Violences à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye annonce la présentation des étudiants arrêtés à un juge d’instruction

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.

Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.

L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.

Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.

Décès d’Abdoulaye Bâ : le Procureur Ibrahima Ndoye confirme la thèse d’une chute du 4e étage

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce mardi 17 février 2026 des précisions majeures sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Lors d’un point de presse tenu au Palais de justice de Dakar, le magistrat a affirmé que les éléments de l’enquête confirment que le jeune homme est « bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F », mettant ainsi fin, selon lui, aux spéculations entourant les causes du drame.

Face aux journalistes, le Procureur a détaillé la chronologie des faits telle qu’elle ressort des investigations. Selon ses explications, Abdoulaye Bâ se serait retrouvé dans une situation de panique liée à un contexte de tension marqué par de la fumée et des flammes. « Derrière un écran de feu et un miroir de fumée, ne parvenant pas à sortir de cette menace réelle à laquelle il était exposé avec ses camarades de chambre, il a cherché son salut en passant par la fenêtre », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le fait que la chute depuis le quatrième étage du pavillon F serait la cause directe du décès. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste », a-t-il précisé. Les conclusions médico-légales, selon le parquet, corroboreraient cette version des faits, les blessures observées étant compatibles avec un impact violent consécutif à une chute de grande hauteur.

Le Procureur de la République a également tenu à répondre aux rumeurs faisant état d’éventuelles violences ou de torture. Il a affirmé qu’aucun élément du dossier, y compris les expertises médicales, ne permet d’établir que l’étudiant aurait été battu. « Abdoulaye Bâ n’a pas été torturé, il n’a pas été battu parce qu’il n’a jamais eu de contact entre lui et les forces de l’ordre. Sa mort résulte d’une chute du 4e étage et il a atterri sur l’asphalte », a-t-il soutenu avec fermeté.

Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la communauté estudiantine réclame depuis plusieurs jours toute la lumière sur ce décès. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances ayant conduit à ce drame.

Alors que les réactions restent vives sur le campus et dans l’opinion publique, la sortie du Procureur vise à apporter des éléments factuels et à apaiser les tensions. Reste à savoir si ces explications suffiront à calmer les inquiétudes et les revendications d’une partie des étudiants qui demandent davantage de transparence et de garanties sur les conditions ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.

Décès d’Abdoulaye Ba : Yassine Fall promet que « la loi s’appliquera à tous »

L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.

Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.

Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.

Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.

Détenus séropositifs : « Toutes les dispositions ont été prises », assure Yassine Fall à l’Assemblée

La question de la prise en charge des détenus vivant avec le VIH dans les établissements pénitentiaires sénégalais s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale du Sénégal, ce lundi 16 février 2026. Interpellée sur les conditions sanitaires en milieu carcéral, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a tenu à rassurer les députés et l’opinion publique. « Toutes les dispositions sont prises pour protéger les autres prisonniers », a-t-elle déclaré, affirmant que l’administration pénitentiaire agit avec vigilance et responsabilité.

Selon les explications fournies par la Garde des Sceaux, les personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et leurs co-inculpés sont au nombre de 26. Parmi elles, 19 sont incarcérées à la Prison de Rebeuss, tandis que les sept autres sont détenues à la Prison du Cap Manuel.

La ministre a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Elle a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’éviter tout risque pour la santé des autres pensionnaires, sans toutefois entrer dans les détails des dispositifs spécifiques adoptés, invoquant la sensibilité des données médicales et le respect du secret professionnel.

La question des conditions matérielles de détention a également été soulevée, notamment celle de la climatisation des cellules dans certains pavillons spéciaux. Yassine Fall a indiqué que des climatiseurs mobiles ont été installés pour des raisons sanitaires, précisant que ces équipements ont été acquis aux frais des pensionnaires concernés. Elle a ajouté avoir été informée de cette mesure le jour même de son intervention, soit le 16 février 2026.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention et la gestion sanitaire en milieu carcéral font régulièrement l’objet de débats. En réponse aux inquiétudes exprimées, la ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus, dans le respect des normes nationales et internationales.

Assemblée nationale : l’immunité parlementaire de Farba Ngom levée par une large majorité

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, à l’issue d’un vote intervenu en séance plénière. Sur 165 députés inscrits, 129 ont pris part au scrutin. Parmi eux, 108 ont voté pour la levée de l’immunité, 21 se sont prononcés contre et aucune abstention n’a été enregistrée.

Cette décision fait suite à une demande officielle introduite par la ministre de la Justice, Yassine Fall, dans le cadre de l’affaire relative à l’introduction présumée de deux téléphones portables dans la cellule du député, actuellement en détention. Selon les éléments présentés devant les parlementaires, ces faits pourraient constituer des infractions pénales, notamment en matière d’introduction d’objets prohibés en milieu carcéral et de complicité éventuelle.

Avec plus de 83 % des suffrages exprimés en faveur de la mesure, la représentation nationale a ainsi donné son aval aux autorités judiciaires pour poursuivre leurs investigations sans obstacle procédural lié au statut parlementaire du mis en cause. La levée de l’immunité permet désormais au procureur de la République et aux juridictions compétentes d’engager ou de poursuivre toute action judiciaire jugée nécessaire dans ce dossier.

Le vote marque une étape importante dans une affaire qui suscite de vifs débats sur les conditions de détention, les privilèges attachés au mandat parlementaire et le principe d’égalité de tous devant la loi. En clôturant la séance après l’adoption de la résolution, le président de séance a acté un tournant judiciaire majeur, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’instruction dont les développements seront suivis de près par l’opinion publique et la classe politique.

Levée d’immunité de Farba Ngom : la ministre de la Justice dévoile des éléments accablants à l’Assemblée

La séance plénière de l’Assemblée nationale du Sénégal, consacrée à l’examen de la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a été marquée par de lourdes révélations de la part de la ministre de la Justice. Face aux députés réunis à l’hémicycle, Yassine Fall a défendu la nécessité d’ouvrir la voie à des poursuites judiciaires, évoquant des faits qu’elle a qualifiés de graves et solidement étayés par l’enquête.

Dans son intervention, la Garde des Sceaux est revenue en détail sur les circonstances de la découverte d’objets prohibés au Pavillon spécial dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025. Selon elle, le député aurait reconnu lors de son audition avoir introduit un téléphone portable en le dissimulant dans un pot de lait. Un second appareil aurait été fourni par un surveillant de prison, ce qui laisse présumer l’existence de complicités au sein de l’administration pénitentiaire. Ces déclarations, rapportées par la ministre, constituent un élément central du dossier soumis à la représentation nationale.

Mais l’affaire ne se limiterait pas à la simple introduction de téléphones en milieu carcéral. L’exploitation technique des deux appareils et des cinq clés USB saisis aurait mis au jour des données sensibles. La ministre a évoqué l’existence d’opérations financières et immobilières suspectes, ainsi que la présence de documents judiciaires protégés par le secret de l’instruction. Des contenus vidéos qualifiés d’impudiques auraient également été retrouvés, élargissant considérablement le champ des investigations.

Yassine Fall a insisté sur la multiplicité des infractions susceptibles d’être retenues. Les faits reprochés au parlementaire relèveraient notamment de l’introduction et de la complicité d’introduction d’objets prohibés, de la corruption, de la violation du secret de l’instruction et de la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Elle a souligné que seule l’ouverture d’une information judiciaire permettra d’établir avec précision le niveau de responsabilité de chaque personne impliquée, qu’il s’agisse de civils ou d’agents de l’État.

Sur le plan juridique, la ministre a rappelé que, conformément à l’article 61 de la Constitution et aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, aucun député ne peut faire l’objet de poursuites sans la levée préalable de son immunité parlementaire, sauf en cas de flagrant délit. C’est dans ce cadre légal qu’elle a officiellement sollicité l’autorisation des députés afin de permettre au procureur de la République de Dakar d’engager les poursuites nécessaires.

En conclusion, la Garde des Sceaux a appelé les parlementaires à faire preuve de responsabilité institutionnelle. Elle a insisté sur l’importance de garantir l’égalité de tous devant la loi et de permettre à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, dont les ramifications pourraient dépasser le seul cas du député concerné.

Université : Thierno Alassane Sall dénonce un « revirement fondamental » du gouvernement sur les bourses

Le député et leader de la République des valeurs ,Thierno Alassane Sall est monté au créneau ce dimanche pour fustiger ce qu’il qualifie de « revirement fondamental » du Premier ministre et de son gouvernement sur la question des bourses universitaires. Face à la presse, il a estimé que le malaise actuel dans l’enseignement supérieur trouve son origine dans une opposition profonde entre « deux visions de l’université ».

Selon lui, la ligne désormais défendue par le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, marque une rupture nette avec les engagements antérieurs. TAS pointe notamment les déclarations affirmant que « le Sénégal est un pays pauvre », avancées pour justifier le refus d’accorder des bourses à l’ensemble des étudiants. Pour le parlementaire, cet argumentaire constitue un changement de cap majeur, perçu comme brutal par une frange importante de la jeunesse.

Le député rappelle qu’auparavant, le discours porté par le leader de Pastef était tout autre. Il évoque les prises de parole faites dans les universités, où la promesse d’un accès élargi aux bourses était présentée comme un engagement fort en faveur de l’égalité des chances. « C’était la vision annoncée dans le projet », a-t-il insisté, soulignant que les étudiants avaient été assurés qu’ils avaient tous droit à une bourse.

Ce changement de posture est aujourd’hui vécu, selon Thierno Alassane Sall, comme une « trahison intolérable » par de nombreux jeunes. Il estime que la confiance entre le pouvoir exécutif et le monde universitaire s’est fortement érodée, alimentant frustrations et tensions dans les campus.

Au-delà de la question budgétaire, TAS dénonce également la méthode employée par le gouvernement. Il critique un manque de concertation et de dialogue, accusant les autorités de privilégier une approche autoritaire au détriment de la pédagogie et de la négociation. Il cite à cet effet les propos du ministre de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale, affirmant que la réforme envisagée « passera ou cassera ». Pour le leader de la République des Valeurs, une telle posture ne peut qu’exacerber les crispations dans un secteur aussi sensible que l’université.

Dans un contexte marqué par des tensions sociales récurrentes dans l’enseignement supérieur, Thierno Alassane Sall appelle ainsi à un retour au dialogue et à la cohérence politique, estimant qu’une réforme durable ne peut se faire sans l’adhésion des principaux concernés, à savoir les étudiants et la communauté universitaire.

Tensions dans le supérieur : Thierno Alassane Sall dénonce un « revirement fondamental » du gouvernement

Face aux tensions persistantes qui secouent l’enseignement supérieur, Thierno Alassane Sall est sorti de sa réserve pour critiquer ouvertement la posture du gouvernement. En conférence de presse ce dimanche, le député et leader de la République des Valeurs a évoqué un « revirement fondamental » du Premier ministre Ousmane Sonko et de son équipe, estimant que les choix opérés ces derniers mois trahissent les engagements initiaux pris devant les étudiants.

Selon lui, la crise actuelle ne se limite pas à une simple question budgétaire. Elle traduit, à ses yeux, une confrontation profonde entre deux visions de l’université sénégalaise. D’un côté, une conception fondée sur l’élargissement de l’accès, le soutien social accru aux étudiants et l’investissement massif dans le capital humain. De l’autre, une approche qu’il juge restrictive, marquée par la réduction des dépenses publiques et la rationalisation des allocations, au nom des contraintes financières.

Thierno Alassane Sall s’est particulièrement insurgé contre l’argument désormais avancé par l’exécutif, selon lequel « le Sénégal est un pays pauvre », pour justifier la limitation ou la révision des bourses étudiantes. Pour le parlementaire, cet argument ne saurait suffire à expliquer un changement de cap aussi significatif. Il rappelle que, durant la phase d’opposition et au cours de la campagne, une orientation différente avait été clairement défendue devant les étudiants, avec la promesse d’un accès élargi aux allocations et d’un accompagnement renforcé des jeunes issus de milieux modestes.

Ce contraste entre les engagements passés et les décisions actuelles alimente, selon lui, un profond sentiment de désillusion dans les campus. Il affirme que de nombreux étudiants perçoivent cette inflexion comme une « trahison intolérable », dans un contexte déjà marqué par des difficultés sociales croissantes, des retards académiques et des conditions d’étude souvent précaires. À ses yeux, la question des bourses ne relève pas uniquement d’un arbitrage budgétaire, mais d’un choix politique structurant sur la place accordée à la jeunesse et à la formation supérieure dans le projet national.

Le leader de la République des Valeurs a également dénoncé un déficit de concertation dans la conduite de la réforme. Il reproche à l’exécutif de privilégier l’épreuve de force à la pédagogie, estimant que toute réforme durable de l’enseignement supérieur devrait s’appuyer sur un dialogue inclusif associant étudiants, enseignants, syndicats et autorités universitaires. L’absence de discussions approfondies, selon lui, contribue à exacerber les tensions et à radicaliser les positions.

Inflation au Sénégal : les prix à la consommation en hausse de 0,5 % au quatrième trimestre 2025

L’inflation poursuit sa progression au Sénégal en cette fin d’année 2025. D’après le dernier rapport publié le 13 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution traduit une hausse quasi généralisée des prix dans la majorité des postes de dépenses des ménages, confirmant une pression persistante sur le coût de la vie.

La principale source de cette augmentation provient des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, dont les prix ont progressé de 0,6 %. Cette catégorie, qui représente une part importante du budget des ménages sénégalais, exerce un impact direct sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les foyers à revenus modestes. La hausse des prix alimentaires demeure un facteur sensible dans un contexte où les dépenses de consommation courante occupent une place prépondérante dans les charges familiales.

D’autres segments ont connu des variations plus marquées. Les boissons alcoolisées, les tabacs et les stupéfiants enregistrent une forte augmentation de 6,5 %, traduisant des ajustements significatifs sur ces produits spécifiques. Le secteur de l’enseignement affiche également une progression de 1,0 %, tandis que les services de restauration et d’hébergement augmentent de 0,9 %. Ces hausses reflètent une dynamique plus large touchant les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux ajustements tarifaires.

Les dépenses liées aux besoins essentiels ne sont pas en reste. Les prix des soins personnels et des services de protection sociale, ceux de la santé, ainsi que ceux de l’ameublement et de l’équipement ménager ont également progressé. Les charges de logement, comprenant l’eau, l’électricité et le gaz, enregistrent une hausse de 0,5 %. À cela s’ajoute une légère augmentation dans le secteur des transports, ce qui contribue à alourdir les dépenses quotidiennes des ménages.

Toutefois, cette tendance inflationniste a été partiellement atténuée par la stabilité des prix de l’habillement et des chaussures. Le secteur de l’information et de la communication se distingue même par un recul de 0,2 %, offrant un léger répit dans un environnement globalement marqué par la hausse des prix. Cette baisse contribue modestement à amortir l’effet général de l’inflation sur les consommateurs.

Dans l’ensemble, cette progression trimestrielle de 0,5 % confirme une pression modérée mais continue sur les prix à la consommation. Si elle ne traduit pas une flambée brutale, elle souligne néanmoins la nécessité de suivre attentivement l’évolution des coûts des biens et services essentiels. Pour les ménages sénégalais, la gestion du budget demeure un exercice d’équilibre dans un contexte où la plupart des postes de dépenses enregistrent des ajustements à la hausse.

PIB et emploi : une croissance portée par Dakar, des inégalités persistantes pour les jeunes ruraux

Le Sénégal confirme sa résilience économique après le choc provoqué par la pandémie de 2020. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui avait chuté à +1,3 % au plus fort de la crise sanitaire, a rebondi pour atteindre +4,3 % en 2023. Cette reprise est portée par la vitalité combinée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, traduisant un redémarrage progressif de l’activité nationale. La hausse du PIB par habitant indique par ailleurs que la création de richesse progresse désormais à un rythme supérieur à celui de la croissance démographique.

Cependant, cette dynamique macroéconomique masque d’importantes disparités territoriales. Dakar concentre à elle seule 46,2 % du PIB national. En additionnant les performances de Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack, cet ensemble régional génère plus de 70 % de la richesse du pays. Les neuf autres régions doivent ainsi se partager moins de 30 % de la production économique nationale. Cette concentration s’explique par la polarisation historique des services, des activités financières et industrielles autour de l’axe Dakar-Thiès, qui constitue le cœur économique du pays.

Le secteur primaire, davantage réparti sur le territoire, repose principalement sur les contributions de régions comme Thiès, Kolda et Kaffrine. Néanmoins, la valeur ajoutée générée par l’agriculture et l’élevage demeure inférieure à celle des activités tertiaires et industrielles concentrées dans la capitale et sa périphérie. Cette configuration renforce les déséquilibres territoriaux et limite les opportunités économiques dans les zones rurales.

Sur le marché de l’emploi, les indicateurs montrent des avancées notables mais encore fragiles. Le taux de chômage élargi est passé de 26,2 % au premier trimestre 2022 à 21,5 % à la même période en 2023. Cette baisse témoigne d’une amélioration progressive du climat économique et d’une reprise des activités productives. Toutefois, cette embellie ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble de la population. Le chômage demeure plus élevé en milieu rural et touche particulièrement les femmes, révélant des inégalités persistantes dans l’accès aux opportunités professionnelles.

La situation des jeunes constitue le défi le plus préoccupant. Près de la moitié des 15-35 ans, soit 49,8 %, se trouvent dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce taux atteint 59,2 % en zone rurale, illustrant une marginalisation accrue des jeunes vivant hors des grands centres urbains. Cette vulnérabilité compromet non seulement l’insertion socio-économique d’une génération entière, mais aussi la capacité du pays à tirer pleinement parti de son dividende démographique.

Au regard de l’Objectif de développement durable 8, consacré au travail décent et à la croissance économique, la performance nationale s’établit à 49,2 % en 2023 par rapport aux cibles fixées pour 2030. Ce score traduit des progrès réels, mais souligne également l’ampleur des efforts nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive et équitable.

La consolidation de la dynamique économique devra ainsi s’accompagner de politiques publiques ciblées en faveur des jeunes et des territoires les plus vulnérables. Le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat rural, la diversification économique régionale et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les fractures territoriales et sociales.

Lutte contre la pauvreté au Sénégal : des progrès réels, mais un défi structurel toujours présent

Le Sénégal a enregistré une baisse mesurée mais significative de la pauvreté au cours de la dernière décennie. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de pauvreté est passé de 42,8 % en 2011 à 37,5 % en 2022. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de vie pour une partie de la population et témoigne d’une certaine résilience face aux chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations économiques mondiales. Toutefois, derrière cette progression se cachent des fragilités structurelles persistantes et de fortes disparités territoriales.

La réduction du taux de pauvreté s’explique en grande partie par la montée en puissance des programmes sociaux. Le Programme National de Bourse de Sécurité Familiale (PNBSF) a soutenu en 2023 plus de 355 000 ménages vulnérables, grâce à des transferts monétaires réguliers. Parallèlement, la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la Carte d’Égalité des Chances, qui compte plus de 75 000 bénéficiaires, ont contribué à renforcer le filet de protection sociale. L’État consacre des ressources importantes à ces dispositifs, avec notamment 32,6 milliards de francs CFA mobilisés annuellement pour les bourses familiales.

Cependant, cette dynamique positive reste fragile. Entre 2019 et 2022, la pauvreté n’a reculé que de 0,3 point, signe d’un ralentissement dans la capacité des politiques publiques à produire un changement structurel durable. Les retards de paiement, les difficultés de ciblage des bénéficiaires et la couverture encore incomplète des programmes limitent l’efficacité de la Stratégie nationale de Protection Sociale. Pour accélérer la tendance, un renforcement budgétaire et une modernisation de la gestion des données sociales apparaissent indispensables, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des interventions.

L’analyse de l’Objectif de développement durable 1 met également en évidence une fracture territoriale marquée. Les pôles de Dakar et de Thiès se distinguent nettement, avec des taux d’atteinte respectifs de 68,9 % et 67,8 %. Ces régions bénéficient d’une forte concentration d’infrastructures, d’une meilleure intégration aux circuits économiques et d’un accès élargi aux services sociaux de base. Elles ont déjà parcouru les deux tiers du chemin vers les cibles fixées à l’horizon 2030.

À l’inverse, les pôles Sud-Est et Sud accusent un retard considérable, avec des scores respectifs de 27,8 % et 34,1 %. Ces territoires souffrent d’un enclavement structurel, d’un déficit d’infrastructures et d’une faible densité de services publics. Entre ces deux extrêmes, des zones comme Diourbel-Louga et le pôle Centre affichent des performances intermédiaires, où les filets sociaux atténuent la précarité sans parvenir à briser le cycle de pauvreté.

La lecture régionale confirme cette dichotomie. Dakar, Thiès et Diourbel forment un noyau relativement dynamique, tandis que Kédougou, Kolda et Sédhiou concentrent les urgences sociales, avec des écarts dépassant parfois 40 points par rapport aux régions leaders. Dans ces zones périphériques, l’isolement géographique et la faible diversification économique freinent les perspectives d’ascension sociale.

Au regard de ces constats, la réduction durable de la pauvreté au Sénégal nécessite une approche différenciée. Au-delà des transferts sociaux, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, l’agriculture moderne et les activités génératrices de revenus, en ciblant prioritairement les territoires les plus en retard. La consolidation des acquis passe également par une meilleure coordination entre les politiques sociales et les stratégies de développement économique local.

Le Sénégal a donc franchi une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, mais le chemin vers une transformation structurelle inclusive reste long. À l’approche de l’échéance 2030, l’enjeu majeur sera de transformer les progrès quantitatifs en changements durables et équitables, afin qu’aucune région ni aucun citoyen ne soit laissé en marge du développement.

Objectifs de Développement Durable : le Sénégal à mi-parcours avec un taux de 53 % en 2023

Le Sénégal poursuit sa marche vers l’Agenda 2030, mais le chemin reste encore long. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays affiche en 2023 un taux moyen de réalisation de 53 % des Objectifs de Développement Durable (ODD). Un score de 0,53 qui traduit un niveau de performance intermédiaire, à mi-parcours de l’échéance fixée par l’Organisation des Nations Unies pour 2030.

Dans le détail, certains objectifs affichent des performances encourageantes. La réduction des inégalités, correspondant à l’Objectif de développement durable 10, arrive en tête avec un taux d’atteinte de 82,7 %. Ce résultat témoigne des efforts consentis pour renforcer l’inclusion sociale et réduire les disparités économiques. La préservation des écosystèmes terrestres, mesurée par l’Objectif de développement durable 15, enregistre également un score solide de 77,6 %, traduisant une certaine efficacité des politiques environnementales.

Les partenariats pour la réalisation des objectifs, à travers l’Objectif de développement durable 17, atteignent 75,7 %, confirmant l’importance des collaborations avec les partenaires techniques et financiers. Le secteur de la santé et du bien-être, correspondant à l’Objectif de développement durable 3, affiche quant à lui un taux de 67,2 %, signe de progrès dans l’accès aux soins et les politiques sanitaires, même si des inégalités persistent selon les zones géographiques.

Toutefois, ce tableau global cache des fragilités importantes. L’Objectif de développement durable 14, consacré à la protection des ressources marines, demeure en difficulté, dans un contexte marqué par la surexploitation halieutique et les défis liés à la pollution. De même, l’Objectif de développement durable 16, qui concerne la paix, la justice et l’efficacité des institutions, appelle à des efforts supplémentaires pour renforcer la gouvernance et consolider l’État de droit.

À sept ans de l’échéance de 2030, ces résultats mettent en évidence la nécessité d’un rééquilibrage stratégique des investissements publics et d’une accélération des réformes dans les secteurs les plus en retard. Si le Sénégal affiche des avancées notables dans plusieurs domaines, la dynamique devra être intensifiée pour garantir un développement inclusif et durable.

Le bilan 2023 dressé par l’ANSD constitue ainsi un signal à la fois encourageant et exigeant : encourageant parce qu’il montre que des progrès réels ont été accomplis, exigeant parce qu’il rappelle que l’atteinte complète des Objectifs de Développement Durable nécessite une mobilisation accrue de l’État, du secteur privé et de la société civile.

Sonko à Addis-Abeba : le Sénégal engagé pour l’eau et l’assainissement en Afrique

Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris part, ce samedi 14 février 2026, à Addis-Abeba, à la cérémonie d’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Union africaine, un rendez-vous majeur qui réunit les chefs d’État et de gouvernement du continent autour des grandes priorités africaines. Cette édition est placée sous le thème « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », un axe stratégique qui met en lumière l’urgence d’améliorer l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement pour des millions d’Africains.

Organisée au siège de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique et les défis liés à l’urbanisation rapide. Pour de nombreux États, la gestion durable des ressources en eau constitue un levier essentiel de développement économique, de santé publique et de stabilité sociale. L’Agenda 2063, feuille de route stratégique adoptée par l’Union africaine, ambitionne de transformer le continent en misant notamment sur des infrastructures résilientes, l’industrialisation et le bien-être des populations.

La participation du chef du gouvernement sénégalais traduit l’engagement du Sénégal à contribuer activement aux politiques continentales en matière de gestion de l’eau et d’assainissement. Ces enjeux sont d’autant plus cruciaux que l’accès universel à l’eau potable demeure un défi dans plusieurs zones rurales et périurbaines du continent. Les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer la coopération entre États membres, de mobiliser des financements innovants et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales.

En marge des travaux, Ousmane Sonko s’est entretenu avec son homologue éthiopien, Abiy Ahmed Ali. Cette rencontre bilatérale a permis d’aborder des questions d’intérêt commun, notamment le renforcement de la coopération économique, les échanges commerciaux et les partenariats techniques dans des secteurs stratégiques. Les deux responsables ont évoqué les perspectives d’une collaboration accrue entre Dakar et Addis-Abeba, dans un esprit de solidarité africaine et de développement partagé.

Cette présence diplomatique du Premier ministre à Addis-Abeba s’inscrit dans une dynamique de repositionnement stratégique du Sénégal sur la scène africaine. En prenant part activement aux grandes concertations continentales, les autorités sénégalaises entendent jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre des priorités de l’Union africaine, tout en consolidant les relations bilatérales avec des partenaires clés du continent.

La 39e session ordinaire de l’Union africaine devrait aboutir à des recommandations et engagements concrets pour accélérer l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2063, notamment en matière d’accès équitable à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement sûrs, conditions indispensables pour un développement durable et inclusif en Afrique.

Dossier Abdoulaye Ba : Babacar Ba plaide pour une enquête confiée à la gendarmerie

L’affaire du décès d’Abdoulaye Ba continue de susciter interrogations et tensions au sein de l’opinion publique. Étudiant en médecine, le jeune homme a perdu la vie le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop, en marge d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, une nouvelle voix s’est élevée pour réclamer des garanties supplémentaires quant à l’impartialité des investigations.

Babacar Ba, du Forum du Justiciable, a officiellement interpellé le Procureur de la République afin que l’instruction ne soit pas confiée à la police nationale, mais plutôt à la gendarmerie. Pour lui, la question dépasse le simple cadre administratif et touche au principe fondamental d’objectivité. La police ayant été présente sur les lieux au moment des faits, sa participation à l’enquête pourrait, selon cette analyse, susciter des doutes sur la neutralité des conclusions.

Cette demande met en lumière une problématique récurrente dans les dossiers sensibles impliquant des forces de sécurité : comment garantir la transparence lorsque l’institution chargée de faire la lumière sur les faits pourrait être indirectement concernée par les événements ? Même en l’absence de preuve d’implication individuelle, la perception d’un possible conflit d’intérêts peut fragiliser la confiance du public dans la procédure judiciaire.

En sollicitant le dessaisissement de la police au profit de la gendarmerie nationale, Babacar Ba semble vouloir prévenir toute contestation future des résultats de l’enquête. Il s’agit, selon cette logique, d’installer un climat de confiance et d’assurer que toutes les responsabilités, si elles sont établies, le soient au terme d’un processus jugé indépendant et crédible.

Le décès d’Abdoulaye Ba intervient dans un contexte déjà tendu sur le campus universitaire, marqué par des affrontements violents ayant occasionné d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés. Les circonstances exactes de sa mort restent au cœur des préoccupations, tant pour sa famille que pour la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Crise universitaire : la CAP de l’APR réclame la démission du ministre de l’Intérieur et appelle à un dialogue urgent sur les campus

Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.

Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.

La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.

La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.

Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.

Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.

La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.

Chavirage d’une embarcation de la Marine nationale : trois marins portés disparus

Une vedette de la Marine nationale a chaviré ce matin aux environs de 9 heures à l’embouchure du fleuve Sénégal, provoquant la disparition de trois militaires. L’information a été rendue publique par le directeur de l’Information et des relations publiques des Armées (Dirpa) à travers un communiqué officiel.

Selon le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, l’embarcation effectuait une mission de liaison lorsqu’elle aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une brusque dégradation des conditions météorologiques. Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser, mais les premières indications évoquent un environnement maritime particulièrement agité au moment des faits.

Le bilan provisoire fait état de dix rescapés, secourus peu après le chavirage. Trois marins sont cependant toujours portés disparus. L’épave de la vedette a pu être localisée et récupérée, ce qui pourrait contribuer à éclairer les causes exactes de l’incident.

Dès l’alerte donnée, d’importants moyens de recherche et de sauvetage ont été déployés. Des unités maritimes, appuyées par des moyens aériens et terrestres, poursuivent activement les opérations afin de retrouver les militaires disparus. Les autorités militaires assurent que les recherches se poursuivent sans relâche.

Cet accident intervient dans une zone connue pour ses conditions parfois difficiles, notamment à l’embouchure du fleuve Sénégal, où la rencontre entre les eaux fluviales et maritimes peut générer des courants puissants et une houle imprévisible, surtout en cas de perturbation météorologique.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ : la famille réclame toute la lumière sur les circonstances du drame

La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.

« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.

Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.

La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.

Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.

Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.

Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation confirme la liberté provisoire, le Parquet face au choix du pourvoi

Nouveau tournant dans le dossier judiciaire impliquant le député Farba Ngom. La Chambre d’accusation a rendu sa décision ce jour en rejetant l’appel formé par le Parquet général contre l’ordonnance de mise en liberté provisoire précédemment accordée au parlementaire. Par cet arrêt, la juridiction confirme donc la décision initiale et ouvre la voie à une possible remise en liberté effective de l’élu, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.

