dakar. « Fondamentalement, nous avons des craintes liées d’une certaine façon au comportement du Conseil municipal, à la pression que l’État a exercée, que l’administration et le gouvernement ont exercée sur ce Conseil », a-t-il souligné.

Il a également dénoncé le calendrier jugé suspect de certaines décisions administratives. Alors même que la Cour suprême avait été saisie en procédure d’urgence, le Conseil municipal s’était réuni pour élire un nouveau maire. « Pendant que nous plaidions devant la Cour, le Conseil municipal élisait un maire. La Cour suprême aurait pu annuler et interdire cette réunion. La décence et le respect commandaient d’attendre sa décision », a regretté Me Sall. Il a par ailleurs rappelé que la convocation du Conseil municipal est intervenue peu après la publication par le Greffe de la date de l’audience, ce qui donne, selon lui, « la désagréable sensation d’une course de vitesse contre la Cour suprême ».

Concernant l’absence remarquée des autres membres du collectif d’avocats de Barthélemy Dias, Me Sall a relativisé : « Leur présence ou leur prise de parole n’était pas indispensable. Nous nous en rapportons à ce qui a été écrit. Les audiences de la Cour suprême ne sont pas des audiences de longs débats, ce sont des audiences très courtes. »

Malgré ses inquiétudes, l’avocat a tenu à réaffirmer sa foi dans l’institution judiciaire. « L’essentiel a été dit et écrit. La décision relève désormais de la Cour suprême. Même si, fondamentalement, nous avons des craintes, nous avons confiance en la Cour, quel que soit le verdict », a-t-il conclu.

Taxe sur les transactions digitales : l’AFP tire la sonnette d’alarme et redoute des pertes d’emplois massives

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), dirigée par l’honorable Mbaye Dione, a tenu une réunion stratégique le 18 septembre 2025 consacrée à l’examen de la situation nationale et aux perspectives politiques du parti. À l’issue de cette rencontre, l’AFP a publié un communiqué dans lequel elle exprime de profondes inquiétudes quant à la trajectoire économique et politique du pays, tout en annonçant de nouvelles orientations internes pour renforcer sa présence sur le terrain.

Sur le plan économique, l’AFP estime que le Sénégal traverse « des zones de turbulences inédites » et accuse le gouvernement de naviguer à vue. Le parti dénonce un « tâtonnement sans fin » dans la recherche de solutions à la crise actuelle et considère que le plan de redressement présenté par les autorités est compromis dès son lancement par « un manque flagrant de concertation » et une « pression fiscale déraisonnable » imposée aux populations les plus vulnérables.

La formation politique prend pour exemple la taxe sur les transactions digitales, qualifiée de menace directe pour l’emploi et l’activité économique. Selon le communiqué, cette mesure risque de provoquer une contraction immédiate des transactions et de pousser de nombreuses entreprises à réduire leurs effectifs. L’AFP prévient que ces pertes d’emplois s’ajouteraient aux « 30 000 travailleurs du public déjà remerciés », aggravant encore les tensions sociales dans un contexte marqué par l’arrêt de plusieurs chantiers du BTP.

Sur le plan diplomatique, le parti critique sévèrement la stratégie du gouvernement, pointant du doigt « les errements d’une communication et d’une diplomatie hasardeuses ». D’après l’AFP, cette approche a contribué à dégrader l’image du Sénégal à l’international et à fragiliser ses relations avec des partenaires stratégiques tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays a plus que jamais besoin de financements extérieurs.

La gouvernance politique est également mise en cause. L’AFP évoque une « dualité au sommet de l’État » qui engendrerait confusion et désordre, tout en représentant une « menace grave » pour la séparation des pouvoirs. Le dernier remaniement ministériel est perçu comme une manœuvre visant à lever les obstacles gênant « le projet totalitaire du régime en place », en contradiction avec les valeurs républicaines.

Face à ce constat, l’AFP appelle à « un sens élevé des responsabilités » et à une gouvernance fondée sur la sérénité, le respect de l’État de droit et la transparence, en mettant en garde contre les règlements de comptes politiques susceptibles de miner la cohésion nationale.

Sur le plan organisationnel, le parti entend engager une dynamique de massification et de remobilisation de ses bases. Mbaye Dione a déjà entamé des tournées départementales et multiplié les rencontres avec d’anciens militants, la diaspora et divers acteurs sociaux. La Direction collégiale a décidé de mettre en place des structures plus légères et efficaces afin de mieux répondre aux enjeux actuels.

La relance des mouvements affiliés tels que le MOUNFEP et le MNJP, ainsi que des organisations partenaires comme l’ANCP et le MPASI, fait partie des priorités définies. L’AFP prévoit également de renforcer ses alliances politiques et sociales, notamment avec l’opposition, la gauche plurielle et les syndicats. Dans ce cadre, Mbaye Dione a récemment rencontré les responsables du PIT et l’association des licenciés du public.

En conclusion, l’AFP exhorte ses responsables et militants à un « engagement sans faille » afin de préparer les prochaines échéances électorales et de se poser en véritable alternative face aux défis économiques et politiques du pays. Le parti réaffirme son ambition de participer activement à la gestion des aspirations des Sénégalais, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales grandissantes.

MOBILISATION DE 300 MILLIARDS F CFA DANS L’UMOA, CRÉATION DES « DIASPORA BONDS » : Un pari suffisant pour relancer l’économie ?

Face à la suspension partielle des décaissements du Fonds monétaire international (Fmi) et aux contraintes liées à la dette publique, Dakar mise, désormais, sur deux leviers principaux : le marché financier régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et l’épargne de la diaspora à travers les « Diaspora Bonds ».
Ainsi, le Sénégal, s’apprête-t-il à émettre 300 milliards F CFA sur le marché régional. Ceci est structuré en quatre tranches : 60 milliards à trois ans, 100 milliards à cinq ans, 80 milliards à sept ans et 60 milliards à dix ans, chacune assortie d’un taux de coupon compris entre 6,40 % et 6,95 %.
La SGI Impaxis Securities, dirigée par Ababacar Diaw, assume le rôle d’arrangeur principal et de chef de file de l’opération.
Cette levée s’ajoute aux deux précédentes émissions de 2025. En effet, depuis le début de l’année, le Sénégal a déjà réalisé deux appels publics à l’épargne : 416 milliards FCFA en mars, puis 364 milliards en juillet. Avec cette troisième opération, le total mobilisé par syndication dépasse 1000 milliards FCFA. À cela s’ajoutent 1 740 milliards FCFA levés via les adjudications classiques organisées par UMOA-Titres sur les neuf premiers mois de l’année, portant donc le cumul des fonds mobilisés sur le marché régional à plus de 2 700 milliards FCFA.
Ces nombreux recours à l’UMOA interviennent dans un contexte difficile suite aux déclarations du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a évoqué une « dette cachée » par l’Administration Macky Sall, estimée à 8 300 milliards FCFA, soit 41 % du PIB. En conséquence, la dette publique, initialement évaluée à 74 % du PIB fin 2023, a été révisée à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. La note souveraine du Sénégal a été abaissée par l’agence S&P Global Ratings de B à B- avec perspective négative.
Suite à ces épisodes, le FMI a gelé un programme à plus de 1 100 milliards F CFA. L’institution financière n’est d’ailleurs, jusqu’à présent, pas revenue sur cette décision, dans l’attente d’informations complémentaires demandées au gouvernement sénégalais.
Pour pallier ces contraintes, le duo Diomaye-Sonko s’appuie sur le marché régional et sur de nouveaux instruments financiers, tels que les « Diaspora Bonds », destinés à mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur. Une orientation qui traduit une volonté de s’affranchir de l’assistance du FMI.
Mais, beaucoup de défis sonnent à l’horizon. Si la croissance globale bénéficie du démarrage de la production pétrolière et gazière, avec un taux de 12,1 % au premier trimestre 2025 selon le FMI, la progression hors hydrocarbures demeure modeste, freinée par les difficultés dans le BTP et l’industrie chimique. L’inflation, elle, reste contenue, à 0,7 % en juillet.
La réussite du Plan de redressement économique et social (PRES) dépendra, dès lors, de la capacité du gouvernement à mobiliser de manière soutenue et efficace les ressources régionales et locales. Le marché financier de l’UEMOA et les « Diaspora Bonds » constituent des leviers, mais la question centrale demeure. D’où la question : le Sénégal pourra-t-il financer son plan ambitieux sans l’appui du FMI et des marchés internationaux, tout en maîtrisant les risques liés à une dette publique déjà très élevée ?
La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°560 – 18/09/2025

🔴 NOUVEL EMPRUNT DE 300 MILLIARDS F CFA VIA L’UMOA-TITRES, LANCEMENT DES « DIASPORAS BONDS » : EST-CE SUFFISANT POUR REMONTER LA PENTE ?
🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : LES OPÉRATEURS HAUSSENT LE TON

🔴 YOUSSOUPHA MBODJ ÉTINCELANT, BAYERN, PSG ET LIVERPOOL PHÉNOMÉNAUX : LA LIGUE DES CHAMPIONS EST LANCÉE !
🔴 ENTRÉE FRACASSANTE EN LIGUE DES CHAMPIONS AFC 2 : SADIO MANÉ EN FEU

Rapport CENTIF 2024 : le secteur extractif épinglé pour plus de 4 milliards FCFA de flux financiers suspects

Le secteur extractif sénégalais se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, après la publication du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). L’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a révélé des flux financiers suspects estimés à plus de 4 milliards de francs CFA. Ces fonds proviendraient d’opérations douteuses dans le domaine de l’exploitation aurifère, en particulier dans les circuits liés à l’orpaillage artisanal, mais aussi dans des transactions effectuées par des sociétés de négoce considérées comme des façades de blanchiment.

