Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°582 – 14/10/2025

🔴 NOO LANK CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : GRANDE MOBILISATION LE 17
🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE L’EXPLOITATION DE LA LICENCE D’AFRICA7TV : SOLO MÉDIA DÉBOUTÉ

🔴 JAKOBS INCERTAIN CONTRE LA MAURITANIE : COUP DUR POUR LES « LIONS »
🔴 TENNIS – BARRAGES COUPE DAVIS : LE SÉNÉGAL DÉFIE LE PAKISTAN À ISLAMABAD

Tribunal : trois ans de prison ferme pour l’agresseur du Directeur de la Communication d’E-Media

Le tribunal de grande instance de Dakar a rendu ce lundi son verdict dans l’affaire qui avait profondément choqué le monde médiatique sénégalais. Mamadou Fall, reconnu coupable de l’agression violente de Mamadou Ndiaye, directeur de la communication du groupe E-Media, a été condamné à trois ans de prison ferme.

Les faits remontent à une nuit où l’accusé s’était introduit au domicile de sa victime avant de l’attaquer sauvagement. Selon les éléments du dossier, Mamadou Fall avait frappé Mamadou Ndiaye à la tête à l’aide d’une brique, le blessant grièvement. L’agression, d’une rare violence, avait suscité une vague d’indignation dans le monde de la presse et de l’opinion publique.

Transporté d’urgence à l’hôpital principal de Dakar, le Directeur de la communication du groupe E-Media avait subi des soins intensifs pour une blessure grave ayant entraîné une incapacité totale de travail de 28 jours.

Le tribunal a également ordonné à Mamadou Fall de verser à sa victime la somme de cinq (5) millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi.

Ce jugement, rendu après plusieurs semaines d’audience, vient clore un dossier qui avait ému au-delà du secteur médiatique, tant par la brutalité des faits que par la personnalité de la victime.
La décision du tribunal a été accueillie comme un signal fort contre la violence ciblant les acteurs de la communication et les professionnels des médias, rappelant la nécessité de garantir leur sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°581 – 13/10/2025

🔴 SCANDALE PRÉSUMÉ DES 8 MILLIARDS DE BAKEL : GUEUM SA BOPP INCLUT CHEIKH TIDIANE DIÈYE DANS SA PLAINTE
🔴 « AVANT DE DÉPENDRE DU FMI, LE SÉNÉGAL DOIT COMPTER SUR SES SES PROPRES FORCES » : AYIB DAFFÉ CHANTE UNE SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE

🔴 ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : KÉBA KANTÉ LANCE « LE CHEMIN DE LA GLOIRE »
🔴 CHERTÉ DES BILLETS : KRÉPIN DIATTA ET CHÉRIF NDIAYE PRENNENT EXEMPLE SUR LE COACH

Farba Ngom : ses avocats exigent la mainlevée du mandat de dépôt face à un état de santé préoccupant

Le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr dans une affaire présumée de blanchiment et de détournement de fonds continue de susciter de vives tensions. Ce dimanche 12 octobre, Me Baboucar Cissé, avocat du pool de défense de Farba Ngom, a officiellement demandé la mainlevée du mandat de dépôt de son client, dénonçant un non-respect flagrant des droits de la défense et des procédures pénales. Selon lui, Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février, et Tahirou Sarr, incarcéré le 28 février, n’ont jamais été entendus sur le fond de l’affaire malgré neuf mois de détention.

Me Cissé a insisté sur l’état de santé critique de Farba Ngom, soulignant que dès le jour de son inculpation, ce dernier avait fourni un dossier médical complet au juge, demandant une expertise qui n’a jamais été prise en compte. Après l’opposition du procureur, trois professeurs-médecins civils ont confirmé la gravité de la situation, précisant que Farba Ngom courait un risque de « mort subite ». L’avocat a dénoncé l’interprétation erronée de l’alinéa 2 de l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit la mainlevée du mandat de dépôt lorsque l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention. Il a ainsi réclamé la sortie de prison de son client, éventuellement sous contrôle judiciaire.

Me Cissé a par ailleurs critiqué la loi régissant la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qu’il qualifie de « loi scélérate » pour son non-respect du principe du contradictoire et pour avoir permis une incarcération préventive sans preuves tangibles. Il a rappelé que, dans ce dossier, aucune preuve n’atteste que Farba Ngom et son co-prévenu auraient détourné les 125 milliards de francs CFA qui leur sont reprochés. L’avocat a notamment questionné l’absence d’interventions des inspecteurs du Trésor et le manque de détails budgétaires dans le dossier, qui auraient dû clarifier la provenance réelle de ces fonds.

Au-delà des aspects financiers, Me Cissé a dénoncé un déséquilibre dans le traitement de certaines affaires et a appelé au strict respect des droits de la défense, « sacrés » selon la Constitution sénégalaise. Il a souligné qu’il est inconcevable de maintenir Farba Ngom et Tahirou Sarr en détention pendant neuf mois sans les entendre sur un dossier de 125 milliards de francs CFA, et a insisté sur la nécessité de permettre à son client de se défendre dans les plus brefs délais.

Cette demande de mainlevée s’inscrit dans un contexte où la défense de Farba Ngom met en avant l’urgence médicale et les lacunes procédurales, appelant les autorités judiciaires à prendre des mesures conformes à la loi pour garantir la protection de la santé et des droits fondamentaux de leur client.

Thierno Lô dénonce une justice « revancharde » et défend la stratégie de Madiambal Diagne

L’ancien ministre et président de l’Alliance pour la Paix et le Développement (APD), Thierno Lô, a profité de son passage dans l’émission Face au Jury diffusée ce dimanche 12 octobre sur PressAfrik pour livrer une analyse percutante sur la situation politique et judiciaire actuelle du Sénégal. Sans langue de bois, il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de la justice sénégalaise, qu’il qualifie de « revancharde », tout en apportant son soutien à Madiambal Diagne, dont il estime que le départ du pays relève d’une « stratégie de défense » et non d’une fuite.

Dès le début de son intervention, Thierno Lô a remis en cause la légitimité de certaines détentions dans le cadre de la politique de reddition des comptes mise en œuvre par le gouvernement. Évoquant le cas de l’ancien ministre Mansour Faye, il a affirmé que son incarcération était « arbitraire » et motivée davantage par des considérations politiques que juridiques. « Je savais que s’il se présentait devant le juge, il allait être libéré parce qu’il était dans la légalité. Il est parti d’un décret, il a fait un appel. On l’a mis en prison juste parce qu’il est le beau-frère de l’ancien président Macky Sall », a-t-il déclaré. L’ancien ministre a ajouté que le pays faisait face à « une justice revancharde », où certains juges ou procureurs semblent agir sous l’influence de règlements de comptes politiques.

Abordant la question des réformes institutionnelles, Thierno Lô s’est montré dubitatif face à la multiplication des dialogues nationaux et autres forums. Selon lui, ces initiatives n’apportent aucun changement concret. « Les Sénégalais en ont marre des dialogues et des forums qui ne servent à rien. Les conclusions restent toujours dans les tiroirs », a-t-il déploré, soulignant la lassitude d’une population en quête de résultats concrets plutôt que de discours politiques.

Le président de l’APD s’est ensuite longuement attardé sur le dossier brûlant de Madiambal Diagne, journaliste et patron de presse accusé dans plusieurs affaires. Contrairement à ceux qui le qualifient de fugitif, Thierno Lô estime que son départ pour la France s’inscrit dans une stratégie de défense réfléchie. « On dit qu’il a fui, mais moi je ne considère pas ça comme une fuite. Pour moi, c’est une stratégie pour préparer sa défense », a-t-il expliqué, avant de justifier sa position. Selon lui, Madiambal Diagne aurait quitté le pays pour mettre en sécurité certains documents sensibles et mieux organiser sa riposte judiciaire.

« Madiambal dit qu’il détient des documents et il défie constamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Il parle du protocole du Cap Manuel, du patrimoine du Premier ministre, de l’affaire Adji Sarr, du patrimoine bâti et d’autres dossiers. Il affirme qu’il possède une masse d’informations car il a été dans le système. Si tout cela est avéré, son départ n’est rien d’autre qu’une démarche pour préserver ces éléments et préparer sa défense », a expliqué Thierno Lô.

L’ancien ministre a même anticipé le retour du journaliste en évoquant un plan d’action bien orchestré. « Si c’est le Madiambal que je connais, quand il reviendra au Sénégal, il le fera avec un pool d’avocats et en compagnie de la presse internationale pour mener son combat », a-t-il déclaré, laissant entendre que cette affaire pourrait bientôt prendre une dimension internationale.

Dans la dernière partie de son intervention, Thierno Lô a élargi son propos en analysant les racines profondes des dysfonctionnements du pays. Pour lui, le problème du Sénégal n’est pas lié aux institutions ou aux textes, mais aux hommes qui les incarnent. « Nous n’avons ni un problème de texte, ni un problème de système. Nous avons un problème d’animateurs des systèmes. Si on prenait les gens d’ici et qu’on les mettait en France, et inversement, dans deux ans la France serait un pays sous-développé et le Sénégal un pays développé », a-t-il lancé, dans une formule choc illustrant sa vision d’un État gangrené par l’incompétence et le manque d’éthique.

Cette sortie médiatique de Thierno Lô relance le débat sur la politisation de la justice, la place du journalisme d’investigation dans un contexte tendu, et la responsabilité des élites dans la construction d’un Sénégal plus juste et plus équitable. À travers ses propos, l’ancien ministre appelle implicitement à un sursaut national pour réhabiliter la justice, protéger les libertés et restaurer la confiance entre institutions et citoyens.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°580 – 11 ET 12/10/2025

🔴 NOUVELLE BAISSE DE LA NOTE SOUVERAINE DU SÉNÉGAL PAR MOODY’S : ÇA SENT LE BRÛLÉ !
🔴 8 MILLIARDS F CFA DES INONDATIONS À BAKEL : GUEUM SA BOPP EXIGE DES COMPTES

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 / VICTOIRE CONTRE LE SOUDAN DU SUD : LE SÉNÉGAL SUR LA BONNE VOIE
🔴 CHERTÉ DES BILLETS : PAPE THIAW DÉCIDE D’UTILISER SES PRIMES POUR LES SUPPORTERS

Aliou Sall et son épouse toujours en garde à vue malgré une caution de 240 millions FCFA : Me El Hadji Diouf dénonce

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse, Aïssata Sall, restent en détention au Pôle judiciaire financier, une situation qui suscite incompréhension et indignation de la part de leur avocat, Me El Hadji Diouf. Ce vendredi 10 octobre 2025, à l’issue de l’audition du couple devant le président du Collège des juges d’instruction, Me Diouf a exprimé son étonnement quant au maintien en garde à vue de ses clients alors que ceux-ci ont déposé une caution importante pour obtenir leur mise en liberté provisoire.

Selon l’avocat, Aliou Sall et son épouse ont versé en espèces un montant de 240 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations, répondant ainsi aux exigences pour leur libération. Cependant, le procureur, arrivé tardivement, n’a pas pu examiner la demande dans les délais impartis, ce qui a conduit au prolongement de la détention. Me Diouf insiste sur le fait que toutes les pièces justificatives concernant les opérations bancaires et les transactions liées au projet immobilier conduit par Aliou Sall ont été fournies. L’avocat assure qu’il n’existe aucun élément d’illégalité dans les démarches entreprises par ses clients.

Il a également relevé que les juges d’instruction n’étaient pas tenus de communiquer la demande de caution au procureur, et a indiqué que ce dernier s’est engagé à retourner le dossier lundi au président du Collège des juges d’instruction pour statuer sur la mise en liberté du couple. Me Diouf se montre confiant sur le fait qu’Aliou Sall et son épouse seront libérés après l’examen de cette caution.

L’avocat a par ailleurs déploré le maintien en garde à vue de ses clients durant le week-end, dénonçant ce qu’il qualifie « d’humiliation » et de « souffrance supplémentaire ». Il estime que le couple aurait pu rentrer chez lui et revenir sur convocation lundi, d’autant que, jusqu’à présent, aucun acte d’instruction n’a été formellement pris contre eux.

Cette situation met en lumière la lenteur des procédures judiciaires au Pôle judiciaire financier, alors même que le couple a respecté les exigences financières imposées par la justice. Le maintien en détention d’Aliou Sall et de son épouse, malgré la caution déposée, soulève des interrogations sur la gestion des dossiers et la communication entre les différentes instances judiciaires impliquées.

Pôle judiciaire financier : Aliou Sall et son épouse obtiennent un retour de parquet

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse ont été autorisés à bénéficier d’un retour de parquet à l’issue de leur audition ce vendredi devant le Pôle judiciaire financier (PJF). Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête en cours portant sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, liés à une société immobilière dont Aliou Sall serait l’actionnaire principal.

Le couple est convoqué une nouvelle fois devant le juge d’instruction en charge du dossier ce lundi, pour poursuivre les investigations. Cette mesure permet aux autorités judiciaires de continuer à approfondir l’examen des éléments constitutifs de l’affaire et de déterminer la suite à donner à cette procédure.

L’affaire, très médiatisée, s’inscrit dans un contexte de contrôle renforcé sur les activités financières et immobilières des personnalités publiques au Sénégal. Les investigations du Pôle judiciaire financier visent à établir la réalité des transactions et à identifier les éventuelles infractions à la législation en vigueur en matière de blanchiment de capitaux.

Le retour de parquet octroyé à Aliou Sall et son épouse illustre le fonctionnement normal de la procédure judiciaire, offrant aux mis en cause la possibilité de répondre aux questions du juge tout en permettant aux enquêteurs de poursuivre la collecte et l’analyse des preuves. L’audition de lundi sera déterminante pour la suite du dossier et pourrait orienter les décisions ultérieures du juge d’instruction concernant la mise en liberté ou la détention éventuelle des intéressés.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°579 – 10/10/2025

🔴 UMOA / ÉMISSION DE 120 MILLIARDS F CFA POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE PAR LA SENELEC : LE WOYOFAL ALLÉGÉ ?
🔴 ALIOU SALL ET SON ÉPOUSE EN GARDE À VUE : LE CERCLE DU MACKY SOUS PRESSION

🔴 15 OCTOBRE : DATE DE CLÔTURE DES « NAVÉTANES » !
🔴 TOURNOI UFOA-A U17 : LE SÉNÉGAL FAIT MATCH NUL FACE À LA GUINÉE

Affaire Madiambal Diagne : le CDEPS dénonce une atteinte aux libertés et exprime sa solidarité

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a réagi avec inquiétude à la situation de son ancien président, Madiambal Diagne, actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui secoue le monde médiatique sénégalais. Dans un communiqué publié ce 9 octobre 2025, le CDEPS dénonce la manière dont le journaliste a été empêché de quitter le territoire national et alerte sur les conséquences de ces pratiques sur la liberté de la presse et les droits fondamentaux.

Selon le communiqué, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal après avoir été confronté à une menace réelle d’arrestation alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France. Cette interdiction brutale de sortie du territoire, suivie d’une convocation par un service de police, l’aurait contraint à s’installer temporairement en France pour préparer sa défense.

Le CDEPS dit s’émouvoir de la violence des procédures judiciaires et policières engagées contre son ancien président, estimant qu’elles traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des affaires publiques et dans la manière de traiter les journalistes et acteurs de la presse. « Ces méthodes constituent une menace pour la liberté des citoyens et pour la presse en particulier », souligne le communiqué.

L’organisation professionnelle rappelle également que les entreprises membres du CDEPS traversent une période économique difficile, aggravée par ce qu’elle qualifie de « mesures injustes et illégales » visant à affaiblir leur santé financière. Cette situation, selon le Conseil, s’inscrit dans un climat général de pressions croissantes sur les médias, qui fragilisent le pluralisme et le droit à l’information.

En signe de soutien, le CDEPS exprime sa solidarité totale avec Madiambal Diagne, saluant son parcours et son engagement pour la liberté de la presse. Le Conseil appelle les autorités sénégalaises à garantir le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, particulièrement ceux des journalistes, dans le respect des principes de l’État de droit.

Par ce communiqué, le CDEPS entend également alerter sur la nécessité de préserver un espace médiatique libre et indépendant, condition essentielle pour toute démocratie. L’affaire Madiambal Diagne, selon l’organisation, ne doit pas devenir le symbole d’un recul des libertés au Sénégal, pays historiquement reconnu pour son attachement à la liberté d’expression.

ÈRE SONKO-DIOMAYE : Une justice à deux vitesses ?

Sous le régime du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la question de l’impartialité de la justice sénégalaise refait surface avec acuité. Deux « influenceurs du Projet », Lamignou Darou et Boy Dakar, ont été récemment placés sous mandat de dépôt et vont être jugés ce mercredi 8 octobre 2025, en flagrant délit.
La rapidité de la procédure intrigue, surtout lorsqu’on la compare à celle réservée à d’autres figures, connues pour leur hostilité envers le « Projet », mais dont les dossiers stagnent dans les circuits judiciaires. Badara Gadiaga, qui totalise déjà quatre-vingt-dix (90) jours derrière les barreaux, en est une illustration. Tout comme Assane Diouf et Abdou Nguer, eux aussi, interpellés pour des propos tenus sur des médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux, mais dont les affaires ont été confiées à l’instruction, rallongeant d’autant leur détention préventive.
Un contraste qui rappelle d’autres épisodes précédents. Azoura Fall, par exemple, avait copieusement insulté l’ancien chef de l’État, Macky Sall. Ses avocats avaient plaidé la folie, lui permettant d’éviter la prison. Une issue d’autant plus surprenante que le jeune homme apparaissait régulièrement aux côtés du chef du Gouvernement, dirigeait une équipe digitale en faveur de Pastef et s’affichait au volant de voitures de luxe.
Dans le même registre, le cas de Ngoné Saliou Diop, chroniqueuse du « Projet », continue de susciter la polémique. Ses propos jugés ethnicistes envers la communauté « hal pulaar » ont provoqué la colère d’associations et donné lieu à plusieurs plaintes. Pourtant, après une simple audition à la Division de la Cybersécurité (DSC), elle a été relâchée sans suite.
Pendant ce temps, d’autres personnes issues de l’ancien camp présidentiel, telles Farba Ngom – gravement malade -, et Lat Diop, dont le corrupteur présumé, hume tranquillement l’air frais, subissent une rigueur judiciaire manifeste.
Dernièrement, Pape Mahawa Diouf, cadre de l’APR, a été également mis en détention, en attente du verdict dans son procès pour diffamation contre le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène.
Dans une République qui s’est longtemps enorgueillie de la solidité de ses institutions, cette impression de déséquilibre interroge. Faut-il désormais croire que la prison, sous l’ère Sonko-Diomaye, n’est faite que pour les « anti-Pastef » ?

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°578 – 09/10/2025

🔴 BAISSE DE 83,7 MILLIARDS F CFA EN JUILLET 2025 : COUP DE FREIN SUR LES RECETTES TOTALES
🔴 « DETTE CACHÉE » OU « DONNÉES ERRONÉES » ? : ABDOURAHMANE SARR SUR LE RING

🔴 ANNONCE D’UNE STANDING OVATION PAR LE 12e GAÏNDÉ : SADIO MANÉ CÉLÉBRÉ LE 14 OCTOBRE
🔴 IDÉES – DAME MBODJI : ON NE FAIT PAS CHANTER UNE NATION POUR 100 MILLIONS (Par Baba Aïdara)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°577 – 08/10/2025

🔴 ÈRE SONKO-DIOMAYE : LA PRISON QUE POUR LES « ANTI-PASTEF » ?
🔴 DISCOURS « HUMILIANT » DU PREMIER MINISTRE : Bougar Diouf défend le Président de la République

🔴 ABSENCE DE JAKOBS : LA FSF EXIGE DES EXPLICATIONS À GALATASARAY
🔴 ZONE 8 YÈNE : SUSPENSION DES COMPÉTITIONS ET SANCTIONS CONTRE SADIA

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°576 – 07/10/2025

🔴 946 HECTARES INONDÉS, 3 825 SINISTRÉS, 178 FAMILLES DÉPLACÉES : BAKEL EN DÉTRESSE
🔴 2,89 MILLIONS DE BARILS ET 336 690 m³ DE GNL EN SEPTEMBRE : SANGOMAR ET GTA CARTONNENT

🔴 QUALIF’ CAN U17 : LE SÉNÉGAL ACCROCHÉ PAR LA SIERRA LEONE
🔴 « TANIÈRE » / FORFAIT DE BOULAYE DIA : HABIB DIALLO À LA RESCOUSSE !

Pape Malick Ndour libéré : Me El Hadji Diouf dénonce un acharnement politique et l’absence de preuves

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été libéré ce lundi à l’issue de son audition à la Section de recherches de Colobane. Son avocat, Me El Hadji Diouf, a dénoncé un « acharnement politique » et une « violation » des droits de son client, affirmant que rien ne justifiait cette convocation.

« Tous les droits de Pape Malick Ndour ont été violés. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a donné aucun ordre pour tuer, n’a eu aucun contact avec des nervis, il n’est ni criminel ni assassin », a déclaré Me Diouf. L’avocat a dénoncé une manœuvre visant spécifiquement les cadres de l’Alliance pour la République (APR) susceptibles de contester le gouvernement en place. « Ce grand économiste empêche le gouvernement de dormir. C’est un homme courageux, de haut niveau, qui pose des questions sur des sujets que ce gouvernement ne maîtrise pas. Il dérange, comme tous les cadres de l’APR capables de porter la contradiction à un gouvernement affolé », a-t-il ajouté.

Selon Me Diouf, la convocation de Pape Malick Ndour reposait uniquement sur une dénonciation, sans qu’aucune preuve tangible ne soit produite. « J’ai demandé aux enquêteurs : où sont les preuves ? Aucune preuve. Les gendarmes n’ont pas pu produire le moindre élément. Nous sommes sortis de l’enquête très confiants, car ils n’ont aucune preuve contre lui », a-t-il précisé.

L’avocat a enfin confirmé que Pape Malick Ndour est désormais libre de ses mouvements et peut voyager sans restriction. « Il peut voyager dès ce soir, que ce soit pour l’Australie, Paris ou l’Océanie », a-t-il conclu, mettant fin à une affaire qui aura suscité de vives réactions dans le paysage politique national.

Réforme du système carcéral : Yassine Fall annonce une série de mesures pour améliorer les conditions de détention au Sénégal

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, a annoncé ce lundi 6 octobre 2025 un ensemble de réformes destinées à transformer en profondeur le système pénitentiaire sénégalais. Cette déclaration fait suite à sa visite de terrain à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, un établissement symbole des difficultés du milieu carcéral au Sénégal.

Devant la presse, Yassine Fall a dressé un constat alarmant : « La Maison d’arrêt de Rebeuss, conçue pour accueillir un maximum de 800 détenus, en héberge aujourd’hui près de 3 740. Cette situation constitue une atteinte à la dignité humaine et un frein à l’efficacité de nos politiques pénales », a-t-elle déploré. Elle a tenu à réaffirmer « l’engagement total de l’État à améliorer de manière tangible les conditions de détention », insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une question de confort, mais d’un impératif de justice et d’humanité.

« Il faut avoir le courage, la responsabilité et la lucidité de le dire : la situation actuelle est la conséquence d’une inaction prolongée », a souligné la ministre. Elle a également rappelé que cette préoccupation est suivie « de très près » par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui ont exprimé la volonté d’apporter des réponses rapides et durables à cette crise structurelle.

Yassine Fall a par ailleurs mis en lumière un constat historique préoccupant : « Depuis l’indépendance du Sénégal, aucune nouvelle prison n’a été construite alors même que la population carcérale n’a cessé d’augmenter. » Elle a également évoqué le projet de construction d’un établissement pénitentiaire de 2 500 places, inscrit dans le programme de modernisation des infrastructures judiciaires de l’ancien régime. Selon la ministre, ce projet n’a jamais été mené à terme et s’est transformé en « un véritable scandale de prévarication sur fonds publics ».

