Politique
Transparence extractive : le Sénégal obtient la mention « Très Bon » et veut transformer ses ressources en levier de souveraineté
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par
Diack
Le Président de la République a reçu, ce jeudi 7 mai 2026 au Palais présidentiel, le Comité national de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), venu présenter les résultats de la troisième validation du Sénégal selon la Norme ITIE 2023. Une rencontre marquée par la reconnaissance des avancées réalisées par le pays en matière de gouvernance des ressources naturelles, mais également par un appel à renforcer l’impact concret de cette transparence sur la vie des populations.
Avec un score de 89 points sur 100 et la mention « Très Bon », le Sénégal confirme sa place parmi les pays les plus performants au monde dans le domaine de la gouvernance extractive. Cette distinction vient récompenser plus d’une décennie d’efforts engagés depuis 2013 pour améliorer la transparence dans la gestion des ressources minières, pétrolières et gazières.
Cette reconnaissance internationale intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal, marqué par le début de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières issues notamment des projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Alors que les premiers revenus commencent à être enregistrés, les autorités entendent faire de cette nouvelle phase économique un modèle de gestion responsable et équitable.
Au cours de l’audience, le Chef de l’État a insisté sur le fait que la transparence ne peut se limiter à des performances techniques ou à des évaluations internationales. Selon lui, elle doit se traduire concrètement dans les conditions de vie des Sénégalaises et des Sénégalais. Cette vision implique une redistribution plus efficace des revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles, notamment à travers des transferts effectifs vers les collectivités territoriales concernées.
Le Président de la République a également mis l’accent sur plusieurs priorités stratégiques. Il a évoqué la nécessité d’assurer un suivi rigoureux des titres miniers et pétroliers afin de garantir une gestion conforme aux exigences de bonne gouvernance. Il a aussi insisté sur l’achèvement du registre des bénéficiaires effectifs, considéré comme un outil essentiel dans la lutte contre l’opacité financière et les conflits d’intérêts dans le secteur extractif.
Dans la même dynamique, le Chef de l’État a appelé à la publication régulière de données fiables, accessibles et compréhensibles pour les citoyens. L’objectif est de permettre aux populations, à la société civile et aux acteurs économiques de suivre l’évolution des revenus issus des ressources naturelles et leur utilisation par l’État.
Le Comité national de l’ITIE est également invité à renforcer ses capacités d’analyse afin de mieux anticiper les enjeux liés à l’exploitation des ressources extractives. Cette montée en puissance analytique devra permettre au Sénégal d’adapter ses politiques publiques aux nouvelles réalités économiques et sociales induites par les revenus pétroliers et gaziers.
À travers ces orientations, les autorités sénégalaises affichent une ambition claire : faire des ressources naturelles un instrument de cohésion nationale, de réduction des inégalités et de consolidation de la souveraineté économique du pays. Pour le Président de la République, les richesses du sous-sol ne doivent profiter à aucun groupe particulier, mais bénéficier à l’ensemble de la nation.
Si le score de 89 sur 100 constitue une étape importante, les autorités estiment toutefois qu’il ne représente pas une finalité. Il s’agit plutôt d’une base sur laquelle le Sénégal devra continuer de bâtir un modèle de gouvernance extractive crédible, durable et exemplaire.







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