Libertés menacées : la CVR s’insurge contre les dérives du régime et appelle à un sursaut national

La Convergence pour la défense des Valeurs Républicaines (CVR) a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes du pouvoir exécutif, estimant que la démocratie sénégalaise traverse l’une de ses phases les plus préoccupantes depuis l’avènement du pluralisme politique. Dans un communiqué rendu public, le mouvement alerte l’opinion sur la succession de signaux autoritaires et la volonté manifeste, selon ses termes, de réduire au silence toutes les voix discordantes.

Selon la CVR, l’opinion nationale et internationale assiste avec consternation à la multiplication des convocations et arrestations qu’elle juge arbitraires. Ces poursuites viseraient des citoyens dont le seul tort est d’avoir exprimé librement leur appréciation sur la gouvernance du pays. Pour la coalition, ces méthodes rappellent des pratiques d’un autre âge et constituent une atteinte frontale aux fondements de l’État de droit.

La CVR reproche au gouvernement actuel de s’en prendre à tous les contre-pouvoirs. Elle cite notamment les attaques répétées contre la presse indépendante, les mises en cause virulentes de la société civile, la stigmatisation de l’opposition et les critiques publiques visant la magistrature. Le mouvement estime que ces postures autoritaires ruinent la crédibilité démocratique du pays et sapent dangereusement la confiance des citoyens dans les institutions.

Tout en rappelant que la justice sénégalaise doit demeurer indépendante et inattaquable, la CVR se dit profondément préoccupée par les discours officiels qui, à ses yeux, fragilisent l’image de l’institution judiciaire. Elle affirme que la justice est un pilier essentiel de l’équilibre républicain et qu’elle ne saurait être prise pour cible sans conséquence sur la cohésion nationale.

Face à la montée des tensions et au climat de crispation généralisée, la CVR appelle à un sursaut national. Elle invite l’ensemble des forces politiques, syndicales et citoyennes, attachées aux valeurs démocratiques et à l’État de droit, à se mobiliser pour défendre les libertés et refuser la banalisation des atteintes aux droits fondamentaux. Le mouvement exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour délit d’opinion et plaide pour la restauration d’un climat politique apaisé.

La CVR attire enfin l’attention du Président de la République sur sa responsabilité historique et institutionnelle dans la préservation de la stabilité du pays. Elle l’exhorte à prendre des mesures immédiates pour décrisper l’espace public, rétablir le dialogue et ramener la confiance entre gouvernants et citoyens. Selon la CVR, la sauvegarde de la démocratie sénégalaise passe impérativement par le respect scrupuleux des libertés et des principes républicains.

Mandat parlementaire de Sonko : Ndiaga Sylla précise l’incompatibilité en cas de condamnation pénale définitive

L’expert électoral Ndiaga Sylla est revenu ce vendredi sur la polémique juridique autour du statut parlementaire d’Ousmane Sonko, Premier ministre et ancien député. Cette sortie intervient alors que certains responsables de Pastef et des soutiens du chef du gouvernement évoquent sa possible réintégration à l’Assemblée nationale, si Ousmane Sonko venait à quitter ses fonctions exécutives.

Ndiaga Sylla rappelle d’abord que la loi d’amnistie récemment votée par l’Assemblée nationale a pour effet de lever certaines sanctions électorales, notamment l’inéligibilité automatique prévue à l’article L.30 du Code électoral. Mais il souligne que cette amnistie ne peut produire aucun effet sur les dispositions constitutionnelles.

Selon l’expert, la Constitution est claire : l’article 61 prévoit la radiation d’un député condamné pénalement de façon définitive. Ndiaga Sylla cite le texte sans ambiguïté : « Le membre de l’Assemblée nationale qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du Ministre de la Justice. »

Il précise que cette disposition a déjà été appliquée dans le passé, notamment dans l’affaire Barthélémy Dias, dont la condamnation définitive avait entraîné l’incompatibilité du mandat de député en cours de législature.

Dans le cas d’Ousmane Sonko, la décision de la Cour suprême relative au rabat d’arrêt, rendue récemment, a eu pour effet de rendre définitive sa condamnation pour diffamation. Cette condamnation n’ayant pas été effacée par une grâce présidentielle, elle produirait donc les conséquences prévues par la Constitution.

Ndiaga Sylla indique également que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit la possibilité, pour un député devenu ministre, de reprendre son siège après la cessation de ses fonctions gouvernementales. Toutefois, si le député est frappé par une condamnation pénale définitive, l’incompatibilité s’impose immédiatement, et le ministre de la Justice peut demander la radiation de la liste des parlementaires.

Ces précisions juridiques interviennent dans un climat de tension, où les partisans d’Ousmane Sonko dénoncent une instrumentalisation de la justice pour l’écarter, tandis que l’opposition et certaines voix de la société civile pointent la nécessité de respecter strictement la Constitution et les règles d’incompatibilité.

Le débat risque de se prolonger, alors que la question de l’éligibilité et de la légitimité politique d’Ousmane Sonko cristallise déjà de fortes crispations au sein de la classe politique et nourrit les incertitudes sur la stabilité institutionnelle du pays.

Réunion LGBTQ à Dakar : le gouvernement sénégalais convoque l’ambassadeur des Pays-Bas et réaffirme son opposition ferme

Le gouvernement sénégalais a décidé de passer à l’action après les vives réactions suscitées par l’annonce d’une réunion sur les questions LGBTQ prévue ce vendredi 11 juillet 2025 à Dakar. Ce matin, l’ambassadeur des Pays-Bas, directement impliqué dans l’organisation de cette rencontre, a été officiellement convoqué par les autorités sénégalaises.

L’initiative, portée par la coalition Equal Rights Coalition (ERC), avait pour objectif de projeter le film MIWA (Nous sommes là), consacré aux réalités vécues par les femmes LGBTQI et les hommes trans en Afrique de l’Ouest, et de proposer un échange avec des associations telles qu’EGIDES et la Plateforme Initiative des 7. L’événement avait reçu le soutien logistique de l’ambassade des Pays-Bas ainsi que du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Dakar.

C’est le député Guy Marius Sagna qui, dès hier jeudi, avait alerté l’opinion et le gouvernement sur la tenue de cette réunion qu’il jugeait contraire aux valeurs de la société sénégalaise. Dans la foulée, le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel dans lequel il exprime son refus catégorique d’autoriser une telle initiative sur le sol sénégalais.

Dans ce document, le gouvernement rappelle que la position du Sénégal est connue et constante. Il précise que le pays « n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette posture a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités de l’État ». Ce rappel d’autorité survient dans un climat de forte pression politique et sociale, alors que la question LGBTQ reste un sujet particulièrement sensible dans le débat public sénégalais.

Tirs groupés et dérive verbale : Malick Thiandoum alerte sur l’attitude clivante du Premier ministre Ousmane Sonko

Le journaliste Malick Thiandoum est monté au créneau pour dénoncer la posture de plus en plus conflictuelle du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une analyse sévère, il estime que le chef du gouvernement s’illustre par des attaques tous azimuts qui fragilisent l’équilibre institutionnel et nourrissent un climat délétère.

Selon Malick Thiandoum, Ousmane Sonko s’en prend simultanément au président de la République, à la presse, aux magistrats et à la société civile, sans jamais assumer sa part de responsabilité. « Lorsqu’on a un problème avec tout le monde, c’est qu’on est soi-même le problème », affirme le journaliste, rappelant que gouverner, c’est aussi faire preuve de mesure et d’écoute.

Pour lui, le Premier ministre n’est pas confronté à un simple déficit d’autorité, mais à une incapacité manifeste à concrétiser les engagements pris pendant la campagne présidentielle. Il cite notamment le programme « Solutions », qui promettait une rupture économique et sociale, mais qui, selon lui, n’a pour l’instant produit aucun résultat palpable au bénéfice des Sénégalais. Malick Thiandoum estime que ces promesses non tenues alimentent la frustration populaire et expliquent la virulence croissante de l’exécutif contre toutes les voix critiques.

Le journaliste souligne par ailleurs un paradoxe inquiétant : le Premier ministre, qui se présentait comme l’incarnation de la transparence et de la droiture, multiplie aujourd’hui les propos agressifs, tout en accusant les autres d’entraver l’action publique. Il évoque un risque de crise institutionnelle, nourrie par « l’obsession du pouvoir » d’Ousmane Sonko et par son rapport de force constant avec le président Bassirou Diomaye Faye.

Enfin, Malick Thiandoum appelle les autorités à la retenue et à un retour aux priorités économiques. Il prévient que la bipolarisation de l’exécutif, la défiance à l’égard des médias et la stigmatisation systématique de la société civile constituent une dérive dangereuse. « Le pays n’a pas besoin de tensions politiques supplémentaires, mais de solutions concrètes face à la crise économique », conclut-il.

Controverse autour des attaques d’Ousmane Sonko contre la magistrature : la CDS fustige une gouvernance fondée sur l’invective

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) est sortie de son silence pour condamner sans réserve la dernière sortie polémique du Premier ministre Ousmane Sonko contre les magistrats. Dans un communiqué rendu public, la coalition de partis de gauche estime que ces déclarations relèvent d’une « légèreté de ton et d’un excès d’apparat » indignes d’un chef de gouvernement. Pour la CDS, le Premier ministre s’éloigne gravement de l’exigence de hauteur républicaine qui devrait guider sa parole publique.

Selon la Confédération, le comportement d’Ousmane Sonko illustre une dérive inquiétante. Elle dénonce un chef du gouvernement « désinvolte, provocateur et outrageusement méprisant » qui, au lieu d’incarner la mesure et la dignité inhérentes à sa fonction, se complairait dans les menaces répétées, les invectives et l’escalade verbale. La CDS rappelle qu’aucun pouvoir démocratique ne peut s’affranchir du respect strict des contre-pouvoirs et des institutions républicaines, en particulier la magistrature, pilier fondamental de l’équilibre institutionnel.

Les propos jugés insultants tenus par le Premier ministre à l’endroit des magistrats, remettant en cause leur crédibilité avec une « légèreté consternante », sont perçus comme une atteinte grave à l’autorité judiciaire. La CDS estime que l’injure ne saurait être un mode de gouvernance et alerte sur la banalisation de l’outrage comme stratégie politique. Elle critique également le contraste entre ces postures agressives et la réalité sociale que vivent les Sénégalais, confrontés à une cherté de la vie persistante.

Enfin, la Confédération pointe ce qu’elle qualifie de « frénésie de déplacements en jet privé », effectués dans l’opacité la plus totale et sans explication claire sur leur financement. Aux yeux de la CDS, cette accumulation de désinvolture verbale, de mépris des institutions, de remise en question des engagements pris devant les Sénégalais et d’indécence ostentatoire traduit une conception du pouvoir inquiétante et dangereuse. La coalition appelle le Premier ministre à plus de retenue, de responsabilité et de respect des valeurs démocratiques qui fondent la République.

Affaire Badara Gadiaga : Khalifa Sall dénonce une « fracture dans le socle du droit » et exige sa libération

Le président du Mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Sall, est monté au créneau pour condamner la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier puis placé en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Dans un texte ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien total au journaliste et dénoncé ce qu’il considère comme une dérive liberticide du pouvoir en place.

Pour Khalifa Sall, l’arrestation de Badara Gadiaga constitue bien plus qu’un simple fait divers judiciaire. Selon lui, il s’agit d’une attaque frontale contre les principes essentiels de la République et de la démocratie sénégalaise. « Sa détention n’est pas une simple injustice, c’est une fracture dans le socle du droit », a-t-il écrit, soulignant qu’un État qui redoute les mots et les opinions différentes se place de lui-même dans une position de faiblesse. « Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a-t-il ajouté.

Le leader socialiste a également insisté sur la portée symbolique de cette mesure qu’il assimile à une volonté de museler la liberté d’expression et d’installer la peur chez tous ceux qui osent critiquer l’action publique. « Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il prévenu, invitant les autorités à revenir à la raison et à cesser toute politique d’intimidation.

Khalifa Sall a finalement lancé un appel pressant pour que Badara Gadiaga recouvre immédiatement sa liberté, au même titre que tous les prisonniers d’opinion actuellement détenus. Il a exhorté le pouvoir à garantir le respect strict des droits fondamentaux, rappelant qu’aucune démocratie digne de ce nom ne peut se construire sur la répression et le silence imposé.

Ousmane Sonko, toujours député : la suspension du mandat encadrée par le nouveau Règlement intérieur

Selon l’honorable Amadou Ba, le Premier ministre n’a jamais démissionné de l’Assemblée nationale et pourra retrouver son siège après son départ du gouvernement, malgré les critiques de l’opposition.

Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a jamais démissionné de son poste de député. Il a tout simplement « SUSPENDU » son mandat qui est incompatible avec la qualité de membre du Gouvernement.

D’ailleurs, le nouveau Règlement intérieur de l’assemblée nationale (RIAN) règle définitivement la question en précisant et encadrant juridiquement, la procédure de suspension et de réintégration du député nommé membre du Gouvernement ou à une fonction incompatible avec le mandat de député.

Par conséquent, le Premier ministre peut retrouver son mandat de député dès qu’il quittera ses responsabilités de membre du Gouvernement.

Les Opposants qui ont la haine de Ousmane Sonko en bandoulière, iront de déception en désillusion s’ils comptent sur des artifices et artefacts juridiques pour s’opposer au Premier ministre qui a déjoué tous les traquenards politico-juridiques les plus sophistiqués jamais ourdis contre un homme politique au Sénégal depuis l’indépendance.

Honorable député Amadou Ba

Birahim Seck tacle Ousmane Sonko : « Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Au lendemain du discours musclé d’Ousmane Sonko lors de l’installation du Conseil national de Pastef, la société civile, par la voix de l’un de ses membres les plus en vue, a tenu à répondre avec fermeté. Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil, a sèchement recadré le Premier ministre sur sa page X (anciennement Twitter), dénonçant ses attaques contre la société civile sénégalaise.

Dans un message tranchant, Birahim Seck a accusé Ousmane Sonko de se servir de la société civile comme d’un bouc émissaire pour masquer ses difficultés à gouverner :

« Arrêtez de prendre la Société Civile pour prétexte de votre impuissance aiguë à gouverner. Elle était là avant vos cris de tribune et elle survivra à la PETITE loi que vous proposerez… »

Une déclaration cinglante, en réponse aux propos d’Ousmane Sonko qui, la veille, avait vivement critiqué certaines organisations de la société civile, les accusant d’être silencieuses, voire complices, face à ce qu’il qualifie de “manœuvres hostiles contre le pouvoir légitime”.

Dans sa publication, Birahim Seck ne s’arrête pas là. Il conclut avec une attaque frontale contre le style et la posture politique du chef du gouvernement :

« Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère, sans profondeur et sans cap. »

Cette sortie traduit le malaise grandissant entre une partie de la société civile et le nouveau pouvoir. Si Ousmane Sonko et ses alliés ont longtemps bénéficié du soutien implicite ou explicite de certains activistes dans leur combat contre le régime précédent, la donne semble aujourd’hui avoir changé. Les critiques se multiplient sur la manière dont le gouvernement gère les affaires publiques depuis son installation.

Dans un contexte où les attentes sont énormes, cette passe d’armes révèle également les tensions autour des réformes institutionnelles annoncées, notamment celle visant à mieux encadrer l’action de la société civile et de certains corps intermédiaires. Pour Birahim Seck, il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à museler les voix critiques sous couvert de réformes.

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga bénéficie d’un retour de parquet

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, a bénéficié d’un retour de parquet après la présentation de son dossier au tribunal de Dakar. Son dossier a été transmis au doyen des juges pour instruction, signe que la procédure judiciaire se poursuit.

Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs » tenus lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga fait désormais face à de nouvelles charges. Selon des sources judiciaires, il est également visé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État ».

L’affaire, qui suscite une vive attention médiatique et une vague de réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique publique au Sénégal. De nombreuses voix, issues de la société civile et du monde politique, continuent d’appeler à la libération du chroniqueur et dénoncent une « criminalisation de l’opinion ».

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga présenté au procureur après sa garde à vue prolongée

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, placé en garde à vue depuis mercredi 9 juillet 2025, se trouve actuellement à la cave du tribunal de Dakar, ont confirmé des sources proches du dossier. Il devrait être présenté au procureur dans les prochaines heures.

Initialement convoqué par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC) pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga a vu sa garde à vue prolongée, une décision qui suscite une vague d’indignation.

Depuis son arrestation, plusieurs personnalités publiques, acteurs politiques et figures de la société civile ont exprimé leur solidarité avec le chroniqueur. Des rassemblements spontanés ont eu lieu devant les locaux de la DSC et aux abords du tribunal de Dakar, les manifestants réclamant le respect de la liberté d’expression et la fin des intimidations contre les journalistes et chroniqueurs.

La CDS fustige la posture d’Ousmane Sonko : « L’injure n’est pas un mode de gouvernance »

Dans un communiqué au ton ferme, la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) critique sévèrement l’attitude du Premier ministre, qu’elle accuse de mépriser les institutions et de trahir les exigences de responsabilité républicaine.

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sort de sa réserve pour dénoncer ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes dans la posture du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une déclaration rendue publique, la coalition de gauche critique vigoureusement la dernière sortie du chef du gouvernement, particulièrement ses attaques à l’endroit du pouvoir judiciaire.

Pour la CDS, les récentes déclarations du Premier ministre à l’égard des magistrats témoignent d’une « légèreté de ton et d’un excès d’apparat » totalement incompatibles avec les responsabilités de sa fonction. « Il trahit ainsi l’exigence de hauteur républicaine que requiert la charge qu’il incarne », déplore le communiqué.

Allant plus loin, la Confédération se dit « profondément choquée par le comportement désinvolte, provocateur et outrageusement méprisant d’un Premier ministre qui, au lieu d’incarner la mesure et la dignité, se complaît dans les menaces à répétition, les invectives permanentes et l’escalade verbale ».

« L’injure n’est pas un mode de gouvernance »

La CDS pointe particulièrement les attaques verbales jugées injurieuses du Premier ministre envers les magistrats, qu’elle considère comme une atteinte à la crédibilité d’une institution fondamentale de l’État. « Ce Premier ministre s’est récemment illustré par des propos insultants à l’égard des magistrats, remettant en cause, avec une légèreté consternante, la crédibilité d’une institution garante de l’équilibre républicain », dénonce le texte.

Au-delà du ton jugé agressif d’Ousmane Sonko, la CDS critique également ce qu’elle qualifie de « frénésie de déplacements en jet privé », soulignant « une opacité totale » sur les modalités de financement de ces voyages. Dans un contexte socio-économique difficile, cette posture est jugée déplacée et provoque « l’indignation légitime » d’une population confrontée aux réalités du quotidien.

« Ce paradoxe est insupportable, surtout lorsque l’on se souvient des promesses faites par les actuelles autorités lorsqu’elles étaient encore dans l’opposition. Les jeunes, notamment, se sentent trahis par ces revirements spectaculaires », souligne la CDS.

Pour la coalition de gauche, ce cumul de « désinvolture verbale, de mépris des institutions, de remise en question de ses propres engagements et d’indécence ostentatoire » traduit une conception préoccupante de l’exercice du pouvoir. Une conception, selon la CDS, totalement éloignée des valeurs d’« éthique, de retenue et de responsabilité » attendues d’un haut responsable gouvernemental.

Dans un contexte politique tendu, cette prise de position marque un nouveau front de contestation contre le style de gouvernance du Premier ministre, dont les méthodes et la communication suscitent de plus en plus d’interrogations, y compris au sein de la classe politique.

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

Soutien militaire : l’Union européenne accorde 10 millions d’euros aux Forces armées sénégalaises

L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans sa coopération sécuritaire avec le Sénégal. Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), l’UE a approuvé mercredi une première mesure d’assistance militaire d’un montant de 10 millions d’euros, soit 6,56 milliards de francs CFA, destinée à renforcer les capacités des Forces armées sénégalaises. Ce soutien s’inscrit dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP) et s’étalera sur une période de 36 mois.

D’après le site officiel du Conseil européen, cette mesure vise à « renforcer les capacités des forces armées sénégalaises à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté du Sénégal et à protéger sa population civile contre les agressions internes et externes ».

L’aide concernera exclusivement des équipements non létaux et le développement d’infrastructures opérationnelles. Elle portera notamment sur la surveillance terrestre et fluviale, de jour comme de nuit, la collecte de renseignements, ainsi que la protection des forces.

La Facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021, est un instrument financier de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’UE. Elle permet de financer des actions de prévention des conflits, de stabilisation et de renforcement des capacités militaires des pays partenaires.

Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Projection de film LGBTQ : And Samm Jikko Yi met en garde l’État et menace de troubles à l’ordre public

La tension monte autour de la rencontre annoncée par l’Ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui prévoient d’organiser la projection d’un film suivi de débats sur les questions LGBTQI à Dakar. Le collectif And Samm Jikko Yi est monté au créneau pour dénoncer cette initiative et adresser un avertissement au gouvernement sénégalais.

Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif affirme que « cette réunion ne se tiendra pas sur le territoire national, sous peine de graves troubles à l’ordre public ». Selon And Samm Jikko Yi, toutes les associations et plateformes mobilisées contre « les anti-valeurs » ont été informées et se tiennent prêtes à réagir.

« Cette violation ouverte de nos lois et de nos mœurs ne passera pas », prévient le collectif, qui appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie de provocation.

La note détaille que cette réunion, baptisée « Réunion Equal Rights Coalition (ERC) », est prévue de 9h30 à 11h et doit inclure la projection du film MIWA (« Nous sommes là »), consacré aux enjeux des femmes LGBT et hommes transgenres d’Afrique de l’Ouest. Des représentants d’associations comme Égides et PI7, impliquées dans le projet, participeront aux échanges en ligne après la projection.

Pour And Samm Jikko Yi, il ne s’agit pas d’un simple événement culturel, mais d’une « volonté affichée et déterminée des lobbies de mettre le Sénégal à genoux ». En conséquence, le collectif exhorte l’État à aller plus loin et à inscrire la criminalisation de l’homosexualité dans la loi. « Plus que jamais, l’urgence de criminaliser ce fléau s’impose comme le seul moyen de mettre immédiatement un terme à tous ces programmes de perversion. Que l’État prenne sa responsabilité », martèle le texte.

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Ousmane Sonko frappe fort au King Fahd Palace : ses proches lui renouvellent un soutien sans faille

C’est un Premier ministre au ton tranchant et résolument offensif qui a présidé, ce mercredi, la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef, tenue au prestigieux King Fahd Palace. Ousmane Sonko, fidèle à son style direct, n’a épargné personne : ni la société civile, ni la presse, ni même son propre gouvernement, encore moins le président de la République.

Dans un discours aux allures de réquisitoire, Sonko a dénoncé avec fermeté ce qu’il considère comme des dérives internes et des complots externes. Sa cible principale : ceux qu’il soupçonne de trahison ou d’abandon des idéaux de rupture et de transformation pour lesquels le peuple a voté. Une sortie qui a provoqué un large écho sur la scène politique et médiatique.

Peu après cette adresse musclée, plusieurs figures de Pastef et du gouvernement ont affiché publiquement leur adhésion au discours du Premier ministre, le présentant comme un acte de vérité et un rappel nécessaire à la discipline et à l’engagement.

Parmi eux, Pape Alé Niang, directeur général de la RTS, a sobrement partagé une citation de Sonko en y ajoutant : « Le devoir de servir, l’obligation de redresser », une manière de rappeler que les responsabilités institutionnelles doivent s’aligner avec les valeurs fondatrices du régime.

Guy Marius Sagna, député connu pour sa radicalité et sa fidélité aux principes de justice sociale, a été encore plus explicite : « Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements. » Une formule martelée comme un serment de combat.

Du côté des responsables exécutifs, Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar, a salué « un Premier ministre très fort », accompagné d’un émoji cœur. Il a également relayé un slogan qui prend de l’ampleur dans les cercles sonkistes : « Le redressement en marche. »

Mais c’est sans doute Abass Fall, figure historique du parti, qui a livré le message le plus personnel et le plus enflammé. « Loyauté vis-à-vis de cet homme qui a tout donné à son pays. Tambali thi moom, yam thi moom ! Notre maître à penser ! », a-t-il lancé, avant de prévenir : « Rien ne se fera dans ce pays sans toi ! Les conspirations du système pour t’isoler ne passeront pas. »

À travers cette offensive verbale et le soutien immédiat de ses alliés, Ousmane Sonko semble envoyer un double signal. À ses partisans d’abord, qu’il appelle à la vigilance, à la loyauté et à la rigueur dans l’action. Mais aussi à l’establishment politique et aux relais institutionnels, qu’il accuse de vouloir ralentir, voire saboter, l’élan de transformation engagé depuis l’élection du président Diomaye Faye.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

Crise au sommet : Madiambal Diagne met Diomaye Faye au pied du mur

La dernière sortie d’Ousmane Sonko continue de susciter des réactions tranchées dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Au cœur de cette tempête, le journaliste Madiambal Diagne a pris la parole pour adresser une mise en garde directe au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Dans une déclaration sans détour, Madiambal Diagne estime que le Président de la République n’a désormais plus d’autre issue que de trancher dans le vif. « Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : Le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef… Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a-t-il déclaré.

