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Disparition de deux jeunes à Cambérène : tensions, rumeurs et enquête en cours

Le quartier de Cambérène, dans la banlieue dakaroise, est sous tension depuis la disparition mystérieuse de deux jeunes hommes, sur fond d’incident impliquant un agent de police. L’affaire, qui suscite une vive émotion dans la population, a provoqué ce lundi en fin de journée des troubles à l’ordre public, marquant une escalade préoccupante.

Tout commence dans la nuit du dimanche 22 juin, lorsque qu’un agent de police, en service à la 7e compagnie, se rend au commissariat de l’Unité 15 des Parcelles Assainies. Il y déclare avoir été agressé alors qu’il tentait d’intervenir pour stopper une rixe sur la plage de Cambérène. D’après ses déclarations, l’un des assaillants lui aurait asséné un coup de couteau dans le dos, après lui avoir projeté du gaz lacrymogène au visage. L’agent blessé a été évacué d’urgence à l’hôpital Principal par son propre père, qui se trouvait sur les lieux. Le certificat médical fait état d’une incapacité temporaire de travail (ITT) de 15 jours. Une plainte a été déposée contre X.

Dans la foulée, une patrouille est envoyée sur les lieux pour appréhender les agresseurs présumés. À l’arrivée des policiers, deux individus prennent la fuite en direction de la mer et, selon les témoignages recueillis, s’y seraient jetés. Malgré l’intervention des secours et l’aide de riverains, les recherches ont été suspendues vers 2 heures du matin, sans résultat.

Le 26 juin, une femme signale la disparition de son fils, porté disparu depuis le 21 juin. Après la présentation d’une photo, l’agent agressé aurait reconnu une certaine ressemblance entre le disparu et l’un de ses agresseurs, sans pouvoir toutefois confirmer son identité en raison de l’obscurité au moment de l’agression.

La situation prend une tournure explosive ce lundi 30 juin, vers 18 heures, lorsque des jeunes manifestants érigent des barricades et incendient des pneus sur la VDN 3, au niveau de la passerelle de Cambérène. Les protestations, liées à la disparition des deux jeunes, ont gravement perturbé la circulation et nécessité une intervention musclée des forces de l’ordre.

Des rumeurs sur la découverte des corps des deux disparus ont circulé dans la soirée. Cependant, les hôpitaux Principal et Dalal Jamm ont démenti avoir reçu des victimes de noyade ces derniers jours. En revanche, deux corps ont été retrouvés sur la plage de la BCEAO, et des sources indiquent qu’ils seraient originaires de Cambérène, sans qu’un lien formel avec les jeunes disparus ne soit encore établi.

Face à la colère montante et aux spéculations, la Police nationale a ouvert une enquête. Elle affirme rester pleinement mobilisée pour faire toute la lumière sur cette affaire sensible, qui cristallise les tensions dans ce quartier déjà éprouvé par un sentiment de marginalisation.

Le gouvernement lance une offensive pour sauver les sociétés publiques en difficulté

Le gouvernement sénégalais entend redonner un second souffle aux sociétés publiques et parapubliques en proie à des difficultés financières. Parmi les entités ciblées figurent notamment La Poste, Air Sénégal, la Sonacos, la Société nationale de recouvrement (SNR) et Dakar Dem Dikk (DDD), toutes confrontées à des défis structurels majeurs.

Lors du débat d’orientation budgétaire tenu samedi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a annoncé la mise en œuvre de deux mesures clés destinées à assurer la relance de ces structures stratégiques. Il s’agit, d’une part, de la création d’un fonds de relance et, d’autre part, de l’installation d’un comité interministériel de restructuration.

Selon les précisions rapportées par Le Soleil, le fonds de relance aura pour vocation de financer les opérations de recapitalisation, les plans de redressement, les restructurations, ainsi que de couvrir les besoins en fonds de roulement des entreprises ciblées. Cet instrument financier vise à redonner de la solvabilité aux structures étatiques en difficulté, dont certaines peinent à honorer leurs engagements les plus élémentaires.

En parallèle, un comité de pilotage sera mis en place sous la tutelle directe de la Primature. Sa mission : accompagner chaque entreprise dans l’élaboration de son plan de redressement, en facilitant l’identification de solutions financières et juridiques adaptées. Il s’agira également d’assurer une coordination efficace entre les ministères concernés et d’encadrer les processus de transformation à mettre en œuvre.

Cette double initiative traduit la volonté du gouvernement de préserver l’emploi, assainir la gestion des sociétés publiques, et réduire leur dépendance vis-à-vis du Trésor public. Ces mesures interviennent dans un contexte économique tendu, où la rationalisation des dépenses publiques et l’efficacité des services sont devenues des impératifs.

Centre Rokku Mi Rokka / Mboro : Valérie Dione, fondatrice de MARIE GRÂCE, remet un important lot de dons aux enfants

Valérie Dione, fondatrice de MARIE GRÂCE (Groupe d’Action pour une Citoyenneté et un Entrepreneuriat Solidaires), a effectué une visite solidaire au Centre d’Accueil Rokku Mi Rokka à Mboro. À cette occasion, elle a remis un important lot de dons composé de matériel scolaire, de denrées alimentaires et de produits d’hygiène, destiné aux enfants en situation de handicap pris en charge par le centre.

La coordinatrice du centre, Mme Khardiata Ka, s’est réjouie de ce geste, qu’elle a qualifié de providentiel :

“Ce don arrive à point nommé. Les enfants du centre, qui vivent tous avec un handicap, sont trop souvent oubliés par une partie de la population. Ce geste nous rappelle que la solidarité existe encore.”

Un engagement citoyen et solidaire

Dans son allocution, Mme Dione a expliqué la mission de MARIE GRÂCE, qui regroupe des personnes de bonne volonté et des acteurs citoyens engagés en faveur d’une citoyenneté active, responsable et solidaire :

“Notre vision est simple : être solidaires, agir en citoyens. Ce moment, bien que symbolique, porte un message fort : celui du partage, de l’empathie et de l’engagement envers les plus vulnérables. Le don que nous apportons aujourd’hui n’est pas qu’un ensemble d’objets ; c’est l’expression d’un lien humain, d’une main tendue, d’un regard bienveillant posé sur chaque enfant ici présent.”

Elle a également annoncé que ce geste ne marque qu’un début, et que MARIE GRÂCE compte poursuivre son accompagnement du centre dans sa mission essentielle.

Un centre dédié à l’accompagnement spécifique des enfants en situation de handicap

Depuis sa création, le Centre Rokku Mi Rokka accueille chaque année plus de 40 enfants vivant avec divers types de handicaps, notamment :

Handicap physique, Infirmité motrice cérébrale (IMC), Autisme, Trisomie 21, Troubles mentaux ou du langage.

L’accompagnement est personnalisé, organisé autour de quatre salles pédagogiques adaptées :

Salle Yaakar : 9 enfants atteints de différents handicaps, Salle des Poussins : 7 enfants avec trisomie ou handicaps moteurs, Salle des Papillons : 9 enfants souffrant d’autisme ou de déficiences mentales, Salle Diambars (et Passerelle) : 7 enfants présentant des troubles du comportement, du langage ou une IMC.

Des paroles fortes et émouvantes

Dans un discours touchant, Mme Ka a exprimé sa gratitude :

“Le geste de solidarité que vous posez aujourd’hui ne représente pas simplement une aide matérielle. C’est un message : Vous n’êtes pas seuls. Grâce à ce soutien, nous pourrons enrichir nos activités, améliorer nos équipements et continuer à bâtir un environnement propice à l’épanouissement de chaque enfant.”

Elle a tenu à remercier tous ceux qui rendent cette mission possible : éducateurs, soignants, bénévoles, mais surtout les enfants :

“Ce sont eux qui nous enseignent la patience, la résilience et la joie de chaque petit progrès. Vous êtes la raison pour laquelle nous avançons chaque jour.”

Mme Dione, quant à elle, a salué l’engagement de l’équipe :

“Merci à toute l’administration, aux éducateurs, soignants, bénévoles du centre. Vous êtes les artisans discrets de mille sourires. Et vous, chers enfants, vous êtes une source d’inspiration. Votre courage et votre lumière nous rappellent chaque jour la beauté de la résilience.”

Un appel aux autorités

Profitant de cette cérémonie, Mme Khardiata Ka a lancé un appel solennel aux autorités locales et nationales :

“Le centre a besoin de soutien institutionnel. Il fonctionne actuellement grâce aux efforts de ses fondateurs et à des appuis ponctuels. Pourtant, il est au service de tous les Sénégalais.”

Un lieu d’espoir

Pour rappel, le Centre Rokku Mi Rokka, porté par l’ONG éponyme, est un espace dédié au bien-être, à l’inclusion et à l’épanouissement des enfants et jeunes vivant avec un handicap au Sénégal. Il se veut plus qu’un lieu d’accueil : un espace d’apprentissage, de soins, de développement personnel et de partage, dans le respect et la dignité.

Projet gazier GTA : Mc Dermott et ses partenaires visés par une enquête pour fraude fiscale et infractions douanières

Une plainte de la Douane sénégalaise contre Mc Dermott et ses partenaires, Oma Sénégal SA et Oma Logistics SA, a déclenché une enquête judiciaire pour des faits graves, notamment de fraude fiscale, de non-respect des engagements contractuels, d’exportation sans déclaration et de non-représentation de marchandises sous douane. Le parquet financier a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) pour faire la lumière sur ce dossier à fort enjeu économique.

D’après le journal Libération, qui révèle l’affaire, l’enquête cible principalement Mc Dermott, entreprise impliquée dans le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), pour lequel elle avait affrété dix navires. La société avait signé un contrat avec les sociétés Oma Sénégal SA et Oma Logistics SA, chargées d’assurer toutes les formalités douanières liées à l’entrée et aux opérations de ces navires dans la zone économique exclusive (ZEE) du Sénégal.

Selon la plainte déposée par l’Administration des Douanes, six des dix navires concernés avaient obtenu une admission temporaire exceptionnelle, un régime douanier permettant leur présence dans les eaux sénégalaises pour une période déterminée et dans un cadre strictement défini. Mais les autorités reprochent à Mc Dermott d’avoir violé les termes de ce régime : les six navires seraient sortis de la zone économique exclusive sans en informer les autorités compétentes, en violation flagrante des règles douanières.

Plus inquiétant encore, les quatre autres navires n’ont, selon la même source, jamais mis le pied dans les eaux sénégalaises, alors qu’une admission temporaire avait été émise en leur faveur. Cette situation constitue une infraction douanière majeure au regard du Code des douanes, qui impose la représentation des marchandises ou équipements bénéficiant de régimes suspensifs.

La Douane estime le préjudice financier à plus de 845 milliards de francs CFA (exactement 845 051 333 011 FCFA), un montant colossal qui soulève des interrogations sur les pratiques de certains acteurs opérant dans les grands projets d’hydrocarbures au Sénégal.

Le parquet financier, saisi de l’affaire, a ordonné à la Division des investigations criminelles de procéder à des investigations approfondies. Plusieurs chefs d’accusation sont évoqués : fraude fiscale, non-représentation de marchandises sous douane, exportation non déclarée et manquement aux engagements contractuels.

L’affaire intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à assurer la transparence et la bonne gouvernance autour de ses ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz. Si les faits sont avérés, ils pourraient non seulement entraîner des sanctions pénales et financières, mais aussi nuire à l’image du pays auprès des investisseurs et partenaires internationaux.

Affaire à suivre.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°500 – 01/07/2025

🔴 EFFONDREMENT DES EURO-OBLIGATIONS SUITE AU RAPPORT DE BARCLAYS ESTIMANT LA DETTE PUBLIQUE À 119% DU PIB : LE SÉNÉGAL DANS L’ŒIL DU CYCLONE
🔴 CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE DÉVELOPPEMENT / REFONTE DES RELATIONS SÉNÉGALO-FRANÇAISES : DIOMAYE ET MACRON À L’ŒUVRE

🔴 BACARY CISSÉ À LA TÊTE DE LA LIGUE RÉGIONALE : NOUVELLE ÈRE POUR LE FOOTBALL ZIGUINCHOROIS
🔴 SITEU SUSPENDU POUR DEUX ANS : L’ORAD-ZONE II EXIGE L’APPLICATION STRICTE DE LA SANCTION

Séville – Partenariat stratégique : Diomaye et Macron tracent les contours d’une nouvelle ère de coopération

À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le financement du développement, qui se tient actuellement à Séville, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron ont eu un échange bilatéral majeur. Une rencontre marquée par la volonté affirmée des deux chefs d’État de poser les bases d’un partenariat renouvelé et équilibré entre le Sénégal et la France.

Le président français a déclaré vouloir « refondre le partenariat entre le Sénégal et la France », insistant sur la nécessité de construire une relation au service « des intérêts de nos peuples et de notre souveraineté ». Ce propos, fortement symbolique, s’inscrit dans le sillage d’une nouvelle dynamique voulue par le chef de l’État sénégalais, qui prône une coopération basée sur la dignité, le respect mutuel et l’efficacité.

Plusieurs axes stratégiques ont été mis en avant par Emmanuel Macron : le partenariat économique, les questions de sécurité et de défense, la coopération culturelle ainsi que le travail de mémoire. Ces « chantiers » traduisent une approche globale de la relation bilatérale, allant au-delà du simple cadre diplomatique pour embrasser les enjeux historiques, sociétaux et régionaux.

Dans ce sens, Macron a salué « l’engagement du Sénégal en faveur de la stabilité régionale », soulignant le rôle moteur que joue Dakar dans la gestion des défis du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Pour Paris, le Sénégal reste un partenaire stratégique sur le plan diplomatique, sécuritaire et économique, dans un contexte africain en pleine recomposition géopolitique.

Cette rencontre intervient dans un climat international marqué par une volonté croissante des États africains de redéfinir les termes de leur coopération avec les anciennes puissances coloniales. Le président Diomaye Faye, qui incarne cette aspiration à la souveraineté et à la transformation, entend faire du Sénégal un exemple de rupture positive.

Le dialogue entre les deux dirigeants ouvre donc la voie à une nouvelle étape dans les relations franco-sénégalaises. Une relation repensée, décentrée des anciennes logiques d’alignement, et recentrée sur des intérêts partagés, dans le respect des choix politiques et économiques de chaque pays.

BAVURE POLICIÈRE À ROSSO-SÉNÉGAL : Un jeune de 18 ans succombe à ses blessures

Un jeune homme de 18 ans, T.K., trouve la mort à Rosso-Sénégal après avoir été violemment battu suite à son arrestation par la police. Initialement admis à l’établissement public de santé de Richard Toll, il souffrait, selon le certificat de genre de mort consulté par le Dakarois Quotidien, de « tuméfaction maxillo-faciale et [d’une] douleur abdominale consécutive à un traumatisme (bastonnade) ». Le médecin précise également que T.K. présentait des douleurs abdominales diffuses et une défense généralisée faisant le diagnostic de péritonite aiguë généralisée causée par une fracture hépatique.
L’état du jeune homme s’est ensuite aggravé avec l’apparition d’un trouble hydro-électrolytique et d’une septicémie.
Le document médical indique que la cause probable du décès est une « septicémie secondaire et une péritonite aiguë généralisée par fracture hépatique ». Le praticien conclut son rapport par la mention « rixe ??? », laissant entendre un le contexte de violence dans lequel T.K. a succombé à ses blessures le 29 juin 2025.
La Dakaroise

Gouvernance extractive : la société civile de l’ITIE Sénégal clarifie sa position après le rapport CIVICUS

La société civile sénégalaise impliquée dans l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) a tenu à réagir officiellement au rapport du CIVICUS Monitor de mars 2024, qui classait le Sénégal parmi les pays « réprimés » en matière de libertés civiques. Dans une note de position transmise aux médias, les membres du Groupe Multipartite (GMP) de l’ITIE Sénégal ont tenu à apporter des précisions sur leur situation, dans un contexte politique national particulièrement tendu marqué par le report de la présidentielle de février 2024, les manifestations et les atteintes aux droits fondamentaux.

Dans le document, les représentants de la société civile engagés dans la gouvernance des ressources naturelles affirment qu’aucun d’entre eux n’a été victime d’arrestation, d’intimidation ou de restriction directement liée à leurs activités au sein de l’ITIE. Selon eux, le climat national conflictuel a néanmoins eu des répercussions indirectes, notamment la suspension temporaire d’internet et le report de plusieurs réunions programmées en présentiel.

La note précise que certains acteurs, à titre individuel et en tant que citoyens, ont pu participer à des mobilisations et à des débats publics. Mais ils insistent sur le fait que ces engagements n’ont aucun lien avec leurs mandats au sein de l’ITIE, dont le rôle demeure exclusivement sectoriel. La société civile rappelle que sa mission consiste à promouvoir la transparence, garantir la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles, défendre les droits des communautés affectées par les activités extractives et maintenir le dialogue tripartite entre l’État, les entreprises et la société civile.

Les acteurs estiment toutefois qu’aucun processus de transparence ne peut se dérouler efficacement sans respect des droits et libertés fondamentaux. Toute restriction de la liberté d’expression, d’association ou d’accès à l’information, affirment-ils, constitue un risque pour la gouvernance des ressources extractives et la crédibilité des engagements pris dans le cadre de l’ITIE.

Dans la même note, la société civile formule plusieurs recommandations. Elle invite le CIVICUS Monitor à contextualiser plus finement ses évaluations et à préciser que les membres de l’ITIE n’ont pas été directement ciblés par des actes de répression, même si le climat national a pu compliquer leur travail. Elle appelle le gouvernement sénégalais à garantir un environnement apaisé et sécurisé pour tous les citoyens, à éviter les coupures d’internet et la suspension des médias. Elle exhorte également la société civile nationale à renforcer la vigilance collective et à distinguer clairement les engagements citoyens individuels des missions exercées dans les cadres multipartites afin de préserver l’intégrité et la neutralité de ces espaces. Enfin, elle encourage le Secrétariat international de l’ITIE à continuer de surveiller la sécurité des acteurs de la société civile et à tenir compte du caractère strictement sectoriel et non-politique de l’ITIE dans ses analyses globales.

