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UCAD : le SAES juge « non réunies » les conditions d’une reprise académique après la mort d’Abdoulaye Ba

La coordination du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime que les conditions d’une reprise académique « ne sont pas réunies », dans un contexte de fortes tensions consécutives au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors de violences sur le campus. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 février, les enseignants dénoncent un environnement instable qui, selon eux, ne permet pas d’assurer un enseignement effectif et serein.

Pour la coordination du SAES, le campus pédagogique et le campus social forment une « unité fonctionnelle indissociable ». Les enseignants soulignent que l’absence de restauration, d’hébergement et le dysfonctionnement des services sociaux compromettent gravement la reprise normale des activités académiques. Ils insistent sur le fait qu’il ne peut y avoir d’enseignement effectif dans un espace universitaire fragmenté, marqué par des fermetures et des restrictions liées au climat de tension.

Cette sortie du syndicat intervient au lendemain d’une décision du Conseil académique de l’UCAD. Réuni dans la matinée du jeudi 12 février, celui-ci a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, des amicales d’étudiants. Dans le même temps, l’instance a affirmé sa volonté d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Une position qui tranche avec celle des enseignants, pour qui toute tentative de reprise sans apaisement préalable demeure structurellement fragile.

Le campus social, fermé en raison du climat de tensions, cristallise les inquiétudes. Pour le SAES, la normalisation du calendrier universitaire ne saurait précéder celle de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. Les enseignants estiment qu’on ne peut exiger la sérénité des acteurs académiques tout en maintenant un environnement marqué par la crispation et la méfiance. Ils mettent en garde contre une reprise précipitée qui risquerait d’aggraver les frustrations et d’exposer la communauté universitaire à de nouvelles perturbations.

Au-delà de la question logistique, la coordination du SAES semble poser un débat plus large sur les conditions de gouvernance et de sécurité au sein de l’université. Le décès d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté estudiantine et ravivé les interrogations sur la gestion des tensions sur le campus. Dans ce contexte, les enseignants appellent implicitement à un retour au calme et à la restauration complète du fonctionnement des services universitaires avant toute reprise effective des cours.


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