Les investigations de la CENTIF ont mis en évidence des pratiques inquiétantes. Plusieurs individus, officiellement présentés comme orpailleurs, effectuaient régulièrement des dépôts bancaires en espèces, parfois de très forte valeur. Or, les montants déposés étaient sans commune mesure avec les revenus déclarés de ces exploitants artisanaux. Dans certains cas, ces dépôts étaient rapidement suivis de transferts à l’international, notamment vers des pays reconnus comme plaques tournantes du commerce de l’or. Ce schéma, classique dans les circuits de blanchiment, a attiré l’attention des enquêteurs.

Le rapport met aussi en cause des sociétés de négoce, parfois créées récemment, qui réalisaient des transactions financières massives sans qu’une activité économique claire ne justifie de tels flux. Ces structures, soupçonnées de servir de couverture, semblent avoir été mises en place pour masquer l’origine illicite de fonds liés à des trafics de métaux précieux ou à de la contrebande aurifère. Dans plusieurs zones minières, la sous-déclaration de la production officielle a par ailleurs facilité l’introduction de l’or de contrebande dans les circuits formels, alimentant des réseaux transnationaux de blanchiment.

Pour la CENTIF, le secteur extractif reste l’un des plus vulnérables aux activités criminelles. La prédominance des transactions en espèces, la difficulté à tracer les flux financiers et l’implication d’acteurs transnationaux rendent ce domaine particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de financement illicite. Le rapport recommande un renforcement de la vigilance des banques et institutions financières, qui doivent redoubler d’attention dans la gestion des comptes ouverts par les acteurs du secteur, notamment ceux implantés dans les zones frontalières où les contrôles sont souvent plus difficiles.

Le document de la CENTIF ne se limite pas au secteur extractif. Pour l’année 2024, l’institution indique avoir transmis 62 dossiers aux juridictions compétentes, pour un montant cumulé de plus de 102 milliards de francs CFA. Une partie importante de ces affaires est directement ou indirectement liée aux activités minières, confirmant la sensibilité du secteur et la nécessité de mieux encadrer ses flux financiers.

Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence l’urgence d’une coopération renforcée entre l’État, les acteurs financiers et les structures de contrôle. Il s’agit non seulement de protéger les ressources naturelles du Sénégal, mais aussi de garantir que leur exploitation profite réellement à l’économie nationale, sans être détournée par des circuits opaques et criminels.

La CENTIF, qui joue un rôle central dans la prévention et la détection du blanchiment, appelle ainsi à des réformes structurelles pour sécuriser le secteur extractif et limiter les risques. Pour les experts, cette alerte devrait constituer un signal fort en faveur de la transparence et du renforcement de la gouvernance dans un domaine stratégique pour l’avenir économique du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°559 – 17/09/2025

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Ministère des Infrastructures : Déthié Fall prend officiellement en main de nouvelles directions stratégiques

La réorganisation gouvernementale autour des infrastructures a franchi une étape clé avec la cérémonie de passation de service tenue entre Yankhoba Diemé, ministre des Transports terrestres et aériens, et Déthié Fall, désormais en charge du nouveau ministère des Infrastructures. Sous la supervision d’un inspecteur général d’État, le transfert s’est déroulé dans un climat empreint de respect institutionnel et de collaboration, marquant le passage de relais sur l’ensemble des dossiers relevant du volet infrastructures.

Désormais, plusieurs directions et structures stratégiques rejoignent le portefeuille confié à Déthié Fall. Parmi elles, la Direction générale des Infrastructures routières et du Désenclavement, qui pilote la planification, le suivi et la régulation des projets routiers, un rôle essentiel dans la consolidation de la continuité territoriale et la lutte contre l’isolement des régions. À cela s’ajoute la Direction des Infrastructures aéroportuaires, chargée de mettre en œuvre la politique nationale de développement aéroportuaire, un levier important pour renforcer la compétitivité du Sénégal à l’échelle régionale et internationale.

L’Agence des Travaux et de Gestion des Routes, connue pour sa contribution directe à la réalisation, à l’entretien et à la gestion du réseau routier, est également rattachée à ce ministère, tout comme le Fonds d’Entretien Routier Autonome, qui assure la mobilisation des financements nécessaires à la préservation du patrimoine routier national.

Dans le domaine de la qualité et de la sécurité, le Laboratoire national de Référence du Bâtiment et des Travaux publics devient un allié incontournable pour garantir la fiabilité des ouvrages réalisés. À cela s’ajoute le Centre de Formation et de Perfectionnement des Travaux publics, dont la mission de former et de renforcer les compétences des acteurs du secteur en fait un outil stratégique pour accompagner l’ambition de modernisation du pays. Enfin, les Divisions régionales des Infrastructures passent elles aussi sous la tutelle du ministère, permettant un maillage plus rapproché et une gestion déconcentrée des projets.

Avec cette nouvelle architecture, Déthié Fall hérite d’un portefeuille élargi et lourdement stratégique. Le ministre a déjà affiché sa volonté d’inscrire son action dans la rigueur, la transparence et l’efficacité, pour accélérer la cadence des grands chantiers nationaux. Dans un pays où la modernisation des infrastructures conditionne le développement économique et social, cette prise en main marque un tournant décisif pour la mise en œuvre des priorités fixées par les plus hautes autorités.

Inondations à Touba : Cheikh Tidiane Dièye valide un plan d’urgence et mobilise des moyens exceptionnels

La situation des inondations à Touba a pris une tournure critique, poussant les autorités à valider un plan d’action d’urgence. Ce mardi 16 septembre 2025, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présidé une réunion stratégique consacrée à la lutte contre ce fléau dans la région de Diourbel, plus particulièrement dans la ville sainte.

Autour de la table, toutes les forces vives ont été mobilisées. Le Gouverneur de Diourbel, le maire de Touba (Mosquée), les Forces armées, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, ainsi que les services techniques du ministère (ONAS, SONES, SEN’EAU, Directions de l’Assainissement et de la Prévention des inondations) ont pris part aux discussions. Des structures opérationnelles telles qu’Ageroute, Senter, l’ADM, le Service national de l’hygiène, ainsi que des organismes de bassin (OMVS et OMVG), des entreprises de travaux et l’Association des Acteurs de l’Assainissement étaient également représentés.

Le ministre a insisté sur la nécessité de mutualiser et de redéployer les ressources existantes pour répondre à l’urgence. Près de 130 millions de FCFA et 15 000 litres de carburant ont été immédiatement débloqués. Des camions hydrocureurs, des motopompes et électropompes à gros débit, ainsi que des engins d’excavation et de terrassement ont été mobilisés, complétés par trois kilomètres de tuyaux destinés à améliorer l’évacuation des eaux. Sur le plan humanitaire, un appui conséquent a été mis en place : plus de 200 millions de FCFA ont été engagés par la mairie de Touba Mosquée, tandis que la Gendarmerie a offert cinq tentes, 200 moustiquaires et 500 matelas pour venir en aide aux familles sinistrées.

Parmi les mesures prioritaires adoptées figurent l’ouverture de tranchées drainantes pour accélérer l’écoulement des eaux, le renforcement du dispositif de pompage et de drainage, ainsi que des travaux de voirie pour désenclaver les zones touchées. La mobilisation de jeunes volontaires a été décidée, tout comme l’intervention d’Ageroute sur les routes fortement dégradées. Le Service national de l’hygiène, pour sa part, est chargé des opérations de saupoudrage et de délarvage afin de prévenir les risques sanitaires.

Cheikh Tidiane Dièye a rappelé que la gestion des inondations est une responsabilité collective et a confié au gouverneur de Diourbel le suivi et la coordination de la mise en œuvre de ce plan. Objectif : soulager rapidement les populations impactées par cette catastrophe.

Le ministre a également annoncé sa venue à Touba dans les prochains jours pour constater l’avancement des travaux, rencontrer les familles sinistrées et échanger avec le Khalife général des mourides, son porte-parole et les autorités religieuses. À travers ce déplacement, il souhaite discuter non seulement des solutions d’urgence, mais aussi des projets structurels à long terme, dont un écoulement gravitaire durable des eaux pluviales vers la vallée du Sine.

Assemblée nationale : trois projets de loi soumis à l’examen cette semaine

Les députés du Sénégal s’apprêtent à vivre une semaine particulièrement chargée. Ils sont convoqués demain, mercredi 16 septembre 2025, en commission, avant de se retrouver en séance plénière le jeudi 17 septembre. L’agenda parlementaire portera sur l’examen de trois projets de loi d’importance stratégique pour l’économie nationale.

Selon une note transmise à Ledakarois, ces textes concernent notamment le Code des investissements et une modification de la loi de 2012 relative au Code général des impôts. Deux réformes qui, à elles seules, traduisent la volonté du gouvernement d’adapter son cadre légal et fiscal aux défis actuels de l’économie sénégalaise.

Le ministre des Finances et du Budget, en première ligne sur ces dossiers, viendra défendre les projets devant la représentation nationale. Il devra expliquer les motivations de ces réformes, leurs implications pour les entreprises et leur impact attendu sur la mobilisation des ressources budgétaires.