Pour remédier à cette situation, la garde des Sceaux a annoncé une série de réformes articulées autour de quatre axes principaux. D’abord, l’élargissement du recours aux alternatives à l’incarcération pour les délits mineurs, à travers des mécanismes tels que la médiation pénale, le travail d’intérêt général ou le bracelet électronique. Ensuite, l’aménagement systématique des peines pour les détenus malades, âgés ou en fin de peine, afin d’alléger la pression sur les établissements surpeuplés.

Le troisième axe porte sur l’activation de la procédure de grâce présidentielle, dans le respect des principes de justice et d’équité, pour désengorger rapidement les prisons du pays. Enfin, la ministre a annoncé la relance effective du programme de construction de nouveaux établissements pénitentiaires, avec un cahier des charges rigoureux, transparent et soumis à un suivi strict par les autorités compétentes.

En conclusion, Yassine Fall a réaffirmé la détermination du gouvernement à refonder le système carcéral sur des bases humaines, équitables et conformes aux standards internationaux. Elle a insisté sur le fait que la réforme du milieu carcéral ne saurait être perçue comme un geste politique, mais comme une exigence morale et républicaine, au cœur de l’État de droit que le Sénégal entend consolider.

Interpellation de Pape Malick Ndour à l’AIBD : l’ADHA exige des clarifications sur la base légale de l’interdiction de sortie du territoire

L’interpellation de Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse, à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) dans la nuit du 4 au 5 octobre 2025, continue de faire réagir. L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a, dans un communiqué publié ce lundi 6 octobre, exprimé sa vive préoccupation face à cette mesure qu’elle juge préoccupante pour les libertés publiques. L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités à fournir des explications claires sur les circonstances de cette interpellation et sur la base légale de l’interdiction de sortie du territoire national (IST) imposée à l’ancien ministre.

Selon les déclarations de Pape Malick Ndour, recueillies lors d’un point de presse, il aurait été extrait de la salle d’embarquement après avoir accompli toutes les formalités administratives et de voyage. L’ancien ministre affirme qu’aucune notification officielle ou document écrit ne lui a été remis pour justifier cette interdiction, qu’il considère comme arbitraire. Il soutient par ailleurs avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires pour se rendre à l’étranger et évoque une violation du principe de privilège de juridiction réservé aux anciens membres du gouvernement.

Dans son communiqué, l’ADHA dit suivre avec une attention particulière cette affaire qu’elle juge révélatrice d’un possible dysfonctionnement dans l’application des règles de procédure. L’organisation avertit que, si les faits rapportés s’avéraient exacts, ils constitueraient une atteinte grave aux droits fondamentaux, notamment à la liberté de circulation, à la dignité de la personne et au droit à une procédure régulière. Toutefois, l’ADHA appelle à la prudence et rappelle que le respect de la présomption d’innocence reste un principe cardinal en droit sénégalais.

L’organisation invite les autorités judiciaires et administratives compétentes à faire preuve de transparence en publiant les éléments légaux justifiant la mesure d’interdiction de sortie du territoire. Elle appelle également les institutions nationales de contrôle et de défense des droits humains à veiller à la stricte application des garanties constitutionnelles et conventionnelles en la matière.

Par ailleurs, l’ADHA exhorte les citoyens et les acteurs politiques à s’abstenir de toute récupération partisane de cette affaire, afin de préserver la sérénité du débat public et de maintenir la confiance dans les institutions républicaines. Elle rappelle enfin son engagement constant à défendre les droits fondamentaux de tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance politique ou sociale.

Fidèle à sa ligne de défense des libertés, l’ADHA rappelle qu’elle s’était déjà mobilisée dans le passé pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme dans plusieurs affaires politiques sensibles, notamment celles concernant le leader Ousmane Sonko. L’organisation réaffirme ainsi son attachement à un État de droit fondé sur la transparence, l’équité et le respect des principes démocratiques.

Procès Pape Mahawa Diouf vs ASER : le délibéré attendu le 13 octobre 2025

Le procès opposant Pape Mahawa Diouf, porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République (APR), à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a été clôturé ce lundi devant le tribunal de Dakar. Après plusieurs heures d’audience marquées par des échanges tendus, le juge a mis l’affaire en délibéré et a fixé la date du verdict au 13 octobre 2025. En attendant cette décision, Pape Mahawa Diouf reste maintenu en détention.

Le responsable politique était poursuivi pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles, à la suite d’une plainte déposée par le Directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène. Ce dernier reproche à Pape Mahawa Diouf d’avoir tenu, dans des déclarations publiques, des propos accusatoires évoquant un prétendu détournement de fonds estimé à plusieurs milliards de francs CFA dans le cadre des projets d’électrification rurale.

Appelé à la barre, Pape Mahawa Diouf a adopté un ton mesuré, reconnaissant que ses propos ont pu prêter à confusion. « Je peux m’être trompé, mais mon objectif n’était pas d’accuser », a-t-il déclaré devant le juge, tentant ainsi d’atténuer la portée de ses affirmations antérieures. Cette nuance, perçue comme une forme de recul sans véritable mea culpa, a retenu l’attention du tribunal et des avocats présents.

Le représentant du ministère public, pour sa part, a estimé que les propos de l’accusé portaient atteinte à la réputation d’une institution publique et ont contribué à la propagation de fausses informations. Dans son réquisitoire, le procureur a requis six (06) mois de prison dont trois (03) mois ferme, assortis d’une amende de 300.000 F CFA.

La défense, assurée par un collectif d’avocats composé notamment de Me El Hadji Diouf, Me Amadou Sall et Me Elhadji Youm, a plaidé la bonne foi de leur client, arguant qu’il n’avait fait que relayer des informations circulant déjà dans le débat public. Les conseils de Pape Mahawa Diouf ont également insisté sur le fait qu’il agissait dans le cadre de son rôle politique, en exerçant son droit à l’expression critique sur la gestion publique.

Le procès a suscité un grand intérêt au sein de l’opinion, tant pour la stature politique du prévenu que pour la portée symbolique du dossier, qui interroge une nouvelle fois la frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans la prise de parole publique.

« Injures et diffamation » à l’encontre d’un responsable Layenne : un conseiller municipal et un activiste arrêtés à Malika

La tension est montée d’un cran à Malika, dans la banlieue dakaroise, après l’arrestation de deux figures locales, accusées d’avoir tenu des propos jugés injurieux et diffamatoires à l’encontre d’un responsable de la communauté Layenne. Il s’agit de Mamadou Fall, plus connu sous le nom de Malcom, conseiller municipal et militant écologiste, et de l’activiste Mor Talla Babou.

Selon les informations rapportées par L’Observateur dans sa parution de ce lundi, les deux hommes ont été interpellés samedi par les éléments du commissariat de police de Malika. Ils sont actuellement placés en garde à vue et devraient être déférés devant le parquet dans les prochaines heures pour « injures publiques et diffamation ».

À l’origine de l’affaire, une série de déclarations tenues par Mamadou Fall dans le cadre de sa lutte contre l’exploitation du sable autour du lac Wouy, un site naturel de la localité menacé par les activités de prélèvement anarchiques. Le conseiller municipal avait publiquement dénoncé ce qu’il qualifiait de « pillage organisé » des ressources naturelles, accusant certains responsables locaux de fermer les yeux sur une situation qu’il jugeait alarmante.

Cependant, ses propos n’ont pas été du goût de tous. Un responsable influent de la communauté Layenne, proche du Khalife, a estimé que les déclarations de Mamadou Fall constituaient des injures et une atteinte à son honneur. Il a alors porté plainte, entraînant l’arrestation du conseiller municipal.

Dans la foulée, un autre activiste de la zone, Mor Talla Babou, a lui aussi été interpellé à la suite d’une plainte similaire. L’homme est accusé d’avoir tenu, lors d’une émission diffusée sur une télévision locale, des propos virulents à l’encontre de la même autorité religieuse. Ses déclarations, jugées offensantes, ont été considérées comme diffamatoires par la partie plaignante.

Les deux mis en cause, qui se présentent comme des défenseurs des causes citoyennes et environnementales, devront désormais répondre de leurs actes devant la justice. Leur interpellation a suscité de vives réactions au sein de la population de Malika, partagée entre ceux qui dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et ceux qui estiment que la dignité des autorités religieuses doit être protégée.

Procès de Pape Mahawa Diouf : la partie civile réclame 200 millions de F CFA à titre de réparation

L’affaire opposant Pape Mahawa Diouf, ancien directeur de la communication de la présidence de la République, à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), a été appelée ce lundi 6 octobre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette audience très attendue a été marquée par des moments de tension, notamment lors de la confrontation entre l’accusé et les représentants de l’agence publique.

Selon les informations recueillies à l’audience, l’ASER reproche à Pape Mahawa Diouf d’avoir tenu, dans des déclarations publiques, des propos jugés diffamatoires concernant une prétendue mauvaise gestion de 37 milliards de F CFA. Ces fonds étaient, selon le mis en cause, liés à des projets d’électrification rurale dont la transparence aurait été mise en doute. Face aux juges, les représentants de l’ASER – notamment le directeur technique et un conseiller technique – ont tenu à apporter des éclaircissements.

Ils ont expliqué que la somme évoquée par Pape Mahawa Diouf correspondait bien à des financements effectivement décaissés, mais dans le cadre de 47 projets distincts. Parmi eux, quarante concernaient la phase pilote du programme d’électrification rurale et couvraient plus de 300 villages répartis sur l’ensemble du territoire national. Les représentants de l’agence ont insisté sur le caractère transparent du processus et sur la conformité des dépenses effectuées.

Dans ses réquisitions, la partie civile a sollicité une réparation financière évaluée à 200 millions de F CFA, se fondant sur les dispositions du Code de procédure pénale. L’avocat de l’ASER a précisé que la structure ne cherchait pas la condamnation pénale de l’accusé, mais plutôt la reconnaissance d’un préjudice moral et institutionnel. « Nous ne demandons pas sa condamnation pénale, mais une réparation de 200 millions de F CFA pour l’ASER », a-t-il déclaré à la barre.

De son côté, Pape Mahawa Diouf, assisté par un collectif d’avocats composé de Me Elhadji Youm, Me El Hadji Diouf et Me Amadou Sall, a reconnu que ses propos s’inspiraient d’anciens commentaires de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall relatifs à la gestion de l’ASER. L’ancien porte-parole du parti APR a tenu à préciser qu’il n’avait jamais voulu accuser personnellement le directeur général de l’agence ni porter atteinte à l’institution. « Si mon propos heurte, je peux le retirer. Mon intention n’a jamais été d’accuser le Directeur général ni l’ASER. En tant que porte-parole d’un parti, j’alertais simplement l’opinion », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Lors de la prise de parole de la défense, Me El Hadji Diouf a d’abord demandé à savoir qui, au juste, représentait l’ASER dans cette procédure. Le directeur technique et le conseiller technique se sont levés pour se présenter. L’avocat s’est alors étonné de cette situation, soulignant qu’il s’agissait d’une première dans ce tribunal. Une remarque qui a provoqué un léger tumulte dans la salle avant que le président d’audience ne rétablisse le calme.

Le procès, suivi avec beaucoup d’intérêt par les observateurs politiques et médiatiques, s’annonce comme un test pour la gestion de la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs publics dans le débat national. L’audience s’est poursuivie dans une atmosphère tendue, les plaidoiries des parties étant attendues pour la suite des débats.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°575 – 06/10/2025

🔴 « JE VEUX UN PROCÈS PUBLIC, DEVANT LES CAMÉRAS » : PMN AFFRONTE SON DESTIN
🔴 CHANGEMENTS DANS LES INSTANCES : LE PARTI DE BOUBACAR CAMARA SE FISSURE

🔴 MONDIAL 2026 / « RIEN N’EST ENCORE JOUÉ » : PAPE THIAW APPELLE À LA CONCENTRATION
🔴 SÉNÉGAL VS MAURITANIE : LA FSF FAIT FLAMBER LES PRIX DES BILLETS !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°574 – 04 ET 05/10/2025

🔴 REPORT DU VOTE SUR LA DÉROGATION LIÉE À LA DETTE PAR LE FMI : LE SÉNÉGAL DANS L’EXPECTATIVE
🔴 PACTE DE STABILITÉ SOCIALE / INDUSTRIES ALIMENTAIRES : LE TORCHON BRÛLE

🔴 LSFP : RENDEZ-VOUS CE SAMEDI POUR LE CALENDRIER
🔴 UFOA-A U17 : LE SÉNÉGAL HÉRITE DE SON PROGRAMME

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°573 – 03/10/2025

🔴 CONCLUSIONS DU FMI SUR LA « DETTE CACHÉE » ATTENDUES AUJOURD’HUI : FIN DU SUSPENSE !
🔴 6,5 MILLIARDS DE FRANCS CFA RÉCLAMÉS PAR LES HACKERS : LA DGID PRISE EN OTAGE

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : MAMADOU LAMINE CAMARA, ILAY CAMARA ET NAMPALYS MENDY DE RETOUR
🔴 JOJ 2026 À DAKAR / ATHLÉTISME : UN SÉMINAIRE PRÉVU POUR LES AFRICAINS FRANCOPHONES

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°572 – 02/10/2025

🔴 HAUSSE DE PRÈS DE 3% DES PRIX DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION : LE SECTEUR BTP FACE À L’INFLATION
🔴 « FISCALITÉ ÉTOUFFANTE SANS ÉQUITÉ NI EFFET REDISTRIBUTIF » : L’ALERTE DU PDS

🔴 ODCAV RUFISQUE (Z1 B) : BOKK JOM ET JALOORÉ S’OFFRENT LA FINALE !
🔴 BLESSÉ À LA CUISSE : MAMADOU SARR POURRA-T-IL DÉBUTER AVEC LES « LIONS » ?

Le PDS tire la sonnette d’alarme et dénonce une crise « multidimensionnelle » au Sénégal

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) est monté au créneau ce mercredi 1er octobre 2025 pour alerter sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle » frappant le pays. Lors d’un point de presse organisé à Dakar, les responsables libéraux ont dressé un tableau sombre de la situation nationale, en insistant sur les difficultés sanitaires, sociales et économiques, tout en formulant des propositions pour redresser la trajectoire du Sénégal.

Au plan sanitaire, le PDS s’est particulièrement attardé sur la question des inondations, citant le cas de Touba où les populations, selon lui, vivent sous la menace permanente des maladies hydriques. Pour les libéraux, cette situation est la conséquence directe d’une gestion insuffisante et mal planifiée. Le parti réclame la création urgente d’un fonds spécial dédié à la lutte contre les inondations, la mise en œuvre d’un programme structuré de prévention et de résilience, ainsi qu’un audit rigoureux des ressources mobilisées depuis 2009 pour combattre ce fléau récurrent.

La vie chère a été un autre axe central de la déclaration. Les dirigeants du PDS ont dénoncé une fiscalité jugée « étouffante », accusant le gouvernement de maintenir une politique fiscale asphyxiante, dépourvue d’équité et sans véritable effet redistributif. Selon eux, cette politique fragilise non seulement les ménages mais aussi le tissu économique national. Ils accusent par ailleurs le pouvoir d’incohérence, en mettant en avant un discours souverainiste d’un côté, tout en s’alignant sur « les logiques de la dette » de l’autre, ce qui aurait pour conséquence de faire peser le fardeau du remboursement sur les couches sociales les plus vulnérables.

Le volet macroéconomique a donné lieu à de vives critiques. Selon le PDS, l’économie nationale est aujourd’hui « à la dérive ». Le parti s’appuie sur les récentes décisions des agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s qui ont dégradé la note souveraine du Sénégal à B- avec une perspective négative, ce qui, pour les libéraux, traduit une perte de crédibilité et de confiance des marchés financiers. Ils estiment que la situation est aggravée par un déficit public qui dépasse 9 % du PIB, un niveau jugé insoutenable en l’absence de plan de relance crédible. Pour illustrer leur propos, les libéraux ont évoqué la période du président Abdoulaye Wade, citant l’exemple de la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) qui avait permis de financer la construction de l’aéroport international Blaise Diagne sans recourir aux ressources du budget national.

Le PDS a aussi tenu à rappeler que l’héritage économique laissé par Abdoulaye Wade en 2012 était loin de correspondre au tableau de « caisses vides » souvent avancé par ses successeurs. Les responsables ont mis en avant les chiffres de la BCEAO qui estimaient les avoirs de l’État à 387 milliards de francs CFA à son départ du pouvoir. Ils ont également salué la vision de Karim Wade, à travers le projet du Port de Ndayane présenté comme un levier stratégique de compétitivité logistique et un modèle réussi de partenariat public-privé, susceptible de transformer durablement l’économie nationale.

Sur le plan politique, les libéraux ont annoncé une réorganisation en profondeur de leur Secrétariat national et l’installation prochaine d’un nouveau Comité directeur. Mais leur discours ne s’est pas limité à la critique économique. Le PDS a insisté sur « l’urgence vitale » de renforcer la cohésion nationale et de refonder la confiance entre les citoyens et les institutions. Le parti a condamné fermement ce qu’il considère comme des « arrestations arbitraires liées aux délits d’opinion » et exigé la libération immédiate des détenus politiques, qu’il présente comme une condition essentielle pour décrisper le climat social et préserver la démocratie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°571 – 01/10/2025

🔴 UEMOA / LANCEMENT DE LA PLATEFORME INTEROPÉRABLE DU SYSTÈME DE PAIEMENT INSTANTANÉ (PI-SPI) : FIN DES FRONTIÈRES FINANCIÈRES
🔴 CABINET FRANÇAIS WILLIAM BOURDON & ASSOCIÉS, TÉNORS DU BARREAU SÉNÉGALAIS : MADIAMBAL DIAGNE SE BLINDE

🔴 INSTALLATION D’UNE FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : KHADY DIÈNE GAYE ACCÉLÈRE LA CADENCE
🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR LES  « LIONS »

Madiambal Diagne renforce sa défense avec l’appui du cabinet français William Bourdon & Associés

Le journaliste et patron de presse sénégalais Madiambal Diagne a annoncé ce lundi un renfort de taille dans son équipe d’avocats. Dans un message publié sur le réseau social X, il a révélé que le prestigieux cabinet français William Bourdon & Associés rejoint sa défense ainsi que celle de sa famille, déjà assurée par plusieurs avocats sénégalais. « Le Cabinet d’avocats français William Bourdon & Associés participe à ma défense et à celle de ma famille aux côtés de leurs confrères et consœurs sénégalais Mes El. Amadou Sall, Baboucar Cissé, Dior Diagne, Ramatoulaye Ba, Papa Sène, Arona Bass, Ousmane Thiam, Demba Ciré Bathily », a-t-il précisé.

Cette décision intervient dans un contexte judiciaire particulièrement tendu pour l’ancien directeur de publication du groupe Avenir Communication. Il est visé par un mandat d’arrêt international délivré par la justice sénégalaise dans le cadre d’une enquête financière portant sur des flux estimés à 21 milliards de FCFA. Ces montants, considérés comme suspects, ont été signalés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et seraient liés à des opérations impliquant des entreprises partenaires.

Depuis que son nom est apparu dans ce dossier, Madiambal Diagne multiplie les prises de parole publiques pour défendre son honneur. Il a récemment indiqué qu’il compte répondre à la justice sénégalaise, mais dans un cadre où ses droits seront garantis. Dans un autre message publié sur X, il a expliqué avoir quitté Dakar pour Paris le 25 septembre 2025, soit quelques jours seulement après avoir été empêché d’embarquer sur un vol d’Air Sénégal.

L’entrée en scène du cabinet William Bourdon & Associés, reconnu pour son expertise dans les affaires de criminalité financière internationale et de droits humains, confère une dimension supplémentaire à la défense de Madiambal Diagne. Ce dernier entend ainsi démontrer sa volonté de se battre sur le terrain judiciaire et d’internationaliser sa stratégie face à ce qu’il qualifie de « cabale politique et médiatique ».

Alors que la justice sénégalaise poursuit ses investigations et que le mandat d’arrêt international reste en vigueur, l’affaire prend une tournure qui dépasse désormais les frontières nationales. Elle pourrait bien devenir l’un des dossiers judiciaires les plus scrutés dans les prochains mois, à la croisée des enjeux politiques, médiatiques et financiers.

Sénégal : un nouvel organigramme de l’État entre en vigueur avec le décret n°2025-1431

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a publié le 6 septembre 2025 le décret n°2025-1431 fixant la nouvelle répartition des services de l’État et des pouvoirs de contrôle sur les établissements publics, sociétés nationales et sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte abroge le décret n°2024-940 du 5 avril 2024 et redessine de façon précise la cartographie administrative et les chaînes de responsabilité au sommet de l’exécutif.

Le cœur du dispositif repose sur trois pôles. À la Présidence, sont reconduits et recentrés les leviers dits “régaliens” et de redevabilité : l’Inspection générale d’État et l’OFNAC pour l’audit et la lutte contre la corruption, le COS-PETROGAZ pour l’orientation stratégique des hydrocarbures, ainsi que des cellules de suivi et d’évaluation des politiques publiques. La Présidence conserve aussi les fonctions diplomatiques et protocolaires de très haut niveau, les organes de sécurité nationale, la coordination des conseils supérieurs de la magistrature et de la Cour des comptes, ainsi que le renseignement. Elle chapeaute l’appareil militaire placé au plus près du chef de l’État, y compris les hautes autorités sectorielles de la sûreté maritime et des aéroports, le CHEDS, et l’ensemble des services de soutien et de sécurité dédiés.

La Primature se voit, elle, confirmée dans son rôle de pilote et d’orchestrateur interministériel. Autour du cabinet et du Secrétariat général du gouvernement, le texte rassemble les instruments de planification, de normalisation et de coordination, du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets aux conseils et comités nationaux thématiques — nutrition, sécurité alimentaire, sécurité sanitaire “One Health”, prévention et sécurité routières, restructuration des entreprises publiques, suivi de l’Agenda Sénégal 2050. La Primature concentre aussi les fonctions de fabrication de la norme, de conservation des archives de l’État, de communication gouvernementale et de gestion des grands ensembles immobiliers administratifs, dans une logique de cohérence d’ensemble.

Chaque ministère dispose d’un périmètre clarifié, avec ses inspections, cellules techniques, directions générales et directions spécialisées. La Justice articule protection judiciaire, administration pénitentiaire, droits humains, dématérialisation et bonne gouvernance. L’Énergie, le Pétrole et les Mines structurent l’électricité, les renouvelables, la transition énergétique, les hydrocarbures et la géologie, avec une direction de contrôle transverse des opérations minières, pétrolières et gazières. L’Intérieur concentre sécurité publique, police judiciaire, frontières, protection civile, traitement des fichiers et organisation des élections. L’Économie et le Plan coordonnent prévision, politiques économiques, coopération et financements extérieurs, tandis que Finances et Budget encadrent Trésor, Douanes, Impôts-Domaines, Budget et secteur financier. L’Enseignement supérieur organise l’offre publique et privée, la recherche et l’innovation, les bourses, les classes préparatoires et la maintenance universitaire. Les Transports intègrent routier, ferroviaire et aérien, avec des directions de planification, QHSE et systèmes d’information. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la Santé, de la Famille et de l’Action sociale, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Environnement et de la Transition écologique, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, de l’Industrie et du Commerce, des Pêches et de l’Économie maritime, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des Infrastructures, ainsi que de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, se voient attribuer des organigrammes complets et homogènes, avec des cellules de passation des marchés, d’études, de planification, de suivi-évaluation, d’informatique, de genre et d’équité, signe d’une standardisation des fonctions support.

