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Politique

Thérèse Faye dénonce un discours « pessimiste » et critique la gouvernance de Pastef

Invitée de l’émission matinale de la TFM, la députée du groupe Takku Wallu, Thérèse Faye, a livré une lecture particulièrement critique de la Déclaration de politique générale (DPG). L’ancienne responsable politique estime que le discours présenté devant l’Assemblée nationale souffre d’un manque de précision dans les données avancées et ne permet pas, selon elle, de dégager une perspective suffisamment rassurante sur la situation économique et sociale du Sénégal.

Pour Thérèse Faye, le ton adopté dans la présentation de la DPG pourrait même avoir des conséquences sur l’attractivité du pays. Elle reproche au gouvernement d’avoir davantage insisté sur les difficultés auxquelles le Sénégal est confronté que sur les solutions susceptibles de rassurer les acteurs économiques et les investisseurs. « Il y a un manque de précision dans les données fournies », a-t-elle notamment relevé, estimant que le discours projetait un certain pessimisme susceptible de décourager les investisseurs étrangers.

La députée a illustré son propos par une formule imagée : « Un chef de guerre doit rassurer son équipe. » À ses yeux, le gouvernement, dans un contexte économique marqué par de nombreuses contraintes, doit être en mesure de donner confiance, de présenter des perspectives claires et surtout de convaincre les Sénégalais comme les partenaires économiques de sa capacité à redresser la situation.

L’élue de Takku Wallu a également regretté ce qu’elle considère comme l’absence d’un véritable bilan des actions entreprises par l’exécutif après deux années d’exercice. Selon elle, la DPG aurait dû permettre au gouvernement de dresser un état précis des réalisations, des résultats obtenus et des difficultés rencontrées depuis son arrivée aux affaires.

Elle estime au contraire que le discours a principalement mis en évidence les faiblesses structurelles de l’économie sénégalaise sans apporter suffisamment de réponses concrètes. Une situation qu’elle juge préoccupante au regard des attentes de la population et des impératifs auxquels le pays est confronté.

Sur le plan politique, Thérèse Faye est également revenue sur son parcours et sur ses relations au sein de l’Alliance pour la République (APR). Évoquant son mouvement And Dekkali Yaakaar ainsi que les différentes dynamiques qui peuvent se développer à l’intérieur d’une formation politique, elle a défendu le principe de la liberté d’initiative.

Elle a notamment rappelé que la création de mouvements ou de courants parallèles n’est pas une nouveauté dans l’histoire de l’APR. Pour elle, ces initiatives doivent être replacées dans le fonctionnement traditionnel de la vie politique sénégalaise et ne sauraient systématiquement être interprétées comme une rupture avec une formation ou une autre.

La députée a par ailleurs pris ses distances avec les phénomènes de transhumance politique. Elle relativise notamment la portée électorale des ralliements de maires à de nouvelles formations, estimant que le transfert d’un responsable politique d’un camp à un autre ne garantit pas nécessairement le déplacement de son électorat.

Mais c’est surtout à l’endroit de Pastef que Thérèse Faye a concentré ses critiques. L’élue accuse le parti au pouvoir d’adopter une posture qu’elle assimile au populisme, notamment dans les débats à l’Assemblée nationale. Elle estime que les responsables de Pastef se sont particulièrement illustrés par leurs déclarations publiques et leur capacité à mettre en avant les difficultés ou les controverses touchant la gestion publique.

« Ce sont les champions pour faire des déclarations », a-t-elle lancé, tout en reconnaissant que les députés de la majorité consacrent une partie importante de leur activité parlementaire à l’examen des dossiers et des affaires qui font débat dans le pays.

Thérèse Faye considère toutefois que les élus de Pastef ne se distinguent pas fondamentalement des autres parlementaires dans leur fonctionnement interne. Elle remet notamment en cause leur marge de liberté au sein du groupe parlementaire, allant jusqu’à affirmer que certains députés ne seraient même pas en mesure de quitter leur groupe WhatsApp.

Une manière, pour elle, de dénoncer ce qu’elle perçoit comme une discipline interne particulièrement forte et une faible capacité de contestation au sein de la majorité parlementaire.

L’ancienne responsable politique a également évoqué l’évolution du sentiment de la population à l’égard du pouvoir. Selon elle, une forme de désillusion serait progressivement perceptible chez certains Sénégalais qui avaient placé beaucoup d’espoir dans l’arrivée de la nouvelle majorité.

Elle affirme même que, chez certaines personnes particulièrement déçues, la simple évocation du nom de Pastef pourrait désormais provoquer des réactions de rejet. Une déclaration qui traduit, selon elle, le fossé qui commencerait à se creuser entre certaines promesses politiques et les attentes concrètes des citoyens.

La députée a également dénoncé les lenteurs qu’elle observe dans l’examen de plusieurs textes à caractère social. Elle estime que les urgences auxquelles les populations sont confrontées devraient occuper une place plus importante dans le travail parlementaire.

Pour Thérèse Faye, les affrontements politiques et les calculs partisans ne doivent pas prendre le dessus sur les préoccupations quotidiennes des Sénégalais. Elle appelle ainsi les acteurs politiques à recentrer le débat sur les questions sociales et économiques qui affectent directement les ménages.

Au-delà de ses critiques à l’égard du gouvernement et de la majorité parlementaire, Thérèse Faye dit compter sur la maturité politique du peuple sénégalais. Elle estime que les citoyens disposent désormais d’un niveau de compréhension suffisant des enjeux institutionnels et politiques pour se faire leur propre opinion sur l’action des dirigeants.

« Les Sénégalais sont très autonomes et très mûrs face à la situation », a-t-elle déclaré, considérant que les prochaines échéances politiques seront largement déterminées par les résultats concrets des politiques publiques.

Pour la députée, la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les réformes annoncées, à améliorer les conditions de vie et à répondre aux attentes sociales constituera le véritable baromètre de son bilan. Les querelles entre formations politiques et les affrontements de chapelles ne sauraient, selon elle, masquer durablement les résultats attendus par les citoyens.

Cette sortie de Thérèse Faye intervient ainsi dans un contexte politique marqué par de fortes attentes autour de la mise en œuvre des engagements du pouvoir. Son intervention met en lumière l’intensification du débat politique autour de la DPG, mais aussi les interrogations de l’opposition sur la trajectoire économique du pays et sur la capacité de l’exécutif à transformer ses orientations en résultats tangibles.


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