La société civile sénégalaise engagée dans l’ITIE conclut en réaffirmant son attachement aux principes de l’État de droit, à la transparence et à la participation citoyenne. Selon elle, malgré les tensions et les défis logistiques liés à la situation nationale, le mandat sectoriel centré sur la gouvernance des ressources naturelles a pu être exercé librement jusqu’à présent. Les acteurs saluent par ailleurs le travail de veille réalisé par CIVICUS et soulignent la nécessité de distinguer les organisations de la société civile généraliste, parfois impliquées dans les dynamiques politiques, de celles spécifiquement investies dans la promotion de la transparence dans le secteur extractif.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dresse un bilan réformateur à la clôture de la session parlementaire

C’est un discours de clôture riche en annonces que le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a livré à l’issue de la session parlementaire 2024-2025. Dans un hémicycle attentif, il a dressé le bilan d’une session marquée par de profondes réformes et un engagement collectif qu’il a qualifié de remarquable.

Évoquant les progrès accomplis, El Malick Ndiaye a affirmé que les changements initiés traduisent une volonté claire d’incarner « un Parlement plus exigeant, plus transparent et plus redevable ». Loin d’un simple discours de fin de session, son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations entamées au sein de l’institution.

L’un des points centraux abordés par le président a été la lutte contre les pratiques budgétaires qu’il a jugées peu justifiées. Il a notamment dénoncé un gaspillage documentaire insoutenable et une inefficacité dans la gestion des ressources administratives. Ce constat a motivé une série de décisions drastiques visant à rationaliser les dépenses, alléger les charges et instaurer une culture de sobriété au sein de l’Assemblée.

La suppression de certains avantages jusque-là accordés aux députés illustre cette nouvelle orientation. El Malick Ndiaye a évoqué la fin des crédits téléphoniques et des primes de plénière, la suppression des appuis financiers lors des fêtes religieuses, ainsi que la réduction des frais de mission et du quota des pèlerins. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche de rigueur et de transparence budgétaire.

Sur le plan administratif et fonctionnel, des réformes ont été entamées pour moderniser l’appareil parlementaire. Le président de l’Assemblée a cité la refonte du règlement intérieur, la révision du statut du personnel et l’introduction de procédures de gestion financière plus rigoureuses. Ces changements visent à adapter le fonctionnement de l’Assemblée nationale aux exigences contemporaines en matière de gouvernance.

La modernisation technologique a également occupé une place importante dans le discours du président. Il a annoncé la mise en place d’un nouveau site internet pour faciliter l’accès à l’information parlementaire, l’attribution d’adresses mail officielles à tous les députés, l’instauration d’un système de pointage électronique, ainsi que la distribution de tablettes numériques pour digitaliser les travaux parlementaires.

Autre innovation majeure, la création d’une chaîne parlementaire a été intégrée au règlement intérieur. Selon El Malick Ndiaye, cette chaîne n’a pas vocation à devenir un média traditionnel, mais plutôt à jouer un rôle pédagogique et citoyen. Elle sera, selon lui, un levier de transparence et un outil pour rapprocher davantage les citoyens de leurs représentants.

Sur le registre des politiques publiques, le président a salué la création d’une commission chargée de leur évaluation. Il a également mis en avant la mise en place d’un système de comptabilité conforme aux normes, ainsi qu’un organe interne de passation des marchés. Il a rappelé que les réformes ont permis d’avancer sur plusieurs revendications syndicales internes, tout en consolidant la diplomatie parlementaire du Sénégal.

En conclusion, El Malick Ndiaye a salué l’engagement de ses collègues députés et les a appelés à maintenir le cap des réformes. Il a insisté sur la nécessité de construire une Assemblée nationale qui incarne véritablement les aspirations du peuple sénégalais, en étant plus proche, plus efficace et plus transparente.

Ce bilan dressé à la clôture de la session confirme l’ambition d’El Malick Ndiaye de faire du Parlement sénégalais une institution moderne, sobre, rigoureuse et au service exclusif de la République.

Dette : les euro-obligations du Sénégal s’effondrent après un rapport alarmant de Barclays

La situation financière du Sénégal connaît une nouvelle secousse. Les obligations souveraines sénégalaises émises en dollars ont chuté ce lundi, confirmant l’inquiétude grandissante des investisseurs. Selon Bloomberg, qui titre « Senegal’s Dollar Bonds Slump as Report Raises New Debt Fears », cette baisse est directement liée à la publication d’un rapport de Barclays Plc, révélant une envolée de la dette publique nationale.

D’après les estimations de la banque, la dette du Sénégal atteindrait désormais 119 % du PIB en 2024, contre 99,7 % en 2023, chiffre déjà jugé préoccupant par un audit de la Cour des comptes. Ces niveaux placent le pays bien au-delà des seuils jugés soutenables pour les économies émergentes.

Cette dégradation survient dans un contexte déjà marqué par les révélations de septembre 2024, faisant état de falsifications présumées des comptes publics par le précédent régime. La confiance des marchés financiers s’en est trouvée fragilisée, et les titres sénégalais figurent aujourd’hui parmi les moins performants des pays comparables.

Le rapport de Barclays met également en lumière un déficit budgétaire chronique, projeté à 6,5 % du PIB en moyenne entre 2025 et 2028. Cette dérive continue alimente la dépendance aux financements extérieurs, au moment où les négociations avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance peinent à aboutir. Cette incertitude renforce la pression sur les finances publiques et entretient la volatilité des marchés.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une rupture, et les réformes lancées par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pays traverse une période d’instabilité politique. La dissolution du parlement en 2024, censée accélérer l’agenda réformiste, a au contraire ravivé les doutes sur la capacité de l’exécutif à juguler la crise économique et restaurer la confiance des bailleurs.

Ces tensions persistantes ont d’ailleurs conduit l’agence S&P Global Ratings à abaisser la note souveraine du Sénégal à « B » en mars 2025, soit cinq crans en dessous du seuil d’investissement, ce qui rend le coût de l’endettement encore plus élevé.

Les conséquences sont immédiates sur le marché obligataire : les obligations à échéance 2033 et 2048, déjà affaiblies depuis l’an dernier (respectivement cotées à 84,54 cents et 67,17 cents pour un dollar), poursuivent leur glissade. Pour les analystes de Bloomberg, la combinaison d’une dette record, d’un déficit persistant et de l’absence de clarté sur le soutien du FMI risque de maintenir la pression sur les titres sénégalais à court terme.

Dans un contexte international marqué par un resserrement des conditions financières, le Sénégal devra convaincre rapidement ses créanciers de la crédibilité de son plan de stabilisation budgétaire s’il veut éviter une détérioration supplémentaire de sa situation.

KEBEMER : UNE COMMUNE MALADE DE SES DIRIGEANTS

La gestion d’un Etat est une somme de complexités, pour une commune aussi mais dans une moindre mesure.

Pour commencer, parlons du rôle du maire d’une commune.

Le maire exerce à la fois des fonctions d’exécution et dereprésentation.

Dans le cadre de sa fonction exécutive : il exécute les délibérations du conseil municipal, exerce des pouvoirs délégués par le conseil municipal. il dispose enfin de ses pouvoirs propres : la gestion administrative de la commune, la police administrative, la délivrance des permis de construire, la gestion des déchets. Dans l’exercice de ses missions, il prend des arrêtés et représente la commune en justice.

Dans ces missions de représentant de l’Etat : il est officier d’Etat civil. Il est, en outre, chargé de soutenir les compétences transférées : éducation, santé, adduction d’eau et d’électrification et entretien de la voirie. Il assure la promotion des activités économiques, commerciales et d’échanges.

En clair, il exerce des missions très importantes pour la bonne marche de la commune.

Comment accède-t-on au poste de maire ?

Par la voie démocratique : la personne ayant une ambition pour sa commune prépare sa profession de foi, va aux élections et les électeurs lui font confiance.

Une fois élu, il lui appartient de respecter ses promesses en sebasant sur les leviers mis à sa disposition : l’administration communale, le budget et les soutiens multiformes de l’Etat.

La ville est un établissement humain et sa bonne gestion se retrouve dans la capacité du maire à concilier l’ensemble des complexités pour en faire un espace où il fait bon vivre. Une capacité managériale est donc nécessaire pour gérer une commune.

Ainsi, le maire doit se donner les moyens nécessaires pour dérouler sa profession de foi après que les populations lui ont fait confiance en le portant à la tête de la commune.

Si nous revenons dans une ville comme KEBEMER, on peut se poser des questions sur la capacité des dirigeants à respecter leurs promesses électorales.

En effet, les promesses attendues ne sont jamais arrivées.  La ville est en complète désuétude, minée par le manque d’investissement et l’abandon des populations à leur sort.

L’outil principal pour un maire pour mener à bien sa politique est le budget mis à sa disposition après son adoption par le Conseil municipal. Dans un précédent article, je rappelais la baisse tendancielle du budget de fonctionnement de la commune qui est passé de 575 millions F en 2021 à 380 millions F en 2025. Quant au budget d’investissement, sa stagnation est quasi permanente depuis plus de 5 ans, avec une moyenne de 200 millions F par an qu’il a de la peine à mobiliser.

Les conséquences sont connues de tous les habitants, une ville en déclin et sans perspectives.

La raison, c’est l’incapacité des autorités municipales à recouvrer les ressources attendues.

La contribution des populations à la gestion de la ville sous la forme de paiement des impôts est un devoir. Cependant, ce paiement est lié à la capacité contributive de chaque habitant.  

Quand, le maire ne veut pas recouvrer les impôts, il ignore non seulement sa mission mais aussi, il fait également preuve de manquements graves par rapport ses obligations. Le manque de courage de recouvrer les impôts n’est pas un gain politique. Au contraire, c’est l’inverse, car sans les ressourcesattendues, le maire est incapable de dérouler une moindre action et de respecter ses promesses de campagne.

La ville est un espace social, culturel et économique et les hommes et femmes qui y résident et y travaillent doivent bénéficier d’un environnement approprié à même de leur permettre de mener correctement leurs activités commerciales, culturelles et d’échanges. 

Un budget incapable d’être exécuté pénalise les populations les plus défavorisées. De surcroit, les prestations et les services publics attendus de la commune pour améliorer le cadre de vie des habitants ne sont pas offerts rendant les conditions de vie plus difficiles. 

Les infrastructures communales en font également les frais, toutes en délabrement ou en abandon faute d’un programme d’entretien. Quant à la création de nouvelles infrastructures, il n’y aucune perspective.

Comment, une telle situation peut s’expliquer ? 

En briguant les suffrages des KEBEMEROIS, le maire avec l’appui de son conseil municipal à la responsabilité morale de tout faire pour respecter ses engagements.

Il s’agit entre autres de conduire à plus de prospérité, de soutenir les populations démunies, d’investir dans les programmes sociaux, in fine d’améliorer le cadre de vie des populations. 

Aujourd’hui, les engagements pris devant les KEBEMEROIS ne sont pas respectés. On a voulu simplement être maire pour en faire un trophée politique mais non pour une quelconque volonté de soutenir les populations.

Si on se positionne dans le déni et dans l’incapacité de recouvrer le budget, on se considère comme étranger aux souffrances des habitants car on dispose de revenus suffisants pour vivre confortablement sans se soucier du sort despopulations qui ont besoin du soutien de la commune.

La municipalité vient de lancer l’élaboration de son nouveau plan de développement pour les cinq prochaines années. A-t-on fait l’évaluation et le bilan du précédent PDC ? il est devenu à la mode de procéder à ce genre d’exercice pour faire bonne figure tout en sachant qu’il sera ranger dans les tiroirs.

Le modèle de gestion actuel a étouffé tous les élans de progrès, paralysé l’institution communale et brisé le lien de confiance entre la commune et les populations.

Après deux ans et demi de mandat, un bilan à mi-parcours doit être fait pour évaluer les résultats obtenus. 

En attendant, nous appelons les KEBEMEROIS à créer une grande coalition pour changer les choses.

Le temps de l’action est arrivé. Il faut agir pour sortir la ville de KEBEMER de l’ornière.

 

AMADOU KEBE

AND SUXALI KEBEMER

Conférence internationale sur le financement du développement : le président Diomaye va intervenir sur un enjeu stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce lundi 30 juin 2025 à la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tient à Séville, en Espagne, du 30 juin au 3 juillet 2025.

Ce sommet de haut niveau réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dirigeants des principales institutions multilatérales, parmi lesquelles l’Organisation des Nations unies (ONU), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).

Selon la Présidence sénégalaise, qui a communiqué l’information via sa page officielle, le président Diomaye interviendra au cours de la session plénière prévue dans l’après-midi. Il portera la voix du Sénégal et défendra un enjeu jugé stratégique : « la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, levier essentiel pour un développement souverain, équitable et durable ».

Ce déplacement s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État sénégalais de promouvoir une vision renouvelée du financement du développement, notamment en plaidant pour une réforme de l’architecture financière internationale et en insistant sur la nécessité de renforcer les capacités internes de mobilisation des recettes fiscales et budgétaires.

La participation du Sénégal à cette conférence intervient également dans un contexte marqué par des défis économiques importants : la lutte contre la pauvreté, la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures sociales, l’adaptation au changement climatique et l’amélioration de la gouvernance économique.

Pour le président Diomaye Faye, la priorité est claire : renforcer l’autonomie budgétaire et réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs, afin de garantir un développement durable, centré sur les priorités nationales et respectueux des aspirations des populations.

Durant ces quatre jours de travaux, plusieurs panels et sessions thématiques permettront aux États participants, aux bailleurs et aux institutions internationales d’échanger sur les voies et moyens de financer efficacement les Objectifs de développement durable (ODD).

Le chef de l’État sénégalais devrait également tenir des rencontres bilatérales en marge des discussions plénières, avec pour ambition de consolider les partenariats stratégiques et d’attirer de nouveaux investissements structurants pour le Sénégal.

Affaire « Keur Yeurmandé » : Ndella Madior Diouf renvoyée devant le tribunal correctionnel

Le dossier judiciaire autour de la pouponnière « Keur Yeurmandé » connaît un nouveau tournant. Après plusieurs mois d’instruction, le magistrat instructeur a décidé de renvoyer Ndella Madior Diouf et plusieurs de ses présumés complices en jugement correctionnel. Le procès se tiendra devant le tribunal correctionnel, signe que certaines charges initiales ont été requalifiées ou abandonnées.

Selon des informations obtenues par le quotidien Les Echos, le juge a estimé qu’il n’y avait pas matière à maintenir l’ensemble des infractions qui pesaient au départ sur la patronne de la pouponnière. Ce choix d’alléger la qualification pénale ne signifie toutefois pas que Ndella Madior Diouf est hors de cause, puisqu’elle reste poursuivie pour d’autres délits jugés sérieux.

Pour rappel, cette affaire a éclaté en décembre 2023 lorsque Ndella Madior Diouf avait été interpellée, puis écrouée. À l’époque, la liste des griefs dressés par les enquêteurs et le parquet était longue et particulièrement accablante : homicide involontaire, complicité d’homicide involontaire, traite de personnes, exercice illégal de la profession de médecine, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort d’enfants, obtention illicite de certificats aux fins d’inhumation, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et exploitation d’une pouponnière sans autorisation.

L’enquête avait été déclenchée après des signalements alarmants sur les conditions de prise en charge des nourrissons accueillis dans l’établissement. Les services de police et les autorités sanitaires avaient constaté plusieurs dysfonctionnements graves, aboutissant notamment à des décès de mineurs.

En attendant la fixation de la date d’audience, le renvoi devant le tribunal correctionnel marque une étape importante de cette procédure qui a suscité une vive émotion dans l’opinion publique. Le procès devra établir les responsabilités de chacun et déterminer les sanctions encourues.

Plainte pour diffamation contre Yerim Seck : le tribunal correctionnel relaxe le journaliste

Le Tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict dans l’affaire pour diffamation intentée par l’ancienne Première ministre, Aminata Touré dite Mimi Touré, contre le journaliste Cheikh Yerim Seck. La décision est tombée comme un revers pour la plaignante : le juge a prononcé la relaxe pure et simple de Cheikh Yerim Seck, écartant les arguments avancés par le parquet et déboutant Mimi Touré de sa demande de dommages et intérêts, qui s’élevaient à 500 millions de francs CFA.

L’affaire avait éclaté suite à un article publié sur le site Seneweb, le 20 octobre 2024, intitulé « Les mesquineries du trio Diomaye-Sonko-Mimi contre Macky Sall ». Dans ce texte largement relayé sur les réseaux sociaux, Cheikh Yerim Seck affirmait qu’une réunion s’était tenue au Palais présidentiel entre Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko et Mimi Touré, dans le but de trouver des stratégies pour empêcher l’ancien président Macky Sall, alors installé au Maroc depuis la fin de son mandat le 2 avril 2024, de revenir au Sénégal.

Le journaliste ajoutait que la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, accusée de compliquer la vie de l’ancien chef de l’État, serait « aiguillonnée » par Mimi Touré. Ces allégations avaient été jugées « graves » par l’ancienne Première ministre, qui avait saisi la justice le 26 février 2025, dénonçant une atteinte manifeste à son honneur et sa réputation.

Lors du procès, le procureur de la République avait requis six mois de prison avec sursis contre Cheikh Yerim Seck, estimant que les propos relevaient clairement de la diffamation. La défense du journaliste avait, elle, plaidé la bonne foi et le caractère d’intérêt public des informations publiées.