L’examen de ces projets de loi est d’autant plus crucial qu’il intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les finances publiques et la nécessité pour l’État d’attirer davantage d’investissements privés, locaux comme étrangers. Les débats s’annoncent animés à l’Assemblée, où les parlementaires auront l’occasion de confronter leurs positions sur la pertinence et la portée de ces réformes.

Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Ngor : dix-neuf candidats à l’émigration irrégulière interpellés, dont trois enfants

La lutte contre l’émigration irrégulière s’est encore illustrée à Ngor ce lundi 15 septembre 2025. La Brigade de proximité a procédé à l’interpellation de dix-neuf personnes, parmi lesquelles figuraient trois enfants, toutes en partance pour une traversée clandestine.

L’opération a été déclenchée après la dénonciation d’un propriétaire de maison sur l’île de Ngor. À son retour, ce dernier a découvert la présence de personnes étrangères installées chez lui et a immédiatement alerté les gendarmes. Ces derniers ont rapidement investi les lieux, procédant à une perquisition qui a permis de mettre la main sur l’ensemble des occupants.

Selon les informations fournies par la Gendarmerie nationale, les personnes interpellées étaient de nationalités diverses. On dénombre douze Guinéens, un Ivoirien, un Malien et cinq Sénégalais. Les enquêteurs ont précisé que tous étaient candidats à l’émigration irrégulière et se préparaient à rejoindre clandestinement les côtes européennes.

En plus de cette opération réussie, la Gendarmerie a tenu à rappeler son engagement constant dans la lutte contre ce phénomène qui continue de mettre en danger de nombreuses vies, en particulier celles des jeunes et des mineurs. Elle a également lancé un appel à la population, invitant chacun à collaborer davantage avec les forces de sécurité pour signaler toute activité suspecte et contribuer ainsi à endiguer ce fléau social.

Cette nouvelle arrestation met une fois de plus en lumière l’ampleur de l’émigration irrégulière au Sénégal, malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés. Elle illustre aussi les risques que prennent certaines familles entières, prêtes à s’engager dans des périples souvent mortels pour tenter de rejoindre l’Europe.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°558 – 16/09/2025

🔴 ABSENCE DE PREUVES SELON LA DÉFENSE : LAT DIOP, UN « OTAGE POLITIQUE » ?
🔴 ENCORE 33 MILLIARDS F CFA LEVÉS DANS LE MARCHÉ DE L’UMOA : DERNIÈRE ÉTAPE AVANT LES « DIASPORA BONDS » ?

🔴 QUALIFS CAN U17 / SIERRA LEONE, MAURITANIE ET GUINÉE : UN GROUPE B RELEVÉ POUR LES « LIONCEAUX »
🔴 ODCAV RUFISQUE / KAKALAM, JAD, MÉDINE ET TENNU NGUY : LE DERNIER CARRÉ EXPLOSIF

Passation de service au MESRI : El Hadji Abdourahmane Diouf cède la place au Pr Daouda Ngom

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a officiellement changé de titulaire ce lundi 15 septembre 2025. La cérémonie de passation de service, organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), a marqué le relais entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre sortant, et le Pr Daouda Ngom, désormais en charge du MESRI.

Après avoir dirigé le département de l’Environnement et de la Transition écologique pendant dix-sept mois et six jours, le Pr Daouda Ngom retrouve un secteur qu’il connaît bien. Son expérience et son expertise dans l’enseignement supérieur en font un acteur familier de ce milieu stratégique pour l’avenir du pays. En prenant les rênes du MESRI, il succède au Dr Abdourahmane Diouf, appelé à occuper désormais le portefeuille de l’Environnement et de la Transition écologique.

Ce jeu de chaises ministérielles illustre la volonté du gouvernement de mettre à profit les compétences de chacun dans les domaines jugés prioritaires. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au cœur des enjeux liés à la formation des jeunes, à l’innovation et à la compétitivité nationale, se retrouve placé sous la responsabilité d’un universitaire aguerri, tandis que l’Environnement et la Transition écologique, domaine sensible et transversal, est confié à un profil rompu aux questions de gouvernance et de stratégie.

Passation au ministère de l’Intérieur : Me Bamba Cissé s’engage pour une sécurité publique efficace et citoyenne

La cérémonie de passation de service au ministère de l’Intérieur s’est tenue ce lundi, consacrant le passage de témoin entre le général Jean-Baptiste Tine, ministre sortant, et Me Bamba Cissé, nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’événement, marqué par solennité et respect, a permis à chacun des deux responsables de dresser un bilan et de tracer les perspectives.

Dans son allocution, le général Jean-Baptiste Tine a tenu à exprimer sa gratitude au président de la République et au Premier ministre pour la confiance placée en lui durant près d’un an et demi à la tête du département. Revenant sur son action, il a insisté sur deux grands chantiers qui, selon lui, ont guidé son passage : la modernisation de l’administration territoriale pour la rendre plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens, et le renforcement de la sécurité quotidienne afin d’assurer la tranquillité publique. Il a également salué la bonne organisation des élections législatives anticipées, tenues dans un climat apaisé et sans contestation, un succès qu’il a attribué au professionnalisme des services du ministère.

Prenant la parole à son tour, Me Bamba Cissé a réaffirmé son engagement à inscrire son action dans une double exigence : efficacité et respect des droits des citoyens. Le nouveau ministre a insisté sur l’importance d’assurer le bon ordre, la tranquillité et la sauvegarde des personnes et de leurs biens. Pour lui, la mission du ministère ne se limite pas à la sécurité mais englobe aussi des dimensions civiques et sociales. « Nous devons davantage remettre en selle l’ordre, le civisme, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. Ces objectifs seront au cœur de notre action », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de ressusciter « la discipline, l’amour du bien commun et l’amour de la patrie » comme valeurs fondatrices de la société.

Le nouveau ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux forces de l’ordre et de sécurité, ainsi qu’à l’administration territoriale et aux partenaires institutionnels du ministère. Il leur a renouvelé sa confiance et les a appelés à travailler ensemble pour relever les défis sécuritaires et renforcer la cohésion nationale.

Me Bamba Cissé a également adressé un message d’ouverture aux acteurs politiques et à la société civile, assurant que ses portes leur resteront grandes ouvertes. « Je puis vous assurer de ma disponibilité, et ensemble nous mènerons la barque à bon port », a-t-il conclu, marquant ainsi sa volonté d’instaurer un dialogue permanent et inclusif.

Avec cette passation, le ministère de l’Intérieur s’apprête à entamer une nouvelle étape, où la rigueur administrative et la sécurité publique devront se conjuguer avec le respect des droits et des libertés, dans un contexte où les attentes citoyennes sont particulièrement fortes.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Passation de service au ministère des Infrastructures : Déthié Fall promet rigueur et accélération des projets

Une nouvelle page s’ouvre au ministère des Infrastructures. Ce lundi, aux Sphères ministérielles de Diamniadio, Déthié Fall, leader du Parti Républicain pour le Progrès (PRP), a officiellement pris ses fonctions à la tête du département, succédant à Fatou Diouf. La cérémonie de passation de service s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte de respect, où se sont mêlées gratitude et volonté d’accélérer les chantiers stratégiques du pays.

Dans son discours d’au revoir, Fatou Diouf, qui dirigeait jusque-là le portefeuille des Infrastructures maritimes et portuaires, a rappelé les grandes orientations de son mandat. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la ville de Saint-Louis, qualifiée de « grande ville de pêche » mais qui reste encore dépourvue d’infrastructures portuaires adaptées. Un projet de quai de pêche agréé y est actuellement à l’étude, de même que la construction du port en eau profonde de Ndiaye (Nikin), présenté comme un projet structurant pour le sud du pays. Elle a assuré avoir transmis à son successeur tous les éléments nécessaires pour poursuivre l’ambition de faire du Sénégal un véritable hub régional en matière de logistique et d’infrastructures maritimes et portuaires.

Prenant la parole à son tour, Déthié Fall a rendu un hommage appuyé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la confiance qu’ils lui ont témoignée. Il a salué le travail accompli par sa prédécesseure avant de s’engager à mobiliser « toute l’énergie nécessaire, dans la rigueur requise, dans la transparence attendue et en toute célérité » pour atteindre les objectifs fixés.

Le nouveau ministre a par ailleurs réaffirmé l’orientation donnée par le Premier ministre d’un travail sans relâche, « 24 heures sur 24 », afin de rattraper le retard du Sénégal sur certains pays plus avancés. Dans ce sens, il a lancé un avertissement ferme aux entreprises du secteur : celles qui ne partagent pas cette exigence de rigueur et de rapidité ne seront pas retenues pour collaborer avec son département. « Elles ne vont pas travailler avec nous », a-t-il tranché, promettant d’appliquer cette politique « de façon militaire ».

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par l’engagement partagé de faire des infrastructures sénégalaises un levier essentiel de la croissance économique. Entre continuité et rupture, la passation entre Fatou Diouf et Déthié Fall symbolise la volonté du gouvernement d’accélérer le rythme de réalisation des projets structurants pour accompagner les ambitions du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°557 – 15/09/2025

🔴 MALGRÉ LES RISQUES DE CRUES DU FLEUVE SÉNÉGAL, INONDATIONS, VIE CHÈRE, ETC : ÇA PARADE !
🔴 MILAN / POIGNÉE DE CONTESTATAIRES FACE À LA FOULE MILITANTE DE SONKO : L’OPPOSITION DE LA DIASPORA RÉSISTE

🔴 APRÈS L’ITALIE, LE CAPITAINE DE BE SPORT ACADEMY À L’AJEL DE RUFISQUE : DIAO FAIT SON COME-BACK
🔴 TOKYO 2025 / CENTRE AFRICAIN DE L’ATHLÉTISME : 7 ATHLÈTES EN LICE

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en recul de 16,1 % en juillet 2025, malgré une progression annuelle de 15,9 % (ANSD)

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a rendu public son rapport mensuel sur le commerce extérieur du Sénégal pour juillet 2025. Ce document met en lumière une baisse significative des exportations sur un mois, contrastée par une évolution globalement positive sur une base annuelle. Il dévoile également une nette hausse des importations et une dégradation du solde commercial par rapport au mois précédent.

