Déjà placé en détention préventive depuis octobre 2025, l’homme d’affaires Soya Diagne a été extrait de sa cellule de la prison de Rebeuss le lundi 26 janvier, sur instruction du Procureur de la République. Il a été conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine de la police centrale avant d’être déféré au Parquet pour des faits d’« abus de confiance et d’escroquerie » portant notamment sur 400 cartons de café impayés et un reliquat estimé à environ 18,9 millions de francs CFA.
Selon le journal L’Observateur, ce nouveau déferrement est lié à deux plaintes supplémentaires enregistrées alors que l’homme d’affaires est déjà poursuivi dans d’autres dossiers. La première plainte émane de Souleymane Bâ Diallo, à l’origine d’un dossier transmis par le Procureur. Le plaignant soutient avoir fourni à Soya Diagne, en 2016, du lait en poudre d’une valeur globale estimée à 23 925 000 francs CFA. Après un acompte de 5 millions de francs CFA, l’homme d’affaires lui aurait remis deux chèques tirés sur la Bsic, lesquels se sont révélés sans provision et n’ont jamais été honorés. Confronté aux faits, Soya Diagne aurait reconnu les actes qui lui sont reprochés, tout en invoquant la prescription des faits pour se défendre.
La seconde plainte a été déposée par Mouhamadou Seck, qui a conduit à l’audition de Soya Diagne par les forces de l’ordre le 22 décembre 2025. D’après le témoignage du plaignant, l’homme d’affaires, se présentant comme un opérateur économique, lui aurait passé en 2017 une commande de 400 cartons de café d’une valeur de 10 400 000 francs CFA. Un dépôt de garantie de 1 400 000 francs CFA aurait été versé, tandis que le solde devait être réglé par chèque. Là encore, le chèque transmis aurait été rejeté pour défaut de provision, laissant la commande impayée. Face à cette nouvelle accusation, Soya Diagne aurait adopté la même ligne de défense, se retranchant derrière la prescription des faits.
Ces nouvelles procédures viennent alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, déjà écroué depuis plusieurs mois. Elles relancent le débat sur la multiplication des plaintes pour des faits financiers anciens et sur la question de leur prescription, désormais au cœur de la stratégie de défense de Soya Diagne. L’affaire suit désormais son cours devant le Parquet, qui devra apprécier la suite à donner à ces nouvelles accusations.