Au-delà des organes internes, le décret ventile la tutelle et le contrôle de centaines d’entités publiques et parapubliques. Les établissements de santé — du CHU de Fann aux hôpitaux régionaux en passant par les centres spécialisés — sont regroupés sous la Santé et l’Hygiène publique, avec la PNA, les ordres professionnels et le SAMU. Les universités — UCAD, UGB, UADB, UASZ, UAM, USSEIN, UNS, l’Université numérique, les œuvres universitaires et les instituts supérieurs — relèvent de l’Enseignement supérieur. Les grands opérateurs énergétiques — SENELEC, SAR, les filiales de PETROSEN, le Réseau gazier — sont confirmés sous l’Énergie. Les transports publics structurants — Dakar Dem Dikk, TER (SETER et SEN-TER), Grands Trains du Sénégal, Autoroutes du Sénégal, AIBD, Air Sénégal — se rattachent aux Transports terrestres et aériens. Les entreprises de télécoms et de médias d’État — RTS, Le Soleil, APS, Sonatel, La Poste, TDS, Sénégal Numérique — sont assignées au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’hydraulique et l’assainissement regroupent la SONES, la Sénégalaise des Eaux et la coordination avec les organisations de bassins. L’agriculture et l’élevage encadrent SODAGRI, SODEFITEX, SAED, l’ANCAR et les programmes structurants. L’Industrie et le Commerce couvrent ICS, SONACOS, le CICES, les domaines industriels et les agropoles. Le Port autonome de Dakar, l’ANAM et les organismes maritimes relèvent des Pêches et de l’Économie maritime. Les finances publiques et le secteur financier listent banques et assureurs à participation publique, du Crédit du Sénégal à la BNDE, en passant par la BHS, la BIS, la CBAO ou la LONASE. La Culture et le Tourisme regroupent les institutions patrimoniales et scéniques majeures — Grand Théâtre, Sorano, Musée des Civilisations Noires, École nationale des Arts — ainsi que les agences de promotion et la gestion des sites touristiques.

La logique d’ensemble est lisible : recentrer la Présidence sur le stratégique, le contrôle et la sécurité, conforter la Primature dans le pilotage et la fabrique de la norme, donner aux ministères des blocs de compétences complets, doter chaque département d’un socle identique de fonctions de gouvernance et de gestion, et aligner clairement les têtes de tutelle des établissements et sociétés publiques. L’ambition affichée est de fluidifier les processus, réduire les zones grises de responsabilité et rendre l’action publique plus traçable, depuis l’initiation d’une politique jusqu’à son exécution et son évaluation.

Cette répartition ne se limite pas à un toilettage administratif. Elle annonce aussi une montée en puissance des dispositifs de contrôle interne, de suivi-évaluation, de statistiques et de digitalisation, omniprésents dans les organigrammes. La transversalité “genre et équité”, désormais systématisée, signale un cadrage normatif que les départements devront décliner dans leurs politiques. La centralisation du pilotage des grands projets à la Primature, conjuguée au renforcement des directions de planification dans les ministères, laisse entrevoir un arbitrage plus resserré des investissements publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigence d’efficience.

Avec l’abrogation du décret de 2024, le nouveau cadre devient immédiatement opposable. Il appartiendra aux secrétariats généraux, inspections et directions de formaliser leurs manuels de procédures et de mettre à jour les chaînes de délégation, tandis que les établissements et sociétés publiques s’aligneront sur leurs ministères de rattachement. La réussite de cette réforme dépendra, au-delà du texte, de la capacité des acteurs à coopérer, à partager l’information et à faire vivre les mécanismes d’évaluation promis au cœur du dispositif.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°570 – 30/09/2025

🔴 MACKY SALL SUR LA « DETTE CACHÉE » : « UN NON-SENS »
🔴 PAPE MAHAWA DIOUF GARDÉ À VUE À LA DSC : « ASER-GATE » : SUITE ET PAS FIN

🔴 NAVÉTANES À DIAMNIADIO / ÉLIMINÉE EN DEMI-FINALE : L’ASC MANKOO ACCUSE DES RESPONSABLES DE LA ZONE 9B
🔴 COUPE DU MONDE U20 / PREMIÈRE UTILISATION DU CARTON VERT PAR LE MAROC : HISTORIQUE !

Crise sociale à l’hôtel Radisson de Diamniadio : les délégués du personnel convoqués à la gendarmerie

Le bras de fer entre les travailleurs de l’hôtel Radisson Blu de Diamniadio et la direction de l’établissement franchit une nouvelle étape. Ce lundi, les délégués du personnel sont convoqués à la gendarmerie, à la suite d’une plainte déposée par la direction. Cette action judiciaire intervient alors que le personnel est en grève depuis plus d’un mois, dénonçant des pratiques jugées injustes, voire abusives.

C’est le président des délégués, Omar Dia, qui a confirmé l’information lors d’une intervention sur les ondes de la radio Sud FM. Selon lui, la gendarmerie avait initialement exprimé son intention d’auditionner l’ensemble du personnel gréviste, mais il a été finalement décidé de limiter les convocations aux seuls représentants syndicaux. Cette évolution est interprétée par certains comme une tentative d’intimidation, alors que le conflit social s’enlise.

Dans cette même déclaration, Omar Dia a réaffirmé la position des travailleurs face à ce qu’ils considèrent comme une volonté de la direction de se débarrasser discrètement d’une partie du personnel. Il a ainsi déclaré : « Si la direction décide de se séparer de nous, elle n’a qu’à nous payer nos droits et on partira. Mais si l’État décide de mettre fin au contrat entre le gouvernement du Sénégal et le groupe Summa, nous, nous continuerons à travailler. » Ce discours reflète la fermeté des travailleurs, qui entendent défendre leurs acquis, mais aussi leur disponibilité à poursuivre leurs fonctions si les conditions légales sont respectées.

Le mouvement social, déclenché le 25 août dernier, trouve son origine dans une série de propositions de départ négocié formulées par la direction à l’encontre de 19 employés. Ces travailleurs, pour la plupart sous contrat à durée indéterminée depuis l’ouverture de l’hôtel, ont interprété cette offre comme une tentative de licenciement déguisé. Ils ont donc décidé d’entrer en grève pour dénoncer ce qu’ils estiment être une remise en cause de leurs droits fondamentaux en matière d’emploi.

Le conflit n’est pas resté confiné aux murs de l’hôtel. Les tensions ont attiré l’attention du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, structure de tutelle de l’établissement. Dans un communiqué officiel publié récemment, le ministère a exhorté les deux parties à privilégier la voie du dialogue et de la négociation. Le document insiste sur la nécessité de trouver une issue pacifique et constructive à cette crise. Il appelle à engager des discussions sincères, sous la supervision de l’Administration du Travail, en vue d’un accord permettant la reprise des activités de l’hôtel dans des conditions apaisées.

Situé au cœur du pôle urbain de Diamniadio, à proximité de plusieurs infrastructures stratégiques, l’hôtel Radisson Blu joue un rôle important dans le dispositif touristique et économique du Sénégal. Sa paralysie, liée à ce mouvement social, pourrait avoir des répercussions plus larges, notamment sur l’attractivité de la zone et la qualité de l’offre hôtelière dans un contexte où l’État multiplie les efforts pour renforcer le secteur touristique.

Alors que l’affaire suit désormais une voie judiciaire, avec les convocations à la gendarmerie, il reste à savoir si cette pression conduira à une résolution du conflit ou, au contraire, à son aggravation. Pour l’instant, les délégués de personnel maintiennent leur position et attendent des réponses claires, tant de la part de la direction de l’hôtel que des autorités publiques.

Litige financier : La Poste-Burkina réclame plus de 7 milliards FCFA à Money Express devant la justice sénégalaise

Le Tribunal de commerce de Dakar a examiné pour la première fois le différend financier qui oppose La Poste-Burkina à la société de transfert d’argent Money Express. En jeu : une créance de plus de 7,1 milliards de francs CFA, que l’établissement public burkinabè réclame à son ancien partenaire commercial.

À l’origine de ce litige figure un contrat d’adhésion signé le 11 mai 2005 entre les deux entités. Ce partenariat autorisait à l’époque Sona-Post Burkina – devenue par la suite La Poste-Burkina – à exploiter le réseau de Money Express pour assurer des services de transfert d’argent, aussi bien pour ses clients que pour ses opérations à l’international.

Mais deux décennies plus tard, ce partenariat semble s’être soldé par un contentieux financier de grande ampleur. Dans son édition de ce lundi, le journal Libération rapporte que La Poste-Burkina revendique aujourd’hui une dette de 7,128 milliards FCFA à l’encontre de Money Express. Une procédure judiciaire a été engagée pour tenter de récupérer cette somme.

Dans cette optique, La Poste-Burkina a d’abord obtenu une ordonnance de saisie conservatoire, enregistrée sous le numéro 600/2025 en date du 15 mai 2025, afin de bloquer les comptes et avoirs de Money Express. Ces opérations de saisie ont été menées entre les 7 et 15 juillet derniers par l’huissier Me Adama Dia, basé à Dakar. Toutefois, cette démarche s’est révélée infructueuse : aucun actif significatif n’a été identifié.

Dans son assignation au tribunal, La Poste-Burkina explique que l’analyse des opérations menées laisse penser que Money Express SA ne disposerait plus de comptes bancaires actifs, ou alors que ces comptes sont clos ou présentent des soldes débiteurs. Une situation qui a poussé l’établissement public à changer de stratégie.

Estimant que la société est dans l’incapacité manifeste de faire face à ses engagements financiers, La Poste-Burkina demande désormais au Tribunal de commerce de Dakar de prononcer la cessation de paiement de Money Express. Elle sollicite également la nomination d’un juge-commissaire et d’un syndic, dans la perspective d’une éventuelle liquidation judiciaire de la société.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et une décision est attendue dans les prochaines semaines. Ce contentieux pourrait marquer un tournant dans les relations entre établissements publics africains et sociétés privées opérant dans le secteur stratégique des transferts d’argent.

Sénégal : le taux de chômage recule de 2,6 % au deuxième trimestre 2025, selon l’ANSD

Au deuxième trimestre de l’année 2025, le Sénégal a enregistré une baisse notable de son taux de chômage élargi chez les jeunes âgés de 15 à 34 ans. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), ce taux s’est établi à 19,0 %, contre 21,6 % à la même période en 2024, soit une diminution de 2,6 points de pourcentage en un an.

Cette tendance à la baisse masque cependant d’importantes disparités territoriales et sociodémographiques. En milieu rural, le chômage élargi reste plus prononcé, atteignant 22,8 %, contre 16,4 % en zone urbaine. L’analyse par groupe d’âge montre également que les jeunes continuent d’être les plus touchés par le phénomène, avec un taux de 24,0 %, nettement supérieur à celui observé chez les adultes, fixé à 13,6 %.

Les inégalités de genre demeurent également marquées : les femmes, toutes tranches d’âge confondues et quel que soit leur lieu de résidence, sont plus fortement touchées par le chômage que les hommes, selon le rapport de l’ANSD.

Concernant la dynamique globale du marché du travail, l’étude indique que 56,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont participé à l’activité économique au cours de ce trimestre. Toutefois, ce taux de participation reste relativement faible chez les jeunes (15-34 ans), avec un niveau de 48,2 %, contre 69,0 % chez les adultes de 35 ans et plus. Cette différence traduit une insertion plus difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, souvent liée à des facteurs tels que le manque d’expérience professionnelle ou les inadéquations entre formation et emploi.

Le document met aussi en évidence un écart significatif entre hommes et femmes en matière de participation à la main-d’œuvre. En milieu urbain, 65,4 % des hommes sont actifs contre 46,4 % des femmes ; en milieu rural, l’écart est similaire, avec 68,3 % pour les hommes contre 47,7 % pour les femmes. Ce déséquilibre entre les sexes reste constant, toutes tranches d’âge confondues, et illustre les obstacles persistants à l’égalité d’accès à l’emploi.

Enfin, malgré une participation globale plus forte en zone rurale (57,5 %) qu’en zone urbaine (55,8 %), le taux d’activité national connaît un léger recul sur un an. Comparé au deuxième trimestre de 2024, il a diminué de 1,1 point, passant de 57,6 % à 56,5 %.

Sécurité publique : plus de 400 interpellations lors d’une vaste opération de police à l’échelle nationale

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2025, les forces de sécurité ont mené une opération d’envergure sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre d’un dispositif de sécurisation visant à renforcer l’ordre public. Le bilan communiqué fait état de 408 personnes interpellées pour divers motifs, allant de simples vérifications d’identité à des infractions plus graves.

Selon les informations rapportées par Les Échos, une majorité des individus arrêtés – précisément 272 – l’ont été dans le cadre de vérifications d’identité. En parallèle, 59 personnes ont été appréhendées pour ivresse manifeste sur la voie publique, un phénomène récurrent lors des opérations nocturnes de sécurité. Par ailleurs, 30 autres ont été interpellées pour des besoins liés à des enquêtes en cours.

Le reste des arrestations concerne des infractions plus spécifiques. Des cas de détention et d’usage de chanvre indien ont été relevés, de même que des actes de violence, des atteintes à la propriété, ou encore des délits liés à la moralité publique. La police a ainsi enregistré plusieurs cas d’usage de produits psychotropes comme le cellulosique, de détention d’armes blanches, de rixes sur la voie publique, mais aussi des faits de harcèlement sexuel, d’escroquerie, de vagabondage ou encore d’abus de confiance.

Parmi les infractions notées, figurent également des cas de rébellion et d’outrage à agent, des situations de violences conjugales – notamment envers des ascendants – ainsi que plusieurs faits de vol, dont certains en flagrant délit.

Cette opération coordonnée n’a pas seulement donné lieu à des interpellations. D’importantes saisies ont été réalisées, témoignant de la vigilance accrue des forces de l’ordre. Ainsi, les services de police ont mis la main sur 2,5 kg de chanvre indien, ainsi que plusieurs doses conditionnées sous forme de cornets ou de joints prêts à la consommation. À cela s’ajoute la mise en fourrière de 46 véhicules et 89 motos, souvent en infraction avec les règles de circulation ou impliqués dans des délits. En outre, 855 pièces administratives – dont des permis, cartes grises ou pièces d’identité – ont été saisies pour vérification ou non-conformité.

Enfin, cette opération a donné lieu à la rédaction d’amendes forfaitaires pour diverses infractions, pour un montant total s’élevant à 1 137 000 francs CFA.

Ce type de dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention et de répression des actes délictueux, visant à restaurer un climat de sécurité dans les zones urbaines comme rurales. Les autorités promettent d’ailleurs de renforcer ces opérations dans les semaines à venir, face à une recrudescence de certains comportements déviants et infractions de rue.

Santé fragile en prison : Khadim Bâ, DG de Locafrique, hospitalisé de manière prolongée

Un an après son incarcération, Khadim Bâ, directeur général de la Compagnie Ouest Africaine de Crédit-Bail (Locafrique), fait face à de graves ennuis de santé. Selon les informations rapportées ce lundi par le quotidien Les Échos, l’homme d’affaires a été admis à l’hôpital pour une durée prolongée, en raison d’un état de santé jugé très préoccupant.

Le journal, qui cite des sources proches du dossier, précise que Khadim Bâ serait « très gravement malade », sans toutefois entrer dans les détails, les informations étant couvertes par le secret médical. Aucune indication officielle n’a été donnée quant à la nature exacte de son état, mais il apparaît clairement que sa condition nécessite une prise en charge médicale continue, loin des cellules de détention.

Pour mémoire, l’homme d’affaires avait été condamné le 29 juillet dernier par la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar. Le jugement l’avait reconnu coupable de plusieurs chefs d’inculpation, notamment faux et usage de faux, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux et escroquerie. La sentence prononcée avait été de deux ans de prison, dont trois mois fermes, assortie d’une lourde amende fixée à 12 milliards de francs CFA, à verser à son père à titre de dommages et intérêts.

Cette condamnation faisait suite à une affaire familiale aux relents judiciaires, dans laquelle Khadim Bâ avait été accusé de malversations financières graves au sein de l’entreprise familiale. Le dossier avait défrayé la chronique, mettant en lumière une bataille judiciaire entre père et fils, sur fond de gestion opaque, de documents falsifiés et de détournements présumés.

Aujourd’hui, c’est sur un autre terrain que se joue le sort du directeur de Locafrique : celui de la santé. La durée prolongée de son hospitalisation relance les spéculations sur une possible révision de sa situation carcérale si son état venait à s’aggraver. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite par ses avocats ou par l’administration pénitentiaire.

Crise interne au Parti Socialiste : la justice tranche en faveur de la direction actuelle

Le contentieux qui opposait l’Initiative pour la Refondation du Parti Socialiste (IRPS) à la direction actuelle du PS, incarnée par Aminata Mbengue Ndiaye, a connu son épilogue judiciaire ce lundi 29 septembre 2025. Le Tribunal de grande instance de Dakar, saisi en référé, a décidé d’annuler la procédure engagée par les frondeurs, invoquant une irrégularité de fond.

Ce mouvement contestataire, constitué de cadres et de militants critiques de la gestion actuelle du parti, remettait en cause la légitimité de l’équipe dirigeante en place depuis la nomination d’Aminata Mbengue Ndiaye au poste de secrétaire générale par intérim en juillet 2019. Les requérants réclamaient notamment un renouvellement des instances dirigeantes, dénonçant une gestion jugée opaque et contraire aux principes démocratiques du parti.

Cependant, la tentative de remise en cause n’a pas franchi l’obstacle judiciaire. Dans sa décision, le juge des référés a jugé que la procédure présentée par les plaignants souffrait d’un vice de fond suffisant pour entraîner sa nullité. L’ordonnance rendue mentionne explicitement que la procédure est « déclarée nulle pour irrégularité de fond », mettant ainsi un terme à l’initiative des frondeurs.

Avant d’en arriver à cette conclusion, le tribunal avait dans un premier temps écarté l’exception d’incompétence soulevée en défense, la jugeant non fondée. Mais le point crucial reste la question de la recevabilité des plaignants. Selon les éléments rapportés par la Radio Futurs Médias (RFM), l’un des principaux arguments avancés par la défense était l’absence de personnalité morale reconnue pour le collectif des frondeurs. Le juge n’a pas totalement retenu cet argument en tant que tel, préférant requalifier la fin de non-recevoir en une cause de nullité fondée sur une irrégularité de fond, ce qui a, in fine, abouti à l’annulation pure et simple de la procédure.

Cette décision judiciaire renforce de facto la position d’Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Parti Socialiste, à un moment où les tensions internes semblaient vouloir s’intensifier. Pour les frondeurs, cette issue constitue un revers important, même si elle ne met pas nécessairement fin au débat sur la gouvernance du parti. Reste à savoir si l’Initiative pour la Refondation entend contester cette décision en appel ou choisir une autre voie pour faire entendre sa voix au sein du parti historique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°569 – 29/09/2025

🔴 AGRESSION DE JOURNALISTES PAR LE MAIRE BILAL DIATTA : LA CJRS ET L’APPEL RÉPLIQUENT
🔴 L’AFRIQUE AU CŒUR / REDDITION DES COMPTES : « UNE VENDETTA » SELON MACKY SALL

🔴 1ER TOUR DES PRÉLIMINAIRES / DE LA LIGUE DES CHAMPIONS AFRICAINE : FIN DE PARCOURS POUR LE JARAAF
🔴 NATIONAL 2 FRANCE : BABOU SÈYE À L’ASC BIESHEIM

Violence contre des journalistes à Keur Massar : le SYNPICS dénonce une « atteinte grave à la liberté de la presse »

L’agression de journalistes à Keur Massar continue de susciter une vague d’indignation au sein de la corporation. Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau ce dimanche 28 septembre 2025, après les violences attribuées au maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et à ses agents, lors d’une opération de déguerpissement.

Dans un communiqué ferme, le syndicat dénonce « une atteinte grave à la liberté de la presse ainsi qu’au droit fondamental des citoyens à être informés ». Pour le SYNPICS, ces actes ne peuvent rester sans suite, d’autant plus qu’ils sont le fait d’une autorité locale censée protéger et accompagner les acteurs chargés d’assurer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique.

Le syndicat rappelle que la mission des journalistes est de garantir un droit constitutionnel à l’information et qu’en ce sens, toute tentative d’entrave ou de violence dirigée contre eux constitue une violation des libertés publiques. « Ces comportements sont indignes et totalement incompatibles avec la responsabilité d’un maire », souligne le communiqué.

En réaction, le SYNPICS n’écarte pas la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, qu’il affirme avoir formellement identifiés. L’organisation estime qu’il est temps de mettre un terme à l’impunité qui entoure souvent les violences faites aux journalistes, en envoyant un signal fort de protection et de justice.

Le syndicat interpelle également le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, l’exhortant à « prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes et techniciens de l’information mobilisés sur le terrain, notamment lors des opérations de déguerpissement menées dans la région de Dakar ».

Fidèle à sa mission de défense des intérêts moraux et matériels des journalistes, le SYNPICS réaffirme son engagement total à protéger la profession et à accompagner les victimes dans toutes les démarches nécessaires, qu’elles soient judiciaires ou sociales.

Cet incident, qui survient le jour même de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, ravive le débat sur les rapports parfois tendus entre autorités locales et professionnels des médias, et pose à nouveau la question de la sécurité et du respect de la liberté de la presse au Sénégal.

Détournement présumé de 30 millions au CUSEMS : Ndongo Sarr confirme le retrait et accuse le Trésorier de blocage

La polémique autour d’un présumé détournement de 30 millions de francs CFA continue d’agiter le Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (CUSEMS). Après les accusations du Trésorier national Aliou Diouf, qui évoquait un « décaissement frauduleux », le Secrétaire général Ndongo Sarr a brisé le silence. Dans un communiqué publié le 27 septembre, il a confirmé le retrait de la somme tout en en donnant les justifications, renvoyant la responsabilité de la crise vers le Trésorier.

« Je confirme le retrait », a-t-il déclaré sans détour, précisant que cette décision était dictée par le refus du Trésorier d’exécuter des dépenses pourtant budgétisées et ordonnées par le Secrétaire général, un refus dûment constaté par procès-verbal d’huissier. Selon Ndongo Sarr, ce blocage a progressivement paralysé le fonctionnement du syndicat. Il cite en exemple la privation d’internet pendant près de deux mois au siège, l’absence de règlement des factures et le non-paiement du personnel fin août. « Le Trésorier a délibérément refusé depuis fin juillet de s’acquitter correctement de son rôle. L’objectif étant très clair : bloquer le syndicat et empêcher la tenue du congrès », a-t-il accusé.

Face à cette situation, le Secrétaire général assure avoir agi conformément aux textes du syndicat. Il rappelle que l’article 16 du règlement intérieur dispose que le Secrétaire général est le responsable moral de l’organisation et qu’il ordonne toutes les dépenses. Fort de cette disposition, Ndongo Sarr affirme avoir pris la responsabilité de remplacer le Trésorier par son adjoint pour assurer la continuité des activités.

Concernant le montant du retrait, il explique qu’un budget de 25 millions avait été voté par le Conseil syndical pour l’organisation du congrès. À cette somme, cinq millions supplémentaires ont été ajoutés pour couvrir les besoins de fonctionnement du directoire jusqu’à la fin du mandat. « Chaque franc dépensé sera justifié », promet-il, insistant sur sa volonté de transparence.

Ce bras de fer financier met en lumière une fracture profonde au sein du CUSEMS, entre un Trésorier qui dénonce une gestion opaque et un Secrétaire général qui invoque la légitimité statutaire de ses décisions. Les deux camps s’accusent mutuellement de mettre en péril la stabilité et la crédibilité du syndicat, à un moment où la base enseignante attend des réponses concrètes à ses revendications sociales et professionnelles.