Dans sa décision, le tribunal a choisi de ne pas suivre les réquisitions du parquet, estimant que les éléments versés au dossier ne suffisaient pas à établir l’intention diffamatoire et que les faits relatés relevaient de la liberté d’informer. Par conséquent, Cheikh Yerim Seck a été relaxé.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye annonce une tournée parlementaire dans les 14 régions et prépare le lancement d’une chaîne parlementaire

L’Assemblée nationale s’engage sur la voie d’une proximité renforcée avec les citoyens. Ce lundi 30 juin 2025, lors de la clôture de la session ordinaire unique, le président de l’institution, El Malick Ndiaye, a dévoilé les grandes lignes d’un ambitieux projet de tournée parlementaire. Baptisée « Le Parlement chez vous », cette initiative prévoit de sillonner les 14 régions du pays, afin de recueillir directement les préoccupations des populations et de renforcer le dialogue entre représentants et représentés.

Selon El Malick Ndiaye, cette tournée est actuellement en phase d’étude au sein du bureau et de la Conférence des présidents. « Elle sera sanctionnée par un rapport consolidé remis à l’exécutif, en vue d’une meilleure prise en compte des préoccupations des populations lors de la prochaine session de vote du budget », a précisé le président de l’Assemblée. L’objectif affiché est clair : rapprocher l’institution parlementaire des Sénégalais et ancrer davantage l’action publique dans la réalité des territoires.

Cette démarche s’inscrit dans un vaste chantier de réforme inspiré, selon El Malick Ndiaye, par la volonté de transformation et de rupture impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye. La volonté de moderniser et de rendre plus transparent le fonctionnement parlementaire se traduit également par un autre projet majeur : la création d’une chaîne parlementaire.

El Malick Ndiaye a annoncé que cette chaîne figure déjà dans le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée. « Nous avons franchi un autre cap avec l’intégration d’une chaîne parlementaire dans notre nouveau règlement intérieur. Elle n’est pas encore lancée, mais elle est en train d’émettre et dispose déjà d’un canal au niveau de la TNT », a-t-il révélé.

Le président de l’Assemblée a tenu à préciser que ce média ne sera pas une simple chaîne d’information supplémentaire. « Elle sera un outil pédagogique, un levier de transparence et un pont entre le citoyen et l’assemblée qui le représente », a-t-il insisté. La chaîne parlementaire aura notamment pour mission de diffuser les séances plénières, de vulgariser les débats législatifs et d’informer les citoyens sur les réformes en cours.

À travers ces deux chantiers structurants, El Malick Ndiaye entend inscrire le Parlement dans une dynamique de proximité, de pédagogie et d’ouverture. Pour l’Assemblée nationale, il s’agit d’une étape importante dans la modernisation de l’institution et la consolidation de la démocratie représentative.

Vers une réforme en profondeur du secteur de l’eau : Cheikh Tidiane Dièye annonce une nouvelle ère pour l’équité et la résilience

Au lendemain de l’ouverture d’un atelier de réflexion sur la gouvernance du secteur hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a animé une conférence de presse remarquée, marquant une nouvelle étape dans la réforme du secteur de l’eau au Sénégal. Il y a exposé les contours d’une stratégie ambitieuse qui entend rompre avec les pratiques improvisées du passé et garantir un accès équitable, durable et résilient à l’eau pour tous les citoyens.

Le ministre a rappelé avec insistance que « le droit à l’eau ne doit plus être un privilège, mais une garantie pour tous les citoyens, qu’ils vivent en milieu urbain ou rural ». Il a souligné les inégalités flagrantes dans l’accès à l’eau, évoquant notamment la situation de la commune de Fimela, en proie à des pénuries persistantes. « Les besoins ne peuvent plus attendre. Des solutions durables sont en vue pour soulager les populations de Fimela », a-t-il assuré au micro de Dakaractu Mbour.

Ce plaidoyer en faveur de l’équité territoriale s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large, portée par la Lettre de politique sectorielle de l’eau et de l’assainissement 2025–2050, issue des concertations nationales tenues récemment à Kaolack. Cette feuille de route repose sur trois axes principaux :

La refondation du ministère, pour une administration modernisée, réactive et mieux outillée face aux enjeux hydriques. Une gouvernance durable et transparente des ressources, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau. L’équité territoriale, pilier central de la réforme, visant un accès juste et équilibré à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire national.

Alors que la saison des pluies bat son plein, le ministre a également abordé la question des inondations, qui reviennent chaque année tel un fléau dans de nombreuses localités. Il a tenté de rassurer l’opinion publique, affirmant que « des dispositifs sont déjà en place pour anticiper les risques ». Parmi les mesures évoquées : le curage des canalisations, l’entretien régulier des stations de pompage et une veille opérationnelle dans les zones les plus vulnérables.

Cependant, sur le terrain, la réalité peine à refléter ces engagements. Chaque hivernage, les mêmes scènes se répètent : maisons inondées, routes impraticables, écoles fermées, quartiers entiers paralysés par des eaux stagnantes. Un quotidien difficile pour des milliers de Sénégalais, surtout dans les zones périurbaines et les quartiers précaires, où les interventions se font souvent attendre.

En conclusion de sa prise de parole, Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé la volonté du gouvernement de « rompre avec l’improvisation et de bâtir une politique de l’eau plus juste, plus proactive et plus humaine ». Un engagement salué, mais qui devra désormais se traduire par des actions concrètes, visibles et durables.

Prédictions des Saltigues de Djegem : Entre alertes mystiques et appel à la reconnaissance

Djegem, Sénégal – Réunis durant 48 heures dans leur sanctuaire sacré, les Saltigues de Djegem, gardiens des savoirs mystiques et de la médecine traditionnelle sérère, ont livré leurs visions sur l’avenir du pays. Des révélations teintées d’inquiétudes mais aussi d’espoirs, à travers lesquelles ils interpellent la société et les autorités sur des phénomènes à venir, tout en plaidant pour une meilleure reconnaissance de leur rôle ancestral.

L’une des principales alertes lancées par les Saltigues concerne une recrudescence d’accidents sur l’axe autoroutier Mbour – Fatick – Kaolack. Selon eux, certaines zones seraient habitées par des entités mystiques néfastes, responsables d’une hausse d’accidents. Pour y remédier, ils recommandent des sacrifices rituels précis : une vache blanche et un mouton femelle noir et blanc, à offrir pour apaiser ces forces invisibles.

L’axe Sandiara – Ndiaganiao n’est pas en reste. Les Saltigues y voient une dangerosité accrue, notamment due à la forte présence de motos Jakarta. Là encore, des offrandes spécifiques sont jugées nécessaires pour prévenir les drames.

Autre révélation inquiétante : l’apparition d’une maladie inédite durant la saison des pluies. Sans en préciser la nature, les Saltigues affirment que cette épidémie pourra être combattue à l’aide de remèdes traditionnels, notamment à base de plantes médicinales comme le “Domou Reub Reub”, les feuilles de “Mbatt Mare” et le “Kadd”, à consommer selon un dosage précis pour hommes et femmes.

Sur le plan sociopolitique, les Saltigues voient se profiler des manifestations et un climat de tension croissant. Ils exhortent les agents de l’administration publique à se prémunir contre cette instabilité en procédant à des offrandes de sucre et d’eau pendant quatre vendredis d’affilée. Un geste symbolique et mystique censé garantir la paix sociale.

Concernant la campagne agricole, les prédictions annoncent de fortes précipitations accompagnées de vents soutenus. Si la culture de l’arachide s’annonce prometteuse, celle du mil devrait en revanche souffrir, notamment à cause de la présence de créatures spirituelles appelées “Wankh”, connues pour nuire aux récoltes.

Au-delà des visions et rituels, les Saltigues ont tenu à adresser un message clair aux autorités. Ils demandent un encadrement légal de la médecine traditionnelle, qu’ils pratiquent depuis des générations et qui continue de séduire de nombreux Sénégalais en quête de soins naturels et spirituels. Ils réclament également un soutien logistique, notamment la sécurisation de leur site sacré à Djegem, afin de préserver cet espace de transmission et de guérison.

Par leurs paroles et leurs rituels, les Saltigues de Djegem s’inscrivent comme des acteurs à part entière de la vie nationale. À la croisée des chemins entre tradition et modernité, ils rappellent que la sagesse ancestrale a encore son mot à dire face aux défis contemporains. En lançant leurs alertes et en tendant la main aux autorités, ils réaffirment leur volonté de contribuer à la paix, à la santé et à la stabilité du Sénégal.

Siteu suspendu pour deux ans : l’ORAD-Zone II exige l’application stricte de la sanction

L’affaire du lutteur Siteu franchit un nouveau palier. Selon des informations relayées par L’Observateur, l’Organisation régionale antidopage pour la Zone II Afrique (ORAD-Zone II) a officiellement saisi le Comité national de gestion de la lutte (CNG) ainsi que l’Organisation nationale antidopage du Sénégal (ONADS). Objet de cette correspondance : exiger le respect strict de la suspension de deux ans infligée au célèbre lutteur.

La décision, prise le 8 mai 2025, repose sur les dispositions du Code mondial antidopage, ratifié par le Sénégal. Elle fait suite au refus de Siteu de se soumettre à un contrôle antidopage à l’issue de son combat contre Modou Lô. Ce refus est assimilé, par les règles en vigueur, à un contrôle positif. Et dans ce cas de figure, la sanction est automatique, à moins d’un recours formel.

Or, aucune contestation n’a été introduite par Siteu ni par son entourage dans les délais impartis, ce qui a rendu la sanction définitive. L’ORAD-Zone II, en se référant à l’article 2.3 du Code mondial antidopage, considère donc que le CNG et l’ONADS sont dans l’obligation de faire respecter cette décision.

Le CNG, de son côté, affirme avoir été mis devant le fait accompli, n’ayant pas été directement informé de la procédure initiale. Néanmoins, cette position ne devrait pas influencer l’issue de l’affaire, car le Sénégal s’est engagé à travers ses institutions sportives à appliquer les décisions des structures antidopage reconnues.

Cette suspension, qui s’étend du 8 mai 2025 au 7 mai 2027, prive Siteu de toute activité liée à la lutte pendant deux saisons complètes, un coup dur pour le lutteur de Lansar, dont la carrière était en pleine relance après son affrontement très médiatisé avec Modou Lô.

Alors que les amateurs de lutte s’interrogent sur l’avenir de Siteu, ce dossier met en lumière la nécessité de renforcer l’application des normes antidopage dans les sports de combat au Sénégal et de mieux informer les athlètes sur leurs droits et obligations.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Cheikh Diba lève le voile sur une situation budgétaire alarmante

La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, déposée tardivement à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte économique et budgétaire tendu. Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un exposé sans détour sur l’état des finances publiques du Sénégal, marqué par un creusement du déficit budgétaire, une contraction du PIB et une révision à la baisse des recettes.

Selon Cheikh Diba, cette LFR est le fruit d’un « long processus de réajustement mené dans l’urgence » par les services techniques du ministère. La reprogrammation du cadre macroéconomique s’est imposée à cause de plusieurs facteurs défavorables : la conjoncture économique mondiale défavorable, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la politique commerciale des États-Unis, la volatilité du dollar, ainsi que la découverte de charges non anticipées liées à la dette publique.

Conséquence directe : une baisse significative du Produit intérieur brut (PIB), révisé à la baisse de 907 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les 260 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires attendues ne seront pas au rendez-vous.

Dans un discours volontariste, le ministre a tenu à rassurer quant à sa volonté de transparence : « Je ne serai pas un ministre des Finances qui maquille les chiffres », a-t-il martelé, rejetant toute manipulation comptable consistant à intégrer des recettes postérieures à l’année budgétaire concernée.

Cheikh Diba a indiqué que le déficit budgétaire, qui atteignait 11,6 % en 2024, sera ramené à 7,08 % en 2025, avec un objectif de 5 % à l’horizon 2027. Pour atteindre cette trajectoire, le gouvernement a revu ses priorités et engagé une démarche de rationalisation des dépenses dans tous les ministères. « Ce n’est pas de l’austérité. Il s’agit d’ingénierie budgétaire », a-t-il précisé pour justifier les coupes budgétaires opérées.

Un des points les plus sensibles évoqués par le ministre concerne la découverte de 125 milliards de FCFA de charges d’intérêts issues de dettes contractées hors du circuit budgétaire officiel. Pour éclaircir cette situation, le gouvernement a mandaté un audit confié au cabinet Mazars, permettant d’obtenir une cartographie complète de l’endettement public, y compris la dette bancaire locale, la dette extérieure et les passifs du secteur parapublic.

Cheikh Diba salue cette initiative comme un « acte de responsabilité » visant à asseoir une gestion financière plus rigoureuse.

La gestion active de la dette a permis de dégager 800 milliards de FCFA d’espace budgétaire pour 2025, mais les besoins globaux de financement dépassent les 5 000 milliards, dont plus de 4 000 milliards destinés au remboursement du principal de la dette. Le ministre n’a pas manqué de souligner le caractère hérité de cette charge : « Il faut payer », dit-il, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations.

Concernant le recours accru au Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a tenu à rassurer : « Le FMI ne nous apprend rien. Il veille simplement au respect des principes fondamentaux de gouvernance budgétaire. »

Cette LFR s’inscrit également dans une dynamique de réforme structurelle. Le ministre a annoncé une refonte de l’architecture budgétaire, avec une restructuration des programmes en lien direct avec l’agenda national de transformation. « Chaque ministère devra intégrer cet agenda dans ses priorités. C’est ainsi que les politiques publiques auront un impact réel », a-t-il expliqué.

Répondant aux interrogations et critiques des parlementaires, Cheikh Diba a affiché une volonté d’ouverture et de dialogue. « Nous acceptons toutes les critiques constructives. Mais évitons les généralisations approximatives. Nous avons une obligation de résultats, vis-à-vis de nos concitoyens, mais aussi des marchés et de nos partenaires », a-t-il conclu.

Thierno Bocoum tacle Ousmane Sonko : « Une dérive autoritaire inquiétante »

Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.

Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.

Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.

Le collectif « Rappel à l’ordre » en tournée dans les foyers religieux : un cri d’alerte contre les dérives du pouvoir

Kaolack, 30 juin 2025 – Le collectif citoyen « Rappel à l’ordre », connu pour ses prises de position critiques envers le régime en place, a entamé une tournée nationale auprès des foyers religieux du pays. Objectif : alerter les Khalifes généraux sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes du pouvoir exécutif.

C’est à Kaolack que le mouvement a débuté sa campagne de sensibilisation. Conduit par l’activiste Karim Xrum Xakh, le collectif s’est d’abord rendu à Médina Baye, puis à Léona Niassène et enfin à Sagne Bambara. Partout, les membres du mouvement ont été reçus avec courtoisie, exposant leur lecture de la situation nationale marquée, selon eux, par une restriction des libertés, des dérives autoritaires et un climat social tendu.

Dans ses échanges avec les guides religieux, le collectif a insisté sur « la nécessité pour les autorités spirituelles de jouer leur rôle de régulation sociale », face à ce qu’il qualifie de menaces sur la démocratie, la justice et la stabilité du pays. « Le Sénégal est à la croisée des chemins. Il est impératif que ceux qui ont encore la parole écoutée par tous s’expriment au nom de la vérité et de la justice », a déclaré Karim Xrum Xakh lors de son passage à Médina Baye.

Selon ses initiateurs, cette tournée se poursuivra dans d’autres foyers religieux à travers le territoire national, avec le même message : un appel à la vigilance, à la mobilisation pacifique et à la préservation des acquis démocratiques.

Le collectif « Rappel à l’ordre », actif sur les réseaux sociaux et sur le terrain, s’est imposé comme une voix dissonante face au pouvoir. S’il dérange certains cercles proches du régime, il trouve un écho grandissant auprès d’une partie de la jeunesse et des citoyens inquiets de l’évolution du climat politique national.

Lat Diop autorisé à réintégrer le ministère des Finances malgré sa détention

L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt reprendre du service au sein de la fonction publique. Selon le journal Les Échos, dans son édition du lundi 30 juin 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a récemment signé une attestation de reprise de service en faveur de Lat Diop, administrateur civil de formation. Ce document l’autorise officiellement à réintégrer son département d’origine, malgré sa situation judiciaire actuelle.

Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis septembre 2024. Il fait l’objet de lourdes accusations, notamment de détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux, pour un montant estimé à 8 milliards de francs CFA. Les faits reprochés seraient liés à sa gestion à la tête de la Lonase. Malgré sa détention, l’ancien ministre clame son innocence et dénonce une cabale politique.

Ses avocats, après plusieurs demandes rejetées, ont introduit une nouvelle requête de liberté provisoire, arguant de contestation sérieuse des charges retenues contre lui. Le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier n’a cependant pas encore rendu sa décision sur cette demande.

L’attestation de reprise de service délivrée par le ministre Cheikh Diba soulève des interrogations dans l’opinion publique et chez certains observateurs de la vie politique et administrative. Peut-on envisager la réintégration d’un haut fonctionnaire en détention provisoire, sans issue judiciaire définitive ? La question soulève des enjeux à la fois juridiques, éthiques et politiques, dans un contexte où le nouveau pouvoir affiche une volonté de rupture et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Bacary Cissé élu président de la Ligue régionale de football de Ziguinchor : un tournant pour le Sud du Sénégal

Le journaliste sportif et conseiller de Sadio Mané, Bacary Cissé, a été élu ce samedi président de la Ligue régionale de football de Ziguinchor, à l’issue d’une assemblée générale décisive tenue dans la capitale du Sud. Figure influente du paysage footballistique sénégalais, Cissé succède à Irama Djiba avec l’ambition clairement affirmée de repositionner Ziguinchor au cœur des dynamiques nationales du ballon rond.

Porté par une large adhésion autour de son projet baptisé « Le sursaut », le nouveau président a immédiatement donné le ton d’un mandat qu’il souhaite placé sous le signe de la réforme, de la justice sportive et de l’unité régionale. « Il faut que la voix de Ziguinchor soit une et indivisible à l’échelle nationale. Nous sommes la troisième Ligue régionale après Dakar et Thiès, mais nous sommes les dindons de la farce à la Fédération », a-t-il déclaré avec fermeté, dénonçant la marginalisation persistante de sa région dans les instances décisionnelles de la Fédération sénégalaise de football (FSF).