Ces propos, lourds de conséquences, interviennent dans un climat politique tendu, où les déclarations incendiaires du Premier ministre Sonko ont profondément clivé l’opinion. En ciblant une large frange des institutions et des forces vives de la Nation, Sonko semble avoir élargi le fossé qui le sépare non seulement de l’opposition mais également de certains cercles de la société civile et des médias.

TENSIONS POLITIQUES : Sonko vacille sous l’effet Gadiaga

Ousmane Sonko, figure de proue de la nouvelle gouvernance, semble de plus en plus déstabilisé par une montée en puissance qu’il n’avait sans doute pas anticipée : celle du chroniqueur Badara Gadiaga. Le Premier ministre, qui s’était illustré ces dernières années par sa verve et son aisance dans les rapports de force politiques, donne désormais l’image d’un homme dépassé, sur la défensive, et parfois même à la limite de la provocation.
Face à la vague de soutien populaire dont bénéficie Gadiaga, actuellement sous le coup d’une garde à vue prolongée pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, Sonko a perdu de sa superbe.
Avant-hier, devant les locaux de la Division spéciale de la Cybersécurité (DSC), la scène était pourtant saisissante : un flot impressionnant de personnes ont fait le déplacement pour apporter leur soutien à celui qu’ils considèrent comme une voix libre et audacieuse. Un raz-de-marée humain que même les plus sceptiques peinent à ignorer. Mais Ousmane Sonko, dans un déni qui frôle l’aveuglement, a balayé la réalité d’un revers de main en affirmant : « à 20 heures, il n’y avait même pas trois personnes là où il y avait l’audition. » Un propos qui en dit long sur la gêne du chef du Gouvernement, d’autant plus qu’il s’est lancé dans une série d’attaques violentes, allant jusqu’à qualifier une frange de la société civile de « fumiers » ; un vocabulaire qui tranche avec l’image d’un homme d’État censé rassembler. Sonko est allé plus loin en brandissant la menace d’une loi visant à interdire les financements étrangers à destination de la société civile.
Par ailleurs, il a ouvert un nouveau front en déclarant la guerre au Groupe Futurs Médias (GFM), accusé de collusion avec ses détracteurs.
Pendant ce temps, Badara Gadiaga, de son côté, continue de tenir tête. Selon des informations obtenues par « Dakarois Quotidien », le chroniqueur aurait refusé de répondre aux enquêteurs sur ses avoirs, estimant avoir déjà signé un procès-verbal lors d’une précédente garde à vue.
La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°509 – 11/07/2025

🔴 « À 20 HEURES, IL N’Y AVAIT MÊME PAS TROIS PERSONNES LÀ OÙ IL Y AVAIT L’AUDITION » : L’« EFFACEUR » PERD SES MOYENS
🔴 ÉTATS-UNIS / 1689 SÉNÉGALAIS EN INSTANCE D’EXPULSION : DIOMAYE VA-T-IL DONNER BLANC-SEING ?

🔴 INLINE FREESTYLE 2025 / HERO BATTLE CUP : DAME FALL RESTE ROI DU FREE JUMP
🔴 LIGUE DE DAKAR : VICTOIRE D’ESPOIRS DE GUÉDIAWAYE SUR KUMBA LAMB

Ousmane Sonko sur la situation nationale : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité »

Face aux critiques croissantes et aux appels à sa démission, le Premier ministre Ousmane Sonko a répliqué avec fermeté ce jeudi 10 juillet 2025, lors de la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Se positionnant au cœur du débat politique, il a rejeté l’idée d’une crise généralisée au Sénégal, pointant plutôt un déficit d’autorité de l’État comme cause principale des tensions actuelles.

« Leur seul problème, c’est moi », a-t-il lancé, visant une partie de l’opposition qu’il accuse de nourrir une obsession à son encontre. Pour Sonko, ses détracteurs cherchent à l’écarter pour mieux affaiblir le Président Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, cette stratégie ne prospérera pas car le pays n’est pas en crise au sens propre : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité. Il est temps de prendre nos responsabilités », a-t-il martelé, appelant à un sursaut de gouvernance et à la restauration de l’autorité publique.

Sur sa situation personnelle, Ousmane Sonko a balayé d’un revers de main toute idée de départ : « Que ceux qui espèrent ma démission déchantent. Je ne reculerai pas d’un pas », a-t-il affirmé, se disant prêt à continuer le combat politique, même depuis l’hémicycle. Il a également souligné que seul le Président Diomaye Faye, en tant que détenteur des pouvoirs constitutionnels, pourrait mettre fin à sa fonction de chef du gouvernement. Mais jusqu’à nouvel ordre, il reste pleinement engagé.

En conclusion, Sonko a revendiqué une triple légitimité : celle issue des urnes lors des élections législatives, celle de sa nomination au gouvernement, et celle de son engagement politique de longue date. Dans un contexte de tension et d’attaques verbales entre camps adverses, cette sortie vise à resserrer les rangs au sein de Pastef, tout en réaffirmant son rôle de figure centrale du pouvoir actuel.

Affaire Badara Gadiaga : Une forte mobilisation annoncée demain devant le tribunal de Dakar

La contestation ne faiblit pas autour de l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga. Une importante mobilisation est annoncée ce vendredi 11 juillet à partir de 10 heures au tribunal de Dakar, où des soutiens venus de tous horizons entendent manifester leur solidarité. Depuis sa convocation, suivie de son placement en garde à vue prolongée par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), le dossier a pris une tournure nationale, cristallisant les critiques contre ce que beaucoup qualifient de dérive autoritaire.

Acteurs de la société civile, figures politiques de l’opposition, journalistes et simples citoyens dénoncent unanimement une « tentative d’intimidation » contre une voix jugée libre et critique. Plusieurs formations politiques ont exprimé leur indignation dans des communiqués, rappelant que la liberté d’expression est un principe garanti par la Constitution et qu’aucun pouvoir n’a le droit de la restreindre par des procédés coercitifs.

Le collectif d’avocats commis pour sa défense a également fait savoir qu’il engagera toutes les procédures nécessaires pour contester la légalité de la garde à vue et obtenir sa libération sans condition. En parallèle, des associations de journalistes ont appelé leurs membres à se joindre massivement à la mobilisation de ce vendredi.

Cette démonstration de solidarité devrait constituer un test pour les nouvelles autorités, déjà accusées par de nombreux observateurs de multiplier les mesures répressives contre les voix critiques. Les organisateurs préviennent qu’il ne s’agit là que d’un premier rassemblement et que d’autres actions suivront si Badara Gadiaga n’est pas remis en liberté.

Pastef en tension : Sonko dénonce des clans internes et alerte sur la dérive du parti

Le leader de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a livré un discours sans détour ce jeudi, à l’occasion d’une rencontre de son parti, en exprimant son inquiétude face à l’évolution interne de la formation politique. Alors que le pouvoir est désormais entre les mains de l’ex-opposition, Sonko déplore un relâchement général, un manque d’initiative face aux attaques extérieures, et surtout, l’émergence de divisions qu’il juge dangereuses.

Selon lui, une partie des militants et responsables se laisse gagner par l’inaction et les calculs personnels. « Pendant qu’on nous attaque de toutes parts, le parti tarde à réagir. Les rares réactions viennent des jeunes sur les réseaux sociaux, souvent sans responsabilités officielles », a-t-il fustigé. Il a également mis en garde contre des agissements qu’il lie à des financements occultes : « Certains reçoivent des financements pour semer le désordre dans le pays. »

Le Premier ministre a été encore plus virulent à l’égard de ce qu’il considère comme une dynamique de sabotage interne. Il affirme avoir identifié des individus au sein même de Pastef qui, mus par des ambitions présidentielles pour 2029, formeraient déjà des clans dans l’ombre. « Ils ne représentent qu’une minorité, mais ils s’activent déjà pour la présidentielle, au point de déstabiliser nos bases. Je les connais », a-t-il déclaré avec fermeté.

Ousmane Sonko a conclu son propos par un appel au sursaut collectif, demandant aux membres du parti de revenir à l’esprit de discipline, de loyauté et de solidarité qui les avait unis durant les années de lutte. « Ce n’est pas normal que le pouvoir nous divise alors que l’opposition nous avait soudés », a-t-il averti, tout en réaffirmant sa détermination à défendre les fondements de Pastef contre toute tentative de fragmentation interne.

Sonko promet une loi contre le financement étranger des ONG et annonce des réformes ambitieuses

Lors de l’installation officielle du Conseil national de Pastef-Les Patriotes, ce jeudi, Ousmane Sonko a exprimé son exaspération face à ce qu’il considère comme l’influence excessive d’une partie de la société civile sénégalaise sur la gouvernance nationale. S’exprimant devant ses partisans, le Premier ministre a dénoncé le poids jugé disproportionné de ces organisations dans l’espace public, les accusant de vouloir dicter l’action gouvernementale.

« Le système reste encore en place et une partie de la société civile continue d’exercer une pression constante. Nous sommes arrivés au pouvoir après un long combat et sur la base d’un projet clair, mais certains veulent désormais gouverner à notre place », a déclaré Ousmane Sonko, estimant que cette situation était sans équivalent à l’international.

Dans une offensive politique assumée, le leader de Pastef a annoncé qu’il préparait une proposition de loi destinée à interdire le financement étranger des organisations de la société civile sénégalaise. Selon lui, ces financements seraient un moyen de peser sur l’action de l’État. « Ils sont financés de l’extérieur pour surveiller l’État dans toutes ses actions. Leurs rapports ne sont destinés qu’aux bailleurs », a-t-il affirmé, promettant de s’attaquer frontalement à ce qu’il qualifie de dérive.

Ousmane Sonko a enfin réitéré sa volonté de mener des réformes profondes dans le cadre du mandat confié par les électeurs sénégalais. Il a assuré que le gouvernement n’hésiterait pas à affronter les puissances d’influence, qu’elles soient locales ou étrangères, afin de préserver la souveraineté et l’indépendance du pays.

Magistrature : Ousmane Sonko dément toute demande d’audience avec l’UMS et assume ses propos

Le Premier ministre et leader de Pastef, Ousmane Sonko, a profité de l’installation du Conseil national de son parti ce jeudi pour réagir aux rumeurs selon lesquelles il aurait sollicité une rencontre avec l’Union des magistrats du Sénégal (UMS). D’un ton ferme, il a balayé ces allégations qu’il juge infondées.

« Je n’ai jamais sollicité une audience avec l’UMS », a-t-il déclaré sans détour devant ses militants et cadres de Pastef. Rappelant qu’il a toujours assumé ses positions vis-à-vis de l’appareil judiciaire, Ousmane Sonko a précisé qu’en tant qu’opposant puis responsable politique, il n’a jamais hésité à dire ce qu’il pensait du fonctionnement de la justice sénégalaise. Pour lui, il est essentiel de faire la distinction entre la magistrature, qu’il décrit comme une composante seulement, et la justice dans son ensemble.

Le chef du gouvernement est également revenu sur le rôle qu’ont joué certains magistrats sous l’ancien régime. Il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice, qui, selon lui, a permis d’emprisonner des innocents et d’empêcher des candidatures politiques, sans susciter de réaction de la part des corps concernés. « Il y a deux ans, certains magistrats se laissaient instrumentaliser sans jamais protester. C’est maintenant qu’ils trouvent leur voix ? », s’est-il interrogé.

Réaffirmant sa détermination à assumer tous ses propos, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne craint pas d’exprimer ses convictions, ni de porter un regard critique sur les dérives passées. Pour lui, la justice doit être au service de l’État de droit et non un instrument de règlement de comptes politiques.

Justice paralysée : les syndicats SYTJUST et UNTJ déclenchent 48 heures de grève et interpellent le Président Diomaye

Le bras de fer entre l’État et les travailleurs de la justice prend un nouveau tournant. L’entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des travailleurs de la justice et l’Union nationale des travailleurs de la justice, a annoncé dans un communiqué une grève de 48 heures ce jeudi 10 et vendredi 11 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision intervient dans un climat de plus en plus tendu, marqué par l’accumulation des frustrations et le sentiment d’un profond mépris à l’égard des revendications des agents du secteur.

Dans leur déclaration, les deux organisations syndicales pointent du doigt une administration qu’elles qualifient de « bureaucratique » et « déconnectée des réalités du service public de la justice ». Elles dénoncent une « inaction coupable » et des « manœuvres dilatoires » qui, selon elles, sabotent la dynamique de réformes et bloquent l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des personnels judiciaires. Les grévistes jugent qu’il n’est plus possible d’attendre et estiment que la lutte qu’ils mènent est « légitime, juste et vitale ».

Leurs principales revendications portent sur l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un engagement reconnu mais jamais concrétisé, la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets, bloquée par ce qu’ils décrivent comme une technostructure incompétente, ainsi que la satisfaction des autres points inscrits dans les préavis de grève successifs déposés par le SYTJUST et l’UNTJ. Ces organisations affirment qu’elles ne comptent plus être les « victimes silencieuses d’un système qui profite de leur résilience pour les maintenir dans la précarité et l’indignité ».

Les travailleurs de la justice interpellent directement le Président Bassirou Diomaye Faye, garant du fonctionnement régulier des institutions, ainsi que le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’ils exhortent à se saisir de ce dossier qu’ils qualifient de « scandale administratif ». Ils estiment que seule une implication des plus hautes autorités permettra de débloquer la situation et d’éviter un enlisement qui risquerait de paralyser durablement le service public de la justice.

Ousmane Sonko somme Pastef de boycotter les médias hostiles et promet de leur « faire face »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu ce jeudi 10 juillet 2025 une déclaration au ton particulièrement ferme à l’endroit des médias qu’il accuse de s’acharner contre son parti. Déterminé à rompre avec une pratique qu’il considère contre-productive, le chef du gouvernement a intimé l’ordre à ses partisans de ne plus fréquenter les plateaux télévisés de certaines chaînes qu’il estime ouvertement hostiles au Pastef.

Ousmane Sonko a rappelé qu’il avait déjà exprimé ce point de vue lorsqu’il était dans l’opposition, sans pour autant être entendu. Il a souligné que la progression politique de Pastef n’a jamais dépendu de ces médias traditionnels, mais qu’elle s’est bâtie grâce à la mobilisation numérique de la jeunesse sénégalaise. Selon lui, la présence récurrente de ses responsables dans des émissions hostiles n’a pas empêché que ces chaînes continuent à nourrir un discours systématiquement critique contre le parti. Il a cité l’exemple du débat télévisé impliquant le chroniqueur Badara Gadiaga et le député Amadou Bâ, où ce dernier, dit-il, a dû se défendre seul face à une atmosphère qu’il juge partiale et agressive.

Dans sa prise de parole, le Premier ministre a accusé ces télévisions d’avoir toujours cherché à nuire au Pastef. Il s’est interrogé sur les motivations réelles de ceux qu’il considère comme des adversaires acharnés et a dénoncé l’acharnement médiatique contre sa formation. Selon lui, si la presse avait eu le pouvoir d’orienter la volonté populaire, Pastef n’aurait jamais connu l’ascension qui l’a conduit à la tête du pays. Il a également précisé qu’il ne met pas toute la presse dans le même sac, mais qu’il vise spécifiquement des médias qui, selon lui, ont pris fait et cause contre le projet politique qu’il porte.

Ousmane Sonko a conclu en réaffirmant qu’il assumait pleinement cette position de fermeté. Il a annoncé qu’il mènerait lui-même le combat contre les dérives qu’il impute à ces télévisions, promettant de s’opposer frontalement à celles qu’il juge déterminées à nuire à son action gouvernementale. Selon lui, cette ligne de tolérance zéro est désormais la seule réponse appropriée à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation et de déstabilisation. Il a enfin mis en garde ceux qui espèrent que le gouvernement restera passif face à ces attaques, en martelant qu’ils se trompent lourdement.

Arrestation de Badara Gadiaga : L’APR dénonce un « régime autoritaire » et exige sa libération immédiate

La récente arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga a mis le feu aux poudres dans le paysage politique sénégalais. L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau, fustigeant ce qu’elle qualifie de dérives graves du pouvoir actuel. Dans un communiqué au ton particulièrement offensif, rendu public ce jeudi, le Secrétariat Exécutif National (SEN) du parti de l’opposition a exprimé sa vive indignation face à une « volonté constante d’effacer toutes les voix libres et indépendantes » dans le pays, en ciblant notamment le secteur des médias.

Pour l’APR, ces convocations répétées – dont celles du journaliste Madiambal Diagne et du chroniqueur Badara Gadiaga – traduisent une « panique du régime » qui chercherait à masquer « son incurie et son incompétence » en s’attaquant aux libertés constitutionnellement protégées. Le cas de Badara Gadiaga, placé en garde à vue après un vif échange sur un plateau télévisé, est jugé d’une injustice flagrante par l’opposition. Le parti souligne que « la personne victime de provocation et d’agression verbale est placée en garde à vue, pendant que son agresseur, membre de Pastef, est laissé libre après audition. » L’APR réclame la libération immédiate et sans condition de M. Gadiaga et réitère son attachement à une justice indépendante, qu’elle considère comme un pilier essentiel de l’État de droit.

Au-delà de cette affaire, le Secrétariat Exécutif a réitéré sa demande de démission du Premier ministre Ousmane Sonko, après sa condamnation définitive pour diffamation. Selon le parti, le verdict de la Cour suprême le disqualifie moralement et politiquement de ses fonctions. Le SEN accuse également le régime en place d’organiser « une véritable prise d’otage politique », citant les cas de Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que le placement sous bracelet électronique de l’ancien ministre Ismaïla Madior Fall et d’Aïssatou Sophie Gladima. L’APR demande la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, notamment Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Djiby Ndiaye NFFA, Jérôme Bandiaky et l’homme d’affaires Tahirou Sarr, qu’elle considère comme les victimes d’un régime « aux abois ».

Face à ce climat de crispation, le SEN a lancé un appel solennel à la mobilisation générale des forces vives et de la diaspora sénégalaise. L’objectif est de faire front contre ce qu’il qualifie de « manœuvres dictatoriales » et de préserver les acquis démocratiques. Dans le même élan, l’APR a réaffirmé son soutien aux mouvements sociaux dans les secteurs de la justice, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la santé, invitant le gouvernement à privilégier le dialogue social pour ramener la sérénité. Enfin, sur le plan international, l’Alliance a salué l’engagement de l’ancien président Macky Sall, désormais président du Centre mondial pour l’adaptation, qui mène des plaidoyers pour l’Afrique face aux bouleversements climatiques qui menacent la planète.

Ousmane Sonko hausse le ton : tolérance zéro face aux attaques médiatiques et mise en garde directe au Président Diomaye

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de rompre le silence et d’adopter une posture ferme. Agacé par ce qu’il qualifie de « climat médiatique nuisible et malsain », il a annoncé qu’il n’y aurait désormais plus aucune tolérance face aux attaques personnelles dont il se dit victime. Dans une déclaration musclée, il a dénoncé avec virulence les propos qu’il juge répétés et injustifiés à son encontre, accusant certaines plumes et voix médiatiques d’entretenir volontairement la confusion et la haine.

Prenant la parole sur un ton particulièrement offensif, Ousmane Sonko a mis en avant sa position institutionnelle et sa vie privée pour justifier cette nouvelle ligne de fermeté. Il a estimé qu’il était inadmissible, pour un homme investi de responsabilités nationales et internationales, d’être constamment la cible d’invectives et d’insultes publiques. « Pour quelqu’un qui est père d’un garçon en âge de se marier, qui a lui-même des épouses et assume d’importantes responsabilités en représentant le Sénégal à l’international, il est inadmissible d’être la cible d’individus proférant toutes sortes d’insanités », a-t-il dénoncé.

Le Premier ministre a ensuite dirigé ses flèches vers certains acteurs de la société civile, qu’il a désignés comme responsables d’une partie de cette escalade verbale. Sans détour, il les a qualifiés de « fumiers », estimant qu’ils avancent masqués derrière des causes prétendument citoyennes alors qu’ils poursuivraient en réalité des intérêts politiques. Sonko a prévenu que son gouvernement ne resterait plus passif face à ces attaques qu’il juge attentatoires à la dignité des institutions et à sa personne. « Quiconque pense que nous allons rester passifs face à ces agissements se trompe lourdement », a-t-il lancé.

Enfin, dans un avertissement qui n’est pas passé inaperçu, il a interpellé le président Bassirou Diomaye Faye en l’appelant à prendre ses responsabilités pour réguler la situation et faire cesser ce qu’il décrit comme des dérives médiatiques dangereuses pour la stabilité du pays. Ousmane Sonko a clairement signifié que, si des mesures concrètes n’étaient pas prises rapidement, il se réservait le droit d’agir lui-même. Il a conclu en comparant cette situation à celle des grandes démocraties, soulignant que « même dans les démocraties les plus avancées à travers le monde, ce genre de dérives ne serait jamais toléré ». Ces propos tranchants illustrent un tournant dans sa communication et laissent présager une intensification du bras de fer entre le gouvernement et certains segments de la presse et de la société civile.

Dérives autoritaires et économie en panne : la CDS tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut républicain

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) est sortie de sa réserve ce jeudi à Dakar. Dans un contexte politique marqué par une succession d’arrestations de chroniqueurs et une crispation palpable du climat national, la coalition de partis de gauche a tenu une conférence de presse pour exprimer sa profonde inquiétude.

Face aux journalistes, Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), a livré une analyse sévère de l’état du pays. Selon lui, le Sénégal traverse une période critique sur tous les plans. Il a pointé « des dérives autoritaires en cours », une économie qu’il juge « à l’arrêt », ainsi qu’une diplomatie qu’il estime en « régression inquiétante ». Pour Nicolas Ndiaye, le régime en place, depuis sa prise de fonction, tâtonne sans orientation claire et sans cohérence dans la conduite des affaires publiques.

Le responsable politique est allé jusqu’à affirmer que le pays est « en danger » à plusieurs niveaux. Il a insisté sur le fait que le Sénégal est fragilisé sur le plan démocratique, avec des atteintes répétées aux libertés et aux droits humains, mais aussi sur le plan économique et social, où la pauvreté et le chômage accentuent la défiance envers les institutions. Selon la CDS, cette situation installe un climat de peur et d’incertitude qui menace la stabilité et la cohésion nationale.

Face à ce qu’ils considèrent comme une crise profonde et multiforme, les leaders de la CDS estiment qu’un silence serait coupable. Nicolas Ndiaye a martelé qu’il était urgent d’appeler à un « sursaut républicain » pour engager une refondation morale et opérationnelle de l’action publique. Selon lui, taire les dérives actuelles reviendrait à trahir les principes qui fondent l’engagement des partis progressistes : la défense de l’intérêt général, la sauvegarde de la démocratie et l’exigence d’une gouvernance républicaine exemplaire. La CDS promet de poursuivre la mobilisation citoyenne afin de préserver les acquis démocratiques et de mettre fin à l’immobilisme économique qui plombe le pays.

Dernière minute – Nouvelle audition de Badara Gadiaga : des questions sur ses sources de revenus

Auditionné de nouveau ce jeudi par les enquêteurs, le chroniqueur Badara Gadiaga a été interrogé sur l’origine de ses ressources financières et l’existence présumée de sociétés à son nom, selon une source proche du dossier contactée par Le Dakarois.

L’audition, jugée tendue, a tourné court : Gadiaga aurait opposé un refus catégorique de répondre, en déclarant qu’il avait déjà signé son procès-verbal lors de sa précédente garde à vue.

Cette nouvelle convocation s’inscrit dans un contexte marqué par une vague d’interpellations d’activistes, journalistes et influenceurs, sur fond de tensions entre liberté d’expression et contrôle de l’espace public numérique.

Arrestation de Badara Gadiaga : le Parti Rewmi dénonce une dérive et exige sa libération immédiate

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga continue de provoquer une vague d’indignation au Sénégal. Depuis son placement en garde à vue mercredi, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’atteinte à la liberté d’expression. Parmi elles, le Parti Rewmi est monté au créneau pour condamner fermement la démarche du pouvoir.

Dans un communiqué rendu public, la formation dirigée par Idrissa Seck déplore une « récurrence des atteintes aux libertés publiques » depuis l’installation des nouvelles autorités. Selon Rewmi, la convocation de Badara Gadiaga illustre une volonté manifeste de restreindre la parole libre et critique, pourtant garantie par la Constitution.

Le parti exige la libération sans délai du chroniqueur de la TFM et affirme lui apporter « son soutien total », ainsi qu’à toutes les personnes poursuivies ou détenues pour avoir exprimé leurs opinions. Pour Rewmi, le respect du droit fondamental à la liberté d’expression constitue un socle incontournable de la démocratie sénégalaise, que nul pouvoir ne saurait ébranler.

Alors que l’affaire prend une dimension nationale, le Parti Rewmi appelle les autorités à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue, plutôt que l’instrumentalisation de la justice pour museler les voix discordantes.

Mali : le général Assimi Goïta s’octroie un mandat illimité de président

Le général Assimi Goïta, chef de la junte malienne arrivée au pouvoir après deux coups d’État en 2020 et 2021, a promulgué une loi qui lui confère un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable indéfiniment, sans passer par les urnes. Le texte, diffusé jeudi sur les réseaux sociaux et authentifié par des sources officielles, entérine la mainmise totale des militaires sur l’État malien, qu’ils promettaient pourtant de rendre aux civils au plus tard en mars 2024.