Selon les données compilées par l’ANSD, les exportations du Sénégal ont atteint 431,9 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 514,6 milliards en juin, soit une baisse de 16,1 %. Ce recul est essentiellement attribué à la diminution des expéditions de certains produits stratégiques. Parmi eux figurent les produits pétroliers raffinés, dont les ventes sont passées à 88,5 milliards de FCFA, le pétrole brut (76,3 milliards), l’or non-monétaire (75,4 milliards), l’acide phosphorique (23,8 milliards) et les poissons frais de mer (14,4 milliards). Ces produits représentaient une part significative des recettes à l’exportation, et leur repli a impacté négativement les performances du mois.

Les principaux marchés d’exportation restent relativement stables, avec le Mali en tête (17,7 % des exportations), suivi des États-Unis (11,0 %), des Pays-Bas (10,8 %), de la Suisse (10,5 %) et de l’Inde (10,1 %). Toutefois, le rapport note que l’effet de la baisse mensuelle a été quelque peu atténué par la hausse des exportations de certains produits comme l’acide phosphorique, les produits pétroliers raffinés et les conserves de poisson.

En dépit du recul enregistré sur un mois, les résultats annuels sont plus encourageants. Les exportations de juillet 2025 ont en effet progressé de 15,9 % par rapport à juillet 2024. Mieux encore, le cumul des exportations sur les sept premiers mois de l’année s’élève à 3 272,1 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 60 % comparée aux 2 045,4 milliards enregistrés à la même période l’an dernier.

En revanche, les importations ont connu une progression notable, s’établissant à 635,6 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 545,0 milliards le mois précédent, soit une augmentation de 16,6 %. Cette croissance est principalement portée par la reprise des importations de pétrole brut, qui ont atteint 83,3 milliards de FCFA alors qu’aucun achat n’avait été enregistré en juin. D’autres produits ont également vu leurs volumes croître, notamment les sucres bruts et raffinés, les huiles et graisses animales et végétales, ainsi que les camions et camionnettes.

Cependant, cette dynamique haussière a été freinée par la baisse des importations de certains produits, notamment les autres produits pétroliers raffinés, qui sont passés de 155,9 milliards en juin à 131,3 milliards en juillet, ainsi que le riz, dont les importations ont chuté de 20,2 à 8,9 milliards de FCFA.

Par rapport à juillet 2024, les importations ont progressé de 9,4 %. En cumulé, elles atteignent 4 204,4 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 3 980,1 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 5,6 %. Les principaux fournisseurs du Sénégal restent la Chine (13,5 %), la France (10,2 %), la Russie (9,2 %), les Émirats Arabes Unis (8,1 %) et le Nigéria (6,7 %).

Le solde de la balance commerciale s’est, pour sa part, considérablement détérioré. Il est passé de -30,3 milliards de FCFA en juin à -203,8 milliards en juillet 2025. Cette aggravation du déficit est notamment due à une forte dégradation du solde commercial avec plusieurs partenaires : le Nicaragua (déficit de 41,3 milliards), le Nigéria (42,2 milliards), la France (60,1 milliards) et surtout la Chine, avec laquelle le déficit s’est creusé à 81,6 milliards de FCFA.

Toutefois, une amélioration a été notée dans les relations commerciales avec les États-Unis et l’Inde. Le Sénégal a enregistré un excédent de 31,8 milliards de FCFA avec les premiers et de 23,4 milliards avec les seconds. Ces gains, bien que significatifs, n’ont pas suffi à compenser le déséquilibre global.

Malgré cette situation, le cumul du déficit commercial sur les sept premiers mois de l’année affiche une amélioration notable. Il s’élève à -932,2 milliards de FCFA contre -1 934,7 milliards à la même période en 2024, ce qui témoigne d’un redressement progressif de la balance commerciale sur le moyen terme.

Le rapport de l’ANSD montre ainsi les limites de la performance mensuelle, mais confirme une dynamique positive sur l’année en cours. Il reste désormais à voir si cette tendance pourra être maintenue dans les mois à venir, notamment dans un contexte international marqué par l’instabilité des prix des matières premières et les incertitudes géopolitiques.

Paix en Casamance : les ex-rebelles du MFDC dénoncent le non-respect des engagements de l’État

La visite du Médiateur de la République, Demba Kandji, ce jeudi à Ziguinchor, a donné une tournure particulière au débat sur la paix en Casamance. Ce déplacement dans le sud du pays, destiné à recueillir les doléances des populations locales, a mis en lumière des frustrations croissantes liées à la lenteur de la mise en œuvre des accords de paix signés entre l’État du Sénégal et certaines factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Parmi les voix les plus attendues lors de cette rencontre figurait celle de Fatoma Coly, ex-chef rebelle de la base de Diakaye. Sa présence symbolique et ses déclarations fermes ont attiré l’attention. S’exprimant devant les autorités locales et le Médiateur, il a dénoncé ce qu’il qualifie de manque total de suivi des accords de paix signés le 13 mai 2023 à Mongone, dans la commune de Djinaky. Ces accords, qui devaient poser les bases d’un retour à la stabilité dans la région, restent, selon lui, lettre morte.

« L’État du Sénégal n’a pas respecté les engagements que nous avons paraphés. Depuis la signature des accords, nous n’avons constaté aucun acte concret de leur mise en œuvre », a-t-il déclaré avec amertume. Fatoma Coly, aujourd’hui engagé dans une dynamique de paix, a exprimé le sentiment d’abandon ressenti par les 255 ex-combattants de sa base qui ont déposé les armes dans le cadre du processus de réconciliation. Ces anciens rebelles, selon lui, attendent toujours les financements promis par l’État pour leur permettre de s’insérer dans la vie civile à travers des projets agricoles et des opérations d’acquisition foncière. « Nous sommes tous déçus. On continue toujours d’attendre », a-t-il ajouté, appelant le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko à poser un acte fort pour rétablir la confiance.

Le Médiateur de la République, interpellé sur ces déclarations, a rappelé l’essence de sa mission, à savoir la transmission des plaintes des citoyens vers les institutions de l’État. « Ma venue à Ziguinchor est motivée par un devoir de reddition. J’ai pour rôle d’écouter et de porter les préoccupations des populations auprès de l’administration. Ce que je fais en toute responsabilité », a expliqué Demba Kandji. Il a indiqué que son institution reçoit en moyenne 400 dossiers par an, avec un taux de résolution de 50 à 60 %, les litiges fonciers représentant la part la plus importante des réclamations.

Le cas de la Casamance semble illustrer les limites actuelles de l’action publique face aux enjeux post-conflit. Alors que les accords de paix ont été salués comme une avancée majeure dans le processus de pacification de cette région meurtrie par des décennies d’instabilité, leur non-application effective menace aujourd’hui de raviver les tensions. La mobilisation des anciens rebelles, désormais engagés pour la paix, montre que la volonté de tourner la page est réelle sur le terrain. Mais leur patience s’épuise face à l’inertie institutionnelle.

Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

Le Collectif Rappel à l’Ordre s’oppose à la nomination de Me Bamba Cissé et alerte les instances internationales

La récente nomination de Me Bamba Cissé au poste de ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions vives au sein de la société civile sénégalaise. Ce jeudi 11 septembre, le Collectif Rappel à l’Ordre, mouvement citoyen connu pour son engagement dans la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit, a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ce choix gouvernemental.

Dans un communiqué officiel, le Collectif qualifie cette décision de « menace grave pour la démocratie et pour l’équilibre institutionnel » du pays. Selon les membres du mouvement, Me Bamba Cissé serait marqué par un « engagement partisan » et des « prises de position radicales » qui, selon eux, ne correspondent en rien à l’exigence d’impartialité requise à un poste aussi stratégique que celui du ministère de l’Intérieur.

Craignant des dérives autoritaires ou des restrictions futures des libertés individuelles et collectives, Rappel à l’Ordre a décidé de porter l’affaire au niveau international. Deux institutions ont d’ores et déjà été saisies : l’Association Panafricaine des Avocats et le Département d’État des États-Unis, plus précisément son Bureau des Droits de l’Homme. Le mouvement indique avoir alerté ces entités sur les « risques que cette nomination fait peser sur les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits humains au Sénégal ».

Pour les membres du Collectif, cette alerte n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte politique qu’ils jugent tendu, et où certaines décisions récentes du pouvoir sont perçues comme des signaux inquiétants quant à la direction prise par les autorités. En appelant à une surveillance accrue de la communauté internationale, Rappel à l’Ordre espère prévenir d’éventuelles dérives et rappeler le Sénégal à ses engagements en matière de gouvernance démocratique.