L’élection de Bacary Cissé ne se limite pas à un simple changement à la tête d’une ligue régionale. Elle intervient dans un contexte national hautement stratégique, à quelques semaines de l’Assemblée générale élective prévue le 2 août 2025, où sera désigné le nouveau président de la FSF. Ce rendez-vous, qui cristallise les tensions et les ambitions au sein de la gouvernance du football sénégalais, pourrait voir la montée en puissance de nouvelles voix régionales, plus affirmées et déterminées à peser sur les grandes orientations du sport roi au Sénégal.

Dans cette perspective, l’influence médiatique, le réseau personnel et l’engagement historique de Bacary Cissé en faveur du football local pourraient jouer un rôle clé dans les futurs équilibres électoraux. Conseiller du joueur international Sadio Mané, respecté dans les milieux sportifs et reconnu pour sa rigueur professionnelle, le nouveau président est déjà perçu comme un acteur incontournable des prochaines discussions autour de la gouvernance du football national.

Longtemps bastion du football sénégalais, la région de Ziguinchor dispose d’un vivier de talents et d’une ferveur populaire qui ne demandent qu’à être mieux valorisés. En se dotant d’une direction dynamique et ambitieuse, la Ligue régionale espère relancer ses clubs, renforcer les infrastructures locales et faire entendre la voix du Sud dans les débats nationaux.

« Ce n’est pas une question de personnes, mais de respect institutionnel. Nous voulons travailler avec tout le monde, mais dans la dignité et pour l’intérêt supérieur du football sénégalais », a martelé Bacary Cissé, appelant à une mobilisation collective autour des enjeux à venir.

Avec cette élection, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le football à Ziguinchor. Une ère que Bacary Cissé veut construire sur la transparence, la performance et l’unité. À quelques semaines du grand rendez-vous fédéral d’août, tous les regards seront tournés vers les nouveaux leaders régionaux. Et à Ziguinchor, la voix qui s’élèvera désormais portera l’empreinte d’un homme de conviction, de terrain et de vision.

Litige entre Tony Sylva et son ex-épouse Aïda Bâ : La Cour suprême tranche ce mardi 1er juillet

L’affaire opposant l’ancien gardien des Lions du Sénégal, Tony Sylva, à son ex-épouse Aïda Bâ, revient devant la Cour suprême ce mardi 1er juillet. Il s’agit d’un contentieux judiciaire né du partage de biens consécutif à leur divorce, dans lequel les deux parties s’accusent mutuellement de manœuvres frauduleuses.

Au cœur du litige : un immeuble que Tony Sylva affirme avoir été dissimulé volontairement par son ex-compagne lors de la liquidation de leur patrimoine commun. L’ex-international sénégalais estime son préjudice à 50 millions de francs CFA, une somme qu’il réclame en réparation.

Après une première condamnation d’Aïda Bâ pour abus de confiance, confirmée en appel, cette dernière avait introduit un pourvoi en cassation. La Chambre pénale de la Cour suprême avait rejeté ce recours, déboutant ainsi l’ex-épouse. Mais Aïda Bâ ne s’est pas avouée vaincue : elle a choisi de contester la décision en sollicitant l’intervention des chambres réunies de la plus haute juridiction du pays.

Ce mardi, la Cour suprême statuant en formation plénière devra donc trancher définitivement ce différend, mettant fin à une bataille judiciaire entamée il y a plusieurs années.

Selon Seneweb, qui cite le journal Les Échos, ce contentieux privé, devenu affaire publique en raison de la notoriété des protagonistes, suscite un grand intérêt dans les milieux judiciaires et sportifs.

Si la décision de la Cour suprême confirme les précédents jugements, Aïda Bâ devra s’acquitter des réparations. Dans le cas contraire, Tony Sylva pourrait voir s’effondrer ses espoirs d’obtenir justice dans une affaire qu’il qualifie de “trahison morale et financière”.

Suspension de Siteu : Le CNG affirme n’avoir reçu aucune notification officielle

Le monde de la lutte sénégalaise est secoué par une affaire de dopage impliquant l’un de ses lutteurs les plus populaires. L’Organisation régionale antidopage (ORAD) Afrique – Zone 2 et 3 a prononcé une suspension de deux ans à l’encontre de Siteu, star de l’écurie Lansar, pour violation des règles antidopage. La sanction court du 24 novembre 2024 au 24 novembre 2026.

Les faits reprochés à Siteu remontent à son combat contre Modou Lô, disputé le 24 novembre dernier. Alors que son adversaire avait accepté de se soumettre au test antidopage, Siteu, lui, s’était abstenu, ce qui constitue une infraction selon le code mondial antidopage.

Cependant, cette décision semble avoir pris de court le Comité national de gestion de la lutte (CNG). Interrogé sur la question, son président, Malick Ngom, a déclaré avoir appris la nouvelle par voie de presse, au même titre que le grand public. « Nous venons de voir cette décision au même titre que vous. C’est pourquoi nous déroulons nos activités comme en temps normal », a-t-il confié à la presse.

Cette situation pose un flou juridique et organisationnel autour du très attendu combat entre Siteu et Balla Gaye 2, programmé pour le 20 juillet 2025. Faut-il s’attendre à un report, voire une annulation ? Le patron du CNG reste prudent : « Je ne saurais le dire car, encore une fois, on n’a pas encore de notification. »

En attendant une clarification officielle, la tension monte dans le monde de la lutte. Si la suspension est confirmée, elle constituerait un coup dur pour Siteu, dont le retour sur les arènes était très attendu après sa défaite contre Modou Lô. Elle poserait aussi un sérieux problème logistique et financier pour les promoteurs et sponsors engagés dans l’organisation du combat du 20 juillet.

Affaire à suivre.

Pape Matar Sarr célèbrement accueilli à Fayako : entre ferveur populaire et engagement pour le développement local

L’international sénégalais Pape Matar Sarr, sociétaire du club anglais de Tottenham et récent champion de la Ligue Europa, a effectué ce dimanche une visite hautement symbolique dans le village de Fayako, situé dans la commune de Djirnda, département de Foundiougne. Le joueur, accompagné de sa famille, a été accueilli en héros par les populations de ce village insulaire, berceau de ses origines.

Dès son arrivée à Fayako, l’ambiance était à la fête, portée par les chants traditionnels sérères et une foule en liesse venue exprimer sa gratitude à celui qu’elle considère comme un fils prodige. Selon des informations rapportées par L’Observateur, cette visite annuelle, devenue une tradition, a revêtu un caractère particulier cette année, en raison des nombreux gestes solidaires posés par le joueur à l’endroit de sa communauté.

À l’occasion de la cérémonie d’accueil, les autorités locales et les habitants ont exprimé leurs doléances à leur illustre invité. Après avoir salué ses nombreuses réalisations — dont la distribution régulière de kits alimentaires aux 56 foyers du village — les habitants ont insisté sur une préoccupation majeure : l’électrification de Fayako, encore hors du réseau national.

Pape Matar Sarr, fidèle à son image de jeune engagé et responsable, n’a pas tardé à répondre par des gestes forts et concrets. Il a ainsi offert à l’école du village un ordinateur portable, une imprimante, une photocopieuse, des documents pédagogiques et un panneau solaire. Il a également contribué à l’extension de la case de santé par un don de ciment et de fer, et soutenu la réfection de la mosquée par des seaux de peinture. À cela s’ajoutent des jeux de maillots, des ballons de football pour les jeunes, ainsi que 50 gilets de sauvetage pour les pêcheurs.

Très ému par l’accueil qui lui a été réservé, le joueur formé à Génération Foot a réaffirmé son attachement profond à Fayako et son ambition d’y jouer un rôle majeur dans le développement local. « Mon souhait pour Fayako dépasse de loin vos doléances. J’ai beaucoup de projets pour ce village. Je vous comprends, je sais bien ce que vous voulez », a-t-il déclaré devant une foule conquise.

Concernant l’électrification, Pape Matar Sarr a tenu à rassurer : « La procédure est en cours. J’espère que d’ici peu de temps, Fayako sera électrifié ». Il a par ailleurs annoncé vouloir construire sa maison dans le village, avec un démarrage possible du chantier avant le Fayako de 2026, sous réserve de l’appui administratif du maire.

En guise de reconnaissance pour son engagement constant et désintéressé, les autorités locales ont élevé Pape Matar Sarr au rang de Citoyen d’honneur de la commune de Djirnda. Un titre symbolique qui vient saluer l’homme derrière le footballeur : un jeune Sénégalais enraciné, solidaire et résolument tourné vers l’avenir de sa communauté.

Cheikh Yérim Seck relaxé : Mimi Touré déboutée dans le procès en diffamation

Le journaliste Cheikh Yérim Seck a été relaxé par le tribunal correctionnel de Dakar dans l’affaire qui l’opposait à l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite Mimi Touré. Cette décision, rendue près de quatre mois après l’audience du 26 février 2025, met un terme à une procédure judiciaire déclenchée par une plainte en diffamation.

À l’origine du litige, un article publié par Cheikh Yérim Seck sur le site Seneweb, le 20 octobre 2024, sous le titre : « Les mesquineries du trio Diomaye-Sonko-Mimi contre Macky Sall ». Dans ce texte, le journaliste soutenait qu’une réunion s’était tenue au palais présidentiel entre le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et Mimi Touré. Selon lui, cette rencontre visait à élaborer une stratégie pour empêcher l’ancien président Macky Sall, alors en séjour au Maroc depuis la fin de son mandat le 2 avril 2024, de revenir au Sénégal.

Cheikh Yérim Seck affirmait également que la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, ferait vivre un « calvaire » à Macky Sall, sous l’influence directe d’Aminata Touré.

Considérant ces allégations comme mensongères et attentatoires à son honneur, Mimi Touré avait saisi la justice. Elle réclamait à Cheikh Yérim Seck la somme de 500 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Le procureur de la République, lui, avait requis une peine de six mois de prison avec sursis à l’encontre du journaliste.

Dans son jugement rendu public ce lundi 30 juin 2025, le tribunal correctionnel de Dakar a rejeté la demande de la partie civile. Le juge a prononcé la relaxe pure et simple de Cheikh Yérim Seck, estimant que les éléments constitutifs du délit de diffamation n’étaient pas réunis.

Ainsi, Mimi Touré a été déboutée de toutes ses prétentions, y compris sa demande de réparation financière.

Ce verdict relance le débat sur les limites de la liberté d’expression et la responsabilité des journalistes dans un contexte politique tendu. Il intervient dans un climat où les relations entre anciens et nouveaux dirigeants sénégalais sont scrutées de près, tout comme les prises de position de figures politiques comme Aminata Touré.

Pour Cheikh Yérim Seck, cette décision représente une victoire judiciaire et, pour certains, un signal en faveur de la liberté de la presse. Du côté de Mimi Touré, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à l’issue du procès.

Affaire « Keur Yeurmandé » : Ndella Madior Diouf renvoyée en police correctionnelle après 18 mois de détention

Le procès de la fondatrice de la pouponnière « Keur Yeurmandé » approche à grands pas. Dix-huit mois après sa mise sous mandat de dépôt, Ndella Madior Diouf sera jugée en police correctionnelle pour une série de charges liées aux maltraitances présumées infligées à des nourrissons, dont plusieurs ont trouvé la mort.

L’affaire avait provoqué un vif émoi au Sénégal en décembre 2023, après la découverte de graves cas de négligence et de violences dans cette pouponnière située à Dakar. Six bébés y auraient succombé à des traitements inhumains, selon les résultats de l’enquête de la brigade de protection de la Sûreté urbaine, tandis que 48 autres enfants, en état de santé préoccupant, avaient dû être pris en charge par des structures spécialisées.

Dans son édition du lundi 30 juin 2025, Les Échos rapporte que Ndella Madior Diouf et ses coaccusés ont été renvoyés en jugement. Le journal cite une source proche du dossier, affirmant que certaines charges initialement retenues par le parquet ont été abandonnées par le juge d’instruction. Toutefois, les griefs restants restent lourds : homicide involontaire, complicité d’homicide, traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation de soins et d’aliments ayant entraîné la mort, obtention illégale de certificats de décès, mise en danger de la vie d’autrui, et exploitation d’une pouponnière sans autorisation.

Malgré plusieurs demandes de liberté provisoire restées sans suite, Ndella Madior Diouf demeure incarcérée en attendant son procès. Lors de son audition au fond, elle a nié en bloc toutes les accusations portées contre elle.

Trois coaccusés sont également poursuivis dans cette affaire : son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye, le gardien Djiby Sow, et El Hadji Sène, animateur à la radio Saphir FM. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir clandestinement enterré deux bébés morts dans des conditions troubles. Selon Les Échos, certains de ces prévenus seraient en fuite, une carence qui sera actée par procès-verbal en l’absence de comparution au tribunal.

Financement du développement : le Président Diomaye Faye plaide pour une mobilisation souveraine des ressources internes

Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a participé ce lundi à l’ouverture solennelle de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement. Organisée sous l’égide des Nations Unies, cette rencontre d’envergure mondiale réunit à Séville plusieurs Chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les principaux dirigeants des institutions financières et économiques multilatérales, dont l’ONU, la Banque mondiale, le FMI, l’OMC et l’ECOSOC.

Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le surendettement des pays en développement et l’urgence climatique, cette conférence se veut un cadre stratégique de réflexion et d’action pour repenser les mécanismes de financement du développement durable. L’enjeu : construire un nouvel ordre économique mondial plus équitable, inclusif et résilient.

Les travaux, qui se poursuivent cet après-midi en séance plénière, seront marqués par l’intervention attendue du Président Diomaye Faye. Le Chef de l’État sénégalais portera la voix de l’Afrique et du Sénégal sur un axe stratégique : la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, pierre angulaire d’une souveraineté budgétaire et économique durable.

Dans son discours, le Président Faye devrait insister sur la nécessité pour les pays du Sud de rompre avec une dépendance excessive aux financements extérieurs et de renforcer leur capacité à mobiliser des ressources internes à travers une fiscalité plus juste, la lutte contre l’évasion fiscale, une meilleure gouvernance budgétaire et la valorisation du potentiel productif local.

Cette vision s’inscrit dans la continuité de l’ambition portée par le Sénégal de bâtir une économie souveraine, verte et solidaire, à travers une refondation des politiques publiques orientées vers la justice sociale et l’investissement dans les secteurs porteurs tels que l’éducation, la santé, l’agriculture durable et les énergies renouvelables.

La participation du Président sénégalais à cette conférence traduit ainsi la volonté du Sénégal de peser dans les débats mondiaux sur l’avenir du financement du développement, et d’apporter une contribution africaine forte à la redéfinition des règles du jeu économique international.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°499 – 30/06/2025

🔴 DÉBAT D’ORIENTATION BUDGÉTAIRE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : DIBA « SAUCÉ » PAR L’OPPOSITION
🔴 LE CAS BACHIR FOFANA : EFFACER POUR FAIRE TAIRE ?

🔴 LIGUE 1 (30e J.) : LE JARAAF SIGNE SON 13e TITRE
🔴 LIGUE 1 / AUTEUR DE 12 BUTS CETTE SAISON : PAPE DOUDOU DIALLO SACRÉ MEILLEUR BUTEUR

UDEN/Question des décisionnaires : »l’UDEN ne peut plus attendre, exige la réaction du régime » SG

L’union démocratique des enseignants et enseignantes du Sénégal s’est réuni ce dimanche au CRFPE de Rufisque pour une interaction entre ses différents membres autour de la question des décisionnaire et au renouvellement des instances.

‎Le SG Ibrahima GUEYE en a profité pour rappeler au nouveau régime les engagements qu’il avait pris mais toujours en vain par ailleurs n’exclut nullement de reprendre les mouvements d’humeur.

UDEN/Question des décisionnaires :"l'UDEN ne peut plus attendre, exige la réaction du régime" SG

Matam : des pluies diluviennes causent d’importants dégâts dans plusieurs communes

La région de Matam, au nord du Sénégal, a été frappée samedi par de fortes précipitations qui ont provoqué d’importants dégâts matériels dans plusieurs localités. Selon le sous-préfet de l’arrondissement d’Orkadiéré, Cheikh Oumar Tidiane Camara, les communes de Dembancané, Bokiladji, Aouré, Sémmé et Waoundé figurent parmi les zones les plus touchées par ces pluies torrentielles.

Les averses ont entraîné des intrusions massives d’eau dans les habitations, perturbant le quotidien des habitants et suscitant de vives inquiétudes. À Yéri Malal Torobé et Sinthiou Fadiar, des effondrements de murs et de concessions ont été signalés, aggravant les difficultés des populations.

À Fadiar, un village de la commune de Bokiladji, le poste de santé a été totalement inondé. Grâce à la mobilisation rapide et solidaire des habitants, les eaux ont pu être évacuées, permettant de limiter les dommages et d’éviter une paralysie totale des activités médicales.

Ces intempéries interviennent alors que la région de Matam est souvent confrontée à des phénomènes d’inondations récurrents, mettant en lumière la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et de protection civile pour mieux anticiper ce type de sinistres.

Découverte macabre à Ndiayène Mbeulleup : deux ânes tués et dépecés, la viande emportée

Une scène d’une rare inquiétude a été découverte à Ndiayène Mbeulleup, dans le département de Mbirkilane, où deux ânes ont été retrouvés tués, dépecés et abandonnés, leurs têtes et leurs pattes encore sur place. Les faits se sont déroulés samedi, peu après une forte pluie qui s’est abattue sur la localité.

Selon les habitants, la viande des animaux a été emportée vers une destination inconnue, laissant craindre des circuits d’écoulement illégal, voire de consommation humaine clandestine. Le chef du village, témoin de la scène, a confirmé l’information et indiqué avoir immédiatement alerté le maire de la commune afin qu’il saisisse à son tour le préfet du département.