Cette décision constitue un revers pour le ministère public, qui avait contesté la mesure de liberté provisoire devant la Chambre d’accusation. En confirmant l’ordonnance attaquée, les juges d’appel estiment que les conditions légales justifiant le maintien en détention ne sont pas réunies ou ne prévalent pas sur les garanties présentées par la défense. Il s’agit d’une étape procédurale déterminante dans une affaire suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.

Du côté de la défense et des proches du député, la décision est interprétée comme une victoire judiciaire majeure. Une source proche du dossier y voit « un signal fort en faveur du principe de l’égalité des citoyens devant la loi », soulignant que le statut de parlementaire ne saurait constituer ni un privilège, ni un facteur d’aggravation dans l’appréciation des droits fondamentaux. Cette même source espère désormais que « le Parquet fera preuve de lucidité en s’abstenant de se pourvoir en cassation », afin d’éviter une prolongation de la procédure.

Sur le plan strictement procédural, le ministère public dispose d’un délai de six jours pour introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours, s’il est exercé, ne porterait pas sur les faits eux-mêmes mais sur la conformité de la décision aux règles de droit. En revanche, si aucun pourvoi n’est formé dans le délai légal, l’ordonnance de mise en liberté deviendra définitive et Farba Ngom sera alors libre de tous ses mouvements, dans le respect des éventuelles obligations fixées par la justice.

Modou Fall, chroniqueur à la SenTV, placé en garde à vue après sa convocation à la Brigade Faidherbe

Le chroniqueur de la SenTV, Modou Fall, a été placé en garde à vue ce mardi, après avoir répondu à une convocation de la Brigade Faidherbe prévue à 15 heures, selon des informations rapportées par ses proches.

Les raisons précises de cette convocation ainsi que les faits qui lui seraient reprochés n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités compétentes. Cette mesure de garde à vue intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des prises de parole publiques et des débats médiatiques.

Des réactions commencent déjà à émerger dans les milieux journalistiques et sur les réseaux sociaux, où certains évoquent des préoccupations liées à la liberté d’expression, tandis que d’autres appellent à attendre les éléments officiels avant toute conclusion.

Tensions à l’UCAD : Me Mouhamadou Bamba Cissé condamne les bavures policières et lance un appel à l’apaisement

À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.

S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.

Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.

Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.

En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.

Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.

Arrestation du président de l’Amicale de la FMPO : les étudiants réclament sa libération immédiate

L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.

Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».

Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.

Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.

Tensions dans les universités : Daouda Ngom évoque des influences extérieures sur certains étudiants

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.

S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.

Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.

Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : le collectif des amicales de l’UCAD saisit la justice contre l’État

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.

Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.

Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».

Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.

ECOTRA: Le DG de ECOTRA sert une réponse sèche à Tahirou SARR…

La Direction générale de l’entreprise Ecotra est montée au créneau, pour répondre aux récentes déclarations du député Tahirou Sarr mettant en doute l’existence même des travaux d’assainissement réalisés par la société à Diamniadio. Face à la presse, les responsables de l’entreprise ont vigoureusement rejeté ces accusations, qu’ils qualifient de contre-vérités graves et préjudiciables, estimant qu’elles ne reposent sur aucun fondement technique, contractuel ou documentaire.

Dès l’entame de la rencontre, la direction d’Ecotra a tenu à appuyer sa défense sur des éléments concrets, en présentant des supports vidéo, des documents techniques et des données de terrain illustrant la réalité des ouvrages exécutés. Pour les responsables, ces preuves matérielles suffisent à démontrer l’ampleur et la visibilité des travaux réalisés à Diamniadio, loin des affirmations jugées infondées du parlementaire.

Sur le plan technique,M. Samb, Directeur technique d’Ecotra, a apporté des précisions détaillées sur la nature et la complexité des projets menés par l’entreprise. Il a rappelé qu’Ecotra est intervenue sur plusieurs infrastructures structurantes dans la zone de Diamniadio, notamment à travers la mise en place de réseaux de drainage et de canalisations pour l’évacuation des eaux pluviales, la construction de bassins de rétention destinés à prévenir les inondations, ainsi que la réalisation d’ouvrages d’assainissement liés au tracé du Train Express Régional (TER).

Il a également évoqué des travaux lourds réalisés au niveau de la gare des gros porteurs, l’édification de châteaux d’eau, ainsi que la viabilisation et l’aménagement de voiries dans plusieurs cités. Selon lui, ces chantiers ont mobilisé une logistique conséquente, des équipements spécialisés et une expertise technique de haut niveau, conformes aux standards du BTP moderne. Il a par ailleurs souligné l’existence d’un laboratoire interne de contrôle qualité chargé de vérifier en permanence la conformité des ouvrages aux normes techniques en vigueur. « Les infrastructures existent, elles sont mesurables, contrôlées et visibles. Il suffit de se rendre sur le terrain pour le constater », a-t-il martelé.

Sur le plan institutionnel, le direction generale a rappelé que l’ensemble des projets confiés à Ecotra s’inscrit dans le cadre de contrats FIDIC, à l’issue d’appels d’offres internationaux, garantissant le respect de référentiels reconnus à l’échelle mondiale. Selon l’entreprise, aucun rapport technique, aucun document contractuel ni aucune expertise indépendante ne vient corroborer les accusations formulées à son encontre.

Prenant la parole, le Directeur général d’Ecotra, Ameth Ndiaye, s’est dit profondément préoccupé par l’impact de telles déclarations sur l’image de l’entreprise et sur le moral des travailleurs. Il a dénoncé une tentative de discrédit public sans preuve, qui porte atteinte non seulement à la crédibilité de la société, mais également à l’engagement quotidien de centaines de salariés.

Malgré un contexte économique difficile pour le secteur du BTP, le Directeur général a rappelé qu’Ecotra a fait le choix de maintenir ses engagements sociaux envers ses employés. Selon lui, les travailleurs continuent de bénéficier d’une restauration subventionnée, d’une prise en charge médicale et de solutions de transport, traduisant une politique sociale assumée et cohérente. Il a précisé que cette orientation s’inscrit dans la vision du président Abdoulaye Sylla, qui place le capital humain et la dignité du travailleur au cœur de la gouvernance de l’entreprise.

Ameth Ndiaye a également attiré l’attention sur les conséquences humaines et professionnelles de ces accusations, estimant qu’elles fragilisent inutilement les équipes et jettent le discrédit sur une entreprise nationale qui contribue activement à la formation de compétences locales aujourd’hui sollicitées par d’autres acteurs du secteur.

En conclusion, le Directeur général a affirmé qu’Ecotra ne laissera plus prospérer des accusations sans fondement et qu’elle répondra désormais de manière systématique à toute tentative de désinformation, sans exclure le recours aux voies légales si nécessaire. L’entreprise affirme rester concentrée sur ses priorités essentielles : livrer des ouvrages conformes aux normes, honorer ses engagements contractuels et protéger ses travailleurs, tout en appelant à un débat public responsable, fondé sur des faits vérifiables et la réalité du terrain.

ECOTRA: Le DG de ECOTRA sert une réponse sèche à Tahirou SARR...

Fermeture des restaurants à l’UIDT : les étudiants lancent une cagnotte pour nourrir leurs camarades

La fermeture des restaurants universitaires de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté estudiantine. En réaction à cette décision du CROUS/T, jugée brutale et injustifiée, la Conférence des Amicales d’étudiants a décidé de prendre les devants pour éviter que des centaines d’étudiants résidents ne se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans un communiqué rendu public, l’organisation étudiante dénonce une mesure aux conséquences sociales lourdes. Selon elle, la fermeture des restaurants universitaires affecte directement les étudiants les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent exclusivement de ces services pour assurer leur alimentation quotidienne. « Cette décision est totalement injuste et inacceptable », estime la Conférence des Amicales, qui souligne l’absence de solutions alternatives mises en place par les autorités compétentes.

Face à l’urgence de la situation, les étudiants ont choisi l’action solidaire plutôt que la résignation. Consciente des réalités difficiles vécues dans les campus sociaux, la Conférence des Amicales a annoncé le lancement d’une cagnotte destinée à financer des repas pour les étudiants résidant dans les différentes cités universitaires de l’UIDT. L’initiative se veut à la fois humanitaire et militante, traduisant la volonté des étudiants de ne laisser aucun camarade sombrer dans la précarité alimentaire.

À travers cet appel à la solidarité, les responsables estudiantins invitent toute personne de bonne volonté – anciens étudiants, parents, citoyens, organisations ou partenaires – à apporter sa contribution afin de garantir un minimum vital aux étudiants affectés par la fermeture des restaurants. Pour la Conférence des Amicales, il s’agit d’un geste de dignité et de responsabilité collective, dans un contexte où l’accès à une alimentation décente devient un combat quotidien sur les campus.

Au-delà de l’aide alimentaire, l’organisation étudiante affirme que cette initiative constitue également une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « tentatives de pression et d’intimidation ». Elle réaffirme sa détermination à défendre les droits fondamentaux des étudiants, en particulier le droit à des conditions de vie compatibles avec la poursuite des études.

Cette mobilisation intervient dans un climat national marqué par de fortes tensions dans les universités sénégalaises, où les questions liées aux bourses, à la restauration et aux conditions de vie alimentent régulièrement des mouvements de contestation. À l’UIDT de Thiès, la cagnotte lancée par la Conférence des Amicales apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de solidarité étudiante face à une crise qui dépasse largement le cadre académique.

Crise universitaire : Alioune Tine appelle à un dialogue inclusif pour éviter l’impasse

La crise qui secoue les universités sénégalaises continue d’alimenter les débats publics. Pour Alioune Tine, président d’AFRICAJOM Center, les tensions actuelles dépassent largement la seule question des bourses ou des grèves estudiantines. Elles traduisent, selon lui, des limites structurelles profondes du système d’enseignement supérieur sénégalais, confronté à des mutations économiques, sociales et technologiques majeures.

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, l’acteur de la société civile a livré un diagnostic sans complaisance. À ses yeux, le modèle académique classique, fondé essentiellement sur la présence physique en salle de classe, est aujourd’hui à bout de souffle. Il estime impératif d’engager une transformation profonde du système universitaire, intégrant pleinement le numérique, l’intelligence artificielle et les technologies cognitives. « Ce n’est plus un choix, c’est une nécessité pour la survie de l’enseignement supérieur », a-t-il averti, soulignant que le monde avance à un rythme que les universités sénégalaises ne peuvent plus ignorer.

Alioune Tine a, dans ce sens, salué l’arrivée de Starlink au Sénégal et ce qu’il qualifie d’amorce d’un « new deal technologique ». Toutefois, il a mis en garde contre une transformation superficielle. Pour réussir cette mutation, l’État doit, selon lui, s’appuyer sur les compétences de la diaspora sénégalaise, notamment celles spécialisées dans les technologies avancées, afin de bâtir un enseignement supérieur adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.

Sur la question sensible des bourses et des conditions de vie estudiantines, Alioune Tine a replacé le débat dans un contexte plus large. Il a pointé un environnement macroéconomique marqué par un endettement élevé et des politiques d’austérité qui affectent en priorité les couches les plus vulnérables de la population. Pour lui, la situation dans les campus est le reflet direct de la santé économique du pays. « Quand il y a un problème d’alimentation à l’université, cela signifie aussi que la société a faim », a-t-il déclaré, établissant un lien clair entre les difficultés des étudiants et les tensions sociales nationales.

Face à cette situation, le président d’AFRICAJOM Center estime que la réponse de l’État ne peut être ni purement administrative ni imposée de manière unilatérale. Il a plaidé avec insistance pour un dialogue inclusif et apaisé entre les autorités et le mouvement estudiantin, condition indispensable, selon lui, pour sortir durablement de la crise.

Alioune Tine appelle ainsi les pouvoirs publics à faire preuve de pédagogie, de transparence et de responsabilité. Pour l’acteur de la société civile, expliquer clairement la réalité de la crise économique, reconnaître les contraintes budgétaires et engager des discussions franches sur les sacrifices à consentir est la seule voie capable de restaurer la confiance et d’assurer une stabilité durable dans l’espace universitaire.

Crise des bourses à l’UCAD : “Sans paiement des rappels, il n’y aura aucune négociation”

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Face au gouvernement sénégalais, les étudiants grévistes durcissent le ton et ferment la porte à toute concession tant que le paiement intégral des rappels de bourses n’est pas effectif. Un message sans équivoque porté par Khadim Diouf, président de la commission pédagogique de la Faculté des sciences, qui a averti que cette revendication constitue une ligne rouge non négociable.

Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 8 février, le leader estudiantin a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face à une crise pourtant bien identifiée. Selon lui, malgré les multiples alertes et mouvements de protestation, l’État ne montre aucune volonté réelle de satisfaire les doléances des étudiants. « Le paiement des rappels de bourses est non négociable », a-t-il martelé, estimant que le gouvernement tente de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.

Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple. Il appelle l’État à solder les arriérés et à permettre un retour à un climat apaisé au sein des universités. « Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a-t-il déclaré, rappelant que les étudiants représentent l’avenir du pays et constituent, selon ses termes, « la crème intellectuelle » de la nation.

Le responsable syndical a également prévenu que toute tentative de dialogue restera vaine tant que cette question centrale ne sera pas réglée. À ses yeux, il est impossible d’avancer dans les discussions avec les autorités dans un contexte où les engagements de base ne sont pas respectés. Il déplore en outre une stratégie de communication qu’il juge trompeuse, accusant le gouvernement de manipuler l’opinion publique autour de la question des bourses.

Au-delà du simple aspect financier, Khadim Diouf a tenu à rappeler le rôle vital de la bourse dans la vie quotidienne des étudiants sénégalais. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de la seule source de revenus leur permettant de préserver un minimum de dignité. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles », a-t-il insisté, soulignant que cet appui financier conditionne l’accès à la documentation, aux soins de santé et même à l’alimentation.

La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les étudiants. Le dernier trimestre de l’année 2025 avait déjà été marqué par de fortes mobilisations à travers plusieurs campus du pays pour exiger le paiement des rappels de bourses. Après une suspension du mot d’ordre de grève en décembre, les manifestations ont repris de plus belle depuis le début du mois de février 2026. En cause, selon les étudiants, la faiblesse et la « qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités.

Alors que l’année universitaire est de nouveau menacée par des perturbations, le bras de fer se durcit. À l’UCAD, les étudiants préviennent : sans paiement effectif des rappels de bourses, aucune reprise durable des cours ni avancée dans les discussions ne sera possible. Une crise sociale et académique qui place une fois de plus la question du financement des études au cœur du débat national.

Hécatombe sur l’axe Linguère–Matam : un mini-car se renverse, 05 morts et plusieurs blessés graves

Un grave accident de la circulation a endeuillé l’axe Linguère–Matam ce dimanche 8 février 2026. Aux environs de 16 heures, un mini-car de transport en commun s’est violemment renversé sur le tronçon reliant Linguère à Barkedji, faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés, dont trois dans un état critique.

Selon les premières informations recueillies sur place, le véhicule impliqué, un mini-car communément appelé « Cheikhou Chérifou », assurait la liaison en direction de Ourossogui. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule, provoquant son renversement brutal sur la chaussée. La violence du choc a causé des dégâts importants et piégé plusieurs passagers à l’intérieur du véhicule.

Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux de l’accident pour secourir les victimes. Les opérations d’évacuation ont été rendues difficiles par l’état du véhicule et la gravité de certaines blessures. Les corps sans vie ont été extraits tandis que les blessés, certains grièvement atteints, ont été pris en charge en urgence.

Les dépouilles ainsi que les personnes blessées ont été acheminées vers l’hôpital Maguette Lo de Linguère, où les équipes médicales sont mobilisées pour assurer leur prise en charge. L’identification des victimes décédées est en cours, dans un climat de grande émotion parmi les familles et les riverains.

Une enquête a été ouverte par les services compétents afin de déterminer les causes exactes de l’accident. L’état de la route, la vitesse, une éventuelle défaillance mécanique ou une erreur humaine figurent parmi les hypothèses envisagées.

Cet énième drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur les axes intérieurs du pays, régulièrement endeuillés par des accidents mortels. Sur la route Linguère–Matam, très fréquentée et souvent pointée du doigt pour sa dangerosité, les populations appellent à des mesures urgentes pour éviter que de telles tragédies ne se répètent.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : Babacar Ba appelle à l’apaisement et met en garde contre les procès politiques

Babacar Ba est monté au créneau pour défendre une approche qu’il juge rigoureuse et responsable de la défense des droits humains, dans un contexte politique sénégalais encore marqué par de fortes tensions. Dans une déclaration rendue publique, il estime que l’engagement en faveur des droits humains ne peut souffrir ni de complaisance, ni de calculs partisans, encore moins de raccourcis politiques qui fragiliseraient les principes mêmes qu’il prétend défendre.

Selon lui, désigner l’ancien Président de la République, Macky Sall, comme coupable de crimes politiques sans qu’aucune procédure judiciaire n’ait été engagée ni menée à son terme, relève d’une posture incompatible avec l’exigence de probité et d’équité qui fonde toute action crédible en matière de droits humains. Pour Babacar Ba, une telle démarche s’apparente davantage à un jugement politique qu’à une quête de justice fondée sur le droit et les faits.

L’ancien responsable souligne par ailleurs que le débat autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies devrait être abordé avec hauteur et responsabilité. À ses yeux, cette perspective devrait plutôt renforcer le patriotisme des citoyens sénégalais et encourager un climat d’apaisement, loin des querelles politiques internes qu’il qualifie de fratricides. Il avertit que ces tensions nuisent à l’image du Sénégal et affaiblissent son crédit sur la scène internationale, à un moment où le pays pourrait jouer un rôle majeur dans la diplomatie mondiale.

Babacar Ba considère qu’une candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU représenterait une opportunité historique, non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour l’Afrique. Il estime qu’un tel scénario renforcerait la visibilité internationale du pays, offrirait au continent africain une voix plus influente dans les grandes décisions mondiales et consoliderait son ancrage dans les mécanismes de gouvernance internationale.

Dans cette perspective, il met en garde contre toute attitude des autorités actuelles qui consisterait à accorder du crédit à des voix qu’il juge hostiles aux intérêts stratégiques du Sénégal et de l’Afrique. Pour lui, céder à ce type de pressions constituerait une erreur politique majeure, aux conséquences potentiellement lourdes et durables. Babacar Ba appelle ainsi à une lecture dépassionnée des enjeux, fondée sur l’intérêt supérieur du pays et le respect des principes de droit, afin d’éviter que les débats internes ne compromettent une ambition diplomatique qu’il juge légitime et porteuse d’espoir.

Incident à la DAF : la production des cartes d’identité provisoirement suspendue après une cyberattaque

La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) fait face à un incident majeur ayant perturbé son système informatique et entraîné l’arrêt temporaire de la production des cartes nationales d’identité. L’information a été rendue publique ce mercredi 5 février 2026 à travers un communiqué signé par le Directeur de la DAF, Ibrahima Dieng, qui évoque un dysfonctionnement technique consécutif à un incident constaté dans les plateformes de l’institution.

Selon le document officiel, « le service de production des cartes nationales d’identité est momentanément suspendu » afin de permettre aux équipes techniques de procéder aux vérifications nécessaires et de sécuriser l’ensemble des installations. Cette mesure conservatoire vise, selon les autorités, à éviter toute aggravation de la situation et à garantir la fiabilité des systèmes avant une reprise progressive des activités.

Cette perturbation intervient dans un contexte marqué par des révélations sur une cyberattaque visant la DAF. D’après des informations publiées par le quotidien Libération dans son édition du mercredi 5 février 2026, l’institution serait la cible d’une intrusion informatique depuis au moins cinq jours. Les auteurs présumés, se présentant sous le nom de « The Green Blood Group » (le Groupe sanguin vert), affirment détenir en leur possession près de 139 térabits de données appartenant à la DAF, une déclaration qui a suscité de vives inquiétudes dans l’opinion publique.

Face à ces allégations, le Directeur de l’Automatisation des Fichiers se veut toutefois rassurant. Il affirme que « l’intégrité des données personnelles des populations et des usagers demeure intacte » et qu’aucune compromission avérée des informations sensibles n’a, à ce stade, été constatée par les services compétents. Ibrahima Dieng souligne par ailleurs que toutes les dispositions nécessaires sont en train d’être prises pour rétablir la situation « dans les meilleurs délais ».

En parallèle, une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur l’origine de l’incident, d’identifier d’éventuelles failles de sécurité et de situer les responsabilités. Les autorités entendent ainsi déterminer s’il s’agit d’une attaque externe avérée, d’un sabotage interne ou d’un simple dysfonctionnement technique exploité par des tiers.

Cet épisode met une nouvelle fois en lumière les défis liés à la cybersécurité dans les administrations publiques, à l’heure où les services de l’État sont de plus en plus digitalisés. La DAF, structure stratégique chargée notamment de la gestion des bases de données d’état civil et de l’édition des cartes d’identité, occupe une place centrale dans le dispositif administratif national.

En attendant le rétablissement complet du système, les usagers sont appelés à faire preuve de patience face aux désagréments occasionnés. Les autorités promettent de communiquer régulièrement sur l’évolution de la situation et sur la date de reprise effective de la production des cartes nationales d’identité.

Coopération sino-sénégalaise : 1 836 milliards de FCFA de prêts contractés en 24 ans, un partenariat structurant pour le développement

Le Sénégal s’impose progressivement comme l’un des partenaires stratégiques majeurs de la Chine en Afrique de l’Ouest, à la faveur d’un volume important de financements mobilisés sur plus de deux décennies. Entre 2000 et 2024, le pays a contracté 29 prêts auprès de bailleurs chinois, pour un montant cumulé estimé à 3,3 milliards de dollars, soit environ 1 836 milliards de francs CFA. Ces chiffres ressortent des dernières données publiées par le Centre de politique de développement mondial de l’Université de Boston, qui dresse un panorama détaillé des engagements financiers chinois sur le continent africain.

À l’échelle africaine, les prêteurs chinois ont signé, sur la même période, 1 319 accords de prêts représentant un volume global de 180,87 milliards de dollars avec 49 gouvernements africains et sept institutions régionales. Ces financements, orientés vers des secteurs jugés stratégiques, traduisent la volonté de Pékin de consolider son ancrage économique en Afrique, tout en accompagnant des projets structurants dans les pays partenaires.

Au Sénégal, la ventilation sectorielle des prêts met clairement en évidence la prédominance du secteur des transports. Huit prêts, totalisant près de 1,4 milliard de dollars, ont été consacrés aux infrastructures lourdes, notamment à la construction et à la réhabilitation d’axes autoroutiers majeurs. Ces investissements visent à améliorer la mobilité, à réduire les coûts logistiques et à renforcer le désenclavement de plusieurs zones du pays, avec en toile de fond l’ambition de soutenir la croissance économique et l’intégration territoriale.

Derrière les transports, le secteur de l’eau et de l’assainissement s’impose comme une autre priorité. Quatre prêts, représentant 648,7 millions de dollars, ont été mobilisés pour financer des projets hydrauliques aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Ces investissements s’inscrivent dans une logique d’amélioration de l’accès à l’eau potable, de renforcement des réseaux de distribution et de modernisation des systèmes d’assainissement, dans un contexte où les besoins restent importants face à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide.

Les télécommunications figurent également parmi les secteurs ayant bénéficié d’un appui conséquent. Six prêts, d’un montant cumulé de 514,9 millions de dollars, ont permis de soutenir la modernisation des infrastructures numériques, le déploiement de réseaux de communication et le développement de centres de données nationaux. Cette orientation reflète l’intérêt croissant porté au numérique comme levier de transformation économique et de compétitivité.

Au-delà de ces domaines phares, la coopération financière sino-sénégalaise touche une large palette de secteurs. L’énergie a bénéficié d’environ 328,7 millions de dollars de financements, tandis que l’administration publique a reçu près de 176,4 millions de dollars. D’autres secteurs, comme l’industrie et l’éducation, ont également enregistré des engagements, même si les montants y sont plus modestes. Cette diversité illustre l’extension progressive de l’empreinte chinoise dans les services publics et les infrastructures essentielles du pays.

Selon l’analyse de l’Université de Boston, l’année 2024 marque un tournant dans la stratégie des institutions financières chinoises. Les nouveaux prêts se concentrent davantage sur des pays avec lesquels les relations sont déjà bien établies, disposant de marchés plus profonds et présentant un potentiel de rentabilité jugé plus élevé, tout en étant perçus comme moins risqués. Dans ce contexte, l’Angola a capté la part la plus importante des financements en 2024, avec 1,45 milliard de dollars destinés principalement aux projets d’énergie et de routes.

Derrière l’Angola, des engagements plus modestes ont été enregistrés au Kenya, en Égypte, en République démocratique du Congo et au Sénégal. Cette position confirme néanmoins le statut du Sénégal comme partenaire de confiance de Pékin, bénéficiant d’un historique de coopération soutenue et d’un portefeuille de projets diversifié.

Sur fond de débats récurrents autour de l’endettement et de la soutenabilité des finances publiques, ces chiffres relancent la réflexion sur l’impact réel de la coopération sino-africaine. Pour le Sénégal, l’enjeu majeur reste de veiller à ce que ces financements se traduisent par des infrastructures durables, productives et génératrices de croissance inclusive, afin que les investissements consentis contribuent effectivement à transformer l’économie et à améliorer les conditions de vie des populations.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 4 février 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

DÉVELOPPEMENT DE LA NOUVELLE POLITIQUE FERROVIAIRE
Monsieur le Président de la République, débutant sa communication, souligne que le développement des chemins de fer et des transports ferroviaires constitue une priorité nationale, dans le cadre de l’aménagement et de l’attractivité du territoire. A cet effet, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de faire l’évaluation de l’état d’exécution des projets et réformes concernant le secteur ferroviaire. Il indique, également, l’urgence d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar-Tambacounda, de finaliser la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux global du dialogue social et des doléances des personnels en exercice dans le secteur.

En outre, le Chef de l’Etat instruit le Ministre des Transports terrestres et aériens de veiller, en relation avec l’APIX et toutes les parties prenantes, à la mise en service de la phase II du Train Express Régional (TER) intégrant l’édification de la gare de Sébikhotane. Il engage le Premier Ministre à tenir un Conseil interministériel sur le secteur ferroviaire et à veiller à la réalisation des plans de réinstallation des personnes affectées par le projet TER.

REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU SECTEUR DE L’EAU
Le Chef de l’Etat rappelle la place fondamentale qu’occupe le secteur de l’Eau dans le bien-être des populations et l’atteinte des objectifs de développement durable. Il salue le leadership reconnu du Sénégal en la matière et demande d’accélérer l’exécution de l’ensemble des projets relatifs à l’hydraulique et l’assainissement, en veillant au lancement du projet du « Grand Transfert d’Eau » et du nouveau Programme de prévention et de gestion des inondations. Le Président de la République insiste sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales sur le secteur de l’Eau et de l’Assainissement, en assurant le déploiement accéléré du programme de renouvellement des forages et ouvrages hydrauliques et l’intensification des projets d’unités de dessalement.

 Il instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les réformes complémentaires des sous-secteurs de l’hydraulique urbaine et de l’hydraulique rurale, de redéfinir à l’horizon 2050, les schémas directeurs en matière d’hydraulique et d’assainissement et d’actualiser la gouvernance globale, le modèle économique et la régulation du secteur de l’Eau dans son intégralité.

Le Président de la République demande au Premier Ministre de finaliser les textes relatifs au Code de l’Eau et à l’Autorité de régulation du secteur.

Enfin, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre en charge de l’Energie d’assurer un suivi permanent de l’état d’exécution des engagements du Sénégal, dans le cadre des projets de l’OMVS et de l’OMVG

PRÉVENTION ET LUTTE CONTRE LE CANCER
Le Président de la République fait observer que la communauté internationale célèbre, ce 04 février 2026, la Journée mondiale contre le cancer. A cet égard, il demande de renforcer la prévention, la sensibilisation des populations et le dépistage précoce des cancers, notamment les cancers des enfants et des femmes. Le Chef de l’Etat indique l’urgence d’améliorer les modalités et facilités d’accès aux traitements et soins des patients et de finaliser la construction, l’équipement et la réception du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Dans ce sillage, il demande au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre d’un Programme national décennal de Prévention et de Lutte contre les cancers.

ACCÉLÉRATION DE LA TERRITORIALISATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
Considérant la territorialisation des politiques publiques comme un principe directeur de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat demande d’accélérer les processus de territorialisation des programmes et projets publics, en liaison avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat, sous la coordination des gouverneurs, préfets et sous-préfets. A cet égard, il exprime son attachement au désenclavement des territoires et terroirs, à travers l’accélération des programmes routiers, autoroutiers et de réalisation de pistes rurales et le déploiement des projets hydrauliques, numériques, d’électrification et de construction d’infrastructures communautaires et sociales de base.

Il demande également au Premier Ministre de veiller à l’accélération des programmes de résorption des abris provisoires et de modernisation des infrastructures scolaires, ainsi qu’à la réactualisation de la carte sanitaire intégrant les constructions de nouvelles structures et établissements de santé prévus dans l’ensemble des régions.

Dans le but de renforcer la montée en puissance des Pôles territoriaux de Développement et d’accentuer la doctrine d’un Etat de proximité, il annonce qu’il poursuivra ses visites économiques régulièrement dans les régions. Dans ce cadre, sa prochaine tournée aura lieu du 05 au 08 février 2026 dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, afin d’évaluer et d’apprécier l’état de prise en charge des urgences et priorités économiques, sociales et environnementales.

