Education
Thiès : les syndicats d’enseignants haussent le ton et dénoncent des « ponctions injustes » sur les salaires
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par
Diack
À Thiès, la tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action du G7, les syndicats d’enseignants, après avoir observé un débrayage ce mardi matin, se sont réunis en assemblée générale au CEM Mamadou Diaw pour faire le point sur la situation et définir la suite de leur mouvement.
À l’issue de la rencontre, les responsables syndicaux ont exprimé de vives préoccupations face à ce qu’ils qualifient de climat délétère. Ils dénoncent un contexte marqué par des « menaces voilées », des tentatives d’intimidation, des manipulations de l’opinion publique et, surtout, des retenues jugées injustes sur les salaires des enseignants engagés dans la lutte.
Prenant la parole devant ses camarades, le secrétaire général du Saems à Thiès, Sirakhata Guèye, a tenu un discours ferme et mobilisateur. Selon lui, les enseignants ne sont « ni faibles, ni isolés, ni désorganisés ». Il a rappelé leur rôle central dans la société, les présentant comme des éducateurs, des bâtisseurs de conscience et des piliers indispensables de la Nation. Face aux menaces et aux pressions, il a appelé ses collègues à garder « la tête haute » et à ne pas céder à la peur.
Il a déploré ce qu’il considère comme une stratégie visant à intimider les enseignants par la menace de sanctions et de retenues sur salaire, tout en cherchant à les opposer aux parents d’élèves et à les présenter comme des perturbateurs du système éducatif. Pour lui, il est essentiel de rester lucide et de rappeler que revendiquer dans le respect des lois n’a rien d’un crime. Exiger l’application d’accords signés avec l’État ne saurait être assimilé à un acte de rébellion, tout comme défendre sa dignité professionnelle ne constitue en rien une faute.
Revenant sur les ponctions opérées sur les salaires, Sirakhata Guèye a reconnu l’impact douloureux de ces mesures sur les enseignants et leurs familles. Toutefois, il a insisté sur le fait qu’un salaire amputé ne doit jamais signifier une dignité amputée. Il a affirmé que le combat mené par les syndicats n’a pas pour objectif le désordre, mais la justice et le respect des engagements pris. Selon lui, un État fort ne se définit pas par sa capacité à sanctionner ses enseignants, mais par son aptitude à dialoguer, à honorer ses promesses et à protéger l’école publique.
Le cinquième plan d’action du G7 doit se conclure le vendredi 6 mars 2026 par une grève totale. D’ici là, les syndicats maintiennent la pression et poursuivent le boycott des évaluations ainsi que des cellules d’animation pédagogique.
Les revendications restent inchangées. Les syndicats exigent notamment la matérialisation des deux décrets signés en faveur des enseignants décisionnaires, la valorisation de leurs pensions de retraite, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, l’arrêt de la surimposition, l’imputation budgétaire pour les enseignants décisionnaires à la retraite ainsi que la fin des lenteurs administratives.
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