L’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, a franchi un nouveau cap dans le bras de fer judiciaire qui l’oppose à l’actuel Premier ministre. Après avoir annoncé son intention de porter plainte, il est passé à l’acte. Selon le quotidien Les Échos , la plainte a été officiellement déposée ce lundi 16 février auprès du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye.
Dans cette procédure, trois membres du gouvernement sont visés. Il s’agit du Premier ministre Ousmane Sonko, de la ministre de la Justice Yacine Fall et du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba . Les qualifications retenues sont particulièrement lourdes. Cheikh Diba est poursuivi pour faux, tandis qu’Ousmane Sonko et Yacine Fall sont suspectés d’usage de faux, d’association de malfaiteurs, de tentative d’escroquerie à jugement et de complicité contre X.
Dans le contenu de la plainte, les avocats de Mame Mbaye Niang soutiennent que Cheikh Diba aurait matériellement commis le faux. Ils estiment par ailleurs qu’Ousmane Sonko et Yacine Fall auraient fait usage de ce document supposé falsifié, dans le but de tromper les magistrats de la Cour suprême. Selon leurs arguments rapportés par la presse, il s’agirait d’une tentative d’influencer l’issue d’une procédure judiciaire en cours.
À l’origine de cette nouvelle confrontation, la demande de révision introduite par Ousmane Sonko dans le procès en diffamation qui l’avait opposé à l’ancien ministre du Tourisme. Dans cette affaire, le Premier ministre avait été condamné pour diffamation. Sa défense fonde aujourd’hui sa requête sur un rapport de l’Inspection générale des finances, auquel il affirme avoir eu accès après son installation à la Primature. Bien que ce document n’ait pas été rendu public, il établirait, selon ses soutiens, l’implication de Mame Mbaye Niang dans des dépenses publiques jugées irrégulières. Cet élément serait de nature, selon eux, à démontrer que les accusations portées à l’époque ne relevaient pas de la diffamation.
Les avocats de Mame Mbaye Niang contestent vigoureusement cette démarche. Ils dénoncent une procédure qu’ils jugent illégale, mettant en avant le statut institutionnel d’Ousmane Sonko et son accès privilégié à certaines informations administratives. Me Youm a notamment averti des conséquences qu’une telle initiative pourrait avoir sur la stabilité des décisions judiciaires, estimant que si une telle requête devait prospérer, elle ouvrirait la voie à une remise en cause des jugements par toute personne occupant une position de pouvoir.
La Cour suprême est désormais attendue sur cette affaire sensible. Elle devra se prononcer sur la validité de la demande de révision et déterminer s’il y a lieu ou non d’ouvrir un nouveau procès. En parallèle, la plainte déposée devant le parquet pourrait donner lieu à l’ouverture d’une enquête afin d’établir la matérialité des faits allégués. Cette nouvelle séquence judiciaire intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions et pourrait avoir des répercussions majeures sur la scène nationale.