VULGARISATION DE LA VIE ET DE L’ŒUVRE DE CHEIKH ANTA DIOP
En perspective de la commémoration du quarantième (40ème) anniversaire du rappel à Dieu du Professeur Cheikh Anta DIOP, le 07 février 2026, le Chef de l’Etat rend un vibrant hommage, au nom de la Nation, à cet universitaire de renom, illustre patriote et panafricain convaincu, dont les travaux scientifiques et les prises de position nationales et internationales, ont fortement contribué à l’éveil des consciences. A cet effet, il demande au Gouvernement d’accentuer le désenclavement et la valorisation de Thieytou et de travailler avec la famille du disparu et toutes les autres parties prenantes, afin de vulgariser et perpétuer, dans les programmes scolaires, universitaires et les créations artistiques, l’œuvre monumentale de Cheikh Anta DIOP.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 02 et 03 février 2026, une visite officielle en République du Congo, à l’invitation de Son Excellence le Président Denis Sassou NGUESSO.

 AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

CONSEIL PRÉSIDENTIEL DE L’INVESTISSEMENT
Le Premier Ministre a d’abord rendu compte au Président de la République de l’état de préparation du prochain Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI), prévu en fin mars 2026. Ainsi, il a présenté le cadre rénové de pilotage et d’orientation des investissements. Abordant le cadre du partenariat entre le secteur privé et l’État, il souligne que dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, l’investissement privé, national et étranger, est au cœur de la stratégie de transformation économique. L’investissement privé s’impose, dès lors, comme moteur essentiel de la croissance, de la compétitivité, de la création d’emplois et de la souveraineté productive. Cette ambition implique le développement d’un nouveau type de partenariat entre l’État et le secteur privé, qui concourt à l’accroissement de l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Le Premier Ministre a souligné la trajectoire globalement ascendante des investissements privés au Sénégal, qui traduit un renforcement de l’attractivité économique du pays, confirmé par les performances récentes relatées par le rapport Business Ready. Dans ce contexte, le renforcement du cadre de dialogue, de décision et de pilotage des réformes en faveur de l’investissement privé apparaît comme un levier central pour consolider la confiance des investisseurs, orienter les flux vers les priorités stratégiques nationales et maximiser leur impact économique.

Pour le Premier Ministre, le CPI rénové vise à accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement. Ce nouveau format du Conseil présidentiel de l’Investissement repose sur une organisation institutionnelle resserrée et hiérarchisée, avec une Session présidentielle, un Conseil interministériel et un Comité de suivi.

Concernant les livrables attendus, il s’agit de rapports réguliers notamment le rapport général d’évaluation du dispositif d’incitation, le rapport sur les réformes favorables à l’investissement, le rapport sur les procédures digitalisées, le rapport sur la couverture territoriale et le progrès industriel, ainsi que le rapport de suivi-évaluation de l’Initiative « Sunu champion ».

Le Premier Ministre a fait noter que le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’Investissement fera l’objet de concertations avec le secteur privé en présence des administrations impliquées et a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de mettre en œuvre, en relation avec l’APIX, toutes les diligences requises pour la finalisation de cet important projet.

COMPTE RENDU DE LA MISSION AU MAROC
Le Premier Ministre a rendu compte de sa mission effectuée au Royaume du Maroc dans le cadre de la quinzième (15ème) Grande Commission mixte de coopération sénégalo marocaine, au cours de laquelle dix sept (17) nouveaux accords et mémorandums d’entente couvrant les domaines industriel, minier, agricole, numérique, logistique et de la formation ont été signés. En marge de la Commission mixte, des audiences bilatérales ont été organisées avec des opérateurs économiques marocains présents ou intéressés par le Sénégal. Il a également fait part de sa visite du complexe industriel intégré de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) Group.

Le Premier Ministre a demandé à tous les ministères impliqués de transmettre à la Primature un plan d’actions détaillé de mise en œuvre des accords et engagements issus de cette mission, assorti d’un cadre de concertation régulière avec les partenaires marocains et avec des acteurs économiques nationaux.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DES MINISTRES
Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a présenté une communication portant sur la structuration et la modernisation des processus.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
•          Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Madame Seynabou NIANG.

Filière arachidière : le Sénégal en passe de devenir le deuxième producteur africain derrière le Nigeria

Le Sénégal s’achemine vers une performance majeure dans la filière arachidière. Selon les dernières projections du Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), le pays devrait se hisser, dès la campagne 2025/2026, au rang de deuxième producteur africain d’arachides, derrière le Nigeria. Une avancée notable qui permettrait au Sénégal de dépasser le Soudan, longtemps considéré comme l’un de ses principaux concurrents sur le continent.

D’après ces prévisions, la production sénégalaise d’arachides est attendue à environ 1,15 million de tonnes pour la campagne 2025/2026. Ce niveau représente un rebond significatif après une campagne 2024/2025 jugée en demi-teinte, avec un volume estimé à 800 000 tonnes. Même si ce résultat reste en deçà des records historiques du pays, il marque une progression suffisante pour bouleverser la hiérarchie africaine.

Il y a encore quelques années, notamment entre 2018 et 2020, l’écart entre le Sénégal et le Soudan dépassait le million de tonnes. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée. Les difficultés structurelles et conjoncturelles rencontrées par le Soudan, aggravées par un contexte de crise politique et sécuritaire, ont lourdement affecté la productivité agricole. Selon les experts, le rendement soudanais est tombé autour de 0,50 tonne par hectare, un niveau particulièrement faible au regard de l’étendue de ses terres cultivables.

À l’inverse, le Sénégal affiche des perspectives encourageantes en matière de rendement. Les spécialistes estiment que le pays pourrait atteindre un rendement moyen record de 1,32 tonne par hectare lors de la prochaine campagne. Cette performance est le fruit de plusieurs facteurs combinés, notamment l’amélioration de l’accès aux semences certifiées, l’utilisation accrue d’engrais, le renforcement de l’encadrement technique des producteurs et les efforts de mécanisation engagés ces dernières années.

Dans le paysage africain, le Nigeria conserve largement sa place de leader continental et de troisième producteur mondial d’arachides. Sa production est attendue autour de 4,3 millions de tonnes pour les deux prochaines saisons. Abuja mise fortement sur la transformation locale et le développement d’industries agroalimentaires capables de créer de la valeur ajoutée et des emplois, tout en réduisant les exportations de produits bruts.

Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse désormais la simple question du classement continental. L’objectif est de consolider durablement cette dynamique, en stabilisant les rendements au-dessus de la tonne par hectare, indépendamment des aléas climatiques. Cela implique un renforcement des politiques d’irrigation, une meilleure gestion des sols, l’accès à des intrants de qualité et la poursuite de la modernisation des pratiques agricoles.

La filière arachidière reste un pilier de l’économie rurale sénégalaise. Elle fait vivre des centaines de milliers de ménages et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire et les revenus paysans. Une production soutenue et régulière est donc essentielle pour améliorer les conditions de vie en milieu rural et soutenir l’essor d’une industrie de transformation nationale, appelée à devenir un moteur de croissance.

Si les projections de l’USDA se confirment, le Sénégal franchira une étape symbolique dans la reconquête de son statut historique de grande puissance arachidière en Afrique. Un signal fort qui témoigne du potentiel du secteur agricole national, mais qui rappelle également l’importance de politiques cohérentes et durables pour transformer cette performance en véritable levier de développement économique et social.

Affaire Softcare : un rassemblement annoncé le 6 février pour exiger des explications des autorités sanitaires

Plus de quarante jours après les premières révélations sur de graves manquements dans le processus de fabrication des produits de la marque Softcare, le silence persistant des autorités sanitaires continue d’alimenter la colère et l’inquiétude au sein de l’opinion publique. Face à cette situation jugée inacceptable, le collectif citoyen dénommé « Lumière », mis en place dans le sillage de ce dossier, a annoncé l’organisation d’un rassemblement ce vendredi 6 février 2026, à partir de 15 heures, devant le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Dans son appel, le collectif invite l’ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais à se mobiliser pour « exiger une communication claire, transparente et responsable sur les produits Softcare ». Les organisateurs estiment que les populations ont droit à une information complète sur la nature exacte des risques encourus, sur les responsabilités établies et sur les mesures prises pour protéger la santé publique.

L’affaire avait éclaté au grand jour à la suite d’un communiqué publié le 11 décembre 2025 par l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP). Dans ce document, l’agence annonçait la suspension de la commercialisation des produits Softcare « jusqu’à la mise en conformité du processus de fabrication ». Cette décision faisait suite à une inspection menée dans l’usine de la société, située à Sindia, dans la région de Thiès, au cours de laquelle les équipes de l’ARP avaient mis en évidence la présence de matières premières périmées dans le circuit de production.

Si cette mesure de suspension avait été saluée comme un premier pas, de nombreuses zones d’ombre demeurent. Aucune communication détaillée n’a, à ce jour, été faite sur l’étendue réelle des produits concernés, sur les risques potentiels pour les consommateurs, ni sur les sanctions éventuelles contre les responsables de ces manquements. Ce flou nourrit les soupçons et renforce la méfiance d’une partie de la population.

C’est dans ce contexte qu’un collectif de la société civile, soutenu notamment par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, s’est constitué pour exiger vérité et justice. Le groupe a déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation auprès du ministère de la Santé, dénonçant le mutisme des autorités face aux doutes persistants entourant la « dangerosité » des produits Softcare et évoquant même de possibles faits de « corruption » au sein de l’ARP.

Parallèlement, trois députés ont officiellement demandé l’audition du directeur général de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique afin qu’il s’explique sur les dysfonctionnements relevés au sein de la structure et sur la gestion globale de ce dossier.

Pour le collectif « Lumière », le rassemblement du 6 février doit constituer un tournant. Il s’agit, selon ses membres, de contraindre les autorités à sortir de leur réserve et à prendre publiquement position, dans un esprit de redevabilité et de respect du droit des citoyens à l’information. Au-delà du cas Softcare, les organisateurs estiment que cette mobilisation pose la question plus large du contrôle des produits pharmaceutiques et cosmétiques au Sénégal et de la capacité de l’État à garantir la sécurité sanitaire des populations.

Drame de l’émigration à Tivaouane : plus de 100 jeunes portés disparus en mer

La commune de Darou Khoudoss, située entre Diogo et Lompoul dans le département de Tivaouane, vit depuis plusieurs semaines au rythme de l’angoisse et de l’attente. Depuis le 5 décembre dernier, une pirogue transportant plus d’une centaine de jeunes, partis en direction de l’Espagne par la voie maritime, n’a donné aucun signe de vie. Une disparition massive qui plonge des dizaines de familles dans une détresse profonde et relance le débat sur les dangers persistants de l’émigration irrégulière au Sénégal.

Ce jour-là, à l’aube, les jeunes ont discrètement quitté leurs localités, laissant derrière eux parents, frères, sœurs et amis, avec pour seul bagage l’espoir d’un avenir meilleur. Pour beaucoup, le départ était mûri depuis des mois, parfois des années, nourri par le manque d’opportunités, la précarité économique et le sentiment d’impasse sociale. Comme tant d’autres avant eux, ils ont choisi de braver l’océan, conscients des risques mais convaincus que rester au pays ne leur offrait plus de perspectives.

Depuis ce départ, le silence est total. Aucun appel, aucun message, aucune information officielle ne permet de savoir ce qu’il est advenu de l’embarcation. Chaque jour qui passe sans nouvelles accentue la peur d’un drame en mer. Dans les concessions de Darou Khoudoss et des villages environnants, les parents vivent dans une attente insoutenable, partagés entre l’espoir de retrouver leurs enfants vivants et la crainte qu’ils aient été engloutis par les flots.

Selon Cyril Modusa, porte-parole des populations locales, la situation est devenue insupportable. « Dans le village, les gens sont désemparés. Ils ne peuvent plus ni manger ni dormir », confie-t-il. Les familles se rassemblent régulièrement pour prier, échanger des informations et se soutenir mutuellement, mais aucune certitude ne vient apaiser leurs souffrances.

Face à cette tragédie, les populations interpellent l’État du Sénégal et demandent une implication forte et immédiate des autorités. Elles souhaitent notamment que la Marine nationale engage des recherches en mer afin de tenter de localiser la pirogue ou d’identifier d’éventuels débris pouvant confirmer un naufrage. Pour les proches des disparus, toute piste, même minime, est essentielle pour sortir de l’incertitude.

Les familles appellent également à une coopération étroite avec les pays de transit et de destination, en particulier la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne. Elles espèrent que des échanges d’informations avec les garde-côtes et les services de secours de ces pays permettront de savoir si l’embarcation a été repérée, interceptée ou si des survivants ont été recueillis.

Au-delà du drame humain, cette disparition collective illustre une nouvelle fois l’ampleur et la persistance du phénomène de l’émigration clandestine. Malgré les nombreux décès enregistrés ces dernières années et les campagnes de sensibilisation menées par les autorités et la société civile, la tentation du départ reste forte chez de nombreux jeunes Sénégalais. Le chômage, la vie chère, le manque de perspectives professionnelles et l’attrait des récits de réussite à l’étranger continuent d’alimenter ce choix désespéré.

Pour les habitants de Darou Khoudoss, ce drame doit servir d’électrochoc. Beaucoup estiment qu’il est urgent de mettre en place des politiques publiques plus audacieuses en faveur de l’emploi des jeunes, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat local. À leurs yeux, seule une amélioration concrète des conditions de vie pourra freiner durablement cette vague de départs.

En attendant, l’inquiétude reste totale. Les familles des disparus scrutent chaque information, chaque rumeur, chaque annonce officielle, dans l’espoir d’un signe de vie. À Darou Khoudoss, l’attente est devenue une épreuve quotidienne, et la mer, immense et silencieuse, retient peut-être le secret du destin de plus d’une centaine de jeunes partis à la recherche d’un futur meilleur.

Justice : le Sénégal et le Groupe africain en première ligne pour une Convention internationale sur les crimes contre l’humanité

La communauté internationale s’est engagée dans un tournant historique avec l’ouverture, du 19 au 30 janvier 2026 au siège des Nations unies, de la première session du Comité préparatoire chargé d’élaborer une Convention mondiale sur les crimes contre l’humanité. Un chantier majeur destiné à combler un vide juridique vieux de plusieurs décennies. En effet, contrairement au génocide et aux crimes de guerre, encadrés depuis longtemps par des traités spécifiques, les crimes contre l’humanité ne bénéficient toujours pas d’un instrument conventionnel universel, malgré leur gravité extrême.

Dans ce contexte, le Sénégal s’est illustré comme l’un des acteurs les plus engagés du processus. Co-parrain de la résolution ayant permis la création du Comité préparatoire, Dakar s’inscrit fidèlement dans sa tradition diplomatique de promotion du multilatéralisme, du respect du droit international et de la lutte contre l’impunité. La délégation sénégalaise a dénoncé ce qu’elle considère comme une « anomalie juridique persistante », soulignant que les crimes contre l’humanité demeurent aujourd’hui les seules atrocités de masse dépourvues de traité international spécifique.

Pour le représentant du Sénégal, la future Convention doit avant tout permettre d’établir clairement la responsabilité pénale des auteurs de ces crimes et d’assurer leur poursuite effective, quel que soit le lieu où ils ont été commis. Dakar estime que le projet d’articles élaboré par la Commission du droit international (CDI) constitue une base solide pour les négociations, tout en appelant à un texte ambitieux, opérationnel et adapté aux réalités des États.

Le Sénégal a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des systèmes judiciaires nationaux. Selon lui, l’efficacité de la future Convention dépendra de sa capacité à aider les États à incriminer les crimes contre l’humanité dans leurs législations internes, à enquêter de manière indépendante et à juger les responsables. La délégation sénégalaise plaide également pour une coopération judiciaire internationale renforcée, notamment en matière d’extradition, d’entraide pénale et d’échange d’informations, afin d’éviter que les auteurs de ces crimes ne trouvent refuge dans des zones d’impunité.

Au nom du Groupe africain, le Cameroun a porté une voix forte et politique, élargissant le débat au-delà des seules considérations techniques. Yaoundé a rappelé que la future Convention, pour être véritablement inclusive et crédible, ne peut ignorer les grandes injustices historiques qui ont marqué le continent africain et le monde, telles que l’esclavage, la traite négrière, le colonialisme et l’apartheid.

Pour le Groupe africain, ces tragédies constituent des crimes contre l’humanité au regard de leur ampleur et de leurs conséquences, et leurs séquelles continuent d’influencer les rapports économiques, sociaux et politiques actuels. Le Cameroun a ainsi dénoncé les pratiques de « deux poids, deux mesures » qui, selon lui, affaiblissent la justice pénale internationale et nourrissent un sentiment d’injustice dans de nombreuses régions du monde.

Les États africains appellent, dans cette perspective, à l’intégration d’une dimension de justice réparatrice dans la future Convention. Il ne s’agit pas seulement de prévenir et de punir les crimes futurs, mais aussi de reconnaître les torts du passé et de favoriser des mécanismes de réparation, de mémoire et de réconciliation.

La session inaugurale du Comité préparatoire, qui s’est achevée le 30 janvier 2026, marque le début d’un processus long et complexe. Les négociations devraient se poursuivre au cours des prochaines années, avec en ligne de mire l’organisation d’une Conférence de plénipotentiaires en 2028 ou 2029, chargée d’adopter définitivement la Convention.

En attendant, le Sénégal et les pays du Groupe africain entendent jouer un rôle moteur pour que ce futur instrument juridique soit à la fois ambitieux, équitable et réellement efficace. Leur objectif est clair : faire de la Convention sur les crimes contre l’humanité un outil central de la lutte mondiale contre l’impunité et un pilier supplémentaire de l’architecture internationale des droits humains.

Poursuites contre Doudou Wade : d’anciens présidents de groupes parlementaires montent au créneau et dénoncent une menace contre les libertés

Un front commun se forme pour défendre Doudou Wade. D’anciens présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée nationale du Sénégal ont rendu publique une déclaration de soutien en faveur de l’ancien président de groupe parlementaire, visé par des poursuites judiciaires, ainsi que du journaliste et animateur de l’émission « Faram Faccee », Pape Ngagne Ndiaye. Les signataires se disent profondément préoccupés par ces procédures engagées à la suite de propos tenus lors d’une émission télévisée, qu’ils considèrent comme relevant du débat démocratique.

Dans leur déclaration, ces anciennes figures parlementaires affirment suivre avec attention l’évolution de cette affaire, qu’ils jugent symptomatique d’un climat de crispation autour de la liberté d’expression. Sans remettre en cause le travail de la justice, ils rappellent que le droit à la critique, à l’analyse politique et à l’expression d’opinions divergentes constitue un pilier fondamental de l’État de droit et un acquis démocratique majeur au Sénégal.

Les anciens présidents de groupes parlementaires soulignent que ces libertés sont non seulement garanties par la Constitution sénégalaise, mais également consacrées par les engagements internationaux ratifiés par le pays. À leurs yeux, toute tentative de criminalisation de la parole critique fragiliserait le pluralisme politique et porterait atteinte à la vitalité du débat public, socle d’une démocratie vivante.

Ils estiment, par ailleurs, que le contexte national est marqué par une inquiétude croissante au sein des milieux journalistiques, politiques et intellectuels, face à ce qu’ils qualifient de tendance à la judiciarisation des opinions. Une dynamique qu’ils jugent préoccupante, car susceptible d’installer un climat de peur et d’autocensure dans l’espace public.

C’est dans ce cadre qu’ils expriment leur soutien « fraternel, solidaire et républicain » à Doudou Wade, ancien collègue et responsable parlementaire, tout en réaffirmant leur attachement indéfectible au respect des libertés publiques et des principes démocratiques.

Les signataires appellent également les autorités compétentes à faire preuve de retenue et de sens élevé de l’État, afin de préserver un climat d’apaisement, de confiance et de dialogue. Pour eux, seule une telle posture est à même de garantir la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle, dans un contexte politique déjà sensible.

La déclaration est signée par plusieurs personnalités politiques de premier plan, parmi lesquelles Abdourahim Agne, Ousmane Ngom, Bocar Sidik Kane, Babacar Gaye, Abdou Fall, Moustapha Diakhaté, Me Elhadji Oumar Youm, Aymérou Gningue, Mamadou Lamine Thiam, Serigne Cheikh Bara Doly Mbacké, Aissatou Koulibaly, Modou Diagne Fada, Abdou Mbow et Me Aïssata Tall Sall, actuelle présidente de groupe parlementaire.

À travers cette prise de position collective, ces anciens responsables parlementaires entendent sonner l’alarme et rappeler que la démocratie sénégalaise s’est toujours construite sur la liberté de parole, la confrontation d’idées et le respect des opinions divergentes, valeurs qu’ils appellent à préserver coûte que coûte.

Soutien aux déplacés et réfugiés au Sénégal : la CEDEAO mobilise plus de 300 millions de FCFA pour une réponse humanitaire durable

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient de poser un acte fort en faveur des populations vulnérables vivant au Sénégal. Dans un élan de solidarité régionale, l’institution communautaire a officiellement lancé un programme d’assistance humanitaire d’un montant de 500 993 dollars, soit environ 305 millions de francs CFA, destiné aux réfugiés, aux personnes déplacées internes, aux apatrides ainsi qu’aux demandeurs d’asile présents sur le territoire sénégalais.

Cette initiative, mise en œuvre par l’État du Sénégal à travers la Commission nationale de réinsertion et de réhabilitation des personnes déplacées (CNRRPD), marque une nouvelle étape dans la prise en charge des défis liés aux déplacements forcés et aux crises humanitaires dans le pays. La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de la Professeure Fatou Sow Sarr, Commissaire de la CEDEAO chargée du développement humain et des affaires sociales, entourée de plusieurs acteurs majeurs du secteur humanitaire.

Étaient notamment présents le Chef de Cabinet du Président de la République, également Président du CNRRPD, des représentants du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que des délégués des communautés déplacées de Casamance et des réfugiés mauritaniens établis dans la vallée du fleuve Sénégal. Cette forte mobilisation institutionnelle traduit la volonté commune des autorités nationales et des partenaires régionaux et internationaux de coordonner leurs efforts pour apporter des réponses concrètes et durables aux besoins des personnes concernées.

Selon les responsables du programme, l’enveloppe allouée ne se limite pas à une assistance ponctuelle, mais s’inscrit dans une logique de solutions durables. Il s’agit, d’abord, de répondre aux besoins vitaux immédiats des bénéficiaires, notamment en matière d’alimentation, de santé, d’abris et d’accès aux services sociaux de base. Ensuite, le programme entend soutenir le développement de moyens de subsistance durables, afin de permettre aux réfugiés, déplacés et autres personnes vulnérables de retrouver une autonomie économique à travers des activités génératrices de revenus et des formations adaptées.

Un accent particulier est également mis sur la cohésion sociale. L’objectif est d’alléger la pression exercée sur les communautés d’accueil, souvent confrontées à leurs propres difficultés, et de promouvoir une coexistence pacifique entre populations hôtes et populations déplacées. Cette approche inclusive vise à prévenir les tensions sociales et à renforcer la solidarité au niveau local.

En réaffirmant son soutien au Sénégal, la CEDEAO rappelle son attachement au principe d’un développement humain inclusif, où aucune catégorie de population ne doit être laissée pour compte. Pour l’organisation sous-régionale, la gestion efficace des déplacements forcés constitue un enjeu majeur de stabilité, de paix et de développement durable dans l’espace ouest-africain.

Cette initiative vient ainsi renforcer les capacités nationales du Sénégal en matière de gestion des crises migratoires et humanitaires, tout en consolidant les liens de coopération et de fraternité entre les États membres de la CEDEAO. Elle représente, pour des milliers de personnes vivant dans des situations de grande vulnérabilité, un espoir renouvelé de retrouver dignité, sécurité et perspectives d’avenir.

Sébikhotane : les impactés du TER accentuent la pression et brandissent la menace d’actions contre les JOJ

La colère monte d’un cran à Sébikhotane. Réunis en grande mobilisation ce samedi 31 janvier 2026, les membres du Collectif des Impactés du Train Express Régional (TER) ont décidé de hausser le ton face au non-respect des engagements pris par l’État concernant leur indemnisation et leur recasement. Cette rencontre, tenue dans le département de Rufisque, a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont le député Guy Marius Sagna, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, ainsi qu’Ahmet Ndoye.

À travers ce rassemblement, les impactés ont exprimé leur exaspération après près d’une décennie de lutte qu’ils estiment restée sans réponses concrètes. Pour eux, les promesses répétées des autorités successives n’ont jamais été suivies d’actes significatifs, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.

Prenant la parole devant une foule visiblement déterminée, le président du collectif, Macodou Fall, a averti que cette mobilisation n’est qu’un début. Selon lui, si l’État persiste dans ce qu’il qualifie d’« indifférence », les impactés n’hésiteront pas à intensifier leurs actions. « Cette mobilisation n’est qu’une ouverture. Si les autorités ne veulent pas qu’on ternisse l’image du Sénégal aux prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse, elles n’ont qu’à régler ce problème. Nous allons organiser bientôt une série de manifestations, des marches et des sit-in », a-t-il martelé, sous les applaudissements.

Pour les membres du collectif, la tenue prochaine des JOJ au Sénégal constitue un levier de pression important afin d’obliger l’État à agir rapidement. Ils estiment injuste que le pays s’engage dans l’organisation d’événements internationaux de grande envergure alors que des milliers de citoyens affectés par un projet structurant comme le TER continuent de vivre dans l’incertitude.

Le coordonnateur des impactés du TER à Sébikhotane, Hamidou Diarra, est revenu sur la longueur et la pénibilité du combat. Il rappelle que les revendications datent de la première phase du projet, entamée il y a près de dix ans, et se sont poursuivies avec la deuxième phase. « Cela fait presque dix ans que nous courons derrière des promesses non tenues de l’État. Nous nous sommes aujourd’hui rassemblés ici à Sébikhotane parce que cette localité est un point focal du projet TER. La deuxième phase du tronçon Diamniadio-AIBD va bientôt démarrer, et nous voulons simplement alerter l’autorité pour qu’elle règle enfin les doléances que nous traînons depuis tout ce temps », a-t-il expliqué.

Hamidou Diarra a également dénoncé ce qu’il qualifie de mutisme des autorités. Selon lui, malgré plusieurs rencontres avec le nouveau directeur général de l’APIX, M. Bathily, les engagements pris ne sont jamais respectés. « Parfois, nous envoyons des courriers et nous n’avons aucun retour. Ce silence nous enfonce davantage dans la précarité », a-t-il déploré.

Les revendications des impactés portent notamment sur l’érection d’une gare et de passerelles à Sébikhotane, le paiement des pertes de revenus locatifs, l’indemnisation des détenteurs de titres fonciers, le relogement des propriétaires de terrains nus, l’octroi de surfaces agricoles accompagnées de mesures d’appui, les primes de vulnérabilité et d’accompagnement social, l’accélération des travaux sur les sites de recasement du Lac Rose et de Yéba, ainsi que la délivrance effective des titres de propriété.

Présent à la rencontre, le député Guy Marius Sagna a tenu à apporter son soutien aux impactés, estimant que leur combat est fondé. « Votre combat est juste et légitime. L’État doit vous indemniser. Même si d’autres autorités étaient en place au début de ce projet, l’État est une continuité. Il appartient aux nouvelles autorités d’assurer cette continuité et de régler ces problèmes. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le gouvernement satisfasse vos revendications », a-t-il assuré.

Dans le même sens, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, a soutenu que les populations impactées auraient dû être relogées et indemnisées avant même le démarrage des travaux du TER. Pour lui, le respect des droits des citoyens doit rester un principe fondamental dans la mise en œuvre de tout projet d’infrastructure.

Au total, près de 3 000 ménages auraient été impactés par le projet du TER. Plusieurs témoignages poignants ont été livrés lors de la mobilisation, illustrant l’ampleur des souffrances vécues. Awa Ndiaye, membre du collectif, affirme avoir été emprisonnée pour avoir réclamé son dû après la démolition de sa maison. Un autre impacté confie avoir été accusé à tort par sa propre famille d’avoir détourné une indemnisation qu’il n’a pourtant jamais reçue.

À Sébikhotane, la détermination des impactés est intacte. Pour eux, il ne s’agit plus seulement de promesses, mais d’actions concrètes et urgentes. Faute de quoi, préviennent-ils, leur lutte pourrait prendre une ampleur nationale et peser sur l’organisation des grands événements internationaux prévus au Sénégal.

FONDS D’APPUI ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE (FADP) : Le ministre de la Communication persiste dans l’illégalité

La tension monte entre les organisations patronales de presse et le ministère de la Communication. Dans une déclaration rendue publique ce 30 janvier 2026 à Dakar, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) accuse le ministre de la Communication de procéder à la distribution de l’aide publique à la presse 2025 dans « une opacité manifeste » et en violation des textes en vigueur.

Au cœur de la controverse : l’absence d’arrêté de répartition dûment pris et publié, document pourtant indispensable pour fixer les montants attribués aux entreprises bénéficiaires du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Selon le CDEPS, le ministre aurait engagé la distribution des fonds sans ce préalable légal, ce qui constituerait une entorse grave aux règles de gestion des deniers publics.

Les griefs des acteurs de la presse ne s’arrêtent pas là. Le CDEPS rappelle que la Cour suprême, dans un arrêt rendu le 11 décembre 2025, a annulé deux arrêtés ministériels portant sur la plateforme numérique d’identification des entreprises de presse ainsi que sur la Commission d’examen et de validation des déclarations. Malgré cette décision juridictionnelle définitive, le ministère a, le 24 décembre 2025, lancé un appel au dépôt de demandes de subvention, dans des conditions jugées « arbitraires » : une période du 24 au 27 décembre, incluant un jour férié, un vendredi écourté par la prière et un samedi non ouvrable. Pour le CDEPS, ce calendrier traduit une volonté d’exclure certains médias, notamment ceux qui avaient refusé de se soumettre à une plateforme déclarée illégale.

Les organisations APPEL et CDEPS affirment avoir saisi le ministre pour demander le report de la réunion du Conseil de gestion du FADP prévue le 29 décembre 2025 et l’ouverture d’une période normale et conforme au droit pour le dépôt des dossiers. Une requête restée, selon elles, sans suite.

Autre point de discorde : l’octroi de fonds à des structures comme le CORED, la Commission de la carte nationale de presse et la Maison de la Presse Babacar Touré. Le CDEPS soutient que ces attributions auraient été faites sans la réunion du Conseil de gestion, seul organe habilité à statuer sur la répartition de l’aide. Il dénonce également le fait que des entreprises de presse publiques aient bénéficié de l’aide, alors qu’elles sont déjà financées par le budget de l’État, rappelant que, historiquement, l’aide publique à la presse était destinée exclusivement aux médias privés.