« C’est après la pluie que nous avons découvert deux têtes d’ânes et leurs pieds. Pour le moment, nous ne savons pas si les malfaiteurs se dirigent vers Kaffrine ou Mbirkilane », a expliqué le chef du village. Il précise qu’il était sur les lieux avec l’imam et qu’ils ont constaté que les bêtes avaient été égorgées, soigneusement dépecées, puis que leur viande avait été intégralement emportée.

« J’ai dit au maire de la ville d’informer le sous-préfet. Ils ont emporté toute la viande. Il ne reste que les pieds, les têtes et les peaux », a-t-il ajouté, visiblement préoccupé par cette situation qui suscite l’incompréhension et la peur au sein de la population.

Les habitants appellent les autorités compétentes à diligenter une enquête afin d’identifier les auteurs de ces actes et de prévenir d’éventuelles dérives sanitaires, dans une région où les abattages clandestins sont un phénomène récurrent mais rarement élucidé.

Justice : Entente SYTJUST-UNTJ annonce une nouvelle grève de 72 heures à partir de ce lundi

L’Entente Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ) a annoncé une nouvelle grève de 72 heures qui débutera ce lundi 30 juin à 8h00 et s’achèvera le jeudi 3 juillet à la même heure. Cette mobilisation intervient dans un climat social de plus en plus tendu entre les magistrats, les greffiers, les fonctionnaires judiciaires et le gouvernement, accusé de faire preuve de mépris et de refuser de véritables négociations.

Dans un communiqué, les deux organisations syndicales dénoncent l’immobilisme persistant des autorités, qu’elles tiennent pour responsables de la dégradation continue du climat social dans les juridictions et les services centraux. Elles appellent ainsi tous les professionnels de la justice à une mobilisation massive et unanime, des directions et services du ministère de la Justice aux juridictions supérieures comme le pool judiciaire financier, la Cour suprême ou encore le Conseil constitutionnel. Les syndicats considèrent que l’inaction et le silence de l’État constituent un choix politique et préviennent que ne pas répondre à cet appel, c’est accepter de reculer et d’entériner le statu quo.

Cette grève s’inscrit dans la continuité d’un mouvement social qui dure depuis plusieurs mois, rythmé par des journées de grève et des manifestations. Les revendications portent principalement sur des revalorisations salariales, l’amélioration des conditions de travail et la dotation de moyens matériels et humains adaptés aux missions des juridictions. Les représentants syndicaux estiment que le gouvernement ignore volontairement leurs alertes, alors même que le système judiciaire fait face à une surcharge chronique et à une crise de confiance.

Dans leur déclaration, les deux syndicats martèlent que la dignité des travailleurs de la Justice n’est pas négociable et que le bon fonctionnement des institutions judiciaires est un droit fondamental, pas une faveur. Ils exigent sans délai l’ouverture de discussions sérieuses afin de trouver des solutions concrètes aux problèmes qui plombent le service public de la justice.

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

Institutionnaliser l’évaluation pour éviter le naufrage

L’évaluation des politiques publiques n’est plus un luxe technocratique. Elle constitue désormais une condition de survie pour l’État sénégalais, confronté à une dérive budgétaire sans précédent et à une désarticulation croissante entre ambition politique et efficacité institutionnelle. La Loi de Finances Rectificative 2025 envoie un signal d’alerte sévère : un déficit global atteignant 2 186,2 milliards FCFA, soit 8,8 % du PIB, bien au-delà des normes communautaires. Cette trajectoire n’est pas seulement financière. Elle révèle un État sans boussole évaluative, incapable de distinguer l’utile du superflu, ni d’opérer des arbitrages fondés sur des résultats.

L’endettement, devenu outil ordinaire de financement, illustre cette déconnexion. Le service de la dette atteint 1 787,1 milliards FCFA, dont 852,7 milliards pour les seuls intérêts. Cette pression absorbe près de 40 % des recettes budgétaires, traduisant une logique d’accumulation sans évaluation préalable de la valeur générée. Douglass North (1990) a montré que les performances économiques d’un État sont inextricablement liées à la qualité de ses institutions. Le Sénégal illustre aujourd’hui l’inverse : des instruments institutionnels incapables d’encadrer l’action publique, notamment dans l’analyse des projets financés par emprunt.

L’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 révèle une gestion axée sur l’absorption des crédits, plutôt que sur la redevabilité des résultats. Le ministère de la Santé a mobilisé plus de 80 milliards FCFA sans qu’aucune donnée ne permette de mesurer l’impact sur les soins primaires, la rétention du personnel ou la performance hospitalière. Dans le secteur énergétique, les subventions croissantes ne sont adossées à aucun dispositif d’évaluation de l’équité d’accès ni de l’efficacité économique. L’État gère sans rétroaction, sans modélisation de l’effet des politiques, sans ancrage empirique dans la performance des institutions, comme le souligne Grindle (1997).

La révision à la baisse des recettes fiscales, ramenées à 2 584,8 milliards FCFA, reflète l’inefficacité d’un appareil fiscal mal outillé. L’absence d’évaluation ex ante empêche l’anticipation des décrochages. Une stratégie fiscale rationnelle suppose une capacité de prévision et de simulation fondée sur des évidences. Peters (2019) insiste sur la nécessité de systèmes d’apprentissage administratif pour gouverner dans l’incertitude. Le Sénégal peine encore à construire cet espace, préférant les déclarations de conformité à l’examen empirique de ses instruments budgétaires.

La prolifération des agences sans bilan documenté renforce l’opacité. Certaines structures continuent de recevoir des crédits inchangés, voire augmentés, sans obligation de produire une théorie du changement ni des indicateurs de performance. DiMaggio et Powell (1983) avaient déjà alerté sur la tendance des bureaucraties à mimer la conformité institutionnelle sans efficacité réelle — un phénomène d’isomorphisme qui caractérise aujourd’hui nombre d’organismes publics sénégalais. L’évaluation, dans ce contexte, devient l’outil permettant de distinguer la structure utile de la coquille vide.

Les cellules d’évaluation dispersées entre la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale opèrent sans cadre unificateur. Elles produisent des rapports sans valeur stratégique, non intégrés aux cycles budgétaires, et rarement pris en compte dans les réformes sectorielles. L’absence d’un organe central indépendant empêche toute montée en puissance institutionnelle. Comme le soutiennent Andrews et al. (2017), la capacité de l’État à produire des politiques efficaces repose sur des dispositifs d’apprentissage adaptatif, conditionnés par l’usage d’informations crédibles et systématisées.

Le contraste est saisissant avec la Vision 2050, adoptée en 2024, qui engage le pays dans une transformation structurelle. Les allocations budgétaires actuelles n’intègrent ni les cibles opérationnelles de cette stratégie, ni une hiérarchisation de l’impact sectoriel. Meyer et Rowan (1977) rappelaient que la formalisation sans instrumentation évaluative conduit à des structures mythiques, détachées des réalités. C’est exactement ce que vit le Sénégal : un discours stratégique ambitieux, appuyé sur des instruments obsolètes ou absents.

D’autres pays africains ont démontré que l’évaluation peut transformer les pratiques étatiques. Le Kenya conditionne certains financements à des résultats mesurés. L’Ouganda impose l’évaluation préalable des projets d’envergure. Le Rwanda intègre des contrats de performance directement dans la planification. Ces dynamiques sont structurantes car elles s’appuient sur des lois-cadres, des institutions pérennes et une logique de redevabilité publique. Goldman et al. (2018) soulignent que l’émergence de systèmes nationaux d’évaluation efficaces repose sur une combinaison entre volonté politique, capacité technique et pression sociale.

Le Sénégal a l’occasion d’initier une rupture. Une loi-cadre sur l’évaluation pourrait définir les responsabilités, les obligations de transparence, les cycles d’intégration budgétaire et les critères d’objectivation des politiques. Elle pourrait s’accompagner d’un organe autonome, doté de ressources, capable de produire des méthodologies communes et de garantir l’indépendance des analyses. Picciotto (2013) a démontré que l’indépendance des mécanismes évaluatifs détermine leur influence sur les réformes.

À court terme, un décret d’application pourrait rendre obligatoire l’inclusion de modules évaluatifs dans les revues budgétaires sectorielles. À moyen terme, chaque ministère devrait institutionnaliser une unité d’évaluation adossée à la planification. Ces cellules devraient produire annuellement un rapport public structuré sur les effets et l’efficience de leurs interventions. À long terme, une culture de l’usage de l’évidence devra se substituer à la logique de conformité déclarative. Comme l’affirmait Fischer (1998), toute réforme durable repose sur un changement cognitif dans les modes de légitimation des politiques publiques.

Il devient donc impératif que les évaluations ex post soient rattachées aux débats parlementaires, que les indicateurs de valeur publique deviennent centraux dans les arbitrages, et que l’administration dispose d’un référentiel commun d’évaluation. Le pilotage stratégique d’un État ne peut plus se contenter d’un suivi mécanique de l’exécution financière. Il doit s’appuyer sur des savoirs situés, comparables et interprétables, comme l’avaient recommandé Schön et Argyris (1996) et Ba (2021).

Institutionnaliser l’évaluation au Sénégal n’est pas un ajustement technique. C’est une réforme systémique, qui engage la soutenabilité financière, la crédibilité des institutions et la cohésion sociale. Sans cela, l’État continuera de fonctionner dans le brouillard, sans cap, sans boussole, avec pour seul horizon l’aggravation du déficit, l’effritement de la confiance publique et la désorientation de l’action gouvernementale.

Dr. Abdourahmane Ba

Expert en Développement International, Politiques Publiques, Management et Suivi-Évaluation

Kaolack / Santé : L’ONG CRRF et l’Association And Xékh Hépatite en croisade contre cette maladie mortelle

L’hépatite B, maladie silencieuse mais redoutable, continue de faire des ravages au Sénégal, en particulier dans la région du Saloum. Conscients de la gravité de la situation, l’ONG Centre Régional de Recherche et de Formation (CRRF) et l’Association And Xékh Hépatite B ont décidé d’unir leurs forces pour sensibiliser les populations et leur offrir un accompagnement adapté, notamment dans les zones rurales.

Ce samedi 29 juin 2025, le village de Kossi Baye, dans la commune de Ndiaffate (département de Kaolack), a accueilli une journée de sensibilisation consacrée à cette maladie.

« Nous voulons briser le silence autour de l’hépatite B. Beaucoup de personnes ignorent leur statut sérologique, ce qui favorise la propagation du virus », a déclaré Médoune Koné, président de l’Association And Xékh Hépatite.

Cette initiative s’inscrit dans une série d’activités communautaires prévues tout au long de l’année, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’information et aux soins de santé reste limité.

De son côté, Ibrahima Diouf, chargé du projet VIHEILLIR au CRRF, a souligné que l’objectif principal de l’organisation est de réduire significativement la prévalence non seulement de l’hépatite B, mais aussi de l’hépatite C, de l’hypertension artérielle, du diabète, du cancer du col de l’utérus et de l’anus – des pathologies qui continuent d’affecter de nombreuses communautés, notamment en milieu rural et périurbain.

24ᵉ Forum international sur le continent africain : le journaliste Mamadou Mouth BANE certifié par l’IHEDN Paris

Le 24ᵉ Forum international sur le continent africain (FICA) s’est tenu à Paris, réunissant 75 participants venus de l’ensemble du continent. Organisé par l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), cet événement d’envergure a permis de renforcer le dialogue stratégique entre l’Afrique et la France, autour des grands enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux.

Le Sénégal a été représenté par deux participants : le colonel Alioune Samassa et le journaliste Mamadou Mouth BANE, connu pour son expertise dans les questions de gouvernance et de sécurité. Diplômé du prestigieux Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar, Mamadou Mouth BANE a reçu une certification de l’IHEDN, couronnant sa participation active aux travaux du forum.

Les travaux ont rassemblé des profils de haut niveau, parmi lesquels les ministres de la Défense d’Afrique du Sud et de Gambie, des généraux et colonels d’armées africaines, des représentants d’Interpol Afrique, de l’Union africaine et du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme. Les débats ont porté sur la construction de partenariats durables et mutuellement bénéfiques entre l’Afrique et la France, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que la définition de stratégies favorisant l’épanouissement économique des pays africains.

Au fil des échanges, plusieurs sujets stratégiques ont été approfondis, notamment la lutte contre la cybercriminalité et la désinformation, la sécurisation des espaces maritimes et des ressources, l’autonomie des armées africaines, la résilience face aux influences étrangères, la protection de l’environnement et le combat contre le trafic illicite.

De nombreuses personnalités françaises ont pris part aux discussions, à l’image du général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées de France, de Jean-Marie Bockel, envoyé spécial du président Emmanuel Macron, de l’historien et politologue Achille Mbembe, président de la Fondation de l’innovation pour la démocratie, ou encore de Jean-Jacques Konadji, expert international.

Les auditeurs ont poursuivi leur formation à travers des ateliers organisés au Centre des Hautes Études Militaires (CHEM), ainsi que des visites de terrain, notamment à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, au Centre interministériel de gestion de crise du ministère de l’Intérieur, avant d’être reçus au Quai d’Orsay.

L’IHEDN et la Direction de la coopération internationale ont salué la qualité des échanges et l’engagement des participants, soulignant que cette 24ᵉ édition du FICA marque une étape importante dans la construction de solutions communes aux défis globaux et à la promotion de la stabilité et du développement du continent africain.

Situation économique du Sénégal : Momar Ndao pointe du doigt « l’arrêt de plusieurs chantiers »

La situation économique du Sénégal continue de susciter des inquiétudes au sein de la société civile. Invité de l’émission FACE AU JURY sur PressafrikTVHD ce dimanche, Momar Ndao, président de l’Association sénégalaise des consommateurs (ASCOSEN), a dressé un constat alarmant sur l’impact de la suspension de nombreux chantiers publics et privés sur l’activité économique nationale.

Selon Momar Ndao, le ralentissement brutal observé dans plusieurs secteurs, notamment le BTP, contribue largement à la morosité ambiante. « La situation économique du pays est actuellement très difficile, parce que l’économie est à l’arrêt », a-t-il affirmé. Il explique que de nombreux investisseurs s’étaient engagés dans des projets d’envergure, principalement dans la construction et les infrastructures, qui se retrouvent aujourd’hui gelés.

« Beaucoup de chantiers sont suspendus. Pour les redémarrer, ce sera difficile, et ce retard peut ainsi causer des problèmes à d’autres niveaux », a-t-il prévenu, insistant sur l’effet domino que ces arrêts peuvent provoquer sur d’autres filières : approvisionnement en matériaux, sous-traitance, emploi informel et activité commerciale connexe.

Pour Momar Ndao, cette situation place l’État devant un dilemme complexe. D’un côté, le gouvernement souhaite auditer et assainir la gestion des projets hérités des équipes précédentes, et de l’autre, il doit éviter de paralyser totalement l’économie. « S’il faut à chaque fois arrêter une activité jugée non conforme, tout le pays sera à l’arrêt », a-t-il alerté.

Il a également souligné que l’enjeu est de taille : « Le défi qui attend le gouvernement, c’est d’examiner la gestion de leurs prédécesseurs sans pour autant bloquer un quelconque secteur au risque de stagner l’économie. »

Momar Ndao estime que pour espérer un rebond, le pays doit aller jusqu’au bout de la phase de ralentissement actuel et trouver rapidement des solutions pour relancer l’activité. « Actuellement, pour que le Sénégal puisse enregistrer une croissance considérable, il faut qu’on aille jusqu’au bout du ralentissement. Parce qu’il sera difficile de redémarrer tout ce qui a été suspendu », a-t-il averti.

La CDC s’engage à verser 25 milliards FCFA à l’État : Fadilou Keïta détaille les ambitions de l’institution

Invité de l’émission En vérité sur Radio Sénégal, le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a annoncé une contribution exceptionnelle de l’institution aux finances publiques : un versement minimum de 25 milliards de francs CFA à l’État du Sénégal d’ici la fin de l’année. Une décision qui s’inscrit dans une dynamique de soutien affirmé aux efforts budgétaires du gouvernement.

« Cette année, nous voulons donner à l’État du Sénégal au minimum 25 milliards de francs CFA. On a les capacités de le faire », a déclaré M. Keïta.

Malgré des créances impayées de l’État envers la CDC, le Directeur général a tenu à souligner la résilience et l’engagement de l’institution. Ce soutien financier s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer le rôle stratégique de la CDC comme catalyseur de la relance économique et de l’investissement public.

« Nous voulons montrer que la CDC est un acteur clé, capable de mobiliser des ressources pour accompagner les politiques de développement », a-t-il affirmé.

Abordant un autre volet essentiel de l’action de la CDC, M. Keïta est revenu sur le programme de logement social initié depuis 2019, mais resté en suspens plusieurs années. Il a annoncé une évolution significative du dossier, avec la livraison imminente de plus de 4 600 parcelles viabilisées.

« Récemment, nous avons publié un communiqué annonçant la livraison prochaine de plus de 4 600 parcelles. C’est un projet qui date de 2019, longtemps bloqué, mais toutes les diligences ont été réglées par nos techniciens », a-t-il précisé.

Cependant, la remise effective des terrains aux bénéficiaires reste conditionnée au paiement intégral des soldes dus. Un appel a ainsi été lancé aux acquéreurs pour régulariser leur situation.

« Ce qui bloque maintenant, ce sont les soldes que les bénéficiaires doivent encore payer pour récupérer leurs parcelles », a-t-il ajouté.

À travers ces annonces, la CDC réaffirme sa vocation première : mobiliser l’épargne nationale, sécuriser les ressources de l’État et investir dans des projets structurants à fort impact socio-économique. Le Directeur général a réitéré l’engagement de la CDC à jouer pleinement son rôle de bras financier stratégique de l’État, dans un contexte marqué par des défis budgétaires et une forte demande sociale.