Mandat d’arrêt contre Madiambal Diagne : le Forum du justiciable appelle au respect des principes de l’État de droit

La réaction ne s’est pas fait attendre après l’annonce du mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, accusé de transactions financières suspectes. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a pris la parole pour rappeler les obligations de chacun dans une démocratie.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le juriste a rappelé un principe fondamental : « Déférer à une convocation de justice est un devoir citoyen ». Pour lui, tout justiciable doit répondre aux sollicitations de la justice, quel que soit son statut. Cependant, il a tenu à apporter une précision importante sur le rôle des autorités compétentes dans une procédure judiciaire. « Mais dans un État de droit, les autorités doivent aussi notifier clairement, et à temps, les interdictions de sortie du territoire aux concernés », a-t-il souligné, pointant ainsi d’éventuelles failles dans la gestion de cette affaire.

Au-delà de ce rappel juridique, Babacar Ba a exprimé une conviction personnelle concernant l’issue de cette affaire : « Je reste convaincu que Madiambal Diagne viendra, pour son honneur, répondre de ses responsabilités comme il l’a promis ».

Cette réaction intervient dans un contexte tendu où l’affaire Madiambal Diagne continue d’alimenter les débats sur la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance de la justice au Sénégal. Alors que l’ancien directeur de publication est activement recherché, les voix s’élèvent pour exiger que la procédure suive son cours sans atteinte aux droits fondamentaux, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation politique.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas du journaliste : il illustre les défis auxquels la justice sénégalaise est confrontée, entre exigence de fermeté dans la lutte contre la corruption et nécessité de garantir un traitement équitable et respectueux des principes de l’État de droit.

Crise au Radisson de Diamniadio : le personnel sénégalais rejette les accusations d’occupation illégale

L’atmosphère reste tendue au Radisson de Diamniadio, où le conflit entre la direction turque et le personnel sénégalais prend une nouvelle ampleur. Alors que la direction accuse les employés d’avoir occupé illégalement les locaux et entravé l’accès à l’hôtel, ces derniers ont tenu à apporter un démenti ferme et public.

Paul-André Diouf, délégué du personnel, a qualifié ces accusations de « grotesques, fallacieuses et mensongères », dénonçant ce qu’il considère comme une « pure manipulation ». Dans une déclaration, il a rappelé que les travailleurs respectaient leurs engagements et continuaient d’assurer leurs missions professionnelles. « Depuis le 15 septembre dernier, nous nous rendons chaque jour sur notre lieu de travail fidèle à nos engagements contractuels et professionnels. Nous sommes tous liés à l’hôtel par des contrats à durée indéterminée et nous n’avons jamais cessé d’honorer nos obligations », a-t-il affirmé.

Selon les employés, la direction cherche délibérément à bloquer le fonctionnement normal de l’établissement. Le délégué du personnel a ainsi dénoncé des pratiques qu’il juge contradictoires : « Les mêmes dirigeants turcs qui nous accusent de manquer à nos obligations professionnelles sont ceux-là même qui nous bloquent l’accès aux outils de travail en verrouillant le système informatique, que ce soit à la réception, à la comptabilité ou au service de réservation ». Il a ajouté que les clés de l’économat avaient été retirées par la direction, rendant impossible la réception de livraisons et paralysant de fait l’activité de l’hôtel.

Un autre point de tension concerne le recrutement d’agents de sécurité privée récemment installés dans l’établissement. Pour les travailleurs sénégalais, cette décision traduit une volonté d’intimidation plus que de sécurisation. « Ils ont transformé l’établissement en caserne en y logeant des agents de sécurité fraîchement recrutés pour nous intimider au lieu de servir les clients », a déploré Paul-André Diouf.

Pour conclure, le délégué a retourné les accusations contre la direction turque, l’accusant de saboter volontairement l’activité de l’hôtel. « Voilà la vérité. Ce sont les Turcs qui sabotent l’activité de l’hôtel et tentent, par des manœuvres malsaines, de salir l’image des travailleurs sénégalais, dignes, loyaux et engagés », a-t-il martelé.

Cette crise, qui oppose désormais frontalement le personnel sénégalais à la direction turque, soulève des inquiétudes quant à l’avenir du Radisson de Diamniadio, un établissement stratégique pour le tourisme d’affaires et les grands événements internationaux organisés dans la capitale sénégalaise.

ENQUÊTE / IVG ILLÉGALES – « SUTURA » FATAL : Les pilules abortives se vendent comme de petits pains à Dakar

Après quatre mois d’investigation de terrain, cette enquête révèle une réalité longtemps passée sous silence. À Dakar, capitale du Sénégal, dans ses ruelles animées comme dans ses habitations discrètes, des jeunes filles et des femmes, victimes de viol, d’inceste ou de détresse sociale, se confrontent aux dangers des interruptions volontaires de grossesse (IVG) illégales tandis qu’une législation rigide reste en place. Le « sutura », pudeur et / ou silence imposé(e) par la société, étouffe leurs souffrances, révélant l’urgence de prendre des mesures afin de protéger celles qui sont laissées pour compte.

Au Sénégal, des milliers de femmes et de jeunes filles vivent, chaque année, une épreuve silencieuse, parfois au prix de leur vie. Derrière les murs des maisons familiales, dans les couloirs étroits des marchés clandestins ou encore à travers des réseaux de santé informels, l’avortement illégal s’impose comme une réalité à laquelle la société ferme souvent les yeux.

Le rapport Double peine : les survivantes de viol et d’inceste contraintes de poursuivre leur grossesse au Sénégal, publié en janvier 2025 par la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) en partenariat avec la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) et l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS), estime que plus de trente mille (30 000) avortements illégaux sont pratiqués chaque année dans le pays. Ce chiffre vertigineux démontre à suffisance un phénomène qui tue en silence.

Tout ceci dans un paradoxe saisissant. Bien que le Sénégal ait ratifié le Protocole de Maputo en 2004, qui prévoit l’accès à l’avortement médicalisé dans des cas précis (viol, inceste, danger pour la santé de la mère), le Code pénal national – notamment ses articles 305 et 305 bis – demeure inflexible, ne l’autorisant qu’en cas de péril vital pour la mère. Aujourd’hui cette loi, en décalage avec les réalités sociales et sanitaires, pousse des femmes vers la clandestinité.

« APPEL À LA 15ᵉ LÉGISLATURE POUR QU’ELLE ADOPTE UNE LOI ALIGNANT LE CODE PÉNAL AU PROTOCOLE DE MAPUTO »

Dans un contexte où l’avortement reste un sujet sensible et largement tabou au Sénégal, Seynabou Diop et Dieynaba Diémé, membres de la Task Force pour l’accès à l’avortement en cas de viol ou d’inceste, lancent un appel pressant aux autorités pour que le Sénégal respecte ses engagements internationaux.

Seynabou Diop, juriste de formation et coordinatrice du Réseau des Jeunes Ambassadeurs, rappelle que la ratification du Protocole de Maputo en 2004 impose une obligation légale. « Selon l’article 88 de la Constitution, les traités ratifiés priment sur les lois nationales. Cela inclut le Protocole de Maputo, qui prime sur notre Code pénal, notamment les articles 305 et 305-bis, qui interdisent l’avortement », affirme-t-elle.

Afin de lever le conflit entre le droit interne et la ratification de ce traité, elle propose un encadrement strict de l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste :

                •             Maintenir l’interdiction générale de l’avortement, afin de préserver le cadre légal existant ;

                •             Réformer les articles 305 et 305-bis pour autoriser l’avortement pour les victimes de viol ou d’inceste ;

                •             Prendre en compte le stade de la grossesse, en particulier avant les cent vingt (120) jours de gestation, conformément à certaines interprétations religieuses et aux sensibilités culturelles ;

                •             Garantir le consentement éclairé de la victime, tout en s’assurant qu’une décision judiciaire confirme le caractère du viol ou de l’inceste.

Seynabou Diop justifie les principaux obstacles à la mise en œuvre effective du Protocole par « le manque de volonté politique, les considérations religieuses et la stigmatisation sociale empêchent l’application de ces droits ». Elle considère, dès lors, qu’« enfermer une victime de viol ou d’inceste enceinte constitue, à [ses] yeux, une des injustices des plus graves. »

De son côté, Dieynaba Diémé, juriste, membre de Wildaf Sénégal et militante féministe, précise : « toutes les violations des droits des femmes sont préoccupantes. Mais, les cas de victimes de viol ou d’inceste contraintes de porter l’enfant de leur agresseur, notamment lorsqu’il s’agit de mineures, sont particulièrement révoltants. »

Elle pointe du doigt également les pratiques abusives de certains personnels de santé qui refusent les soins post-avortement, malgré l’obligation légale. « Ce refus constitue une violation des droits des patientes. Certains soignants signalent les victimes par crainte dêtre poursuivis ; ce qui les expose à l’incarcération. La pratique correcte consiste à traiter d’abord, documenter les soins et ne pas envoyer la patiente en prison », affirme-t-elle.

Ainsi, les deux juristes appellent-elles le Gouvernement et les parlementaires à agir sans délai. « Nous lançons un appel à la 15ᵉ législature pour qu’elle adopte une loi alignant le Code pénal au Protocole de Maputo. Ne pas le faire revient à violer la Constitution », insiste Diémé Dieynaba. Cette dernière plaide pour une mobilisation collective, incluant leaders religieux, autorités communautaires et journalistes afin de convaincre l’État de protéger les victimes.

Seynabou Diop et Dieynaba Diémé trouvent que si certaines victimes de viol ou d’inceste souhaitent poursuivre leur grossesse – et c’est leur droit -, il faut, pour celles qui demandent l’avortement, leur garantir un processus légal, sûr et respectueux, conforme au Protocole de Maputo et à la Constitution.

« JE N’AVAIS PAS LE CHOIX », TÉMOIGNE UNE SURVIVANTE

Zeyna*, 16 ans, au moment des faits, il y a trois ans, issue d’un milieu très religieux, raconte dans le détail sa détresse. Un retard de règles de deux semaines, un test positif et l’abandon l’ont poussée à commettre une interruption volontaire de grossesse (IVG), à l’abri des regards. À l’époque, souffle-t-elle, son petit ami, majeur, plus âgé qu’elle, a nié toute responsabilité.

Guidée par une amie, elle se rend chez un intermédiaire, quelqu’un du corps médical, qui lui remet un médicament dont le nom ne sera pas mentionné ici. Se replongeant dans le passé, elle nous raconte. « Selon les instructions, que j’ai appliquées à la lettre. Je devais prendre quatre comprimés. Pendant six jours, d’après elle, elle endure douleurs abdominales et saignements abondants. Pour soulager sa peine, elle affirme avoir prix une décoctions

traditionnelle faite à base de « quatre côtés » pour « nettoyer » son utérus.

« Je n’avais pas le choix, explique-t-elle. Si j’avais parlé à mes parents, je les aurais déshonorés. Si je n’avais pas agi, j’aurais été exposée à la honte et à la stigmatisation familiale. » assure Zeyna*.

DANGERS LIÉS À L’AVORTEMENT ILLÉGAL

Lors de notre enquête, nous avons tenté de rencontrer des gynécologues afin de mieux comprendre les risques liés aux IVG pratiquées dans des conditions clandestines. Mais, tous ont décliné nos sollicitations, invoquant la sensibilité du sujet.

Face à ce silence médical, nous nous sommes tournés vers Aïssatou Lindor Ndiaye, sage-femme au Centre de santé de Foundiougne, dans la région de Fatick. Avec calme et rigueur, elle accepte de partager son expérience, exposant la réalité des complications et des risques encourus par les femmes qui ont recours à ces pratiques illégales.

« Les complications que nous observons le plus souvent sont les perforations utérines, les hémorragies pouvant provoquer une anémie sévère, ainsi que les infections génitales, parfois évoluant vers un choc septique », raconte-t-elle. À long terme, prévient-elle, certaines femmes deviennent stériles, perdant définitivement la possibilité d’avoir des enfants et dans des cas extrêmes, la mort peut survenir. 

Concernant les dangers immédiats, elle confirme que ce sont principalement les hémorragies et les infections qui mettent la vie des patientes en péril.

S’agissant des soins à prodiguer, elle estime que cela dépend de l’état clinique.

Lorsque nous lui demandons si elle a déjà dû dénoncer des patientes après avoir prodigué des soins post-avortement, elle répond : « chaque structure a sa manière de fonctionner, précise-t-elle. Ici, nous informons nos supérieurs lorsqu’un cas se présente. Nous n’avons pas le droit de dénoncer les patientes selon les normes en vigueur. Cela relève exclusivement des médecins. Notre rôle se limite à prodiguer les soins nécessaires. »

IMMERSION DANS UNE ÉCONOMIE NOIRE

Pour comprendre comment des jeunes filles et des femmes se procurent des pilules abortives dans la clandestinité, nous avons infiltré un marché noir de médicaments à Dakar, situé dans une rue bruyante, assaillie par le va‑et‑vient des passants et le vacarme des véhicules. Vêtue d’un jean et d’un tee‑shirt noir, j’avais loué les services d’un « faux petit ami » afin de d’éviter de réveiller tout soupçon.

Nous avons marché, main dans la main, pour donner l’apparence d’un véritable couple. À peine étions‑nous entrés dans la ruelle qu’un quinquagénaire s’est approché, prompt et circonspect. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’un trafiquant. « Vous avez besoin de quelque chose ? » nous a‑t‑il demandé.

Mon « faux petit ami » a répondu d’un ton hésitant que nous cherchions de l’aide. Le trafiquant, sur un ton à la fois pressant et rassurant, nous a invité à parler sans réserve : « ici, vous pouvez dire ce que vous voulez en toute discrétion. » Lorsque nous lui avons expliqué que je porte une grossesse qui ne date que de deux semaines, il a accueilli l’information avec un naturel presque glaçant. « Dans ce marché, vous pouvez avoir ce que vous désirez. Ce n’est absolument rien. Attendez-moi et je vais vous chercher ce dont vous avez besoin. »

Après être revenu quelques minutes après, il revient avec une boîte. « Le médicament agit jusquà trois mois. Après trois mois de grossesse, je ne le vends pas. » Il a ensuite détaillé, d’une manière presque professionnelle, tel un médecin, le mode d’administration – deux comprimés à dissoudre sous la langue, puis deux autres à introduire profondément dans les parties intimes.

Face à ma simulation de panique et de pleurs, il s’est montré d’un rare réconfort. « Ce sont surtout des élèves et des étudiantes très jeunes qui viennent acheter cela chez moi. Tu n’as pas à avoir peur. », me rassure-t-il. Après un marchandage expéditif, le prix a été fixé : 20 000 francs CFA.

La scène, banale dans son déroulé, révèle combien ce commerce illégal est à la fois structuré et dédramatisé. Il est d’autant plus troublant qu’un trafic pareil puisse se tenir si ouvertement, quasiment sous le nez des autorités sénégalaises, sans que des mesures visibles semblent être prises pour l’endiguer.

« J’AI ÉTÉ LIBÉRÉ SANS JUGEMENT »

Nous avons également rencontré Abdou*, médecin incarcéré huit mois pour pratique illégale de l’avortement. Dans un appartement discret, il raconte : « une jeune fille du quartier est venue avec de fortes douleurs abdominales. Nous lui avons prodigué un traitement classique. Après l’injection, le col s’est ouvert et le fœtus est sorti. »

Médecin dans une structure sanitaire de la banlieue dakaroise, à l’époque, il assure qu’il ignorait tout de l’avortement clandestin pratiqué en amont pratiqué par la patiente. Pourtant, à l’en croire, il s’est retrouvé accusé de complicité. « Quand je me suis rendu compte que les choses se compliquaient, j’ai signé une référence médicale pour qu’elle soit prise en charge ailleurs, dans un hôpital. Arrivée là-bas, après une échographie, qui a révélé qu’elle était enceinte de douze semaines, elle a dit que j’étais celui qui l’avait aidée. C’est ainsi que je me suis retrouvé en prison. Un beau jour, j’ai été libéré, sous contrôle judiciaire, sans jugement ».

Marqué par cette expérience, il confie avoir radicalement changé son comportement. « J’ai réduit de moitié l’aide que je prodigue. Dans notre société, les gens cachent la vérité et vous exposent aux conséquences. », avoue Dr Abdou*

DÉBAT ENTRE LES DOCTRINES ISLAMIQUES

Alors que la majorité des imams s’oppose à toute interruption volontaire de grossesse, une minorité appelle à la tolérance dans des cas extrêmes, tels que le viol ou l’inceste.

Cette majorité est représentée dans cette investigation par l’Imam El Hadji Cissé, directeur de l’Institut Sabilu Salam Fi Ibaka’il Maqam, une école coranique moderne qui initie les enfants à l’étude du Saint Coran, tout en intégrant le français et l’anglais dans le cursus. Selon lui, l’Islam s’interdit l’avortement à tout stade de la grossesse. « Ceux qui suivent l’école de l’Imam Malik s’accordent à dire que l’avortement est haram, que la grossesse ait dépassé ou non 40 jours. Dès la conception, un être humain se forme et tuer cet être est prohibé en Islam. », explique-t-il.

Il rappelle que les écoles des Imams Al-Shafî’i, Hanbali et Abu Hanifah partagent cette position, même si quelques courants autorisent l’avortement avant 40 jours, comparant la situation à l’évacuation d’un abcès. L’Imam Cissé cite également un hadith transmis par Ibn Abbas : le fœtus se développe dans l’utérus tous les 40 jours, jusqu’au 120ᵉ jour, moment où les membres sont entièrement formés. « À partir du 40ᵉ jour, la formation humaine est déjà engagée. L’interruption volontaire devient alors un acte de mise à mort. », poursuit-il.

Cependant, il nuance : lorsque la vie de la mère est menacée, l’avortement est permis, à l’instar d’une amputation nécessaire pour sauver le corps.

Ainsi, d’après lui, la position malikite reste-t-elle majoritaire au Sénégal, et la plupart des savants de cette école, à l’instar de l’Imam Ghazali, considèrent l’avortement comme interdit à tout stade.

À l’inverse, une minorité d’imams adopte une approche plus permissive dans des situations particulières. Imam Chérif Diop, enseignant d’arabe à l’Institut Africain de Management (IAM) et membre du Réseau Islam et Population, défend le recours à l’avortement médicalisé dans les cas de viol et d’inceste.

Il se fonde sur le Coran et la Sunnah pour justifier sa position. Selon lui, l’âme n’est insufflée dans le fœtus qu’au 120ᵉ jour, comme le précisent le Coran (Sourate 23, « Les Croyants », versets 12-14) et le hadith du Prophète Muhammad (Paix et Bénédictions sur Lui) : « quand Dieu vous a créés, Il vous a placés dans le ventre de votre mère comme une goutte de sperme. Cette étape dure 40 jours. Ensuite, pendant la même durée, elle devient un caillot. Puis pendant la même durée encore, elle devient une masse de chair. Immédiatement après, Dieu envoie un ange qui y insuffle l’âme. »

Dès lors, interrompre une grossesse avant que l’âme ne soit insufflée n’est pas considéré comme un meurtre, mais comme l’interruption d’un processus dans des cas précis. L’Imam Diop insiste : « entre deux maux, le moindre doit être choisi. L’avortement médicalisé est permis dans ces situations extrêmes pour protéger la victime et prévenir le mal. » se justifie-t-il.

Du fait de cette position, Imam Diop fait face à des critiques et à des pressions au sein de la communauté religieuse. Certains imams l’accusent de défendre une position contraire à la tradition ou d’agir sous influence étrangère. Toutefois, selon lui, il s’agit avant tout de protéger la société et d’appliquer l’Islam de manière proactive, en anticipant les situations de danger et de traumatisme pour les victimes. « Imaginez un enfant né d’un inceste paternel. Imaginez cet enfant ! Son père est aussi son grand-père. Nous vivons au XXIᵉ siècle et plus rien ne peut être caché aux enfants. Un jour, si cet enfant demande qui est son père, que devrait-on lui répondre ? », s’interroge-t-il, de manière alarmiste.

« LA VIE SE PROTÈGE À CHAQUE ÉTAPE DU PROCESSUS », DIXIT LE PÈRE PASCAL FAYE

Au Sénégal, où la population est majoritairement musulmane (93,8%), les chrétiens représentent environ 4,3%, selon les dernières données publiques et complètes de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), publiées lors du Recensement de la population et de l’habitat de 1988, d’après Africa Check. C’est dans ce contexte que nous avons rencontré le Père Pascal Faye, curé de la Paroisse Marie Immaculée Mère de Dieu aux Parcelles Assainies de Dakar, afin de recueillir la position de l’Église catholique sur l’avortement.

Pour l’Église, le principe ne souffre d’aucune ambiguïté : la vie doit être protégée en tout temps, de la conception à la fin naturelle. Le Père Pascal Faye rappelle à cet égard les textes fondamentaux du magistère, notamment Humanae Vitae et Evangelium Vitae, qui érigent la sauvegarde de la vie humaine en valeur cardinale. « La vie ne se protège pas seulement à la naissance : elle doit lêtre à chaque étape de son processus », insiste-t-il.

Néanmoins, le prêtre concède que certaines situations exigent discernement, en particulier lorsque la vie de la mère est directement menacée. « Lorsque la vie est réellement en danger, l’Église accompagne la victime et peut admettre une interruption médicale de grossesse », affirme-t-il, avant de préciser avec fermeté : « il convient toutefois de rappeler que l’avortement, en soi, demeure un homicide. »

En conclusion, le Père Pascal Faye a réaffirmé avec gravité que l’avortement ne saurait, en aucun cas, être encouragé même en cas de viol ou d’inceste, par l’Église.

« CERTAINES, APRÈS AVOIR ACCOUCHÉ, ESSAIENT DE FAIRE PASSER LEUR BÉBÉ PAR LA FENÊTRE »

« Parfois, on dit que ça n’existe pas, que ce ne sont que des faits divers… Mais ça existe ! » C’est avec cette phrase que Béatrice Yolande Badiane, directrice du centre Kayam Sénégal, résume la réalité des femmes et filles qu’elle accueille chaque jour.

Dans l’une des chambres du centre, les traces des traumatismes sont palpables. Les armoires, rafistolées à plusieurs reprises après les crises de certaines pensionnaires, portent encore les stigmates de la détresse vécue. Les lits superposés sont entourés de sacs contenant les affaires personnelles des résidentes et l’espace reflète l’intensité des vies brisées qui s’y croisent. « Parfois, elles frappent ; d’où les armoires détériorées. Quand elles n’en peuvent plus, elles crient qu’elles veulent partir, qu’elles veulent se suicider. Certaines, après avoir accouché, essaient même de faire passer leur bébé par la fenêtre. Et moi, en pleine nuit, je dois quitter mon domicile pour leur apporter une assistance psychologique, les soutenir, les aider à traverser ces moments. Ce n’est pas évident », dit Mme Badiane, consultante internationale en genre et équité.

Elle évoque également des situations d’une violence inouïe : « j’ai vu des filles abusées par leur père dès l’âge de 5 ans. Dans certains cas, le père couchait avec la mère et la fille dans la même chambre. Beaucoup disent que cela n’existe pas, que ce sont des faits divers. Mais c’est une réalité, parce que nous sommes sur le terrain, nous les accueillons et les accompagnons. »

Pour ces victimes, souvent traumatisées par le viol et l’inceste, un suivi psychologique rigoureux est assuré par un médecin psychiatre de l’établissement pendant toute la durée de leur séjour, qui varie de trois à six mois. Ensuite, elles sont redéployées dans d’autres structures spécialisées ou réintégrées auprès de leur famille.