Pour le CDEPS, ces décisions s’inscrivent dans une dynamique plus large de fragilisation de la presse privée sénégalaise, dans un contexte de troisième alternance politique. L’organisation appelle le ministre à « faire preuve de responsabilité républicaine » en prenant enfin l’arrêté de répartition du FADP 2025, dans la transparence et le respect du droit.

La déclaration est signée par Mamadou Ibra Kane, au nom du CDEPS, qui conclut en rappelant que « le JUB, le JUBEL et le JUBANTI ne sauraient prospérer que dans la transparence, le respect du droit et de la justice ».

Justice : Pape Djibril Fall critique l’audience entre Ousmane Sonko et l’UMS

Le député Pape Djibril Fall est monté au créneau après l’audience accordée par le Premier ministre Ousmane Sonko à l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), une rencontre qui continue de susciter commentaires et controverses dans l’espace public.

Dans une réaction au ton particulièrement ferme, le parlementaire estime que cette démarche du syndicat des magistrats pose un problème de posture institutionnelle. Selon lui, l’UMS se serait « livrée poings et mains liés » à l’un de ses « pourfendeurs les plus virulents », en référence aux critiques antérieures du chef du gouvernement à l’endroit du corps judiciaire.

Pape Djibril Fall évoque notamment la récente sortie du Premier ministre au Maroc, jugée très sévère envers les magistrats. Il considère que l’audience accordée par l’UMS dans ce contexte traduit, à ses yeux, une attitude qui « n’impose pas le respect » et soulève des interrogations sur la défense de l’indépendance de la justice.

Le député rappelle que le chef de l’État demeure, selon lui, « la clé de voûte des institutions » et qu’il lui revient d’assurer l’équilibre institutionnel. Il estime par ailleurs que « la volonté du Premier ministre de mettre au pas la justice est manifeste », appelant à consacrer de manière définitive l’indépendance de ce qu’il qualifie de « dernier rempart ».

Dans son propos, Pape Djibril Fall interpelle également les élites intellectuelles et juridiques du pays. « Où sont les juristes ? Où sont les universitaires ? Où sont les intellectuels ? », s’interroge-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une « indignation à géométrie variable », qu’il assimile à « un acte de lâcheté ».

Il conclut sa déclaration par une prière pour le pays : « Qu’Allah sauve le Sénégal. »

Affaire Doudou Wade : la coalition Sopi Sénégal dément toute convocation et dénonce une campagne de dénigrement

La coalition Sopi Sénégal est montée au créneau ce 30 janvier 2026 pour réagir aux informations relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux faisant état d’une supposée convocation de Doudou Wade par la Sûreté urbaine.

Dans un communiqué rendu public à Dakar, la formation politique affirme qu’au moment de la rédaction du document, aucune convocation n’a été reçue par l’ancien responsable libéral. Sopi Sénégal tient ainsi à clarifier la situation et à couper court aux rumeurs, tout en rassurant l’opinion publique nationale et internationale.

La coalition souligne toutefois que Doudou Wade répondra à toute convocation officielle qui lui serait régulièrement adressée par les autorités judiciaires, rappelant qu’il s’est toujours conformé aux exigences républicaines. Le communiqué insiste sur le fait que l’homme politique a, tout au long de sa carrière, agi « en bon patriote », œuvrant pour « un Sénégal de paix, de stabilité et de concorde ».

Sopi Sénégal exprime par ailleurs son soutien et sa solidarité à l’endroit de Doudou Wade, mais également envers « toutes celles et tous ceux qui, pour l’expression de leur opinion sur la marche du pays, se trouvent inquiétés par la justice ». Le mouvement dénonce ce qu’il considère comme un discours visant à ternir l’image de son responsable, présenté comme « un digne fils du Sénégal » engagé pour la paix et la bonne marche du pays.

Dans le même communiqué, la coalition se dit également surprise par la convocation du journaliste Pape Ngagne Ndiaye, et demande sa libération sans délai, réaffirmant son attachement à la liberté d’expression et d’opinion au Sénégal ainsi qu’à la dévolution démocratique du pouvoir.

Cybercriminalité bancaire : un développeur arrêté pour plus de 1 400 transactions frauduleuses visant Africa Banque Sénégal

Un nouveau scandale de cybercriminalité secoue le secteur bancaire sénégalais. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) a procédé, le mercredi 28 janvier, à l’arrestation de M. Lô, âgé de 33 ans, développeur informatique et employé dans un autre établissement bancaire. Il est soupçonné d’avoir infiltré le système informatique d’Africa Banque Sénégal (ex-BDK) afin d’y effectuer plus de 1 400 transactions frauduleuses, occasionnant un important préjudice financier.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’enquête a révélé que le mis en cause disposait d’un compte bancaire presque vide, crédité de seulement 5 000 FCFA au moment des faits. Malgré cela, il aurait réussi à exploiter une faille dans le système de sécurité d’Africa Banque Sénégal pour détourner un montant global estimé à 7 209 000 FCFA.

Les investigations menées par les spécialistes de la DSC ont permis de retracer un schéma sophistiqué de transferts d’argent. Après avoir pénétré le système de la banque, le suspect aurait procédé à des virements fractionnés vers plusieurs comptes de services financiers numériques, notamment Wave et Orange Money, afin de dissimuler l’origine illicite des fonds et d’éviter d’éveiller les soupçons.

Interpellé puis placé en garde à vue, M. Lô a dans un premier temps nié toute implication. Toutefois, confronté aux éléments techniques collectés par les enquêteurs – traces numériques, historiques de connexions et correspondances entre les transactions frauduleuses et ses activités en ligne – il a fini par reconnaître les faits.

Dans ses aveux, le développeur a déclaré avoir agi seul, sans la complicité d’autres personnes. Il a également expliqué que l’argent détourné lui aurait servi à régler des dettes personnelles, une justification qui n’a toutefois pas atténué la gravité des accusations retenues contre lui.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les défis majeurs auxquels font face les institutions financières en matière de sécurité informatique. Elle rappelle également la nécessité pour les banques de renforcer en permanence leurs dispositifs de protection, leurs audits de sécurité et leurs mécanismes de détection des intrusions, dans un contexte où les cyberattaques deviennent de plus en plus fréquentes et sophistiquées.

Le suspect devrait être déféré devant le parquet dans les prochains jours pour répondre des faits d’accès frauduleux à un système informatique, de vol et d’escroquerie, ainsi que de blanchiment de capitaux. Une procédure judiciaire qui pourrait servir de signal fort dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal.

Contrôle des prix, filière arachidière et sanctions : le ministre du Commerce apporte des éclaircissements

Face aux préoccupations persistantes liées au coût de la vie et à la régulation du marché, le gouvernement sénégalais a tenu, ce jeudi 29 janvier 2026, son point de presse hebdomadaire. Une rencontre au cours de laquelle le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Gueye Diop, est largement revenu sur les actions engagées par l’État pour encadrer les prix des produits de grande consommation, renforcer les mécanismes de contrôle et soutenir des secteurs stratégiques comme la filière arachidière.

D’emblée, le ministre a rappelé que le Sénégal dispose d’un cadre réglementaire rigoureux en matière de fixation et de contrôle des prix. Selon lui, chaque produit, qu’il s’agisse des hydrocarbures, des denrées alimentaires ou d’autres biens de consommation, est encadré par des prix clairement définis à chaque niveau de la chaîne de distribution, du grossiste au détaillant. Cette organisation permet à l’administration d’intervenir légalement pour vérifier le respect des tarifs et sanctionner les contrevenants.

Serigne Gueye Diop a insisté sur le fait que le contrôle des prix constitue un pilier central de la politique économique actuelle. Pour le gouvernement, il ne suffit plus de réglementer : il faut aussi veiller à l’application effective des décisions. À cet effet, deux principaux dispositifs sont mobilisés sur le terrain. Il s’agit notamment des services d’hygiène et de la Direction du contrôle intérieur des prix, renforcés par un contingent de volontaires chargés d’appuyer les opérations de contrôle dans les marchés, boutiques et stations-service.

Le ministre a par ailleurs prévenu que les sanctions prévues en cas d’infraction sont dissuasives. Les commerçants reconnus coupables de spéculation, de non-respect des prix homologués ou de pratiques frauduleuses s’exposent à de lourdes amendes. À cela peuvent s’ajouter la saisie totale des stocks concernés, voire la fermeture temporaire ou définitive des établissements fautifs. L’objectif, a-t-il expliqué, est de protéger les consommateurs et d’assainir durablement les circuits de distribution.

Sur la question sensible de la fixation des prix, Serigne Gueye Diop a tenu à apporter des clarifications. Toute décision de baisse ou d’ajustement repose, selon lui, sur des études approfondies. Celles-ci commencent par une analyse de l’évolution des cours internationaux, suivie de projections à moyen et long terme grâce à des techniques statistiques permettant d’anticiper les tendances sur six et douze mois. Ces travaux sont ensuite soumis au Conseil national de la consommation (CNC), organe consultatif qui réunit les représentants de l’État, des consommateurs et des opérateurs économiques.

Une fois les propositions validées, un arrêté ministériel est pris, puis entériné en Conseil des ministres. Les Conseils régionaux de la consommation interviennent ensuite pour adapter les prix aux réalités locales, notamment en intégrant les coûts de transport, afin d’éviter que les commerçants de l’intérieur du pays ne subissent des pertes. Cette procédure, a précisé le ministre, s’applique à l’ensemble des produits réglementés, y compris les hydrocarbures.

Abordant la filière arachidière, Serigne Gueye Diop a confirmé la suppression de la taxe de 40 FCFA sur l’exportation de l’arachide. Cette décision vise à alléger les charges pesant sur les exportateurs et à renforcer la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur les marchés internationaux, en particulier en direction de la Chine, l’un des principaux débouchés.

Le ministre est également revenu sur le différentiel existant entre le prix payé aux producteurs, fixé à 250 FCFA le kilogramme, et le prix de référence de 305 FCFA. Ce gap de 80 FCFA sera pris en charge par l’État, qui s’est engagé à le rembourser aux huiliers, qu’il s’agisse de la Sonacos ou d’opérateurs privés. Une mesure destinée à préserver l’équilibre économique de la chaîne de transformation et à garantir un approvisionnement régulier des unités industrielles.

À travers ces différentes annonces, le gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer la régulation du marché, de lutter contre les abus et de préserver le pouvoir d’achat des ménages, tout en soutenant les filières productives nationales. Pour Serigne Gueye Diop, ces efforts s’inscrivent dans une vision plus large de souveraineté économique et de justice sociale, où l’État joue pleinement son rôle d’arbitre et de protecteur des intérêts des citoyens.

Finale de la CAN Maroc 2025 : lourdes sanctions de la CAF contre le Sénégal, le Maroc, des joueurs et des officiels

La Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict après les incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. À l’issue de l’examen des rapports officiels et des différentes procédures engagées, la Commission de discipline de l’instance continentale a prononcé une série de sanctions à l’encontre de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), ainsi que de plusieurs joueurs et membres des staffs techniques des deux sélections.

Ces décisions interviennent à la suite de comportements jugés contraires aux principes de fair-play, de loyauté, d’intégrité et au respect du jeu, tels que définis par le Code disciplinaire de la CAF. La finale, très disputée et marquée par une forte tension, a donné lieu à des scènes d’énervement, de contestation et à des actes considérés comme préjudiciables à l’image du football africain.

Concernant le Sénégal, la sanction la plus lourde vise le sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw. Le technicien des Lions a écopé d’une suspension de cinq matchs officiels de la CAF pour conduite antisportive, ainsi que pour des propos et comportements ayant, selon la Commission de discipline, discrédité le jeu. À cette suspension s’ajoute une amende de 100 000 dollars américains.

Deux joueurs sénégalais sont également concernés. Iliman Cheikh Baroy Ndiaye et Ismaïla Sarr ont chacun été suspendus pour deux matchs officiels de la CAF, en raison de leur comportement antisportif envers l’arbitre de la rencontre. La CAF a estimé que leurs attitudes constituaient une violation manifeste des règles encadrant le respect de l’autorité arbitrale.

Sur le plan collectif, la Fédération Sénégalaise de Football a été lourdement sanctionnée sur plusieurs volets. Elle devra s’acquitter d’une amende de 300 000 dollars pour la conduite inappropriée de certains supporters sénégalais, dont les agissements ont, selon la CAF, jeté le discrédit sur le football. Une autre amende de 300 000 dollars a été infligée pour le comportement antisportif des joueurs et du staff technique sénégalais durant la finale, un comportement jugé contraire aux principes de fair-play, de loyauté et d’intégrité. Enfin, la FSF a écopé d’une amende supplémentaire de 15 000 dollars pour mauvaise conduite de l’équipe nationale, cinq joueurs ayant reçu des avertissements au cours de la rencontre.

Du côté marocain, plusieurs sanctions individuelles et collectives ont également été prononcées. Le défenseur Achraf Hakimi a été suspendu pour deux matchs officiels de la CAF, dont un avec sursis pendant une période d’un an, pour comportement antisportif. Son coéquipier Ismaël Saibari a, quant à lui, été suspendu pour trois matchs officiels de la CAF et condamné à une amende de 100 000 dollars pour des faits similaires.

La Fédération Royale Marocaine de Football a aussi été sanctionnée financièrement. Elle devra payer 200 000 dollars pour le comportement inapproprié des ramasseurs de balles lors de la finale. Une autre amende de 100 000 dollars a été infligée pour la conduite des joueurs et membres du staff marocain qui ont envahi la zone de visionnage de la VAR et entravé le travail de l’arbitre. À cela s’ajoute une amende de 15 000 dollars pour l’utilisation de lasers par certains supporters marocains dans les tribunes.

Par ailleurs, la Commission de discipline de la CAF s’est prononcée sur la protestation introduite par la FRMF, qui accusait la Fédération Sénégalaise de Football de violations des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. Après examen, cette protestation a été purement et simplement rejetée par l’instance disciplinaire, qui n’a pas retenu les griefs formulés par la partie marocaine.

À travers ces décisions, la CAF entend envoyer un message fort aux fédérations, aux joueurs, aux staffs techniques et aux supporters, en rappelant que la tolérance zéro reste de mise face aux comportements portant atteinte à l’éthique sportive. Ces sanctions pourraient avoir des répercussions importantes sur les prochaines compétitions continentales, notamment pour les sélections concernées, appelées à revoir leurs dispositifs disciplinaires afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Hommage à Halima Gadji : l’actrice inhumée au cimetière de Yoff

Dakar a dit adieu ce mercredi 28 janvier 2026 à l’une de ses figures emblématiques du cinéma et de la télévision, Halima Gadji. Après la levée du corps à 15 heures (GMT) à l’hôpital général de Grand Yoff, l’actrice a été inhumée aux alentours de 16 heures au cimetière de Yoff, en présence de sa famille, de proches, de nombreuses personnalités ainsi que de plusieurs acteurs et professionnels du monde culturel et cinématographique sénégalais.

Le décès de Halima Gadji, survenu le 26 janvier suite à un malaise, a provoqué une vive émotion au sein du public et du milieu artistique. Révélée au grand public grâce à son rôle marquant de Marième Dial dans la série à succès « Maîtresse d’un homme marié », produite par Marodi en 2019, l’actrice avait su captiver par son talent et sa présence à l’écran. Son rôle dans cette série, qui avait rencontré un large succès au Sénégal et dans d’autres pays africains, a consolidé sa réputation de comédienne accomplie et appréciée.

Au-delà de cette série emblématique, Halima Gadji a contribué à enrichir le paysage audiovisuel africain en participant à plusieurs films et productions télévisuelles au Sénégal, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays du continent. Sa carrière, marquée par la diversité de ses rôles et la justesse de son jeu, lui a permis de se distinguer comme une actrice polyvalente capable de toucher différents publics.

La cérémonie d’inhumation a été empreinte de recueillement et de témoignages d’affection. Plusieurs acteurs et actrices qui ont travaillé avec elle ont salué sa générosité, sa passion pour le métier et sa capacité à inspirer les jeunes talents du cinéma sénégalais. Des proches et collègues ont également évoqué son engagement envers la culture et sa volonté de promouvoir le cinéma africain à l’échelle internationale.

Le départ d’Halima Gadji laisse un vide dans le monde artistique sénégalais et africain. Son parcours, marqué par des succès notables et une influence certaine dans la sphère culturelle, restera gravé dans la mémoire collective. Les hommages qui continuent d’affluer sur les réseaux sociaux et dans la presse témoignent de l’affection et du respect que le public lui portait.

Halima Gadji restera dans les mémoires comme une figure majeure du cinéma sénégalais, dont le talent et l’engagement artistique ont largement contribué à faire rayonner la culture du pays sur le continent et au-delà. Son héritage artistique continuera d’inspirer les générations futures.

Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi 28 Janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 28 janvier 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Modernisation de la Justice

Introduisant sa communication, Monsieur le Président de la République a abordé la rentrée solennelle des cours et tribunaux qu’il a présidée le 22 janvier 2026, ayant pour thème : « Le juge face aux défis du numérique ». Se réjouissant du bon déroulement de cet évènement, il félicite le Ministre de la Justice, le Premier Président de la Cour suprême, le Procureur général près la Cour Suprême, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats ainsi que l’ensemble des acteurs de la Justice.

Le Chef de l’Etat réitère son engagement à consolider l’Etat de droit, à accentuer la modernisation du service public de la justice et à améliorer l’accessibilité et l’efficacité des institutions judiciaires. Il engage le Ministre de la Justice à veiller à la qualité de la formation des magistrats et auxiliaires de justice, au renforcement du capital humain en service dans les cours et tribunaux et à la transformation numérique du service public de la justice.

Le Président de la République indique au Gouvernement la nécessité de promouvoir une justice de proximité, de qualité et accessible. renforceMent du dialogue social et suivi du Pacte national de stabilité sociale Considérant le dialogue social comme une exigence dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques sectorielles, le Chef de l’Etat demande au Ministre de la Fonction publique et du Travail de présenter, avant la fin du mois de février 2026, le rapport général d’évaluation des engagements relevant du Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025.

Soulignant l’impératif de tenir, avec les partenaires sociaux, une réunion d’évaluation et de suivi du traitement des doléances, le Président de la République demande, aux ministres, de mettre en place des Comités sectoriels et/ou spécialisés de Dialogue social,  afin d’asseoir les consensus nécessaires au déploiement adéquat des réformes et politiques publiques. Il instruit, en outre, le Ministre de la Fonction publique et du Travail de proposer un nouveau cadre de gouvernance des doléances et du droit de grève des agents et syndicats actifs dans le secteur public. Insistant sur l’urgence de veiller au renforcement de la protection sociale des travailleurs et à la préservation soutenue des emplois, le Président de la République demande au Premier Ministre d’accélérer le processus de modernisation des institutions et du système national de retraite et de sécurité sociale, en travaillant à l’adoption des textes législatifs et réglementaires y relatifs, avant la fin du mois d’avril 2026.

Renouveau du secteur des Pêches et développement de l’économie Maritime

Le Président de la République fait observer que la restructuration et la relance du secteur sont des priorités du Gouvernement. A cet effet, il apprécie les efforts consentis par le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, pour réguler l’exploitation des ressources halieutiques, relancer la pêche artisanale, repositionner l’aquaculture et accroître le niveau des investissements et des partenariats. Le Chef de l’Etat demande de poursuivre, avec l’implication de l’ensemble des acteurs publics, privés et parties prenantes, les concertations nécessaires pour la validation prochaine de la Politique maritime du Sénégal, de la Stratégie portuaire nationale et de la Carte des infrastructures de débarquement, de conservation, de transformation et de commercialisation des produits halieutiques. Il souligne, enfin, la nécessité de réviser le Code de la Pêche afin d’asseoir une gestion durable et une gouvernance souveraine des ressources halieutiques.

Etat d’avancement du « Programme Indépendance » dans les chefs-lieux des régions

Partant de sa décision de lancer un nouveau programme de modernisation des villes et territoires, dénommé « Programme Indépendance », à dérouler à partir de l’année 2026, le Chef de l’Etat réitère sa volonté de délocaliser la Fête nationale du 04 avril dans un chef-lieu de région, avec les meilleures conditions d’accueil et de déroulement en termes de disponibilité d’infrastructures et de commodités essentielles. Il demande au Gouvernement de faire le point sur les choix prioritaires retenus, la programmation des réalisations sur une période triennale et l’état d’avancement global du programme prioritaire « Indépendance » de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il annonce, enfin, sa décision de délocaliser, à Thiès, la célébration de la Fête nationale du 04 avril 2026..

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le 26 janvier 2026, la cérémonie d’ouverture de la Réunion de Haut niveau préparatoire de la Conférence des Nations 2 Unies sur l’Eau. Il a procédé, le 27 janvier 2026, à l’inauguration de la Raffinerie d’huiles alimentaires, réalisée par MAVAMAR Industries SA et à la pose de la première pierre de la Zone industrielle Bargny-Sendou.

A cet égard, il félicite les promoteurs, en l’occurrence le Groupe SENEGINDIA, pour la réalisation de cet investissement majeur, qui contribue au développement industriel, économique et social du Sénégal. Le Président de la République annonce également qu’il se rendra les 02 et 03 février 2026 en République du Congo, dans le cadre d’une visite officielle. En outre, il effectuera une tournée dans les régions de Tambacounda et de Kédougou du 05 au 09 février 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DES MINISTRES

Le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la généralisation de l’outil de gestion électronique des courriers dans l’administration. Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication sur le Programme Technologie et Energie des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds de Développement du Service universel des Télécommunications (FDSUT).

Affaire Pape Malick Ndour : la Ccr dénonce un dossier « sans base factuelle, juridique ou rationnelle »

La Convergence des cadres républicains (Ccr) est sortie de sa réserve pour dénoncer avec vigueur les récents développements de l’affaire Pape Malick Ndour. Dans un communiqué rendu public, la structure exprime sa « profonde préoccupation » face à ce qu’elle considère comme une instrumentalisation manifeste de la justice à des fins politiques, mettant en cause l’indépendance et la crédibilité de l’institution judiciaire sénégalaise.

Selon la Ccr, les rebondissements observés dans ce dossier ne peuvent être dissociés du contexte politique actuel, notamment des déclarations publiques et des menaces proférées, la veille, par Ousmane Sonko. Pour l’organisation, la justice semble avoir cédé à des pressions politiques évidentes. Elle rappelle qu’un recours introduit depuis plus de deux mois par le Procureur, visant à révoquer le placement de Pape Malick Ndour sous bracelet électronique pour le mettre sous mandat de dépôt, aurait été maintenu dans une forme d’opacité, aussi bien vis-à-vis des avocats de l’ancien ministre que de l’opinion publique. Cette situation est interprétée par la Ccr comme une manœuvre destinée à « surprendre » et à « définitivement écrouer » l’ancien ministre.

La décision récente ordonnant le placement sous mandat de dépôt de Pape Malick Ndour est ainsi qualifiée de « volte-face spectaculaire » par la Ccr. Pour le mouvement, cette évolution brutale jette un grave discrédit sur l’institution judiciaire et renforce le sentiment d’une justice à géométrie variable, soumise au rapport de force politique du moment. La Ccr estime que cette situation constitue une atteinte grave à l’État de droit et une véritable honte pour la démocratie sénégalaise.

L’organisation dénonce par ailleurs ce qu’elle considère comme un traitement inéquitable de l’affaire sur les plans politique et médiatique. Elle relève que lorsque Pape Malick Ndour observe le silence par respect pour la justice et les institutions, certains acteurs l’accusent de complicité avec des autorités de l’État. À l’inverse, lorsque des décisions judiciaires semblent aller dans le sens des attentes du parti Pastef, ces mêmes acteurs s’en félicitent ouvertement, affirmant que la justice ne ferait désormais correctement son travail que sous la pression de leur leader.

Pour la Ccr, cette instrumentalisation de la justice, applaudie ou décriée selon les intérêts politiques, représente une menace sérieuse pour la stabilité nationale et la cohésion sociale. Elle insiste sur le fait que la justice ne doit ni céder aux menaces ni se transformer en instrument de règlement de comptes politiques.

Réaffirmant son soutien total à Pape Malick Ndour, la Ccr exige le respect strict des principes fondamentaux de l’État de droit, notamment la présomption d’innocence, la cohérence des procédures et l’indépendance réelle de la justice. Selon elle, seule une justice impartiale et courageuse permettra de restaurer la confiance des citoyens et de préserver durablement la démocratie.

La Convergence des cadres républicains affirme enfin que Pape Malick Ndour est totalement innocent et qu’il n’est mêlé ni de près ni de loin aux faits qui lui sont reprochés. Elle soutient que les accusations portées contre lui ne reposent sur aucune base factuelle, juridique ou rationnelle, et relèvent d’un acharnement politique plutôt que d’une démarche judiciaire sérieuse.

Pour étayer cette position, la Ccr souligne ce qu’elle considère comme des incohérences majeures dans le dossier. Elle juge incompréhensible que Pape Malick Ndour puisse être mis en cause sur la base d’un rapport dont le rédacteur serait décédé depuis octobre 2018, alors que l’intéressé n’a été nommé à ses fonctions qu’en juin 2019. Pour la Ccr, cette contradiction chronologique suffit à démontrer le caractère infondé des accusations.

Le mouvement estime également absurde de parler de complicité avec des personnes que Pape Malick Ndour a remplacées à leurs fonctions. Selon la Ccr, la notion de complicité ne peut juridiquement s’appliquer en l’absence de lien de collaboration, de subordination ou de participation avec les auteurs supposés. Cette construction qu’elle qualifie d’artificielle traduirait, selon elle, une volonté manifeste de nuire à un adversaire politique dont le seul tort serait d’imposer au régime actuel un débat technique sur les sujets d’intérêt national.

Tribunal du travail : le RTS salue la victoire des employés face au FONGIP et appelle au respect des droits des travailleurs

Le Rassemblement des Travailleurs Licenciés du Sénégal (RTS) a exprimé sa satisfaction à la suite de la décision rendue ce mardi 28 janvier par le Tribunal du travail de Dakar dans l’affaire opposant le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) à deux anciens employés, A. Sy et Mme S. Dieng. Pour le syndicat, ce jugement marque une avancée majeure dans la lutte contre les licenciements abusifs et constitue un signal fort adressé aux employeurs publics comme privés.

Dans un communiqué rendu public après le verdict, le RTS indique que le tribunal a reconnu le caractère abusif des licenciements prononcés pour faute grave à l’encontre des deux travailleurs. La juridiction a ainsi condamné le FONGIP à verser des indemnités conséquentes au titre du licenciement abusif, à savoir plus de quinze millions de francs CFA au profit de A. Sy et plus de quatorze millions de francs CFA pour Mme S. Dieng.

Le tribunal a également accordé aux deux ex-employés des indemnités de préavis, fixées à 4 345 000 francs CFA pour A. Sy et à 3 285 000 francs CFA pour Mme S. Dieng. À cela s’ajoute une somme de 500 000 francs CFA octroyée à chacun des travailleurs pour non-délivrance d’un certificat de travail conforme, une obligation légale dont le manquement constitue une faute grave de l’employeur.

Selon le RTS, la juridiction a par ailleurs ordonné l’exécution provisoire de la décision à hauteur d’un million de francs CFA et a débouté le FONGIP de l’ensemble de ses demandes. Cette mesure vise à permettre aux travailleurs de bénéficier rapidement d’une partie des sommes allouées, en attendant l’issue définitive de la procédure.

Pour le Rassemblement des Travailleurs Licenciés du Sénégal, cette décision constitue une victoire importante pour l’ensemble du monde du travail. Le syndicat estime qu’elle rappelle avec force que nul n’est au-dessus de la loi et que la justice demeure un recours essentiel pour la défense de la dignité et des droits des travailleurs.

Dans le même élan, le RTS réaffirme son engagement à accompagner et soutenir tous les travailleurs victimes d’injustices ou de pratiques managériales contraires au droit du travail. Le syndicat appelle enfin l’ensemble des institutions et des employeurs à respecter strictement la législation en vigueur ainsi que les droits fondamentaux des salariés, afin de promouvoir un climat social apaisé et fondé sur l’équité et la justice.

Sénégal 2050 : Diomaye revalorise les agents non fonctionnaires de l’État

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a promulgué le 27 janvier 2026 le décret n°2026-66 modifiant le décret n°74-347 du 12 avril 1974 relatif au régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l’État. Cette réforme intervient dans le cadre de la politique nationale de valorisation du capital humain, inscrite dans le référentiel « Sénégal 2050 : Agenda National de Transformation », et vise à renforcer l’administration publique en revalorisant la situation de ces agents.
Depuis 1974, le décret initial n’avait pas prévu de manière explicite certaines catégories d’agents non fonctionnaires, notamment ceux engagés à un emploi particulier ou par référence à un corps de fonctionnaires relevant des statuts particuliers des cadres des fonctionnaires de l’Enseignement, de l’Éducation populaire, de la Jeunesse et des Sports ou de l’Éducation artistique et musicale. Cette absence de prévision avait entraîné des inégalités dans les conditions d’avancement et de reclassement, ainsi qu’un manque de reconnaissance formelle pour des agents longtemps engagés dans des missions spécifiques au sein de l’administration.
Le nouveau décret corrige ces limites en prévoyant plusieurs mesures clés. Désormais, les agents non fonctionnaires de l’État reclassés par référence à l’un des corps de fonctionnaires bénéficient des mêmes modalités de reclassement et des mêmes conditions d’avancement que leurs homologues fonctionnaires. En outre, un rappel d’ancienneté civile, valable pour l’avancement, est institué pour les agents reclassés après l’obtention d’un diplôme professionnel ouvrant accès à l’un des corps visés par le décret. Ce rappel d’ancienneté, fixé à 40 % de la période de service antérieure, est accordé à titre exceptionnel et ne peut excéder la date d’entrée en vigueur du décret. Les agents concernés disposent d’un délai de deux ans pour déposer leur demande.
Le décret précise également la rémunération des agents non fonctionnaires, qui correspond désormais à l’indice attaché au grade ou à l’échelon du corps de référence ou de l’emploi particulier. Les modalités d’avancement sont alignées sur celles des fonctionnaires, avec un passage automatique d’échelon selon l’ancienneté requise et des tableaux d’avancement établis par le ministère de la Fonction publique. La mise en œuvre de ces mesures est encadrée par une commission d’avancement composée de représentants de la Présidence, du Premier ministre, du ministère des Finances, du ministère du Plan et de membres du personnel désignés par les syndicats les plus représentatifs.
Pour l’administration, cette réforme constitue un signal fort en faveur de la reconnaissance des agents non fonctionnaires, souvent en première ligne dans l’exécution des missions de l’État, mais jusqu’ici confrontés à des conditions d’emploi moins sécurisées. Elle s’inscrit également dans la dynamique globale de modernisation de la Fonction publique et de valorisation des ressources humaines, conformément aux ambitions du Sénégal pour 2050.