Fadilou Keïta brise le silence sur son salaire et appelle à une transparence généralisée sur les avantages des autorités

Le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a pris la parole pour clarifier le débat enflé autour de son salaire, au moment où les critiques se multiplient sur la rémunération des responsables publics. Invité sur la Radio Sénégal Internationale (RSI), il a tenu à mettre les choses au clair : « Ce n’est pas moi qui fixe mon salaire. C’est l’État qui en décide », a-t-il affirmé d’un ton ferme.

Fadilou Keïta a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement ciblée, rappelant son passage par la case prison : « Ceux qui alimentent ce débat étaient bien silencieux lorsque nous avons été emprisonnés pendant 15 mois sans percevoir de salaire. » Il assure qu’il a sciemment rendu public le montant de sa rémunération, dans un souci de transparence, car « les Sénégalais ont le droit de savoir ».

Le Directeur de la CDC n’a pas manqué de souligner que certains de ses prédécesseurs touchaient un salaire supérieur au sien, sans que cela n’émeuve l’opinion publique. « Je ne suis pas le mieux payé des Directeurs généraux », a-t-il lancé, tout en accusant certains de vouloir « ternir l’image de l’État ». Il les met en garde : « Ils répondront devant la justice. »

Au-delà de son cas personnel, Fadilou Keïta a élargi la réflexion à une problématique plus vaste : celle des avantages accordés aux responsables publics, souvent critiqués mais rarement clarifiés. Il appelle ainsi l’État à légiférer sur les différentes formes de rémunérations indirectes : « Nous sommes dans un pays où existent des caisses noires, des fonds politiques, des primes, des fonds communs… Je pense que l’État doit légiférer sur tout cela, et que tout le monde s’y soumette. »

Affaire Bachir Fofana : Alioune Tine appelle le président de l’Assemblée nationale à retirer sa plainte

Le fondateur du think tank Afrikajom Center, Alioune Tine, est monté au créneau pour défendre la liberté de la presse, appelant le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, à retirer sa plainte contre le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana, actuellement sous mandat de dépôt.

Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), Alioune Tine a tenu à faire appel à la responsabilité institutionnelle de l’homme politique :

« Président El Malick, on vous comprend très bien. Vous pouvez très bien prouver votre bonne foi, préserver votre honneur et la transparence dans la gestion de votre institution par une bonne communication. Ce que vous faites toujours très bien d’ailleurs. Évitez la prison à Bachir Fofana par simple intérêt pour la protection de la liberté de la presse, en tant que Président de la deuxième institution du pays. Retirez votre plainte, s’il vous plaît. Ci Njeek Rek ».

Le journaliste Bachir Fofana sera jugé mercredi prochain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, en vertu de l’article 255 du Code pénal sénégalais. Selon les autorités, les propos tenus par Fofana seraient de nature à « ternir l’image de l’institution parlementaire ». Une plainte a été déposée par El Malick Ndiaye en personne, qui estime que les accusations relayées par le journaliste sont infondées et portent atteinte à l’honneur de l’Assemblée nationale.

Cette affaire a rapidement pris une tournure politique et médiatique, suscitant des réactions au sein de la société civile, des organisations de journalistes et d’acteurs engagés pour les libertés fondamentales. Pour beaucoup, l’incarcération de Bachir Fofana constitue une atteinte à la liberté d’expression, dans un contexte où les relations entre la presse et certaines institutions publiques sont particulièrement sensibles.

Le message d’Alioune Tine intervient comme un plaidoyer fort pour une désescalade, misant sur la voie du dialogue et de l’apaisement. En appelant au retrait de la plainte, l’ancien directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre invite à privilégier la communication publique et le droit de réponse face aux critiques, plutôt que la répression judiciaire.

Afia 6 – Meurtre de Modou Mbacké Ndiaye : Six suspects arrêtés, dont un guetteur retrouvé avec de la drogue

Le voile se lève progressivement sur l’assassinat de Modou Mbacké Ndiaye, survenu dans la nuit du 5 juin 2025 devant son domicile situé à Afia 6. Le commissaire Ousmane Diop, chef du commissariat de Yeumbeul-Comico, a révélé les résultats de l’enquête ce week-end, confirmant l’arrestation d’un sixième suspect, Mouhamed N., qui jouait le rôle de guetteur lors de l’attaque meurtrière.

Selon les informations fournies par les enquêteurs, le gang a violemment agressé la victime avant de s’emparer d’une somme de 8 millions de francs CFA. Modou Mbacké Ndiaye n’a pas survécu aux coups portés par les membres du groupe, laissant derrière lui une famille endeuillée et une communauté sous le choc.

Le dernier suspect interpellé, Mouhamed N., a été arrêté alors qu’il était en possession de produits stupéfiants. Placé en garde à vue, il a rapidement reconnu sa participation aux faits. Il a avoué avoir servi de guetteur pendant que ses complices s’attaquaient directement à la victime. En contrepartie de son rôle, il aurait perçu 1,3 million de francs CFA, qu’il aurait utilisé pour s’acheter un téléphone portable de luxe et des vêtements.

L’enquête, minutieusement menée par les limiers du commissariat de Yeumbeul, a permis de neutraliser les six membres présumés du gang, tous désormais placés sous mandat de dépôt. Les autorités indiquent que des investigations se poursuivent pour déterminer si le groupe est impliqué dans d’autres actes criminels similaires dans la zone.

Cette affaire relance le débat sur l’insécurité urbaine dans certains quartiers de la banlieue dakaroise, où les agressions violentes se multiplient. Les habitants de Yeumbeul et plus particulièrement du quartier Afia 6 appellent à un renforcement de la présence policière et à des mesures plus strictes pour endiguer la criminalité.

Le Président Diomaye Faye en route pour Séville pour la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement

Le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce dimanche matin à destination de Séville, en Espagne, où il prendra part à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement. Cet événement de haut niveau est organisé sous l’égide des Nations Unies et rassemblera plusieurs Chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des responsables d’institutions financières et internationales.

À son départ de l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Yoff, le chef de l’État a été salué par le Premier ministre Ousmane Sonko, accompagné de plusieurs autorités civiles et militaires, dans une atmosphère solennelle et empreinte de patriotisme.

Cette participation du Président Diomaye Faye s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie économique active. L’objectif affiché est clair : défendre les intérêts de l’Afrique et du Sénégal dans les débats mondiaux relatifs au financement du développement, en particulier dans un contexte mondial marqué par les inégalités structurelles d’accès aux ressources financières.

La Conférence de Séville constitue une plateforme stratégique pour plaider en faveur d’un système de financement international plus équitable, plus transparent et davantage orienté vers la durabilité. Le Président Faye entend y porter la voix de l’Afrique, afin de renforcer les partenariats économiques, attirer de nouveaux investissements responsables, et promouvoir des solutions innovantes en matière de dette, de fiscalité internationale et de transition écologique.

Cette mission témoigne également de la volonté du Sénégal de jouer un rôle actif sur la scène internationale et de contribuer à la redéfinition des règles économiques mondiales au bénéfice des pays en développement.

Thierno Alassane Sall défie ses collègues parlementaires : « Si l’électrification vous intéresse, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur le dossier ASER »

La question de l’électrification rurale a suscité de vifs échanges ce samedi à l’Assemblée nationale lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). En présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, plusieurs députés issus de la majorité présidentielle ont interpellé l’exécutif sur l’urgence d’accélérer le raccordement des zones rurales au réseau électrique national.

Mais c’est la prise de parole du député non-inscrit Thierno Alassane Sall qui a marqué les débats. Ancien ministre, aujourd’hui figure de l’opposition indépendante, il a interpellé ses collègues parlementaires en leur lançant un défi : ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les activités et la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER).

« Si vous voulez sincèrement que les choses avancent, si l’électrification vous intéresse réellement, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur la question troublante de l’ASER », a déclaré Thierno Alassane Sall d’un ton ferme.

Il a notamment fait référence au contrat conclu avec l’entreprise espagnole Santander et à la société AEE Power EPC, au cœur d’un dossier controversé. Selon lui, des zones d’ombre persistent autour du décaissement d’une avance de démarrage évaluée à 37 milliards FCFA. « L’entreprise espagnole Santander a fait savoir que le 11 juin dernier, l’avance de démarrage dans le dossier ASER-AEE Power EPC avait été versée. Si vous voulez savoir où sont passés les 37 milliards, parlons-en », a-t-il insisté, dénonçant une opacité qui dure depuis des années.

Le député a par ailleurs précisé que la partie espagnole aurait elle-même engagé des investigations internes pour établir les responsabilités et faire la lumière sur l’usage des fonds. Il estime qu’en tant que représentants du peuple, les députés sénégalais ont le devoir d’exiger la transparence. « Ce qui est clair, c’est que les Espagnols sont en train de faire leur propre enquête. Mais en tant que parlementaires, vous avez l’obligation d’ouvrir une commission d’enquête pour tirer cette question au clair », a-t-il martelé.

Sa déclaration a suscité un certain embarras au sein de l’hémicycle, où le dossier ASER est connu pour être sensible et complexe.

Ce nouvel épisode vient relancer la polémique sur la gouvernance des projets d’électrification rurale au Sénégal et la gestion des financements extérieurs mobilisés dans le cadre de ces projets. Reste à savoir si sa proposition de commission d’enquête trouvera un écho favorable auprès des groupes parlementaires, dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont au cœur des revendications citoyennes.

Débat d’Orientation Budgétaire à l’Assemblée nationale : l’État projette plus de 19 000 milliards FCFA de dépenses entre 2026 et 2028

Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu ce samedi à l’Assemblée nationale, en présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et de ses principaux collaborateurs. Cette session a permis aux députés d’examiner le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2026–2028, un exercice essentiel qui jette les bases des grandes priorités de politique économique et financière de l’État.

Selon les chiffres officiels, le gouvernement prévoit des dépenses s’élevant à 19 364,4 milliards de francs CFA sur les trois années à venir. Ces engagements incluent les charges de fonctionnement, le service de la dette et les investissements structurants, qu’ils soient financés sur ressources internes ou extérieures. En revanche, les prévisions de ressources sont estimées à 16 638,7 milliards FCFA sur la même période. Cet écart significatif traduit un besoin de financement conséquent que l’État devra combler par des emprunts et d’autres mécanismes de mobilisation de ressources.

Le document de programmation souligne qu’en comparaison avec le précédent DPBEP actualisé en octobre 2024, les prévisions de ressources affichent une baisse de 363,9 milliards FCFA, soit un recul de 2,1 %. Cette diminution s’explique principalement par une révision à la baisse des perspectives de recettes fiscales et des appuis extérieurs. De leur côté, les charges ont également été revues à la baisse, passant de 20 364,3 milliards FCFA à 19 364,4 milliards FCFA, soit une diminution de près d’un trillion FCFA en valeur absolue, correspondant à 4,9 % en valeur relative.

Pour l’exercice 2026, première année de la période triennale, les dépenses prévues atteindraient 6 213,1 milliards FCFA, en baisse de 367,1 milliards FCFA par rapport à la Loi de Finances Rectificative 2025 qui prévoyait 6 580,2 milliards FCFA. Cette contraction des dépenses, de l’ordre de 5,6 %, est présentée par le ministère des Finances comme un effort de rationalisation visant à mieux contenir le déficit budgétaire.

Dans le détail, le ministère a précisé que les dépenses hors Comptes spéciaux du Trésor sont évaluées à 18 546,2 milliards FCFA sur la période 2026–2028. C’est une baisse sensible de 1 102,7 milliards FCFA par rapport aux prévisions précédentes qui tablaient sur 19 648,9 milliards FCFA. Ces montants recouvrent plusieurs postes stratégiques dont les intérêts de la dette estimés à 3 982,2 milliards FCFA, les dépenses de personnel à 4 813,1 milliards FCFA, ainsi que les acquisitions de biens et services et transferts courants évalués à 5 174 milliards FCFA.

Les investissements constituent également une part importante de l’enveloppe globale. Ils sont évalués à 4 576,9 milliards FCFA, dont 77,1 % seraient financés par des ressources extérieures et 22,9 % par des ressources internes. Les investissements sur financement interne représenteraient 1 046,8 milliards FCFA tandis que ceux sur ressources externes atteindraient 3 530,1 milliards FCFA.

Ces prévisions confirment la volonté des autorités de maintenir une dynamique d’investissement public tout en poursuivant des efforts de maîtrise des charges courantes, notamment à travers la rationalisation des dépenses de fonctionnement. Mais l’écart entre ressources et besoins de financement souligne également la pression persistante sur la dette publique et la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales et la discipline budgétaire.

Assemblée nationale : Tafsir Thioye relance le débat sur le surfinancement et interpelle Cheikh Diba sur le sort de 123 milliards de francs CFA

La séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025 a de nouveau mis en lumière les interrogations persistantes autour de la gestion des ressources publiques et du niveau de transparence budgétaire. Le député Tafsir Thioye a profité de l’occasion pour interpeller le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la destination de sommes jugées opaques par plusieurs parlementaires.

Le parlementaire est revenu sur le dossier des 604 milliards de francs CFA évoqués précédemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette enveloppe, qualifiée de surfinancement, avait suscité de vifs débats sur la sincérité des prévisions budgétaires et la traçabilité des fonds effectivement utilisés. Selon Tafsir Thioye, la Cour des comptes avait, dans son rapport, précisé qu’environ 181 milliards avaient été effectivement dépensés. Il en résulterait donc, d’après ses calculs, un reliquat de 123 milliards sur lequel il exige des explications claires.

S’adressant directement au ministre Cheikh Diba, le député a martelé qu’il n’était plus possible de se contenter d’estimations approximatives sur des montants aussi importants. Il a insisté sur l’obligation de rendre compte aux citoyens de l’utilisation exacte de chaque franc prélevé ou emprunté. « Où est passée cette somme ? Nous devons savoir, de manière exhaustive et documentée, la situation budgétaire du pays », a-t-il exigé.

Au-delà de cette question précise, Tafsir Thioye a dénoncé un climat de confusion entretenu, selon lui, par l’exécutif sur la lecture et l’utilisation des crédits inscrits au budget. Il a estimé que cette opacité, conjuguée à un rythme d’endettement soutenu, risquait d’exposer le Sénégal à des difficultés de soutenabilité financière. Le député n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du ratio dette/PIB, qu’il juge préoccupante. « À ce rythme, on sera à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il prévenu.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’exécutif défend la nécessité d’emprunts conséquents pour financer les priorités sociales et stimuler la relance économique, après les turbulences mondiales et nationales de ces dernières années. Mais l’opposition parlementaire, quant à elle, estime que la sincérité budgétaire et la redevabilité sont encore loin d’être garanties.

Le ministre Cheikh Diba est attendu sur des clarifications supplémentaires, notamment sur l’exécution budgétaire détaillée et la destination de ce différentiel de plus de 100 milliards de francs CFA, dont la justification reste attendue par les députés et l’opinion.

Kaolack / Éducation : Le Mouvement National des Enseignants Patriotes de la commune soutient les candidats au baccalauréat à travers une synthèse de philosophie

À quelques jours des examens du baccalauréat, un vent de solidarité souffle sur la région de Kaolack. Le Mouvement National des Enseignants Patriotes (MONEP) de la commune de Kaolack a décidé d’apporter un soutien concret aux candidats, notamment dans une matière souvent redoutée : la philosophie.

« C’est un immense plaisir et un grand honneur pour moi de prendre la parole à l’occasion de cette journée de synthèse de philosophie, marquant un moment important et décisif pour la réussite des candidats au baccalauréat de Kaolack. La philosophie est le maître des terres et des cieux, l’amour de la sagesse, donc le maître des disciplines », a souligné Prospère Coly, coordonnateur communal du MONEP à Kaolack.

Dans une dynamique de révision générale et systématique, englobant même d’autres matières, les enseignants patriotes ont jugé nécessaire d’organiser cette journée dans le cadre du programme national du MONEP. « Nous sommes dans le temps, oui, dans le temps de vous accompagner à réussir totalement le baccalauréat », a-t-il ajouté avec conviction.

M. Coly a également rappelé que l’éducation nationale occupe une place centrale dans l’agenda de transformation systémique “Sénégal Vision 2050”, en référence au slogan de leur mouvement : « Chaque enseignant, surtout patriote, est un architecte de la nation. »

Concernant l’utilisation des téléphones portables dans les centres d’examen, il a tenu à mettre en garde les candidats :

« Depuis quelques années, le ministère de l’Éducation nationale a strictement interdit le port de téléphones portables dans les centres d’examen, une décision visant à garantir l’équité et à lutter contre la fraude. »

Il a ainsi exhorté les candidats à ne pas se munir de téléphones portables le jour des épreuves.

Prenant la parole au nom de la marraine, l’honorable députée Rokhaya Ndiaye, 2e vice-présidente de l’Assemblée nationale, Mme Fatou Sy a, quant à elle, salué l’engagement des enseignants :

« Nous voulons rendre hommage aux enseignants. Vous êtes les bâtisseurs de l’avenir et les préparateurs des générations futures. Votre dévouement, votre patience et votre engagement sont inestimables. »

Elle s’est également réjouie de la tenue de cette activité, qu’elle a qualifiée de fruit du travail rigoureux du Mouvement des Enseignants Patriotes de Kaolack.

Assemblée nationale : Abdou Mbow interpelle le gouvernement sur un « endettement effréné » et propose un ministère dédié à la dette

Lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Abdou Mbow, membre de la coalition d’opposition Takku Wallu Sénégal, a vivement exprimé ses inquiétudes face à la dynamique de l’endettement public jugée alarmante.

S’adressant au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Abdou Mbow a dénoncé un recours massif et, selon lui, incontrôlé à l’emprunt, qui porterait désormais la dette publique du Sénégal à un niveau dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Il a affirmé que le gouvernement actuel n’avait pas de véritable programme économique structuré, mais se contentait d’accumuler de nouvelles dettes pour, en réalité, rembourser celles contractées antérieurement.

