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Séismes au Venezuela : un enfant sauvé après six jours, tandis que le bilan grimpe à 1.943 morts

Six jours après les violents séismes qui ont frappé le Venezuela, les opérations de recherche continuent au milieu des décombres, malgré des chances de survie qui s’amenuisent au fil des heures. Dans ce contexte dramatique, un nouvel exploit des secouristes est venu raviver l’espoir : un enfant de trois ans a été retrouvé vivant et extrait des ruines par une équipe de sauveteurs jordaniens.

Selon un communiqué de la Défense civile de Jordanie, l’enfant a été secouru mardi avant de recevoir immédiatement les premiers soins sur place, puis d’être transféré dans un établissement hospitalier. Il s’agit, à ce stade, du seul sauvetage enregistré au cours de cette journée, un miracle qui redonne un peu d’espoir aux milliers de familles toujours dans l’attente de nouvelles de leurs proches disparus.

Au cœur de la catastrophe, les témoignages des survivants illustrent l’ampleur du drame vécu par les habitants de l’État de La Guaira, épicentre des deux secousses survenues le 24 juin. Âgée de 23 ans, Andrea Canónico a passé près de 48 heures prisonnière sous les gravats de son immeuble avant d’être retrouvée vivante.

La jeune femme raconte avoir dû lutter contre la panique en se concentrant uniquement sur sa respiration afin de conserver son calme. Coincée sous près de six mètres de débris, elle disposait d’un espace suffisant pour rester assise. Son téléphone portable est devenu son principal repère, lui permettant de connaître l’heure et de s’éclairer dans l’obscurité.

Andrea n’était pas totalement isolée. Un autre survivant se trouvait au-dessus d’elle et les deux victimes ont réussi à communiquer. Une fois secouru, cet homme a immédiatement signalé aux équipes de recherche qu’une jeune femme était encore prisonnière plus bas dans les décombres. Les sauveteurs ont alors poursuivi leurs fouilles jusqu’à ouvrir un passage. Andrea a pu grimper à travers les ouvertures créées parmi les ruines avant d’être hissée à l’extérieur. Blessée aux bras, elle espère désormais que son frère de 20 ans et sa tante de 91 ans seront eux aussi retrouvés en vie.

Parmi les nombreux bénévoles mobilisés figure Moisés Faramaya, âgé de 26 ans, connu sous le surnom de « El Topo » en raison de son incroyable capacité à creuser sous les gravats. Ancien mineur ayant travaillé durant six ans dans les mines d’or d’El Callao, il met aujourd’hui son expérience au service des secours.

Le jeune homme affirme avoir déjà sauvé seize personnes et participé à la récupération de vingt-deux corps. Il raconte avoir passé des heures à appeler les victimes ensevelies en criant : « Y a-t-il quelqu’un en vie ici ? ». Lorsqu’il entendait un bruit provenant des décombres, il poursuivait le creusement à l’aide d’une pelle et d’une pioche jusqu’à atteindre les survivants.

Malgré l’épuisement, la poussière omniprésente et l’odeur des corps en décomposition, Moisés Faramaya poursuit sans relâche sa mission aux côtés des pompiers et des équipes internationales venues renforcer les opérations de secours.

Dans plusieurs secteurs de La Guaira, l’espoir renaît parfois contre toute attente. Les autorités avaient d’abord estimé qu’aucun survivant ne se trouvait encore dans l’immeuble où Andrea Canónico a finalement été retrouvée vivante. Selon plusieurs témoins, les secours avaient même évoqué un « Code 14 », indiquant qu’aucune personne ne semblait avoir survécu.

Mais l’utilisation d’un scanner de détection américain, combinée au travail de chiens renifleurs déployés par une équipe espagnole, a permis de détecter de nouveaux signes de vie sous les décombres. Une découverte qui a redonné de l’espoir à de nombreuses familles.

Alexander Garcia, dont deux frères restent portés disparus, affirme que plusieurs personnes ont entendu des voix provenant des ruines. Sa mère, retrouvée sous les gravats, n’a malheureusement pas survécu à ses blessures.

Les opérations de recherche se poursuivent désormais principalement à la lumière des projecteurs et des lampes torches. Cependant, une forte pluie tombée dans la nuit de mardi sur La Guaira a contraint les équipes à suspendre temporairement leurs interventions, les conditions devenant trop dangereuses pour les sauveteurs comme pour les éventuels survivants.

Pendant ce temps, le bilan humain continue de s’alourdir. Le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a annoncé mardi que le nombre de victimes est passé de 1.719 à 1.943 morts. Plus de 10.500 personnes ont été blessées et environ 15.000 habitants se retrouvent sans logement.

Les autorités indiquent également que 6.461 personnes ont été secourues depuis le début de la catastrophe. En ajoutant les quelque 13.400 habitants qui ont réussi à s’échapper par leurs propres moyens ou avec l’aide de voisins, près de 19.861 personnes auraient pu être sauvées dans la seule région de La Guaira, où environ 30.000 personnes se trouvaient au moment des deux violents tremblements de terre.


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