Fonction publique : L’État rouvre pendant deux ans la possibilité de nomination pour des enseignants contractuels

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a signé le 27 janvier 2026 le décret n°2026-65 modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006, complétant lui-même le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de l’Enseignement. À travers ce nouveau texte, l’État sénégalais décide de proroger le délai accordé à certains enseignants contractuels pour solliciter leur nomination dans le corps des fonctionnaires de l’Enseignement, ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre de deux années à compter de l’entrée en vigueur du décret.
Cette mesure intervient dans un contexte où de nombreux agents, pourtant éligibles, n’avaient pas pu bénéficier du dispositif mis en place en 2006, faute d’avoir déposé leur demande dans le délai initialement imparti. Pour les autorités, il s’agit aujourd’hui de corriger une situation jugée inéquitable, tout en assurant une meilleure sécurisation des carrières dans le secteur éducatif.
Pour rappel, le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 avait été adopté pour compléter le statut particulier des fonctionnaires de l’Enseignement afin de permettre aux enseignants contractuels d’intégrer le corps des fonctionnaires correspondant à leur profil. Ce texte offrait une possibilité exceptionnelle de nomination, sous réserve que les intéressés remplissent, à la date d’entrée en vigueur du décret, deux conditions essentielles : être âgés d’au moins trente-cinq ans et être titulaires du diplôme requis pour accéder au corps sollicité. Les agents concernés disposaient alors d’un délai de deux ans pour déposer leur dossier auprès de l’administration.
Dans la pratique, ce délai s’est avéré insuffisant pour un nombre important d’enseignants, confrontés à diverses contraintes administratives, à des difficultés dans la constitution des pièces ou encore à un déficit d’information. Résultat : plusieurs agents ayant pourtant servi durant de longues années dans les établissements scolaires sont restés en dehors du dispositif, conservant un statut contractuel précaire.
Le nouveau décret vient ainsi proroger le délai prévu à l’alinéa premier de l’article 2 du décret de 2006. Concrètement, les enseignants concernés disposent désormais d’un nouveau délai courant jusqu’à deux ans après l’entrée en vigueur du présent texte pour introduire leur demande de nomination. Cette prorogation vise à permettre une régularisation progressive de leur situation administrative et à favoriser une intégration conforme aux dispositions du statut particulier.
Le décret apporte également une précision importante relative à l’ancienneté. Il est désormais clairement établi que le rappel d’ancienneté civile acquise antérieurement en qualité de volontaire, de vacataire ou de contractuel dans l’administration publique n’est valable qu’une seule fois dans le cadre de l’administration et sans possibilité de cumul. Cette disposition vise à prévenir toute double prise en compte de la même période de service et à garantir l’équité entre agents.
Sur le plan institutionnel, l’exécution du décret est confiée, chacun en ce qui le concerne, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de la Formation professionnelle et technique, au Ministre de l’Éducation nationale ainsi qu’au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public. Le texte devra être publié au Journal officiel pour entrer pleinement en vigueur.
Pour de nombreux acteurs du monde éducatif, cette décision est perçue comme un signal fort en direction des enseignants contractuels, souvent en première ligne dans les salles de classe, mais longtemps confrontés à l’instabilité de leur statut. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de modernisation de la Fonction publique et de valorisation des ressources humaines de l’État.

Affaire West Africa Energy : la Chambre d’accusation annule le renvoi de Samuel Amète Sarr et met fin à son mandat de dépôt

La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, réunie en audience le lundi 27 janvier 2026, a annulé l’ordonnance de renvoi de l’ancien ministre de l’Énergie, Samuel Amète Sarr, devant le tribunal de police correctionnelle. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats, Me Baboucar Cissé. Cette décision met également un terme à l’ordonnance de soit-communiqué rendue dans le cadre de la procédure dite West Africa Energy, dans laquelle Samuel Sarr avait été placé sous mandat de dépôt.

L’ordonnance annulée avait été prise par le juge d’instruction Makha Barry, du 2ᵉ cabinet du Tribunal de grande instance de Dakar, à l’issue de l’instruction ouverte contre l’ancien ministre. Saisie par la défense, la Chambre d’accusation a estimé que les conditions légales du renvoi devant la juridiction correctionnelle n’étaient pas réunies. En conséquence, elle a prononcé l’annulation de l’ordonnance de renvoi ainsi que de l’ensemble des actes subséquents qui en découlaient.

Cette décision marque un tournant majeur dans un dossier judiciaire très suivi. Depuis l’ouverture de la procédure, Samuel Amète Sarr n’a cessé de contester les faits qui lui étaient reprochés et de clamer son innocence. Pour la défense, cette annulation confirme l’existence d’irrégularités dans la conduite de l’instruction et valide les arguments développés devant la Chambre d’accusation. Les avocats de l’ancien ministre avaient notamment dénoncé une procédure entachée de manquements, évoquant un acharnement et un déficit d’impartialité dans le traitement du dossier.

Du côté de Samuel Amète Sarr, la décision est accueillie comme une victoire judiciaire majeure, susceptible de renforcer sa position tant sur le plan juridique que sur le plan de l’opinion. Elle ouvre également la voie à une remise en cause plus large de l’instruction telle qu’elle a été menée jusqu’ici.

En revanche, ce revers judiciaire constitue un coup dur pour les parties civiles, Moustapha Ndiaye et autres, engagées dans cette affaire, ainsi que pour l’instruction conduite par le magistrat saisi du dossier. L’annulation prononcée par la Chambre d’accusation fragilise leur position et relance le débat sur les conditions dans lesquelles la procédure a été engagée et conduite.

Affaire Softcare : 40 jours après, la vérité toujours attendue

Quarante jours se sont écoulés depuis le communiqué du ministère de la Santé annonçant l’envoi imminent d’une mission pour faire la lumière sur l’affaire Softcare. Le 18 décembre 2025, à la suite d’une inspection de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), les autorités sanitaires avaient promis des investigations « sans délai » afin d’établir les responsabilités et de rassurer l’opinion publique sur la sécurité des produits incriminés. Mais, à ce jour, aucune information officielle n’a été rendue publique.

Ni rapport d’enquête, ni conclusions, ni même une communication intermédiaire. Un silence que de nombreux acteurs de la société civile interprètent comme un signal inquiétant, d’autant plus que les produits Softcare continuent de circuler sur le marché national sans restriction apparente. Pour le Collectif « Lumière sur l’affaire Softcare », cette situation traduit une forme de désinvolture face à un enjeu majeur de santé publique.

Dans une déclaration rendue publique ce 26 janvier 2026 à Dakar, le collectif estime que ce mutisme dépasse le cadre d’un simple retard administratif. Il y voit un « choix politique », dénonçant une volonté de protéger des intérêts privés au détriment de la sécurité sanitaire des populations. Les membres du collectif rappellent que la santé publique ne peut être réduite à une logique marchande et que la transparence doit être la règle, en cohérence avec les principes de gouvernance prônés par les autorités actuelles.

Depuis la publication du communiqué ministériel, le collectif affirme avoir multiplié les initiatives pour obtenir des clarifications, notamment à travers une conférence de presse et des correspondances officielles adressées aux autorités compétentes. Ces démarches seraient, selon eux, restées sans réponse.

Face à ce qu’il qualifie de « silence méprisant », le Collectif Lumière sur l’affaire Softcare hausse le ton et brandit la menace d’actions plus radicales. Si aucune vérité n’est rendue publique et si aucune mesure concrète n’est prise dans les prochains jours, il annonce son intention d’appeler au boycott total des produits Softcare, ainsi qu’à l’organisation d’une grande manifestation devant le ministère de la Santé.

Pour les membres du collectif, la question dépasse largement le cas d’une seule entreprise. Elle touche au droit fondamental des citoyens à être informés et protégés, ainsi qu’à la crédibilité du système de contrôle sanitaire. « Il n’y aura pas de confiance sans vérité », martèlent-ils, estimant que la souveraineté sanitaire passe nécessairement par un contrôle citoyen effectif et par des institutions capables de rendre des comptes.

Alors que l’affaire continue d’alimenter l’inquiétude et les interrogations, l’attente se prolonge autour d’une prise de parole officielle des autorités sanitaires. Une communication claire et des décisions visibles pourraient, selon de nombreux observateurs, constituer un premier pas pour restaurer la confiance et dissiper les doutes qui entourent désormais le dossier Softcare.

Crise de l’eau et ODD 6 : Bassirou Diomaye Faye appelle à une accélération urgente des actions

À l’approche de l’échéance de 2030 fixée par l’Agenda des Nations Unies pour les Objectifs de développement durable (ODD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé une vive inquiétude quant au niveau d’atteinte de l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. À cinq ans seulement de cette échéance, le chef de l’État estime que les résultats enregistrés restent largement insuffisants au regard des ambitions initiales, appelant à une mobilisation plus forte et à une accélération significative des efforts.

S’exprimant lors de la réunion de haut niveau préparatoire à la Conférence des Nations Unies sur l’eau, le président Diomaye Faye a rappelé que l’ODD 6 occupe une place centrale dans l’architecture globale du développement durable. Selon lui, l’eau et l’assainissement constituent des piliers transversaux, dont dépendent directement la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, l’industrialisation, la protection de l’environnement et, plus largement, la dignité humaine. Faire progresser cet objectif, a-t-il insisté, revient donc à créer les conditions favorables à l’atteinte de l’ensemble des autres ODD.

Le chef de l’État a reconnu que des avancées ont été réalisées ces dernières années, notamment en matière d’accès à l’eau potable dans certaines zones urbaines et rurales, ainsi que dans l’amélioration progressive des infrastructures d’assainissement. Toutefois, il a souligné que ces progrès demeurent encore trop lents et inégalement répartis pour permettre d’espérer un respect des engagements d’ici 2030.

« À cinq ans de l’échéance, force est de constater que nous sommes loin des objectifs fixés, même si des progrès sont observés, prouvant que l’accélération des performances reste possible si nous agissons sur les bons leviers », a-t-il déclaré, invitant les États à repenser leurs stratégies et à renforcer leurs mécanismes de mise en œuvre.

Le président sénégalais a également mis l’accent sur la situation particulière du continent africain, qu’il considère comme l’un des épicentres de la crise mondiale de l’eau. Il a rappelé que l’Afrique est confrontée à une combinaison de défis structurels, parmi lesquels la croissance démographique rapide, l’urbanisation non maîtrisée, l’insuffisance des infrastructures et les effets de plus en plus visibles du changement climatique.

Selon Bassirou Diomaye Faye, cette vulnérabilité est d’autant plus injuste que l’Afrique demeure l’un des continents les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en subissant de manière disproportionnée les impacts des dérèglements climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et la raréfaction des ressources hydriques.

Face à ce constat, le chef de l’État a plaidé pour un engagement renforcé des partenaires internationaux, en faveur d’un financement plus conséquent et plus accessible des projets liés à l’eau et à l’assainissement. Il a également appelé à une meilleure coordination entre les États, les institutions multilatérales, le secteur privé et les communautés locales, afin de garantir des solutions durables, adaptées aux réalités de chaque territoire.

Pour le président Diomaye Faye, l’accès équitable et durable à l’eau potable et à l’assainissement ne doit plus être considéré comme un luxe, mais comme un droit fondamental et une priorité absolue de l’action publique. À ses yeux, l’urgence est désormais de transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables, afin d’éviter que l’ODD 6 ne devienne, en 2030, l’un des grands rendez-vous manqués du développement durable.

Forage offshore au Sénégal : un livre blanc alerte sur des menaces graves pour l’environnement et les communautés côtières

L’expansion des projets pétroliers et gaziers offshore au Sénégal pourrait avoir des conséquences lourdes et durables sur l’environnement, la santé publique et les moyens de subsistance des populations. C’est l’avertissement lancé dans un livre blanc publié par Waterkeeper Alliance, en partenariat avec Hann Baykeeper et Bargny Coast Waterkeeper, dans le cadre de la campagne « Sauver la mer et la pêche ». Le document dresse un tableau préoccupant des impacts actuels et potentiels des activités extractives en mer, pointant des risques majeurs pour les écosystèmes marins et les communautés côtières.

Selon les auteurs, les opérations de forage offshore exposent les populations à des dangers multiples, notamment à travers la pollution de l’eau, la dégradation des habitats marins et la perturbation des ressources halieutiques. Ces atteintes fragilisent directement la pêche artisanale, pilier de l’économie locale et principale source de revenus pour des milliers de familles. Le livre blanc souligne que ces impacts compromettent également la sécurité alimentaire, dans un contexte où de nombreuses communautés dépendent quasi exclusivement des produits de la mer pour leur alimentation.

Le document rappelle que ces menaces s’inscrivent dans une réalité environnementale déjà complexe. Les zones côtières sénégalaises sont confrontées à l’élévation du niveau de la mer, à l’érosion du littoral et aux effets du changement climatique. L’ajout d’activités pétrolières et gazières intensives accentuerait ces pressions, augmentant les vulnérabilités des populations les plus exposées.

Les organisations signataires dénoncent par ailleurs une injustice environnementale. Alors que des multinationales internationales tirent d’importants bénéfices de l’exploitation des ressources offshore, ce sont les communautés locales qui supportent l’essentiel des coûts sociaux et écologiques. Pollution, risques sanitaires, perte de revenus et dégradation du cadre de vie constituent le revers d’une activité dont les profits sont en grande partie externalisés.

Un autre aspect central du livre blanc concerne l’opacité entourant les mécanismes d’assurance des projets offshore. Les auteurs expliquent que la couverture d’assurance est un élément clé permettant le développement de ces projets, mais que très peu d’informations sont accessibles au public sur les garanties existantes au Sénégal. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité des opérateurs et de l’État à faire face à d’éventuels accidents majeurs, tels que des fuites d’hydrocarbures ou des marées noires, et à indemniser correctement les populations affectées.

Le document met également en garde contre les contradictions entre l’expansion des projets fossiles et les engagements climatiques du Sénégal. En misant fortement sur le pétrole et le gaz, le pays risque de retarder sa transition vers des énergies propres et de s’éloigner des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les auteurs estiment que cette orientation pourrait exposer le Sénégal à des risques économiques à long terme, notamment face à la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.

Face à ces constats, le livre blanc appelle à un changement de cap dans les politiques énergétiques nationales. Il recommande l’instauration d’un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers et gaziers offshore, ainsi que la suspension des plans d’expansion en cours. Les organisations plaident également pour l’arrêt des opérations actuelles, dans l’attente d’évaluations environnementales et sociales approfondies, transparentes et conformes aux normes internationales.

Enfin, les auteurs suggèrent la réalisation d’un audit national public des contrats et des mécanismes de financement liés aux combustibles fossiles, afin de renforcer la transparence, la responsabilité et la viabilité de la dette. À travers ce livre blanc, Waterkeeper Alliance et ses partenaires entendent encourager un débat national sur l’avenir énergétique du Sénégal, en mettant l’accent sur la protection de l’environnement, la justice sociale et un développement véritablement durable.

Crise à la RTS : le Synpics et le Synpap montent au créneau contre Pape Alé Niang

La tension reste vive au sein de la Radiotélévision Sénégalaise (RTS). Le bras de fer entre la Direction générale et les syndicats de travailleurs est loin de connaître son épilogue. Les sections locales du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) et du Syndicat des professionnels de l’audiovisuel public (Synpap) ont annoncé la tenue d’une conférence de presse, ce mercredi 28 janvier dans l’après-midi, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme de graves dysfonctionnements dans la gestion actuelle de l’entreprise publique.

Selon le journal Libération, les deux organisations syndicales appellent à une remobilisation générale de l’ensemble des travailleurs de la RTS. Objectif : attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur un malaise profond qui, selon elles, perdure depuis plusieurs mois et qui s’est accentué sous la direction de Pape Alé Niang.

Au cœur de cette contestation, l’intersyndicale évoque une série de « dérives managériales » qui compromettraient le bon fonctionnement de la maison et fragiliseraient le climat social. Les syndicats pointent notamment la suspension de certains accords conclus avec les travailleurs, sans concertation préalable, ainsi qu’une gouvernance jugée autoritaire et peu inclusive.

Le Synpics et le Synpap accusent également la Direction générale de pratiques qu’ils qualifient de « népotiques et nébuleuses », évoquant des soupçons de favoritisme dans les recrutements, les nominations et la gestion des ressources humaines. À cela s’ajouteraient, selon eux, des zones d’ombre dans la gestion financière de l’entreprise, alimentant un sentiment de méfiance et de frustration chez de nombreux agents.

Pour les syndicats, cette situation met en péril non seulement les droits et acquis des travailleurs, mais aussi la mission de service public de la RTS. Ils estiment que la télévision et la radio nationales ne peuvent pleinement jouer leur rôle d’information, d’éducation et de cohésion sociale dans un climat marqué par la défiance interne et l’instabilité.

À travers cette sortie médiatique annoncée, le Synpics et le Synpap entendent interpeller directement les plus hautes autorités de l’État afin qu’elles se saisissent du dossier et prennent les mesures nécessaires pour rétablir un climat social apaisé au sein de la RTS.

En attendant, la Direction générale n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations. Mais cette nouvelle escalade dans le bras de fer laisse présager des jours encore difficiles pour l’audiovisuel public sénégalais, déjà confronté à de nombreux défis structurels et financiers.

Sonko au Maroc : « Les incidents après la CAN doivent être considérés comme des excès isolés liés à l’émotion »

En visite officielle au Royaume du Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à apaiser les tensions nées à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, marquée par des incidents regrettables entre supporters. Reçu par son homologue marocain Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement sénégalais a rappelé la profondeur des relations historiques, politiques et humaines entre Dakar et Rabat, insistant sur la nécessité de ne pas laisser des débordements sportifs altérer une coopération solide et ancienne.

S’exprimant devant la presse, Ousmane Sonko a souligné que les violences observées après la CAN doivent être analysées avec discernement. Pour lui, il s’agit d’actes isolés, dictés par l’émotion intense qui entoure les grandes compétitions sportives, et non de l’expression d’une hostilité entre les peuples sénégalais et marocain. « Après la CAN, les incidents observés ici ou là doivent être considérés comme des excès isolés liés à l’émotion, et non comme des fractures profondes entre nos peuples. Le sport, par essence, est un puissant facteur de rapprochement et de fraternité, et ne saurait remettre en cause la solidité des relations entre le Sénégal et le Maroc », a déclaré le Premier ministre.

Cette prise de position vise à réaffirmer l’attachement des autorités sénégalaises à une diplomatie fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération. Ousmane Sonko a également salué l’accueil chaleureux réservé à la délégation sénégalaise, symbole de l’excellence des relations bilatérales entre les deux pays.

Arrivé à l’aéroport international de Rabat à bord d’un vol spécial affrété par Air Sénégal, le Premier ministre a été accueilli par Aziz Akhannouch ainsi que plusieurs responsables marocains. Ce geste protocolaire fort illustre la volonté partagée de renforcer davantage les liens entre Dakar et Rabat, notamment dans les domaines économique, diplomatique et culturel.

Dans la continuité de sa visite, Ousmane Sonko s’est rendu au mausolée de Mohamed V pour se recueillir à la mémoire du grand-père de l’actuel souverain marocain. Il était accompagné du ministre marocain porte-parole du gouvernement, Moustapha Baitas. Cet acte symbolique traduit le respect du Sénégal pour l’histoire du Royaume du Maroc et pour les figures emblématiques ayant contribué à façonner son identité.

À travers cette visite et ces déclarations, le chef du gouvernement sénégalais entend tourner la page des tensions post-CAN et recentrer les relations sénégalo-marocaines sur leurs fondamentaux : la fraternité, la coopération et la solidarité entre deux nations liées par une longue histoire commune.

Hydraulique rurale : le Sénégal lance la phase 2 du projet chinois de 60 milliards FCFA

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique d’amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé au lancement officiel de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable financé par la République populaire de Chine. La cérémonie s’est tenue à Diaglé, dans la commune de Toubacouta, marquant le démarrage effectif d’un programme d’envergure nationale destiné à renforcer durablement les infrastructures hydrauliques dans les zones rurales.

Doté d’un financement de 60 milliards de francs CFA, ce projet vise à réduire de manière significative les inégalités d’accès à l’eau entre les différentes régions du pays. Treize régions sont concernées par cette deuxième phase, faisant de Dakar la seule région non couverte par le programme, en raison de son niveau d’équipement relativement plus avancé. À travers cette initiative, l’État du Sénégal entend répondre à une demande sociale forte et améliorer les conditions de vie de millions de citoyens confrontés, au quotidien, aux difficultés d’approvisionnement en eau potable.

Lors de sa visite au forage de Diaglé, Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la dimension vitale et stratégique de ce projet. Il a rappelé que l’accès à l’eau constitue un droit fondamental et un levier essentiel pour le développement économique, la santé publique et la stabilité des communautés rurales. Selon lui, la mise en œuvre de cette phase 2 permettra de garantir une eau de qualité et en quantité suffisante à près de deux millions de Sénégalais à travers le territoire national.

Le ministre a également salué la qualité de la coopération entre le Sénégal et la République populaire de Chine, qu’il a qualifiée de partenariat solide et efficace. « Je remercie le gouvernement chinois pour son écoute et sa compréhension de la situation du Sénégal », a-t-il déclaré, soulignant que cet appui témoigne de la volonté des deux pays de travailler ensemble pour répondre aux besoins prioritaires des populations.

Dans la zone de Toubacouta, les retombées du projet sont déjà très attendues. Treize villages ont été directement intégrés dans le programme, avec des travaux portant notamment sur la réalisation de nouveaux forages, la réhabilitation d’ouvrages existants, l’extension des réseaux de distribution et l’installation de châteaux d’eau. À Diaglé, le ministre a constaté l’état d’avancement des travaux de réhabilitation et annoncé que l’eau devrait être disponible dans les robinets d’ici la fin du mois de février 2026.

Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, cette initiative devrait également contribuer à réduire la pénibilité des corvées d’eau, en particulier pour les femmes et les jeunes filles, souvent chargées de cette tâche dans les zones rurales. Elle devrait aussi favoriser le développement d’activités économiques locales, notamment l’agriculture, l’élevage et la transformation, grâce à une disponibilité accrue de la ressource.

Lutte contre le faux monnayage : Kaolack au cœur d’une saisie record de près de 5 milliards FCFA

La région de Kaolack vient d’être le théâtre d’une opération majeure dans la lutte contre le faux monnayage et les trafics illicites. Les unités douanières locales ont procédé à l’incinération d’une importante quantité de produits prohibés, dont des faux billets d’une valeur exceptionnelle estimée à 4,9 milliards de francs CFA. Une saisie qualifiée de record, qui porte la valeur globale des marchandises détruites à près de 6 milliards de francs CFA.

L’opération s’est déroulée en présence du Gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué la performance des services des douanes et mis en avant la portée stratégique de cette action. Pour l’autorité administrative, il s’agit d’une véritable démonstration de force de l’État face aux réseaux criminels qui tentent de s’implanter durablement dans les territoires.

Selon les chiffres officiels communiqués, les faux billets représentent l’essentiel des produits saisis, illustrant l’ampleur du phénomène de contrefaçon monétaire dans la zone. À ces coupures frauduleuses s’ajoutent d’autres marchandises illicites issues de divers trafics, dont la nature n’a pas été détaillée, mais qui participent, selon les autorités, à alimenter une économie souterraine aux conséquences graves pour la stabilité économique et sécuritaire du pays.

Pour Mouhamadou Moctar Watt, ces résultats sont le fruit d’un engagement constant des unités douanières dans la lutte contre ce qu’il qualifie « d’économie criminelle ». Il estime que cette économie parallèle constitue une menace directe pour la sécurité nationale, en fragilisant les circuits financiers, en favorisant la criminalité organisée et en portant atteinte à la confiance dans la monnaie.

Le Gouverneur a également tenu à rappeler que le rôle de la Douane sénégalaise dépasse largement la seule mission de collecte de recettes. Longtemps perçue principalement comme une administration fiscale, la Douane s’affirme de plus en plus comme un acteur central de la chaîne sécuritaire nationale.

« Il faudra y décrypter un ensemble de messages », a déclaré Mouhamadou Moctar Watt au micro d’iRadio, avant de préciser que cette opération montre clairement que la douane a toute sa place dans le dispositif de sécurité du pays. « Cela montre également qu’au-delà de la perception des recettes, la douane est véritablement un rempart contre le développement de l’économie criminelle au niveau de nos territoires », a-t-il insisté.

Cette saisie record intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises multiplient les actions pour assécher les circuits de financement des réseaux criminels. Elle illustre, selon les responsables, la montée en puissance des capacités opérationnelles des services de contrôle et la volonté de l’État de renforcer la surveillance aux frontières comme à l’intérieur du pays.

Santé : And Gueusseum décrète la radicalisation et annonce 96 heures de grève sans service minimum

L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) – And Gueusseum durcit le ton. Face à ce qu’elle qualifie de « mépris persistant » des autorités gouvernementales, la coalition syndicale a annoncé une radicalisation de son mouvement, marquée par un nouveau plan d’actions comprenant notamment 96 heures de grève totale sans service minimum, ainsi qu’un boycott prolongé de plusieurs programmes de santé.

Dans son « Communiqué de grève n°5 », publié ce dimanche, le Directoire national d’And Gueusseum dresse un bilan qu’il juge largement positif de ses récentes mobilisations. Selon le syndicat, les débrayages des 21, 22 et 23 janvier ont été suivis à hauteur de 80 à 90 % sur l’ensemble du territoire national. Malgré quelques « défaillances » relevées notamment à Dakar et à Dioffior, les leaders syndicaux estiment que l’impact sur le fonctionnement du système hospitalier a été « majeur ».

Pour And Gueusseum, cette forte mobilisation démontre que la coalition « pèse et compte » dans le paysage syndical et impose, selon elle, une intervention urgente de l’État afin d’apurer ce qu’elle qualifie de « passif social moralement imprescriptible ». Le syndicat affirme que les multiples alertes adressées aux autorités sont restées sans réponse concrète, alimentant ainsi la colère des travailleurs de la santé.

Dans un ton à la fois symbolique et interpellateur, And Gueusseum a tenu à féliciter les Lions du football, doubles champions d’Afrique, tout en soulignant un contraste saisissant avec la situation du secteur sanitaire. « Pendant que le peuple exulte, des millions de Sénégalais sont privés de soins », dénonce la coalition, qui affirme que les différentes grèves ont déjà entraîné 268 heures cumulées de rupture de service.

Le syndicat rejette également l’argument avancé par le gouvernement faisant état d’un « pays en ruine et surendetté ». À l’inverse, il pointe ce qu’il considère comme un « train de vie dispendieux » de l’exécutif et du parlement, qu’il juge incompatible avec les discours de rigueur budgétaire. And Gueusseum met aussi en avant plusieurs dossiers sociaux restés sans solution, notamment le sort des 120 hectares de Daga-Kholpa promis en 2021 aux victimes du programme SUTSAS-Namora, l’absence de délivrance de certains actes administratifs, la privation de l’indemnité de logement pour les contractuels des collectivités territoriales et des établissements publics de santé, ainsi que les insuffisances en matière de protection sociale.

La coalition appelle par ailleurs à une jonction des luttes syndicales, notamment contre le projet d’allongement de l’âge de la retraite à 65 ans, qu’elle considère comme une mesure socialement injuste.

Face à ce qu’elle qualifie de « conspiration du silence étatique », And Gueusseum annonce un sixième plan d’actions. Celui-ci prévoit, du 28 janvier au 9 février, une tournée nationale accompagnée d’assemblées générales. Du 10 au 13 février, une grève totale de 96 heures sera observée sans service minimum. À partir du 28 février, un boycott des programmes de santé, des réunions de coordination et des supervisions est annoncé pour une durée de trois mois, soit jusqu’au 28 mai.

Enfin, And Gueusseum met en garde les directeurs d’hôpitaux et les autorités administratives contre toute tentative de sanction, de réquisition ou de pression jugée illégale sur les agents grévistes. Le syndicat réaffirme sa détermination à s’inscrire dans une lutte de longue durée pour la défense des droits, de la dignité et des conditions de travail des professionnels de santé.

Riziculture : Mabouba Diagne lance la campagne de saison sèche 2026 et prône la souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a officiellement lancé, ce samedi à Saint-Louis, la campagne de saison sèche chaude 2026 dans la vallée du fleuve Sénégal. La cérémonie s’est déroulée en marge d’un atelier organisé par la Société d’aménagement des terres du delta et de la Falémé (SAED), en présence des acteurs du secteur agricole, des autorités administratives et des partenaires techniques.

Ce lancement marque une étape importante dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la production rizicole nationale et à réduire la forte dépendance du Sénégal aux importations de riz. Face aux producteurs, le ministre a tenu un discours sans détour, appelant à un sursaut collectif pour relever les défis persistants liés à la productivité, à la transformation et à la commercialisation du riz local.

Malgré les progrès enregistrés lors des dernières campagnes agricoles, Mabouba Diagne a rappelé que le pays continue d’importer plus d’un million de tonnes de riz blanc chaque année. Une situation qu’il juge préoccupante, tant sur le plan économique que stratégique. Selon lui, cette dépendance excessive pèse lourdement sur la balance commerciale nationale et expose le Sénégal aux fluctuations d’un marché international de plus en plus instable et spéculatif.