La vie à Kayam Sénégal suit un rythme strict. Les journées commencent à 5 heures du matin par la prière, selon la confession religieuse de chacune. Ensuite, les pensionnaires prennent soin de leur hygiène et participent aux activités quotidiennes. Elles ne quittent pas le centre, la plupart ayant une procédure judiciaire en cours. Certains de leurs bourreaux, parfois des membres de la famille proche comme le père, sont incarcérés.

Les jeunes filles et femmes sont alors initiées à diverses activités éducatives et pratiques, telles que la transformation de produits locaux, la couture ou la fabrication artisanale de sacs. « Ces routines les aident à maintenir de bonnes habitudes et préparent leur réinsertion familiale », précise Mme Badiane.

Le centre Kayam Sénégal n’accueille pas uniquement des Sénégalaises ou des victimes de violences sexuelles. La fondatrice, Yacine Diouf, fille de l’ancien président de la République, Abdou Diouf, ouvre également ses portes à des garçons jusqu’à l’âge de 12 ans et à des femmes victimes de toutes formes de violence, quelle que soit leur nationalité. Lors de notre visite, nous avons rencontré une Libérienne et une Sierra-Léonaise.

Le centre dispose de trente (30) couchages, parfois portés à trente-cinq (35) en période de forte affluence. Il arrive, par ailleurs, que des femmes viennent avec quatre, voire cinq enfants.

UNE RÉALITÉ TUE QUI TUE

Cette enquête révèle un constat implacable : le verrouillage légal n’empêche pas l’existence de conditions clandestines dont leurs conséquences peuvent être mortelles pour les femmes et les jeunes filles. Le Protocole de Maputo, ratifié par le Sénégal en 2004 pour garantir l’accès à l’vortement en cas de viol ou d’inceste, demeure inexécuté, laissant des vies détruites. Cette tragédie est amplifiée par le poids du « sutura », qui impose discrétion, pudeur ou dignité, et contribue à étouffer le débat, à dissimuler les souffrances et à laisser les victimes isolées face à leur peine.

En 2024, d’après la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH), 11 % de la population carcérale féminine est incarcérée pour des faits liés à l’avortement ou à l’infanticide. Ce qui en fait la deuxième cause d’emprisonnement des femmes et des filles au Sénégal.

Par ailleurs, s’agissant des violences sexuelles, l’Association des juristes sénégalaises (AJS) a recensé en 2022, sur un total de 331 victimes de viols, que 43 % avaient entre 4 et 14 ans. Entre 2016 et 2017, le Centre de guidance infantile et familiale de Dakar a enregistré 97 cas de viols ayant entraîné une grossesse, avec une moyenne d’âge de 11 ans, exclusivement dans la région de Dakar.

Face à ce constat alarmant, il apparaît indispensable que des solutions concrètes soient rapidement mises en œuvre pour protéger la vie de nos filles et de nos femmes. D’autant plus que, dernièrement, à la tribune des Nations Unies, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a indiqué : « la lutte contre les violences et les discriminations demeure un combat permanent, qui engage États, citoyens et leaders ». Lors de la réunion marquant le 30ᵉ anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes (Beijing+30), dans une déclaration empreinte de solennité, il a réaffirmé l’engagement constant du Sénégal en faveur de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles. Au monde, le chef de l’État a rappelé qu’aucune société ne peut véritablement se développer en laissant ses femmes et ses filles à l’écart.

*Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés pour préserver l’anonymat

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°568 – 27 ET 28/09/2025

🔴 ENQUÊTE SUR LES IVG – MARCHÉ NOIR DES PILULES ABORTIVES : TRAFIC MORTEL AU CŒUR DE DAKAR
🔴 « NOUS RENFORCERONS NOTRE SÉCURITÉ SUR L’ENSEMBLE DES FRONTIÈRES FACE À LA MENACE TERRORISTE » : DIOMAYE FAYE IMPLACABLE

🔴 SAUDI PRO LEAGUE : SADIO MANÉ RAYONNE DANS LE CLASSIQUE DU GOLFE
🔴 COMPÉTITIONS INTERCLUBS CAF : JARAAF ET GÉNÉRATION FOOT JOUENT LEUR SURVIE

Poursuites contre Macky Sall : Bassirou Diomaye Faye promet une justice « juste et équitable »

Lors de son entretien accordé à la chaîne France 24, ce vendredi, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur la question sensible des éventuelles poursuites judiciaires visant des responsables de l’ancien régime de Macky Sall.

Le chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté en rappelant que la justice, pour préserver la paix civile et l’ordre public, doit être rendue de manière impartiale et équitable. « Je fais toujours la différence entre se faire justice et rendre la justice. Rendre la justice suppose respecter la présomption d’innocence de tout individu, respecter ses droits et lui assurer un procès juste et équitable », a-t-il déclaré, soulignant que cette règle s’applique à tout citoyen, quel que soit son statut ou sa fonction passée.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le fait qu’il ne saurait exister de « présomption de culpabilité sur personne ». Selon lui, seules les procédures prévues par le droit sénégalais doivent guider les décisions de justice, loin de toute forme de règlement de comptes politiques.

Le président a également voulu rassurer sur l’indépendance du processus judiciaire. « Chacun est libre d’exprimer ses opinions. Mais quand la justice aura à se prononcer, elle le fera de manière sereine et sur la base d’éléments matériels, devant un juge indépendant qui va juger selon son intime conviction », a-t-il précisé.

En plaçant ainsi la présomption d’innocence et l’équité au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye trace une ligne de conduite claire : les enquêtes et éventuels procès concernant les figures de l’ancien régime ne devront pas être interprétés comme une revanche politique, mais comme une exigence de l’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur la reddition des comptes reste vif au Sénégal, deux ans après l’alternance politique. Elle traduit la volonté du président de concilier exigence de justice et respect des principes démocratiques, afin de préserver la stabilité et la crédibilité des institutions.

Centre d’état civil de Thiaroye-sur-Mer : un réseau de trafic d’actes de naissance démantelé, deux officiers interpellés

Un vaste réseau de fraude sur l’état civil a été mis au jour à Thiaroye-sur-Mer, dans la banlieue de Dakar. Le 22 septembre 2025, la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé à l’arrestation de deux officiers d’état civil et de plusieurs complices, accusés d’avoir organisé un système de falsification d’actes de naissance. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que fausses inscriptions.

L’affaire a éclaté à la suite d’une saisine de la Direction de l’automatisation du fichier (DAF), qui a mis en évidence l’existence de registres parallèles au sein du centre d’état civil de Thiaroye-sur-Mer. Ces registres, non cotés, non paraphés et donc dépourvus de toute valeur légale, servaient à produire de faux actes de naissance contre rémunération.

Les enquêteurs ont saisi vingt-six registres frauduleux, ouverts entre 1995 et 2024. Selon les premiers éléments, ces documents contiendraient des inscriptions établies pour des personnes jamais déclarées à leur naissance, des élèves souhaitant se présenter à des examens malgré leur âge, ainsi que des individus cherchant à se rajeunir administrativement ou à modifier leur état civil.

Ce système illégal, qui semble avoir fonctionné durant plusieurs années, aurait permis à des bénéficiaires d’obtenir une identité officielle sur la base de documents falsifiés. Les implications sont lourdes, car ces actes frauduleux pouvaient ouvrir la voie à d’autres irrégularités dans les domaines scolaire, électoral ou administratif.

Placés en garde à vue, les suspects devront répondre de leurs actes devant la justice. L’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur réelle du réseau et de déterminer s’il a bénéficié de complicités au sein ou en dehors de l’administration.

Ce scandale relance le débat sur la fiabilité du système d’état civil au Sénégal et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle pour prévenir de telles pratiques, qui menacent la crédibilité des documents administratifs et fragilisent la gouvernance publique.

ONU : Antonio Guterres félicite Bassirou Diomaye Faye pour son leadership et réaffirme l’importance du Sénégal dans le multilatéralisme

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a rencontré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en marge de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, à New York. Cette entrevue a été l’occasion pour le patron de l’organisation internationale de saluer « l’excellence des relations entre le Sénégal et les Nations Unies », mais aussi de mettre en lumière le rôle majeur que joue le pays sur la scène diplomatique.

Antonio Guterres a particulièrement tenu à souligner « le leadership et l’engagement du Sénégal et du Président Faye, sur le multilatéralisme et sur les grands défis en Afrique et dans le monde ». Pour lui, la position du Sénégal dans les instances internationales, conjuguée à la vision de son président, fait de ce pays un acteur incontournable dans les débats mondiaux, qu’il s’agisse de paix et de sécurité, de développement durable ou de réformes financières internationales.

Le secrétaire général a rappelé que l’Afrique restait au cœur des priorités de l’ONU, en particulier dans un contexte marqué par de fortes attentes concernant une réforme du système financier international. Selon lui, il est indispensable de parvenir à un modèle « plus juste et plus équitable au bénéfice des populations », une ambition partagée par le Sénégal.

Pour sa part, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la volonté du Sénégal de défendre un multilatéralisme rénové, plus humain et plus respectueux de la dignité des peuples. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de faire face aux crises mondiales, qu’elles soient sécuritaires, économiques ou environnementales.

La rencontre a également permis d’évoquer la dynamique de redéploiement des agences onusiennes à la Maison des Nations Unies de Diamniadio, un projet symbolique qui illustre la confiance de l’organisation dans le Sénégal et confirme le rôle central du pays en tant que hub diplomatique et institutionnel en Afrique de l’Ouest.

Cette reconnaissance du secrétaire général de l’ONU vient renforcer l’image internationale du Sénégal, déjà perçu comme une démocratie stable et un partenaire fiable dans les affaires multilatérales. Elle conforte également le président Bassirou Diomaye Faye dans son ambition de positionner son pays comme un acteur clé dans la refonte des équilibres mondiaux.

Affaire Madiambal Diagne : le ministère de l’Intérieur annonce un mandat d’arrêt international et relève deux hauts responsables de la sécurité

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a publié, ce vendredi 26 septembre 2025, un communiqué officiel confirmant la fuite du journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne. L’homme de presse, visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par une autorité judiciaire, a quitté le Sénégal dans la nuit du 23 au 24 septembre via l’aéroport international Blaise Diagne. Les circonstances de ce départ, malgré les instructions de vigilance adressées aux services de sécurité, restent encore inexpliquées.

Selon le communiqué, des consignes strictes avaient pourtant été données pour empêcher le voyage de l’intéressé, mais celui-ci a réussi à embarquer à bord d’un vol sans que les mesures d’opposition ne soient appliquées. Face à cette situation jugée grave, une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les conditions exactes de la sortie de Madiambal Diagne et d’identifier d’éventuelles complicités ou manquements.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministre de l’Intérieur a pris une décision conservatoire en relevant de leurs fonctions les responsables de deux structures directement concernées : le chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et celui du Commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne. Le communiqué précise que si des responsabilités sont établies, des sanctions appropriées seront appliquées contre les agents fautifs.

En parallèle, le ministère indique que le président du Collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier a émis, ce vendredi même, un mandat d’arrêt international à l’encontre de Madiambal Diagne. Cette décision ouvre la voie à une coopération avec les autorités étrangères pour localiser, interpeller et, le cas échéant, extrader le journaliste afin qu’il réponde devant la justice sénégalaise.

Le texte insiste également sur les principes fondamentaux qui doivent encadrer ce dossier sensible. Le ministère rappelle son attachement au respect des décisions judiciaires, à la transparence dans la gestion des affaires publiques et à la présomption d’innocence, soulignant qu’aucune condamnation ne peut être retenue sans un jugement définitif.

L’affaire Madiambal Diagne, déjà au centre de l’attention en raison des soupçons portant sur des transactions financières estimées à plusieurs milliards de francs CFA, prend désormais une dimension plus large avec l’émission d’un mandat d’arrêt international et la mise en cause de responsables sécuritaires. Elle met en lumière les failles dans le dispositif de contrôle aux frontières et place les autorités face à un double défi : retrouver le fugitif et restaurer la confiance dans l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

Diffamation : Serigne Mboup condamné à payer 2 millions de F CFA à Dakaractu et à son ancien directeur de publication

Le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a tranché, le mercredi 24 septembre 2025, dans le procès opposant Serigne Diagne et la société Dakaractu S.A.R.L. à l’homme d’affaires et homme politique Serigne Mboup. Après plus de trois années de procédures et treize reports successifs, le verdict est tombé : Serigne Mboup a été reconnu coupable de diffamation et condamné à verser au total deux millions de francs CFA de dommages et intérêts.

L’affaire remonte à avril 2022, lorsque, au cours d’une émission télévisée sur Walf TV, Serigne Mboup avait publiquement accusé Dakaractu et son ancien directeur de publication, Serigne Diagne, de corruption et de pots-de-vin. Ces accusations, lancées sans preuves, avaient poussé les mis en cause à saisir la justice pour laver leur honneur et protéger la réputation du média.

Dans sa décision, le tribunal a infligé une amende de 200 000 francs CFA à Serigne Mboup. Il l’a également condamné à indemniser Serigne Diagne à hauteur d’un million de francs CFA, ainsi que Dakaractu S.A.R.L. pour le même montant, soit un total de deux millions de francs CFA. L’homme politique devra en outre supporter les frais de justice et publier le jugement dans la presse dans un délai d’un mois.

Ce verdict met fin à une procédure marquée par de multiples reports, justifiés tour à tour par les déplacements à l’étranger du prévenu, ses engagements politiques ou encore le changement de ses avocats. Ces retards n’ont pas empêché la justice de se prononcer, rappelant que la liberté d’expression ne saurait s’accommoder de propos diffamatoires.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°567 – 26/09/2025

🔴 « INONDATIONS, INFLATION, INJUSTICE » : GUEUM SA BOPP DÉCLENCHE L’OFFENSIVE
🔴 JUSTICE : MANSOUR FAYE ET BOUGAR LIBRES

🔴 FSF / LE PROJET PRAXIS : L’AXE MAJEUR DU PROGRAMME D’ABDOULAYE FALL

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne confirme sa présence en France et promet de revenir « faire face à ses responsabilités »

Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a confirmé avoir quitté le Sénégal pour la France le 24 septembre 2025. Cette annonce intervient alors que l’homme de presse est visé par une information judiciaire ouverte par le parquet financier, dans le cadre d’un dossier portant sur des transactions suspectes estimées à 21 milliards de francs CFA.

« Suis arrivé en France depuis ce 24/9/2025. J’ai quitté le Sénégal le soir même de l’opposition par la Police à mon départ pour la France. J’ai tenu à me donner quelques jours pour préparer ma défense. Je reviendrai dans quelques jours pour faire face à mes responsabilités », a-t-il écrit.

Dans une seconde publication, il a rectifié la date, précisant qu’il voulait parler de ce jeudi 25 septembre 2025. Ce message a rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, entre scepticisme et interrogations sur les véritables intentions du journaliste.

Madiambal Diagne est activement recherché depuis son absence remarquée à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), où il devait recevoir une notification d’interdiction de sortie du territoire. La veille, il avait déjà été intercepté à l’aéroport par la Police de l’air et des frontières alors qu’il tentait d’embarquer pour Paris.

Sa sortie publique vise visiblement à couper court aux rumeurs de fuite. Il assure qu’il compte revenir au Sénégal « dans quelques jours » pour répondre à la justice. En attendant, ses déclarations renforcent le climat de tension autour d’un dossier qui implique également certains de ses proches, notamment son épouse, placée en garde à vue en lien avec cette affaire.

Le cas Madiambal Diagne reste l’un des plus sensibles de cette rentrée judiciaire. Son retour annoncé, s’il se confirme, sera scruté de près par l’opinion publique comme par les autorités, tant le dossier cristallise l’attention autour des questions de gouvernance financière et de responsabilité des élites.

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne activement recherché, son épouse placée en garde à vue

L’affaire impliquant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne connaît un tournant décisif. Le fondateur du groupe Avenir Communication est désormais activement recherché par les forces de sécurité après avoir ignoré une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC).

Le dossier a basculé mercredi lorsque Madiambal Diagne ne s’est pas présenté devant les enquêteurs, alors qu’il devait simplement recevoir une ordonnance d’interdiction de sortie du territoire. La convocation faisait suite à son interception la veille par la Police de l’air et des frontières à l’aéroport international Blaise Diagne, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Paris.

Devant son absence, les enquêteurs ont décidé de se rendre à son domicile, sur autorisation du juge du premier cabinet financier. Mais ils n’y ont pas trouvé le journaliste. Toutes les tentatives pour le localiser étant restées vaines, un avis de recherche et d’arrestation a été lancé à son encontre, accompagné d’une vaste opération destinée à le retrouver.

L’affaire remonte à un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui soupçonne Madiambal Diagne d’être impliqué dans une opération financière douteuse portant sur 21 milliards de francs CFA. Ce document, transmis au parquet financier, a déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Dans le prolongement de cette cavale présumée, l’épouse de Madiambal Diagne, présentée comme la gérante de l’une de ses sociétés, a été interpellée et placée en garde à vue ce jeudi. Une mesure qui confirme la volonté des autorités de resserrer l’étau autour de ce dossier sensible, au croisement de la justice financière et du monde médiatique.

L’affaire, qui continue de faire grand bruit, est suivie de près par l’opinion publique. Les prochains développements devraient être décisifs pour l’avenir judiciaire du patron de presse, dont la disparition alimente déjà de nombreuses spéculations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°566 – 25/09/2025

🔴 SÉBIKHOTANE / 115 HA ATTRIBUÉS À HOLDING GUÈYE SA : UN SCANDALE !
🔴 NOUVEL OUVRAGE L’AFRIQUE AU CŒUR : MACKY SALL BOUSCULE LES CLICHÉS

🔴 MMA / 1ᵉʳ CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE HAND TO HAND FIGHTING : LE SÉNÉGAL DANS LA CAGE
🔴 25 SEPTEMBRE 1988 – 25 SEPTEMBRE 2025 : Il Y A 38 ANS À SÉOUL, UNE ÉTERNITÉ !

Parquet financier : Waly Seck libéré après avoir versé une caution de 210 millions de FCFA

Le chanteur Waly Seck, convoqué ce mercredi devant le parquet financier, a finalement retrouvé la liberté après plusieurs heures d’audition. Selon son avocat, Me Abdou Dialy Kane, l’artiste a été relâché à la suite du versement d’un cautionnement fixé à 210 millions de francs CFA.

Le nom du musicien avait été cité dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ce document fait état de transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Macky Sall ».

Si Waly Seck n’a pas été placé sous mandat de dépôt, son implication dans ce dossier sensible continue de susciter de nombreuses réactions. Pour ses avocats, le paiement de la caution ne signifie pas une reconnaissance de culpabilité mais s’inscrit dans la procédure afin de garantir sa disponibilité à répondre aux convocations de la justice.

La suite de l’enquête permettra de déterminer le rôle exact joué par l’artiste dans ces transactions financières jugées douteuses par la CENTIF. En attendant, Waly Seck, figure incontournable de la scène musicale sénégalaise, reste sous la surveillance étroite de la justice financière.

Trafic de cocaïne et crack : trois individus arrêtés à Dakar, tentative de corruption avortée

Une opération coup de filet de la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) de Dakar, relevant de l’OCRTIS, a permis d’interpeller trois individus impliqués dans un réseau de trafic de cocaïne et de crack. Les arrestations, menées entre le 21 et le 22 septembre 2025, se sont concentrées sur les quartiers de Ngor et Yoff, identifiés comme des zones sensibles pour ce type d’activités criminelles.

L’affaire a débuté dans la nuit du 21 au 22 septembre, avec l’arrestation d’un premier suspect pris en flagrant délit de détention de stupéfiants. Les policiers ont découvert sur lui 37 pierres de crack ainsi qu’une demi-boulette de cocaïne. Cette saisie a rapidement orienté les enquêteurs vers son fournisseur, qui a été appréhendé peu après au niveau du rond-point de Ngor. La fouille corporelle a permis de trouver en sa possession deux téléphones portables et une somme d’argent, confirmant son rôle central dans le trafic.

Poussant plus loin leurs investigations, les agents de la BRS ont identifié un deuxième fournisseur. Une perquisition menée dans sa chambre, en sa présence, a mis en évidence du matériel utilisé pour le conditionnement de la drogue : une louche, deux balances électroniques, deux rouleaux de scotch et plusieurs sachets d’emballage. Autant d’indices qui établissent l’organisation et la structuration du réseau.

Dans une ultime manœuvre pour tenter d’échapper à la justice, ce suspect a proposé aux enquêteurs une somme de 500 000 francs CFA. La tentative de corruption, effectuée via un transfert Orange Money réalisé par un complice contacté par téléphone, a été immédiatement consignée comme élément de preuve aggravant.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. Ils devront répondre de lourdes charges, notamment association de malfaiteurs, détention de drogues en vue de trafic, tentative de corruption et blanchiment de capitaux. Cette opération illustre la vigilance accrue des forces de sécurité face à la recrudescence du trafic de cocaïne et de crack dans la capitale sénégalaise, et confirme la détermination des autorités à démanteler les réseaux qui menacent la jeunesse et la stabilité sociale.

DIC : Madiambal Diagne ignore une convocation des enquêteurs

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est au cœur d’une nouvelle polémique. Convoqué par la Division des investigations criminelles (DIC), il n’a pas donné suite à l’invitation qui lui avait été adressée. Selon plusieurs sources proches du dossier, le fondateur du groupe Avenir Communication aurait délibérément manqué à ce rendez-vous avec les enquêteurs.

Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet financier. À l’origine de la procédure, un rapport transmis par la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières) fait état de transactions suspectes estimées à près de 21 milliards de francs CFA. Ces opérations mettraient en cause Madiambal Diagne et impliqueraient des responsables de la société Ellipse.

Pour l’heure, aucune précision n’a filtré sur les suites immédiates que les autorités comptent donner à ce refus de déférer. Mais l’affaire suscite déjà de nombreuses interrogations, tant par l’ampleur des sommes évoquées que par la personnalité concernée. Patron de l’un des groupes de presse les plus influents du pays, Madiambal Diagne est également connu pour ses prises de position tranchées dans le débat public.

Ce dossier, désormais suivi de près par l’opinion, pourrait marquer un tournant dans la relation entre justice et médias au Sénégal. Les prochains développements permettront de savoir si la justice décidera de passer à une étape supérieure, en contraignant le journaliste à s’expliquer devant les enquêteurs.

Golf Sud : une vaste opération de déguerpissement pour libérer l’espace public

La campagne de déguerpissement des espaces publics s’est poursuivie ce mercredi 24 septembre 2025 dans la banlieue dakaroise, avec une vaste opération menée dans le quartier de Golf Sud. À l’initiative du Commissariat d’arrondissement de Golf Sud, appuyé par un renfort venu du Commissariat central de Guédiawaye, l’opération avait pour objectif de mettre fin aux occupations anarchiques qui entravent la circulation et dégradent le cadre de vie.

Les interventions ont ciblé plusieurs zones stratégiques, notamment les abords du Bus Rapid Transit (BRT), les alentours de la clinique Kandji ainsi que les axes situés le long du tracé du BRT. Ces espaces, régulièrement envahis par des installations précaires et des étals informels, constituaient un frein à la mobilité urbaine et un facteur de désordre dans un quartier en pleine mutation.

Conduite sous la supervision directe du sous-préfet de Sam Notaire et du commissaire d’arrondissement de Golf Sud, l’opération s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 18h15. La présence coordonnée des autorités administratives et des forces de sécurité a contribué à garantir un climat apaisé tout au long de la journée.

Cette action s’inscrit dans le cadre des instructions fermes données par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, qui a réitéré à plusieurs reprises sa volonté de mettre un terme définitif à l’occupation illégale de l’espace public dans la capitale et sa périphérie. Pour les autorités, il s’agit non seulement de fluidifier la circulation, mais aussi de renforcer la sécurité des usagers et d’améliorer le visage urbain de Dakar.