« Le régime n’a visiblement pas de programme, mais s’endette pour payer des dettes », a-t-il lancé, soulignant la gravité d’une situation qui, selon lui, compromet la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.

Interpellant le ministre Cheikh Diba sur les délais de mise en œuvre du financement du secteur du BTP, qu’il considère comme l’un des leviers majeurs de relance économique, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources empruntées.

En réponse à ce qu’il qualifie de « rythme effréné d’endettement », Abdou Mbow a suggéré la création d’une structure publique spécifique, voire d’un ministère exclusivement chargé de la question de la dette. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’évaluer de façon constante le niveau d’endettement, d’en surveiller l’évolution et de garantir que chaque emprunt contracté bénéficie réellement à l’économie nationale.

Le député a relevé ce qu’il a qualifié de « paradoxe » : l’équipe gouvernementale, qui avait fait de la critique de l’endettement un argument central lorsqu’elle était dans l’opposition, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils, avec des montants encore plus élevés.

Cette intervention s’inscrit dans un climat d’examen budgétaire tendu, marqué par de nombreuses critiques de l’opposition sur la soutenabilité de la dette, la sincérité des prévisions de recettes et la faible réduction des dépenses annoncée par le ministre des Finances.

Pour rappel, la Loi de Finances Rectificative 2025 entend ajuster les équilibres budgétaires de l’État afin de prendre en compte l’évolution de la conjoncture économique et les engagements du gouvernement en matière sociale et d’investissement. Mais pour Abdou Mbow, sans mécanisme de contrôle renforcé et sans stratégie claire, le Sénégal risque de s’enfermer dans une spirale d’endettement incontrôlée.

Touba : le préfet de Mbacké ordonne la démolition d’un immeuble vétuste et appelle à une responsabilité collective face au risque d’effondrement

Le préfet du département de Mbacké, Khadim Hann, a procédé ce samedi 28 juin 2025 au lancement officiel des opérations de démolition d’un bâtiment en ruine situé au cœur du marché Ocass, à Touba. Ce site particulièrement fréquenté abritait le bâtiment El Hadji Mbacké Kébé, un immeuble de deux étages dont l’état de délabrement avancé faisait peser un danger permanent sur ses occupants et les usagers du marché.

Lors de la cérémonie marquant le début des travaux, le préfet a expliqué les raisons qui ont motivé cette décision. Selon lui, la situation ne pouvait plus durer, tant la menace d’un effondrement était imminente. « Je viens de lancer l’opération de démolition d’un bâtiment R+2 qui était en état de délabrement très avancé. Ce bâtiment, dénommé bâtiment El Hadji Mbacké Kébé, était occupé par des commerçants que nous avions sommés il y a de cela quatre jours de libérer les lieux, car il était risqué de laisser ces occupants continuer leur activité et de voir le bâtiment s’effondrer sur eux », a déclaré Khadim Hann devant la presse.

Cette opération s’inscrit dans un contexte marqué par des drames récents qui ont endeuillé la commune de Touba-Mosquée. En effet, deux effondrements d’immeubles y ont provoqué la mort de quatorze personnes, rappelant la gravité des risques auxquels sont exposés les habitants et les commerçants installés dans des bâtiments vieillissants. Pour les autorités administratives, ces drames doivent constituer un point de bascule.

Le préfet a insisté sur la nécessité d’une action collective et résolue pour prévenir de nouvelles tragédies. Il a expliqué que l’État s’est engagé dans une campagne de recensement de tous les bâtiments menaçant ruine, avant de passer, en concertation avec leurs propriétaires, à leur démolition. Dans le cas de l’immeuble détruit ce samedi, Khadim Hann a précisé que l’administration n’a fait qu’accompagner le propriétaire, qui avait pris l’initiative et la responsabilité de procéder lui-même à la démolition.

« C’est un acte citoyen et patriotique. J’invite tous les propriétaires de bâtiments vétustes à s’inspirer de cet exemple et à s’engager à démolir les constructions dangereuses. Nous sommes prêts à les accompagner dans cette dynamique », a-t-il salué, soulignant le civisme du propriétaire concerné.

Le préfet a enfin lancé un appel à l’ensemble de la population de Touba-Mosquée et des autres communes du département. Il a invité les habitants à faire preuve de vigilance, à signaler tout bâtiment susceptible de présenter un danger et à collaborer activement avec les services compétents. « Nous pouvons les accompagner dans cette lancée. C’est l’appel que je lance à l’endroit de toutes les personnes qui habitent la commune de Touba-Mosquée », a-t-il conclu, rappelant que la prévention des effondrements est l’affaire de tous.

LFR 2025 : Aïssata Tall Sall étrille Cheikh Diba et exprime de vifs doutes sur la sincérité budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025 continue de susciter de vives réactions à l’Assemblée nationale. Ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, a pris la parole pour adresser un réquisitoire particulièrement critique à l’endroit du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Dans son intervention, la députée a mis en doute la cohérence et la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Elle a commencé par pointer les signaux qu’elle juge alarmants contenus dans le projet de budget rectificatif. Selon elle, le texte présenté affiche une baisse généralisée des recettes fiscales, combinée à un maintien très limité de l’appui budgétaire et des dons, tout en actant une hausse du déficit public bien supérieure aux plafonds définis par les critères de convergence de l’UEMOA. Elle a souligné que le gouvernement cherchait ainsi à mobiliser plus de 1 140 milliards FCFA de ressources supplémentaires sans garanties sérieuses sur la faisabilité de ces projections.

Aïssata Tall Sall s’est également attardée sur la question de la réduction des dépenses. Elle a estimé que l’effort budgétaire consenti demeurait insuffisant, en rappelant que le gouvernement n’avait abaissé les dépenses que de 0,5 % dans le budget général. À ses yeux, il est contradictoire de prôner une compression rigoureuse des charges publiques tout en affirmant dans le même temps vouloir élargir l’assiette fiscale et porter la pression fiscale à 20 %.

Elle a poursuivi en relevant ce qu’elle considère comme une contradiction flagrante entre les documents officiels transmis aux députés. D’après l’ancienne ministre, un premier texte indique que cet objectif de pression fiscale à 20 % devrait être atteint dès 2025, tandis que le document d’orientation budgétaire précise qu’il ne le sera qu’en 2029. Devant l’hémicycle, elle n’a pas mâché ses mots, lançant au ministre Cheikh Diba qu’il est « un ministre des Finances qui a des problèmes avec les chiffres » et rappelant qu’elle l’avait déjà interpellé sur ces incohérences lors de précédentes sessions.

Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de dire la vérité au pays et d’adopter une posture de responsabilité, sans céder aux postures politiciennes. Elle a appelé Cheikh Diba à respecter la tradition républicaine qui veut que les ministres des Finances se tiennent à l’écart des considérations politiques pour se consacrer pleinement à la sincérité et à la précision des comptes publics.

Elle est également revenue sur la dynamique de l’endettement public, en concédant que tous les régimes, y compris celui auquel elle a appartenu, ont eu recours à l’emprunt. Mais elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de frénésie actuelle dans la souscription de nouveaux emprunts. Elle a insisté sur la nécessité de convenir ensemble des points qui nécessitent, selon elle, une prudence accrue pour éviter que la dette ne devienne insoutenable.

En conclusion, Aïssata Tall Sall a affirmé qu’elle ne pouvait pas, dans ces conditions, apporter son suffrage à un texte dont elle doute profondément de la sincérité et de la solidité technique. « Voilà, Monsieur le ministre, les raisons pour lesquelles j’ai des doutes sur la sincérité de votre loi de finances. Je ne peux donc pas la voter », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de plusieurs parlementaires de l’opposition.

LFR 2025 adoptée : le gouvernement revoit ses priorités face à la dette et revalorise ses engagements sociaux

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi 28 juin 2025, le projet de loi de finances rectificative (LFR) n°11/2025, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Le texte, validé à l’unanimité en commission, vise à redresser la trajectoire budgétaire en intégrant les véritables niveaux d’endettement et en réorientant les priorités économiques et sociales.

Voici les points essentiels du rapport.

Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ;  le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ;  le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ;  la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
 
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
 
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
 
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
 
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
 
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
 
 Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
 
 Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
 
 Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
 
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
 
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
 
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
 
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
 
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
 
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
 
 Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.

Falsification de documents administratifs : un important réseau démantelé à Pikine

La Police nationale a annoncé ce vendredi l’arrestation d’un individu présenté comme un faussaire chevronné, interpellé à la gare des Baux Maraîchers à Pikine, le 25 juin 2025 vers 18 heures. Selon les informations communiquées par le commissariat d’arrondissement, cette opération a été déclenchée suite à un renseignement anonyme signalant que le suspect devait récupérer sur les lieux un lot de documents administratifs falsifiés.

Lors de son interpellation, l’homme a été trouvé en possession de douze laminats de sécurité pour passeports, un élément central dans les techniques de contrefaçon. La fouille de son véhicule a permis aux enquêteurs de découvrir un acte de vente relatif au véhicule ainsi que deux actes de vente de terrains encore non signés.

Décidés à approfondir leurs investigations, les policiers ont procédé à une perquisition à son domicile situé à Tivaouane Peulh. L’opération, menée aux environs de 20 heures, a permis de mettre au jour un arsenal impressionnant destiné à la falsification de documents administratifs et de voyages. Parmi les saisies figurent vingt-trois passeports de diverses nationalités, dont quinze passeports sénégalais (avec un exemplaire vierge), quatre passeports maliens, un djiboutien, un guinéen, un bissau-guinéen et un italien.

Le dispositif technique retrouvé sur place démontre un degré élevé de sophistication. Les enquêteurs ont notamment saisi deux imprimantes, un onduleur, une machine de plastification, un massicot et de nombreux cachets contrefaits. Au total, vingt cachets falsifiés ont été recensés. Certains portaient des mentions officielles d’aéroports internationaux, notamment Lisbonne, Madrid et Roissy Charles De Gaulle. D’autres reproduisaient des cachets d’administrations étrangères et d’ambassades, dont ceux de l’Ambassade du Sénégal à Rome, de la Préfecture de l’Eure en France, ou encore de l’Ambassade du Portugal. D’autres encore étaient libellés en espagnol, en allemand et en arabe.

Outre ces éléments, les enquêteurs ont découvert neuf tampons dateurs, un tampon numéroteur, plusieurs encreurs, des clés de connexion Internet, deux téléphones portables hors service, des bâtons de colle, des correcteurs Blanco et un pistolet factice. Un groupe électrogène encore emballé ainsi que trois machettes neuves et des lots de papiers vierges de différentes couleurs ont également été mis sous scellés.

L’exploitation des premiers éléments de l’enquête laisse penser que le suspect proposait ses services principalement à des membres de la diaspora confrontés à des difficultés administratives. Il scannait les passeports originaux, modifiait les données personnelles puis apposait les laminats de sécurité sur la page d’identité, avant de revendre ces faux passeports contre la somme de 20.000 FCFA l’unité.

Le Président Bassirou Diomaye Faye attendu à Séville pour la 4e Conférence internationale sur le financement du développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, effectuera un déplacement en Espagne, où il prendra part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Séville du 29 juin au 2 juillet 2025. Cette information a été rendue publique ce samedi à travers un communiqué officiel de la Présidence sénégalaise.

Cette conférence, placée sous l’égide des Nations unies, constitue l’un des plus importants rendez-vous mondiaux consacrés à la mobilisation de financements pour le développement. Elle rassemblera des Chefs d’État et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et régionales, des dirigeants d’institutions financières et des partenaires au développement venus de tous les continents. Les participants échangeront sur les défis et opportunités qui se présentent dans la recherche de ressources destinées à promouvoir un développement mondial plus durable, inclusif, équitable et résilient, dans un contexte marqué par des tensions économiques et géopolitiques.

Le président Bassirou Diomaye Faye interviendra lors de la séance plénière, au cours de laquelle il présentera la vision et les priorités stratégiques du Sénégal en matière de financement du développement. Selon la Présidence, il mettra l’accent sur la nécessité d’un accès plus équitable aux ressources financières internationales, la réforme de l’architecture mondiale de la dette et l’importance d’un soutien accru aux pays africains dans la mise en œuvre de projets transformateurs, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’adaptation climatique.

En marge des travaux, le chef de l’État participera à plusieurs tables rondes thématiques portant sur le financement des transitions énergétiques, la digitalisation inclusive et la réduction des inégalités sociales. Ces rencontres permettront de partager des expériences, de promouvoir des partenariats et d’explorer des instruments innovants de mobilisation des ressources.

Le président Faye aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants étrangers et responsables d’institutions financières et de coopération, dans le but de renforcer les partenariats stratégiques du Sénégal et de défendre les priorités nationales et africaines sur la scène internationale.

La 4e Conférence internationale sur le financement du développement intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à réorienter leurs politiques budgétaires et leurs stratégies de financement pour faire face aux crises économiques et environnementales, tout en soutenant une croissance durable et partagée.

Kaolack – Coupures intempestives et mauvaise qualité de l’eau : l’ADIK dénonce et annonce une marche pacifique

À Kaolack, les coupures d’eau sont devenues récurrentes. Dans plusieurs quartiers, le précieux liquide ne coule presque plus des robinets. Et lorsqu’il arrive, sa qualité laisse fortement à désirer, plongeant les populations dans un profond désarroi.

Ce vendredi, c’est l’Association pour la Défense des Intérêts de Kaolack (ADIK) qui est montée au créneau pour dénoncer cette situation préoccupante.

« La crise de l’eau n’est plus tolérable. Une grande partie de la population est exposée à une eau impropre à la consommation, riche en chlorure et en sodium, avec des conséquences dramatiques sur la santé publique. Des quartiers entiers vivent au rythme des pénuries, entre bidons et indignation. Et pourtant, les factures restent très salées », a fustigé Ababacar Sadikh Biteye, coordinateur de l’ADIK.

Face à cette situation qu’ils jugent intolérable et insoutenable, les membres de l’association appellent à la mobilisation générale.

« De concert avec les forces vives de Kaolack – syndicats, mouvements citoyens, associations, commerçants, leaders religieux et traditionnels – nous allons organiser une marche pacifique pour exiger un accès à une eau potable de qualité, ainsi qu’un plan d’assainissement structurant et inclusif. En tout cas, nous interpellons le ministre Cheikh Tidiane Dièye : Kaolack mérite mieux, Kaolack mérite le respect », a déclaré Mouhamadou Moustapha Ndiaye, membre de l’ADIK.

Le Sénégal mobilise avec succès 225,5 milliards FCFA sur le marché financier régional

Le Trésor public sénégalais a réalisé une opération réussie de levée de fonds ce vendredi 27 juin 2025 sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en mobilisant un montant total de 225,5 milliards de FCFA. Cette adjudication ciblée de titres publics témoigne une fois de plus de la solidité de la signature souveraine du Sénégal et de la confiance renouvelée des investisseurs.

Selon les informations relayées par Le Soleil, l’émission portait sur deux types d’instruments financiers : des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à échéance d’un an et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à maturités de trois et cinq ans. Initialement, le montant mis en adjudication s’élevait à 205 milliards de FCFA. Toutefois, l’engouement des investisseurs a largement dépassé les attentes, avec une demande globale atteignant 264,3 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 128,93 %.

Les rendements proposés lors de cette opération confirment le niveau élevé des taux dans la sous-région. Les investisseurs ont ainsi bénéficié d’un rendement moyen de 7,21 % sur les BAT (365 jours) et de 7,53 % sur les OAT à trois et cinq ans. Ces conditions, bien que coûteuses pour l’État, reflètent un environnement monétaire tendu dans l’espace UEMOA, mais aussi la forte crédibilité du Sénégal auprès des opérateurs financiers.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie annuelle du gouvernement sénégalais visant à mobiliser des ressources internes pour financer ses priorités : projets d’infrastructures, relance économique et couverture du déficit budgétaire. Avec cette dernière adjudication, le Trésor a déjà levé 1 037 milliards de FCFA depuis le début de l’année 2025 sur le marché des titres publics de l’UEMOA.

La réussite de cette émission renforce la position du Sénégal comme l’un des émetteurs les plus actifs et les plus fiables de la région. Ce dynamisme sur le marché des capitaux témoigne de la capacité du pays à mobiliser efficacement les financements nécessaires à la mise en œuvre de son programme économique et social, malgré un environnement économique international contraint.

Cheikh Diba à l’Assemblée nationale : « Serrons les coudes pour surmonter la précarité budgétaire »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2025, le Ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu un discours empreint de gravité, appelant à l’unité nationale et à la responsabilité collective face aux défis économiques actuels.

Prenant la parole devant les députés de l’Assemblée nationale, le ministre a défendu les choix budgétaires opérés par le gouvernement, tout en soulignant l’ampleur des efforts nécessaires pour remettre le pays sur les rails. « Nous avons toujours été les premiers à poser les questions sur la table pour en discuter et apporter les solutions idoines », a-t-il déclaré, appelant à un débat constructif.

Cheikh Diba a dénoncé certaines prises de position qu’il juge « puériles », face à ce qu’il considère comme des urgences nationales. « Je suis au regret de constater que certains s’adonnent à des débats puérils face aux enjeux et urgences de l’heure », a-t-il fustigé, en référence aux critiques parfois virulentes formulées dans l’hémicycle.

Dans un contexte économique tendu, marqué par un resserrement des marges budgétaires, le ministre a insisté sur la nécessité d’une solidarité nationale. « Soyons solidaires et serrons les coudes pour franchir les obstacles auxquels nous faisons face », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que le pays traverse une période de précarité budgétaire et financière.

Le projet de loi de finances rectificative 2025, présenté comme un ajustement nécessaire au regard des nouvelles priorités gouvernementales, a suscité un vif débat entre la majorité et l’opposition. Toutefois, le gouvernement reste ferme sur sa ligne : rationaliser les dépenses, prioriser les secteurs vitaux, et restaurer la confiance des partenaires techniques et financiers.