Pour le ministre, il est désormais impératif de rompre avec ce modèle. Il a souligné que le contexte mondial actuel, marqué par les crises géopolitiques, climatiques et économiques, impose au Sénégal de renforcer sa souveraineté alimentaire. « Cette dépendance est un risque que nous ne pouvons plus courir », a-t-il martelé, appelant les acteurs de la filière riz à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique.

C’est dans cette optique, a-t-il expliqué, que le gouvernement a engagé un changement de paradigme dans l’appui au secteur agricole. Il ne s’agit plus d’interventions ponctuelles et dispersées, mais d’une approche intégrée, structurée et durable, capable de transformer en profondeur les chaînes de valeur agricoles. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la Stratégie de Souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034), elle-même alignée sur l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

À travers cette stratégie, les autorités ambitionnent d’intensifier les chaînes de valeur agricoles, de renforcer la résilience des territoires ruraux et de réduire de manière significative la dépendance du pays aux importations alimentaires. Dans ce schéma, la riziculture occupe une place centrale, compte tenu de son importance dans l’alimentation des Sénégalais et de son potentiel économique.

Mabouba Diagne a particulièrement mis en avant les atouts de la vallée du fleuve Sénégal, qu’il considère comme un levier stratégique majeur. Grâce à ses ressources naturelles abondantes, à la maîtrise de l’eau et aux infrastructures existantes, la zone dispose, selon lui, d’un potentiel exceptionnel pour faire du Sénégal un pays autosuffisant en riz, voire un acteur compétitif sur le marché sous-régional.

En lançant la campagne de saison sèche chaude 2026, le ministre a ainsi réaffirmé la volonté de l’État d’accompagner les producteurs, tout en les invitant à redoubler d’efforts pour améliorer les rendements et la qualité de la production. Un message clair qui traduit l’ambition des autorités de faire de la riziculture un pilier de la souveraineté alimentaire et du développement économique du pays.

Météo : l’ANACIM met en garde contre une houle dangereuse attendue du 25 au 26 janvier 2026

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a lancé une alerte concernant une houle dangereuse qui affectera les côtes sénégalaises à partir du dimanche 25 janvier 2026 à 18 heures jusqu’au lundi 26 janvier 2026 à la même heure. Cette alerte a été publiée ce samedi 24 janvier dans le bulletin de prévision météorologique de l’agence.

Selon l’ANACIM, les zones concernées par ce phénomène maritime s’étendent principalement autour de Dakar, avec un rayon d’environ 75 kilomètres sur la Grande Côte et près de 80 kilomètres sur la Petite Côte. La houle annoncée, en provenance du secteur Nord-Ouest, pourrait atteindre une hauteur significative d’environ 2,5 mètres, rendant les conditions en mer particulièrement dangereuses.

Cette situation représente un risque élevé pour les pêcheurs, les plaisanciers, les transporteurs maritimes ainsi que pour les populations vivant ou circulant dans les zones côtières exposées. Les fortes vagues pourraient provoquer des submersions locales, une érosion accrue du littoral et des difficultés de navigation, notamment pour les embarcations de petite taille.

Face à ces conditions météorologiques défavorables, les autorités appellent à la plus grande prudence. L’ANACIM recommande d’éviter toute sortie en mer durant la période concernée, de redoubler de vigilance le long des côtes et de se conformer strictement aux consignes émises par les autorités compétentes. Elle invite également les populations riveraines à suivre l’évolution de la situation à travers les bulletins météorologiques officiels.

L’agence rappelle enfin que le respect des mesures de prévention et des alertes météorologiques demeure essentiel afin de limiter les risques pour les personnes et les biens, dans un contexte où les phénomènes maritimes peuvent évoluer rapidement.

UGB : les étudiants observent 24 heures de cessation des activités pédagogiques pour exiger des réponses urgentes

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis fait face à une nouvelle zone de turbulence. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 24 heures de cessation de toutes les activités pédagogiques, assorties de 24 heures de journées sans tickets, non renouvelables, à titre d’alerte. Cette décision, annoncée dans un communiqué rendu public le 23 janvier, vise à interpeller les autorités sur ce que les étudiants qualifient de « manque de considération » et d’« inertie prolongée » face à leurs préoccupations.

Selon la CESL, cette action intervient après plusieurs tentatives infructueuses de dialogue avec les autorités compétentes. La coordination rappelle qu’à l’issue de la dernière crise universitaire, un certain nombre de difficultés majeures avaient été clairement exposées, donnant lieu à des engagements pris par les autorités. Toutefois, plusieurs mois après ces promesses, les étudiants affirment ne constater aucune avancée concrète dans la résolution des problèmes soulevés.

Dans le cadre du suivi de sa plateforme revendicative, la CESL dit observer avec une profonde inquiétude l’absence de réponses institutionnelles. À en croire la coordination, aucun cadre d’échange effectif n’a, à ce jour, permis d’apporter des éclaircissements sur les solutions attendues. Cette situation alimente un climat de frustration et de mécontentement au sein de la communauté estudiantine, qui estime que ses revendications légitimes sont reléguées au second plan.

Face à ce qu’elle considère comme une forme de désintérêt des autorités, la CESL exige une rencontre urgente avec l’autorité compétente afin de discuter sérieusement des préoccupations des étudiants et d’aboutir à des solutions durables. La coordination prévient également que si les autorités continuent de « lambiner » sur les questions soulevées, elle se réserve le droit de durcir le mouvement. Elle affirme être prête à user de tous les moyens de lutte syndicale pour rétablir les étudiants dans leurs droits.

Malgré la fermeté de sa position, la CESL réaffirme son attachement au dialogue et à la recherche de solutions pacifiques. Elle se dit pleinement engagée et disponible pour défendre la cause estudiantine, tout en appelant les autorités à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une nouvelle crise susceptible de perturber durablement le fonctionnement de l’Université Gaston Berger.

COUD : des armes découvertes dans des chambres d’étudiants, le ministre Daouda Ngom annonce des sanctions fermes

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a tiré la sonnette d’alarme après la découverte d’armes blanches et d’objets dangereux dans certaines chambres d’étudiants au sein des résidences universitaires du Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD). Les faits ont été révélés à la suite d’opérations de contrôle récemment menées par les agents de sécurité de l’établissement.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 23 janvier, le ministre Daouda Ngom a exprimé sa vive préoccupation face à la présence de tels objets dans un environnement académique. Il a rappelé avec insistance que l’université doit rester un espace dédié au savoir, à la tranquillité, à la liberté intellectuelle et à la sécurité, loin de toute forme de violence ou de menace.

Selon le ministre, l’introduction, la détention ou l’usage d’armes, qu’il s’agisse d’armes blanches ou de tout autre objet contondant, est strictement interdite dans les établissements d’enseignement supérieur. Il estime que ces pratiques constituent non seulement une violation grave des règlements universitaires, mais également un danger réel pour la sécurité des étudiants, du personnel administratif et des enseignants.

Face à cette situation jugée préoccupante, Daouda Ngom a annoncé le renforcement des mesures préventives, en étroite collaboration avec les autorités académiques et les forces de sécurité de l’État. Ces actions viendront compléter les campagnes de sensibilisation déjà engagées auprès des étudiants afin de promouvoir un climat de paix et de respect mutuel sur les campus universitaires.

Le ministre a également été clair sur les conséquences à venir. Des mesures disciplinaires et pénales seront envisagées contre toute personne dont la responsabilité sera établie dans la détention ou l’usage de ces objets prohibés. Il a précisé que la tolérance zéro sera appliquée pour préserver l’ordre et la sécurité au sein des universités publiques.

En conclusion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé un appel solennel à l’endroit de l’ensemble des étudiants, les invitant à faire preuve de responsabilité, à renoncer à toute forme de violence et à s’engager activement dans la préservation de la cohésion sociale et de la sécurité au sein des espaces universitaires.

Réorganisation de l’espace public : le ministre de l’Intérieur fixe de nouvelles instructions à Dakar

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a présidé, ce jeudi 23 janvier 2026, une importante réunion de commandement avec les autorités administratives de la région de Dakar. La rencontre, qui s’est tenue en présence du Gouverneur de Dakar, des préfets et des sous-préfets, s’inscrit dans le cadre du suivi et de l’évaluation des opérations de réorganisation de l’espace public engagées par l’État.

Selon une note du ministère de l’Intérieur, cette réunion stratégique a également enregistré la participation de hauts responsables des forces de sécurité, notamment le Directeur général de l’administration territoriale, le Directeur général adjoint de la Police nationale ainsi que le Directeur de la Sécurité publique. L’objectif était de faire le point sur les actions déjà menées sur le terrain et d’apprécier leur impact sur l’ordre public, la mobilité urbaine et la sécurité des citoyens.

Au cours des échanges, le ministre Mouhamadou Bamba Cissé a salué l’engagement et le professionnalisme des autorités administratives et des autres acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette politique de réorganisation. Il a félicité les équipes pour la qualité du travail accompli, tout en soulignant la nécessité de consolider les acquis à travers un suivi rigoureux et coordonné des opérations en cours.

Toutefois, le ministre a insisté sur l’importance d’une approche équilibrée, combinant fermeté dans l’application des décisions de l’État et pédagogie à l’endroit des populations concernées. À cet effet, de nouvelles instructions ont été données afin de maintenir la dynamique enclenchée et de renforcer les campagnes de sensibilisation. Le ministère recommande une implication accrue de l’ensemble des acteurs concernés, notamment les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, ainsi que les organisations communautaires.

Cette réorganisation de l’espace public vise, selon les autorités, à restaurer l’ordre, améliorer la circulation, sécuriser les zones sensibles et garantir une meilleure cohabitation entre les différents usagers de la voie publique. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation de la gouvernance urbaine, en particulier dans la capitale, confrontée à une forte pression démographique et à des défis croissants en matière de sécurité et de mobilité.

Le ministère de l’Intérieur assure que ces mesures se poursuivront dans le respect des lois et règlements en vigueur, tout en appelant les citoyens à la collaboration et au civisme pour une occupation harmonieuse et responsable de l’espace public.

Santé fragile : les visites à Farba Ngom temporairement suspendues

La cellule de communication du député-maire Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a annoncé la suspension temporaire de toutes les visites à son encontre, invoquant des raisons strictement médicales. L’information a été rendue publique à travers un communiqué daté du 22 janvier, dans lequel il est fait état d’un « état de santé particulièrement fragile » nécessitant des mesures de précaution renforcées.

Selon la note transmise à la presse, cette décision intervient à la suite d’avis médicaux formels émis par les médecins traitants de l’élu, avis également appuyés par les recommandations de ses conseils juridiques. Dans ce contexte, il a été jugé indispensable de suspendre provisoirement toute forme de visite afin de garantir des conditions optimales de prise en charge sanitaire.

La cellule de communication précise que cette mesure est exclusivement médicale et préventive. Elle vise avant tout à préserver l’intégrité physique et morale de Farba Ngom, dans un cadre de suivi rigoureux exigeant repos, sérénité et stabilité. Les proches du député-maire insistent sur le fait qu’aucune autre considération ne motive cette décision, qui s’inscrit dans une logique de protection de sa santé.

Dans le même communiqué, Farba Ngom a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères à l’ensemble du peuple sénégalais, en général, et aux populations du Fouta, en particulier. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’endroit de la diaspora pour les nombreux témoignages de solidarité, de fidélité et d’affection reçus depuis près de onze mois, traduisant, selon ses proches, un soutien constant et indéfectible.

Enfin, la cellule de communication indique que toute évolution relative à l’état de santé du député-maire ou aux modalités de visites fera l’objet d’une communication officielle ultérieure. En attendant, elle appelle à la compréhension et au respect strict de cette période de repos, jugée cruciale pour le rétablissement de Farba Ngom.

Propos blessants : l’Université Internationale de Casablanca présente ses excuses et écarte l’enseignante mise en cause

L’Université Internationale de Casablanca (UIC) est sortie de son silence après la controverse suscitée par des propos jugés blessants et largement relayés sur les réseaux sociaux, attribués à l’une de ses enseignantes. Dans un communiqué officiel rendu public, l’établissement universitaire a présenté ses excuses à l’ensemble de sa communauté ainsi qu’à toutes les personnes qui ont pu se sentir choquées ou offensées par ces déclarations.

Tout en précisant que les propos incriminés ont été tenus à titre strictement personnel et en dehors de tout cadre institutionnel, l’UIC affirme assumer pleinement sa responsabilité morale en tant qu’institution académique et éducative. L’université reconnaît l’émotion légitime suscitée par cette affaire et regrette profondément l’impact qu’elle a pu avoir, tant au sein de la communauté universitaire qu’au-delà.

Dès que les faits ont été portés à sa connaissance, la direction de l’UIC indique avoir agi avec diligence, sérieux et fermeté. Un examen rigoureux de la situation a été engagé, débouchant sur une décision qualifiée de ferme et définitive. L’enseignante mise en cause a ainsi été écartée et n’exerce désormais plus aucune fonction au sein de l’Université Internationale de Casablanca. Cette mesure, selon l’établissement, a été prise dans le strict respect du Code de conduite interne et du cadre réglementaire en vigueur.

Dans son communiqué, l’UIC tient à réaffirmer son identité d’université panafricaine fondée sur des valeurs non négociables. Elle insiste notamment sur son attachement au respect de la dignité humaine, à la diversité, à la tolérance et au vivre-ensemble, qui constituent, selon elle, le socle même de son projet éducatif. L’institution souligne que ces principes doivent guider le comportement de l’ensemble de ses collaborateurs, aussi bien dans le cadre professionnel que dans leur expression publique.

L’université assure par ailleurs que toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin de garantir la continuité des enseignements et le bon déroulement des activités académiques dans un environnement serein, sûr et respectueux. Elle se dit pleinement mobilisée pour préserver un cadre inclusif et protecteur pour l’ensemble de sa communauté, composée d’étudiants, d’enseignants et de personnels administratifs.

Enfin, l’Université Internationale de Casablanca lance un appel à l’apaisement, au sens des responsabilités et au respect mutuel. Elle affirme vouloir tirer toutes les leçons de cet épisode afin de renforcer ses mécanismes de prévention et d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise à l’avenir.

Marche pacifique à Thiès : le G7 hausse le ton et exige le respect des accords signés avec l’État

Les syndicats regroupés au sein du G7 sont descendus dans la rue ce jeudi à Thiès pour une marche pacifique visant à dénoncer le non-respect des accords signés avec l’État. Au moment où ces lignes sont écrites, les manifestants battent le macadam dans les principales artères de la ville, affichant leur détermination à obtenir des réponses concrètes du gouvernement face à des revendications qu’ils jugent légitimes et urgentes.

À travers cette mobilisation, le G7 entend rappeler aux autorités la nécessité de respecter leurs engagements, notamment en ce qui concerne le paiement à temps des salaires des enseignants et des indemnités liées aux examens. Les syndicats exigent également une implication effective du G7 dans les activités du ministère de l’Éducation nationale, dénonçant une mise à l’écart systématique lors de la validation de documents stratégiques et d’autres cadres de concertation.

Les responsables syndicaux pointent du doigt l’important passif social accumulé par l’État, en particulier le retard dans la signature de nombreux décrets issus des accords conclus. Ils fustigent également la persistance de lourdeurs administratives qui entravent l’application effective des décisions prises, ainsi que l’iniquité salariale persistante au détriment du secteur de l’Éducation et de la Formation. À cela s’ajoutent les problèmes récurrents de surimposition sur les rappels de salaires et les indemnités, une situation jugée injuste par les travailleurs.

Dans leur déclaration, les syndicats du G7 exigent du gouvernement la prise en charge immédiate de l’ensemble de ces préoccupations et l’ouverture de négociations sérieuses autour de plusieurs points jugés prioritaires. Ils dénoncent notamment les retards persistants dans le paiement des salaires des enseignants contractuels, constatés ces derniers mois, ainsi que le non-versement ou le retard de paiement des indemnités d’examens, en particulier dans la formation professionnelle et technique. Sont également concernés les professeurs d’Éducation physique et sportive des inspections d’académie de Dakar, Rufisque et Pikine-Guédiawaye, les acteurs de la surveillance du baccalauréat, ainsi que les intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025.

Le G7 dénonce par ailleurs son exclusion des activités du ministère de l’Éducation nationale, regrettant de ne pas être associé à la validation des documents stratégiques du NITHE et à d’autres initiatives majeures du secteur. Les syndicats critiquent ce qu’ils qualifient de dilatoire du gouvernement dans l’apurement du passif social et déplorent l’absence de mesures concrètes pour corriger le système de rémunération actuel.

Parmi les autres revendications figurent l’absence de prise en charge de la supervision des examens du CFEE et du BFEM par les inspecteurs, ainsi que les nombreuses difficultés liées à l’organisation des examens du CAP et du CEAP, marquées par des irrégularités, des retards et le non-respect de l’échéance de décembre pour la publication des arrêtés. Le G7 réclame également la révision des nouvelles dispositions du G50, jugées inadaptées, et dénonce la persistance de nombreux cas de surimposition.

Les syndicats attirent aussi l’attention sur l’inexistence de budgets de fonctionnement dans les écoles et établissements, la non-fonctionnalité du comité de suivi des accords, ainsi que le retard dans l’octroi de parcelles viabilisées ou non viabilisées et la délivrance des titres de propriété aux syndicats bénéficiaires. Ils pointent également la non-prise en charge des bourses de formation des élèves-professeurs de l’ENAMC, la nécessité de réviser les statuts du personnel des écoles sénégalaises en Gambie, le non-paiement des indemnités des professeurs exerçant dans les LYNAQE et les difficultés rencontrées par les ayants droit pour l’obtention des prêts DMC auprès des banques.

Dans la foulée, le G7 a vivement dénoncé l’inertie qu’il juge inacceptable dans la mise en œuvre des accords relatifs à l’habitat social, aux cotisations sociales des enseignants contractuels, à la digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, au retour des budgets dans le préscolaire et l’élémentaire, ainsi qu’au relèvement des budgets des établissements du moyen secondaire. Les syndicats réclament également le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, la réouverture sans délai de l’EFA de Ndindy 2 et l’ouverture de discussions sérieuses sur la réforme des retraites.

Justice et numérique : Jean-Louis Toupane met en garde contre une modernisation déshumanisée

La modernisation numérique de la justice constitue une avancée majeure, mais elle ne saurait se faire au détriment de ses principes fondamentaux. C’est le message fort délivré par le procureur général près la Cour suprême, Jean-Louis Toupane, lors de la cérémonie de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, tenue ce jeudi 22 janvier 2025. Face à un auditoire composé de magistrats, d’acteurs judiciaires et de responsables institutionnels, le haut magistrat a appelé à une transition technologique mesurée, éthique et profondément humaine.

Reconnaissant les opportunités offertes par le numérique, Jean-Louis Toupane a souligné que des innovations telles que la dématérialisation des procédures, la gestion électronique des dossiers ou encore l’accès rapide à l’information juridique représentent de véritables leviers pour rapprocher la justice du citoyen. Selon lui, ces outils peuvent contribuer à améliorer l’efficacité du service public judiciaire, réduire les délais de traitement des affaires et renforcer la transparence dans le fonctionnement des juridictions.

Toutefois, le procureur général a tenu à introduire une réflexion critique sur les risques inhérents à une numérisation mal maîtrisée. Il a averti que la modernisation, si elle est conduite sans discernement, pourrait engendrer de nouveaux déséquilibres et, paradoxalement, créer des formes inédites d’injustice. « La modernisation ne doit pas créer de nouvelles formes d’injustice », a-t-il insisté, appelant à la vigilance face à une transformation technologique qui pourrait exclure les plus vulnérables.

Pour Jean-Louis Toupane, une justice excessivement numérisée, dépourvue d’un accompagnement humain suffisant, risque d’accentuer les inégalités d’accès au droit. Dans un contexte où tous les citoyens ne disposent pas des mêmes compétences numériques ni des mêmes moyens technologiques, le numérique ne doit en aucun cas devenir une barrière supplémentaire entre le juge et le justiciable. « Le numérique ne doit être ni une distance entre le juge et le justiciable, ni un prétexte pour réduire l’acte de rendre la justice à une simple formalité technique », a-t-il martelé.

Au-delà des enjeux d’accès, le procureur général a placé la question éthique au centre du débat sur la justice numérique. Il a rappelé que la transition technologique pose des défis majeurs qui engagent directement la responsabilité des magistrats et des décideurs publics. La protection rigoureuse des données personnelles, la transparence des algorithmes utilisés, la fiabilité technique des outils déployés et le respect strict des libertés individuelles figurent, selon lui, parmi les exigences incontournables d’une justice modernisée.

Réaffirmant la primauté des valeurs judiciaires, Jean-Louis Toupane a mis en garde contre une logique de performance technologique qui primerait sur l’équité et l’humanité. « La justice ne peut se permettre de sacrifier ses principes fondamentaux sur l’autel de la performance technologique », a-t-il rappelé avec fermeté, soulignant que la technologie doit rester un outil au service de la justice, et non l’inverse.

Dans un monde en mutation rapide, le procureur général a réaffirmé le rôle central du juge comme garant de la cohésion sociale et de l’État de droit. Pour réussir ce tournant numérique, il a préconisé une approche équilibrée et progressive, fondée sur la formation continue des acteurs judiciaires, l’accompagnement pédagogique des citoyens et, surtout, le maintien d’un lien humain fort au cœur de l’institution judiciaire.

Enfin, Jean-Louis Toupane a insisté sur le caractère inclusif que doit revêtir toute réforme de la justice. Selon lui, l’efficacité d’une modernisation ne se mesure pas uniquement à la rapidité ou à la sophistication des outils, mais à sa capacité à renforcer la confiance du citoyen dans l’institution judiciaire. Une transition réussie est celle qui garantit l’égalité de tous devant la loi, qu’elle soit rendue dans un cadre physique ou digital, sans laisser personne au bord du chemin.

Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux : Bassirou Diomaye Faye engage la justice sénégalaise sur la voie du numérique, de l’éthique et de la souveraineté

La justice sénégalaise amorce un tournant décisif. Ce jeudi 22 janvier 2026, à l’occasion de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours de fond qui fixe les grandes orientations de l’institution judiciaire face aux mutations profondes de la société contemporaine. Placée sous le thème « Le juge face aux défis du numérique », cette cérémonie a été l’occasion pour le Chef de l’État de tracer une vision ambitieuse, articulée autour de la modernisation technologique, de la préservation des valeurs éthiques et du renforcement de la souveraineté judiciaire.

D’emblée, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la justice ne peut plus rester en marge de l’évolution numérique qui transforme l’administration, l’économie et les rapports sociaux. Pour lui, les attentes des citoyens sont claires : une justice plus rapide, plus accessible, plus transparente et mieux adaptée aux réalités du temps. La dématérialisation des procédures judiciaires, la gestion électronique des dossiers et l’archivage numérique s’imposent désormais comme des nécessités structurelles, et non comme de simples innovations accessoires. Le Président a insisté sur le fait que le numérique constitue un levier essentiel pour réduire les délais de traitement des affaires, améliorer la traçabilité des procédures et renforcer la confiance du public dans l’institution judiciaire.

Cependant, le Chef de l’État a tenu à poser des garde-fous clairs. Si la technologie peut être un puissant outil d’accompagnement, elle ne doit jamais prendre le pas sur l’essence même de l’acte de juger. Bassirou Diomaye Faye a rappelé avec fermeté que la justice repose avant tout sur le discernement humain, la conscience morale et l’impartialité du magistrat. L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne saurait se substituer à la responsabilité du juge. Elle doit rester un instrument d’aide à la décision, jamais un décideur. Le Président a ainsi mis en garde contre toute automatisation excessive qui risquerait de fragiliser l’égalité des justiciables devant la loi et de déshumaniser la justice.

Dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance de la cybercriminalité, la question de la sécurité des données judiciaires a occupé une place centrale dans le discours présidentiel. Le passage du support papier au numérique expose la justice à de nouveaux risques, notamment la manipulation des preuves, le piratage des systèmes et les atteintes à la confidentialité des délibérations. Pour y faire face, Bassirou Diomaye Faye a appelé à la mise en place de mécanismes robustes de sécurisation, tels que la signature électronique et l’horodatage, afin de garantir l’authenticité, l’intégrité et l’inviolabilité des pièces judiciaires.

Au-delà de la sécurité technique, le Président a insisté sur un enjeu stratégique majeur : la souveraineté numérique de la justice sénégalaise. Il a plaidé pour la création d’infrastructures nationales de stockage sécurisé, un véritable « cloud judiciaire » sénégalais, destiné à protéger les données sensibles contre toute ingérence extérieure ou dépendance technologique excessive. Pour le Chef de l’État, la souveraineté judiciaire ne se limite plus à l’indépendance institutionnelle ; elle passe désormais aussi par la maîtrise des outils numériques et des données.

La modernisation de la justice ne saurait toutefois être complète sans un investissement massif dans le capital humain. Bassirou Diomaye Faye a souligné l’importance cruciale de la formation continue des magistrats et de l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire. Le juge d’aujourd’hui doit être capable de comprendre et de traiter des infractions de plus en plus complexes, liées notamment à la cybercriminalité, à la fraude bancaire, à l’usurpation d’identité ou encore au cyberharcèlement. Face à l’intelligence artificielle, les magistrats sont appelés à développer une véritable vigilance critique, afin d’en exploiter les avantages sans en subir les dérives.

Le Chef de l’État a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à doter les juridictions d’équipements modernes et adaptés, afin de permettre aux magistrats d’exercer leur mission dans de meilleures conditions. L’objectif est clair : mettre fin aux lenteurs excessives, améliorer l’efficacité du service public de la justice et répondre plus rapidement aux attentes des citoyens.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a présenté cette transformation comme une exigence à la fois morale, institutionnelle et démocratique. La modernisation numérique de la justice doit contribuer à renforcer la transparence, l’accessibilité et la crédibilité de l’institution, tout en consolidant le lien de confiance entre la justice et les citoyens. Le Président a ainsi appelé à bâtir une justice « au nom du peuple et pour le peuple », ancrée dans ses valeurs fondamentales, mais pleinement engagée dans son époque, où la technologie sert l’éthique et où le progrès renforce l’État de droit.

Dossier AEE Power : l’ASER obtient l’annulation de la décision de l’ARCOP par la Cour suprême

L’affaire opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et la société AEE Power Sénégal connaît un tournant judiciaire majeur. Ce mercredi 21 janvier, la Cour suprême a annulé la décision de l’ARCOP qui avait donné raison à AEE Power au détriment de l’ASER, mettant ainsi un coup d’arrêt à un contentieux qui aura duré plus de quinze mois.

L’annonce de cette décision a été accueillie avec soulagement et satisfaction du côté de l’ASER. Son directeur général, Jean-Michel Sène, n’a pas caché sa joie, estimant que cette issue marque la fin d’un long épisode de controverses, de pressions et de batailles judiciaires autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale du Sénégal. « Après 15 longs mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire sur le dossier AEE Power, l’ASER vient d’obtenir, à l’instant, l’annulation de la décision de l’ARCOP par la Cour suprême. Le dossier est désormais vide », a-t-il déclaré, affirmant qu’« un temps de vérité s’ouvre désormais ».

À l’origine de cette affaire figure un vaste marché d’électrification rurale, estimé à plus de 90 milliards de francs CFA, destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones du pays. La société AEE Power Sénégal soutenait avoir été injustement écartée de la procédure par l’ASER, accusant l’Agence d’avoir privilégié une négociation directe avec une représentation espagnole de la même entreprise. Selon ces accusations, une avance de démarrage de l’ordre de 37 milliards de francs CFA aurait même été débloquée à travers la banque espagnole Santander, un élément qui avait fortement alimenté la polémique.

Saisie de ce différend, l’ARCOP avait initialement donné raison à AEE Power, condamnant l’ASER et remettant en cause la régularité de la procédure. Estimant être victime d’une décision injuste et infondée, l’ASER, sur requête de l’Agent judiciaire de l’État, avait alors décidé de porter l’affaire devant la Cour suprême afin d’obtenir l’annulation des décisions du régulateur de la commande publique. La haute juridiction a finalement tranché en faveur de l’Agence d’électrification rurale, annulant la décision de l’ARCOP et rebattant ainsi complètement les cartes dans ce dossier sensible.

Pour Jean-Michel Sène, cette décision constitue une réhabilitation de l’ASER et un signal fort envoyé en faveur de la légalité et de la transparence dans la gestion des marchés publics. Il estime que cette affaire révèle des pratiques qu’il juge préoccupantes et contre lesquelles l’ASER entend désormais se battre ouvertement. Le directeur général a d’ailleurs annoncé la tenue prochaine d’une conférence de presse au cours de laquelle il promet de revenir en détail sur les dessous du dossier AEE Power, d’en exposer les faits et de dévoiler ce qu’il décrit comme « un modus operandi mis en place pour tenter de s’enrichir sur le dos des Sénégalais ».

Il a également affirmé que ce type de procédé ne serait pas isolé, précisant qu’il aurait déjà été observé dans d’autres projets et que l’ASER s’est, à chaque fois, résolument opposée à de telles pratiques. Cette sortie annonce ainsi une nouvelle phase, non seulement judiciaire, mais aussi médiatique et institutionnelle, dans un dossier qui dépasse largement le simple cadre d’un contentieux administratif.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 21 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 21 janvier 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

CÉLÉBRATION DE LA 146ÈME ÉDITION DE L’APPEL DE SEYDINA LIMAMOU LAHI
Monsieur le Président de la République a introduit sa communication en félicitant le Khalife général des Layènes, Mouhamadou Lamine LAYE et l’ensemble de la communauté Layène, pour le bon déroulement et le succès de la 146ème édition de la commémoration de l’Appel de Seydina Limamou Lahi, tenue les 19 et 20 janvier 2026.

VICTOIRE DU SÉNÉGAL À LA CAN 2025 ET HOMMAGE AUX LIONS
Le Président de la République souligne le sacre du Sénégal, le 18 janvier 2026, comme champion d’Afrique de Football, pour la deuxième fois, à l’issue de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, tenue au Maroc. A travers cette performance sportive, les Lions ont hissé le Sénégal au sommet du football continental. Il a réitéré ses félicitations au sélectionneur national et aux joueurs pour leurs engagement, combativité et patriotisme.