Selon cette nouvelle charte, le mandat peut durer « autant de fois que nécessaire », jusqu’à la « pacification du pays », en référence à la crise sécuritaire persistante qui ensanglante le Mali depuis 2012. La durée pourra théoriquement être écourtée si des conditions favorables à l’organisation d’une élection « transparente et apaisée » sont réunies, une hypothèse qui semble lointaine au regard de la situation politique et militaire.

Cette promulgation suit une concertation nationale organisée fin avril par la junte et largement boycottée par l’opposition. Cette rencontre avait recommandé non seulement le maintien du général Goïta à la tête du pays mais aussi la dissolution des partis politiques et l’interdiction de créer de nouvelles formations. Depuis, la junte a effectivement dissous tous les partis et interdit à leurs membres de se réunir.

Plongé dans une grave crise sécuritaire, le Mali est confronté aux violences des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. L’armée malienne, épaulée par les mercenaires russes d’Africa Corps, mène des opérations controversées, souvent accusées de bavures et d’exactions contre des civils. Dans ce contexte de répression et d’instabilité, le régime militaire consolide ainsi un pouvoir sans limite, au mépris des engagements de retour à l’ordre démocratique.

DSC : La garde à vue de Badara Gadiaga prolongée après une nouvelle audition

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, reste en détention. Sa garde à vue a été prolongée ce jeudi par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), où il a fait face à une deuxième audition dans la matinée.

Placé en garde à vue depuis mercredi, le journaliste est poursuivi pour « discours contraire aux bonnes mœurs ». L’affaire fait suite à un échange tendu avec le député Amadou Bâ, membre de Pastef, sur le plateau de l’émission « Jakaarlo Bi ».

Cette décision continue de susciter de nombreuses réactions dans le paysage politique et médiatique, certains y voyant une tentative d’intimidation et un précédent dangereux pour la liberté d’expression.

L’avenir judiciaire de Badara Gadiaga reste pour l’heure incertain, en attendant les suites que donnera le parquet à cette procédure.

Expulsions de migrants : le Sénégal dans le viseur d’un vaste programme américain

Les États-Unis multiplient les démarches diplomatiques pour renvoyer chez eux des milliers de migrants africains en situation irrégulière sur leur territoire. Le Sénégal, avec près de 1 689 ressortissants en instance d’expulsion, figure parmi les pays les plus concernés par cette politique renforcée.

Selon plusieurs sources concordantes, Washington cherche à conclure des accords de coopération avec des États africains afin de faciliter l’identification, la délivrance de laissez-passer consulaires et l’organisation logistique des retours. Parmi les pays ciblés figurent la Somalie, la Mauritanie, le Nigéria, le Ghana, la Guinée et le Sénégal, qui abritent les populations les plus importantes de ressortissants sous le coup d’un ordre d’expulsion.

Les autorités américaines invoquent des raisons juridiques : dépassement de séjour, condamnations pénales ou rejets de demandes d’asile. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence en charge des expulsions, défend son action comme étant « conforme à la législation fédérale ».

Mais du côté des organisations de défense des droits humains, l’inquiétude grandit. Le retour forcé de migrants dans des pays confrontés à des défis socio-économiques, des tensions politiques ou encore des manquements aux droits fondamentaux soulève des critiques. « Le Sénégal n’est pas en guerre, mais il n’est pas non plus prêt à absorber en masse des jeunes souvent sans attaches, stigmatisés et en situation de vulnérabilité à leur retour », estime un militant d’une ONG sénégalaise spécialisée dans la réinsertion.

Les expulsés risquent de faire face à de nombreuses difficultés : chômage structurel, manque de soutien psychologique, rejet social ou familial, voire arrestations arbitraires à leur arrivée pour ceux ayant des antécédents judiciaires.

Face à cette pression américaine, le Sénégal marche sur une ligne étroite. Dakar ne souhaite pas compromettre ses relations diplomatiques et économiques avec Washington, mais doit aussi composer avec une opinion publique de plus en plus sensible aux questions migratoires. Pour rappel, ces dernières années, le pays a connu une forte vague d’émigration irrégulière, notamment par voie maritime vers l’Espagne, mettant en lumière l’ampleur du désespoir économique de nombreux jeunes.

Si l’État accepte de coopérer avec les États-Unis, il devra aussi mettre en place des mécanismes d’accueil dignes pour ses ressortissants. À défaut, ce programme d’expulsion pourrait aggraver les tensions sociales et renforcer le sentiment d’abandon chez des milliers de jeunes Sénégalais.

Badara Gadiaga après sa garde à vue : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité »

Le chroniqueur Badara Gadiaga a livré ses premiers mots après son interpellation et sa garde à vue au commissariat central de Dakar. Convoqué la veille par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), il a tenu à remercier publiquement tous ceux qui se sont mobilisés en sa faveur.

« Grand merci à tous mes soutiens, aux démocrates de ce pays épris de justice qui m’accompagnent de près ou de loin », a-t-il écrit sur sa page Facebook officielle. Son message est empreint de gratitude mais également de fermeté face aux accusations qui le visent.

Badara Gadiaga a salué le courage et le professionnalisme de ses avocats, qu’il décrit comme « restés debout malgré les dures conditions d’exercice de leur mission d’assistance et sacerdotale ». Il leur a exprimé toute sa reconnaissance pour leur présence constante à ses côtés.

Se voulant rassurant, le chroniqueur a précisé qu’il se portait bien malgré l’épreuve. « Je vais super bien par la grâce du Tout Puissant et je vis cette injustice avec fierté et dignité », a-t-il affirmé. Il a conclu en martelant sa détermination : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité. Je préférerais mourir debout ! »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°508 – 10/07/2025

🔴 DE NOMBREUX SYMPATHISANTS, ACTEURS POLITIQUES ET MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DEVANT LA DSC : BADARA GADIAGA ASSOMME LES « 4000 CADRES »
🔴 CLIMAT PROPICE POUR LES INVESTISSEMENTS AMÉRICAINS : DIOMAYE SÉDUIT TRUMP

🔴 COUPE DE LA LIGUE : WALLY DAAN S’OFFRE UNE FINALE CONTRE L’AS PIKINE
🔴 CAN FÉMININE 2024 / PORTÉES PAR NGUÉNAR NDIAYE : LES « LIONNES » S’INCLINENT FACE À LA ZAMBIE

Alioune Sall dénonce une campagne de dénigrement contre Ousmane Sonko

Le membre de PASTEF fustige les attaques médiatiques « orchestrées par les anciens tenants du pouvoir » et réaffirme l’engagement du parti pour un Sénégal juste, souverain et transparent.

Chers compatriotes,

Une fois encore, notre Président de parti, Ousmane SONKO, fait l’objet d’attaques ignominieuses, injustifiées et malhonnêtes de la part d’individus sans visage, camouflés en chroniqueurs, mais dont l’unique mission est de semer le trouble et la division au Sénégal.

Ces politiciens encagoulés, serviteurs zélés d’un système moribond, instrumentalisent certains médias irresponsables pour tenter de salir l’honneur d’un homme et d’un mouvement qui incarnent l’espoir d’un Sénégal juste et souverain.

Cette stratégie de provocation permanente, orchestrée par ceux qui ont tenté un coup d’État institutionnel en février 2024, est inacceptable dans une République qui se veut démocratique.

Macky Sall, Amadou Bâ, Sidiki Kaba et leurs troubadours, installés à l’Assemblée nationale entre 2017 et 2024, pour servir leurs desseins inavouables, n’ont visiblement pas renoncé à leurs manœuvres destructrices.

Balayés par une volonté populaire irrépressible entre mars et novembre 2024, ils persistent dans leur obsession du chaos, utilisant des mercenaires médiatiques pour détourner l’attention des Sénégalais des véritables enjeux notamment la reddition des comptes et la fin de l’impunité pour les pillages et les falsifications dont ils se sont rendus coupables.

Mais qu’ils comprennent ceci, Pastef n’est pas dupe.

Aux Patriotes de Pastef, rappelons leur que notre engagement pour la transformation du Sénégal n’a jamais été aussi ferme.

Rappelons à ceux qui croient que le « Gatsa Gatsa » est rangé dans les tiroirs parce que nous assumons désormais les responsabilités gouvernementales qu’ils se trompent lourdement.

Chers Patriotes, disons à ceux qui imaginent que nous les laisserons entraver le Juub Jubaal Jubbanti, cette marche inexorable vers la justice et la transparence, doivent déchanter.

Comme le dit l’adage, « Qui peut le plus, ne saurait ne pas faire le moins ».

Notre projet de société, Inchallah se réalisera avec le peuple sénégalais, comme nous l’avons promis.

Face aux défis du développement, de la création de richesse partagée et de la souveraineté nationale, nous restons déterminés.

Et face aux manigances politiques de ces opposants couards, qui se cachent derrière des hurleurs de plateaux télévisés, notre réponse sera ferme, légale et républicaine.

Le Sénégal avancera, malgré les calculs mesquins de ceux qui refusent de voir émerger une nouvelle ère.

Notre Président de parti, aujourd’hui à la tête de l’exécutif, saura conduire cette bataille avec lucidité et courage, entouré de ses troupes et du peuple qui l’a porté au pouvoir.

À bon entendeur, salut.

Alioune SALL
Membre de PASTEF

AFFAIRE BADARA GADIAGA : l’Alliance Sauver le Sénégal parle au régime Pastef et interpelle le tandem Diomaye /Sonko

Vous avez des obligations de résultats. L’enjeu est ailleurs !

Relativement au débat public en chute libre , il convient de souligner que si la majorité au pouvoir peut envoyer à l’Assemblee Nationale des députés analphabètes pour: représenter le peuple sénégalais, voter des lois, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques, elle ne devrait pas souffrir de chroniqueurs qui , fussent -ils non brevetés, ont fini de convaincre de leur capacité d’analyse et de synthèse ?

Aujourd’hui l’urgence est ailleurs ! Elle devrait étre centrée sur les préoccupations majeures des sénégalais. ⁠
-Travaillez à mettre la nourriture dans le ventre de nos compatriotes plutôt que la peur au ventre…
-Retournez au projet er aux engagements de rupture( don de soi à la patrie, bonne gouvernance , l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, la maîtrise de la dette,l’indépendance de la justice……,); engagements ,qui. honorés , peuvent sans doute développer notre pays.

Le sacerdoce c’est de mobiliser les sénégalais,toutes les énergies,chacune à son niveau de compétences, autour des défis à relever: l’économie, la souveraineté alimentaire, la sécurité, la défense de nos frontières face à la menace terroriste……
Le temps ne nous attend.
La durée du mandat et l’intransigeance du peuple à sauvegarder les acquis démocratiques conquis de hautes luttes n’est pas favorable à une tentative de transformation de notre Démocratie en Autocratie

Convocations et arrestations : Barthélémy Dias dénonce une « injustice notoire » et met en garde contre les dérives autoritaires

L’escalade des convocations et arrestations d’activistes et chroniqueurs continue d’alimenter les réactions dans la classe politique sénégalaise. Cette fois, c’est Barthélémy Dias, ancien maire de Dakar et leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, qui a pris la parole pour condamner la situation.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, l’opposant a dénoncé ce qu’il qualifie « d’injustice notoire », pointant du doigt l’emprisonnement de citoyens dans un pays où la liberté d’expression est censée être garantie par la Constitution.

« Je voudrais rappeler, suite à toute cette injustice notoire sur d’honnêtes citoyens emprisonnés ou menacés, que le Sénégal est une République et un État de droit dans lequel la liberté d’expression est un droit constitutionnel », écrit-il.

Barthélémy Dias invite les autorités à « la tenue et à la retenue », quelle que soit leur position ou leur fonction, soulignant que nul n’est au-dessus des principes démocratiques :

« Quelque soit votre rang, titre ou grade ! Tout protocole observé, je vous invite à la tenue et à la retenue. »

L’ancien édile met également en garde contre les conséquences à long terme de ce qu’il considère comme des dérives autoritaires :

« Je rappelle que l’histoire et la justice finissent toujours par rattraper les dérives autoritaires et dictatoriales. »

Convocation de Badara Gadiaga : TAS dénonce une « instrumentalisation » de la justice et recadre Ousmane Sonko

La comparution du chroniqueur Badara Gadiaga devant la Division spéciale de la cybersécurité continue de faire réagir la classe politique. Ce mardi, Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, s’est rendu sur place pour lui manifester son soutien, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de dérives inquiétantes.

Face aux journalistes, l’ancien ministre a fustigé une « instrumentalisation de l’appareil judiciaire » au service de visées politiques :

« La justice est aujourd’hui utilisée comme un outil de répression contre ceux qui expriment des opinions critiques. C’est une dérive autoritaire qu’il faut condamner fermement », a-t-il affirmé.

Thierno Alassane Sall a également profité de l’occasion pour revenir sur les déclarations polémiques du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre des magistrats. Il a estimé que ces attaques verbales allaient bien au-delà de ce qui est reproché à Badara Gadiaga :

« Les propos tenus par Ousmane Sonko à l’endroit des magistrats sont bien plus graves que tout ce qu’on a pu entendre sur les plateaux de télévision », a-t-il souligné, dénonçant un traitement à géométrie variable des prises de parole publiques.

Convocation de Badara Gadiaga et mise en demeure de GFM : Thierno Bocoum dénonce les dérives du pouvoir et du CNRA

La convocation du chroniqueur Badara Gadiaga à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) continue de susciter de vives réactions. Ce mardi, Thierno Bocoum, leader du mouvement AGIR, s’est rendu sur place pour lui apporter son soutien, tout en fustigeant ce qu’il considère comme une offensive contre les libertés au Sénégal.

Devant les journalistes rassemblés aux abords des locaux de la DSC, Thierno Bocoum a livré un discours ferme :

« La liberté d’expression est un acquis démocratique essentiel dans notre pays. C’est elle qui a permis les différentes alternances politiques. Personne ne pourra empêcher les Sénégalais d’exprimer librement leurs opinions », a-t-il martelé.

Il a appelé à la libération immédiate de Badara Gadiaga, dont il estime l’interpellation injustifiée. Pour illustrer son propos, le président du mouvement AGIR a évoqué les déclarations controversées d’un député membre de Pastef.

« Nous savons tous qui a tenu des propos offensants en interprétant une décision de justice comme une relation entre un client et une prostituée. Ce n’est pas Badara Gadiaga, mais bien celui (Amadou Ba, député de Pastef) qui a porté atteinte à l’image de son propre leader. Qu’on laisse Gadiaga rentrer chez lui », a-t-il lancé.

CNRA pointé du doigt

Thierno Bocoum a également réagi à la récente mise en demeure adressée au Groupe Futurs Médias (GFM) par le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA). Dans une sortie sans détours, il a dénoncé ce qu’il considère comme un instrumentalisation politique de l’organe de régulation :

« Le CNRA n’a pas vocation à être le bureau politique de Pastef ni le bras armé du pouvoir en place. Sa mission est d’assurer un traitement équitable et professionnel de l’audiovisuel, pas de bâillonner les médias », a-t-il déclaré.

Pourquoi le chroniqueur Badara Gadiaga a drainé autant de monde lors de sa convocation à la direction de la Cybercriminalité ?

C’est à travers l’émission « Jakaarlo Bi » sur TFM que le grand public a découvert Badara Gadiaga. Réputé cogneur et non peureux, il a quand même impulsé un style atypique : des attaques directes, des critiques fondées et sans langue de bois. Il est un redoutable contradicteur qui maîtrise le wolof. Il a la particularité de polariser l’attention sur l’émission avec des mots comiques et bien puisés dans la richesse de la langue de Kocc Barma.

Chroniqueur et commentateur médiatique : Reconnu via l’émission Jakaarlo Bi sur TFM, il s’est fait un nom par son franc-parler et ses analyses politiques rigoureuses.

Ses interventions, toujours basées sur des faits précis et irréfutables, sont un mélange de rigueur intellectuelle et de franchise. Toutefois, son franc-parler, loin de faire l’unanimité, a parfois suscité des réactions vives au sein de l’opinion à travers les réseaux sociaux. La dernière émission avec Amadou Bâ a fini de montrer qu’il s’est érigé en farouche défenseur de la liberté d’expression en visant toujours ceux qui refusent la pensée plurielle et l’affaire Adji Sarr vs Sonko, qu’il a commenté après les propos du député Amadou BÂ, a été sûrement de mauvais goût pour le régime qui compte «  effacer » tous ses pourfendeurs selon les mots du PM.

Il est présentement en audition dans les locaux de la division de la Cybercriminalité sur la Corniche. Nos équipes sont sur place pour suivre de près la suite que le Procureur de la République va donner à cette affaire.

DSC : entré spectaculaire de Badara Gadiaga

Dernière minute : Bachir Fofana et Moustapha Diakhaté retournent en prison, le délibéré renvoyé au 16 juillet

Le couperet judiciaire n’est pas encore tombé pour le journaliste Bachir Fofana et l’ancien ministre-conseiller Moustapha Diakhaté. Le délibéré, initialement attendu ce mercredi, a été reporté au 16 juillet 2025, prolongeant ainsi leur incarcération.

Les deux hommes, poursuivis notamment pour diffusion de fausses nouvelles et outrage à magistrat, étaient comparus ces dernières semaines dans un climat de vives tensions entre leurs soutiens et les autorités judiciaires. Le tribunal a annoncé le renvoi du verdict, sans en préciser publiquement les motivations.

Cette décision suscite une nouvelle vague d’indignation parmi les organisations de défense des droits humains et une partie de la classe politique, qui dénoncent un « acharnement judiciaire » visant à museler des voix critiques.

Pour rappel, Bachir Fofana avait été placé en détention après la publication de plusieurs révélations controversées sur les avantages indus accordés à des élus, tandis que Moustapha Diakhaté, figure connue pour ses prises de position tranchées contre la majorité présidentielle, est accusé de propos jugés attentatoires à l’institution judiciaire.

En attendant le délibéré du 16 juillet, les deux prévenus demeurent sous mandat de dépôt. Leur sort continue d’alimenter un débat houleux sur la liberté d’expression et l’indépendance de la justice au Sénégal.

Babacar Ba alerte sur les dérives liberticides : « Aidons le régime à ne pas sombrer dans la dictature »

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau après les récentes convocations de journalistes et chroniqueurs à la Division spéciale de la cybercriminalité. Dans un contexte marqué par de nombreuses interpellations et enquêtes judiciaires visant des voix critiques, il exprime sa vive préoccupation et invite les autorités à préserver les acquis démocratiques.

« J’ose espérer que l’auto-saisine du Procureur de la République ne s’est pas justifiée par une quelconque pression politique. La liberté d’opinion, dans la limite du respect des textes de loi, n’est pas négociable au Sénégal », a-t-il déclaré dans une réaction rendue publique ce mercredi.

Babacar Ba estime qu’il est de la responsabilité collective des acteurs politiques et de la société civile de défendre les libertés fondamentales et de prévenir tout basculement autoritaire. « Aidons le régime à ne pas sombrer dans la dictature », a-t-il insisté, soulignant que la démocratie sénégalaise a été bâtie sur la pluralité des opinions et la capacité à tolérer le débat contradictoire.

Ces propos interviennent alors que plusieurs journalistes et chroniqueurs sont convoqués pour avoir exprimé des opinions ou relayé des informations jugées sensibles. Pour le Forum du Justiciable, il est essentiel de rappeler que la justice n’est pas un outil de règlement politique et que la critique, même virulente, fait partie intégrante du jeu démocratique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°507 – 09/07/2025

🔴 CONVOCATION DE BADARA GADIAGA APRÈS LA COLÈRE « PASTÉFIENNE » SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX : DU DÉJÀ-VU
🔴 CRITIQUES CONTRE LES MAGISTRATS : GUEUM SA BOPP RÉCLAME LA TÊTE DE SONKO

🔴 FSF / BRUITS DE COULOIRS : À QUI PROFITE LE REPORT ? (Par Alioune Fall)
🔴 LSFP : LE JARAAF PIÉGÉ PAR L’AS CAMBÉRÈNE

Affaire Badara Gadiaga : Thierno Bocoum dénonce une « volonté de faire taire les voix discordantes »

L’affaire Badara Gadiaga continue d’alimenter une vive polémique sur la liberté d’expression au Sénégal. Cette fois, c’est Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR et ancien député, qui a pris la parole pour fustiger ce qu’il décrit comme une dérive autoritaire du pouvoir en place.

Dans une déclaration sans détour, Thierno Bocoum a estimé qu’au lieu de convoquer le chroniqueur Badara Gadiaga, la justice devrait plutôt interroger le juriste de Pastef qui, selon lui, a introduit l’élément le plus offensant dans cette affaire : une interprétation de la condamnation d’Ousmane Sonko pour corruption de la jeunesse assimilant le dossier à une « relation entre un client et une prostituée ».

Pour Thierno Bocoum, ni le juge dans son verdict, ni l’article 324 du Code pénal sénégalais ne contiennent une telle qualification. « Cette interprétation offensante, venue de l’intérieur, a porté atteinte à la dignité de leur propre leader. C’est bien de là que vient le scandale, pas de ceux qui l’ont rapportée », a-t-il tranché.

Il estime que la convocation de Badara Gadiaga n’est qu’un nouvel épisode d’une stratégie assumée de répression contre les voix critiques : « Convoquer Badara aujourd’hui, c’est simplement chercher à faire taire une voix dissidente, comme on l’a fait hier avec tant d’autres et aujourd’hui avec Madiambal Diagne. »

L’opposant ne mâche pas ses mots pour qualifier l’attitude du pouvoir : « Une volonté manifeste d’effacer toute voix discordante est totalement assumée. Ce régime est dangereux non seulement par son incompétence mais aussi par sa méchanceté et son irresponsabilité flagrante. »

Thierno Bocoum affirme que cette escalade ne laisse plus d’autre option que de résister. « Ils ne nous laissent aucun autre choix que de leur faire face », a-t-il averti, avant de conclure sur un message de détermination : « Le Sénégal ne deviendra pas une dictature. Ce pays restera une démocratie. »

Dans ce climat tendu où convocations et poursuites judiciaires se multiplient contre des journalistes et chroniqueurs, ces propos viennent conforter les inquiétudes croissantes sur l’avenir des libertés publiques au Sénégal.

Alioune Tine sur l’affaire Badara Gadiaga : « Ce n’est ni au procureur ni à la cybercriminalité de faire la police des idées »

Le fondateur d’Afrikajom Center et défenseur des droits humains, Alioune Tine, a réagi avec gravité à la polémique qui enfle autour de la convocation et de la possible arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, il a mis en garde contre la tentation de la répression et rappelé que « ni la cybercriminalité, ni le procureur n’ont vocation à faire la police des idées dans une démocratie ».

Selon lui, le Sénégal, dont le modèle démocratique est cité en exemple sur le continent africain, ne doit pas céder à la dérive autoritaire. Il souligne que le pluralisme politique et la liberté d’expression impliquent nécessairement des confrontations verbales, parfois vives, qui relèvent du débat démocratique et non du champ judiciaire.

« Les partisans du Premier ministre Ousmane Sonko qui poussent le procureur à arrêter, détenir et emprisonner Badara Gadiaga et les chroniqueurs qui critiquent le régime ne lui rendent pas service », a averti Alioune Tine. « Ils ne rendent pas service au Sénégal dont le modèle démocratique suscite l’intérêt partout sur le continent et dans le monde. »

L’analyste rappelle que les « joutes verbales, les polémiques et les confrontations » sont consubstantielles à la vie démocratique et que c’est aux citoyens et aux téléspectateurs d’arbitrer ces débats, non à la justice pénale.

Il a pris l’exemple de l’émission « Jakaarlo », qualifiée de véritable arène politique, qui attire l’attention des Sénégalais comme un grand combat de lutte. « Quand on va dans une émission comme Jakaarlo, on sait à l’avance à quoi s’en tenir. Cela suscite autant d’intérêt que la confrontation entre Eumeu Sène et Balla Gaye, avec la même polarisation et presque la même attitude des supporters », a-t-il observé.

Alioune Tine met également en garde contre l’effet pervers de la criminalisation des opinions, qui contribue à transformer ceux qui en sont victimes en figures héroïques. « Envoyer Badara Gadiaga en prison, c’est le soumettre à une épreuve politique qualifiante qui va en faire un héros », estime-t-il. Il rappelle que c’est exactement ce mécanisme qui a renforcé la popularité d’Ousmane Sonko : « Sa résistance farouche à la liquidation politique a fait de lui le héros politique adulé par les jeunes. »

Plus largement, Alioune Tine a souligné la fragilité du contexte national et international, marqué par des « mutations civilisationnelles disruptives » qui rendent la société sénégalaise particulièrement vulnérable aux tensions.

Il appelle toutes les parties prenantes, responsables politiques et citoyens, à faire preuve de retenue et à calmer le jeu. « On doit mettre la balle à terre, éviter de mettre de l’huile sur le feu. Nous avons une démocratie polarisée et antagonique avec des adversaires qui se détestent », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine en appelle directement au Premier ministre Ousmane Sonko pour qu’il s’adresse à tous les Sénégalais et invite à la sérénité. « Il n’est pas le Premier ministre d’un seul parti, mais le Premier ministre de tous les citoyens sénégalais. À tous les citoyens sénégalais de le respecter, et de respecter l’institution qu’il incarne. »

Pour Alioune Tine, l’épreuve actuelle est l’occasion de choisir la voie de l’apaisement plutôt que celle de la répression. Car, rappelle-t-il, « quand ça chauffe et ça dérive, la solution ce n’est pas la prison, ce ne sont pas les intimidations, ce n’est pas la répression ».