Le Collectif conclut en réaffirmant son engagement total en faveur de la démocratie, de l’indépendance des institutions, et de la défense des libertés fondamentales. Il appelle à la vigilance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, face à ce qu’il qualifie de tournant potentiellement dangereux dans la conduite des affaires de l’État.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°555 – 12/09/2025

🔴 GAMOU SAGNE BAMBARA / CHEIKH MOUHIDINE SAMBA DIALLO : RÉVÉLATION POSTHUME D’UN HOMME DE DIEU
🔴 NURU SIRÂT FÎ ILMIL TASSÂWUFI DE CHEIKHNA CHEIKH SAAD BOUH : L’IMMORTALITÉ DU SOUFISME EN 666 VERS

🔴 MERCATO / MONACO OUVERT AU DÉPART : KRÉPIN DIATTA VERS LA TURQUIE ?
🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE / MESURES CORRECTIVES : RÉTROPÉDALAGE DU MINISTÈRE DES SPORTS

Gamou de Ndiassane : l’État renouvelle son engagement aux côtés des familles religieuses

La 142e édition du Gamou de Ndiassane, haut lieu de la confrérie Khadriya au Sénégal, a été marquée ce jeudi par une forte présence de l’État, représenté officiellement par le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne. À l’occasion de cette célébration religieuse d’envergure nationale, le ministre, qui parlait au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir pleinement les communautés religieuses du pays.

Dans son adresse au khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, ainsi qu’aux fidèles venus de tout le Sénégal, Dr Diagne a insisté sur le respect inaltérable de la liberté de culte, tout en réitérant l’engagement de l’État à accompagner les familles religieuses dans l’organisation de leurs activités cultuelles. Selon lui, ces manifestations spirituelles sont des moments de communion nationale qui participent à l’ancrage des valeurs républicaines, à travers la foi, la solidarité et la transmission intergénérationnelle des enseignements islamiques.

Le thème retenu pour cette édition, « Voilà ceux qu’Allah a guidés, suis donc leur direction », a été l’occasion pour le ministre d’opérer un parallèle entre les fondements spirituels de l’islam et les défis contemporains du Sénégal. Il a souligné que suivre la guidance divine aujourd’hui, c’est incarner les principes de justice, de probité, de fraternité et de travail. Dans un contexte économique et social marqué par des attentes fortes, il a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs fondamentales pour bâtir une société plus équitable et résiliente.

Dr Mabouba Diagne a également mis en lumière le rôle central que jouent les confréries religieuses dans la stabilité du pays. Il a salué la contribution historique de la tariqa khadriya dans la pacification des esprits, l’éducation religieuse et la préservation du vivre-ensemble. À ses yeux, le modèle sénégalais de l’islam, tolérant, enraciné dans les réalités sociales et ouvert au dialogue interreligieux, est une exception qu’il faut protéger contre les dérives extrémistes.

Le représentant de l’État a particulièrement loué la manière dont la famille Kounta a su transmettre fidèlement l’héritage prophétique à travers les générations, en mettant l’accent sur la modération, la recherche du savoir et la quête de la paix. Pour lui, le Gamou de Ndiassane n’est pas seulement une veillée religieuse commémorant la naissance du Prophète Muhammad (PSL), mais un acte vivant de fidélité aux valeurs universelles de l’islam.

En clôturant son intervention, Dr Diagne a appelé à renforcer le partenariat entre les autorités religieuses et les pouvoirs publics, dans l’optique de construire un Sénégal plus juste, plus spirituel et plus uni. Il a exprimé la volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec toutes les composantes de la société pour garantir la paix sociale, la cohésion nationale et le développement inclusif.

Ce discours a été chaleureusement accueilli par les dignitaires religieux et les fidèles, venus nombreux assister à cette édition du Gamou, devenue au fil des années un symbole de la vitalité spirituelle du Sénégal et de la place prépondérante des familles religieuses dans l’équilibre sociopolitique du pays.

Assemblée nationale : session extraordinaire ce lundi pour l’examen urgent de trois projets de loi majeurs

Les députés sénégalais sont convoqués en urgence ce lundi 15 septembre 2025 à 10 heures pour l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année, conformément à un décret pris par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette session parlementaire se tiendra en procédure d’urgence, dans un contexte de réformes économiques accélérées engagées par le nouveau gouvernement.

Trois projets de loi d’une importance stratégique seront soumis à l’examen de l’Assemblée nationale. Le premier concerne le nouveau Code des Investissements, un texte très attendu par les milieux économiques. Ce projet vise à réformer en profondeur le cadre juridique et fiscal applicable aux investisseurs au Sénégal, afin d’attirer davantage de capitaux nationaux et étrangers, notamment dans les secteurs clés identifiés par le Plan de Redressement économique et social (PRES).

Le deuxième projet de loi porte sur la modification du Code général des impôts, en particulier la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012. Il s’agit d’adapter la fiscalité aux nouvelles priorités économiques, notamment en lien avec les objectifs de justice fiscale, de digitalisation des recettes publiques et de mobilisation accrue des ressources intérieures.

Le troisième texte porte sur une révision de la loi n° 2008-46 du 3 septembre 2008, qui institue la redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL). Cette loi, déjà modifiée à plusieurs reprises, pourrait connaître une nouvelle évolution afin de renforcer la contribution du secteur des télécommunications au financement du développement national, notamment dans les domaines de l’inclusion numérique, de la régulation des opérateurs et de la cybersécurité.

La convocation en procédure d’urgence témoigne de la volonté des autorités de faire avancer rapidement les réformes structurelles nécessaires à la mise en œuvre de leur programme économique. Elle illustre également la collaboration étroite entre l’exécutif et le législatif dans le contexte post-électoral, où l’Assemblée nationale est appelée à jouer un rôle moteur dans l’adoption des textes fondateurs de la nouvelle vision gouvernementale.

Selon des sources parlementaires, l’examen de ces projets pourrait s’étendre sur plusieurs jours, mais le vote final est attendu avant la fin de la semaine, sauf imprévu. Cette session s’annonce donc décisive pour la suite de l’agenda législatif et pour la relance économique du pays.

Grève des concessionnaires du nettoiement : la mobilisation reste intacte malgré une avance de 5 milliards FCFA

La grève déclenchée par les concessionnaires du nettoiement se poursuit, en dépit de l’annonce faite par le Directeur du Budget concernant un décaissement partiel des sommes dues. Ces entreprises, qui assurent une part importante du service public de collecte et de traitement des déchets au Sénégal, réclament au total 15 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement. Mercredi, un mandat de 5 milliards de francs CFA a été confirmé par les services budgétaires, mais cela n’a pas suffi à convaincre les concessionnaires de reprendre leurs activités.

Selon Boubacar Diallo, secrétaire général du collectif des concessionnaires du nettoiement, cette somme représente à peine un tiers des montants attendus. S’exprimant au micro de Radio Sénégal International (RSI), il a précisé que bien que le collectif ait initialement exigé entre 70 et 80 % des sommes dues, il a accepté le principe de percevoir d’abord les 5 milliards proposés, dans un esprit d’ouverture. Il a aussi indiqué qu’un engagement supplémentaire a été pris par les autorités pour le versement de 4 milliards supplémentaires « d’ici une vingtaine de jours », au début du mois d’octobre.

Cependant, cet engagement verbal ne suffit pas à lever la suspension des activités. Les concessionnaires, qui disent être à bout de souffle, insistent sur la nécessité d’un décaissement effectif. Pour eux, les promesses et annonces ne permettent plus d’assurer les services dans les conditions actuelles. « La suspension de nos activités reste en vigueur car nous n’avons plus les moyens de préfinancer le service », a souligné M. Diallo. Il a précisé que si le ministère des Finances a accompli sa part en validant les mandats, c’est désormais au Trésor public de mobiliser effectivement les fonds pour permettre aux entreprises concernées de fonctionner à nouveau.

La grève affecte visiblement la propreté dans plusieurs communes, où les ordures s’accumulent en bordure de route et aux abords des marchés. Les autorités locales, souvent prises en otage par cette situation, peinent à rassurer les populations. Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte économique difficile, où les tensions sur la trésorerie de l’État compliquent l’exécution budgétaire dans plusieurs secteurs.

Les concessionnaires, qui avaient déjà alerté depuis plusieurs semaines sur leur précarité financière croissante, réclament plus de transparence dans le traitement de leurs créances et une régularité dans les paiements. Ils dénoncent un système dans lequel ils sont contraints d’assurer un service public essentiel sans garantie de rémunération dans les délais convenus.

Face à cette impasse, l’exécutif est désormais sous pression. Le règlement rapide de la dette due aux entreprises du secteur du nettoiement s’impose pour éviter une crise sanitaire et environnementale plus grave. Le bras de fer reste tendu, et les jours à venir seront décisifs pour savoir si la promesse de décaissement se matérialisera suffisamment vite pour convaincre les grévistes de reprendre leurs activités.

Litige entre Bocar Samba Dièye et la CBAO : 17 ans de bataille judiciaire, et toujours pas d’épilogue

Depuis plus de dix-sept ans, le célèbre commerçant et importateur sénégalais Bocar Samba Dièye se bat contre la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO), désormais filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, dans un contentieux complexe mêlant saisie de biens, documents contestés et lenteurs judiciaires. Cette affaire, qui prend désormais une tournure publique, a été au centre d’un point de presse organisé cette semaine par l’homme d’affaires, qui réclame l’intervention urgente de l’État, notamment du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

L’origine du conflit remonte à une saisie bancaire que Bocar Samba Dièye conteste avec vigueur. Il affirme que ses biens ont été confisqués sur la base d’une fausse lettre de crédit et d’une traite bancaire qui, selon lui, n’ont jamais existé. Ces documents, censés justifier la créance de la CBAO, n’ont à ce jour jamais été présentés, selon les déclarations de l’homme d’affaires, qui accuse la banque d’avoir monté une opération frauduleuse pour s’emparer de son patrimoine.

