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Santé

Hôpital Aristide Le Dantec : l’intersyndicale dénonce un retard « inacceptable » et alerte sur une crise sanitaire silencieuse

Fermé depuis plus de 38 mois pour des travaux de reconstruction initialement prévus pour durer 18 mois, l’hôpital Aristide Le Dantec, l’un des plus anciens et des plus emblématiques établissements de santé du Sénégal, reste plongé dans une incertitude qui inquiète profondément les travailleurs et les usagers du système sanitaire national.

Ce mardi 28 octobre, l’intersyndicale des travailleurs de la santé a tenu un point de presse pour tirer la sonnette d’alarme et dénoncer un retard jugé « inacceptable » dans l’avancement du chantier. Face à ce qu’ils qualifient d’« inaction coupable », les représentants syndicaux ont mis en garde contre les conséquences sociales et sanitaires d’une fermeture aussi prolongée.

Selon Mague Ngom, porte-parole du jour, cette situation constitue une véritable tragédie pour la santé publique. « L’hôpital Aristide Le Dantec est un pilier du système sanitaire sénégalais. Sa fermeture prolongée prive chaque année des millions de patients de soins de qualité », a-t-il déclaré. Les travailleurs dénoncent un vide sanitaire qui touche particulièrement les malades chroniques et les personnes atteintes de cancer, autrefois suivis au sein du service de radiothérapie du même hôpital. Avant sa fermeture, ce service accueillait plus de 14 000 patients par an. Aujourd’hui, ces malades sont contraints de se tourner vers des structures déjà saturées, ou dans certains cas, de renoncer à leur traitement.

Au-delà des retards techniques, l’intersyndicale a également soulevé des inquiétudes quant à la gestion du projet de reconstruction, notamment l’implication du Fonds VI dans le financement et la gouvernance du futur hôpital. Les représentants syndicaux redoutent que cette intervention ne conduise à une dérive de la mission de service public de l’établissement.

Le Fonds VI a, en effet, annoncé son intention de transformer le nouvel hôpital en un « groupe médical et paramédical » fonctionnant sans recourir à l’endettement public. Pour y parvenir, il prévoit de valoriser trois hectares résiduels du site de Dantec, tout en assurant l’insertion de « clauses de non aliénation » dans le projet. Une démarche qui, selon le Fonds, permettrait d’assurer la viabilité financière de l’hôpital tout en préservant son caractère public.

Cependant, cette orientation ne convainc pas les syndicats, qui y voient un risque de privatisation déguisée et une mauvaise gestion du patrimoine foncier public. « Ces terrains devraient plutôt servir à des infrastructures d’appui, car la population grandit et a besoin de plus de soins, pas de moins », a soutenu Cheick Seck, secrétaire général du Syndicat Démocratique des Travailleurs de la Santé et du Secteur Social (SDT-3S).

Face à cette situation, l’intersyndicale appelle solennellement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko, à intervenir sans délai pour garantir la transparence dans la gestion du chantier et accélérer la réouverture de l’établissement. Les travailleurs insistent sur l’urgence d’une solution claire et rapide, estimant que chaque mois de retard supplémentaire aggrave la souffrance de milliers de malades privés de soins.


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