Visite de Diomaye Faye aux États-Unis : Gueum Sa Bopp annonce une manifestation à Washington ce 9 juillet

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye est attendu aux États-Unis pour une visite officielle sur invitation de son homologue américain, Donald Trump, le mouvement « Gueum Sa Bopp » entend faire entendre sa voix à Washington. Ce mardi 8 juillet, la Cellule des cadres du mouvement, dénommée « les Jambaars », a annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique dans la capitale américaine, prévue pour ce mardi 9 juillet, jour d’arrivée du chef de l’État sénégalais.

Face à la presse, les responsables de Gueum Sa Bopp ont précisé avoir saisi leurs « partenaires démocratiques » établis aux États-Unis pour coordonner cette mobilisation. Leur objectif est de sensibiliser l’opinion internationale sur ce qu’ils qualifient de « répression silencieuse qui se poursuit au Sénégal, malgré les promesses de rupture et de renouveau démocratique » formulées par les nouvelles autorités.

Cette initiative marque un tournant dans la posture du mouvement dirigé par Bougane Gueye Dany, qui a décidé de porter la contestation sur le plan international. En plus de la manifestation de Washington, le mouvement annonce une série d’actions diplomatiques. Dès ce jeudi, une tournée sera lancée auprès des représentations diplomatiques présentes à Dakar, ainsi que des organisations internationales spécialisées dans la défense des droits humains.

Les cadres de Gueum Sa Bopp ont également déclaré qu’« une délégation de haut niveau » serait dépêchée dans plusieurs pays pour saisir les instances internationales compétentes, avec l’appui de leurs antennes implantées dans la diaspora. Cette campagne de plaidoyer vise, selon eux, à « alerter le monde sur les contradictions et les dérives » qu’ils attribuent à l’actuel pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une série de tensions entre le pouvoir et certains segments de la presse et de la société civile, alimentées notamment par les convocations récentes de journalistes devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) et la mise en demeure adressée par le CNRA à la télévision TFM.

Le CNRA ou la dérive d’un régulateur partisan

Le dernier communiqué du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), adressé au Groupe Futurs Médias (GFM) à la suite de l’altercation entre le député Amadou Ba et le chroniqueur Badara Gadiaga, marque une nouvelle étape inquiétante dans la politisation rampante des institutions de régulation au Sénégal. Ce qui devait être une instance neutre et impartiale est en train de devenir un instrument au service d’un agenda politique clair : celui de plaire au chef du parti Pastef, Ousmane Sonko.

Le CNRA semble avoir perdu toute mesure, et surtout toute distance. Au lieu de jouer son rôle de garant de la liberté et de la responsabilité dans les médias, il s’érige désormais en arbitre des opinions, avec une sévérité à géométrie variable. Le communiqué, plus politique que juridique, vise manifestement à intimider les médias qui n’entrent pas dans le moule idéologique du pouvoir actuel.

Cette posture n’est guère surprenante lorsque l’on connaît le parcours du doyen Mamadou Omar Ndiaye, président du CNRA, dont l’engagement en faveur du “projet” Pastef ne date pas d’hier. Son militantisme assumé rend toute prétention à l’impartialité caduque. Il est devenu régulateur du régime, non de l’audiovisuel.

Ce communiqué, plus qu’un avertissement, est un signal grave envoyé à toute la presse sénégalaise : il ne faut plus critiquer les figures du pouvoir, sous peine d’être rappelé à l’ordre par un régulateur aux ordres. Or, dans une démocratie, la liberté d’expression – y compris le droit à la polémique, à la satire, à l’ironie – doit rester une valeur cardinale. Ce n’est pas à un Conseil de régulation, surtout inféodé à un camp politique, de tracer les frontières de ce qui peut être dit ou non dans un débat public.

Ce dernier communiqué du CNRA contre le Groupe Futurs Médias, est une honte institutionnelle et une agression directe contre la liberté d’expression au Sénégal.

Dans un débat télévisé, c’est bien le député Amadou Ba lui-même – et non le chroniqueur – qui a employé en premier le mot “client” pour qualifier son interlocuteur, avant de franchir une limite grave : présenter publiquement Adji Sarr comme une prostituée, sans retenue, sans égard pour les principes de réserve que commande sa fonction. Pourquoi l’assemblée du CNRA n’a pas osé parler de cà ?
Où était la régulation quand un élu de la République se permet de tenir de tels propos sur une chaîne de télé ? Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Le CNRA s’est contenté de cibler un média. Il a choisi le silence sur les dérapages du député et l’indignation sélective sur les propos du chroniqueur. Cette attitude n’est ni neutre ni professionnelle, elle est militante. Ce n’est pas une régulation. C’est une opération de protection politique, menée au nom d’une impartialité de façade.

Ce scénario est malheureusement bien connu. Hier, sous Macky Sall, c’était D-Media qui faisait les frais de cette régulation à géométrie variable. Deux coupures de signal, sans base juridique solide, avaient été décidées contre SEN TV et Zik FM, sous la houlette du CNRA. À l’époque déjà, on savait que ce “gendarme” des médias ne régulait que ce qui dérangeait le pouvoir de Maky Sall. Aujourd’hui, rien n’a changé. Seuls les alliés ont changé.

Sur le plan juridique, cette mise en demeure du CNRA viole les principes essentiels consacrés dans :
• l’article 8 de la Constitution qui garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse,
• l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ratifié par le Sénégal),
• la loi 2017-27 portant Code de la presse, qui exige que les mesures prises soient proportionnées, motivées, et dénuées de partialité politique.

Aucune de ces conditions n’est remplie ici. La mise en demeure du CNRA est non motivé sur le plan légal, biaisé dans son analyse, et discriminatoire dans sa cible. Il cherche à faire taire les voix critiques dans les médias, à faire peur, à imposer une nouvelle forme d’autocensure. Or, la régulation n’est pas la censure. Le CNRA n’a pas été créé pour défendre un président, un parti ou une idéologie. Il a été institué pour défendre l’intérêt général, l’équilibre de la parole publique, et la diversité des opinions.

Face à cette dérive, l’opinion publique ne doit pas rester passive. Les médias doivent résister, les journalistes doivent parler, les citoyens doivent dénoncer. Sinon, nous glisserons lentement mais sûrement vers une République où les institutions dites “indépendantes” deviennent les bras armés d’un régime, quel qu’il soit.

Le Sénégal mérite mieux qu’une régulation aux couleurs d’un parti.

Mouhamed Diop Journaliste a Dmedia

Affaire Jakaarlo : Les cadres de la République des Valeurs dénoncent une dérive liberticide après la mise en demeure de TFM

Le Cercle des Cadres de la République des Valeurs (CECAR) est monté au créneau après la mise en demeure adressée par le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) à la Télévision Futurs Médias (TFM), à la suite de l’émission Jakaarlo qui a suscité une vive polémique.

Dans une déclaration rendue publique, le CECAR exprime sa « profonde indignation » et dénonce ce qu’il qualifie de « tentative flagrante d’intimidation médiatique », estimant qu’elle traduit une volonté de restreindre la liberté d’expression et de mettre au pas les voix critiques.

Pour ces cadres issus de la République des Valeurs, formation politique fondée par Thierno Alassane Sall, le CNRA, censé incarner la neutralité et l’indépendance, a dévié de sa mission en prenant position « du côté du pouvoir en place, au détriment du débat public et de l’équilibre démocratique ».

Le CECAR rappelle qu’aucun manquement professionnel ou éthique n’a été constaté dans l’intervention du chroniqueur Badara Gadiaga, qui s’est limité, selon eux, à « commenter deux décisions de justice dans le cadre d’un débat légitime ». Ils soutiennent que ses propos relèvent du « droit fondamental à la liberté d’opinion », garanti par l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, par l’article 8 de la Constitution sénégalaise et par le Code de la presse.

Dans leur déclaration, les cadres soulignent que le rôle du CNRA n’est pas de devenir le « procureur d’un parti politique, quel qu’il soit », mais de garantir un « espace médiatique libre, pluraliste et responsable », conformément aux principes d’éthique et de déontologie tels que définis par la Charte de Munich de 1971 et les textes réglementant la presse sénégalaise.

« Cela suppose d’écouter toutes les voix, même celles qui dérangent, car la liberté d’expression n’est pas à géométrie variable », insistent-ils.

Le CECAR appelle l’ensemble des citoyens, des journalistes, des enseignants, des travailleurs et des jeunes à rester vigilants et à défendre les droits démocratiques fondamentaux. « Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas seulement une émission de télévision, mais notre capacité collective à dire ce que nous pensons, à critiquer ce qui ne va pas et à exiger des comptes des gouvernants. C’est un droit, pas un privilège », peut-on lire dans leur communiqué.

Enfin, les cadres de la République des Valeurs expriment leur « soutien total » aux professionnels des médias, saluant leur « courage et leur intégrité » malgré les « pressions et les menaces » qu’ils subissent. « Ils sont la conscience vivante de notre démocratie et nous serons toujours à leurs côtés », conclut le texte.

Grève des greffiers : le Haut Conseil du Dialogue Social alerte sur un risque d’effondrement de la fonction publique

La paralysie qui touche l’appareil judiciaire sénégalais depuis plusieurs semaines prend une tournure de plus en plus alarmante. Ce week-end, le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), Mamadou Lamine Dianté, a tiré la sonnette d’alarme lors du 2ᵉ Déjeuner de la Paix à Dakar. Face aux positions irréconciliables qui opposent l’État aux greffiers en grève, il a évoqué un risque majeur de rupture du pacte social et d’effondrement de l’architecture de la fonction publique.

Le conflit porte sur la revalorisation du statut des greffiers. Ces derniers réclament un alignement direct de leur catégorie actuelle, le B2, au grade A2, et cela sans formation préalable. Pour eux, cette reconnaissance est un impératif de justice sociale et d’équité avec d’autres corps administratifs. De son côté, le gouvernement se montre ouvert à l’évolution de carrière mais pose comme préalable une formation de douze mois. Problème majeur : aucune structure d’accueil n’est à ce jour disponible pour organiser cette mise à niveau, et aucune procédure concrète n’a encore été entamée pour y remédier.

« Nous avons fait toutes les démarches nécessaires, rencontré les deux parties. Mais les positions sont restées tranchées. Ce blocage menace l’équilibre même de notre République », a regretté Mamadou Lamine Dianté, dont l’institution a multiplié les tentatives de médiation ces dernières semaines. Selon le président du HCDS, le risque est double : d’un côté, le prolongement de la crise judiciaire qui pénalise justiciables et avocats ; de l’autre, un précédent dangereux susceptible d’entraîner une cascade de revendications similaires dans d’autres segments de la fonction publique.

« Si on cède sur ce point sans cadre ni critères clairs, d’autres corps vont suivre et c’est toute l’architecture de l’administration qui va s’effondrer », a-t-il averti. Il a par ailleurs confirmé que les consultations effectuées par le Haut Conseil auprès des institutions compétentes montrent qu’un dispositif de formation est possible, à condition qu’il soit formalisé dans un délai réaliste et encadré par un référentiel rigoureux.

Mamadou Lamine Dianté a donc lancé un appel pressant aux deux parties : « La rigidité ne mène nulle part. Il faut un consensus dynamique, fondé sur la responsabilité partagée, pour préserver la paix sociale et la crédibilité de l’État. » Le HCDS redoute que, faute d’accord rapide, cette crise ne devienne une fracture institutionnelle irréversible, dans un contexte marqué par des tensions budgétaires et des attentes sociales accrues.

Sortie d’audition : « Ce que j’ai dit aux enquêteurs », déclare Madiambal Diagne

Après plusieurs heures passées dans les locaux de la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, s’est présenté devant la presse pour livrer sa version des faits et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative manifeste d’intimidation.

D’entrée, il a tenu à affirmer qu’aucune pression ne saurait lui faire renoncer à son droit fondamental à la liberté d’expression. « La liberté d’expression ne peut pas être menacée au Sénégal, seulement il y a des tentatives d’entrave à la liberté d’expression. Ceux qui essaient de le faire se trompent lourdement. Il leur incombe justement de la protéger. Mais ils doivent savoir qu’ils vont échouer », a-t-il déclaré d’un ton ferme. Il en a profité pour remercier les nombreux soutiens venus manifester leur solidarité, qu’ils soient des personnalités politiques, des membres de la société civile ou de simples citoyens.

Interrogé sur le motif de sa convocation, Madiambal Diagne a expliqué qu’il ne se sentait pas concerné par les propos reprochés. Selon lui, il aurait été plus logique d’entendre le député Amadou Bâ, protagoniste de l’altercation verbale survenue en plateau avec le chroniqueur Badara Gadiaga. « Je ne devais pas être convoqué, encore moins Badara Gadiaga. Celui qui devait être convoqué, c’est le député Amadou Bâ qui a tenu ces propos. Et j’ai dit ça aux enquêteurs », a-t-il martelé. Il a souligné que des milliers de Sénégalais ont déjà tenu des propos similaires, sans jamais être inquiétés, et qu’il ne comprend pas pourquoi lui seul devrait être poursuivi dans ce contexte.

Pour Madiambal Diagne, cette convocation est le signe d’une volonté d’ériger la peur en méthode de gouvernement. « S’ils pensent qu’ils peuvent me faire taire, c’est peine perdue », a-t-il lancé.

Le journaliste est également revenu sur la décision du CNRA, qui a mis en demeure la Télévision Futurs Médias après la diffusion de l’émission « Jakaarlo Bi ». Il a dénoncé une mesure qu’il juge disproportionnée et contraire à l’esprit du débat démocratique. « Moi, je suis un homme de médias et je dirige des journalistes francophones. Et quand il y a un débat public, il faut qu’on arrive à situer les responsabilités. Badara Gadiaga n’a attaqué personne, au contraire, il a été insulté. Est-ce qu’il n’a pas le droit de répondre aux attaques qui sont dirigées contre lui ? C’est ça le débat », a-t-il insisté.

Pour conclure, Madiambal Diagne a estimé que la situation révèle un malaise plus profond concernant les relations entre le pouvoir et la presse. Il a assuré qu’il ne cesserait pas d’exercer son métier, quels que soient les obstacles : « Badara Gadiaga a touché là où ça fait mal. Il n’a fait que rapporter des faits. »

Mise en demeure du CNRA contre TFM : Birahim Seck dénonce une « judiciarisation » du débat démocratique

Le coordinateur du Forum Civil, Birahim Seck, a vivement critiqué la mise en demeure adressée à la Télévision Futurs Médias (TFM) par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Une décision qui, selon lui, illustre une dangereuse dérive : celle d’une « judiciarisation du débat démocratique » au Sénégal.

Présent ce mardi matin dans les locaux de la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), où il accompagnait le journaliste Madiambal Diagne convoqué pour audition, Birahim Seck a profité de l’occasion pour se prononcer sur la situation actuelle des médias et sur la posture du CNRA.

Selon lui, il est inadmissible que des échanges d’idées dans une émission de débat comme « Jakaarlo Bi » soient traités comme des infractions à sanctionner plutôt que comme des expressions normales et nécessaires de la vie démocratique. Pour le responsable du Forum Civil, une telle démarche ne fait qu’aggraver le climat de méfiance entre les pouvoirs publics et les médias.

Il estime que le CNRA, en s’attaquant à une émission populaire diffusée sur une chaîne privée, risque de compromettre la liberté de la presse et d’instaurer un précédent dangereux pour l’expression pluraliste. Il appelle donc les autorités à faire preuve de retenue et à recentrer leur action sur les véritables priorités du pays.

Birahim Seck a par ailleurs rappelé que le rôle de l’État est de garantir la liberté d’opinion, même lorsque celle-ci dérange. Il a invité le gouvernement à se concentrer sur les urgences économiques et sociales, plutôt que de multiplier les convocations de journalistes et les décisions perçues comme des formes de répression.

Pour lui, le débat d’idées ne saurait être criminalisé, et l’espace médiatique doit rester un lieu ouvert à la contradiction, à la critique, mais aussi à la construction démocratique.

Médias : Le CDEPS dénonce une instrumentalisation du CNRA contre la presse sénégalaise

Le climat entre les autorités de régulation et les médias privés sénégalais s’envenime encore. Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a exprimé ce mardi sa « profonde indignation et inquiétude » après la Décision 0001/CNRA du 7 juillet 2025, par laquelle le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a mis en demeure le Groupe Futurs Médias, menaçant de suspendre tout ou partie des programmes de la TFM.

Dans son communiqué, le CDEPS rappelle qu’un précédent communiqué daté du 26 mars 2025 avait déjà été publié par le CNRA, alors même que son collège n’était pas encore installé. Pour le CDEPS, cette répétition d’attaques contre le même organe de presse traduit un acharnement intolérable et une logique partisane contraire aux missions d’un régulateur indépendant. L’organisation professionnelle estime qu’il est inconcevable qu’un organe censé garantir la pluralité et la liberté des médias prenne parti dans les divergences d’opinion et les débats télévisés, qui sont le socle même de la démocratie.

Le CDEPS souligne qu’il est « incompréhensible » que le CNRA condamne systématiquement une partie au profit d’une autre, comme en témoigne l’épisode de l’émission « Jakaarlo » du 4 juillet 2024, au cours de laquelle un chroniqueur et un militant politique avaient échangé des propos vifs. La décision de sanctionner la chaîne au lieu d’en appeler à l’équilibre et à la responsabilité des intervenants est perçue comme une démonstration de parti-pris manifeste.

L’organisation s’alarme également de ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire visant à « mettre au pas » la presse, en conformité avec des injonctions qu’elle attribue à un parti politique. Depuis plus de quinze mois, le CDEPS dit se battre contre ce qu’il qualifie de menaces et de manœuvres visant à « asphyxier les médias privés ». Il évoque des mesures cumulatives, telles que l’inquisition fiscale, la privation de ressources publicitaires, le refus d’honorer des prestations pourtant déjà exécutées, les coupures jugées illégales de signaux de certaines chaînes et le blocage prolongé depuis deux ans du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).

La situation est d’autant plus préoccupante, estime l’organisation, que des journalistes font de plus en plus l’objet de convocations policières et de procédures pénales jugées « expéditives et contraires aux règles judiciaires ». La convocation de Madiambal Diagne par la Division spéciale de la cybersécurité est citée comme le dernier exemple d’un climat de suspicion et de pression constante exercé sur les professionnels des médias.

Face à ce qu’il qualifie de dérive dangereuse, le CDEPS affirme son soutien sans réserve au Groupe Futurs Médias et appelle à un sursaut démocratique. L’organisation exige une indépendance absolue du CNRA et met en garde contre toute tentative d’instaurer ce qu’elle appelle une « police de la pensée » visant à censurer les débats et à intimider les journalistes.

Réaffirmant son attachement indéfectible à la liberté de presse, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie, le CDEPS appelle solennellement le président de la République et son gouvernement à assumer leur responsabilité de garants de l’État de droit et des libertés fondamentales. Il invite la société civile, les autorités coutumières, les chefferies religieuses musulmanes et chrétiennes, ainsi que l’ensemble des forces politiques et des citoyens sénégalais à défendre les principes fondateurs d’une société démocratique et pluraliste.

Pour le CDEPS, la liberté d’expression et l’indépendance des médias ne sauraient être des variables d’ajustement au gré des rapports de force politiques.

Cybercriminalité : Badara Gadiaga convoqué après un accrochage télévisé avec le député Amadou Ba

Le chroniqueur politique Badara Gadiaga est convoqué ce mercredi 9 juillet à 15 heures par la Division de la cybercriminalité. L’annonce a été faite par l’intéressé lui-même sur ses réseaux sociaux. Cette convocation intervient quelques jours seulement après une altercation très remarquée entre lui et le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, sur le plateau de l’émission « Jakarlo », diffusée vendredi dernier sur la TFM.

Dans une publication sobre mais évocatrice, Badara Gadiaga a indiqué : « Chers compatriotes, je viens de recevoir un coup de fil de la Cybercriminalité m’informant de ma convocation demain mercredi 09 juillet à 15h. L’essentiel le Sénégal ». Aucun autre détail n’a pour l’instant été donné sur l’objet exact de cette convocation, mais le lien avec le récent accrochage télévisé semble évident.

L’émission en question, suivie par des milliers de téléspectateurs, avait viré à l’affrontement verbal entre les deux invités. Les échanges, parfois houleux, ont attiré l’attention sur les tensions croissantes entre figures médiatiques et responsables politiques, dans un climat où la liberté d’expression et la critique politique sont de plus en plus surveillées.

Cette convocation s’inscrit dans une série d’interpellations récentes de journalistes et chroniqueurs ayant exprimé des points de vue jugés critiques à l’égard du pouvoir. Elle relance les débats autour du respect des libertés publiques et de la place du débat démocratique dans l’espace médiatique sénégalais.

Dans l’attente de son audition, Badara Gadiaga n’a pas encore donné de précisions sur sa ligne de défense. Mais son ton résolu laisse entrevoir une volonté de faire face, dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent déjà pour dénoncer ce qu’elles perçoivent comme une dérive sécuritaire dans le traitement des opinions dissidentes.

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Convoqué à la DSC : Madiambal Diagne reçoit le soutien de Birahim Seck qui tacle sévèrement le régime de Pastef

Le journaliste Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, a été convoqué ce mardi 8 juillet à la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC). Alors que les motifs exacts de cette convocation ne sont pas encore connus, cette démarche suscite déjà de nombreuses réactions. L’une des plus virulentes est celle de Birahim Seck, coordinateur du Forum Civil, venu apporter son soutien au journaliste.

Face à la presse, Birahim Seck a haussé le ton et dénoncé l’attitude du régime actuel. « Le régime de Pastef a tort, et il continue de faire des erreurs. Le Parti Pastef pense qu’il est toujours dans l’opposition. Ils veulent intimider les Sénégalais et les faire taire. Ils se trompent », a-t-il déclaré avec fermeté.

Pour l’acteur de la société civile, cette convocation s’inscrit dans une tendance inquiétante de restriction de la liberté d’expression, là où le pouvoir devrait plutôt s’ouvrir à la critique. Il estime que la parole publique, même dérangeante, ne saurait être muselée. « Les Sénégalais qui ont porté ce régime au pouvoir ne sont pas dupes. On ne doit pas avoir peur de dire la vérité à ceux qui nous gouvernent. Lorsqu’ils ont tort, on a le droit de leur dire qu’ils ont tort », a-t-il martelé.

Birahim Seck a également recentré le débat sur les priorités du pays. Il a rappelé que le gouvernement doit répondre aux attentes pressantes des populations en matière de développement économique, d’emploi et de gestion des finances publiques. « Ce que le peuple attend, ce ne sont pas des débats autour d’une personne. Il faut des solutions aux problèmes réels des Sénégalais, des réponses concrètes aux promesses de campagne », a-t-il souligné.

La convocation de Madiambal Diagne, personnage central du paysage médiatique sénégalais, et la réaction ferme du Forum Civil, ouvrent ainsi un nouvel épisode dans les relations tendues entre le pouvoir en place et certaines voix critiques. Une tension qui ravive les inquiétudes sur l’état des libertés publiques sous l’ère Pastef.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°506 – 08/07/2025

🔴 PREMIER SEMESTRE 2025 / FINANCEMENT SUR LE MARCHÉ DE L’UEMO : LE SÉNÉGAL TRIPLE SA DETTE
🔴 « S’IL CHERCHE UNE OPPOSITION, LA VOILÀ ! » : AÏSSATA TALL SALL DÉFIE SONKO

🔴 AFROBASKET 2025 : 17 « LIONNES » AFFÛTENT LEUR JEU À SALY
🔴 PRÉPARATION DE L’AFROBASKET 2025 : LE COACH OTIS HUGHLEY INTÈGRE LA TANIÈRE DES LIONNES

Le Sénégal représenté par El Malick Ndiaye au 50e anniversaire de l’indépendance des Comores

À l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Union des Comores, le Sénégal a marqué sa présence par la participation du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Mandaté par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, le président de l’hémicycle sénégalais a pris part, le dimanche 6 juillet 2025, à Moroni, aux cérémonies officielles commémorant cet anniversaire historique, selon un communiqué diffusé par l’Assemblée nationale du Sénégal.

Cette présence sénégalaise, hautement symbolique, a été saluée comme le reflet des relations fraternelles et solides qui unissent Dakar et Moroni depuis plusieurs décennies. À travers cette représentation, les autorités sénégalaises ont voulu témoigner de leur attachement à l’amitié et à la solidarité entre les deux peuples.

En marge de la cérémonie officielle, El Malick Ndiaye a eu plusieurs rencontres bilatérales avec des personnalités politiques et institutionnelles de premier plan. Le même jour, il a été reçu par le Président comorien Azali Assoumani. Lors de cet entretien, il lui a transmis les salutations fraternelles et les vœux de prospérité de son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants se sont félicités de la qualité exceptionnelle des relations diplomatiques entre leurs pays, qui partagent des valeurs communes de solidarité, d’unité africaine et d’attachement à la stabilité régionale.

