La tension est montée d’un cran, ce mercredi 25 février 2026, dans le secteur de l’éducation. À l’ouverture de la plateforme Solde, de nombreux enseignants grévistes ont découvert avec stupeur des ponctions importantes sur leurs salaires du mois. Très vite, la surprise a laissé place à l’indignation. Selon plusieurs sources syndicales concordantes, les retenues pour faits de grève oscillent entre 100 000 et 200 000 F CFA, des montants jugés particulièrement lourds dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.
Ces prélèvements correspondent aux jours de débrayage observés lors des récents mouvements d’humeur qui ont secoué le système éducatif. Mais au-delà de l’application du principe du « service fait », c’est l’ampleur des sommes retranchées qui cristallise la colère. Les retenues ne se limiteraient pas au salaire de base ; elles toucheraient également certaines indemnités, ce qui alourdit significativement la perte globale. Plusieurs enseignants affirment avoir constaté une diminution d’un tiers, voire de la moitié de leur rémunération habituelle.
Sur les réseaux sociaux et dans les groupes professionnels, les captures de fiches de paie amputées circulent massivement. Les témoignages se multiplient, traduisant un profond malaise. Dans les salles des professeurs, l’heure est à la consternation. Beaucoup disent ne pas avoir anticipé un tel niveau de retenue, même en tenant compte des jours effectivement non travaillés. Certains évoquent des difficultés immédiates pour faire face aux charges mensuelles, notamment les loyers, les crédits ou les dépenses familiales courantes.
Du côté des autorités, l’application des retenues s’inscrit dans le cadre légal du principe du service fait, qui autorise l’administration à suspendre la rémunération correspondant aux jours de grève. Cette démarche est présentée comme une mesure conforme aux textes en vigueur. Toutefois, la rapidité d’exécution et la simultanéité des ponctions ont été interprétées par les syndicats comme un signal de fermeté, voire de durcissement assumé.
Les organisations syndicales, qui ne s’attendaient pas à des montants aussi élevés, parlent déjà de « provocation financière » et dénoncent une tentative de briser la dynamique du mouvement social. Des concertations internes ont été engagées pour définir une riposte. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement du mot d’ordre de grève, des actions de protestation ou encore des démarches juridiques pour contester les modalités de calcul des retenues.
Ce nouvel épisode risque de fragiliser davantage le climat social dans le secteur de l’éducation. Alors que les revendications portaient initialement sur des questions de revalorisation et de respect d’engagements antérieurs, le débat se déplace désormais sur le terrain de la confrontation directe autour des salaires. Dans un contexte où l’école reste un pilier central de la cohésion sociale, l’escalade entre l’État et les syndicats d’enseignants pourrait avoir des répercussions bien au-delà des salles de classe.
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