Après avoir félicité le président et les membres de la Fédération sénégalaise de Football et l’encadrement administratif et technique, le Président de la République adresse également ses félicitations au Premier Ministre et à l’ensemble du Gouvernement, en particulier au Ministre de la Jeunesse et des Sports, pour l’accompagnement efficace et les conditions favorables de préparation accordées à l’équipe nationale.

Le Chef de l’Etat demande de maintenir la dynamique des performances, d’améliorer les conditions d’encadrement, de préparation et de participation des équipes nationales aux compétitions internationales et d’évaluer la participation du Sénégal à la CAN 2025 ainsi que le championnat national de football. Le Président de la République demande, enfin, le déploiement du plan de préparation des Lions pour la Coupe du Monde 2026.


PROTECTION DES ARTISTES ET VALORISATION DU STATUT DE L’ARTISTE ET DES PROFESSIONNELS DE LA CULTURE
Partant du rôle majeur que jouent les artistes et professionnels de la culture dans la vie nationale, le Président de la République instruit la poursuite des efforts consentis en vue d’améliorer la sécurité sociale, la protection professionnelle et les conditions de travail et d’exercice des artistes. Le Chef de l’Etat engage le Gouvernement à veiller au respect scrupuleux des droits d’auteur et droits voisins, avec l’application effective du système de rémunération pour copie privée et ainsi qu’à l’amélioration soutenue du Statut de l’Artiste et des Professionnels de la Culture.

Rappelant que la culture demeure une dimension essentielle de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat instruit le Ministre chargé de la Culture et le Secrétaire d’Etat chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique de :
–           renforcer la qualité des formations à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de la Culture;
–           moderniser les infrastructures culturelles et asseoir la décentralisation de l’action culturelle pour plus d’inclusion ;
–           veiller à la réalisation d’un agenda culturel national.

Le Président de la République a clos ce chapitre sur l’importance de la tenue des Etats généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, durant le premier semestre de l’année 2026.

RENFORCEMENT DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE
Le Président de la République indique que la modernisation des plans de circulation, le renouvellement des parcs des véhicules de transport et la sécurité routière doivent rester des priorités du Gouvernement. Déplorant la recrudescence des accidents mortels de la route, impliquant généralement des véhicules de transport et des gros porteurs, il demande la mise en œuvre urgente de mesures préventives supplémentaires d’amélioration de la sécurité routière.

Ainsi, il prescrit de renforcer la formation des chauffeurs ainsi que les contrôles techniques et de veiller au respect de la réglementation limitant effectivement la vitesse de circulation des véhicules de transport urbain et interurbain. Dans ce sillage, il invite le Premier Ministre à tenir prochainement une réunion d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations des Etats généraux des transports.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 12 et 13 janvier 2026 une visite d’amitié et de travail au Koweït et pris part, le 14 janvier 2026, au Sommet sur la Durabilité à Abu Dhabi. Il est également revenu sur sa participation, le 17 janvier 2026, à la cérémonie d’investiture du Président de la République de Guinée, Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, avant d’annoncer qu’il présidera, le 22 janvier 2026, la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux et, le 26 janvier 2026, la cérémonie d’ouverture de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

VICTOIRE DES LIONS À LA CAN
Le Premier Ministre a adressé des félicitations, à la suite de la victoire des Lions de la Teranga, au Président de la Fédération sénégalaise de Football, à ses collaborateurs, à l’Entraineur et à tout le staff de l’Equipe nationale et réservé une mention spéciale au Ministre de la Jeunesse et des Sports. Tirant les enseignements de cette compétition, le Premier Ministre fait retenir les leçons de patriotisme, de cohésion sociale, de méthode, rigueur et constance dans le travail, de résilience et de persévérance face aux épreuves.

PLAN SPÉCIAL D’INVESTISSEMENT ET DE FINANCEMENT 2026-2028
Le Premier Ministre a présenté le Plan spécial d’Investissement et de Financement 2026-2028, destiné à transformer durablement le tissu productif national. Dans ce cadre, le financement attendu et mobilisé doit, rigoureusement, être orienté vers les priorités pertinentes, aussi bien dans l’objectif de transformation poursuivi que dans les domaines d’intervention retenus. Cet investissement doit renforcer les poumons économiques ainsi que le capital humain et favoriser une inclusion plus large dans la dynamique de croissance, à travers la création d’opportunités d’emplois, l’amélioration des conditions de vie et le renforcement de la cohésion sociale et de la sécurité. Pour le Premier Ministre, le succès de la transformation structurelle reposera désormais sur la capacité à unifier les efforts de tous les acteurs, publics, privés, territoriaux et partenaires techniques et financiers, autour d’une même logique de financement, notamment autour des filières productives.

Ce Plan repose sur trois principes directeurs :
–           l’impératif d’une approche cohérente, sélective et stratégique des projets à financer ;
–           une mobilisation massive du secteur privé comme locomotive de la transformation pour renforcer l’ancrage productif ;
–           un engagement public de redevabilité.

Le Premier Ministre a souligné que les projets cibles atteindront d’ici 2028 un stade différencié de maturation, certains devenant pleinement opérationnels, comme le Port sec de Tambacounda, le Grand Transfert d’Eau, les Agropoles sud et centre, le Réseau Gazier du Sénégal ainsi que les ports de Ndayane et de Sendou.

Le Premier Ministre indique également que d’autres investissements structurants seront lancés ou poursuivront leur mise en œuvre, tels que le Programme Énergies ou la connectivité numérique, la relance d’entreprises nationales névralgiques comme la SONACOS, AIR SENEGAL/AIBD et la SN LA POSTE. Et, ces investissements seront complétés par des infrastructures sociales.


 Pour le Premier Ministre, cette orientation marque une refondation profonde de la gouvernance de l’investissement public, visant à immuniser les projets catalytiques, essentiels au développement et à la transformation économique du pays, contre les risques inhérents aux financements extérieurs comme la lourdeur des procédures et les suspensions ou annulations liées aux chocs exogènes.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026.
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique

•          Madame Fatou Moctar FALL, Administrateur civil, matricule de solde n°681 543/E, précédemment Conseiller technique de département au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, est nommée Directeur du Partenariat et des Organisations non- gouvernementales (DPONG), à la Direction générale de l’Administration territoriale, au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en remplacement de Monsieur Amadou Bèye NDIAYE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération
•          Monsieur Papa Baïdy SY, Spécialiste en évaluation des projets, matricule de solde n°513 621/B, est nommé Directeur du Suivi et de l’Evaluation des Performances des Projets et Programmes à la Direction générale de la Coopération, des Financements extérieurs et du Développement du Secteur privé et des Partenariats, au Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, en remplacement de Monsieur Amadou BAO, appelé à d’autres fonctions.

•          Monsieur Amadou BAO, Docteur en Economie, précédemment Directeur du Suivi et de l’Evaluation des Performances des Projets et Programmes, est nommé Directeur de la Coopération économique et financière à la Direction générale de la Coopération, des Financements extérieurs et du Développement du Secteur privé et des Partenariats, au Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, en remplacement de Monsieur Mamour Ousmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

•          Monsieur Ngouye FAYE, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde n°714 481/M, est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

•          Monsieur Coumba Ndoffène DIOUF, Planificateur, matricule de solde n° 609 611/I, est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère des Infrastructures
•          Monsieur Ansou Souba BADJI, Commissaire aux Enquêtes économiques, matricule de solde n°653 038/A, est nommé Secrétaire général de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics, en remplacement de Monsieur Moustapha Kamal THIAM, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
•          Monsieur Cheikh Oumar NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n°602 642/D, est nommé Secrétaire général du Laboratoire national de Référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux publics, en remplacement de Monsieur Guéladio Abdoul SOW.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

•          Monsieur Oumar BA, Urbaniste, est nommé Directeur des Investissements et des Aménagements touristiques (DIAT), au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, poste vacant.

CAN 2025 : Chaque membre de la FSF récompensé avec 50 millions FCFA et un terrain de 1 000 m²

Alors que Dakar célébrait encore la victoire historique des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à honorer les acteurs institutionnels qui ont contribué au succès de l’équipe nationale. Dans le cadre d’une cérémonie officielle organisée au Palais de la République, chaque membre de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a reçu une reconnaissance matérielle et symbolique, soulignant l’importance de leur travail en coulisses.

Chaque responsable de la FSF s’est vu attribuer une prime de 50 millions de francs CFA, accompagnée de l’attribution d’un terrain de 1 000 mètres carrés situé sur la Petite Côte. Cette décision traduit la volonté du chef de l’État de mettre en lumière le rôle déterminant de la Fédération dans la préparation, l’accompagnement et la gestion de l’équipe nationale tout au long du cycle ayant mené au deuxième sacre continental du Sénégal.

Lors de son allocution, le président Diomaye Faye a rappelé que la victoire des Lions de la Téranga n’était pas seulement le fruit des performances individuelles des joueurs sur le terrain, mais le résultat d’un effort collectif. Le travail du staff technique, des dirigeants et de l’ensemble des responsables fédéraux a été crucial pour créer les conditions favorables à ce succès. Chaque décision stratégique, chaque plan de formation, chaque déplacement et chaque organisation logistique ont contribué à forger une équipe capable de triompher sur le continent.

Cette récompense souligne également l’importance de la cohésion et de la synergie entre les différents acteurs du football sénégalais. Elle symbolise la reconnaissance de l’État pour ceux qui, loin des caméras et des projecteurs, œuvrent chaque jour à la réussite du sport national. Le président Diomaye Faye a insisté sur le fait que le rayonnement du Sénégal sur la scène continentale et internationale repose autant sur l’excellence organisationnelle que sur le talent des joueurs.

Au-delà de la valeur financière ou foncière des primes et des terrains, cette distinction est un hommage au travail discret mais essentiel qui accompagne le succès sportif. Elle illustre la philosophie selon laquelle chaque victoire est construite dans l’ombre avant de briller au grand jour. Dans le contexte du deuxième sacre africain, cette cérémonie restera gravée dans les mémoires comme un moment où le leadership politique et sportif s’est conjugué pour célébrer l’excellence et le mérite collectif du football sénégalais.

Ousmane Sonko reçoit Serge Ekué : la BOAD réaffirme sa confiance au Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a reçu, ce mardi 20 janvier 2026, le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Serge Ekué, pour une audience axée sur le renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’institution financière sous-régionale. L’information a été rendue publique par la Primature à l’issue de la rencontre.

Cette audience s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre le gouvernement sénégalais et ses partenaires techniques et financiers, alors que le pays a engagé de nouveaux chantiers structurants pour soutenir sa trajectoire de développement économique et social. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers techniques liés à la coopération en cours, avec une attention particulière accordée au secteur de l’énergie, considéré comme un levier stratégique pour la transformation économique du Sénégal.

Au cours des échanges, les deux parties ont passé en revue les projets soutenus ou susceptibles d’être accompagnés par la BOAD, notamment dans les domaines des infrastructures énergétiques, de l’accès à l’électricité et du financement de projets structurants à fort impact sur la croissance et l’emploi. Le secteur de l’énergie demeure en effet au cœur des priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par la volonté d’assurer une souveraineté énergétique accrue, de réduire les coûts pour les ménages et les entreprises, et de soutenir l’industrialisation du pays.

La Banque Ouest Africaine de Développement, institution commune aux États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a, à cette occasion, réaffirmé sa confiance au Sénégal. Serge Ekué a souligné l’engagement constant de la BOAD à accompagner les autorités sénégalaises dans la mise en œuvre de leurs projets de développement, en cohérence avec les priorités nationales et les objectifs de développement durable.

Acteur majeur de la communauté financière régionale, la BOAD joue un rôle clé dans le financement des économies de l’espace UEMOA. Son soutien au Sénégal traduit, selon plusieurs observateurs, la crédibilité du pays auprès des partenaires financiers et la solidité de ses orientations stratégiques, malgré un contexte économique international marqué par des incertitudes.

Cette rencontre entre Ousmane Sonko et Serge Ekué illustre ainsi la volonté des autorités sénégalaises de consolider les partenariats existants et de mobiliser des financements adaptés pour accélérer la mise en œuvre des projets structurants, en particulier dans des secteurs essentiels comme l’énergie, au service d’un développement inclusif et durable.

Système d’alerte précoce : l’ANACIM et la NOAA renforcent la riposte face aux extrêmes climatiques en Afrique

Face à l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes sur le continent africain, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) et l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère des États-Unis (NOAA) ont officiellement lancé, ce 20 janvier 2026 à Dakar, un ambitieux projet de système d’alerte précoce destiné à renforcer la prévention et la gestion des risques climatiques. Baptisé NOAA Early Warning System (NEWS), ce programme marque une étape importante dans la coopération scientifique et technique entre l’Afrique et les États-Unis dans le domaine de la météorologie et du climat.

Le projet NEWS vise à consolider les capacités existantes des services météorologiques nationaux tout en favorisant une collaboration interinstitutionnelle accrue. L’objectif est clair : produire des prévisions fiables, compréhensibles et directement exploitables par les décideurs, les collectivités territoriales et les secteurs sensibles, afin de réduire l’impact des événements météorologiques extrêmes sur les populations et les économies.

Présent à la cérémonie de lancement, le représentant de la NOAA, Dr Wassila Thiaw, a rappelé que l’ambition globale du projet est de faire progresser les systèmes d’alerte précoce fondés sur la prévision des phénomènes climatiques extrêmes, tout en accompagnant les pays africains dans l’élaboration de plans d’action concrets pour la réduction des risques. Selon lui, les extrêmes climatiques constituent aujourd’hui des menaces multiples, affectant simultanément plusieurs secteurs clés tels que l’agriculture, la santé, les infrastructures, le tourisme et la sécurité alimentaire. Dans ce contexte, disposer de systèmes d’alerte basés sur le climat devient indispensable pour appuyer la prise de décision et anticiper les crises.

Dr Thiaw a également attiré l’attention sur l’augmentation préoccupante de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes. Cette tendance expose un nombre croissant de populations à des situations d’inondations prolongées, avec des conséquences lourdes sur les infrastructures, les conditions sanitaires et les moyens de subsistance. Il a souligné que l’innovation majeure apportée par le projet NEWS réside dans le passage d’une simple prévision météorologique à une véritable prévision d’impact. Une approche qui nécessite, selon lui, une coproduction de l’information entre les services météorologiques, les institutions publiques, les chercheurs et les acteurs sectoriels, afin que les alertes tiennent compte des réalités du terrain.

Le lancement du projet a été présidé par le Directeur général de l’ANACIM, le Dr Diaga Bass, qui a replacé cette initiative dans le contexte plus large des effets du changement climatique en Afrique. Il a rappelé que le continent, bien que faiblement contributeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, notamment à travers des vagues de chaleur de plus en plus intenses, des inondations récurrentes et des épisodes de sécheresse sévères.

Pour le patron de l’ANACIM, l’alerte précoce n’est désormais plus une option, mais une nécessité absolue. Il a insisté sur l’importance de disposer d’informations météorologiques, hydrologiques et climatiques fiables, produites scientifiquement et diffusées à temps, afin de sauver des vies et de limiter les dégâts matériels. Selon lui, la meilleure réponse aux défis climatiques actuels repose sur trois piliers indissociables : l’anticipation, la science et la solidarité entre les nations.

La cérémonie de lancement du projet NEWS a été précédée par une semaine de formation intensive au profit d’une quarantaine de météorologues venus de plusieurs pays africains. Cette session a permis de renforcer leurs compétences sur les outils modernes de prévision et d’analyse des phénomènes extrêmes. Prévu pour une durée initiale de trois ans, renouvelable, le projet couvrira à terme l’ensemble du continent africain, même s’il débute avec un nombre restreint de pays pilotes, dont le Sénégal.

CAN 2025 : Bassirou Diomaye Faye décrète le 19 janvier jour férié et promet une récompense aux “Lions”

Le Sénégal célèbre avec ferveur son deuxième sacre continental. Au lendemain de la victoire historique des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décrété le lundi 19 janvier 2026 jour chômé et payé sur toute l’étendue du territoire national.

Cette décision exceptionnelle a été annoncée à l’issue d’une déclaration solennelle du chef de l’État, diffusée sur la RTS1. Dans son message à la Nation, le Président Faye a salué avec émotion et fierté l’exploit retentissant de l’équipe nationale, victorieuse du Maroc en finale et désormais double championne d’Afrique après le sacre de 2021.

Le chef de l’État a tenu à rendre hommage à l’engagement, au courage et au patriotisme des joueurs, du staff technique et de l’encadrement, soulignant que cette victoire dépasse le cadre sportif pour devenir un symbole d’unité nationale, de résilience et d’espoir pour tout le peuple sénégalais.

Au-delà du jour férié décrété pour permettre aux populations de célébrer dignement ce triomphe, Bassirou Diomaye Faye a également annoncé qu’une récompense spéciale sera accordée aux Lions de la Téranga. Cette distinction, a-t-il précisé, vise à reconnaître l’excellence de leur performance et la fierté immense qu’ils ont offerte à la Nation.

À travers ce geste fort, le Président de la République inscrit ce sacre dans la mémoire collective et réaffirme le soutien de l’État au sport, en particulier au football, véritable levier de cohésion sociale et de rayonnement international du Sénégal. Le pays tout entier s’apprête ainsi à vivre une journée historique, marquée par la célébration d’une équipe entrée définitivement dans la légende du football africain.

Affaire Prodac – Pape Malick Ndour : la Chambre d’accusation exige le dossier complet avant de décider, verdict attendu le 21 janvier

La bataille judiciaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse et ex-coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, connaît un nouveau tournant. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a décidé de renvoyer au 21 janvier prochain son délibéré sur l’appel introduit par le Procureur financier, qui réclame le placement sous mandat de dépôt de l’ancien ministre.

Réunie en audience hier, la Chambre d’accusation a estimé ne pas être en mesure de statuer en l’état. En cause : l’absence de l’intégralité du dossier d’instruction, jugée indispensable pour apprécier les arguments des différentes parties. Cette décision de renvoi prolonge l’incertitude judiciaire qui pèse sur Pape Malick Ndour, placé sous bracelet électronique depuis le 7 novembre 2025, à la suite d’une ordonnance du juge d’instruction Idrissa Diarra. Une mesure que le Parquet financier conteste avec insistance.

Depuis le début de la procédure, le Parquet maintient une ligne dure. D’après L’Observateur, le Procureur financier n’a jamais dissimulé sa volonté de voir l’ancien ministre écroué. Il a interjeté appel de la décision du juge d’instruction ayant accordé à Pape Malick Ndour une liberté provisoire sous surveillance électronique, estimant que cette mesure n’est pas à la hauteur de la gravité des faits reprochés. Dans le dossier Prodac, l’ancien responsable est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux.

Près de deux mois après cet appel, l’affaire a enfin été examinée par la Chambre d’accusation. Alors qu’une décision était attendue à l’issue de l’audience, la juridiction a choisi de rabattre le délibéré. Elle souhaite désormais disposer de toutes les pièces du dossier afin de se prononcer en toute connaissance de cause, signe que les débats ont soulevé des questions de fond nécessitant un examen approfondi.

Contacté par L’Observateur, Me Antoine Mbengue, membre du pool d’avocats de la défense, a confirmé que ce renvoi est directement lié à l’absence de transmission complète du dossier d’instruction. « Très souvent, le dossier d’appel est transmis en partie. Or, dans nos plaidoiries, plusieurs questions importantes ont été soulevées. La Chambre d’accusation a donc voulu plus de lumière avant de trancher », explique l’avocat.

Pour la défense, l’acharnement du Parquet est difficilement justifiable. Me Mbengue insiste sur le fait que son client subit déjà une restriction sévère de liberté. « Le Procureur veut voir Pape Malick Ndour en prison, alors qu’il est déjà en prison chez lui », déclare-t-il. Selon lui, le bracelet électronique constitue bel et bien une forme de détention, puisque son client est placé sous la surveillance de l’Administration pénitentiaire et ne peut quitter son domicile sans risquer la révocation immédiate de la mesure.

L’avocat dénonce également une conception qu’il juge excessivement rigide de la détention de la part du Parquet financier. « Pour eux, tant que vous n’êtes pas derrière les barreaux, vous n’êtes pas détenu. C’est inadmissible dans un État de droit », s’indigne-t-il, rappelant que Pape Malick Ndour s’est toujours présenté devant la justice, n’a jamais tenté de se soustraire aux convocations et a déjà été entendu sur le fond du dossier.

Sur le fond, l’affaire Prodac trouve son origine dans un rapport d’expertise comptable établi par le cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé. Commandé en janvier 2025, ce rapport, cité par L’Observateur, fait état d’irrégularités financières estimées à 2,7 milliards de FCFA, ainsi que de retenues de garantie d’un montant de 40 millions de FCFA concernant le Domaine agricole communautaire de Séfa, dans la région de Sédhiou. Ces éléments ont conduit le Procureur financier à élargir les poursuites à plusieurs personnes, dont Pape Malick Ndour et Khadim Bâ, Directeur général de Locafrique.

De son côté, l’ancien coordonnateur du Prodac campe sur sa position. Il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui et soutient n’avoir jamais été gestionnaire des fonds aujourd’hui mis en cause. Sa défense affirme que cette réalité a déjà été établie au cours de l’instruction.

Tous les regards sont désormais tournés vers le 21 janvier 2026. À cette date, après examen de l’intégralité du dossier, la Chambre d’accusation devra rendre sa décision. Elle dira si Pape Malick Ndour reste sous bracelet électronique ou s’il sera placé sous mandat de dépôt. Une décision très attendue, tant par la défense que par le Parquet, et qui pourrait marquer un tournant décisif dans l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles du moment.

La nouvelle cheffe de mission du FMI attendue à Dakar : aucune négociation de fond n’est prévue

Dès le début de la semaine prochaine, Dakar accueillera une délégation de haut niveau du Fonds monétaire international (FMI), un déplacement très attendu dans les cercles économiques et financiers du pays. Au centre de cette visite figure la présentation officielle de la nouvelle cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, qui prend ainsi le relais d’Edward Gemayel. Officiellement qualifiée de « visite de courtoisie » par l’institution de Bretton Woods, cette mission intervient pourtant dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des tensions persistantes autour de la situation des finances publiques sénégalaises.

Selon les informations rapportées par l’agence Reuters, aucune négociation de fond n’est inscrite à l’agenda de ce court séjour. Le FMI entend avant tout procéder à une prise de contact avec les nouvelles autorités économiques du pays et assurer une transition ordonnée entre l’ancienne et la nouvelle cheffe de mission. Edward Gemayel accompagnera d’ailleurs Mercedes Vera Martin à Dakar, signe d’une volonté de continuité dans le suivi du dossier sénégalais.

Cependant, l’arrivée de Mercedes Vera Martin suscite de nombreuses interrogations sur la Place de Dakar. L’économiste jouit d’une réputation de grande rigueur et d’une solide expérience dans la gestion de situations financières complexes. Elle arrive tout droit de Zambie, où elle a dirigé, entre 2023 et 2025, un processus de restructuration de dette considéré comme l’un des plus délicats en Afrique. Ce parcours, bien que salué par les experts, nourrit les spéculations dans un pays où la question de l’endettement public est devenue un sujet central du débat économique et politique.

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu de cette visite est avant tout stratégique. Il s’agit de rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé et une pression accrue sur les finances publiques. Les autorités sénégalaises tiennent toutefois à clarifier leur position : toute hypothèse de restructuration de la dette est formellement exclue. Dakar considère cette option comme une ligne rouge, craignant qu’elle n’affecte durablement la crédibilité financière du pays et son accès aux marchés internationaux.

Même en l’absence de discussions formelles, cette visite sera scrutée de près pour les signaux qu’elle pourrait envoyer. Les échanges informels, les rencontres de couloirs et le ton des déclarations publiques seront analysés avec attention par les acteurs économiques. Beaucoup s’interrogent sur la capacité de cette nouvelle dynamique à ouvrir, à moyen terme, la voie à un nouveau programme de financement avec le FMI, alors que les besoins budgétaires du Sénégal restent importants.

Ce changement à la tête de la mission du FMI intervient dans un climat encore marqué par de fortes turbulences entre Dakar et l’institution financière internationale. Les relations se sont crispées à la suite de l’audit des finances publiques, qui a mis en lumière des fragilités structurelles et soulevé des interrogations sur la soutenabilité de la dette. Depuis lors, un climat de méfiance prudente s’est installé, même si les deux parties affichent la volonté de maintenir un dialogue ouvert.

Ainsi, si cette mission est officiellement présentée comme une simple visite de présentation, elle n’en demeure pas moins lourde de symboles. Dans un contexte économique tendu et sous le regard attentif des marchés, chaque geste, chaque mot et chaque rencontre compteront. À Dakar, la visite de la nouvelle cheffe de mission du FMI apparaît moins comme une formalité que comme un moment d’observation mutuelle, où se joue en filigrane l’avenir des relations financières entre le Sénégal et le Fonds monétaire international.

Réexamen de la décision favorable à Ousmane Sonko : le procureur général conteste la révision point par point

Dans une requête en réexamen transmise le 29 décembre 2025 au premier président de la Cour suprême, et dont Libération s’est fait l’écho, le procureur général près la haute juridiction engage une démarche judiciaire inédite en contestant frontalement la décision de révision qui avait bénéficié à Ousmane Sonko dans l’affaire de diffamation l’opposant à Mame Mbaye Niang. Ce document, appuyé par un avis favorable du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, dévoile une argumentation juridique dense et structurée visant à remettre en cause l’interprétation retenue par la commission de révision.

Au cœur de cette requête figure la demande de réexamen de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Dakar, lequel avait conduit à la révision de la condamnation de Mame Mbaye Niang. Pour le procureur général, la commission de révision aurait fait une lecture erronée des textes applicables, en particulier de l’article 92 de la loi organique sur la Cour suprême, et aurait outrepassé ses compétences en appréciant des éléments relevant du fond du dossier.

Le magistrat s’attaque d’abord à l’interprétation de l’article 92, qu’il cite dans sa requête. Ce texte prévoit que la révision d’une décision pénale définitive ne peut être demandée que lorsque, après une condamnation, des faits nouveaux se produisent ou se révèlent, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont présentées, à condition qu’elles soient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Selon le procureur général, ces conditions ne sont pas réunies en l’espèce. Il soutient notamment que l’auteur des propos diffamatoires, en l’occurrence Ousmane Sonko, aurait dû être en mesure de démontrer l’absence d’impôts de profession et ne pouvait, dès lors, ignorer les faits qu’il avançait publiquement.

La requête s’appuie ensuite sur un rappel minutieux des faits ayant conduit à la condamnation initiale. Le procureur général revient sur les propos tenus par Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci avait affirmé que Mame Mbaye Niang avait été « épinglé » par un rapport de l’Inspection générale d’État, ce qui, selon la juridiction de jugement, constituait une imputation diffamatoire. Le document souligne que Sonko avait déclaré disposer d’éléments à l’appui de ses accusations, citant notamment un rapport présenté comme émanant de l’Inspection générale des Finances et des informations accessibles via des sources publiques, dont des déclarations d’Amadou Bâ, alors ministre des Finances, ainsi que de Mame Mbaye Niang lui-même, évoquant l’existence d’un rapport.

Pour le procureur général, l’accusation de mensonge portée contre Mame Mbaye Niang demeure centrale. Il rappelle que Sonko avait affirmé que Niang mentait en niant avoir été épinglé par un rapport de contrôle, et que tous les documents devaient, à ce titre, être produits devant le juge. Or, Mame Mbaye Niang, par l’intermédiaire de ses avocats, avait déposé une plainte en soutenant n’avoir jamais été mis en cause par un rapport de l’Inspection générale d’État ni par aucun autre organe de contrôle concernant la gestion du Prodac. Le procureur général renchérit en expliquant qu’il était matériellement impossible pour Niang de s’immiscer dans la gestion financière du projet, celle-ci relevant de la tutelle du ministère des Finances.

La critique de la commission de révision constitue un autre axe fort de la requête. Le procureur général estime que cette instance a outrepassé son rôle en procédant à des constatations qui relèvent, selon lui, de la compétence exclusive du juge du fond. Il reproche à la commission d’avoir cherché à motiver sa décision au-delà de ses prérogatives, en appréciant la portée des faits nouveaux sur la culpabilité du condamné. Il cite à cet effet les conclusions de la commission, qui avait estimé que certaines constatations étaient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité d’Ousmane Sonko relativement à l’infraction de diffamation.

L’argument juridique central développé par le procureur général repose sur la question de la découverte tardive du rapport invoqué. Selon lui, ce rapport était resté inconnu lors des débats en première instance comme en appel, son existence ayant été niée. Dans cette logique, la découverte ultérieure de ce document ne saurait justifier une révision favorable à Sonko. Bien au contraire, elle viendrait, selon la requête, confirmer la matérialité de la diffamation, puisque Sonko avait accusé Niang de mentir sur l’existence d’un rapport, et que l’existence même de ce rapport ne prouve pas que Niang ait été « épinglé » comme cela avait été affirmé publiquement.

La requête soulève également des enjeux procéduraux majeurs, notamment sur les limites de compétence de la commission de révision. Pour le procureur général, celle-ci aurait dû se borner à constater l’existence éventuelle de faits nouveaux ou de pièces inconnues, sans en tirer des conclusions sur la culpabilité, domaine réservé au juge du fond. Le document précise enfin que le ministre de la Justice a transmis les recommandations de la commission au premier président de la Cour suprême pour exécution, conformément à la procédure, tout en donnant un avis favorable à la démarche du procureur général.

Au terme de cette argumentation détaillée, la requête invite la Cour suprême à se prononcer sur la légalité de la décision de révision et sur l’interprétation à retenir de l’article 92 de la loi organique. Au-delà du seul contentieux opposant deux figures politiques majeures, cette affaire pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre le droit à la révision des condamnations pénales et le principe de l’autorité de la chose jugée, plaçant la Cour suprême face à un débat juridique d’une portée institutionnelle considérable.