Dans la continuité de ses échanges, El Malick Ndiaye s’est également entretenu avec Moustadroine Abdou, président de l’Assemblée de l’Union des Comores. La rencontre a permis aux deux responsables parlementaires de faire le point sur les perspectives de coopération interparlementaire. Ils ont convenu de créer un groupe d’amitié Sénégal–Comores afin d’approfondir les échanges d’expériences et de renforcer la concertation entre leurs institutions législatives respectives.

Le lundi 7 juillet, la visite s’est poursuivie par une audience avec le Président de la République de l’île Maurice, le Professeur Dharam Gokhool. Les deux personnalités ont exprimé leur volonté commune de dynamiser les liens bilatéraux par la diplomatie parlementaire, levier jugé essentiel pour accompagner les coopérations économiques, éducatives et culturelles.

El Malick Ndiaye a également rencontré Ahmed Ben Mohammed Al Jarwan, président du Conseil Global pour la Tolérance et la Paix. Cet entretien a été l’occasion d’évoquer des thématiques majeures telles que la promotion du dialogue interculturel, la prévention des conflits et la consolidation de la paix dans le monde. Le président Al Jarwan a profité de la rencontre pour exprimer le souhait de voir Dakar accueillir la prochaine rencontre internationale des femmes parlementaires, un événement rassemblant des représentantes issues de plus d’une centaine de pays.

En réponse à cette proposition, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a invité son interlocuteur à saisir officiellement les autorités sénégalaises par voie diplomatique. Il a précisé qu’une telle requête serait examinée avec le plus grand intérêt, en concertation avec les équipes et les ministères concernés.

Cette mission à Moroni, marquée par la participation à une célébration historique et par un agenda diplomatique dense, vient confirmer le rôle actif du Sénégal dans la consolidation des partenariats africains et la promotion des valeurs de tolérance et de paix à l’échelle internationale.

Aïssatou Tall Sall riposte à Sonko : « S’il cherche une opposition, la voilà ! »

Dans un climat politique déjà tendu, la passe d’armes entre Aïssatou Tall Sall et le Premier ministre Ousmane Sonko révèle l’ampleur du fossé qui sépare la majorité et l’opposition au Sénégal. En réaction aux propos de Sonko, qui affirmait récemment que « l’opposition n’existe plus dans ce pays », la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a choisi de répliquer sans ambages.

Face aux militants et journalistes réunis pour l’écouter, l’ancienne ministre a tenu à rappeler que l’opposition qu’elle incarne ne se résume pas à des agitations médiatiques, encore moins à des actes de violence. « Nous sommes bel et bien là, une opposition debout, ferme, déterminée — pas une opposition de pyromanes », a-t-elle martelé, dénonçant ce qu’elle considère comme une volonté délibérée de caricaturer toute voix critique.

Aïssatou Tall Sall a accusé Ousmane Sonko de vouloir amalgamer l’exercice démocratique normal de l’opposition avec les périodes de contestation violente que le Sénégal a connues ces dernières années. Pour elle, cette stratégie vise à délégitimer toute contestation et à museler les contradictions essentielles à la vitalité démocratique. « Si pour lui s’opposer c’est brûler, insulter et détruire, alors qu’il sache que ce n’est pas notre école », a-t-elle lancé, précisant qu’elle défend une ligne politique respectueuse des institutions, mais intraitable sur les principes républicains.

Soucieux de ne pas laisser l’opinion croire qu’il n’existe plus d’alternative politique crédible au pouvoir actuel, Aïssatou Tall Sall a rappelé que l’opposition qu’elle dirige n’a pas à rougir de son bilan ni de ses convictions. Selon elle, elle se distingue de celle qu’a incarnée le parti Pastef sous Macky Sall, par sa capacité à conjuguer fermeté et responsabilité. « L’opposition que nous portons est celle de la construction, du dialogue et de la fermeté démocratique, loin du chaos politique », a-t-elle précisé.

Dans un ton résolument offensif, elle a réaffirmé que Takku Wallu Sénégal ne se contentera jamais d’un rôle figuratif dans l’hémicycle et qu’elle compte continuer à interpeller le gouvernement à chaque manquement. « Nous ne sommes pas là pour applaudir, mais pour dénoncer chaque dérive, chaque écart, et rappeler que le Sénégal ne commence pas en 2024 », a-t-elle souligné, évoquant la nécessité d’honorer l’héritage démocratique et institutionnel accumulé depuis des décennies.

À travers cette sortie musclée, Aïssatou Tall Sall adresse un message clair au Premier ministre et à la majorité présidentielle : l’opposition existe, elle est organisée, et elle n’a pas l’intention de rester silencieuse. Dans un contexte politique marqué par la crispation et la méfiance entre camps rivaux, ses propos augurent d’une législature qui promet d’être particulièrement animée.

FACE À LA PRESSION DES « PASTÉFIENS » : Badara Gadiaga paiera-t-il le prix fort pour sa liberté de ton ?

Depuis quelques jours, le nom de Badara Gadiaga domine les discussions politiques. Chroniqueur très en vogue, Badara Gadiaga s’est imposé comme l’un des critiques les plus virulents du Pastef et de son président, Ousmane Sonko. À travers ses apparitions médiatiques, il embrasse ce rôle avec une assurance remarquable, au point de devenir une cible pour certains partisans du nouveau Gouvernement.
Mais par son biais, c’est un débat plus profond qui traverse la scène politique sénégalaise : celui de la liberté d’expression face au désir de contrôle. Un exemple récent : un échange vif lors de l’émission « Jakaarlo bi » entre Badara Gadiaga et le député de Pastef, Amadou Bâ. Sur le sujet épineux de l’affaire Sweet Beauté, le chroniqueur n’a pas hésité à dire ce qu’il pensait. Devant les caméras, il a frappé fort : « Vous devriez être discrets quand on évoque l’éthique. Votre leader a été condamné pour corruption de la jeunesse. Juste pour cela, vous ne devriez même pas intervenir. » Le ton est donné. Face à la gêne manifeste de l’élu majoritaire, Gadiaga a continué : « Le Pastef n’est pas un parti exemplaire. Vous êtes mal placés pour donner des leçons de morale. » Des propos qui, sans surprise, ont enflammé les réseaux sociaux et provoqué l’indignation des cercles proches du pouvoir.
La réplique n’a pas tardé. Plusieurs figures du Pastef, dont la députée Mame Bousso et le responsable politique Waly Diouf Bodian, ont publiquement demandé à la justice d’intervenir suite aux déclarations du chroniqueur. Une pression politique évidente qui soulève des questions : peut-on encore émettre librement des critiques au Sénégal, ou y a-t-il une volonté manifeste d’intimider les voix divergentes ? D’autant que ce climat tendu n’est pas unique. L’arrestation du journaliste Bachir Fofana pour ses propos sur la gestion de l’Assemblée nationale, les poursuites antérieures contre le chroniqueur Abdou Nguer, l’opposant Moustapha Diakhaté, et maintenant, les menaces envers Badara Gadiaga, reflètent un paysage où la critique semble de moins en moins tolérée.
Dans ce contexte, la voix de Thierno Alassane Sall est venue enrichir le débat. Le président de la République des Valeurs n’a pas hésité à qualifier le Pastef de « secte » qui respecte l’État de droit uniquement lorsqu’il sert ses intérêts. Il a eu à dénoncer une profonde hypocrisie politique, rappelant que les pastefiens, qui réclament si vite l’auto-saisine du procureur contre leurs opposants, sont restés muets lorsque leur propre leader a publiquement attaqué les magistrats. Pour Thierno Alassane Sall, ce silence est révélateur : « Entre la République et leur parti, ils ont choisi. Et ils n’ont pas choisi la République. »
Dans ses dernières interventions, Badara Gadiaga lui-même s’est indigné de l’impunité dont bénéficierait le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans ses attaques contre la justice. Selon lui, « si un autre citoyen avait tenu de tels propos envers les magistrats, il serait déjà en prison ». Derrière cette affirmation se cache une réalité troublante : l’idée croissante que la loi ne s’applique plus équitablement ; ce, selon les affiliations politiques.
Dès lors, la figure de Badara Gadiaga prend une nouvelle dimension. Au-delà du polémiste et du militant, il devient le symbole d’un contre-pouvoir informel. Celui qui ose exprimer tout haut ce que d’autres préfèrent passer sous silence par prudence ou calcul. Il dérange, certes. Mais il incarne aussi une forme de résistance à la pensée unique et au verrouillage de l’opinion. Et si l’on considère qu’une démocratie dynamique repose également sur l’ouverture laissée aux voix critiques, alors Gadiaga joue, qu’on le veuille ou non, un rôle précieux.
Si le Pastef, longtemps engagé dans la lutte pour la liberté d’expression, sombre aujourd’hui dans l’intolérance à la critique, c’est une alerte démocratique sérieuse. Le pouvoir change, mais les principes doivent demeurer. Faire appel à la justice contre les chroniqueurs, emprisonner des journalistes pour leurs opinions, intimider les opposants, ces pratiques que l’on dénonçait hier, sont devenues monnaie courante.
L’histoire jugera. Mais en attendant, Badara Gadiaga, avec son style percutant et sans compromission, rappelle à tous que gouverner, c’est aussi accepter la contradiction. Et que dans une République, personne – pas même les vainqueurs d’hier – ne devrait être à l’abri de la critique.

Le Dakarois

Assemblée nationale : Aïssatou Tall Sall tire la sonnette d’alarme et dénonce une dérive autoritaire

Aïssatou Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a livré une critique incisive et sans concession à l’issue de la session parlementaire qui vient de s’achever. Dans un discours empreint de gravité, elle a dénoncé une exclusion systématique de l’opposition et une concentration excessive du pouvoir entre les mains de la majorité parlementaire, qu’elle accuse d’œuvrer à « anéantir » toute voix dissidente. Avec ses 17 députés, Takku Wallu se présente comme une opposition responsable, engagée fermement dans la défense de l’intérêt général.

L’ancienne ministre et députée a pointé du doigt une Assemblée nationale « tirée par l’exécutif », dans laquelle les initiatives législatives émises par les députés sont largement marginalisées au profit de lois élaborées sous la seule influence du gouvernement, souvent sans débat réel ni prise en compte des propositions des parlementaires. Elle a dénoncé avec véhémence l’obstruction dont seraient victimes les propositions de loi, citant en exemple le rejet catégorique d’une proposition de loi portée par Thierno Alassane Sall. « Lorsqu’un député soumet un projet de loi, nous lui faisons obstacle. C’est inadmissible », a-t-elle insisté.

Aïssatou Tall Sall a également critiqué la conduite du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye. Elle l’a accusé de ne pas respecter le règlement intérieur en participant directement aux débats parlementaires, un comportement contraire à l’article 69 du règlement. Selon elle, le président confondrait son rôle institutionnel avec celui d’un militant du parti PASTEF, ce qui contribue à fragiliser la neutralité de la présidence de l’Assemblée. Elle a évoqué plusieurs épisodes tumultueux où, selon elle, Malick Ndiaye aurait outrepassé ses prérogatives, notamment en intervenant de manière partiale lors des discussions.

La présidente de Takku Wallu a rappelé que la mission essentielle de l’opposition n’est pas d’être un simple ornement au sein de l’Assemblée, mais bien de jouer un rôle de contrepoids rigoureux. Elle a souligné qu’une opposition responsable soutient toute initiative bénéfique pour le pays, mais qu’elle s’oppose fermement à toute mesure qu’elle juge néfaste. Elle appelle donc à ce que la prochaine session parlementaire soit marquée par un « respect rigoureux du règlement intérieur » et une reconnaissance authentique de la place de l’opposition dans les débats.

Sur le plan institutionnel, Aïssatou Tall Sall a vivement condamné les récentes attaques du Premier ministre Ousmane Sonko contre la justice. En sa qualité d’avocate, elle a exprimé son inquiétude face à la gravité de ces propos, soulignant que « le jour où la confiance dans la justice sera ébranlée, ce sera l’achèvement de la République ». Elle a plaidé pour un rétablissement rapide de la sérénité institutionnelle, un respect mutuel entre les différents pouvoirs, et la préservation des fondements de la République.

En conclusion, la présidente de groupe a lancé un appel solennel à tous les acteurs politiques pour qu’ils œuvrent à sauvegarder la dignité et la réputation de l’Assemblée nationale. Elle a insisté sur le fait que le respect des règles, la conduite neutre des séances et la reconnaissance pleine et entière de l’opposition sont autant de marques d’« élégance républicaine ». Takku Wallu Sénégal, tout en affirmant sa volonté de poursuivre son combat au sein du Parlement, exige désormais d’être traitée avec le respect que lui confère la Constitution.

Session parlementaire 2024-2025 : Takku Wallu Sénégal dresse un bilan critique et appelle à des réformes

À l’occasion de la clôture de la session ordinaire unique 2024-2025, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a dressé un constat sévère sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration prononcée par son vice-président, le député Djimo Souaré, le groupe a dénoncé une série de « dérives graves et répétées » qu’il impute à la majorité parlementaire et à la présidence de l’institution.

Selon Takku Wallu Sénégal, la session écoulée s’est caractérisée par un effacement quasi-total de l’initiative parlementaire, confisquée selon eux par l’exécutif. Le groupe dénonce une Assemblée nationale transformée en simple chambre d’enregistrement, incapable de garantir la séparation des pouvoirs. Il accuse le pouvoir exécutif d’avoir dicté le rythme des débats, orienté les priorités législatives et marginalisé les députés de l’opposition dans le processus décisionnel. Parmi les exemples cités figurent la suppression d’institutions constitutionnelles, le blocage systématique de propositions de loi émanant des députés, et des violations répétées du règlement intérieur.

Le groupe parlementaire a également pointé du doigt le comportement du président de l’Assemblée nationale, accusé d’avoir usurpé la parole au mépris de l’article 69 du règlement intérieur. Takku Wallu estime que ces interventions intempestives, souvent dirigées contre les députés de l’opposition, ont contribué à déséquilibrer les débats et à décrédibiliser l’hémicycle. Le non-respect de l’article 74, qui encadre les questions préalables, est également cité comme un exemple flagrant d’atteinte à l’équité dans les discussions. Dans ce contexte, les parlementaires de Takku Wallu ont exhorté le président de l’Assemblée à « prendre de la hauteur » et à rompre avec une stratégie de communication « vouée à l’échec ».

Réagissant aux accusations récentes selon lesquelles certains députés auraient perçu des indemnités exceptionnelles ou bénéficié de prêts à l’occasion des fêtes religieuses, Takku Wallu Sénégal a fermement démenti. « Aucun de nos membres n’a touché le moindre franc », a déclaré Djimo Souaré, précisant que le groupe avait décliné toute offre de prêt pour la Tabaski. Il a dénoncé une campagne de dénigrement orchestrée par des députés de la majorité, accusés d’alimenter la polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux, dans le but de ternir l’image des parlementaires de l’opposition.

Malgré ce climat tendu, le groupe n’a pas manqué de rendre hommage au président sortant Macky Sall. Il a salué son « courage politique » et son « rayonnement international », rappelant que Takku Wallu demeure solidaire de l’ancien chef de l’État. Enfin, les responsables du groupe ont tenu à féliciter l’ensemble de leurs membres pour leur engagement et leur implication durant cette session parlementaire particulièrement agitée.

À quelques mois de la prochaine rentrée parlementaire, les lignes de fracture semblent déjà bien tracées. Entre tensions politiques, rivalités internes et guerre des récits, la prochaine session s’annonce électrique. Takku Wallu Sénégal entend bien peser de tout son poids pour que les réformes institutionnelles soient à l’ordre du jour et que la démocratie parlementaire retrouve ses lettres de noblesse.

Haute Cour de Justice : Aïssatou Sophie Gladima obtient la liberté provisoire sous bracelet électronique

La commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a rendu sa décision ce lundi concernant l’affaire impliquant l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Après plusieurs semaines de procédures et d’auditions, l’ancienne membre du gouvernement a finalement obtenu la liberté provisoire. Elle devra toutefois rester sous contrôle judiciaire, puisqu’elle est placée sous surveillance électronique par le port d’un bracelet.

Le dossier, communément appelé « dossier Covid-19 », est l’un des volets sensibles des enquêtes ouvertes sur la gestion des fonds destinés à atténuer l’impact de la pandémie. Il porte notamment sur un projet de construction d’un centre gravimétrique à Kédougou, censé bénéficier aux orpailleurs affectés par les restrictions sanitaires. Selon l’accusation, des irrégularités auraient émaillé la passation et l’exécution de plusieurs contrats relatifs à cette opération, ce qui a conduit à la mise en cause de plusieurs anciens responsables ministériels.

Les avocats d’Aïssatou Sophie Gladima, quant à eux, ont soutenu devant la commission d’instruction que leur cliente n’avait jamais eu de rôle direct dans la gestion des décaissements ou dans la vérification des prestations. Selon eux, son intervention s’était exclusivement limitée à l’approbation des contrats, une phase qui, affirment-ils, précède toute procédure de paiement. Les conseils de l’ancienne ministre ont également insisté sur le fait que la Cour des comptes, dans ses rapports d’audit, n’avait pas directement mis en cause la responsabilité de leur cliente dans l’exécution du projet.

Depuis le début de cette affaire, Aïssatou Sophie Gladima a catégoriquement nié les accusations portées contre elle. Elle a constamment affirmé devant les juges de la Haute Cour de Justice qu’elle n’avait jamais eu connaissance d’irrégularités lors du traitement du dossier et qu’elle n’était pas intervenue dans la chaîne d’exécution financière ou technique du projet.

En optant pour la liberté provisoire avec bracelet électronique, la commission d’instruction a choisi une mesure de compromis, qui permet à l’ancienne ministre de regagner son domicile tout en restant sous une surveillance constante des autorités judiciaires. Ce dispositif de contrôle devrait notamment permettre de vérifier ses déplacements et de garantir sa disponibilité à chaque étape de la procédure.

Cette décision marque un nouveau rebondissement dans ce dossier emblématique des poursuites judiciaires liées à la gestion des fonds d’urgence Covid-19. Le dossier n’est pas clos et Aïssatou Sophie Gladima reste mise en examen. Les prochaines étapes de l’instruction permettront de déterminer si le procès sera renvoyé devant la Haute Cour de Justice ou s’il sera classé sans suite.

Contenus indécents à la télévision : le CNRA hausse le ton et rappelle les règles aux éditeurs et producteurs

Le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a adressé une mise en garde ferme aux éditeurs et producteurs audiovisuels, dénonçant la multiplication inquiétante de contenus jugés indécents et contraires aux valeurs morales et culturelles du pays. Dans un communiqué transmis à Ledakarois, l’organe de régulation affirme constater une « recrudescence » de séquences, propos, images et scènes qualifiés d’« obscènes et injurieux » dans de nombreuses productions diffusées sur les télévisions sénégalaises.

Selon le CNRA, ces dérives concernent particulièrement certaines séries télévisées, des clips musicaux et des émissions de divertissement qui, selon les termes du document, « semblent rivaliser en termes de vulgarités, d’insanités et de contre-valeurs ». Le régulateur rappelle que la diffusion de ce type de contenus est strictement interdite par la réglementation en vigueur, notamment parce qu’ils portent atteinte à la moralité publique et risquent de nuire à la préservation des valeurs, sensibilités et identités culturelles et religieuses du public. Il insiste en particulier sur la nécessité de protéger les jeunes téléspectateurs contre ce qu’il décrit comme une « incitation à la débauche ».

Face à cette situation jugée préoccupante, le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel appelle les éditeurs télévisuels, quelles que soient la technologie et le mode de diffusion utilisés, à prendre leurs responsabilités et à mettre immédiatement fin à la diffusion de tout contenu susceptible de heurter la sensibilité des citoyens. Il demande également aux producteurs et sociétés de production de revoir leurs œuvres en profondeur afin d’en retirer tous les éléments contraires à la réglementation.

Le CNRA tient à rappeler que les médias audiovisuels demeurent pleinement responsables de la totalité des programmes diffusés sur leurs antennes et sur l’ensemble de leurs supports. Cette responsabilité est précisée par leur Cahier des charges et implique le respect scrupuleux des normes éthiques et juridiques qui encadrent la communication audiovisuelle au Sénégal.

Enfin, l’organe de régulation prévient que le non-respect de cette mise en garde expose les éditeurs aux sanctions prévues par la réglementation, qui incluent des poursuites pénales et des sanctions administratives. Les producteurs, eux, risquent l’interdiction pure et simple de toute diffusion de leurs productions incriminées. Le CNRA conclut en réaffirmant sa détermination à veiller à l’application stricte des règles pour préserver l’équilibre moral et culturel de l’espace audiovisuel sénégalais.

Enseignement supérieur : le paiement des bourses universitaires démarre ce mardi 8 juillet

Bonne nouvelle pour des milliers d’étudiants sénégalais : le paiement des bourses d’études du mois de juin 2025 débutera officiellement le mardi 8 juillet 2025. L’annonce a été faite dans un communiqué publié ce lundi par la Direction des Bourses relevant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Selon les précisions fournies, cette opération concerne l’ensemble des étudiants régulièrement inscrits dans les établissements publics d’enseignement supérieur sur le territoire national, pour l’année universitaire 2024-2025. Le versement des allocations d’études est effectué par les services du Trésor public, en collaboration avec les banques partenaires et les structures de paiement agréées.

Cette mesure vise à permettre aux étudiants de faire face aux nombreuses dépenses de fin d’année universitaire, notamment celles liées aux examens, à la préparation des soutenances et aux frais de subsistance. Comme à l’accoutumée, la Direction des Bourses a invité les bénéficiaires à vérifier la disponibilité effective de leurs allocations auprès de leurs agences habituelles avant de se déplacer, afin d’éviter les longues files d’attente et les regroupements inutiles.

Le calendrier de paiement est organisé de façon échelonnée, en fonction des établissements et des régions, pour mieux fluidifier la distribution et assurer la prise en charge de tous les ayants droit.

Le paiement des bourses reste un enjeu majeur dans le climat social des universités sénégalaises, où les retards fréquents ont parfois suscité des mouvements d’humeur et des grèves. Le respect de ce calendrier devrait contribuer à apaiser le front universitaire dans un contexte marqué par la multiplication des revendications, tant sur les conditions pédagogiques que sur la situation sociale des étudiants.

Les autorités invitent enfin tous les étudiants à se rapprocher des services de la Direction des Bourses ou des correspondants administratifs de leurs universités pour toute question relative aux modalités pratiques de paiement et à la régularité de leurs dossiers.

Diplomatie : Bassirou Diomaye Faye attendu aux États-Unis pour une visite de travail et un sommet stratégique

Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, se rendra aux États-Unis d’Amérique pour une visite de travail les 9 et 10 juillet 2025, à l’invitation du président américain Donald Trump. L’annonce a été faite ce lundi par un communiqué officiel de la Présidence de la République du Sénégal, confirmant la participation du président Faye à un important sommet diplomatique et économique organisé à Washington.

Cette rencontre, prévue du 9 au 11 juillet, constitue l’un des premiers grands rendez-vous africains du second mandat de Donald Trump. Plusieurs chefs d’État sont attendus, notamment ceux du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et bien entendu du Sénégal. Selon les autorités américaines, l’initiative ambitionne de renforcer les liens stratégiques et d’explorer de nouvelles opportunités de coopération bilatérale et multilatérale avec les pays africains.

Au cœur des discussions figurent deux grands axes. D’une part, le développement des partenariats économiques, avec une attention particulière portée aux secteurs jugés stratégiques par Washington, notamment l’exploitation et la sécurisation des minerais critiques, essentiels pour les technologies de pointe et la transition énergétique. D’autre part, la consolidation de la coopération en matière de sécurité régionale, dans un contexte marqué par la persistance de menaces terroristes et la recrudescence des trafics transfrontaliers dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

Ce déplacement constitue l’une des toutes premières visites de Bassirou Diomaye Faye en dehors du continent africain depuis son arrivée au pouvoir. Il illustre la volonté du Sénégal de s’inscrire dans une diplomatie active et d’accroître son attractivité économique auprès de partenaires majeurs. Les entretiens bilatéraux devraient porter également sur les perspectives d’investissements directs américains au Sénégal, ainsi que sur la coopération dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures.

Ce sommet sera, pour Donald Trump, une occasion d’afficher son ambition de renouer des partenariats économiques forts avec le continent africain, après une période où les relations étaient restées relativement en retrait. La présence du président sénégalais à Washington est perçue par les observateurs comme un signal d’ouverture et un moyen d’amplifier les engagements pris au niveau national en faveur de l’émergence économique et de la souveraineté industrielle.

Dialogue avec l’UMS : la Primature réfute toute demande officielle émanant de Sonko

La polémique autour d’une prétendue rencontre entre le Premier ministre Ousmane Sonko et l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) continue d’alimenter les commentaires. Annoncée par certains médias comme une démarche formelle du chef du gouvernement, l’initiative a été recadrée par une source autorisée au sein de la Primature qui a tenu à clarifier les faits dans les colonnes du quotidien Le Soleil sn.