Ce que Bocar Samba Dièye vit comme une injustice judiciaire prend une dimension plus profonde à ses yeux : il estime que les décisions rendues jusque-là donnent systématiquement raison à la banque, malgré de nombreux éléments à décharge. Il soutient notamment avoir obtenu gain de cause à douze reprises dans diverses procédures judiciaires, mais sans que cela ne change l’issue pratique du litige.

Dans son récit, l’homme d’affaires revient aussi sur son engagement initial auprès de la CBAO, au moment de sa fusion avec la BAO. Il affirme avoir été approché par l’économiste Abdoul Mbaye, ancien directeur général de la CBAO, pour entrer au capital d’une nouvelle banque. Il avait alors déboursé sept millions de francs CFA pour financer une étude de faisabilité, et acheté 3 000 actions, puis 3 000 autres à la demande d’Aliou Sow, avant de convertir ses dividendes en actions. À terme, il était devenu actionnaire à hauteur de 13 049 actions.

Mais selon lui, tout a basculé après la cession de la CBAO au groupe marocain Attijariwafa Bank. Lors d’une Assemblée générale au cours de laquelle il avait pris la parole pour critiquer certaines pratiques, il aurait été mis sur liste noire. Il affirme que c’est à partir de ce moment-là que le directeur général de l’époque, Raghni, aurait entrepris de le « briser ».

Le cœur du litige repose toutefois sur une dette que la banque estime qu’il doit, mais que lui conteste catégoriquement. À l’appui de sa défense, Bocar Samba Dièye s’appuie sur les conclusions d’un expert judiciaire désigné par le tribunal, qui a affirmé que la banque lui devait de l’argent. Ce rapport, jugé accablant pour la CBAO par les soutiens du plaignant, met en évidence des montants importants liés à des agios et intérêts supposément prélevés de manière irrégulière.

Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des commerçants et importateurs du Sénégal et de la diaspora (ACSIF), qui a assisté à la conférence de presse, a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus manifeste. Selon lui, la banque a appliqué 2,6 milliards de francs CFA d’agios sur le compte de Bocar Samba Dièye, agios qui ont ensuite généré 388 millions de francs CFA d’intérêts. Pour lui, cela constitue une ponction abusive, injustifiée et contraire aux règles bancaires. Il a également affirmé que la fameuse traite de 5,6 milliards, présentée comme pièce centrale du litige par la CBAO, est « introuvable » et n’a jamais été présentée au tribunal.

Famara Ibrahima Cissé estime, sur la base du rapport d’expertise, que la banque devrait reverser plus de 7,6 milliards de francs CFA à Bocar Samba Dièye, correspondant aux montants prélevés de manière indue, à la traite fictive et aux intérêts associés.

Malgré toutes ces affirmations, les décisions de justice semblent aujourd’hui tourner en faveur de la CBAO, ce qui pousse les soutiens de Bocar Samba Dièye à crier à l’injustice. L’homme d’affaires affirme avoir saisi les plus hautes autorités du pays, y compris le président de la République et le Premier ministre, mais n’avoir reçu aucune réponse officielle. Il demande désormais publiquement une médiation politique, dans ce qu’il considère comme un combat pour l’équité et la justice économique.

Ce dossier sensible soulève des interrogations profondes sur la place des investisseurs nationaux dans un environnement bancaire dominé par des groupes étrangers, ainsi que sur la capacité du système judiciaire à trancher les conflits commerciaux avec impartialité. Pour Bocar Samba Dièye et ses soutiens, l’enjeu dépasse désormais le cadre individuel : il s’agit, selon eux, de rétablir un climat de confiance entre la justice, les institutions financières et les opérateurs économiques nationaux.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer l’État de droit et à promouvoir un environnement des affaires stable et équitable, cette affaire pourrait bien devenir un test pour les nouvelles autorités. En attendant une issue judiciaire définitive ou une médiation politique, Bocar Samba Dièye campe sur ses positions : il dit ne réclamer que ce qui lui revient de droit et refuse de baisser les bras.

Loi de finances 2026 : Bassirou Diomaye Faye exhorte son gouvernement à finaliser les arbitrages budgétaires

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 10 septembre 2025, au Palais présidentiel, le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale, récemment nommée par décret présidentiel. Cette session a été l’occasion pour le chef de l’État de fixer les priorités immédiates, notamment la finalisation du projet de loi de finances pour l’année 2026.

Dans son adresse introductive, le Président Faye a salué le travail accompli par les ministres sortants, soulignant leur contribution à l’exécution de la politique gouvernementale coordonnée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Il a félicité les ministres reconduits et souhaité la bienvenue aux nouveaux entrants, tout en leur rappelant la lourde responsabilité qu’implique leur nomination. « Être ministre ou secrétaire d’État, c’est assumer une responsabilité nationale primordiale, portée par une confiance exceptionnelle », a-t-il affirmé.

Insistant sur les valeurs fondamentales qui doivent guider l’action gouvernementale, Bassirou Diomaye Faye a appelé chaque membre du gouvernement à incarner « la sacralité de l’État », en adoptant une posture exemplaire, marquée par l’intégrité, le sens du service public, la proximité avec les citoyens et l’efficacité dans l’action. Il a également insisté sur la collégialité, estimant que le gouvernement doit être perçu comme une équipe soudée, force de propositions et de réalisations, au service des attentes du peuple sénégalais.

Le Chef de l’État a particulièrement insisté sur l’urgence de mettre en œuvre, avec rigueur et célérité, les réformes et programmes inscrits dans l’Agenda national de Transformation, en lien avec le Plan de Redressement économique et social (PRES). Il a rappelé que chaque ministre devait désormais adopter une gestion axée sur les résultats, en phase avec les objectifs fixés pour accélérer la transformation structurelle du pays.

Dans ce contexte, la préparation du budget 2026 constitue une priorité immédiate. Le Président a ainsi chargé le ministre des Finances et du Budget de finaliser, en collaboration avec son collègue de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi que les ministres sectoriels, les arbitrages nécessaires en vue du dépôt du projet de loi de finances 2026. Il a précisé que cette démarche devait se faire sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko.

Cette exigence témoigne de la volonté du chef de l’État d’installer rapidement son gouvernement dans une dynamique de gouvernance proactive, structurée et orientée vers des résultats tangibles. Le budget 2026 sera, selon toute vraisemblance, un véritable test de mise en œuvre des engagements de la nouvelle administration, notamment en matière de justice sociale, de relance économique, de réforme fiscale et de rationalisation des dépenses publiques.

AUGMENTATION DE 2,2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UN AN : Les Sénégalais à l’épreuve de la cherté de la vie

Le quotidien des Sénégalais devient de plus en plus insoutenable. Même ceux qui parviennent encore à subvenir à leurs besoins essentiels ne trouvent plus le sommeil tranquille. Selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré, en août 2025, une progression de 2,2 % en glissement annuel, signe manifeste d’un renchérissement généralisé qui fragilise davantage les ménages.
Cette inflation est principalement imputable à la hausse du coût des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées (+3,8 %), poste de dépense central des familles. La hausse des prix des légumes, tubercules, fruits, viandes et poissons – largement tributaire d’une baisse de la production maraîchère en période hivernale – illustre l’ampleur de cette tension. D’autres secteurs stratégiques accentuent également la pression : logement, eau, électricité et combustibles (+1,3 %), transports (+1,7 %), santé (+1,8 %) et services de restauration et d’hébergement (+1,8 %). La flambée des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants (+7,5 %) vient, quant à elle, compléter ce tableau alarmant.
Certes, quelques allègements se dessinent dans les services de communication (-3,1 %) ou certains produits de soins personnels (-1,2 %) ; toutefois ils apparaissent marginaux face à l’ampleur de la tendance haussière.
Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, atteint 4,5 % en rythme annuel, révélant la persistance de tensions structurelles sur les prix. Les produits locaux connaissent une hausse marquée (+4,2 %), contrastant avec le léger recul des biens importés (-1,8 %).
En variation mensuelle, les prix progressent encore de 1 %, avec une envolée spectaculaire des légumes feuillus (+32,2 %), des légumes-fruits (+13,3 %) et des tubercules (+12,7 %). À ces hausses alimentaires s’ajoutent celles du transport aérien, des services de livraison, de l’électricité et même de certaines prestations culturelles et de santé.
Par conséquent, derrière les chiffres, c’est une réalité implacable qui se dessine : la cherté de la vie grignote chaque jour davantage le pouvoir d’achat et plonge de nombreux foyers dans une angoisse croissante. L’inflation n’est plus une abstraction statistique, mais une épreuve quotidienne qui met à rude épreuve la résilience des populations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°554 – 11/09/2025

🔴 AUGMENTATION DE 2,2% DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UNE ANNÉE : LES MÉNAGES À BOUT DE SOUFFLE
🔴 INVESTIR DANS LES ADOLESCENTES EN AFRIQUE : UN TRÉSOR DE PLUS DE 280 000 MILLIARDS F CFA À RECOUVRER

🔴 PAPE MATAR SARR : LA PERLE AU SERVICE DE LA « TANIÈRE »
🔴 CRÉATION DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LES ACTEURS EXPRIMENT DES OBJECTIONS

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Gamou de Ndiassane : El Malick Ndiaye reçu par le Khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta

À l’occasion du Gamou 2025 célébré à Ndiassane, haut lieu de la confrérie khadre au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a effectué une visite marquante ce mercredi 10 septembre. Il a été reçu par le Khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, à qui il a transmis un message officiel de la part des plus hautes autorités de l’État.