À Golf Sud comme dans d’autres quartiers touchés par ces opérations, la mesure envoie un signal clair : l’espace public doit être préservé et utilisé conformément à sa vocation, dans l’intérêt de tous les citoyens.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°565 – 24/09/2025

🔴 AFFIRMATION DU PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE SUR L’ENGAGEMENT DU SÉNÉGAL EN FAVEUR DES DROITS DES FEMMES : LES FÉMINISTES RÉCLAMENT DU CONCRET
🔴 MAINTIEN DU TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT MALGRÉ LA SOUFFRANCE DES SÉNÉGALAIS : ÑOO LANK APPELLE À LA MOBILISATION

🔴 UFOA-U17 FÉMININ : LES « LIONCELLES » BUTENT SUR LA SIERRA LEONE
🔴 HOMMAGE À MOUSSA DIOP QUENUM : UN DÉPART QUI LAISSE UN VIDE ABYSSAL

Ngor : arrestation d’un trafiquant avec du crack et de la cocaïne

Une opération de la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a permis l’interpellation d’un individu suspecté de trafic de drogue dure. Les faits se sont déroulés le 22 septembre 2025, dans la commune de Ngor, selon une communication officielle de la Police nationale.

L’intervention est partie d’un renseignement jugé « exploitable » par les enquêteurs, faisant état de l’existence d’un réseau actif dans la zone côtière de Ngor. Les policiers ont alors mis en place une opération de surveillance qui a conduit à l’arrestation du suspect au niveau du rond-point du casino du Cap-Vert.

La fouille de sécurité effectuée sur place a permis de mettre la main sur 37 pierres de crack et une demi-boulette de cocaïne, ainsi qu’une somme d’argent dont l’origine reste à déterminer. La nature des produits saisis confirme l’implication présumée du mis en cause dans un trafic de drogues dites « dures », particulièrement surveillées par les autorités en raison de leur dangerosité et de leur forte valeur marchande.

Placée en garde à vue, la personne arrêtée fait désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs et détention de stupéfiants en vue de trafic. Elle sera présentée au parquet à l’issue de l’enquête, qui devrait également s’attacher à identifier d’éventuels complices et à démanteler l’ensemble du réseau.

Cette saisie illustre une nouvelle fois la vigilance accrue des forces de sécurité dans la lutte contre la prolifération des drogues dures au Sénégal. Ces dernières années, la police et la gendarmerie multiplient les opérations de terrain, souvent grâce à des informations issues de dénonciations citoyennes ou de recoupements de renseignements.

Pour les autorités, la présence de crack et de cocaïne à Dakar et dans sa banlieue constitue une menace croissante, en particulier pour la jeunesse. Les enquêteurs de l’OCRTIS entendent donc renforcer la pression sur les trafiquants afin de couper l’approvisionnement et de dissuader les réseaux de s’implanter durablement dans la capitale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°564 – 23/09/2025

🔴 BAKEL NOYÉ, DJILAKHAR FOUDROYÉ : TRAGIQUE HIVERNAGE
🔴 ONU : LA VOIX DU SÉNÉGAL RÉSONNE !

🔴 BALLON D’OR 2025 : DEMBÉLÉ INDÉLÉBILE DE L’HISTOIRE
🔴 BALLON D’OR FÉMININ : BONMATÍ SACRÉE POUR LA TROISIÈME FOIS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°563 – 22/09/2025

🔴 BOYCOTT AUTOUR DU FORUM PÉTROLE ET GAZ / FADILOU KEÏTA VS SERIGNE MBOUP : LA GUERRE FROIDE
🔴 BOULANGERIE / CHAMPION À MARRAKECH ET QUALIFIÉ POUR LE MONDIAL 2026 : LE SÉNÉGAL SUR LE TOIT DU CONTINENT

🔴 PRÉLIMINAIRES COUPE CAF : GÉNÉRATION FOOT ACCROCHÉ PAR AFAD DJÉKANOU (1-1)
🔴 UFOA-A U17 FÉMININ : LE SÉNÉGAL REPREND LA MAIN CONTRE LE LIBERIA

Gouye Mbinde : arrestation de deux individus pour vol de bétail à l’aide d’un véhicule

Le Poste de Police de Gouye Mbinde a procédé, le 18 septembre, à l’arrestation de deux individus soupçonnés d’association de malfaiteurs et de vol de bétail commis de nuit à l’aide d’un moyen de transport.

D’après la Police nationale, cette opération fait suite à un vol de bétail perpétré dans la nuit du 11 au 12 septembre 2025. Les investigations ont révélé que deux membres présumés de la bande impliquée avaient été aperçus dans une dibiterie située près de la gare routière de Touba. Une intervention sur place a permis leur interpellation.

Au cours de leur audition, les mis en cause ont reconnu leur participation au vol. Le véhicule utilisé ainsi que les moutons volés ont été saisis et consignés par le Poste de Police de Gouye Mbinde.

Les deux suspects sont actuellement placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices.

Liberté d’expression : Seydi Gassama plaide pour plus de responsabilité et de tolérance

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a appelé ce vendredi les citoyens à faire preuve de retenue dans l’usage de la liberté d’expression, tout en invitant les autorités à davantage de tolérance dans la répression des propos jugés offensants, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

« Nous encourageons les citoyens à user de leur liberté d’expression avec discernement et à éviter de polluer le débat public par des propos inutiles. S’exprimer librement ne signifie pas diffamer ou porter atteinte à la dignité d’autrui », a-t-il affirmé.

Ces propos ont été tenus lors d’un atelier consacré à la présentation des avant-projets de loi sur la protection des défenseurs des droits humains, l’instauration d’un juge des libertés, ainsi que les recommandations issues des assises de la justice et du dialogue national sur le système politique.

D’après l’APS, cette rencontre visait à sensibiliser les parlementaires et à faciliter une adoption rapide de ces réformes destinées à renforcer la garantie des droits et libertés au Sénégal.

Le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Me Abdoulaye Tall, a pour sa part souligné que « tous ceux qui aspirent à la paix et à la justice doivent accorder une attention particulière à ces textes ».

Présent également, Ayéda Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, a salué les efforts conjoints de l’État et de la société civile dans la promotion des droits humains.

« Cet atelier est une initiative que nous soutenons fortement. Il est essentiel de continuer à progresser sans exclure aucune institution », a-t-il conclu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°562 – 20 ET 21/09/2025

🔴 GRANDE MOBILISATION DE « RAPPEL À L’ORDRE » ET DE L’OPPOSITION : L’AVERTISSEMENT !
🔴 ENTRETIEN / Dr MOUSSA DIOP KOUROU (KALIME) : AUTEUR DE « MUNQIDH » : DANS LA PEAU DU POÈTE SOUFI

🔴 CAN 2025 : LE MAROC SIMPLIFIE LES FORMALITÉS D’ENTRÉE AUX SÉNÉGALAIS
🔴 RENCONTRE ENTRE ABDOULAYE FALL ET GIANNI INFANTINO : LE FOOT SÉNÉGALAIS AU CŒUR

Affaire des 5,597 milliards FCFA : Ibrahima Ba, Saliou Sylla et Cheikh Tidiane Seck écroués

Le scandale financier révélé par le dernier rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Dans le cadre de l’enquête sur des flux suspects estimés à 5,597 milliards de FCFA, trois personnalités viennent d’être placées sous mandat de dépôt. Il s’agit d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, de son chauffeur Cheikh Tidiane Seck, ainsi que de l’opérateur économique Saliou Sylla. La décision a été prise par le juge du premier cabinet du Pôle judiciaire financier (PJF), après plusieurs jours d’auditions menées par la Division des investigations criminelles (DIC).

Ces arrestations marquent une nouvelle étape dans une affaire qui implique également Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, et le chanteur Wally Seck. Selon les investigations de la CENTIF, de larges mouvements financiers ont transité par des circuits bancaires et des comptes liés à ces personnalités, sans justification économique claire. Le rapport fait état de retraits massifs effectués par l’homme d’affaires Saliou Sylla, qui aurait manipulé plusieurs milliards en espèces à partir des comptes de la société Woodrose Investment Ltd.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement aux liens entre les différents mis en cause et aux transactions croisées qui pourraient relever d’un vaste système de blanchiment de capitaux. Dans ses déclarations, Saliou Sylla a tenté de justifier l’origine de certains flux, mais ses explications n’ont pas suffi à convaincre les autorités judiciaires. Quant à Ibrahima Ba, il est cité dans le rapport pour ses parts dans une société immobilière, la SCI CTS, détenue conjointement avec Amadou Sall, ce qui a éveillé les soupçons sur l’origine du financement.

Le juge du PJF a donc décidé d’envoyer en prison les trois prévenus, en attendant la suite de l’instruction. Cette décision accentue la pression autour de ce dossier sensible, qui mêle hommes politiques, opérateurs économiques et célébrités, et qui ravive le débat sur la transparence dans la gestion des flux financiers au Sénégal.

Avec ces détentions, l’affaire prend une tournure judiciaire lourde de conséquences, tant sur le plan politique que médiatique. Elle devrait rester au centre de l’actualité dans les prochains jours, au rythme des auditions et des révélations à venir.

Abdou Mbow dénonce une « dictature » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d’expression

La marche citoyenne organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre, ce vendredi à Dakar, continue de susciter des réactions politiques marquées. Parmi les participants, le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et proche du régime précédent, a tenu un discours virulent contre l’actuel pouvoir, qu’il accuse de bafouer la liberté d’expression et de tendre vers une « dictature ».

Dans une allocution prononcée devant les manifestants, l’élu a rappelé que cette initiative est partie de citoyens qui, selon lui, ont été déçus par les promesses non tenues du président Ousmane Sonko et de son parti Pastef. « Des Sénégalaises qui avaient placé leurs espoirs en Ousmane Sonko et son parti, porteurs d’une promesse de changement, ont pris l’initiative de cette manifestation. Toutes ces promesses faites aux Sénégalais n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, la liberté d’expression dans ce pays est bafouée », a-t-il affirmé, sous les applaudissements d’une partie de la foule.

Le député a également pointé du doigt la vague d’arrestations qui, selon lui, vise à réduire au silence toute voix discordante. Citant des noms précis, Abdou Mbow a évoqué les cas de Badara Gadiaga, Farba Ngom, Abdou Nguer, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Maodo Malick Mbaye, tous emprisonnés dans des conditions qu’il juge arbitraires. Pour lui, ces détentions traduisent une volonté claire d’instaurer un régime répressif et autoritaire.

« L’actuel régime veut instaurer une dictature au Sénégal, mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais », a lancé le député, appelant à une mobilisation populaire massive pour contraindre Ousmane Sonko et Pastef à quitter le pouvoir. Ses propos s’inscrivent dans une stratégie d’opposition frontale, marquée par une dénonciation constante de la gouvernance actuelle et de ses pratiques jugées liberticides.

Cette sortie d’Abdou Mbow intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui accuse les autorités de restreindre les libertés publiques et de multiplier les décisions arbitraires. La marche du Collectif Rappel à l’Ordre, qui se veut pacifique, apparaît ainsi comme un espace d’expression de ces frustrations, mais aussi comme un point de ralliement pour les forces politiques et citoyennes qui entendent résister à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire.

Marche du Collectif Rappel à l’Ordre : Thierno Alassane Sall fustige une justice « absente » au Sénégal

La capitale sénégalaise a vibré ce vendredi 19 septembre 2025 au rythme de la marche pacifique organisée par le Collectif Rappel à l’Ordre. Ce mouvement citoyen, né dans un contexte de crispations sociales et politiques, milite pour la défense des libertés fondamentales et le respect de l’État de droit. Parmi les personnalités présentes, la participation de Thierno Alassane Sall, député à l’Assemblée nationale et leader du parti République des Valeurs, a retenu l’attention.

L’ancien ministre a profité de cette tribune pour pointer du doigt ce qu’il considère comme une faillite de l’appareil judiciaire sénégalais. Dans son allocution, il a affirmé avec force qu’« il ne peut y avoir de paix sans justice », rappelant que la stabilité sociale et politique du pays dépend directement de l’impartialité des juges et de leur capacité à rendre des décisions équitables. Il a cité le cas d’Abdou Nguer, envoyé en instruction « sans raison valable », ainsi que celui d’autres personnes détenues qu’il estime arbitrairement privées de liberté.

Revenant sur les crises de 2021 et de 2024, marquées par des manifestations violentes et de profondes contestations sociales, Thierno Alassane Sall a insisté sur le fait qu’elles ne résultaient pas uniquement d’un conflit autour d’un individu ou d’un parti politique, mais traduisaient surtout un ressentiment collectif face à ce qu’il a appelé « l’absence de justice ». Selon lui, ce déficit de confiance dans les institutions judiciaires est l’un des principaux moteurs des tensions persistantes au Sénégal.

Au-delà de la justice, le député a également dénoncé des pratiques qu’il qualifie de « dictatoriales » de la part des dirigeants actuels. Il a notamment pointé le licenciement de travailleurs qu’il juge arbitraire, remplacés, selon lui, par des militants du parti au pouvoir, Pastef. « Des travailleurs, soutiens de famille, ont été licenciés sans motif valable. C’est une violence inacceptable », a-t-il martelé, soulignant que ces décisions ne font qu’aggraver le sentiment d’injustice au sein des populations.

Pour Thierno Alassane Sall, sa présence à cette marche répond à une exigence morale et citoyenne. Il affirme que ce type d’injustices constitue l’une des principales raisons de son engagement aux côtés du Collectif Rappel à l’Ordre. Par ce geste, il veut signifier sa solidarité avec les Sénégalais qui dénoncent une gouvernance jugée autoritaire et qui appellent à un retour aux valeurs fondamentales de l’État de droit.

Cette mobilisation, bien que pacifique, s’inscrit dans une dynamique de contestation qui prend de l’ampleur à travers le pays. Elle illustre le malaise profond d’une partie de la société sénégalaise, qui estime que les institutions, en particulier la justice, ne remplissent plus leur rôle de garant de l’équité et de la paix sociale.

Rapport CENTIF : les montants perçus par Wally Seck et plusieurs personnalités révélés

Le dossier dit du rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de livrer ses secrets. Un rapport supplétif transmis au parquet financier révèle les sommes perçues par plusieurs personnalités citées dans l’affaire des transferts financiers jugés suspects.

Selon les enquêteurs, l’ancien ministre Samuel Sarr aurait bénéficié d’un montant de 200 millions de FCFA. Mahamadane Sarr, de Lansar Automobile, aurait quant à lui perçu 800 millions de FCFA. Il est d’ailleurs placé sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois dans le cadre de l’enquête sur la reddition des comptes. Mamadou Sy figure également parmi les bénéficiaires présumés, avec un milliard de francs CFA. Le chanteur Wally Seck, de son côté, est cité pour un montant de 210 millions de FCFA.

Ces flux financiers, selon la CENTIF, proviennent de chèques ou de virements liés au Trésor public ou à d’autres entités étatiques. Ils n’auraient cependant aucun fondement économique réel, ce qui alimente les soupçons de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs. Face à ces révélations, le parquet financier a établi un réquisitoire supplétif, transmis au président du collège des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier. Des mesures de saisies conservatoires sur les biens identifiés ont également été planifiées.

Au cœur du dispositif, le cambiste Saliou Sylla, gérant d’un bureau de change, a été placé en garde à vue. Il est accusé d’avoir joué un rôle central dans le circuit financier en procédant notamment à des retraits de chèques d’un montant total de 5,59 milliards de FCFA sur les comptes de la société Woodrose Investment Ltd. Devant les enquêteurs, il a évoqué l’implication d’un certain Seydou Dia, entendu à la Division des investigations criminelles (DIC). Ce dernier a remis des pièces justificatives qu’il présente comme preuves de la légalité de ses transactions, conformément aux règles bancaires en vigueur.

Le rapport met aussi en lumière l’implication présumée d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba. Il est cité pour sa participation à hauteur de 30 % dans la SCI CTS, une société immobilière créée en partenariat avec Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. La CENTIF estime que ces parts auraient été financées grâce à la vente en 2002 d’un terrain situé à Ouakam. Toutefois, l’entourage d’Ibrahima Ba avance une autre version. Ses proches assurent qu’il avait apporté comme contribution un terrain acquis en 2008, bien avant l’accession de Macky Sall à la présidence. Ils soutiennent également qu’il avait envisagé de construire un immeuble qui n’a finalement jamais vu le jour.

Les auditions menées par la DIC visent à lever ces zones d’ombre et à déterminer si le fils de l’ancien Premier ministre a, ou non, procédé à des opérations de blanchiment en association avec le fils de l’ancien chef de l’État. Ce nouveau rebondissement confirme la complexité d’une affaire qui mêle personnalités politiques, artistes et hommes d’affaires, et dont les ramifications continuent d’être explorées par la justice.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°561 – 19/09/2025

🔴 COUR SUPRÊME : BARTH’ AU TAPIS
🔴 JUSTICE / TENUE DE L’AUDIENCE D’ABDOU NGUER : SON AVOCAT MET LA PRESSION

🔴 TOKYO 2025 : SALY SARR DANS LE GOTHA DU TRIPLE SAUT
🔴 BASKET / AL HALA (BAHREÏN) : YACINE DIOP RÈGNE SUR L’ARAB WOMEN’S CLUB

Rapport CENTIF : Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, placé en garde à vue par la DIC

L’affaire révélée par le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Selon des informations rapportées par Seneweb, Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été interpellé et placé en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC).

Son arrestation s’inscrit dans le cadre de la délégation judiciaire ouverte après les soupçons de blanchiment de capitaux et de flux financiers suspects impliquant plusieurs personnalités publiques. Le dossier met déjà en cause Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, ainsi que le chanteur Waly Ballago Seck, dont les noms sont apparus dans les conclusions de la CENTIF.

D’après les mêmes sources, Ibrahima Ba est actuellement entendu par les enquêteurs sur l’origine et la traçabilité de certains mouvements financiers qui lui sont attribués. Les enquêteurs cherchent à déterminer son rôle exact dans les transactions considérées comme atypiques par la cellule financière.

Dans cette même affaire, l’opérateur économique Saliou Sylla, interpellé il y a deux jours, a vu sa garde à vue prolongée. Il est soupçonné d’avoir effectué des transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, un montant qui intrigue particulièrement les autorités judiciaires.

Ces arrestations traduisent la volonté affichée de la justice sénégalaise d’approfondir les investigations sur les flux financiers révélés par la CENTIF dans son rapport 2024, qui avait déjà mis en lumière des dossiers sensibles dans différents secteurs, notamment l’extractif, les services financiers et les réseaux de transferts d’argent.

L’opinion publique, très attentive à l’évolution de ce dossier impliquant des figures connues, attend désormais de savoir si d’autres personnalités pourraient être inquiétées par l’enquête. Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs pour la suite judiciaire de cette affaire qui, au-delà de ses aspects financiers, met en jeu la transparence et la crédibilité des institutions dans la lutte contre le blanchiment et la corruption.

Accusations de détournement : l’ASER saisit la justice contre Pape Mahawa Diouf

L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les accusations publiques formulées par Pape Mahawa Diouf. Ce dernier, invité de l’émission Faram Facce diffusée le mercredi 17 septembre 2025, avait affirmé qu’« un détournement de 37 milliards de francs CFA aurait eu lieu au sein de l’ASER ».

Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de l’agence, qui les qualifie de « diffamatoires » et de « fausses nouvelles ». Dans un communiqué transmis à la presse, l’ASER estime que de telles déclarations, « d’une extrême gravité », portent atteinte à son image et risquent de semer le doute dans l’opinion publique sur sa gestion.

L’agence a précisé avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son conseil juridique afin que M. Pape Mahawa Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses allégations. Pour l’ASER, cette action judiciaire vise à rappeler l’importance du respect de l’État de droit et à mettre chacun face à sa responsabilité lorsqu’il s’agit d’accusations de détournement touchant des institutions publiques.

Dans le même communiqué, l’ASER a tenu à réaffirmer son engagement à poursuivre sa mission de service public en faveur des populations rurales. Elle rappelle que l’électrification rurale demeure un pilier du développement économique et social, et assure que ses activités sont menées dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole et sur la nécessité de distinguer critique légitime et accusations non étayées. Le dossier sera désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la véracité ou non des propos tenus par M. Pape Mahawa Diouf.

Révocation de Barthélemy Dias : la Cour suprême rendra sa décision ce jeudi à midi

L’affaire de la révocation de Barthélemy Dias connaît un nouveau tournant. Ce jeudi, la Cour suprême s’est penchée sur le recours introduit par l’ancien maire de Dakar, qui conteste la légalité de sa destitution. Après de brefs débats, l’audience a été suspendue et le verdict a été fixé à midi, dans une atmosphère tendue où les doutes persistent quant à l’issue.

À la sortie de l’audience, Me El Hadji Amadou Sall, seul avocat présent aux côtés de l’ex-maire, a livré ses impressions devant la presse. Son discours était empreint d’inquiétude. « Je ne suis pas rassuré du dénouement de cette affaire. Nous avons des craintes par rapport au verdict qui sera rendu par le juge à 12 heures », a-t-il déclaré. Ces craintes, selon lui, découlent notamment du climat politique entourant le dossier.

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il considère comme une pression excessive exercée par l’État et l’administration sur le Conseil municipal de Dakar. « Fondamentalement, nous avons des craintes liées d’une certaine façon au comportement du Conseil municipal, à la pression que l’État a exercée, que l’administration et le gouvernement ont exercée sur ce Conseil », a-t-il souligné.

Il a également dénoncé le calendrier jugé suspect de certaines décisions administratives. Alors même que la Cour suprême avait été saisie en procédure d’urgence, le Conseil municipal s’était réuni pour élire un nouveau maire. « Pendant que nous plaidions devant la Cour, le Conseil municipal élisait un maire. La Cour suprême aurait pu annuler et interdire cette réunion. La décence et le respect commandaient d’attendre sa décision », a regretté Me Sall. Il a par ailleurs rappelé que la convocation du Conseil municipal est intervenue peu après la publication par le Greffe de la date de l’audience, ce qui donne, selon lui, « la désagréable sensation d’une course de vitesse contre la Cour suprême ».

Concernant l’absence remarquée des autres membres du collectif d’avocats de Barthélemy Dias, Me Sall a relativisé : « Leur présence ou leur prise de parole n’était pas indispensable. Nous nous en rapportons à ce qui a été écrit. Les audiences de la Cour suprême ne sont pas des audiences de longs débats, ce sont des audiences très courtes. »

Malgré ses inquiétudes, l’avocat a tenu à réaffirmer sa foi dans l’institution judiciaire. « L’essentiel a été dit et écrit. La décision relève désormais de la Cour suprême. Même si, fondamentalement, nous avons des craintes, nous avons confiance en la Cour, quel que soit le verdict », a-t-il conclu.

23ᵉ anniversaire du naufrage du Joola : les familles exigent justice et le renflouement de l’épave

Le Sénégal s’apprête à commémorer, le 26 septembre 2025, le 23ᵉ anniversaire du naufrage du bateau Le Joola. À l’approche de cette date douloureuse, le Comité d’initiative pour l’érection du Musée-Mémorial Le Joola a organisé, ce jeudi 18 septembre à Dakar, une conférence de presse pour rappeler deux revendications centrales : la réouverture du dossier judiciaire et le renflouement du navire englouti au large de la Gambie.

Samsidine Aidara, porte-parole du comité, a dénoncé le classement sans suite du dossier, qu’il juge injuste. « Aujourd’hui, 23 ans après, nous pensons que si la lumière est faite sur le Joola, si ce dossier est ramené à sa juste place et jugé convenablement, il n’y a rien de mieux comme baromètre pour tester la justice sénégalaise et la volonté du nouveau régime d’en faire son fer de lance », a-t-il déclaré.