Intelligence artificielle : le Sénégal classé 97ᵉ au niveau mondial et 9ᵉ en Afrique

Le Sénégal occupe la 97ᵉ place au niveau mondial et le 9ᵉ rang en Afrique dans le Government AI Readiness Index, l’Indice de préparation des gouvernements à l’intelligence artificielle. Avec un score global de 38,84, le pays apparaît comme un État en transition, affichant des avancées notables sur le plan stratégique et politique, mais confronté à d’importants défis structurels pour une adoption effective de l’IA dans l’action publique.

Publié chaque année par le cabinet britannique Oxford Insights, cet indice évalue 195 gouvernements à travers 69 indicateurs regroupés en plusieurs piliers clés, notamment la capacité politique, la gouvernance, l’infrastructure d’IA, l’adoption par le secteur public, le développement et la diffusion des technologies d’IA, ainsi que la résilience économique et sociale. L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les États sont prêts à intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics et dans la modernisation de l’administration.

Selon l’analyse relayée par PressAfrik, le Sénégal présente des performances contrastées. Sur le plan de la capacité politique, le pays obtient un score relativement élevé de 61,00, traduisant l’existence d’une vision claire et d’une volonté politique affirmée. Cette performance repose notamment sur l’adoption de stratégies nationales, la mise en place de cadres législatifs et la reconnaissance officielle de l’IA comme un levier de croissance économique et de modernisation de l’État. Les autorités sénégalaises affichent ainsi une ambition assumée de s’inscrire dans la transformation numérique globale.

Le pilier gouvernance, avec un score de 50,88, confirme cette dynamique. Il reflète l’existence de cadres éthiques, de dispositifs de protection des données et d’une prise de conscience des enjeux liés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Ces éléments constituent des bases importantes pour encadrer le développement de l’IA et limiter les risques liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux dérives algorithmiques.

Cependant, malgré ces acquis institutionnels, les difficultés apparaissent plus marquées dans la mise en œuvre concrète. L’adoption de l’IA par le secteur public, notée à 28,47, demeure faible. Ce score indique que, malgré la volonté politique affichée, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les services administratifs reste limitée, souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des expérimentations ponctuelles. L’IA peine encore à transformer en profondeur les procédures, la gestion des données publiques et la qualité des services offerts aux citoyens.

L’infrastructure d’IA, avec un score de 37,00, constitue également un point de fragilité. Ce pilier englobe l’accès à des données de qualité, la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire, notamment les GPU, ainsi que la connectivité Internet. Or, ces éléments sont indispensables pour développer, entraîner et déployer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Les limites observées dans ces domaines freinent considérablement la capacité du pays à passer d’une phase stratégique à une phase opérationnelle.

Enfin, la résilience, évaluée à 35,48, met en lumière la capacité encore insuffisante du marché du travail et de l’économie à s’adapter aux transformations induites par l’IA et l’automatisation. Ce pilier mesure notamment la préparation des compétences, la flexibilité du tissu économique et la capacité à absorber les chocs technologiques. À ce niveau, le Sénégal fait face à des défis majeurs en matière de formation, de reconversion professionnelle et d’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins émergents liés aux technologies avancées.

En définitive, le classement du Sénégal dans l’Indice de préparation à l’IA d’Oxford Insights révèle un pays qui a posé les fondations politiques et institutionnelles de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, mais qui doit encore franchir un cap décisif sur le plan des infrastructures, des compétences et de l’adoption effective dans le secteur public. La consolidation de ces aspects apparaît aujourd’hui comme un enjeu central pour permettre à l’IA de devenir un véritable moteur de modernisation de l’État et de développement économique durable.

Sortie de Cheikh Bara Ndiaye : le CDEPS dénonce des propos diffamatoires et annonce des actions judiciaires

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau après les déclarations du député Cheikh Bara Ndiaye, tenues le mardi 13 janvier 2026 sur le plateau de Seneweb. Dans un communiqué officiel signé par son président, Mamadou Ibra Kane, le patronat de la presse sénégalaise dénonce des propos qu’il qualifie de « gravement diffamatoires » à l’encontre des entreprises de presse privée et de leurs responsables.

Au cœur de la polémique, les affirmations du parlementaire selon lesquelles l’homme politique Farba Ngom serait à l’origine de la journée sans presse observée le 13 août 2024. Une accusation que le CDEPS rejette catégoriquement, la qualifiant d’« infondée » et de « dénuée de toute nuance ». Pour l’organisation patronale, ces propos relèvent davantage de la spéculation que d’une analyse sérieuse fondée sur des faits avérés.

Dans son communiqué, le CDEPS rappelle que si une journée sans presse a effectivement eu lieu en août 2024, celle-ci avait un objectif clair et assumé : protester contre les atteintes répétées aux libertés de la presse imputées au gouvernement issu de la troisième alternance. Le Conseil insiste sur le fait que cette mobilisation était exclusivement dirigée contre des pratiques jugées liberticides et non contre des considérations partisanes ou des agendas politiques occultes.

Le patronat de la presse estime par ailleurs que les propos de Cheikh Bara Ndiaye s’inscrivent dans une dynamique plus large de discrédit systématique de la presse privée. Selon le CDEPS, cette stratégie serait portée par certains acteurs du nouveau régime, dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre les autorités et les médias indépendants.

Près de vingt-trois mois après l’accession au pouvoir du régime actuel, le Conseil dresse un tableau particulièrement sombre de la situation de la presse privée au Sénégal. Il accuse les autorités de mener, avec « constance et méthode », une entreprise de fragilisation du secteur. Cette politique se traduirait, selon le CDEPS, par des poursuites fiscales ciblées, des blocages de comptes bancaires, le non-paiement des créances dues par l’État, des résiliations unilatérales de contrats publicitaires, ainsi que par la non-distribution de l’aide publique à la presse depuis près de deux ans.

Le communiqué évoque également des pratiques qu’il juge illégales et attentatoires à la liberté d’informer, telles que la confiscation de bouquets télévisuels, des coupures arbitraires de signaux audiovisuels et des restrictions injustifiées d’accès des journalistes aux manifestations publiques. Autant d’éléments qui, selon le CDEPS, traduisent une volonté manifeste d’asphyxier économiquement et institutionnellement la presse indépendante.

Dans ce contexte, le Conseil considère que le recours à la diffamation constitue un ultime levier utilisé pour tenter de discréditer durablement les médias privés. Toutefois, souligne-t-il, « aucun mensonge n’étant jamais parfaitement étanche », l’inconsistance de certaines affirmations finirait toujours par apparaître aux yeux de l’opinion attentive.

Le CDEPS s’interroge également sur le lien que certains tenteraient d’établir entre la journée sans presse d’août 2024 et l’arrestation de Farba Ngom intervenue en février 2025. Pour l’organisation, cette mise en relation relève de la pure affabulation et ne repose sur aucun élément factuel solide. Elle ne pourrait donc être interprétée que comme une tentative délibérée de manipulation de l’opinion publique.

Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à l’honneur et à la crédibilité de la presse sénégalaise, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse annonce son intention de tirer toutes les conséquences juridiques de ces propos. Des actions judiciaires sont ainsi envisagées afin de rétablir la vérité et de défendre l’intégrité du secteur.

En conclusion, le CDEPS lance un appel solennel à l’ensemble des professionnels des médias. Dans un esprit de confraternité et de responsabilité collective, il les exhorte à ne s’associer, ni par complaisance ni par silence, à aucune tentative de dénigrement de la presse privée sénégalaise, rappelant que la défense de la liberté de la presse demeure un combat commun et fondamental pour la démocratie.

Maintien en détention de Farba Ngom : l’APR dénonce un « acharnement politique » et annonce un plan d’action

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce mardi 13 janvier à l’issue d’une conférence de presse consacrée au maintien en détention du député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Face aux journalistes, les responsables du parti ont vivement contesté la décision judiciaire, qu’ils assimilent à un acharnement politique ciblé contre l’un de leurs cadres les plus en vue.

Revenant sur l’évolution du dossier, les dirigeants de l’APR ont mis en parallèle les situations de deux personnes mises en cause dans la même affaire, à savoir Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la mise en liberté de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, puisque le parquet financier a rapidement interjeté appel de la décision concernant Farba Ngom, un acte que le parti impute directement à une volonté politique incarnée, selon ses responsables, par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour l’APR, cette démarche du parquet n’est pas anodine. Le parti y voit une récidive, soulignant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une décision judiciaire ordonnant une remise en liberté est aussitôt contestée. Cette situation traduirait, selon eux, une justice à géométrie variable, caractérisée par une inégalité manifeste de traitement entre des personnes poursuivies pour des faits similaires.

Les responsables de l’Alliance pour la République affirment que Farba Ngom est aujourd’hui le seul détenu dans ce dossier, une réalité qu’ils jugent révélatrice d’un traitement particulier. Ils énumèrent une série d’événements qu’ils considèrent comme les signes d’un acharnement continu, notamment la levée de l’immunité parlementaire du député, son éviction du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées qu’ils estiment non étayées depuis près d’un an.

La question de l’état de santé de Farba Ngom a également occupé une place centrale lors de la conférence de presse. Selon l’APR, plusieurs rapports médicaux attestent de l’incompatibilité de son état de santé avec une détention carcérale prolongée. Malgré cela, le député demeure en prison, une situation que le parti qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Le parti a par ailleurs vivement critiqué la sortie médiatique de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Les responsables de l’APR estiment que sa conférence de presse relevait davantage, selon leurs termes, d’une « conférence de panique » que d’un exercice institutionnel normal. Ils s’interrogent sur le rôle de la garde des Sceaux, qu’ils accusent de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier, brouillant ainsi, à leurs yeux, la séparation des pouvoirs.

Pour l’APR, il ne fait aucun doute que ce dossier est avant tout politique. Le parti rejette catégoriquement l’idée d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu gravement malade, rien n’empêche la justice d’ordonner une mise en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux dispositions prévues par la loi. Le maintien en détention de Farba Ngom est ainsi qualifié d’« hérésie juridique », posant une question centrale que les responsables adressent directement à la justice sénégalaise : comment comprendre que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière aussi différente ?

Face à ce qu’elle considère comme des détentions arbitraires, l’Alliance pour la République exige la libération immédiate et sans condition de Farba Ngom et de toute autre personne concernée par des décisions qu’elle juge injustes. Le parti a annoncé un plan d’action destiné à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation. Celui-ci prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans l’objectif déclaré de préserver l’image et la stabilité du Sénégal.

L’APR entend également engager des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes du pays et annonce l’organisation prochaine d’une marche nationale. Pour conclure, les responsables du parti estiment que la République est en danger et que la démocratie est menacée, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde.

À noter que cette conférence de presse de l’APR est intervenue quelques heures après celle de la garde des Sceaux. La ministre de la Justice, Yassine Fall, y a évoqué de nouveaux éléments susceptibles, selon elle, d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom, renforçant davantage la tension politique et judiciaire autour de cette affaire désormais au cœur du débat public.

Justice : le Directeur général de la Santé cité dans une affaire de harcèlement

Le professeur Ousmane Cissé, Directeur général de la Santé du Sénégal et responsable politique du parti Pastef, est cité dans une affaire judiciaire portant sur des accusations de harcèlement, d’injures et de voies de fait. Il a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant le Tribunal d’Instance Hors Classe de Dakar, aux côtés de Pape Ibrahima Thiam, dans un dossier qui suscite une attention particulière en raison de la position institutionnelle de l’un des mis en cause.

L’origine de l’affaire remonte au mois de juin 2024. À cette période, le Dr Hadji Mansour Diop, administrateur d’une clinique privée située à Zac Mbao, commence à recevoir des messages anonymes à caractère injurieux, diffamatoire et menaçant. Face à la gravité et à la répétition des faits, la victime décide de saisir la justice en déposant une plainte contre X, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les investigations ont été confiées aux services de police du commissariat du Point E. Les enquêteurs ont procédé à des réquisitions téléphoniques et à un traçage approfondi de l’appareil utilisé pour l’envoi des messages incriminés. Selon les éléments versés au dossier, le téléphone à partir duquel les messages auraient été envoyés aurait été acquis par le Pr Ousmane Cissé, avant d’être confié à un groupe de personnes. Ces investigations techniques, menées sur une période de six mois, ont permis aux enquêteurs d’établir un faisceau d’indices ayant conduit à l’identification des personnes poursuivies dans cette affaire.

Dans ce dossier, le Pr Ousmane Cissé est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait présumés datés du 1er janvier, ainsi que pour des injures non publiques qui auraient été commises le 2 janvier. Il est cité aux côtés de Pape Ibrahima Thiam. Les infractions retenues sont prévues et réprimées par les articles 296, 45 et 46 du Code pénal sénégalais, ainsi que par l’article 11-1 du Code de la communication, qui encadre notamment les infractions commises par voie de messages ou de communications électroniques.

Le dossier, déclaré en état d’être jugé, a été appelé en audience plénière ce mardi 13 janvier 2026. À l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi ferme afin de mieux préparer leur argumentation et d’examiner en profondeur les éléments du dossier. Cette demande a été accueillie favorablement par le juge, qui a renvoyé l’affaire au 10 février 2026.

En attendant cette nouvelle audience, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans le milieu judiciaire que dans l’opinion publique, en raison de la gravité des accusations et du statut du principal mis en cause. Le tribunal aura la charge de faire toute la lumière sur les faits reprochés, dans le respect du principe de la présomption d’innocence, alors que ce dossier sensible entre désormais dans une phase décisive de la procédure judiciaire.

Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Accusations contre Farba Ngom : Yassine Fall annonce l’ouverture d’enquêtes approfondies

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, est longuement revenue ce mardi sur le dossier judiciaire de l’ancien député Farba Ngom, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR). Lors d’un point de presse tenu devant les journalistes, elle a révélé de nouveaux éléments qu’elle qualifie de particulièrement graves, annonçant la demande d’ouverture d’enquêtes approfondies afin de situer toutes les responsabilités.

Selon les explications de la ministre, une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la salle du pavillon spécial a permis de découvrir que le détenu Farba Ngom était en possession de deux téléphones portables. Yassine Fall a précisé que ces appareils étaient détenus « frauduleusement et en violation manifeste de la loi n° 87-15 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Elle a insisté sur le caractère illégal de cette détention, rappelant que l’introduction et l’usage de téléphones portables en milieu carcéral constituent une infraction grave aux règles pénitentiaires.

La garde des Sceaux a également détaillé l’ampleur des communications réalisées à partir de ces téléphones. Selon elle, l’exploitation des appareils a révélé un volume important d’échanges, notamment 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue, 60 échanges avec un journaliste de presse en ligne, ainsi que 158 interactions avec un directeur de publication d’un groupe de presse également connu. Des chiffres qui, selon la ministre, témoignent d’une activité soutenue incompatible avec le régime normal de détention.

Plus préoccupant encore, Yassine Fall a affirmé que ces téléphones auraient servi à des échanges sensibles et potentiellement compromettants. Elle a révélé que les appareils auraient été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu, et ce sur deux dossiers distincts. La ministre a également évoqué la réception et le partage de contenus à caractère pornographique, précisant qu’un de ces partages aurait impliqué un avocat de Farba Ngom, une révélation qu’elle a qualifiée de particulièrement grave.

Au-delà de ces faits, la ministre de la Justice a fait état d’échanges relatifs à des « manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public ». Concernant l’implication présumée d’avocats dans cette affaire, Yassine Fall a assuré que « le bâtonnier sera bien sûr saisi », laissant entendre que des procédures disciplinaires pourraient être engagées si les faits sont avérés.

Sur la question de l’état de santé de Farba Ngom, souvent évoquée dans certains médias pour justifier une éventuelle libération, la ministre a tenu à apporter des clarifications fermes. Elle a indiqué que, contrairement aux allégations faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention, les éléments objectifs en possession de son département révèlent « une activité soutenue et constante », marquée notamment par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses. Pour Yassine Fall, ces éléments sont difficilement conciliables avec l’image d’un détenu gravement malade.

La garde des Sceaux a rappelé avec insistance que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait, à elle seule, faire obstacle à l’application de la loi. Elle a réaffirmé l’engagement de l’État à faire respecter strictement les règles, sans traitement de faveur, quel que soit le statut politique ou social de la personne concernée.

Au regard de l’ensemble des faits révélés, Yassine Fall a conclu en indiquant que ces agissements sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Elle a annoncé que son département va demander l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’élucider toutes les zones d’ombre de cette affaire, tout en appelant à la vigilance et au respect de la présomption d’innocence. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre ainsi dans le dossier Farba Ngom, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique et de la classe politique sénégalaise.

Sénégal–Koweït : vers un partenariat stratégique renforcé entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir Cheikh Meshal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu avec les plus grands honneurs au Palais Bayan par Son Altesse l’Émir du Koweït, Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Koweït et marque une étape importante dans le raffermissement des relations diplomatiques entre Dakar et Koweït City.

L’entretien entre les deux dirigeants s’est déroulé dans un climat empreint de cordialité et de fraternité. L’Émir Cheikh Meshal a tenu à souligner l’attachement particulier du peuple koweïtien au Sénégal, évoquant un lien historique et émotionnel profond entre les deux nations. Il a rappelé que cette relation repose sur une coopération ancienne, fondée sur la solidarité, le respect mutuel et une vision commune du développement et de la stabilité internationale.

Selon les services de la Présidence sénégalaise, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir du Koweït ont largement dépassé le cadre d’une visite de courtoisie. Les deux chefs d’État ont affiché une volonté claire d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération bilatérale, en décidant d’élever les relations sénégalo-koweïtiennes à un niveau stratégique. Cette orientation vise à renforcer les liens politiques, économiques et diplomatiques, tout en ouvrant la voie à des partenariats plus structurants et durables.

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés comme axes majeurs de cette coopération renforcée. Il s’agit notamment de la paix et de la sécurité, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie et de l’agriculture. Autant de domaines considérés comme essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Sénégal, tout en offrant des opportunités d’investissement et de coopération au Koweït, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement constant du Koweït aux côtés du Sénégal, notamment à travers des projets structurants soutenus par les fonds koweïtiens de développement. Il a réaffirmé la volonté de son pays de consolider ces acquis et de diversifier davantage les champs de collaboration, dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques majeurs.

La visite s’est achevée par un banquet officiel offert par l’Émir Cheikh Meshal en l’honneur du Président sénégalais et de sa délégation. Ce moment solennel a symbolisé l’engagement mutuel des deux États à bâtir un partenariat stratégique solide, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts partagés.

À travers cette rencontre, Dakar et Koweït City affichent clairement leur ambition commune d’inscrire leurs relations dans une nouvelle ère, portée par une coopération renforcée et durable, au service de la stabilité régionale et du développement économique et social de leurs peuples respectifs.

Affaire Farba Ngom : Ousmane Kane dénonce « un très mauvais chemin pris par la reddition des comptes »

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, magistrat à la retraite, est monté au créneau pour critiquer la tournure prise par le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, l’ex-juge n’a pas mâché ses mots après la décision rendue lundi par la justice, accordant une liberté provisoire à Tahirou Sarr tout en maintenant Farba Ngom en détention, alors que les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés de corruption et de blanchiment de capitaux portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA.

Pour Ousmane Kane, cette situation révèle de profondes incohérences et traduit un dysfonctionnement inquiétant du processus de reddition des comptes au Sénégal. Il parle d’une « situation abracadabrante » qui met à nu, selon lui, « le très mauvais chemin pris par la reddition des comptes ». L’ancien magistrat se dit d’autant plus déçu que cette exigence de justice avait suscité un fort espoir au sein de la population. « La reddition des comptes a été une forte demande sociale. J’avais bon espoir qu’elle serait menée à bon port, mais voilà qu’elle tient infiniment moins longtemps que la défunte Cour de répression de l’enrichissement illicite, avant de s’affaisser », a-t-il regretté, dénonçant une dynamique qu’il juge déjà essoufflée.

L’ex-président de la Cour d’appel de Kaolack estime par ailleurs que le traitement réservé à Farba Ngom ne saurait être dissocié du contexte politique actuel. Selon lui, les déclarations publiques du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de l’ancien député-maire des Agnam auraient pesé lourdement sur la conduite du dossier. Ousmane Kane évoque ainsi un « désordre » manifeste dans la gestion de cette affaire, laissant entendre que des considérations extra-judiciaires pourraient influencer les décisions rendues, au détriment de la rigueur juridique et de l’égalité des justiciables devant la loi.

Pour rappel, la Cour d’appel avait, dans un premier temps, accordé la liberté provisoire sous condition aussi bien à Tahirou Sarr qu’à Farba Ngom. Toutefois, le parquet a rapidement interjeté appel de la décision concernant ce dernier, entraînant son maintien en détention, une évolution qui a ravivé les débats et les controverses autour de ce dossier sensible.

Ousmane Kane tient enfin à souligner ce qu’il considère comme un point fondamental dans cette affaire. Selon lui, « le plus grand triomphe de Farba Ngom devant l’exécutif, c’est de n’avoir pas été libéré sur la base de son état de santé critique, mais sur l’absence de charges sérieuses sur lui ». Une affirmation lourde de sens, qui remet en question la solidité du dossier d’accusation et interroge la cohérence globale de la procédure engagée.

À travers cette sortie très critique, l’ancien magistrat relance le débat sur l’indépendance de la justice, la crédibilité du processus de reddition des comptes et les risques d’une instrumentalisation politique des dossiers judiciaires. Autant de questions qui continuent d’alimenter les discussions dans l’opinion publique, alors que l’affaire Farba Ngom demeure au cœur de l’actualité judiciaire et politique du pays.

Pool judiciaire financier : La nécessité de revoir les méthodes et pratiques

La succession de mises en liberté sous contrôle judiciaire observée ces dernières semaines dans plusieurs dossiers à caractère financier invite à une réflexion sérieuse sur les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier. Sans remettre en cause l’indépendance de la justice ni les principes fondamentaux de l’État de droit, cette dynamique soulève néanmoins des interrogations légitimes sur la qualité des poursuites engagées et la solidité des dossiers instruits.

Lorsque des personnes poursuivies pour des infractions économiques graves recouvrent régulièrement la liberté après une détention parfois brève, l’opinion publique peut légitimement s’interroger. Ces décisions, bien qu’encadrées par la loi, peuvent donner le sentiment d’une justice hésitante, marquée soit par une précipitation dans l’engagement des poursuites, soit par une insuffisance dans la préparation des dossiers. Une telle perception fragilise la confiance des citoyens dans les institutions chargées de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le Pool judiciaire financier, conçu comme un instrument spécialisé et rigoureux de répression des crimes économiques, se doit d’être exemplaire. Cela suppose, en amont, un renforcement notable de la qualité des enquêtes préalables. Les poursuites judiciaires ne devraient être engagées que lorsque les éléments de preuve sont suffisamment étayés, cohérents et juridiquement robustes, afin d’éviter toute impression d’improvisation ou d’acharnement ciblé.

Par ailleurs, la privation de liberté, même à titre provisoire, doit demeurer une mesure exceptionnelle. Elle ne saurait être utilisée comme un outil de communication judiciaire ou comme une réponse automatique à la pression de l’opinion publique. La rigueur méthodologique dans l’instruction des dossiers est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables tout en assurant l’efficacité de l’action pénale.

La répétition de procédures fragiles, conduisant à des libérations fréquentes, comporte un risque majeur : celui de décrédibiliser durablement la justice financière. Elle peut alimenter l’idée d’une justice à géométrie variable, voire politisée, perception d’autant plus dommageable dans un contexte où la demande de reddition des comptes est forte et légitime.

Revoir les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier apparaît dès lors comme une nécessité. Il ne s’agit pas d’affaiblir la lutte contre la délinquance économique, mais au contraire de la renforcer, en inscrivant l’action judiciaire dans une démarche plus professionnelle, plus cohérente et plus respectueuse des garanties procédurales. C’est à cette condition que la justice financière pourra pleinement jouer son rôle, restaurer la confiance des citoyens et s’imposer comme un pilier crédible de l’État de droit.

Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

Face à l’hégémonie de Trump : le Sénégal appelé à adopter une « réciprocité stratégique »

Dans un contexte international marqué par le retour de Donald Trump et sa volonté affirmée de renforcer la domination des États-Unis sur l’ordre mondial, le Sénégal et, plus largement, les pays en développement, sont invités à adopter une diplomatie plus musclée, fondée sur le principe de réciprocité. C’est l’avis d’Ahmad Soumaré, expert en intelligence économique, qui tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres flagrants dans les relations internationales affectant le continent africain.

Selon M. Soumaré, les ressortissants africains subissent quotidiennement des contraintes administratives et financières disproportionnées. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’obtention d’un visa peut nécessiter une caution de 9 millions de francs CFA, une exigence qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’expert souligne également les incohérences dans les relations avec l’Europe, où un citoyen français peut parfois entrer au Sénégal avec une simple carte d’identité valide ou même légèrement périmée, tandis que les Sénégalais doivent se soumettre à des procédures de visa rigoureuses, même avec un passeport en règle.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Soumaré préconise l’adoption d’une politique de stricte réciprocité. Il cite en exemple le Gabon dans les années 1990 et 2000, qui, face à l’imposition de visas par la France, avait décidé d’appliquer les mêmes règles à l’envers. Les voyageurs étrangers avaient dû se conformer aux exigences gabonaises, payant les visas et démontrant ainsi que la souveraineté nationale est respectée dès lors qu’elle est affirmée. L’expert estime que le Sénégal devrait s’inspirer de cette approche audacieuse pour faire valoir ses droits et protéger ses citoyens.

Ahmad Soumaré balaie également l’argument selon lequel les pays en développement seraient trop faibles pour imposer de telles mesures. Pour lui, la présence des puissances étrangères sur le sol sénégalais n’est pas philanthropique mais motivée par des intérêts économiques précis. « L’Américain est comme la mouche, là où il se pose, c’est qu’il y a quelque chose de sucré. S’il n’y avait rien, ils ne viendraient pas ici », a-t-il souligné, soulignant que cette attractivité devrait devenir un levier de négociation stratégique.

L’expert appelle le gouvernement sénégalais à adopter une « politique de droiture » et de fermeté. Il recommande notamment d’imposer systématiquement la réciprocité dans les conditions d’entrée et de visa, de défendre l’intérêt national dans chaque accord bilatéral et de refuser toute forme de soumission diplomatique aux grandes puissances. « Si nous laissons faire, ils vont nous écraser. Pour être respecté sur la scène mondiale, le Sénégal doit d’abord apprendre à dire ‘non’ et à exiger le même traitement qu’il accorde à ses partenaires », a-t-il averti sur Iradio.

En somme, Ahmad Soumaré plaide pour une diplomatie sénégalaise affirmée, capable de protéger la dignité nationale et de garantir un respect mutuel avec les puissances étrangères, dans un contexte international où la compétition géopolitique s’intensifie.

Dette publique : Chérif Salif Sy plaide pour une approche responsable, loin des postures politiciennes et de l’austérité aveugle

Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD), diffusée ce 11 janvier 2026, l’économiste et président du Forum du Tiers Monde, le professeur Chérif Salif Sy, s’est longuement exprimé sur la question sensible de la dette publique. Dans un contexte marqué par de vifs débats politiques et médiatiques, il a livré une analyse à la fois technique et politique, appelant à dépasser les clivages partisans et à éviter toute réponse économique brutale susceptible de fragiliser davantage les populations.

D’emblée, le professeur Sy a tenu à relativiser l’ampleur de la polémique actuelle autour de la dette, qu’il estime largement alimentée par des considérations politiques plutôt que par une lecture économique rigoureuse. Selon lui, nombre de prises de position observées dans l’espace public relèvent davantage de la stratégie de confrontation que d’une véritable expertise. Il déplore ainsi un déficit de connaissance dans certains discours, soulignant que certains acteurs, mus par une logique d’opposition systématique, cherchent avant tout à « contrer le gouvernement, coûte que coûte », quitte à semer la confusion et à diffuser des analyses approximatives.

Face aux discours alarmistes, l’économiste a voulu se montrer rassurant quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Pour Chérif Salif Sy, la dette ne saurait être réduite à un fardeau insurmontable ; elle doit être appréhendée comme un instrument de politique économique, susceptible de soutenir le développement lorsqu’elle est correctement gérée. Il se dit ainsi convaincu que l’État fera face à ses obligations, rappelant que la crédibilité de la signature de l’État demeure un atout fondamental sur les marchés financiers internationaux.

« On paiera la dette », a-t-il affirmé avec assurance, estimant que la confiance des partenaires repose précisément sur cette capacité de l’État à respecter ses engagements. Pour lui, préserver cette crédibilité est essentiel, tant pour la stabilité macroéconomique que pour l’accès futur aux financements.

Interrogé sur l’hypothèse d’une restructuration de la dette, le professeur Sy a affiché une certaine prudence. Tout en reconnaissant que cette option peut présenter des avantages dans certaines circonstances, il en a également souligné les risques et la complexité. Il a notamment exprimé sa confiance envers le Premier ministre dans la gestion de ces dossiers délicats, insistant sur la nécessité d’une analyse fine et équilibrée.

L’économiste a surtout mis en garde contre les conséquences sociales d’un redressement économique trop brutal. Tirant les leçons des expériences passées, il a évoqué le traumatisme laissé par les plans d’ajustement structurels, dont les effets ont durablement marqué les économies et les sociétés africaines. Selon lui, une austérité aveugle pourrait entraîner la fermeture d’entreprises, l’asphyxie des ménages et l’émergence de tensions sociales majeures, compromettant ainsi la stabilité du pays.

Chérif Salif Sy insiste également sur la nécessité de protéger les services sociaux de base. Il estime qu’il serait inacceptable que, sous couvert de rigueur budgétaire, des populations se voient privées de biens et services essentiels. Pour lui, la gestion de la dette ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens ni de la cohésion sociale.

En définitive, le président du Forum du Tiers Monde appelle à une gouvernance économique équilibrée, capable de concilier le respect des engagements vis-à-vis des créanciers, qui doivent légitimement récupérer leurs fonds, et la protection du bien-être des populations. À ses yeux, le véritable défi réside dans la capacité des autorités à piloter le redressement économique sans sacrifier la paix sociale sur l’autel des impératifs financiers.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

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