Dans une publication relayée sur sa page Facebook, El Malick Ndiaye a indiqué qu’il était porteur d’un message de paix, de solidarité et de reconnaissance, au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que de l’Assemblée nationale. Un geste qui, au-delà de la symbolique religieuse, traduit l’importance que les nouvelles autorités attachent aux relations avec les foyers religieux du pays.

« J’ai sollicité ses prières pour un Sénégal uni, une paix durable et la réussite de notre nouveau gouvernement », a écrit le président de l’Assemblée. Il a également mis en avant la dimension spirituelle et sociale du Gamou, soulignant son rôle essentiel dans la consolidation de la cohésion nationale et dans la préservation des valeurs républicaines fondées sur le dialogue, le respect et la foi.

Le Gamou de Ndiassane est un événement religieux majeur qui réunit chaque année des milliers de fidèles venus des quatre coins du pays et de la sous-région. Il commémore la naissance du prophète Mohammed (PSL) dans la tradition khadre, et demeure un moment fort de spiritualité, d’enseignements religieux et de prières.

La visite d’El Malick Ndiaye s’inscrit dans une série de déplacements effectués par les autorités sénégalaises à l’occasion des célébrations du Maouloud à travers le pays. Ces rencontres visent à renforcer les liens entre l’État et les familles religieuses, considérées comme des piliers de stabilité, d’éducation et de médiation sociale.

Mairie de Dakar : Abass Fall prône la performance, la concertation et la fin des clivages pour une capitale inclusive

Ce mardi, dans une salle comble de l’Hôtel de ville de Dakar, Abass Fall a officiellement pris ses fonctions à la tête de la capitale sénégalaise. Lors de la cérémonie de passation de service avec son prédécesseur Ngoné Mbengue, le nouveau maire a prononcé un discours fort, aux accents de rupture et d’espoir, axé sur la performance, la concertation et le dépassement des querelles politiques au service des Dakarois.

D’entrée, Abass Fall a tenu à remercier Mme Mbengue pour avoir, selon ses mots, su « préserver l’élan de service républicain dans un contexte très difficile ». Reconnaissant les efforts de gestion de l’ancienne équipe municipale, il a posé les jalons de son mandat en appelant à un changement profond de culture administrative et politique.

« La confiance des Dakarois ne se gagne pas avec des promesses, mais avec des résultats tangibles », a-t-il martelé. Pour lui, son élection n’est pas un triomphe personnel mais un mandat populaire exigeant, qui impose rigueur, méthode et humilité. Il a promis de gouverner dans « la concertation, le respect mutuel et la sérénité », indiquant que seule une gouvernance inclusive permettra de répondre efficacement aux attentes d’une population urbaine de plus en plus exigeante.

Fidèle à sa réputation d’homme de terrain, Abass Fall a assumé un ton direct et lucide sur les défis qui l’attendent. Il a notamment pointé du doigt la faiblesse des conditions salariales dans l’administration municipale comme un frein majeur à la performance : « Quand j’ai vu le salaire des gens qui travaillent ici, je me suis dit : voilà pourquoi l’administration municipale n’est pas aussi performante qu’on aurait souhaité. »

Fort de son expérience en tant que premier adjoint au maire, il entend mettre en œuvre une réforme profonde de la gestion municipale pour transformer Dakar en une « municipalité performante, à l’image des grandes capitales du continent ». Mais cette transformation, selon lui, ne peut se faire sans une synergie active avec l’État central. Abass Fall a d’ailleurs tendu la main aux autorités nationales, affirmant que « la ville de Dakar ne peut prospérer que dans une synergie intelligente pour apaiser les autorités locales et centrales ».

Il a également lancé un appel à l’unité entre les acteurs politiques de la capitale, les invitant à dépasser les rivalités partisanes pour privilégier l’intérêt général. « L’heure n’est plus au clivage politique, mais à la recherche de performance », a-t-il souligné avec fermeté.

En dressant les grandes lignes de son programme, le nouveau maire a mis l’accent sur les enjeux cruciaux de l’heure : assainissement, mobilité urbaine, culture, éducation, inclusion sociale, modernisation des infrastructures et gestion des déchets. Il a promis une gouvernance tournée vers la justice sociale et un progrès partagé, sans discrimination.

Conscient que la réalisation de ses ambitions nécessitera des moyens financiers conséquents, Abass Fall se veut toutefois confiant. Il mise sur les ressources humaines et le potentiel économique de Dakar pour impulser une dynamique nouvelle. « Cette ville regorge d’énergie, d’intelligence et de ressources remarquables », a-t-il affirmé avec conviction.

Il a conclu son discours par une adresse directe aux Dakarois : « Ce mandat est le vôtre. Vous en êtes les premiers acteurs, les premiers bénéficiaires, mais aussi les premiers évaluateurs. » Et de promettre une gouvernance de proximité, basée sur l’unité, la transparence et la discipline collective. « Ensemble, dans l’unité et la discipline collective, nous tracerons la voie d’une capitale plus moderne, plus inclusive, plus rayonnante », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Prise de fonction d’Abass Fall à la Ville de Dakar : Ngoné Mbengue exprime sa confiance envers son successeur

La passation de service entre l’ex-maire par intérim Ngoné Mbengue et le nouveau maire de Dakar, Abass Fall, s’est déroulée ce mercredi 10 septembre, dans une atmosphère à la fois solennelle et symbolique. Élu par les conseillers municipaux le 25 août dernier, Abass Fall prend officiellement les rênes de la capitale sénégalaise, succédant ainsi à Mme Mbengue qui assurait l’intérim depuis décembre 2024.

Lors de la cérémonie d’installation, Ngoné Mbengue n’a pas caché son soulagement et sa confiance vis-à-vis de son successeur. « Je suis rassurée. Je suis convaincue qu’il saura mener la barque de Dakar à bon port », a-t-elle déclaré devant les membres du conseil municipal, les agents de la mairie, les militants et les invités venus assister à l’événement.

Saluant les qualités humaines du nouvel édile, Mme Mbengue a souligné sa « disponibilité » et sa « bienveillance », des traits de caractère qu’elle dit connaître personnellement. Elle a également invité Abass Fall à s’inscrire dans la continuité, en consolidant les acquis de la précédente équipe municipale tout en apportant des améliorations là où cela s’avère nécessaire. « Je compte sur lui pour parachever les bonnes actions que nous avons entamées et améliorer ce qui reste à parfaire », a-t-elle ajouté avec sérénité.

Membre du parti Taxawu Sénégal, dirigé par Khalifa Ababacar Sall, Ngoné Mbengue a également profité de cette occasion pour adresser un mot de gratitude à l’ensemble des conseillers municipaux. Elle a salué leur « sens des responsabilités », qui a permis, selon elle, de maintenir un climat de stabilité et de sérénité au sein de l’institution municipale depuis sa prise de fonction le 13 décembre 2024.

« Nous sommes venus d’obédiences différentes, mais nous avons su préserver ce que nous ne pouvons pas départager : l’intérêt des Dakarois », a-t-elle déclaré avec émotion, en évoquant l’esprit de collaboration qui a prévalu au sein du conseil malgré les différences politiques.

La prise de fonction d’Abass Fall intervient dans un contexte marqué par des enjeux urbains complexes : gestion des inondations, amélioration des services publics, modernisation des infrastructures et renforcement de la participation citoyenne. Très attendu par les populations, le nouveau maire devra faire preuve de leadership et de dialogue pour répondre efficacement aux aspirations des Dakarois.

Mairie de Dakar : Abass Fall succède à Ngoné Mbengue lors d’une passation marquée par des tensions organisationnelles

La mairie de Dakar a officiellement changé de main ce mardi à l’occasion d’une cérémonie de passation de service entre la maire intérimaire sortante, Ngoné Mbengue, et son successeur, Abass Fall. Organisé dans une ambiance à la fois solennelle et électrique, l’événement a connu un démarrage mouvementé, débutant avec près de deux heures de retard sur l’horaire initialement prévu.

Prévue à 10 heures, la cérémonie n’a effectivement commencé qu’à midi, dans une salle comble où se mêlaient conseillers municipaux, représentants d’institutions, militants, sympathisants et membres du personnel administratif. Ce retard s’explique en partie par des tensions liées à l’organisation et à la gestion des invités, notamment autour de la question de l’occupation des places assises.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines de militants, manifestement acquis à la cause d’Abass Fall, ont pris d’assaut la salle et occupé la majorité des sièges. Lorsque les invités officiels, dont certains dignitaires politiques et représentants des collectivités locales, sont arrivés, il ne restait que très peu de places disponibles. Les agents de sécurité et les services de la mairie ont alors tenté de réorganiser la salle en demandant à certains militants de céder leurs sièges aux invités protocolaires. Cette initiative a été mal accueillie par une partie du public, provoquant une brève montée de tension.

Refusant de quitter leurs places, plusieurs militants se sont opposés aux instructions, forçant les organisateurs à trouver une solution d’urgence. Des chaises supplémentaires ont été installées dans la salle pour pallier le manque d’espace, mais cela n’a pas suffi à satisfaire tout le monde. Ainsi, plusieurs participants, y compris des personnalités invitées, ont dû suivre la cérémonie debout.