Selon cette source, il n’a jamais été question d’une sollicitation officielle ni de la part du Premier ministre, ni de celle de l’UMS. L’interlocuteur précise que la proposition d’un échange est née de l’initiative personnelle du conseiller juridique du Premier ministre, lui-même magistrat et membre de l’organisation syndicale. Ce dernier aurait estimé, à titre individuel, qu’un dialogue direct entre le chef du gouvernement et les représentants des magistrats serait opportun dans une perspective de normalisation des rapports institutionnels.

Dans le récit livré par la Primature, le conseiller juridique a d’abord soumis son idée au Premier ministre, qui a simplement donné un accord de principe, considérant que la démarche entrait dans l’esprit d’ouverture et de concertation qu’il promeut avec tous les corps de l’État. L’éventuelle rencontre avait même été envisagée pour se tenir le mercredi 9 juillet.

Pour autant, cet accord de principe n’a pas suffi à enclencher la tenue effective de la réunion. Après un premier échange avec le président de l’UMS, qui avait également donné un avis favorable sous réserve de consulter son bureau, il est apparu qu’une partie des membres de l’instance dirigeante de l’UMS s’opposait au timing proposé.

Les magistrats réticents ont notamment mis en avant la fin prochaine du mandat du bureau actuel. Ils ont jugé préférable de surseoir à toute rencontre officielle avant la tenue de la prochaine assemblée générale, prévue en septembre, qui désignera une nouvelle équipe dirigeante. Dans cet esprit, la décision a été différée par souci de cohérence interne et de légitimité.

La Primature a insisté sur le caractère informel et non contraignant de l’initiative. Selon la même source, il n’y a eu aucune pression, ni tentative de forcer la main à l’UMS. La démarche, qualifiée de « strictement personnelle et républicaine », n’impliquait aucune obligation et visait seulement à engager un dialogue constructif sur la justice sénégalaise.

En conclusion, l’entourage du Premier ministre souligne qu’Ousmane Sonko n’a formulé aucune demande officielle et qu’il appartient à l’UMS, en toute autonomie, de décider du moment qu’elle juge approprié pour un éventuel échange. La Primature précise enfin qu’elle respecte pleinement cette position et qu’aucune autre démarche n’est actuellement prévue.

Ziguinchor : Grève de la faim des détenus après l’interdiction des repas extérieurs, le couscous au centre des tensions

Les détenus de la maison d’arrêt et de correction de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, ont décidé d’entrer en grève de la faim ce lundi 7 juillet 2025. Cette mobilisation survient après la décision de l’administration pénitentiaire de leur interdire la réception des repas que leurs proches leur apportaient régulièrement.

D’après plusieurs témoignages recueillis par Pressafrik, la colère des prisonniers est alimentée par un climat de suspicion généralisée. « Les agents n’acceptent plus la nourriture de nos familles. Même les pots de chocolat, le beurre et certains plats comme le couscous sont refusés », a confié un détenu. La mesure serait la conséquence directe d’un incident survenu récemment, lorsqu’un plat de couscous (thieré) a été saisi parce qu’il contenait du chanvre indien destiné à un détenu. Les prisonniers dénoncent une sanction collective, estimant qu’ils paient tous pour les agissements isolés d’un seul individu. « C’est injuste que tout le monde soit puni à cause d’un seul détenu », s’est indigné un autre pensionnaire de l’établissement.

Au-delà de la question des repas, la contestation porte également sur la nature même de la détention. De nombreux détenus affirment qu’ils ont été jugés et condamnés à des peines supérieures à cinq ans, alors même que la prison de Ziguinchor est conçue pour des détentions provisoires et de courtes durées. Ils réclament ainsi leur transfert vers des établissements pénitentiaires plus adaptés. « Nous avons purgé une partie de nos peines, et nous sommes toujours ici alors que ce n’est pas un centre pour longues peines », ont-ils dénoncé.

Interrogée sur ces accusations, une source au sein de l’administration pénitentiaire a confirmé que l’incident du couscous a été l’élément déclencheur de la nouvelle interdiction. Selon cet agent, ces restrictions découlent de l’application stricte du règlement intérieur. Il rappelle que « les prisons sénégalaises, comme dans beaucoup d’autres pays, interdisent l’introduction de certains produits pour des raisons de sécurité ou d’hygiène ». La même source précise que le chanvre indien n’est pas la seule substance interdite à avoir été introduite. « Des proches dissimulent parfois le chanvre indien dans des paquets de thé. Une femme a même été arrêtée récemment pour en avoir caché dans un plat destiné à son mari incarcéré », a-t-il expliqué.

L’administration se réfère notamment à l’article 134 d’un décret réglementaire qui prohibe l’introduction de boissons alcoolisées, de matières inflammables et de tout produit susceptible de nuire à la sécurité des personnes incarcérées. La direction évoque également des techniques de dissimulation de stupéfiants ou de poison à l’intérieur d’aliments anodins comme le chocolat et le lait en poudre. « C’est pour protéger les détenus eux-mêmes que ces denrées sont désormais interdites », a insisté le représentant de l’administration pénitentiaire.

S’agissant des détenus qui protestent contre leur maintien prolongé dans la maison d’arrêt, la direction admet que leur situation n’est pas normale. « Ils ont raison de s’en indigner, car la maison d’arrêt de Ziguinchor n’a pas vocation à accueillir des détenus condamnés à plus de cinq ans », a reconnu la même source. Elle a toutefois assuré que des démarches étaient déjà engagées auprès de l’administration centrale pour organiser leur transfert vers des établissements adaptés, sans toutefois avancer de calendrier précis.

Dans l’attente, la tension reste vive entre les prisonniers et la direction de l’établissement, qui assure qu’aucune tolérance ne sera accordée à l’introduction de produits illicites, même au prix d’un durcissement des conditions de détention et d’un mécontentement grandissant.

Manquements à l’Assemblée nationale et mainmise de l’exécutif : Takku Wallu charge El Malick Ndiaye

Le groupe parlementaire de l’opposition Takku Wallu Sénégal est monté au créneau ce lundi 7 juillet au siège de l’Alliance pour la République (APR) pour dénoncer ce qu’il qualifie de dérives graves dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, dont la session ordinaire 2024-2025 s’est achevée le 30 juin dernier. Dans une déclaration lue par le député Djimo Souaré, la formation parlementaire a dressé un réquisitoire sévère contre la présidence de l’institution, accusée d’être totalement sous l’influence de l’exécutif.

Selon Djimo Souaré, l’Assemblée nationale est devenue « une institution à la remorque du gouvernement ». Le parlementaire a pointé du doigt la multiplication d’initiatives émanant exclusivement de l’exécutif, au détriment de l’indépendance parlementaire. Il a cité la suppression de certaines institutions constitutionnelles, les levées d’immunité parlementaire jugées intempestives, et le blocage systématique des propositions de loi émanant de députés, notamment ceux de l’opposition. Le député a également dénoncé la violation répétée du règlement intérieur par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

Le groupe Takku Wallu estime que ces pratiques entachent gravement l’équité et le bon déroulement des débats démocratiques. Djimo Souaré a notamment rappelé le non-respect des dispositions de l’article 74 du règlement intérieur, qui autorisent l’auteur d’une question préalable à reprendre la parole après une intervention. Or, selon lui, ce droit a été systématiquement bafoué lors de plusieurs séances plénières.

Autre grief majeur formulé par l’opposition : la participation active du président de l’Assemblée nationale aux débats en séance publique. Takku Wallu estime que ces prises de parole, souvent orientées contre les députés de l’opposition, violent frontalement l’article 69 du règlement intérieur, qui interdit au président de commenter ou de répondre aux interventions des parlementaires.

Dans sa déclaration, le groupe a invité El Malick Ndiaye « à prendre de la hauteur » et à se départir d’une posture qu’il juge partisane et vouée à l’échec. Il a également mis en garde contre une stratégie de communication qu’il accuse de chercher à discréditer l’opposition et à travestir la réalité des débats parlementaires.

Enfin, Takku Wallu a tenu à lever toute équivoque sur les avantages financiers supposés des députés. Le groupe a formellement démenti l’existence d’une « indemnité de plénière de 100.000 francs CFA », affirmant qu’aucun de ses membres n’a jamais perçu une telle rémunération, ni sous la 14e législature ni dans l’actuelle 15e législature.

Par cette sortie, l’opposition confirme sa volonté de continuer à dénoncer publiquement ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire et un affaiblissement sans précédent du rôle de contrôle du Parlement sur l’action gouvernementale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°505 – 07/07/2025

🔴 BADARA GADIAGA FACE À LA VINDICTE DES « PASTÉFIENS » : LE FRANC-PARLER DÉRANGE
🔴 1er TRIMESTRE 2025 / BAISSE DE LA QUALITÉ DE PORTEFEUILLE DANS LA MICROFINANCE : LA RENTABILITÉ GLOBALE VACILLE

🔴 CAN FÉMININE 2025 / VICTOIRE CONTRE LA RD CONGO (4-0) : LE SÉNÉGAL DÉMARRE EN TROMBE !
🔴 AFRICAN GLORY / SACRE INTERCONTINENTAL FACE AU SUISSE ÉRIC BRITO : MOUHAMED TAFSIR BA, CHAMPION WAKO PRO

Attaques contre Badara Gadiaga : Thierno Alassane Sall dénonce le « comportement sectaire » de Pastef

Le député et président de la République des valeurs (Rv), Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué le Pastef, qu’il accuse d’entretenir un rapport opportuniste à l’État de droit et aux principes démocratiques. Dans une publication sur X, l’ancien ministre a dénoncé le « double discours » du parti dirigé par Ousmane Sonko, qu’il accuse de défendre la justice et les institutions uniquement lorsque cela sert ses intérêts.

« Pastef montre tous les jours sa véritable nature. Celle d’une secte qui pense que l’État de droit est une fiction à invoquer que lorsqu’il sert ses intérêts ou ceux de son gourou », a-t-il écrit.

Selon Thierno Alassane Sall, le mouvement au pouvoir a manqué une occasion de faire la démonstration de son attachement aux institutions après les critiques virulentes du Premier ministre contre certains magistrats. Il souligne qu’aucune voix n’a été élevée dans les rangs de Pastef pour réclamer l’autosaisine du procureur, alors que, selon lui, ces mêmes responsables politiques « le font avec excès dès qu’une parole heurte leurs chefs ».

Le député a également évoqué le cas du chroniqueur Abdou Nguer, qu’il présente comme victime d’un « acharnement judiciaire » et d’une incarcération prolongée pour des motifs qu’il juge infondés. Il estime que cette tendance à « l’intolérance aux opinions adverses » favorise la multiplication des prisonniers d’opinion.

Dans le même registre, Thierno Alassane Sall a dénoncé les pressions récentes visant Badara Gadiaga après ses propos critiques à l’égard du parti présidentiel. « Entre la République et leur parti, les Pastefiens ont choisi, et ils n’ont pas choisi la République », a-t-il accusé.

En conclusion, il a alerté sur les risques d’un affaiblissement durable du principe d’égalité devant la loi. « Désormais, tout donne à penser qu’au Sénégal la loi ne s’applique plus de la même façon à tous. Ceux qui détournent le regard auront demain leur part de responsabilité », a-t-il averti.

Djimbo Souaré sur le plan de redressement triennal de Sonko : « Il y a une incohérence »

Le député Djimbo Souaré, président du Conseil départemental de Goudiry, s’est interrogé publiquement sur le « plan de redressement triennal » présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko dans un live diffusé sur les réseaux sociaux. Pour l’élu du groupe parlementaire Takku-Wallu, ce plan n’apparaît dans aucun des documents officiels examinés récemment à l’Assemblée nationale, notamment lors du débat d’orientation budgétaire.

Invité de l’émission Face au jury ce dimanche 6 juillet, Djimbo Souaré a rappelé que le samedi 28 juin 2025, les députés avaient adopté la loi de finances rectificative et débattu du Document de programmation pluriannuelle (DPP) 2025-2027. Or, selon lui, ce dernier ne fait nulle part mention d’un quelconque « plan de redressement ».

« Si le document annoncé par le Premier ministre est différent du DPP, il y a incohérence », a-t-il affirmé, visiblement agacé. Il s’interroge sur la cohérence institutionnelle entre l’exécutif et le Parlement : « Cela signifie-t-il que nos discussions à l’Assemblée n’avaient aucune importance ? Je me pose des questions sur la teneur et la fiabilité du document soumis au débat », a-t-il poursuivi.

Djimbo Souaré estime qu’il est urgent d’éclaircir les choses. À ses yeux, la clarté budgétaire est une exigence démocratique : « Il faut qu’on nous dise si le DPP est le même que le plan de redressement triennal. S’il s’agit de deux documents distincts, cela voudrait dire que le débat d’orientation budgétaire n’avait pas lieu d’être », a-t-il martelé.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte politisation du débat économique, alors que le gouvernement multiplie les annonces sur sa stratégie de transformation structurelle. Mais pour une partie de l’opposition, la communication de l’exécutif reste floue et parfois en décalage avec les procédures légale

Offensive politique coordonnée : le Pastef exerce-t-il une pression sur la justice pour l’arrestation de Badara Gadiaga ?

Le climat politique sénégalais connaît une nouvelle zone de turbulences après l’épisode tendu du dernier numéro de l’émission Jakaarlo. Le chroniqueur Badara Gadiaga s’y est retrouvé au centre d’un vif échange avec le député Amadou Bâ, membre influent du parti Pastef.

Depuis cet affrontement télévisé, plusieurs figures de premier plan de la majorité présidentielle, parmi lesquelles Waly Diouf Bodian et la députée Mame Bousso, se sont relayées sur les réseaux sociaux pour réclamer l’intervention de la justice contre Badara Gadiaga. Cette succession d’appels quasi simultanés à des poursuites judiciaires, relayés publiquement par des responsables politiques, interroge sur la nature de cette démarche : s’agit-il d’une simple réaction collective à des propos jugés injurieux ou d’une offensive coordonnée pour faire pression sur les magistrats ?

La question est d’autant plus sensible qu’elle survient quelques jours après l’arrestation du journaliste Bachir Fofana, placé en garde à vue pour avoir soulevé des interrogations sur la gestion financière de l’Assemblée nationale. Cette arrestation, dénoncée par plusieurs organisations de défense des libertés, avait déjà alimenté les craintes d’un climat de répression contre les voix critiques.

Le contexte national se révèle d’autant plus tendu que le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’une récente intervention sur les réseaux sociaux, avait lui-même émis de virulentes critiques à l’encontre de certaines composantes du pouvoir judiciaire, qu’il accuse d’acharnement ou de partialité dans des dossiers le concernant.

Cette séquence politique, marquée par une multiplication des polémiques et des interpellations de journalistes et chroniqueurs, soulève des inquiétudes sur l’équilibre entre la liberté d’opinion et les tentatives de criminalisation de la critique. Elle ouvre également un débat de fond sur la capacité de la justice sénégalaise à rester imperméable aux injonctions politiques.

Affaire à suivre.

Mbaye Dione, SG de l’AFP, sur la gestion de l’actuel pouvoir : « Nous sommes loin de la rupture… »

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a livré un constat sévère sur les quinze premiers mois de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche sur la RFM, le responsable politique a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un fossé entre les promesses de rupture et la réalité de la gestion du pouvoir.

« Après 15 mois d’exercice, je suis resté sur ma faim. Nous sommes loin de la rupture », a-t-il affirmé d’emblée, estimant que le fonctionnement actuel reproduit les mêmes travers qui étaient dénoncés sous les régimes précédents. « Et pire, avec moins de résultats », a-t-il ajouté, fustigeant l’absence de changement concret dans la conduite des affaires publiques.

Dans son analyse, Mbaye Dione a pointé des dysfonctionnements qu’il juge graves dans plusieurs secteurs. Il a notamment évoqué la persistance des soupçons d’enrichissement personnel visant des directeurs généraux, la continuité de pratiques de corruption et de clientélisme, ainsi que la distribution jugée opaque des aides et avantages divers, comme le « sukeur Koor » (cadeaux distribués pendant le Ramadan) et l’octroi de billets pour le pèlerinage à La Mecque.

Sur le plan des libertés publiques, l’ancien compagnon politique de Moustapha Niasse a également exprimé ses inquiétudes. Il a dénoncé des atteintes à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, domaines dans lesquels il attendait des avancées notables, compte tenu des engagements pris par le nouveau pouvoir durant la campagne électorale.

Ce bilan critique intervient alors que l’AFP, qui vient d’officialiser sa rupture avec la coalition Benno Bok Yakaar, se positionne désormais comme une force d’opposition autonome, déterminée à incarner une alternative crédible. Mbaye Dione, à travers ce discours, semble vouloir ouvrir un nouveau cycle politique pour son parti, en se distinguant à la fois de l’ancien système et des actuels tenants du pouvoir.

Performances des agences publiques : Lansana G. Sakho passe à la loupe les principes du New management public

Lansana Gagny Sakho propose une réflexion critique sur le fonctionnement des agences publiques au Sénégal, en s’appuyant sur les concepts du « New management public » et sur la gouvernance des entités parapubliques. Dans son ouvrage intitulé Les agences publiques d’exécution face au défi de la performance : cas du Sénégal, paru aux éditions L’Harmattan, il dresse un état des lieux sans concession des limites qui freinent la modernisation de l’administration.

Son analyse met en évidence une série de dysfonctionnements structurels. Selon lui, la nomination des responsables à la tête de ces agences obéit rarement à des critères objectifs fondés sur la compétence et la performance. Il estime que les organes délibérants, qui devraient exercer un rôle stratégique, se voient souvent relégués à un statut purement consultatif, sans réelle capacité de contrôle ni d’impulsion.

L’auteur pointe également le caractère inachevé des textes réglementaires, notant qu’ils ne prévoient pas de mécanismes clairs de révocation des directeurs qui échoueraient à atteindre les objectifs fixés. Une lacune majeure, selon lui, qui entretient un système où la responsabilité et la reddition des comptes demeurent floues.

Fort d’une expérience de près de deux décennies dans les rouages de l’administration, Lansana G. Sakho, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et des grands projets (APIX), revisite les principes du New public management. Il montre en quoi ces approches managériales, inspirées du secteur privé, peuvent contribuer à renforcer l’efficacité et l’impact des politiques publiques, à condition d’être adaptées au contexte sénégalais.

L’ouvrage, préfacé par le Dr Abdou Karim Guèye, Inspecteur général d’État à la retraite, formule des recommandations précises visant à améliorer la gouvernance et le pilotage des agences d’exécution. Pour Lansana G. Sakho, la modernisation de l’administration passe par l’exigence d’une culture de résultats, une clarification des responsabilités et la mise en place d’outils d’évaluation rigoureux.

Mort de jeunes à Cambérène : Ousmane Sonko présente ses condoléances et promet la vérité sur les circonstances du drame

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi 5 juillet 2025 à Cambérène, où deux jeunes ont perdu la vie lors d’une intervention des forces de l’ordre. Accompagné du ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, et du préfet de Dakar, il a visité les familles des victimes, notamment les familles Ba et Dieng, afin de leur présenter les condoléances officielles du gouvernement.

Devant les proches rassemblés, le chef du gouvernement a pris la parole pour exprimer sa compassion et réaffirmer la volonté des autorités d’élucider les faits. Il a déclaré qu’il était conscient du choc et de la douleur causés par ces décès tragiques et qu’aucun responsable politique ne pouvait rester indifférent face à une telle situation.

Ousmane Sonko a insisté sur le principe de transparence dans la gestion de ce drame. Il a rappelé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’était engagé dès son retour d’Espagne à faire toute la lumière sur cette affaire. Il a précisé que l’enquête judiciaire diligentée par les autorités compétentes était déjà en cours. Selon lui, il serait prématuré d’avancer des conclusions définitives, car personne ne peut à ce stade affirmer avec certitude ce qui s’est réellement produit. Il a toutefois reconnu que les premiers éléments recueillis indiquent la présence et l’implication de policiers lors des événements qui ont conduit à la mort des jeunes.

« Comme l’a affirmé le président de la République, l’engagement est pris pour que toute la vérité soit connue. Une enquête est en cours, et pour l’instant, personne ne peut affirmer avec certitude ce qui s’est réellement passé. Ce que l’on sait, c’est qu’il y a eu des morts, et que des policiers sont impliqués. C’est à l’enquête de déterminer les responsabilités », a déclaré le Premier ministre, appelant les familles et les habitants de Cambérène à faire confiance à la procédure judiciaire.

Il a également tenu à lever toute ambiguïté sur la suite qui sera donnée. Il a assuré que, si l’enquête établissait des fautes, le gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires, sans complaisance. Il a insisté sur le fait qu’il n’y aurait ni protection ni impunité, et que les responsabilités seraient situées en toute impartialité.

Cette visite du Premier ministre intervient après plusieurs jours de vives émotions dans la localité et de débats dans l’opinion publique sur la gestion des opérations de maintien de l’ordre. Elle vise à apaiser les tensions et à garantir aux familles endeuillées que l’État se tiendra à leurs côtés pour faire jaillir la vérité et rendre justice.

Médecins en spécialisation : le COMES suspend sa grève après des avancées significatives

Après plusieurs semaines de mobilisation et de perturbations dans les hôpitaux, le Collectif des Médecins en Spécialisation (COMES) a annoncé la suspension de son mot d’ordre de grève. Cette décision a été prise à la suite de discussions jugées « encourageantes » avec les autorités, ouvrant la voie à une issue négociée aux revendications portées depuis des mois par les jeunes praticiens.

« Après un mois de grève, le COMES a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève. Cela fait suite à quelques rencontres que nous jugeons positives pour la résolution des problèmes cités dans notre plateforme revendicative », a déclaré Dr Abou Talla, président du collectif, au micro de la RFM.

Le point central des revendications porte sur le statut des médecins en spécialisation, qui réclament une reconnaissance administrative et professionnelle claire de leur situation, entre étudiants et praticiens à part entière. Ce dossier, qualifié de « point saillant » par le Dr Talla, a fait l’objet d’échanges directs avec le président de l’Assemblée nationale.

« Nous avons eu à rencontrer le président de l’Assemblée nationale qui nous a demandé, dans un premier temps, de faire des propositions qu’il va présenter au président de la République pour que le problème soit réglé », a précisé le président du COMES.

Le collectif se félicite également de l’implication du Haut Conseil du dialogue social, qui s’est montré attentif aux doléances et a formulé des pistes pour l’élaboration d’un futur statut, susceptible d’être adopté par décret.

« Même le ministère de la Santé a eu à proposer la mise en place d’un groupe de travail chargé de réfléchir sur la proposition d’un statut », a ajouté Dr Talla, soulignant un climat d’écoute et de bonne volonté inédits après des mois de blocage.

Malgré cette avancée, le COMES reste prudent. Les médecins en spécialisation rappellent que la suspension de leur grève n’est pas synonyme de satisfaction totale. « Il y a des choses qui ne sont pas encore réglées et que nous allons continuer à suivre, en espérant que les autorités qui se sont engagées pour la résolution de ce problème vont agir de façon concrète et définitive. Ce problème a trop duré », a averti Dr Talla.

Cette suspension du mouvement ouvre ainsi une période d’observation et de suivi des engagements pris par les différentes autorités. Les médecins en spécialisation entendent rester mobilisés, déterminés à obtenir la reconnaissance pleine et entière de leur rôle dans le système sanitaire sénégalais.

Mort de Lamine Dieng : la famille émet des doutes sur la version officielle devant le Premier ministre

La visite de condoléances du Premier ministre Ousmane Sonko, ce samedi 5 juillet 2025 à Cambérène, a été marquée par la prise de parole ferme et émue de la famille de Lamine Dieng, l’un des trois jeunes décédés lors des affrontements récents avec les forces de l’ordre.

Rane Guèye, oncle du défunt et porte-parole de la famille, a exprimé publiquement ses doutes sur les circonstances exactes de la mort de son neveu. Devant le chef du gouvernement et les autorités locales, il a mis en cause certains éléments de la version avancée par l’autopsie.

« Une personne noyée, normalement, son corps gonfle. Mais celui de Lamine Dieng ne présentait aucun signe de gonflement. Il saignait encore, même au moment de la prière mortuaire. Cela nous pousse à penser qu’il n’est pas mort par noyade », a-t-il affirmé, d’un ton grave.

Selon la famille, plusieurs incohérences subsistent entre les constats effectués au moment de la découverte du corps et les conclusions officielles de l’expertise médico-légale. « Si l’autopsie indique que le corps ne saignait pas, alors il y a un problème. Ces incohérences doivent être prises très au sérieux par l’enquête », a insisté M. Guèye, invitant le Premier ministre à garantir toute la transparence nécessaire.

Au-delà de ces questionnements, la famille a également dénoncé la brutalité de l’intervention policière et les effets collatéraux sur les habitants du quartier. « Un de nos voisins a été hospitalisé avec sa femme enceinte. Nous demandons que de telles interventions se fassent avec plus de précautions. Nous voulons plus de protection à l’avenir », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est exprimé à l’issue de ces échanges, a réitéré l’engagement du gouvernement à faire toute la lumière sur ces événements dramatiques. Il a assuré que les instructions données aux autorités judiciaires et administratives portent sur « des enquêtes impartiales et approfondies ».