L’autre exigence porte sur le renflouement de l’épave, perçu comme un impératif moral et un devoir de mémoire. Le collectif rappelle que, malgré les promesses faites par les autorités successives, le navire repose toujours au fond de l’océan, enfermant les dépouilles de centaines de victimes. « Renflouer le bateau est aussi une question de justice sociale. Vingt ans après le naufrage, le bateau n’est toujours pas renfloué malgré les engagements répétés de l’État à le faire. Le renflouement est aussi un acte de respect de la dignité humaine », a martelé le comité.

Les familles estiment qu’aucune contrainte, qu’elle soit financière ou psychologique, ne peut justifier le maintien de l’épave sous les eaux. « Est-il possible, un seul instant, de penser que les familles acceptent, l’esprit apaisé, de laisser leurs proches coincés dans l’épave du bateau, sous prétexte que renflouer créerait de nouveaux traumatismes ou coûterait cher ? Non ! Le renflouement du Joola n’est pas juste une question technique et financière. C’est aussi et surtout une occasion unique de faire véritablement le deuil et de connaître toute la vérité sur le naufrage », a insisté le porte-parole.

Pour mémoire, le 26 septembre 2002, le bateau Le Joola sombrait en pleine nuit, au large des côtes gambiennes. Parti quelques heures plus tôt du port de Ziguinchor en direction de Dakar, il transportait des centaines de passagers au-delà de sa capacité. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts, ce qui en fait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire moderne, comparable au naufrage du Titanic.

Vingt-trois ans après, les blessures restent vives. Les familles des victimes, toujours en quête de vérité et de justice, espèrent que cette commémoration sera l’occasion pour les nouvelles autorités de prendre enfin des décisions concrètes pour solder ce lourd héritage.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°560 – 18/09/2025

🔴 NOUVEL EMPRUNT DE 300 MILLIARDS F CFA VIA L’UMOA-TITRES, LANCEMENT DES « DIASPORAS BONDS » : EST-CE SUFFISANT POUR REMONTER LA PENTE ?
🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : LES OPÉRATEURS HAUSSENT LE TON

🔴 YOUSSOUPHA MBODJ ÉTINCELANT, BAYERN, PSG ET LIVERPOOL PHÉNOMÉNAUX : LA LIGUE DES CHAMPIONS EST LANCÉE !
🔴 ENTRÉE FRACASSANTE EN LIGUE DES CHAMPIONS AFC 2 : SADIO MANÉ EN FEU

Rapport CENTIF 2024 : le secteur extractif épinglé pour plus de 4 milliards FCFA de flux financiers suspects

Le secteur extractif sénégalais se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, après la publication du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). L’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a révélé des flux financiers suspects estimés à plus de 4 milliards de francs CFA. Ces fonds proviendraient d’opérations douteuses dans le domaine de l’exploitation aurifère, en particulier dans les circuits liés à l’orpaillage artisanal, mais aussi dans des transactions effectuées par des sociétés de négoce considérées comme des façades de blanchiment.

Les investigations de la CENTIF ont mis en évidence des pratiques inquiétantes. Plusieurs individus, officiellement présentés comme orpailleurs, effectuaient régulièrement des dépôts bancaires en espèces, parfois de très forte valeur. Or, les montants déposés étaient sans commune mesure avec les revenus déclarés de ces exploitants artisanaux. Dans certains cas, ces dépôts étaient rapidement suivis de transferts à l’international, notamment vers des pays reconnus comme plaques tournantes du commerce de l’or. Ce schéma, classique dans les circuits de blanchiment, a attiré l’attention des enquêteurs.

Le rapport met aussi en cause des sociétés de négoce, parfois créées récemment, qui réalisaient des transactions financières massives sans qu’une activité économique claire ne justifie de tels flux. Ces structures, soupçonnées de servir de couverture, semblent avoir été mises en place pour masquer l’origine illicite de fonds liés à des trafics de métaux précieux ou à de la contrebande aurifère. Dans plusieurs zones minières, la sous-déclaration de la production officielle a par ailleurs facilité l’introduction de l’or de contrebande dans les circuits formels, alimentant des réseaux transnationaux de blanchiment.

Pour la CENTIF, le secteur extractif reste l’un des plus vulnérables aux activités criminelles. La prédominance des transactions en espèces, la difficulté à tracer les flux financiers et l’implication d’acteurs transnationaux rendent ce domaine particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de financement illicite. Le rapport recommande un renforcement de la vigilance des banques et institutions financières, qui doivent redoubler d’attention dans la gestion des comptes ouverts par les acteurs du secteur, notamment ceux implantés dans les zones frontalières où les contrôles sont souvent plus difficiles.

Le document de la CENTIF ne se limite pas au secteur extractif. Pour l’année 2024, l’institution indique avoir transmis 62 dossiers aux juridictions compétentes, pour un montant cumulé de plus de 102 milliards de francs CFA. Une partie importante de ces affaires est directement ou indirectement liée aux activités minières, confirmant la sensibilité du secteur et la nécessité de mieux encadrer ses flux financiers.

Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence l’urgence d’une coopération renforcée entre l’État, les acteurs financiers et les structures de contrôle. Il s’agit non seulement de protéger les ressources naturelles du Sénégal, mais aussi de garantir que leur exploitation profite réellement à l’économie nationale, sans être détournée par des circuits opaques et criminels.

La CENTIF, qui joue un rôle central dans la prévention et la détection du blanchiment, appelle ainsi à des réformes structurelles pour sécuriser le secteur extractif et limiter les risques. Pour les experts, cette alerte devrait constituer un signal fort en faveur de la transparence et du renforcement de la gouvernance dans un domaine stratégique pour l’avenir économique du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°559 – 17/09/2025

🔴 97ᵉ MONDIAL, 8ᵉ AFRICAIN DANS LE CLASSEMENT DES PAYS LES PLUS ATTRACTIFS POUR LES INVESTISSEURS : LE SÉNÉGAL EST-IL COMPÉTITIF ?
🔴 SANTÉ / ÉLIMINATION DU TRACHOME : L’EXPERTISE SÉNÉGALAISE SALUÉE !

🔴 TOKYO 2025 / QUALIFIÉE EN FINALE DU TRIPLE SAUT FÉMININ : SALLY SARR PORTE LES ESPOIRS SÉNÉGALAIS
🔴 « SAUVONS NOTRE FOOTBALL LOCAL » : LE « CRI DU CŒUR » DE MBAYE JACQUES DIOP

Thiès : trois mois de prison ferme pour un jeune qui avait volé neuf téléphones durant le Magal

Le Magal de Touba, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles, a été marqué cette fois par un fait divers survenu dans une maison d’accueil. Un jeune homme de 18 ans, domicilié à Thiès et répondant au nom de Gora, a profité de l’hospitalité de son hôte pour exécuter un plan minutieusement préparé : dérober des téléphones portables afin de les revendre.

Hébergé chez C. Mbaye, comme de nombreux autres invités venus participer à l’événement religieux, Gora attendait patiemment la tombée de la nuit pour passer à l’action. Lorsque toute la maison était plongée dans le sommeil, il s’introduisait dans les chambres et subtilisait les appareils. Au total, neuf téléphones portables ont ainsi disparu dans la nuit.

Au matin, la découverte du vol a provoqué stupeur et incompréhension parmi les occupants. Les soupçons se sont immédiatement tournés vers l’hôte, C. Mbaye, tenu pour responsable par ses invités de la disparition de leurs biens. Décidé à laver son honneur, ce dernier est parti à la recherche du véritable coupable et a retrouvé le jeune Gora dans le quartier Hersent, à Thiès.

Le voleur présumé a été interpellé par la police, puis déféré devant le tribunal d’instance de Thiès. Face au juge, il a reconnu les faits, mais a tenté de se justifier en expliquant que son geste relevait d’un esprit de vengeance. Selon ses déclarations, C. Mbaye lui aurait causé du tort par le passé, ce qui l’aurait poussé à agir de la sorte.

Le tribunal n’a pas retenu cette justification. Sur la base des preuves et des aveux, Gora a été déclaré coupable de « vol commis la nuit », une infraction lourdement sanctionnée par la loi. Le juge l’a condamné à une peine de trois mois de prison ferme, une décision rapportée par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce mardi 16 septembre.

Diamaguène et Jaxaay : plusieurs arrestations pour vente de viande impropre et vol de moto

La vigilance des forces de l’ordre a permis, le 12 septembre dernier, de mettre un coup d’arrêt à deux affaires distinctes dans la banlieue dakaroise. À Diamaguène Sicap Mbao comme à Jaxaay, les interventions de la police se sont soldées par plusieurs arrestations, l’une pour tentative de mise en vente de viande impropre à la consommation, l’autre pour vol de moto.

À Diamaguène Sicap Mbao, les agents du poste de police ont interpellé un homme domicilié à Jaxaay, surpris alors qu’il tentait d’écouler sur le marché une chèvre morte et non égorgée. Selon ses propres aveux, l’animal avait été ramassé à Yeumbeul par son complice, toujours en fuite, qui lui aurait demandé de le livrer pour la vente. Placé en garde à vue, il fait désormais l’objet de poursuites pour « tentative de mise en danger de la vie d’autrui ». Son complice, activement recherché, reste pour l’instant introuvable.

Non loin de là, une patrouille menée par les éléments du commissariat des Parcelles Assainies et Niacoulrab a permis de démanteler une bande spécialisée dans le vol de motos. Les suspects, circulant sur une moto de type Jakarta KTM, ont tenté de s’échapper à l’arrivée de la police. Deux d’entre eux ont rapidement été rattrapés. L’exploitation du téléphone de l’un des interpellés a permis de retrouver des conversations sur WhatsApp, preuves de la préparation du vol.

D’après les informations publiées par Les Échos, le troisième complice a finalement été arrêté dans son quartier à Keur Massar. Lors de son audition, il a reconnu avoir participé au vol. Entre-temps, le propriétaire de la moto s’était présenté au commissariat pour signaler la disparition de son véhicule. Il a pu identifier sans équivoque la moto saisie comme étant la sienne.

Ces deux affaires, bien que différentes dans leur nature, rappellent la diversité des défis sécuritaires auxquels les forces de l’ordre doivent faire face au quotidien. À Diamaguène comme à Jaxaay, les opérations réussies de la police renforcent la lutte contre des pratiques qui, qu’il s’agisse de mettre en danger la santé publique ou de porter atteinte aux biens, fragilisent la sécurité et la confiance des citoyens.

Sonacos : la justice saisie après les irrégularités de la campagne arachidière 2022-2023

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) est entrée dans une phase de fermeté après les irrégularités constatées lors de la campagne arachidière 2022-2023 et dans la gestion de la vente d’huile. La direction générale a décidé de porter plainte et d’engager une série de procédures judiciaires pour récupérer des sommes considérables qui auraient échappé à l’entreprise publique.

L’une des premières affaires concerne un opérateur économique mis en cause pour « abus de confiance » sur un montant évalué à 1,5 milliard de francs CFA. D’après les révélations du quotidien Libération, l’homme a été discrètement arrêté la semaine dernière avant d’être présenté au parquet financier. Les faits reprochés remontent à la dernière campagne agricole. Pour éviter l’incarcération, il a demandé et obtenu une médiation pénale, acceptant de mettre en garantie certains de ses biens et de rembourser intégralement la somme due à la Sonacos avant le mois de décembre 2025.

Un second dossier, non moins sensible, vise un autre opérateur réputé proche d’une grande famille maraboutique. Celui-ci aurait vendu pour près de 1,5 milliard de francs CFA d’huile appartenant à la Sonacos sans reverser les fonds. La direction, déterminée à mettre fin à ces pratiques, envisage également d’intenter une action judiciaire contre ce dernier.

Ces décisions interviennent dans un contexte où la Sonacos, pilier de la filière arachidière nationale, traverse des difficultés financières récurrentes. Un conseil interministériel présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko a d’ailleurs consacré une large partie de ses discussions à la relance de l’entreprise. À l’issue de cette réunion, les autorités ont donné des instructions claires pour récupérer les milliards dus par plusieurs débiteurs identifiés depuis plusieurs campagnes.

Au-delà des chiffres, cette série de procédures traduit une volonté politique forte de mettre fin à l’impunité dans la gestion des ressources publiques et de renforcer la crédibilité de la Sonacos. Pour l’entreprise, il s’agit non seulement de solder les comptes du passé mais aussi de restaurer la confiance des producteurs et des partenaires, dans une filière qui reste stratégique pour l’économie sénégalaise et pour les revenus de milliers de familles.

Affaire Waly Seck : aucun mandat d’arrêt, mais l’artiste suspend ses activités

La polémique enfle autour du nom de Waly Ballago Seck, cité dans une enquête judiciaire en cours sur des soupçons de blanchiment de capitaux. Contrairement aux rumeurs qui ont circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médiatiques, aucun mandat d’arrêt n’a été émis contre le chanteur. L’information a été confirmée par plusieurs sources fiables, dont le journal Le Témoin, qui précise que si son nom figure bel et bien dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), aucune poursuite judiciaire n’a pour l’instant été engagée contre lui.

Cette précision vient calmer une partie des spéculations qui prenaient de l’ampleur, mais elle ne met pas fin aux interrogations. L’artiste, conscient de la gravité de la situation et de la sensibilité du dossier, a pris la décision de suspendre toutes ses activités musicales pour une durée indéterminée. Ce choix radical témoigne de sa volonté de se consacrer pleinement à sa défense et de préserver son image dans une période marquée par une forte pression médiatique et sociale.

L’affaire demeure toutefois ouverte. L’enquête en cours pourrait concerner plusieurs personnalités influentes, appelées à être entendues par les autorités judiciaires dans les prochains jours. Cette perspective entretient un climat d’attente et d’incertitude, aussi bien pour les proches de l’artiste que pour ses nombreux fans, qui suivent de près chaque évolution de ce dossier.

Pour l’heure, aucune charge formelle n’est retenue contre Waly Seck. Mais sa mise en retrait de la scène musicale et la médiatisation croissante de l’affaire rappellent combien les enquêtes de la CENTIF, souvent discrètes, peuvent avoir des répercussions directes sur la vie publique et artistique.

Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre aux questions des juges sur une affaire de surfacturation présumée de riz portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA.

Devant la Commission, le maire de Saint-Louis a fermement nié les accusations qui pèsent sur lui et affirmé qu’aucune surfacturation n’avait été commise. Pour appuyer ses déclarations, il a présenté plusieurs éléments de preuve qu’il considère comme suffisants pour établir son innocence.

Les magistrats instructeurs lui ont opposé un arrêté ministériel datant de 2013, lequel fixait le prix de la tonne de riz à 250 000 francs CFA. Mansour Faye aurait, selon l’accusation, acquis la même denrée à 275 000 francs CFA en pleine période de Covid-19. L’ancien ministre a répondu en expliquant qu’il était tout à fait normal que le prix du riz en 2020 soit supérieur à celui fixé sept ans plus tôt. Il a ajouté que la hausse des cours mondiaux justifiait cette différence.

Par ailleurs, il a rappelé que les marchés en question n’étaient pas de son ressort direct. Une commission indépendante était chargée de l’attribution des contrats, et il n’en assurait pas la présidence. Son rôle, a-t-il précisé, se limitait à veiller au respect des procédures administratives, une tâche dont il s’est acquitté avec rigueur alors qu’il n’y était pas obligé. Il a même souligné que la Cour des comptes avait reconnu dans son rapport que les règles du Code des marchés publics avaient été respectées.

Mansour Faye a également tenu à préciser que l’offre retenue par la commission correspondait à la moins chère du marché au moment de l’appel d’offres. Selon lui, la tonne de riz a été achetée à 275 000 francs CFA, un tarif inférieur à d’autres propositions qui atteignaient 300 000 francs CFA.

Ses avocats, de leur côté, ont contesté la validité de l’arrêté ministériel de 2013, soulignant qu’il ne pouvait être pris en compte dans la procédure car sa durée de validité n’était que de deux mois, renouvelables une fois. Ils ont par ailleurs fait remarquer que cet arrêté concernait plusieurs denrées de base, comme l’huile, le sucre ou le riz, et se sont étonnés que seule la question du riz soit retenue contre leur client. « C’est comme si l’on cherchait à cibler exclusivement Mansour Faye, alors que d’autres structures comme la Sonacos n’ont jamais été inquiétées », ont-ils dénoncé.

À la sortie de son audition, l’ancien ministre a déclaré n’avoir détourné « aucun sou » dans cette affaire. Ses avocats n’ont pas sollicité de liberté provisoire orale, mais selon des informations relayées par le journal Libération, ils envisagent de déposer prochainement des requêtes écrites. Le parquet donnera ensuite son avis avant que le juge ne tranche. À ce stade, aucune offre de cautionnement n’a été proposée par la défense.

Cette affaire, qui remonte à la période critique de la pandémie de Covid-19, continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, tant par l’importance des montants en jeu que par le profil politique de Mansour Faye, beau-frère de l’ancienne Première dame Marième Faye Sall. Les prochains développements judiciaires seront déterminants pour éclairer l’issue de ce dossier sensible.

Affaire Wally Seck : son frère Aliou met en garde contre toute prise de parole non autorisée

Alors que l’affaire impliquant le chanteur Wally Ballago Seck continue de faire couler beaucoup d’encre, son frère Aliou Seck est monté au créneau pour recadrer le débat et mettre fin aux spéculations. Dans un message publié ce mardi 16 septembre 2025 sur sa page Facebook, il a rappelé que toute communication au sujet de l’artiste relève exclusivement de ses conseillers juridiques.

« Toute personne qui se prononcera sur cette affaire au nom de l’artiste ou de la famille sera traduite en justice », a-t-il prévenu fermement, dénonçant les multiples interventions faites jusque-là sans l’aval de Wally Seck ni celui de ses proches. Selon lui, ces déclarations indépendantes ne reflètent en rien la position de la famille et risquent de perturber davantage l’opinion publique.

Aliou Seck a profité de son message pour inviter les fans et les sympathisants du chanteur à garder leur calme et leur sérénité. « Le concerné Wally Ballago Seck va très bien par la grâce d’Allah. Bientôt cette affaire sera réglée et ensemble nous continuerons à avancer In Shaa Allah », a-t-il rassuré.

Se voulant apaisant, il a également insisté sur la nécessité de la patience et de la confiance en la justice, soulignant que celle-ci est là « pour tous les citoyens ». Il a par ailleurs précisé qu’aucune conférence de presse ne sera organisée et qu’aucune déclaration publique ne sera faite, si ce n’est par les conseillers juridiques de l’artiste, au moment jugé opportun.

Ce message vise à mettre un terme aux rumeurs et à rétablir une communication claire dans un contexte où chaque prise de parole sur ce dossier est scrutée et amplifiée. En attendant les prochaines étapes judiciaires, la famille de Wally Seck demande donc silence et discipline, tout en réaffirmant sa confiance dans le dénouement prochain de l’affaire.

Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°558 – 16/09/2025

🔴 ABSENCE DE PREUVES SELON LA DÉFENSE : LAT DIOP, UN « OTAGE POLITIQUE » ?
🔴 ENCORE 33 MILLIARDS F CFA LEVÉS DANS LE MARCHÉ DE L’UMOA : DERNIÈRE ÉTAPE AVANT LES « DIASPORA BONDS » ?

🔴 QUALIFS CAN U17 / SIERRA LEONE, MAURITANIE ET GUINÉE : UN GROUPE B RELEVÉ POUR LES « LIONCEAUX »
🔴 ODCAV RUFISQUE / KAKALAM, JAD, MÉDINE ET TENNU NGUY : LE DERNIER CARRÉ EXPLOSIF

Passation au ministère de l’Intérieur : Me Bamba Cissé s’engage pour une sécurité publique efficace et citoyenne

La cérémonie de passation de service au ministère de l’Intérieur s’est tenue ce lundi, consacrant le passage de témoin entre le général Jean-Baptiste Tine, ministre sortant, et Me Bamba Cissé, nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’événement, marqué par solennité et respect, a permis à chacun des deux responsables de dresser un bilan et de tracer les perspectives.

Dans son allocution, le général Jean-Baptiste Tine a tenu à exprimer sa gratitude au président de la République et au Premier ministre pour la confiance placée en lui durant près d’un an et demi à la tête du département. Revenant sur son action, il a insisté sur deux grands chantiers qui, selon lui, ont guidé son passage : la modernisation de l’administration territoriale pour la rendre plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens, et le renforcement de la sécurité quotidienne afin d’assurer la tranquillité publique. Il a également salué la bonne organisation des élections législatives anticipées, tenues dans un climat apaisé et sans contestation, un succès qu’il a attribué au professionnalisme des services du ministère.

Prenant la parole à son tour, Me Bamba Cissé a réaffirmé son engagement à inscrire son action dans une double exigence : efficacité et respect des droits des citoyens. Le nouveau ministre a insisté sur l’importance d’assurer le bon ordre, la tranquillité et la sauvegarde des personnes et de leurs biens. Pour lui, la mission du ministère ne se limite pas à la sécurité mais englobe aussi des dimensions civiques et sociales. « Nous devons davantage remettre en selle l’ordre, le civisme, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. Ces objectifs seront au cœur de notre action », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de ressusciter « la discipline, l’amour du bien commun et l’amour de la patrie » comme valeurs fondatrices de la société.

Le nouveau ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux forces de l’ordre et de sécurité, ainsi qu’à l’administration territoriale et aux partenaires institutionnels du ministère. Il leur a renouvelé sa confiance et les a appelés à travailler ensemble pour relever les défis sécuritaires et renforcer la cohésion nationale.

Me Bamba Cissé a également adressé un message d’ouverture aux acteurs politiques et à la société civile, assurant que ses portes leur resteront grandes ouvertes. « Je puis vous assurer de ma disponibilité, et ensemble nous mènerons la barque à bon port », a-t-il conclu, marquant ainsi sa volonté d’instaurer un dialogue permanent et inclusif.

Avec cette passation, le ministère de l’Intérieur s’apprête à entamer une nouvelle étape, où la rigueur administrative et la sécurité publique devront se conjuguer avec le respect des droits et des libertés, dans un contexte où les attentes citoyennes sont particulièrement fortes.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°557 – 15/09/2025

🔴 MALGRÉ LES RISQUES DE CRUES DU FLEUVE SÉNÉGAL, INONDATIONS, VIE CHÈRE, ETC : ÇA PARADE !
🔴 MILAN / POIGNÉE DE CONTESTATAIRES FACE À LA FOULE MILITANTE DE SONKO : L’OPPOSITION DE LA DIASPORA RÉSISTE

🔴 APRÈS L’ITALIE, LE CAPITAINE DE BE SPORT ACADEMY À L’AJEL DE RUFISQUE : DIAO FAIT SON COME-BACK
🔴 TOKYO 2025 / CENTRE AFRICAIN DE L’ATHLÉTISME : 7 ATHLÈTES EN LICE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°556 – 13 ET 14/09/2025

🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : UN CHOIX À HAUT RISQUE
🔴 MARCHE CONTRE L’INVASION DU FER CHINOIS : LES FERRAILLEURS EN FUREUR

🔴 TURQUIE / APRÈS DES HAUTS ET DES BAS : KOUYATÉ REPREND DU SERVICE EN D2 !
🔴 MERCATO / D1 TURQUIE : CHÉRIF NDIAYE S’ENGAGE POUR 4 ANS À SAMSUNSPOR

Litige LONASE–PAYMETRUST : la Cour suprême rejette le recours d’AFITECH et valide la position de la LONASE

La Cour suprême du Sénégal a tranché. Lors de son audience tenue le 11 septembre 2025, la plus haute juridiction administrative du pays a rejeté le référé introduit par la société AFITECH contre le contrat qui lie la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) à la société PAYMETRUST. En se déclarant incompétente pour statuer sur ce recours, la Cour a ainsi consolidé la position défendue par la LONASE, qui assure avoir agi dans le respect strict de ses prérogatives contractuelles.

