Le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce énergétique mondial, a connu un regain d’activité sous haute tension ce samedi matin, dans un contexte marqué par des décisions contradictoires de l’Iran et le maintien du blocus américain. Selon des données de la société de suivi maritime Kpler, au moins huit navires, dont des pétroliers et des méthaniers, ont franchi cette voie maritime cruciale aux premières heures de la journée.
Parmi ces bâtiments figuraient un pétrolier transportant du brut, quatre méthaniers chargés de gaz de pétrole liquéfié, deux navires mixtes transportant à la fois du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’un autre classé comme transporteur de produits pétroliers. Cette circulation s’inscrivait dans le sillage de l’annonce faite la veille par Téhéran, déclarant le détroit temporairement ouvert pendant la durée d’un cessez-le-feu.
Cependant, cette accalmie apparente a été de courte durée. Dès samedi, les autorités iraniennes ont infléchi leur position, annonçant la reprise d’un « strict contrôle » du détroit. Cette décision intervient en réaction directe au maintien du blocus américain visant les ports iraniens, un élément central de l’escalade en cours.
Les données du site MarineTraffic confirment également une activité soutenue dans la zone, avec plus d’une dizaine de navires observés en transit, notamment à proximité de l’île iranienne de Larak, point de passage stratégique servant de zone de contrôle. Néanmoins, certains mouvements témoignent de l’incertitude persistante : au moins deux navires auraient fait demi-tour aux alentours de 09h00 GMT, illustrant la nervosité des opérateurs maritimes face à une situation encore instable.
Dans ce climat tendu, un événement notable a été enregistré avec le passage du paquebot de croisière Celestyal Discovery. Ce navire a traversé le détroit sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, marquant une première depuis le début des hostilités le 28 février. Ce transit symbolique souligne à la fois une tentative de reprise progressive des activités maritimes civiles et les précautions extrêmes adoptées par les compagnies.
Du côté américain, la position reste ferme. Le président Donald Trump a affirmé que le blocus resterait « totalement en vigueur » jusqu’à l’issue des négociations en cours, précisant qu’il pourrait être prolongé en cas d’échec des discussions. Le commandement central américain a par ailleurs indiqué que, depuis le début du blocus, 21 navires ont obéi aux injonctions de ses forces en faisant demi-tour vers l’Iran.
Autre élément révélateur des tensions géopolitiques, au moins trois des navires ayant quitté le détroit samedi figuraient sur la liste des sanctions américaines. Dans le même temps, certains bâtiments présents dans la zone ont diffusé des identités les reliant à des pays comme l’Inde ou la Chine, une stratégie visant manifestement à afficher une neutralité dans un contexte de confrontation accrue.