La mort de Lamine Dieng et de deux autres jeunes lors de ces heurts a suscité une vive émotion et un débat national sur les méthodes d’intervention des forces de sécurité. Les résultats définitifs de l’enquête judiciaire sont désormais attendus avec une grande attention.

Badara Gadiaga s’en prend violemment au député Amadou Bâ : “Quand on parle d’éthique, vous devez raser les murs”

L’émission de ce vendredi a donné lieu à un échange particulièrement tendu entre le député de la majorité présidentielle, Amadou Bâ, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Les deux hommes se sont opposés frontalement sur le dossier sensible dit “Sweet Beauté”, qui continue de cristalliser les passions au Sénégal.

Tout est parti d’une intervention d’Amadou Bâ, qui s’était lancé dans une défense de son parti, le Pastef, face aux critiques récurrentes sur les accusations de dérives verbales et de radicalisme. Visiblement irrité, Badara Gadiaga est alors monté au créneau, reprochant au parlementaire et à son camp de manquer de légitimité morale.

« Vous devez raser les murs quand les gens parlent d’éthique et de déontologie. Votre leader a été condamné pour corruption de la jeunesse. Rien que pour cette affaire, vous n’avez pas droit à la parole », a-t-il lancé, le ton empreint de colère.

Malgré les tentatives de modération du présentateur et des autres invités pour calmer le débat, le chroniqueur est resté ferme, accusant Pastef de vouloir donner des leçons alors que le parti porterait, selon lui, une lourde responsabilité morale et politique.

« Le parti Pastef n’est pas exempt de reproches. Vous êtes mal placés pour donner des leçons de morale car votre passé, on le connaît », a poursuivi Badara Gadiaga, avant de conclure son intervention, visiblement déterminé à ne laisser aucun doute sur sa position.

Cette passe d’armes intervient alors que le débat politique reste sous tension depuis la prise de fonction du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, Premier ministre et figure centrale de l’affaire “Sweet Beauté”. Ce dossier, dans lequel Sonko a été condamné en 2023, continue d’alimenter la division entre ses soutiens et ses adversaires.

Amadou Bâ, de son côté, a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de diabolisation » et réaffirmé que Pastef reste « un parti profondément attaché aux valeurs de probité ». Il a appelé à « tourner la page » et à « se concentrer sur les priorités des Sénégalais ».

Le Préfet de Dakar interdit une nouvelle manifestation de la diaspora togolaise : le FRAPP dénonce une « collusion avec la répression »

La tension demeure élevée entre les autorités sénégalaises et les organisations citoyennes soutenant le peuple togolais. Pour la deuxième fois consécutive, le Préfet de Dakar a interdit un rassemblement pacifique planifié par la diaspora togolaise, provoquant la colère du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP).

Dans un communiqué publié ce samedi, le FRAPP critique une décision qu’il qualifie de « sabotage politique ». L’organisation affirme que la notification de l’interdiction a été communiquée « à peine une heure avant le début prévu », alors que les participants étaient déjà en train de se rassembler.

« Tandis que le régime de Faure Gnassingbé réprime à Lomé, à Dakar, le préfet empêche toute dénonciation », s’insurge le FRAPP, accusant l’administration dakaroise de « réduire au silence les voix solidaires ». Selon le mouvement panafricain, il ne s’agit ni d’un souci de maintien de l’ordre ni d’une mesure de précaution, mais d’une « complicité déclarée avec la répression ».

Le ton du communiqué est particulièrement virulent. Le FRAPP estime que l’interdiction démontre une adhésion aux logiques autoritaires :

« En persistant dans cette direction, le préfet de Dakar devient le relais local de l’ordre autoritaire contre lequel les peuples africains luttent. Il représente une administration rigide, opposée au changement, hostile à la liberté, toujours prête à limiter les aspirations populaires et panafricaines. »

Malgré cet obstacle, le FRAPP affirme qu’il ne reculera pas et qu’il continuera sa mobilisation aux côtés de la diaspora togolaise. « Ce bâillon, nous le déchirerons. La solidarité entre les peuples africains ne se négocie pas. Elle se pratique, se proclame, s’affiche, se manifeste. Partout », promet l’organisation.

En conclusion, le communiqué réaffirme que soutenir le peuple togolais, c’est également « défendre notre propre liberté ».

Togo debout. Dakar debout. Afrique debout.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°504 – 05 ET 06/07/2025

🔴 DÉVELOPPEMENT DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION EN AFRIQUE : LE SÉNÉGAL DANS LE TOP 15
🔴 TERRORISME / TRIANGLE FRONTALIER MAURITANIE-SÉNÉGAL-MALI : LE JNIM SE RESTRUCTURE

🔴 PRÉPARATIFS CHAN 2025 : LE SÉNÉGAL ET LA GUINÉE SE NEUTRALISENT (0-0)
🔴 AFROBASKET 2025 / 15 « LIONS » PRÉSÉLECTIONNÉS : LE SÉNÉGAL AFFÛTE SES ARMES

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République accuse Ousmane Sonko de dérives verbales et d’autoritarisme

Réunie ce vendredi 4 juillet 2025 au siège de Taxawu Sénégal, la Conférence des Leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a dressé un tableau sévère de la situation politique et sociale du Sénégal, pointant nommément la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dès l’ouverture de cette rencontre, les responsables du FDR ont tenu à exprimer leur profonde compassion aux familles des victimes des violences policières récemment survenues à Cambérène et Rosso. Le Front a présenté ses condoléances « attristées » et a réaffirmé sa solidarité envers les populations endeuillées.

Mais c’est surtout le climat politique et la posture du chef du Gouvernement qui ont concentré les critiques les plus vives. Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion, le FDR dit constater avec « inquiétude et désolation » que la scène nationale est dominée par « les dérives verbales du Premier ministre Ousmane Sonko » et par « une kyrielle de procès pour délits d’opinion intentés contre des journalistes, des responsables politiques et des citoyens ».

Le Front dénonce notamment la multiplication de déclarations jugées menaçantes ou outrageantes, que ce soit à l’Assemblée nationale lors de séances de questions au Gouvernement, à l’étranger devant des militants ou lors d’interventions publiques relayées en direct sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Le FDR s’alarme de cette confusion des rôles entre le citoyen, le chef de parti et le chef du Gouvernement. Selon la coalition, cette confusion se double d’une tonalité inquiétante. « Le Premier ministre révèle une conception profondément problématique non seulement du pouvoir, mais aussi de la République, de la démocratie et de la liberté d’expression », souligne le communiqué.

Le FDR s’est particulièrement attardé sur une déclaration prononcée par Ousmane Sonko depuis Pékin, où il avait affirmé que « c’est parce que Dieu ne l’a pas fait Président que certains parlent alors qu’ils devaient raser les murs ». Pour le Front, il ne s’agit pas d’une « simple maladresse », mais d’un propos « d’une gravité extrême », qui trahit un « état d’esprit autoritaire » et s’apparente à une « menace directe, à peine voilée, contre tous ceux qui exercent leur droit légitime à la critique dans un pays démocratique ».

Les attaques répétées contre la magistrature ont également été relevées par l’opposition. Le FDR estime qu’en contestant systématiquement les juges dès lors qu’il est mis en cause ou qu’il perd un procès, Ousmane Sonko affiche un « manque notoire de respect des institutions socles de la République » censées protéger tous les citoyens.

« Ces paroles ne relèvent pas de quelques écarts anodins », poursuit le communiqué, mais s’inscrivent dans une « séquence continue de propos violents, injurieux, intimidants et stigmatisants ». Pour le FDR, elles constituent des « menaces proférées contre les institutions, la presse, l’opposition et la société civile » et traduisent « une vision autoritaire du rôle de l’État » ainsi qu’une « incapacité notoire de supporter la contradiction ».

Cambérène : Ousmane Sonko reporte sa visite et rencontrera les familles endeuillées ce samedi

Initialement attendu ce vendredi à Cambérène, le Premier ministre Ousmane Sonko a finalement décidé de différer sa visite sur les lieux où trois personnes ont trouvé la mort lors d’une intervention policière survenue ces derniers jours. C’est le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu dans le quartier pour présenter, au nom du gouvernement, les condoléances officielles aux familles endeuillées. Selon la Radio Futurs Médias (RFM), le chef du gouvernement rencontrera les proches des victimes ce samedi.

Le drame de Cambérène et celui de Rosso ont ému l’opinion publique sénégalaise. Les opérations des forces de l’ordre ont coûté la vie à trois personnes, dont un jeune homme de 18 ans, Talla Keita, suscitant un vif émoi et des interrogations sur les circonstances exactes de ces décès. Depuis plusieurs jours, des voix s’élèvent pour dénoncer l’usage disproportionné de la force et réclamer que la lumière soit faite sur ces événements tragiques.

Le report de la visite du Premier ministre intervient alors que l’exécutif multiplie les messages d’apaisement. De retour d’Espagne où il participait à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ces drames. Il a donné des instructions claires aux autorités compétentes, notamment au ministre de l’Intérieur, pour que des enquêtes soient ouvertes « en toute impartialité ».

Ces investigations devront établir les responsabilités et déterminer les causes exactes de la mort des victimes. L’enjeu est d’autant plus important que la question du respect des droits humains par les forces de sécurité figure parmi les priorités affichées par les nouvelles autorités sénégalaises, qui se sont engagées à rompre avec les pratiques jugées opaques du passé.

Les populations de Cambérène et de Rosso, toujours sous le choc, attendent désormais des réponses concrètes. La venue d’Ousmane Sonko ce samedi devrait être l’occasion pour le gouvernement de réaffirmer sa volonté de transparence et de justice, dans un contexte où la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre est mise à rude épreuve.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°494 – 24/06/2025

🔴 RAPPORTS D’EXÉCUTION BUGDGÉTAIRE / SECTEURS DE LA DÉFENSE, DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, ETC : CES INVESTISSEMENTS SONT-ILS LUCRATIFS ?
🔴 LE SYTJUST ET L’UNTJ EN GRÈVE POUR 72 HEURES : LA JUSTICE PRISE EN OTAGE

🔴 17 ARRESTATIONS ET DU CHANVRE SAISI APRÈS ZARCO / SA THIÈS : LE COMBAT FAIT RAGE, LES MALFRATS AUSSI
🔴 23 LIONNES EN ROUTE POUR L’AFROBASKET 2025 : LA PRÉPARATION PEUT COMMENCER !

Barthélemy Dias recadre Ousmane Sonko : « Le Sénégal a une opposition, mais pas celle qui appelle à la violence »

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, est sorti de sa réserve pour répondre à Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du parti Pastef, suite à ses récentes déclarations sur « l’absence d’opposition sérieuse » au Sénégal. Dans un ton ferme mais mesuré, Dias a rappelé que le pays dispose bel et bien d’une opposition légitime, tout en rejetant toute forme de violence comme mode d’action politique.

« Le pays a bel et bien une opposition. Par contre, ce n’est pas une opposition qui appelle à la violence, qui brûle les édifices publics… », a-t-il affirmé, en allusion claire aux épisodes de troubles qui ont secoué le Sénégal ces dernières années, notamment durant les périodes de tensions autour des affaires judiciaires impliquant Ousmane Sonko.

Cette déclaration intervient dans un contexte où le pouvoir exécutif, dirigé par Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, semble vouloir redéfinir les rapports avec les forces d’opposition, parfois en les accusant d’être « dépassées » ou « complaisantes » avec l’ancien régime. Barthélemy Dias, figure de la coalition Yewwi Askan Wi, entend visiblement rappeler que l’opposition ne se résume pas à une posture de rupture radicale ou à une stratégie de confrontation permanente.

En rupture depuis plusieurs mois avec Ousmane Sonko, Barthélemy Dias adopte désormais un ton plus critique vis-à-vis de la majorité actuelle, tout en refusant d’endosser les méthodes extrémistes. Son propos s’inscrit dans une logique de clarification politique : affirmer une opposition responsable, structurée, mais également vigilante face aux dérives du pouvoir, qu’elles soient anciennes ou nouvelles.

Le chef du gouvernement avait récemment mis en doute la crédibilité des partis d’opposition traditionnels, estimant qu’ils avaient perdu la confiance du peuple. Une lecture que Barthélemy Dias conteste implicitement, en réaffirmant le rôle d’une opposition démocratique respectueuse des institutions mais ferme sur ses positions.

Conseil des ministres du 3 juillet : série de nominations diplomatiques et administratives

Lors du Conseil des ministres tenu ce jeudi 3 juillet 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à une série de nominations majeures au sein de la diplomatie sénégalaise et de l’administration économique.

Diplomatie

Au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, plusieurs diplomates chevronnés ont été promus à des postes-clés :

Mamadou Moustapha Loum, ex-consul général à Madrid, devient ambassadeur au Togo, en remplacement de Rokhaya Ba.
Abdoulaye Barro, jusque-là ambassadeur en Malaisie, est affecté à l’ambassade du Sénégal en Inde.

Diamane Diome, ancien représentant adjoint à l’ONU, est nommé ambassadeur en Pologne.
Abdoulaye Bathily, Conseiller des affaires étrangères, devient ambassadeur en République Démocratique du Congo, succédant à Doro Sy.

Abdoul Aziz Loum prend le relais en Malaisie, remplaçant Abdoulaye Barro.

Ramatoulaye Ba Faye, ambassadrice aux Pays-Bas, voit son portefeuille élargi à la Finlande et à la Suède, avec résidence à La Haye.

Demba Camara, ex-premier conseiller à l’ONU, est nommé consul général à New York.

Administration économique : deux femmes promues

Au Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, deux femmes accèdent à des postes de direction :

Fatimata Mangane est nommée directrice des ressources humaines.
Rokhaya Cissé devient directrice de l’administration du personnel à la Direction générale de la Planification.

Ces décisions traduisent une volonté présidentielle de renouvellement stratégique, de mobilisation de profils expérimentés et de promotion de la compétence féminine dans l’appareil d’État.

Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce jeudi 03 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

Le Président de la République a saisi l’occasion de l’avènement du nouvel an musulman (1447 de l’Hégire) pour souhaiter une bonne et heureuse année à la Oummah islamique et présenter ses meilleurs vœux à la communauté musulmane du Sénégal qui s’apprête à célébrer la Tamkharite.

Le Chef de l’Etat est revenu sur le vote de la Loi de Finances rectificative 2025, le bon déroulement du débat d’orientation budgétaire et les perspectives de relance économique. Il a salué la tenue de cet exercice dans la sérénité et le respect des lois et règlements qui régissent le fonctionnement régulier des institutions de la République. A cet égard, il a félicité le Gouvernement et l’Assemblée nationale pour la bonne préparation et la qualité des débats qui ont permis d’éclairer les citoyens sur la situation globale des finances publiques ainsi que les investissements et interventions sociales de l’Etat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a demandé au Premier Ministre de poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de mettre l’accent sur l’investissement productif, l’apurement progressif de la dette intérieure et le développement du secteur privé.

Dans cette dynamique de redressement d’une situation économique sans précédent, le Chef de l’Etat a rappelé son attachement à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires qui doit se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux. A ce sujet, il a rappelé la nécessité d’un suivi minutieux, par le Premier Ministre, de la préparation du prochain Forum Invest in Sénégal prévu les 07 et 08 octobre 2025 avec une forte implication du secteur privé national.

Par ailleurs, il a souligné l’importance de revoir, pour plus de cohérence et d’efficience, les dispositifs et mécanismes nationaux de financement de l’économie. A ce titre, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050 de proposer, sous la supervision du Premier Ministre, une stratégie de rationalisation opérationnelle des instruments de financement publics (CDC, FONSIS, FONGIP, BNDE, BHS, LBA, FONAMIF, DER/FJ…). Cette stratégie permettra, dans un esprit innovant, de consolider une économie endogène à partir de la mobilisation optimale des ressources nationales.

Dans ce contexte international marqué par l’incertitude et la volatilité des marchés financiers, il est impératif de compter, d’abord, sur nos propres forces à travers notamment la mise en œuvre réussie de la nouvelle politique agricole et de souveraineté alimentaire, la maitrise stratégique du secteur de l’énergie, l’accélération de l’industrialisation, la valorisation des potentialités de nos terroirs et la mise en valeur de nos ressources naturelles dans les secteurs et filières à haute intensité de main d’œuvre. Dans cette phase de la gouvernance publique, il s’agit aussi de mobiliser davantage les acteurs économiques nationaux et internationaux et toutes les composantes des administrations publiques et parapubliques. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a invité le Premier Ministre à veiller, dès à présent, à la bonne préparation, selon les priorités et programmes validés, du Projet de loi de finances pour l’année 2026.

Evoquant la nouvelle stratégie de coopération internationale et de promotion des partenariats public-privé (PPP), le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, repose sur une politique de coopération, de partenariat et de financement basée sur l’ouverture, le respect mutuel, la préservation des intérêts nationaux et la réalisation de partenariats gagnant-gagnant.

A ce titre, il a félicité le Premier Ministre et sa délégation pour la bonne préparation et le succès exceptionnel de leur visite d’amitié et de travail en République populaire de Chine. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres et les acteurs publics et privés concernés, au suivi diligent et à la matérialisation rapide de tous les accords, engagements et projets conclus lors de cette importante visite. Dans la même lancée, il a indiqué au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération la nécessité de finaliser la réorientation de la stratégie nationale de développement du secteur privé en cohérence avec les choix politique et économique de l’Etat.

Par ailleurs, il a souligné l’exigence de l’élaboration d’un document cadre de coopération internationale et de partenariat devant améliorer la gestion interministérielle de la coopération internationale et la mise en œuvre cohérente, rationnelle et pragmatique du partenariat public- privé, dans chaque secteur, en tenant compte de la territorialisation des projets à fort potentiel de création d’emplois dans les Pôles.

L’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et le développement de la pratique sportive chez les jeunes doivent favoriser le maillage du territoire national, notamment des communes, en infrastructures sportives fonctionnelles et aux normes. Le Président de la République a demandé au Ministre en charge des Sports d’accélérer, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget, la mise en œuvre du programme national de construction d’infrastructures sportives en veillant notamment à l’accélération des travaux prévus dans le cadre des JOJ, mais également à la relance des chantiers inachevés. Par ailleurs, il a invité le Ministre en charge des Sports à veiller avec les ministères impliqués et toutes les parties prenantes publiques (Collectivités territoriales, SOGIP, OGIS, fédérations, ONCAV, …) et privées concernées, à la définition, selon le statut de l’infrastructure, d’un cadre réglementaire de gouvernance des infrastructures sportives.

Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge des Sports d’accélérer l’adoption prochaine en Conseil des Ministres, de la Charte du Sport.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa participation, du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Cette visite a été l’occasion, pour le Président de la République, de réitérer l’attachement du Sénégal à un multilatéralisme inclusif et d’appeler à une réforme de la gouvernance financière mondiale, à plus d’équité et de justice dans la gestion de la dette, à l’accès aux financements et à un système fiscal international rénové.

Dans sa communication, le Premier Ministre a rappelé la forte tradition d’attachement du Sénégal à la coopération économique internationale basée sur nos valeurs traditionnelles, l’ouverture, la souveraineté nationale, la diplomatie de bon voisinage, la consolidation des relations avec les partenaires traditionnels et la recherche d’opportunités avec de nouveaux partenaires.

Le Premier Ministre a fait le point sur ses visites de travail et d’amitié en Afrique et en Asie. Par ailleurs, il a rappelé la directive présidentielle lui confiant la mission de mener à bien la coopération avec les pays et entités du Proche et Moyen Orient et du reste de l’Asie. Pour une meilleure prise en charge de ces nouvelles attributions, un projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Primature prévoit l’érection d’une Cellule dédiée. Il s’agit d’assurer une meilleure coordination de notre partenariat avec l’étranger, en vue de contribuer à la gestion des relations internationales et la promotion des échanges, notamment dans les domaines économique, social, culturel et environnemental. Cette nouvelle structure va consolider notre diplomatie économique, accompagner plus efficacement notre secteur privé et promouvoir la transparence pour un développement durable et souverain.

Le Premier Ministre est revenu sur l’importance d’apporter une démarche innovante à notre diplomatie. A ce titre, le projet de jumelage envisagé entre des provinces chinoises et les huit pôles territoires du Sénégal en constitue une illustration parfaite.

Le Premier Ministre est revenu sur les évènements tragiques enregistrés à Cambérène et à Rosso et ayant entrainé des pertes en vies humaines. Les Forces de Défense et de Sécurité ont pour mission principale de garantir la sécurité des personnes et des biens et de veiller à la préservation de l’ordre public. Cette mission doit néanmoins s’écarter de tout acte de torture et de traitement inhumain dégradant dont les populations pourraient être victimes.

Conformément aux instructions du Président de la République, le Premier Ministre a demandé aux Ministres en charge de l’Intérieur et des Forces armées, de procéder à un audit à soumettre au plus tard le 30 novembre 2025 et à une revue totale de la formation des Forces de Défense et de Sécurité, afin de concilier, pour tout type d’opération, la rigueur de la force

publique aux exigences des droits et de la dignité des citoyens, dans la définition des règles d’engagement.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation “Sénégal 2050” a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Etrangères :

– Monsieur Mamadou Moustapha LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 519 434/H, précédemment Consul général de la République du Sénégal à Madrid, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Jean- Lucien Savi de TOVÉ, Président de la République togolaise, en remplacement de Madame Rokhaya BA.

– Monsieur Abdoulaye BARRO, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 604 450/K, précédemment Ambassadeur de la République du Sénégal en Malaisie, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence SMT Droupadi MURMU, Présidente de la République de l’Inde, en remplacement de Monsieur Abdoul Wahab HAIDARA, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Diamane DIOME, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 611 516/D, précédemment Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New-York, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Andrzej DUDA, Président de la République de Pologne, en remplacement du Monsieur Papa DIOP, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Abdoulaye BATHILY, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 616 245/H, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Félix- Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo, en remplacement de Monsieur Doro SY.

– Monsieur Abdoul Aziz LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de Solde n° 624 536/Z, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté le Sultan Ibrahim, Roi de Malaisie, en remplacement de Monsieur Abdoulaye BARRO, appelé à d’autres fonctions.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Alexander STUBB, Président de la République de Finlande, avec résidence à la Haye.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté Carl VXI GUSTAF, Roi de Suède, avec résidence à la Haye.

– Monsieur Demba CAMARA, Economiste-planificateur, matricule de solde n° 516 859/B, précédemment Premier Conseiller à la Mission permanente de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Consul général de la République du Sénégal à New-York, en remplacement de Monsieur El Hadji Amadou Ndangane NDAO.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération :

– Madame Fatimata MANGANE, Planificateur, spécialiste en Management public et gestion des organisations, matricule de solde n° 642 146/A, est nommée Directeur des Ressources humaines au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

– Madame Rokhaya CISSE, titulaire d’un Master en Finance et gestion publique, matricule de solde n° 624 956/B, est nommé Directeur de l’Administration du Personnel de la Direction générale de la Planification et de Politiques économiques au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Justice au Sénégal : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent la « trahison » du ministre et annoncent une intensification de la lutte

Le climat social dans le secteur de la Justice sénégalaise s’envenime. L’entente syndicale composée du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et de l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ) a publié, ce 3 juillet 2025, une déclaration cinglante à l’encontre du ministre de la Justice, qu’elle accuse de « trahison » envers les travailleurs du secteur.

Les syndicats dénoncent une stratégie « dilatoire » et une « manœuvre pour gagner du temps », déployée depuis plus d’un an, afin de freiner les réformes et saboter les engagements pourtant pris par l’État en faveur des agents judiciaires. Selon eux, pendant quatorze mois, ils ont participé, avec responsabilité et bonne foi, à des séances de travail avec les services techniques du ministère. Ces rencontres visaient à réformer deux décrets jugés « injustes » : l’un empêchant l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, l’autre bloquant la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets (AGP).

Un consensus fort avait été atteint au terme de ces discussions, notamment lors de l’atelier national de validation et de partage organisé à Saly du 25 au 27 novembre 2024, sous la supervision directe du ministre lui-même. Ce dernier avait personnellement engagé son autorité pour faire avancer les projets de décrets modifiant le statut des fonctionnaires de la Justice et le fonctionnement du Centre de formation judiciaire.

C’est donc avec une profonde « stupeur et indignation » que SYTJUST et UNTJ ont appris le communiqué publié récemment par le ministre de la Justice, marquant un revirement jugé « brutal et injustifiable ». Pour les syndicats, cette volte-face signe la fin de la confiance que les travailleurs avaient placée en leur tutelle.

L’entente syndicale rappelle que l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2 ainsi que la création du corps des assistants des greffes et parquets sans exigence de formation préalable sont des engagements gouvernementaux formels datant de 2018, et qu’ils restent « non négociables ».

Face à ce qu’ils qualifient de « duplicité » et de « mépris », les travailleurs de la Justice affirment ne plus vouloir être « des marionnettes » ni les « victimes d’un cynisme administratif » qui entrave leurs carrières et piétine leurs droits.

L’entente SYTJUST–UNTJ annonce dès lors une intensification de la lutte syndicale afin d’obtenir la pleine satisfaction de leurs revendications, estimant que « trop, c’est trop » et que « l’injustice dans le secteur de la Justice n’est plus acceptable ».