Malgré ce début chaotique, la cérémonie a ensuite pu se dérouler dans le calme. Elle a été ouverte par des prières, demandant succès et bénédictions pour le nouveau mandat d’Abass Fall. Ce dernier, peu avant son entrée officielle dans la salle, avait tenu une réunion à huis clos avec les conseillers municipaux, dans un geste de concertation visant à poser les bases de son administration.

Cette passation de service marque un tournant dans la gestion de la mairie de Dakar. Abass Fall, figure politique bien connue sur la scène dakaroise, prend désormais les rênes de la capitale avec de nombreuses attentes. Son arrivée intervient dans un contexte de réformes et de défis urbains majeurs, où la gestion de l’espace public, les services de base et la gouvernance locale seront au cœur des priorités.

S’il a su galvaniser ses partisans, le nouveau maire devra maintenant rassembler au-delà de son cercle de fidèles pour répondre aux besoins concrets des populations et apaiser les tensions observées dès cette première étape de son mandat.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°553 – 10/09/2025

🔴 CHUTE LIBRE DE LA PRODUCTION (-14,9%), DES EXPORTATIONS (-29,1%) ET VENTES (-18,1%) : LA FILIÈRE CIMENT SE NOIE
🔴 SOIXANTE JOURS DE DÉTENTION : TOUJOURS AUCUN GRIEF CONTRE BADARA GADIAGA ?

🔴 ÉLIMINATOIRES CDM 2026 / DÉFAITE FACE AU SÉNÉGAL : LA FRUSTRATION DES CONGOLAIS VIRE À LA VIOLENCE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°552 – 09/09/2025

🔴 MOUHAMED DIENG DANS LE COLLIMATEUR DE LA CENTIF : TENTATIVE DE CORRUPTION DE CERTAINS MÉDIAS
🔴 AFFAIRE FARBA NGOM / « COMPLICATIONS POTENTIELLEMENT FATALES, DONT UNE MORT SUBITE » : AMSATOU SOW SIDIBÉ EXIGE SA LIBÉRATION

🔴 ÉLIMINATOIRES COUPE DU MONDE 2026 / RENCONTRE CONTRE LA RDC : LES « LIONS » PRÊTS À SORTIR LES CROCS

YASSINE FALL À LA JUSTICE, Me BAMBA CISSÉ À L’INTÉRIEUR : Le spectre d’un parti-État

La nomination de Yassine Fall au ministère de la Justice et de Me Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur pourrait dépasser le cadre d’un simple réaménagement gouvernemental. Elle semblerait traduire une orientation politique : faire de la justice et de la sécurité des instruments au service d’un projet de contrôle accru.
Ces choix, loin d’être anodins, pourraient envoyer un signal fort sur la volonté du régime de verrouiller les institutions et d’imposer une gouvernance partisane.
Yassine Fall, militante assumée du Pastef, avait déjà attiré l’attention en octobre 2024 lorsqu’elle aurait pris publiquement fait et cause pour une passagère ayant agressé verbalement l’ancien président Macky Sall dans un avion. Ce positionnement, jugé partisan par beaucoup, pourrait aujourd’hui nourrir des interrogations sur son aptitude à incarner l’impartialité attendue de la fonction de garde des Sceaux. La justice, censée rester un rempart contre les dérives, risquerait d’être alignée et instrumentalisée.
Les déclarations du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, affirmant que « ceux qui dérangent » devraient être écartés du corps judiciaire ou encore celles attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko selon lesquelles les ministres de la Justice et de l’Intérieur devraient exécuter sans discuter un ordre d’arrestation, pourraient conforter cette lecture d’une justice d’obéissance plutôt que d’équilibre.
De l’autre côté, l’arrivée de Me Bamba Cissé comme ministre de l’Intérieur ne semblerait pas être le fruit du hasard. Plus qu’un avocat connu, il est une vieille connaissance d’Ousmane Sonko qu’il fréquente depuis plus de vingt ans. Lui-même rappelait avoir partagé avec le leader du Pastef des années de doctorat à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). En 2024, il n’hésitait pas à qualifier Sonko de « phénomène politique » et d’« homme le plus remarquable dans l’histoire politique du Sénégal ». Sa proximité avec le Premier ministre, avérée de longue date, pourrait conforter l’idée d’un appareil sécuritaire confié à un fidèle dont l’allégeance politique ne ferait aucun doute.
Au-delà des personnes, c’est une certaine conception de l’État qui semblerait se dessiner. Les nominations de Yassine Fall et de Me Bamba Cissé pourraient confirmer la mise en place progressive d’un Parti-État où justice et sécurité deviendraient des leviers de domination. Les promesses de rupture, brandies comme des symboles d’espoir, sembleraient céder le pas à une pratique politique qui installerait la peur, fragiliserait la presse, marginaliserait les opposants et mettrait en péril l’indépendance des institutions.
Le Sénégal, longtemps cité en exemple pour son pluralisme et son équilibre démocratique, pourrait, dès lors, se retrouver dans une situation délicate. Si la justice venait à se transformer en bras armé d’un régime, elle perdrait sa fonction de rempart et entraînerait avec elle l’ensemble du système dans une zone de turbulence.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°551 – 08/09/2025

🔴 NOMINATIONS DE YASSINE FALL ET DE Me BAMBA CISSÉ : LE SPECTRE D’UN PARTI-ÉTAT
🔴 KAOLACK / L’AXE MÉDINA BAYE – MBADAKHOUNE PARALYSÉ PAR LES EAUX USÉES : MENACES D’OCCUPATION DES BUREAUX DE L’ONAS

🔴 DÉFAILLANCES LORS DU MATCH CONTRE LE SOUDAN : LA FSF TIRE DES LEÇONS
🔴 NOUVELLE DIRECTION AU JARAAF : SOULEYMANE DIALLO ÉLU POUR 2 ANS

Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des incertitudes sur la capacité de l’exécutif à gouverner efficacement.

La nomination des titulaires de la Justice et de l’Intérieur marque un tournant. Longtemps défendus par la présidence comme des bastions de neutralité, ces ministères ont finalement été cédés sous la pression du Premier ministre et de son camp. Ce choix confère à Ousmane Sonko et à ses proches un pouvoir inédit dans l’appareil sécuritaire et judiciaire. Pour nombre d’observateurs, cela ouvre la voie à un durcissement des pratiques répressives et à une possible instrumentalisation des procédures judiciaires dans la gestion des rivalités politiques.

Alors que le pays traverse une conjoncture difficile – hausse du coût de la vie, chômage des jeunes, fragilité de l’investissement – les attentes étaient fortes sur l’émergence d’une équipe compétente et soudée autour du plan de redressement. Or, plusieurs ministres critiqués pour leur manque de résultats ont été reconduits, par défaut d’accord entre le président et son Premier ministre. Ce statu quo traduit un arbitrage politique plutôt qu’une vision économique, laissant craindre un retard dans la mise en œuvre des réformes attendues.

Derrière les sourires officiels, la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko reste palpable. L’un incarne la légitimité institutionnelle, l’autre revendique la légitimité politique et militante. Cette dualité installe une « guerre froide » au sommet, qui pourrait se diffuser insidieusement dans la haute administration et les institutions de la République. La stratégie présidentielle, consistant à temporiser et laisser pourrir la situation, apparaît comme un aveu de faiblesse. Mais ce choix pourrait à terme miner la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Ce gouvernement, né de compromis laborieux, illustre les limites d’un partage du pouvoir imposé par des équilibres politiques précaires. Loin d’incarner une dynamique de réforme, il s’apparente à une fragile coalition interne dont les contradictions risquent d’entraver l’action publique. Dans un contexte où la société sénégalaise attend des réponses rapides et concrètes, cette paralysie politique pourrait s’avérer lourde de conséquences.

Gouvernement II : Marie Rose Khady Fatou Faye devient Porte-parole du gouvernement

Le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko enregistre l’arrivée d’une nouvelle figure. Marie Rose Khady Fatou Faye a été nommée Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des relations avec les institutions. Elle assumera également le rôle de Porte-parole du gouvernement.

Avant cette nomination, Marie Rose Khady Fatou Faye dirigeait l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME). Son parcours à la tête de cette structure lui a permis de se distinguer par son engagement en faveur de l’entrepreneuriat et du renforcement des capacités des PME sénégalaises.

Son nouveau poste, hautement stratégique, la place désormais au cœur de la communication gouvernementale et des relations institutionnelles. À travers cette responsabilité, elle devient l’une des voix officielles de l’exécutif, chargée de porter les décisions, d’expliquer les orientations et de défendre l’action du gouvernement auprès de l’opinion publique

Cheikh Niang, nouveau ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine

Le Sénégal a un nouveau chef de sa diplomatie. L’ambassadeur Cheikh Niang a été nommé ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères dans le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.

Diplomate de carrière depuis 1993, Cheikh Niang a représenté le Sénégal dans plusieurs pays et institutions internationales. Il a notamment été ambassadeur au Japon, aux États-Unis, en Afrique du Sud et dans d’autres pays. En 2018, il avait été nommé Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies à New York, où il a défendu les positions du pays sur des questions de paix, de sécurité et de développement.

Sa nomination intervient dans un contexte où le Sénégal veut renforcer son rôle dans l’intégration africaine et consolider ses relations avec le reste du monde. Avec son expérience et son parcours, Cheikh Niang apparaît comme un choix stratégique pour donner un nouvel élan à la diplomatie sénégalaise.

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