Ce revers judiciaire pour AFITECH intervient dans un climat de tensions juridiques persistantes autour de la création d’une seconde plateforme de centralisation des jeux, mise en place par PAYMETRUST. Depuis plusieurs mois, AFITECH, partenaire historique de la LONASE, dénonce ce qu’elle considère comme une violation de la clause d’exclusivité figurant dans son propre contrat.

Avant cette décision de la Cour suprême, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) avait été saisie à deux reprises par AFITECH. Le 1er juillet 2025, l’ARCOP avait déclaré le premier recours irrecevable, estimant que le litige en question ne relevait pas de la réglementation applicable aux marchés publics. Plus récemment, le 1er septembre, l’ARCOP a apporté des clarifications substantielles : elle a confirmé que la nature juridique de la convention entre la LONASE et AFITECH correspond à une délégation de service public, tandis que le contrat avec PAYMETRUST s’apparente à un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette même décision, l’ARCOP a indiqué que toute contestation liée à la clause d’exclusivité devait être tranchée par le juge compétent, soulignant implicitement que ce type de litige dépasse le champ d’intervention de l’autorité de régulation. L’organisme a néanmoins formulé une recommandation forte à l’endroit de la LONASE : celle de lancer, dans un délai de six mois, une procédure conforme aux normes encadrant les partenariats public-privé. Une exigence qui vise à sécuriser juridiquement les futurs contrats et à garantir une meilleure transparence dans la gestion des ressources publiques.

Pour la LONASE, ces décisions successives sont perçues comme un appui clair à sa démarche. L’entreprise publique se dit confortée dans sa volonté d’explorer de nouveaux modèles de gestion, à travers notamment la mise en place de plusieurs plateformes technologiques. Une diversification que l’ARCOP elle-même n’exclut pas, à condition que les conventions respectent les procédures appropriées.

La société affirme également sa volonté de revoir et, si nécessaire, de réajuster les conventions en cours avec ses partenaires AFITECH et PAYMETRUST, afin de les aligner sur les exigences légales et réglementaires. Elle réitère son engagement à défendre l’intérêt national et à corriger tout contrat qu’elle jugerait désavantageux pour l’État du Sénégal.

L’affaire, bien qu’ayant connu un tournant juridique majeur avec le rejet du recours d’AFITECH, laisse entrevoir une recomposition des partenariats technologiques autour de la LONASE. Elle pose aussi plus largement la question de la gouvernance et de la transparence dans la gestion des délégations de service public au Sénégal, dans un contexte où la réglementation sur les PPP devient un levier incontournable pour assurer la crédibilité des engagements contractuels.

Le Collectif Rappel à l’Ordre s’oppose à la nomination de Me Bamba Cissé et alerte les instances internationales

La récente nomination de Me Bamba Cissé au poste de ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions vives au sein de la société civile sénégalaise. Ce jeudi 11 septembre, le Collectif Rappel à l’Ordre, mouvement citoyen connu pour son engagement dans la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit, a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ce choix gouvernemental.

Dans un communiqué officiel, le Collectif qualifie cette décision de « menace grave pour la démocratie et pour l’équilibre institutionnel » du pays. Selon les membres du mouvement, Me Bamba Cissé serait marqué par un « engagement partisan » et des « prises de position radicales » qui, selon eux, ne correspondent en rien à l’exigence d’impartialité requise à un poste aussi stratégique que celui du ministère de l’Intérieur.

Craignant des dérives autoritaires ou des restrictions futures des libertés individuelles et collectives, Rappel à l’Ordre a décidé de porter l’affaire au niveau international. Deux institutions ont d’ores et déjà été saisies : l’Association Panafricaine des Avocats et le Département d’État des États-Unis, plus précisément son Bureau des Droits de l’Homme. Le mouvement indique avoir alerté ces entités sur les « risques que cette nomination fait peser sur les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits humains au Sénégal ».

Pour les membres du Collectif, cette alerte n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte politique qu’ils jugent tendu, et où certaines décisions récentes du pouvoir sont perçues comme des signaux inquiétants quant à la direction prise par les autorités. En appelant à une surveillance accrue de la communauté internationale, Rappel à l’Ordre espère prévenir d’éventuelles dérives et rappeler le Sénégal à ses engagements en matière de gouvernance démocratique.

Le Collectif conclut en réaffirmant son engagement total en faveur de la démocratie, de l’indépendance des institutions, et de la défense des libertés fondamentales. Il appelle à la vigilance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, face à ce qu’il qualifie de tournant potentiellement dangereux dans la conduite des affaires de l’État.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°555 – 12/09/2025

🔴 GAMOU SAGNE BAMBARA / CHEIKH MOUHIDINE SAMBA DIALLO : RÉVÉLATION POSTHUME D’UN HOMME DE DIEU
🔴 NURU SIRÂT FÎ ILMIL TASSÂWUFI DE CHEIKHNA CHEIKH SAAD BOUH : L’IMMORTALITÉ DU SOUFISME EN 666 VERS

🔴 MERCATO / MONACO OUVERT AU DÉPART : KRÉPIN DIATTA VERS LA TURQUIE ?
🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE / MESURES CORRECTIVES : RÉTROPÉDALAGE DU MINISTÈRE DES SPORTS

Litige entre Bocar Samba Dièye et la CBAO : 17 ans de bataille judiciaire, et toujours pas d’épilogue

Depuis plus de dix-sept ans, le célèbre commerçant et importateur sénégalais Bocar Samba Dièye se bat contre la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO), désormais filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, dans un contentieux complexe mêlant saisie de biens, documents contestés et lenteurs judiciaires. Cette affaire, qui prend désormais une tournure publique, a été au centre d’un point de presse organisé cette semaine par l’homme d’affaires, qui réclame l’intervention urgente de l’État, notamment du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

L’origine du conflit remonte à une saisie bancaire que Bocar Samba Dièye conteste avec vigueur. Il affirme que ses biens ont été confisqués sur la base d’une fausse lettre de crédit et d’une traite bancaire qui, selon lui, n’ont jamais existé. Ces documents, censés justifier la créance de la CBAO, n’ont à ce jour jamais été présentés, selon les déclarations de l’homme d’affaires, qui accuse la banque d’avoir monté une opération frauduleuse pour s’emparer de son patrimoine.

Ce que Bocar Samba Dièye vit comme une injustice judiciaire prend une dimension plus profonde à ses yeux : il estime que les décisions rendues jusque-là donnent systématiquement raison à la banque, malgré de nombreux éléments à décharge. Il soutient notamment avoir obtenu gain de cause à douze reprises dans diverses procédures judiciaires, mais sans que cela ne change l’issue pratique du litige.

Dans son récit, l’homme d’affaires revient aussi sur son engagement initial auprès de la CBAO, au moment de sa fusion avec la BAO. Il affirme avoir été approché par l’économiste Abdoul Mbaye, ancien directeur général de la CBAO, pour entrer au capital d’une nouvelle banque. Il avait alors déboursé sept millions de francs CFA pour financer une étude de faisabilité, et acheté 3 000 actions, puis 3 000 autres à la demande d’Aliou Sow, avant de convertir ses dividendes en actions. À terme, il était devenu actionnaire à hauteur de 13 049 actions.

Mais selon lui, tout a basculé après la cession de la CBAO au groupe marocain Attijariwafa Bank. Lors d’une Assemblée générale au cours de laquelle il avait pris la parole pour critiquer certaines pratiques, il aurait été mis sur liste noire. Il affirme que c’est à partir de ce moment-là que le directeur général de l’époque, Raghni, aurait entrepris de le « briser ».

Le cœur du litige repose toutefois sur une dette que la banque estime qu’il doit, mais que lui conteste catégoriquement. À l’appui de sa défense, Bocar Samba Dièye s’appuie sur les conclusions d’un expert judiciaire désigné par le tribunal, qui a affirmé que la banque lui devait de l’argent. Ce rapport, jugé accablant pour la CBAO par les soutiens du plaignant, met en évidence des montants importants liés à des agios et intérêts supposément prélevés de manière irrégulière.

Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des commerçants et importateurs du Sénégal et de la diaspora (ACSIF), qui a assisté à la conférence de presse, a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus manifeste. Selon lui, la banque a appliqué 2,6 milliards de francs CFA d’agios sur le compte de Bocar Samba Dièye, agios qui ont ensuite généré 388 millions de francs CFA d’intérêts. Pour lui, cela constitue une ponction abusive, injustifiée et contraire aux règles bancaires. Il a également affirmé que la fameuse traite de 5,6 milliards, présentée comme pièce centrale du litige par la CBAO, est « introuvable » et n’a jamais été présentée au tribunal.

Famara Ibrahima Cissé estime, sur la base du rapport d’expertise, que la banque devrait reverser plus de 7,6 milliards de francs CFA à Bocar Samba Dièye, correspondant aux montants prélevés de manière indue, à la traite fictive et aux intérêts associés.

Malgré toutes ces affirmations, les décisions de justice semblent aujourd’hui tourner en faveur de la CBAO, ce qui pousse les soutiens de Bocar Samba Dièye à crier à l’injustice. L’homme d’affaires affirme avoir saisi les plus hautes autorités du pays, y compris le président de la République et le Premier ministre, mais n’avoir reçu aucune réponse officielle. Il demande désormais publiquement une médiation politique, dans ce qu’il considère comme un combat pour l’équité et la justice économique.

Ce dossier sensible soulève des interrogations profondes sur la place des investisseurs nationaux dans un environnement bancaire dominé par des groupes étrangers, ainsi que sur la capacité du système judiciaire à trancher les conflits commerciaux avec impartialité. Pour Bocar Samba Dièye et ses soutiens, l’enjeu dépasse désormais le cadre individuel : il s’agit, selon eux, de rétablir un climat de confiance entre la justice, les institutions financières et les opérateurs économiques nationaux.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer l’État de droit et à promouvoir un environnement des affaires stable et équitable, cette affaire pourrait bien devenir un test pour les nouvelles autorités. En attendant une issue judiciaire définitive ou une médiation politique, Bocar Samba Dièye campe sur ses positions : il dit ne réclamer que ce qui lui revient de droit et refuse de baisser les bras.

Non-reversement de fonds : Intech Group dans la tourmente judiciaire après des plaintes d’Air Sénégal et des Grands Moulins de Dakar

La société Intech Group SAS, spécialisée dans les services de paiement et de collecte numérique, est actuellement au cœur d’un scandale financier de grande ampleur. Deux des plus importantes entreprises du Sénégal, Air Sénégal SA et les Grands Moulins de Dakar (GMD), ont engagé des poursuites judiciaires distinctes contre la fintech pour des non-reversements de fonds collectés dans le cadre de contrats commerciaux.

L’affaire la plus avancée est celle opposant Air Sénégal SA à Intech Group, en instance devant le tribunal de commerce de Dakar. Selon des documents judiciaires consultés, la compagnie aérienne nationale réclame à Intech Group un montant principal de 1 221 236 141 francs CFA, ainsi que 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Cette somme représenterait le total des ventes collectées par la fintech sur les services de réservation d’Air Sénégal, après déduction de ses commissions contractuelles.

Le contrat initial entre les deux entités remonte au 26 février 2022. À travers ce partenariat, Intech Group avait pour mission de gérer les paiements des clients d’Air Sénégal à travers sa plateforme numérique, puis de reverser les fonds collectés à la compagnie dans les délais impartis. Mais selon Air Sénégal, la fintech n’a pas respecté ses engagements, malgré plusieurs relances et la mise en place d’un plan de remboursement sur sept mois accepté à titre exceptionnel.

Une mise en demeure formelle a finalement été adressée à Intech Group le 26 février 2025, après plusieurs tentatives infructueuses de règlement à l’amiable. Dans sa défense, Intech Group évoque une suspension temporaire de ses flux de paiement par la BCEAO, arguant de difficultés techniques indépendantes de sa volonté. Une explication balayée par les avocats d’Air Sénégal, qui parlent d’un préjudice commercial grave pour une entreprise nationale en pleine restructuration financière.

Mais la compagnie aérienne n’est pas la seule à subir les conséquences de ce dysfonctionnement. Les Grands Moulins de Dakar (GMD) ont, pour leur part, déposé une plainte au pénal contre Intech Group pour abus de confiance. D’après les éléments recueillis par Libération, la fintech aurait encaissé environ 550 millions de francs CFA issus de paiements effectués par les clients des GMD, sans procéder au reversement convenu.

Malgré deux lettres d’engagement signées par le président du conseil d’administration d’Intech Group, promettant un remboursement dans les meilleurs délais, aucun paiement n’aurait été effectué à ce jour. Les GMD, qui disent avoir « épuisé tous les recours amiables », ont finalement saisi la justice pour que les responsabilités soient établies et que les fonds soient recouvrés.

Ces deux dossiers viennent écorner sérieusement la réputation d’Intech Group, jusque-là considérée comme un acteur innovant dans l’écosystème fintech de l’UEMOA. Cette affaire met en lumière les risques de gouvernance et de fiabilité qui pèsent sur certaines entreprises du secteur, pourtant cruciales pour la transformation numérique de l’économie.

Le procès civil intenté par Air Sénégal sera examiné le 16 septembre 2025. Il pourrait être suivi d’autres actions, d’autant que des sources proches du dossier évoquent d’autres entreprises victimes de pratiques similaires, qui envisageraient également de porter plainte.

Dans un contexte de renforcement de la régulation des activités financières numériques en Afrique de l’Ouest, ce scandale pourrait marquer un tournant dans la surveillance des opérateurs de services financiers digitaux, dont le rôle dans les chaînes de valeur économiques ne cesse de croître.

Demande de liberté provisoire de Farba Ngom : la CNDH dénonce la fuite d’un courrier confidentiel

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a vivement réagi après la fuite d’une correspondance adressée au juge d’instruction dans le cadre de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom. Dans un communiqué officiel, l’institution dirigée par le professeur Amsatou Sow Sidibé a dénoncé la divulgation de ce document confidentiel, la qualifiant de « grave atteinte au principe de confidentialité » et de « fait passible de poursuites judiciaires ».

Selon le document consulté par Les Échos, la CNDH rappelle que toutes ses démarches institutionnelles, en particulier celles touchant à des situations individuelles ou judiciaires, sont couvertes par une confidentialité stricte. Elle souligne que cette discrétion est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, qu’il s’agisse de détenus, de victimes ou de tiers impliqués dans une procédure.

La commission précise que ses interventions ne deviennent publiques que dans un cadre bien défini, notamment lors de la présentation de son rapport annuel remis au Président de la République, conformément à la loi qui régit son fonctionnement. Toute autre publication ou fuite en dehors de ce cadre est considérée comme une violation du secret de ses procédures.

Au-delà de la polémique, la CNDH a tenu à rappeler la nature de sa mission. Celle-ci est définie par l’article 4 de la loi qui l’institue : prévenir les violations, promouvoir et protéger les droits humains. À ce titre, la Commission indique qu’elle est fondée à adresser des recommandations et avis aux autorités, y compris judiciaires, dans le cadre de situations impliquant des droits fondamentaux, tout en respectant les limites de son mandat et de la séparation des pouvoirs.

L’institution s’est également appuyée sur ses récents travaux concernant la loi d’amnistie, un dossier particulièrement sensible, pour illustrer sa posture constante en faveur de la protection des droits humains dans un cadre strictement légal. Elle rappelle avoir formulé neuf recommandations dans ce cadre, dont l’une portait sur la création d’une commission d’indemnisation des victimes, preuve de son engagement envers une justice réparatrice et équitable.

Enfin, la CNDH a salué la volonté politique manifestée par les nouvelles autorités de l’État en faveur d’un renforcement de son indépendance. Elle cite notamment un projet de loi en cours, visant à élargir son mandat et à doter l’institution de nouveaux leviers d’action dans la promotion des droits humains au Sénégal.

En conclusion, la CNDH affirme qu’elle restera fidèle à ses principes fondateurs, notamment la confidentialité, l’impartialité et l’indépendance. Elle invite l’opinion publique à ne pas prêter foi aux fuites et lectures biaisées de ses correspondances internes, et rappelle que dans une démocratie, la protection des droits humains ne saurait être instrumentalisée ni exposée au tribunal de l’opinion publique.

Affaire Lat Diop : ses avocats vont s’exprimer publiquement ce lundi 15 septembre à Dakar

Le collectif des avocats assurant la défense de Lat Diop a annoncé la tenue d’un point de presse ce lundi 15 septembre 2025, à partir de 16 heures, dans la capitale sénégalaise. Cette déclaration a été rendue publique à travers un communiqué signé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, l’un des avocats du mis en cause.

Selon le communiqué, l’objectif de cette rencontre avec la presse est « d’éclairer l’opinion publique sur le contenu du dossier, les procédures en cours et les droits de la défense », tout en précisant que cet exercice se fera dans le strict respect du secret de l’instruction et des règles déontologiques qui encadrent la profession d’avocat.

Pour rappel, Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), est en détention depuis le 26 septembre 2024. Il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs chefs d’accusation graves, notamment « détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds ». Les montants en jeu dans ce dossier sont estimés à près de 8 milliards de francs CFA, selon les sources judiciaires.

Cette affaire, qui implique une personnalité bien connue du paysage politique et économique national, suscite depuis plusieurs mois une forte attention médiatique et un vif intérêt au sein de l’opinion publique. Le point de presse de ses avocats devrait ainsi permettre de clarifier certains éléments du dossier, dans un contexte où les spéculations et rumeurs continuent d’alimenter le débat public.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°554 – 11/09/2025

🔴 AUGMENTATION DE 2,2% DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UNE ANNÉE : LES MÉNAGES À BOUT DE SOUFFLE
🔴 INVESTIR DANS LES ADOLESCENTES EN AFRIQUE : UN TRÉSOR DE PLUS DE 280 000 MILLIARDS F CFA À RECOUVRER

🔴 PAPE MATAR SARR : LA PERLE AU SERVICE DE LA « TANIÈRE »
🔴 CRÉATION DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LES ACTEURS EXPRIMENT DES OBJECTIONS

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Tribunal de Dakar : Dame Amar condamné à un mois ferme pour détention et usage de drogue

Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de grande instance de Dakar dans l’affaire qui mettait en cause l’homme d’affaires Dame Amar pour détention et usage de drogue. Alors que le parquet avait requis deux ans de prison dont six mois ferme, la juridiction a opté pour une peine plus clémente, en le condamnant à un mois de prison ferme.

Selon plusieurs sources médiatiques ayant suivi l’audience, le tribunal a également ordonné la restitution des quatre véhicules de luxe ainsi que des 2 millions de francs CFA saisis lors de son arrestation, lesquels avaient été initialement présentés comme une tentative de corruption visant les agents de la brigade des stupéfiants. Le juge n’a donc pas retenu cette qualification dans sa décision finale.

Pour rappel, Dame Amar, âgé de 35 ans, avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à son domicile situé au Plateau, en plein centre-ville de Dakar. Cette arrestation faisait suite à une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. Elle avait également conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont sa compagne, de nationalité marocaine, présente sur les lieux au moment de l’intervention.

Les enquêteurs avaient mis la main sur une quantité importante de produits illicites : 100 grammes de skunk, une variété de cannabis à forte teneur en THC, 10 grammes de haschich, du matériel de consommation, neuf téléphones portables, des bijoux en or ainsi que les quatre véhicules saisis. Le chauffeur personnel de Dame Amar avait lui aussi été arrêté, poursuivi pour tentative de corruption, après avoir, selon les enquêteurs, proposé de l’argent aux policiers pour étouffer l’affaire.

Dame Amar n’en est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été cité et jugé dans le cadre de l’affaire Hiba Thiam, une jeune femme décédée en 2020 lors d’une soirée privée à Dakar où l’usage de drogues et d’alcool avait été mis en cause. Ce précédent judiciaire avait déjà entaché sa réputation et placé son nom au cœur de plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire vient donc alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, bien que la peine prononcée cette fois reste relativement légère. Elle relance également les débats sur la consommation de stupéfiants dans les milieux mondains de Dakar et la réponse judiciaire face à des figures publiques impliquées dans ce type de dossier.

Reste à savoir si le parquet fera appel de cette décision qu’il pourrait juger insuffisamment dissuasive au regard de la gravité des faits reprochés. En attendant, Dame Amar devra purger son mois de prison ferme, une peine qui, si elle semble symbolique, pourrait avoir des répercussions sur sa liberté conditionnelle dans le cadre de ses précédentes condamnations.

Litige au Marché national : l’ARM condamnée à verser 88,6 millions FCFA à la SEMIG par le Tribunal de commerce de Dakar

Le Tribunal de commerce de Dakar a tranché dans un contentieux opposant deux acteurs publics du secteur agroalimentaire sénégalais. Dans son jugement récemment rendu, la juridiction a condamné l’Agence de Régulation du Marché (ARM) à verser la somme de 88,6 millions de francs CFA à la Société d’Exploitation du Marché national de la Gare des gros porteurs (SEMIG SA), tout en rejetant la demande d’expulsion formulée par cette dernière.

À l’origine de ce litige, un contrat de partenariat signé le 9 novembre 2021 entre l’ARM et la SEMIG. Dans le cadre de cet accord d’une durée de cinq ans, l’ARM obtenait l’autorisation d’ériger et d’exploiter un hangar de stockage d’oignons – baptisé « Centre U » – sur le terre-plein du Marché d’intérêt national. Ce projet, à forte valeur stratégique, s’inscrivait dans la dynamique de réduction des pertes post-récolte, alors estimées entre 20 % et 30 %, et dans le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

Ce partenariat, salué à son lancement comme un modèle de coopération interinstitutionnelle pour le développement de chaînes de valeur agricoles, n’a toutefois pas tenu ses promesses. Moins de deux ans après sa mise en œuvre, les relations entre les deux entités se sont tendues. Des accusations mutuelles ont émergé : retards dans l’exécution du contrat, mauvaise gestion financière, non-respect de certaines clauses contractuelles, et absence de coordination dans la gestion des espaces du marché.

Estimant que l’ARM n’avait pas respecté ses engagements, la SEMIG a décidé de porter l’affaire devant la justice. Représentée par l’avocat Me Soumaré, elle a saisi le Tribunal de commerce de Dakar pour demander l’expulsion de l’Agence du site du Marché national, ainsi que le paiement de créances financières contractées dans le cadre du partenariat.

Le tribunal a partiellement accédé à la demande. Si la demande d’expulsion a été rejetée – sans doute pour préserver un minimum de continuité dans l’exploitation du hangar et éviter une perturbation brutale des activités liées au stockage d’oignons – la justice a toutefois reconnu la validité des arguments financiers avancés par la SEMIG. L’ARM a ainsi été condamnée à verser un montant de 88,6 millions FCFA à la société plaignante, somme qui correspondrait à des arriérés ou à des frais impayés liés à l’utilisation du site et à l’exécution du projet.

Le journal Les Échos, qui a rapporté l’information, précise que l’Agence de Régulation du Marché conserve encore la possibilité de faire appel de cette décision. Il reste à voir si elle décidera d’exercer cette voie de recours ou si elle choisira de s’acquitter du montant fixé pour solder ce différend.

Cette affaire met en lumière les défis que rencontrent même les projets les mieux intentionnés lorsqu’ils manquent d’une gouvernance rigoureuse, d’un suivi contractuel clair et d’une transparence dans la gestion. Elle soulève également la question de la solidité des partenariats entre entités publiques, souvent minés par des divergences d’approche ou des conflits d’intérêts mal encadrés.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet

Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.

Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.

Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.

À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.

Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.

Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.

Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

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