Kolda : trois faussaires arrêtés à Médina Chérif avec 20 millions de francs CFA en billets noirs

Une importante opération de lutte contre la criminalité financière a été menée avec succès par les éléments du Commissariat central de Kolda, dans le sud du Sénégal. Trois individus ont été interpellés dans la commune de Médina Chérif pour des faits présumés d’association de malfaiteurs et de tentative de falsification de billets de banque. Cette arrestation est intervenue à la suite d’un renseignement anonyme ayant permis de repérer les activités suspectes d’un réseau de faussaires opérant dans la région.

Les forces de l’ordre, après une phase de surveillance discrète mais ciblée, sont intervenues pour appréhender les trois suspects. Lors de cette opération, elles ont saisi une somme impressionnante de 20 millions de francs CFA sous forme de billets noirs — ces coupures trempées dans une substance destinée à les rendre indétectables avant leur transformation en faux billets utilisables. Les agents ont également mis la main sur une bouteille contenant un liquide jaunâtre, probablement un colorant chimique utilisé dans le processus de falsification.

Une perquisition menée au domicile de l’un des prévenus a permis de découvrir d’autres éléments de preuve, notamment du matériel utilisé pour la contrefaçon. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que le trio n’agissait pas seul. Ils auraient été approvisionnés par un ressortissant étranger identifié sous le nom de OLDORI, actuellement en cavale. Ce dernier est désormais activement recherché par les services de sécurité.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit sous la houlette du parquet de Kolda, qui entend mettre au jour l’ensemble de la chaîne de ce réseau criminel, dont l’ampleur reste à déterminer. Cette opération souligne une nouvelle fois les risques liés à la circulation de fausse monnaie dans le pays, et la vigilance accrue des services de sécurité dans leur lutte contre ce fléau économique.

Recours en révision dans l’affaire Sonko-Mame Mbaye Niang : le Pr Iba Barry Camara décrypte les enjeux juridiques

Alors que la Cour suprême a rejeté le rabat d’arrêt déposé par Ousmane Sonko dans le dossier l’opposant à Mame Mbaye Niang, le leader de Pastef n’entend pas s’avouer vaincu. Il a annoncé son intention de rouvrir l’affaire, en évoquant l’existence d’un élément nouveau susceptible, selon lui, de bouleverser la décision qui l’a condamné pour diffamation. Cette posture, qui relance la bataille judiciaire, soulève des questions sur les moyens légaux dont il dispose encore, après l’épuisement des voies de recours ordinaires.

Pour le professeur de droit pénal Iba Barry Camara, interrogé par Radio Sénégal International, la démarche évoquée par Ousmane Sonko relève du recours en révision. Il s’agit, précise-t-il, d’une voie de recours extraordinaire que la loi met à la disposition de toute partie condamnée de manière définitive, lorsque survient un fait nouveau. « En vérité, ce qu’il n’a pas voulu dire de manière expresse, c’est qu’il compte introduire un recours en révision », a estimé l’universitaire, qui rappelle qu’un tel recours ne peut prospérer que si ce fait nouveau est de nature à remettre en cause la vérité judiciaire établie par la décision irrévocable.

Selon le professeur Camara, l’élément nouveau invoqué serait le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), dont l’existence avait été au cœur de la controverse dès les premiers jours de l’affaire. « Maintenant, le document existe (le rapport de l’IGF) et sur la base de ce rapport, il pourra saisir la Cour suprême pour éventuellement la révision du procès », a-t-il expliqué.

Le recours en révision n’est toutefois pas automatique. Le professeur Iba Barry Camara insiste sur le fait qu’il appartient à la juridiction compétente d’examiner d’abord la recevabilité de la requête. La Cour devra apprécier si les conditions légales sont réunies pour rouvrir le dossier. En cas de recevabilité, elle pourra ordonner le renvoi de l’affaire devant une autre juridiction, qui statuera à nouveau sur le fond.

L’annonce d’Ousmane Sonko ouvre donc une nouvelle séquence judiciaire, dans un dossier qui cristallise l’attention et dont les implications politiques et institutionnelles dépassent largement le cadre du contentieux initial.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°502 – 03/07/2025

🔴 APRÈS LE REVERS JUDICIAIRE DANS L’AFFAIRE MMN : DE NOUVELLES CHARGES CONTRE SONKO
🔴 OUSMANE SONKO : DE L’OPPOSANT FRONDEUR AU PREMIER MINISTRE INSULTEUR DE MAGISTRATS (Par Babacar Justin Mbengue)

🔴 BALLA GAYE 2 – SITEU : LE CNG CHERCHE UNE PARADE JURIDIQUE
🔴 CAN FÉMININE 2024 : UN NOUVEAU TROPHÉE À LA HAUTEUR DES REINES

L’APR fustige Ousmane Sonko après sa condamnation : “Un Premier ministre en opposition permanente au pouvoir”

Dans un communiqué virulent, l’Alliance Pour la République dénonce l’attitude de M. Sonko après sa condamnation pour diffamation, l’accusant de populisme, d’incompétence et de nuire à l’image du Sénégal.

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République prend acte du verdict prononcé par la Cour suprême, qui condamne définitivement Monsieur Ousmane Sonko pour le délit de diffamation à l’encontre de notre camarade Monsieur Mame Mbaye Niang, ancien ministre.
Fidèle à ses habitudes puériles, M. Sonko a étalé une nouvelle fois son manque de culture d’État et de retenues à travers un live sur les réseaux sociaux, dans lequel il a ridiculisé le Président de la République, outragé les magistrats et menacé les citoyens qui auraient commis le tort d’avoir un avis contraire au sien.
S’honorant en tant que parti républicain de ne jamais commenter les décisions de justice ni au pouvoir ni dans l’opposition, l’APR dénonce la clochardisation des institutions par le parti Pastef, et la manière avec laquelle le Premier ministre s’emploie à abaisser les magistrats, en violation de la tradition sacrée de séparation des pouvoirs et de nos us et coutumes républicaines.
De surcroît, Le Premier ministre tente de masquer son incompétence chronique et son incapacité clinique par l’injure, la calomnie et l’outrance verbale.
Face aux difficultés qui assaillent les populations dans leur quotidien, aux finances publiques exsangues, à l’isolement diplomatique du Sénégal, au chômage endémique et à la perte du pouvoir d’achat des ménages, Ousmane Sonko se complaît dans une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités à propos de la gestion antérieure.
Tout se passe comme si le fumeux “projet” se réduisait aux attaques contre le Président Macky Sall et son régime; M. Sonko oubliant que l’attente des Sénégalais n’est pas la rumination du passé de ses turpitudes mais la satisfaction du minimum vital pour les Sénégalais.
Tous les Sénégalais savent que l’APR a laissé un pays stable dont les signaux économiques étaient au vert et dont la réputation à l’extérieur était solide.
Parce que son impuissance à impulser une action gouvernementale efficace et performante est devenue manifeste aux yeux du Peuple sénégalais, M. Sonko invente un nouveau concept en politique : l’opposition au pouvoir. Il a remplacé l’action par le bavardage inutile et le résultat par la complainte.
Parce que l’agitation fébrile ne saurait masquer une incompétence notoire et un populisme primaire, il est attendu du gouvernement des réponses précises et urgentes aux préoccupations des populations dont l’espoir s’est mué en déception et en désolation.
Les Sénégalais attendent d’un premier ministre digne de ce nom des solutions et non des éructations le long des discours d’impuissance.
Enfin, l’Alliance Pour la République condamne les délires du premier Ministre Ousmane Sonko sur son obsession à détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale avec des déclarations aussi fausses qu’irresponsables sur le taux d’endettement du pays.

Dakar, le 2 juillet 2025
Le Secrétariat Exécutif National

Avec une dette réévaluée à 119 % du PIB, le Sénégal devient le pays le plus endetté d’Afrique

La trajectoire de l’endettement du Sénégal inquiète au plus haut point. Selon un rapport récemment publié par la banque britannique Barclays et relayé par plusieurs médias internationaux, dont RFI, la dette publique sénégalaise a été réévaluée à 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024. Un chiffre qui place désormais le pays en tête du classement des nations les plus endettées du continent africain, dépassant même la Zambie et le Cap-Vert, les seuls autres pays à franchir le seuil symbolique des 100 % d’endettement par rapport à leur richesse nationale.

Cette estimation est bien supérieure aux chiffres jusque-là avancés par les autorités sénégalaises. En effet, la Cour des Comptes, dans son rapport publié en 2023, avait évalué la dette publique à 99,7 % du PIB. Mais la note de Barclays confirme une tendance déjà soulignée par le Fonds monétaire international (FMI) qui, en avril dernier, annonçait que le Sénégal avait atteint un niveau d’endettement estimé à 111,4 %. Le bond est spectaculaire : en seulement une année, la dette aurait augmenté de près de 20 points de PIB.

Le caractère abrupt de cette évolution fait planer de lourdes interrogations sur la sincérité et la transparence des précédentes comptabilités publiques. D’après plusieurs économistes, ce réajustement tient à une meilleure prise en compte de l’endettement des entités publiques parapubliques, des garanties de l’État et d’emprunts non consolidés dans les précédents calculs. La publication du rapport de Barclays a provoqué une onde de choc jusque sur les marchés financiers internationaux. La réaction a été immédiate et brutale : selon les données compilées par Bloomberg, les obligations souveraines sénégalaises libellées en dollars ont perdu 9,1 % de leur valeur depuis le mois de janvier 2025, un signe clair du désengagement des investisseurs.

La note souveraine du Sénégal a également été dégradée par l’agence S&P Global Ratings. Déjà rétrogradée en mars dernier à « B », la notation du pays se situe désormais cinq crans sous le seuil considéré comme « investissement de qualité ». Cette dégradation accentue la défiance et oblige le Sénégal à se financer sur les marchés à des taux d’intérêt plus élevés.

Le nouveau gouvernement en place, qui ne cesse de dénoncer l’« héritage catastrophique » légué par le régime précédent, tente de rassurer partenaires et bailleurs. Les autorités ont annoncé la mise en place d’un audit indépendant couvrant la période 2019-2024, censé établir une évaluation « plus fiable » et exhaustive de la dette. Dans le même temps, un plan de redressement budgétaire est en cours d’élaboration pour tenter d’endiguer la dérive des finances publiques.

Mais ces promesses n’ont pas encore convaincu les créanciers. Le FMI, qui a signé un accord de prêt d’un montant de 1,8 milliard de dollars, a gelé le décaissement du financement, le temps d’obtenir des précisions sur la situation réelle des comptes publics. Ce blocage risque de compliquer la trésorerie de l’État sénégalais alors même que la pression sociale et les attentes économiques sont immenses. La situation est d’autant plus périlleuse que le pays devra recourir à de nouveaux emprunts à court terme pour couvrir ses engagements, au prix d’un endettement toujours plus coûteux.

Ce constat alarmant ouvre une période de grande incertitude économique et financière. Alors que le Sénégal s’apprête à mettre en œuvre son plan de redressement, la crédibilité de la stratégie gouvernementale sera scrutée avec attention par les bailleurs et les agences de notation. Dans ce contexte tendu, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye doit relever un double défi : restaurer la confiance des investisseurs et préserver le pouvoir d’achat des populations, déjà fragilisé par la hausse du coût de la vie.

Bavures policières : le Président Diomaye Faye annonce des enquêtes rigoureuses et des sanctions exemplaires

De retour d’Espagne où il a pris part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé publiquement sur les récentes bavures policières qui ont coûté la vie à plusieurs citoyens sénégalais. Dans une déclaration diffusée sur la RTS, le chef de l’État a condamné avec fermeté ces événements et promis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue.

Le président a rappelé que les forces de l’ordre sont investies d’une mission fondamentale de protection et de sécurité. Selon lui, les interventions des policiers, quelles qu’en soient les circonstances, ne sauraient en aucun cas justifier la perte de vies humaines. Il a souligné qu’aucun drame de cette nature ne saurait être traité avec légèreté ou relégué au rang de faits divers, insistant sur le caractère sacré de la vie des citoyens.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a cité spécifiquement les cas survenus à Rosso et à Cambérène. Ces interventions policières se sont soldées par des morts, suscitant une vague d’indignation et de colère dans l’opinion. Le chef de l’État a assuré que ces affaires seront traitées avec toute la rigueur et l’impartialité requises. Il a affirmé qu’en ce moment même, des enquêtes approfondies sont en cours pour établir la chaîne des responsabilités et déterminer les manquements ayant conduit à ces drames.

« Les forces de l’ordre sont censées rassurer les populations et les protéger », a martelé le président. Il a insisté sur le fait que ces bavures ne pourront être tolérées, quelles que soient les circonstances. Le président s’est engagé à ce que toutes les conclusions issues des enquêtes soient suivies d’effets. Il a promis que des sanctions exemplaires et proportionnées seront appliquées contre les agents et les responsables, quels que soient leur rang et leur niveau de responsabilité, dès lors que leur implication sera établie.

Cette prise de position ferme intervient alors que la question des violences policières suscite un vif débat au Sénégal, alimenté par des précédents douloureux et une demande croissante de réforme du secteur de la sécurité. Par ces annonces, Bassirou Diomaye Faye entend poser un jalon important dans la lutte contre l’impunité et réaffirmer l’exigence d’un strict respect des droits humains par les forces de l’ordre.

Le chef de l’État a enfin exhorté les familles des victimes à faire confiance à la justice, tout en exprimant sa solidarité et sa compassion face à leur douleur. Il a assuré que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour que ces drames ne se répètent plus et que la confiance entre les citoyens et les forces de sécurité soit restaurée.

Quand le juge devient justiciable devant le Parlement…

Le projet de nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Sénégal introduit des innovations importantes, notamment en matière de commissions d’enquête parlementaire. L’intention affichée est louable : renforcer le pouvoir de contrôle des députés sur la vie publique. Mais un article en particulier mérite une attention aiguë, tant il fait peser un risque réel sur l’équilibre des pouvoirs : l’article 56, qui prévoit que les commissions d’enquête pourront convoquer des magistrats en exercice, sous autorisation du ministre de la Justice.

Cette disposition ne tombe pas du ciel. Elle fait écho à une actualité encore récente, où des soupçons graves avaient visé des membres de l’autorité judiciaire. L’idée d’une audition parlementaire avait alors été évoquée, puis abandonnée, car elle ne reposait sur aucune base légale. L’article 56 semble vouloir combler ce vide pour l’avenir.
Mais ce qui est en jeu dépasse de loin un simple correctif technique. Car cette disposition — jointe à la procédure prévue à l’alinéa 2 de l’article 62, qui permet le recours à la force publique en cas de refus de comparution — crée un brouillage institutionnel d’une gravité inédite.

La force publique – police ou gendarmerie – placée sous l’autorité du juge, pourrait-elle être requise pour contraindre ce même juge à se présenter devant une instance politique ? Que resterait-il alors de l’autorité symbolique et fonctionnelle du magistrat ? Comment pourrait-il exercer son office avec la sérénité et l’impartialité requises, après avoir été publiquement convoqué, voire physiquement contraint, à répondre à une instance législative ?

L’argument selon lequel la procédure parlementaire ne serait pas pénale pourrait être avancé. Mais cette distinction ne résiste pas à l’analyse. L’article 56 impose la comparution, le serment obligatoire, prévoit des sanctions pénales (articles 355 et suivants du Code pénal), autorise le recours à la force publique (article 62, alinéa 2), et permet de saisir le procureur de la République en cas d’infractions (article 57).
Ces éléments traduisent une dynamique quasi juridictionnelle. Or, selon l’article 25 de la loi organique n°2017-10 portant statut des magistrats, un magistrat ne peut être auditionné, même à titre préliminaire, que par le Procureur général près la Cour suprême ou par un pair habilité, et uniquement avec l’autorisation expresse du ministre de la Justice.

Ce niveau élevé de protection procède d’un souci de préservation de l’indépendance fonctionnelle de la magistrature.
L’article 57 du projet de règlement, en confiant la transmission des faits au Procureur de la République, semble ignorer cette architecture statutaire. Il introduit ainsi une confusion regrettable entre mécanisme politique d’enquête et cadre judiciaire réservé, pourtant strictement balisé par une loi organique.

Il en résulte un conflit normatif entre deux textes organiques que seul le Conseil constitutionnel pourra trancher.

Mais il y a plus fondamental encore : la commission d’enquête parlementaire est un outil de contrôle de l’exécutif, pas un instrument d’investigation sur le pouvoir judiciaire. Les magistrats ne relèvent pas du gouvernement. Ils ne sont pas comptables de leur action devant l’Assemblée nationale. Les convoquer, c’est confondre la transparence avec l’ingérence, et le contrôle démocratique avec l’empiétement sur une sphère institutionnelle indépendante.

Et sur ce point, le droit comparé est limpide.

  • En France, les magistrats en fonction ne sont jamais convoqués par les commissions d’enquête. Leur contribution éventuelle se fait par écrit, via le ministère de la Justice ou le Conseil supérieur de la magistrature.
  • Au Royaume-Uni, les select committees n’ont aucun pouvoir contraignant sur les juges en exercice. Lorsqu’un point de vue judiciaire est requis, il passe par des rapports ou des institutions spécialisées, mais jamais par des auditions directes.
  • En Allemagne, les commissions d’enquête n’entendent que des experts extérieurs ou des anciens magistrats. Aucun juge en service n’a à justifier son action devant le Bundestag.
  • Même aux États-Unis, où les commissions du Congrès disposent de pouvoirs étendus, les juges fédéraux bénéficient d’une immunité fonctionnelle stricte. Le Department of Justice peut être saisi, mais les magistrats eux-mêmes restent hors de portée des convocations politiques.

Ces exemples ne sont pas des exceptions. Ils sont la norme dans toutes les démocraties respectueuses de la séparation des pouvoirs.
Or, l’article 56, en l’état, fait du Sénégal une anomalie démocratique en devenir : le seul pays, à notre connaissance, à prévoir formellement la convocation, et potentiellement la contrainte physique, d’un magistrat par une commission d’enquête parlementaire.

Ce n’est pas ici une réaction corporatiste. C’est une alerte institutionnelle. La justice ne peut rester sereine et impartiale si elle est exposée, même ponctuellement, à une mise en cause politique directe.

Renforcer le contrôle parlementaire, oui. Mais en respectant la ligne rouge de l’indépendance judiciaire. Car le contrôle n’est pas la subordination, et la transparence ne doit jamais servir de prétexte à l’affaiblissement des contre-pouvoirs.
D’autant plus que ce texte, adopté sous forme de loi organique, devra, avant toute promulgation, être soumis au contrôle de constitutionnalité, conformément à l’article 78 de la Constitution. C’est une étape décisive. Car une démocratie forte ne se mesure pas à l’étendue des pouvoirs, mais à leur équilibre.

Par Mamadou Yakham Keïta, juge au Pool Financier et Judiciaire, auteur de TEG TEGGI TEKKI

Sortie d’Ousmane Sonko : l’APR accuse le Premier ministre d’« incompétence chronique » et de dérives graves

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République (APR) est monté au créneau ce mardi 2 juillet 2025 pour exprimer sa vive réaction après la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, consécutive au rejet de sa requête en rabat d’arrêt par la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Dans un communiqué transmis à la presse, la formation politique de l’ancien président Macky Sall se dit consternée par ce qu’elle qualifie d’« attaques répétées » du chef du gouvernement contre les institutions judiciaires et les magistrats. L’APR accuse Ousmane Sonko de « ridiculiser le Président de la République, d’outrager les magistrats et de menacer les citoyens », dénonçant des propos jugés indignes de la posture d’un chef du gouvernement.

Pour le parti, la posture actuelle du Premier ministre n’est qu’un écran de fumée visant à dissimuler une réalité qu’il peine à affronter : son incapacité à proposer des réponses concrètes aux nombreux défis économiques et sociaux du pays. « Face aux difficultés économiques et sociales, Ousmane Sonko a remplacé l’action par le bavardage inutile, et le résultat par la complainte permanente », souligne le communiqué. Selon l’APR, il adopte « une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités ».

L’APR va plus loin en qualifiant l’attitude du chef du gouvernement d’« incompétence chronique ». Selon les cadres du parti, Ousmane Sonko, au lieu de gouverner, se livre à des attaques systématiques contre ses prédécesseurs et les institutions qu’il devrait plutôt protéger. Ils estiment qu’il cherche à masquer ses propres failles par « l’injure, la calomnie et l’outrance verbale ».

Sur le plan international, le communiqué s’en prend également à la rhétorique du Premier ministre. Selon l’APR, ses récentes déclarations sur le taux d’endettement du Sénégal nuisent à l’image du pays. Le parti l’accuse de vouloir « détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale », affirmant que ses propos sur la situation financière du pays sont « aussi faux qu’irresponsables ».

À travers cette sortie virulente, l’APR montre qu’elle n’entend pas laisser le terrain médiatique au chef du gouvernement. Elle entend désormais jouer pleinement son rôle d’opposition, en dénonçant ce qu’elle considère comme des dérives dans la gestion de l’État et en exigeant que le débat politique reste centré sur la vérité, la compétence et le respect des institutions.

Procès de Bachir Fofana : ses avocats rejettent les accusations et plaident la relaxe

Le procès du journaliste et chroniqueur Bachir Fofana s’est tenu ce mercredi devant le tribunal de Dakar dans une atmosphère chargée d’enjeux pour la liberté d’informer et la responsabilité des médias. Accusé de « diffamation » et de « diffusion de fausses nouvelles » après des publications mettant en cause l’attribution d’un marché public, le journaliste a fermement contesté les griefs retenus contre lui.

À la barre, ses avocats ont tour à tour démonté l’argumentaire de l’accusation. Me El Hadji Diouf a ouvert les plaidoiries en interrogeant directement son client. « Reconnais-tu avoir diffusé des fausses nouvelles ? », a-t-il lancé. Bachir Fofana a répondu sans hésiter par la négation, affirmant qu’il maintenait l’ensemble de ses déclarations tant qu’aucune preuve contraire n’avait été produite. « Je ne pense pas avoir diffamé, je ne pense pas avoir calomnié, ni divulgué une fausse nouvelle », a-t-il insisté, le ton ferme.

Me Barro, également dans la défense, a quant à lui rappelé qu’aucun élément concret n’était venu démontrer la fausseté des informations publiées par son client. Il a estimé qu’en l’absence d’un document officiel ou d’une décision administrative prouvant que le marché cité dans les articles n’a pas été attribué à la personne nommée, l’accusation ne pouvait tenir. Pour l’avocat, les poursuites relèvent d’une démarche destinée à intimider les journalistes.

La défense dans son ensemble a dénoncé la sévérité du réquisitoire du parquet et a plaidé pour la relaxe pure et simple de Bachir Fofana. Les avocats ont souligné que le ministère public lui-même avait écarté le chef de « diffamation », ce qui constitue selon eux la reconnaissance implicite du caractère infondé d’une partie des accusations.

Dans son réquisitoire, le procureur a effectivement écarté le délit de diffamation mais a maintenu celui de « diffusion de fausses nouvelles », invitant le tribunal à déclarer le journaliste coupable. La défense a jugé cette position incohérente et disproportionnée, rappelant que l’information mise en cause n’avait jamais été officiellement démentie par les autorités compétentes.

Le jugement a été mis en délibéré. L’issue de cette affaire est particulièrement attendue par de nombreux observateurs et acteurs du secteur médiatique, qui y voient un test majeur pour la protection de la liberté de presse au Sénégal.

Justice : Après une rencontre sans avancée avec le ministre, l’Entente SYTJUST–UNTJ maintient son mot d’ordre de grève

Le bras de fer entre les syndicats des travailleurs de la justice et le gouvernement sénégalais se poursuit. L’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé le maintien de son mot d’ordre de grève de 48 heures, prévue les jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2025, après l’échec de la rencontre tenue le mardi 1er juillet avec le ministre de la Fonction publique. La réunion, qui s’est déroulée en présence du président du Haut Conseil du Dialogue Social, n’a débouché sur aucun compromis permettant de désamorcer la crise.

Dans un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre, les syndicats ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un blocage total du dialogue et une absence de volonté réelle de la part de l’exécutif d’apporter des solutions aux revendications qui concernent, entre autres, la revalorisation des conditions de travail, la régularisation des situations administratives et l’application d’accords antérieurement signés.

« La partie gouvernementale, de qui des solutions sont attendues, n’a apporté aucune proposition concrète allant dans le sens de mettre fin à la situation d’injustice que vivent les travailleurs de la justice depuis quelques années », a regretté l’Entente. Les syndicats accusent également les services du ministère de la Fonction publique d’entretenir l’impasse par une « lecture erronée des textes », ce qui, selon eux, « annihile la volonté affirmée des syndicats à dépasser cette situation ».

Face à ce qu’elle qualifie d’« énième affront », l’Entente SYTJUST–UNTJ appelle l’ensemble des agents des juridictions et des services relevant du ministère de la Justice à rester mobilisés et résilients. Les syndicats estiment que cette grève est devenue la seule voie pour défendre l’honneur et les droits des travailleurs du secteur.

Malgré la tension qui s’installe, l’Entente réaffirme son attachement au dialogue social et se dit prête à reprendre les discussions si les autorités formulent enfin des propositions claires et crédibles. Elle insiste toutefois sur la nécessité d’un échange sincère et d’engagements fermes autour de solutions concrètes afin d’apaiser le climat social dans le secteur public de la justice.

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