Assemblée nationale – Projet de loi de finances rectificative 2025 : Le gouvernement enclenche une refondation budgétaire sous haute contrainte

L’examen du projet de loi n°11/2025 portant loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025 se poursuit à l’Assemblée nationale dans un climat économique international tendu et sur fond de remise en question profonde de la gestion budgétaire passée. Présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ce projet ne se limite pas à un simple réajustement technique : il s’inscrit, selon ses mots, dans une « dynamique de refondation » visant à restaurer la transparence, la crédibilité et l’efficacité des finances publiques sénégalaises.

Dès l’ouverture de son intervention, le ministre a dressé un tableau sombre des contraintes exogènes qui pèsent sur l’économie nationale. Il a notamment cité la montée des tensions commerciales internationales, exacerbée par la récente hausse des droits de douane imposée par la nouvelle administration américaine, et les ripostes de leurs partenaires. À cela s’ajoutent les perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, la fermeté des politiques monétaires des grandes banques centrales et le spectre grandissant d’une récession mondiale, dont la probabilité est passée de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

Ces facteurs se traduisent, pour les pays africains comme le Sénégal, par une contraction de la demande extérieure, une volatilité accrue des cours des matières premières, et des coûts de financement toujours élevés.

Au-delà des facteurs internationaux, la LFR 2025 est fortement influencée par les conclusions du rapport d’audit de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques. Le document, très attendu, a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans les pratiques budgétaires, notamment un recours excessif et non encadré à l’endettement, des dépenses hors budget, et une opacité dans la reddition des comptes.

Face à ces constats alarmants, l’État sénégalais affirme avoir engagé une stratégie de redressement fondée sur trois piliers : transparence, discipline budgétaire et préservation des objectifs de développement.

Mise en œuvre des recommandations de la Cour des comptes : Cela inclut notamment le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe, une réforme du système de comptabilité publique, et l’application stricte du principe d’autorisation parlementaire pour tout nouvel emprunt. Publication régulière des données budgétaires et de la dette publique : Un effort de transparence destiné à rétablir la confiance des citoyens et des partenaires financiers. Prise en charge des dettes bancaires non budgétisées : La LFR intègre désormais le paiement des intérêts d’une dette contractée hors du circuit budgétaire pour un montant de 125 milliards de FCFA.

Au-delà des ajustements financiers, c’est bien une nouvelle philosophie de gestion publique que le gouvernement semble vouloir initier. L’ambition affichée est de sortir d’un système marqué par l’opacité et les pratiques dérogatoires, pour entrer dans une ère de rigueur, d’efficience et de redevabilité.

Ce tournant pourrait marquer un changement de paradigme dans la gouvernance budgétaire sénégalaise, à condition que les engagements pris se traduisent rapidement en actions concrètes, et que le Parlement joue pleinement son rôle de contrôle.

Kaolack / Éducation religieuse : La Journée des Talibés, entre sensibilisation et solidarité

Comme chaque année, la Journée des talibés a été célébrée à Kaolack. Cette journée vise à mettre en lumière la situation difficile de milliers d’enfants confiés aux écoles coraniques, appelés talibés, qui vivent souvent dans des conditions précaires.

Ce samedi 28 juin 2025, un grand rassemblement s’est tenu au quartier Thioffack, à l’initiative de l’Association pour le soutien aux talibés. Pour cette 18e édition, la journée a été placée sous le parrainage de Ndéné Kébé, délégué de quartier de Thioffack, et a également rendu hommage à trois figures engagées : l’inspecteur Asse Bitèye, Kéba Guèye et Nazir Bitèye, tous reconnus pour leur dévouement au service de la nation.

À cette occasion, des vêtements, des savons, des exemplaires du Saint Coran, entre autres dons, ont été distribués aux talibés grâce au soutien de partenaires et d’ONG.

« Cette journée n’est pas seulement symbolique. Elle nous rappelle que ces enfants méritent d’être protégés, éduqués et soignés, comme tous les autres », a déclaré Oustaz Papa Mamadou Guèye, président de l’Association de protection des enfants.

Depuis quelque temps, l’association a mis en place une initiative innovante : la “coopérative agricole des Daaras”, implantée dans les trois départements de la région de Kaolack : Kaolack, Guinguinéo et Nioro du Rip.

« Cette initiative vise à allier enseignement religieux, apprentissage pratique et autonomie économique », a expliqué Oustaz Papa Mamadou Guèye, également coordonnateur du Conseil supérieur des Daaras, section Kaolack.

Traditionnellement, les talibés vivent de l’aumône. Une réalité qui les expose à la mendicité et à de nombreuses difficultés sociales. Face à cela, l’association cherche à offrir des alternatives plus dignes et éducatives.

« Au-delà de l’agriculture, nous voulons que nos élèves puissent apprendre un métier : menuiserie, couture ou autres. C’est pourquoi nous sollicitons l’accompagnement de l’État du Sénégal. L’enjeu est de renforcer l’autonomie des écoles coraniques tout en offrant aux talibés un avenir meilleur », a plaidé Oustaz Guèye.

En conclusion, ces coopératives pourraient contribuer à transformer l’image des écoles coraniques, souvent critiquées pour la mendicité forcée et les mauvaises conditions de vie des élèves.

Kaolack / Éducation : La journée de l’excellence célébrée à l’école élémentaire Babacar Diop

L’école élémentaire Babacar Diop, située dans l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack commune, a vibré au rythme de la journée de l’excellence, une cérémonie haute en couleur placée sous le thème :

« Promotion des valeurs civiques et renforcement des liens entre l’école et les Forces de Défense et de Sécurité : pilier de la cohésion sociale ».

L’événement a réuni parents d’élèves, enseignants, élèves, ainsi que des représentants des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), venus partager un moment symbolique d’engagement citoyen et de reconnaissance des élèves les plus méritants.

Prenant la parole, la directrice de l’école, Madame Awa Ndiaye, a insisté sur l’importance de promouvoir les valeurs civiques dès le bas âge. Elle a notamment souligné la nécessité d’inculquer aux élèves le respect des symboles de la République, la discipline, ainsi que l’esprit de solidarité.

Elle a également rappelé le rôle essentiel des Forces de Défense et de Sécurité dans la protection des populations et la préservation de la paix, invitant les élèves à s’en inspirer pour devenir de futurs citoyens responsables.

Cependant, derrière cette belle initiative se cache une réalité préoccupante. L’école publique Babacar Diop est à bout de souffle. Le manque criant de salles de classe compromet sérieusement l’avenir des enfants. Le mur du bâtiment administratif est fissuré, les toitures sont percées, et plusieurs salles de classe sont délabrées.

« Des portes et fenêtres de certaines classes laissent passer la poussière, le vent, et parfois même la pluie », confie la directrice, visiblement émue.

« Nous avons sollicité à plusieurs reprises les autorités locales pour la réhabilitation des bâtiments et la construction de nouvelles salles de classe, mais nous n’avons toujours pas reçu de réponse concrète. »

Ce drame silencieux met en lumière les inégalités criantes dans l’accès à une éducation de qualité. L’éducation, pourtant reconnue comme un droit fondamental, reste un luxe pour de nombreux enfants. Et tant que des écoles continueront de tomber en ruine, ce sont les rêves et les ambitions des jeunes générations qui s’écrouleront avec elles.

Un moment fort de la cérémonie fut la remise de distinctions aux meilleurs élèves de chaque classe. Au total, 30 élèves ont été primés pour leurs performances scolaires. Une initiative saluée par les parents d’élèves qui estiment qu’elle motive les enfants et renforce les liens entre l’école et la communauté.

Malgré les nombreuses difficultés, le personnel de l’école Babacar Diop reste déterminé à former des citoyens éclairés et patriotes. Cette journée a également permis de consolider le partenariat entre l’école et les Forces de Défense et de Sécurité, gage d’une société plus solidaire et harmonieuse.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Affaire du marché des véhicules de l’Assemblée : ce que Bachir Fofana a déclaré aux enquêteurs de la DIC

L’affaire qui secoue l’Assemblée nationale depuis plusieurs jours a connu un nouvel épisode avec l’audition du journaliste chroniqueur Bachir Fofana par la Division des investigations criminelles (DIC). Inculpé pour diffusion présumée de fausses nouvelles, il a dû s’expliquer sur ses déclarations publiques relatives au marché public portant sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Bachir Fofana n’a pas totalement varié dans ses affirmations. Devant les enquêteurs, il a maintenu une partie de ses déclarations, tout en reconnaissant qu’une confusion avait pu se glisser dans l’identification précise du bénéficiaire de ce marché. Il a déclaré avoir cité, lors de ses interventions à l’antenne, les noms de Cheikh Guèye et Cheikh Seck comme attributaires potentiels. Il a néanmoins précisé qu’il avait pris soin de signaler que ces informations restaient à confirmer, et qu’il se tenait prêt à les corriger si elles s’avéraient inexactes.

« Après mes déclarations, j’ai reçu l’information qu’il y avait une confusion sur l’attributaire. Si l’information s’avère inexacte, j’aurai l’humilité de revenir dessus », a-t-il affirmé aux enquêteurs, manifestant sa volonté de rectifier publiquement ses propos en cas d’erreur avérée.

Concernant la procédure d’attribution du marché, le chroniqueur a soutenu avoir parlé d’un « appel d’offres restreint » dans le but d’expliquer les différentes modalités prévues par le Code des marchés publics sénégalais. Il a ajouté que l’irrégularité qu’il entendait mettre en lumière concernait la mention d’une marque spécifique de véhicules dans les documents d’appel d’offres, ce qui, selon lui, pouvait constituer une entorse aux règles élémentaires de concurrence.

Interrogé sur l’estimation financière qu’il avait avancée publiquement, Bachir Fofana a expliqué avoir évalué le montant du marché à plus de 8 milliards de francs CFA. Il a précisé que cette estimation résultait d’un calcul reposant sur le cumul des indemnités mensuelles des députés sur la durée complète de la législature, croisé avec le prix unitaire moyen des véhicules. Il a reconnu devant les enquêteurs que cette méthode pouvait prêter à confusion, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas cherché à induire l’opinion publique en erreur. Il a soutenu que ses propos étaient fondés sur des informations qu’il estimait crédibles au moment de leur diffusion.

Pour rappel, cette affaire a suscité une vive réaction du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, qui a porté plainte pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, accusant le journaliste d’associer l’institution parlementaire à des pratiques opaques et de ternir son image. Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

LFR 2025 – Le député Tafsir Thioye relance le débat sur la gestion des 604 milliards FCFA : « Où est passée cette somme ? »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Tafsir Thioye a vivement interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la gestion d’une enveloppe de 604 milliards FCFA, évoquée par le Premier ministre lors de précédentes communications.

Selon les données rendues publiques par la Cour des comptes, seuls 181 milliards FCFA auraient été effectivement dépensés, laissant apparaître un reste non justifié de 123 milliards FCFA, après des vérifications intermédiaires. Une situation que le parlementaire juge préoccupante, pointant du doigt un manque de clarté dans l’utilisation des ressources publiques.

« Où est passée cette somme ? », s’est interrogé Tafsir Thioye, devant ses collègues parlementaires et le ministre. « Nous devons avoir une lecture exhaustive de la situation budgétaire. Mais visiblement, il y a trop de confusion dans l’utilisation du budget », a-t-il dénoncé.

L’élu s’inquiète également de l’évolution rapide de la dette publique du Sénégal, qu’il estime en voie de devenir insoutenable si les tendances actuelles se poursuivent.

« À ce rythme, nous serons à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il averti, appelant à une gestion plus rigoureuse et transparente des finances publiques.

Face à ces remarques, le ministre Cheikh Diba a été sommé d’apporter des explications détaillées sur la traçabilité des dépenses liées à cette enveloppe et sur les mécanismes de contrôle budgétaire en place.

Cette interpellation illustre une tension persistante entre l’exécutif et certains membres de l’Assemblée nationale, dans un contexte où la crédibilité budgétaire et la soutenabilité de la dette sont devenues des enjeux majeurs pour la stabilité économique du pays. La LFR 2025, qui prévoit par ailleurs un ajustement des prévisions de croissance et un décaissement exceptionnel de 500,9 milliards FCFA pour régler des arriérés intérieurs, ne fait pas l’unanimité.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Affaire Bachir Fofana : le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye auditionné par la DIC

L’affaire opposant le journaliste Bachir Fofana au président de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire de plus en plus marquée. El Malick Ndiaye a été entendu par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de la procédure ouverte contre le chroniqueur, poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles concernant un marché public d’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations révélées par le journal Libération, le président de l’Assemblée nationale a profité de cette audition pour exprimer sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation visant à ternir son image et à discréditer l’institution parlementaire.

Au cœur de l’affaire, les accusations portées par Bachir Fofana, qui a affirmé publiquement que ce marché avait été attribué à Cheikh Guèye, un opérateur économique mis en cause dans une procédure judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs. Des déclarations que le président de l’Assemblée nationale juge “mensongères” et “particulièrement graves”.

« Ce discours mensonger associe l’Assemblée nationale à une affaire judiciaire en cours », a-t-il expliqué, soulignant que ces propos jettent le discrédit sur le Parlement, alimentent la suspicion et sèment la confusion dans l’opinion publique.

El Malick Ndiaye a insisté sur le fait que la fonction qu’il occupe l’expose à un niveau de vigilance et de critique inhabituel, souvent instrumentalisé à des fins politiques ou médiatiques. Il a dénoncé la multiplication de rumeurs propagées sur les réseaux sociaux et certains médias, accusant “des individus malintentionnés et leurs complices” de relayer ces informations sans la moindre vérification.

Le président de l’Assemblée a également alerté sur les conséquences de ces allégations, qu’il estime dangereuses pour la crédibilité des institutions et pour la confiance des citoyens dans le fonctionnement normal des marchés publics. Il a précisé qu’aucun lien n’existe entre la procédure judiciaire en cours visant Cheikh Guèye et l’appel d’offres de l’Assemblée nationale.

Se fondant sur les dispositions des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, qui répriment la diffusion de fausses nouvelles et la diffamation, El Malick Ndiaye a décidé de porter plainte contre Bachir Fofana, ainsi que contre les personnes qu’il accuse d’être ses complices et commanditaires.

À la suite de cette plainte, Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès en flagrant délit est programmé pour le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

Cette affaire, qui survient dans un contexte où la question des rapports entre médias et pouvoirs publics est particulièrement sensible, suscite de vives réactions dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Les organisations de presse, qui dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte aux libertés, appellent déjà à la libération du journaliste et à la recherche de solutions respectueuses des droits fondamentaux et de la déontologie.

Assemblée nationale – Loi de Finances Rectificative 2025 : Me Aïssata Tall Sall charge le ministre des Finances

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, la présidente du groupe parlementaire “Liberté, Démocratie et Changement”, Me Aïssata Tall Sall, n’a pas mâché ses mots. Face au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a livré une critique rigoureuse de la stratégie budgétaire du gouvernement, pointant des incohérences dans les prévisions de recettes et la gestion des dépenses.

Prenant la parole devant l’hémicycle, Me Aïssata Tall Sall s’est inquiétée d’un écart jugé préoccupant entre les prévisions de la Loi de Finances initiale (LFI) et celles proposées dans la LFR 2025. Selon elle, l’État chercherait à combler un manque de 1 140 milliards FCFA, sans apporter de garanties solides quant aux sources de financement.

« Où trouvez-vous l’argent, Monsieur le ministre ? », a-t-elle lancé, dénonçant des mesures “peu fiables” pour combler le gap budgétaire.

La députée a aussi mis en lumière une contradiction apparente dans le discours du gouvernement : d’un côté, une promesse de rationalisation des dépenses, de l’autre, une hausse importante de la pression fiscale prévue pour atteindre 20 % d’ici 2025.

« Vous dites que c’est pour un taux de 0,5 % que vous avez accepté de doubler les dépenses du budget général. Ensuite, vous parlez de mobiliser les ressources… mais en quoi consiste cette mobilisation ? En une augmentation de la pression fiscale ! », s’est-elle insurgée.

Pour l’élue, cette hausse brutale pèserait lourdement sur les ménages et les entreprises dans un contexte économique déjà tendu.

Poursuivant son argumentaire, Me Aïssata Tall Sall a remis en cause la cohérence des projections macroéconomiques présentées par le ministère. Elle a notamment souligné une contradiction entre les prévisions du déficit budgétaire dans le Plan national de développement (annoncé à 3 % en 2025 puis en 2029) et celles de la LFR.

« Il y a un réel problème avec les chiffres. Je vous l’ai dit la dernière fois. Ces incohérences sapent la crédibilité des documents budgétaires que vous nous soumettez », a-t-elle martelé.

Au-delà de la critique technique, l’intervention de Me Aïssata Tall Sall sonne comme une mise en garde politique. À travers son ton ferme et sa connaissance des dossiers, elle appelle à une plus grande rigueur dans la gestion des finances publiques, tout en s’érigeant en vigie face à un exécutif qu’elle accuse de manquer de transparence et de cohérence.

Alors que le pays traverse une période de redressement économique post-crise et de transition politique, ces alertes ne manqueront pas de nourrir le débat parlementaire sur la viabilité de la trajectoire budgétaire du Sénégal.

Affaire Bachir Fofana : Pape Djibril Fall charge le président de l’Assemblée nationale en pleine séance plénière

Lors du débat sur la loi de finances rectificative 2025, le député de l’opposition accuse El Malick Ndiaye d’être à l’origine de l’incarcération du militant politique Bachir Fofana.

La tension était palpable ce vendredi à l’Assemblée nationale du Sénégal, alors que les députés débattaient du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2025. Un moment législatif qui a été marqué par une sortie virulente du député d’opposition Pape Djibril Fall. Profitant de la tribune parlementaire, l’élu a dévié du cadre budgétaire pour interpeller le président de l’institution, El Malick Ndiaye, sur l’affaire judiciaire impliquant le militant politique Bachir Fofana, actuellement placé sous mandat de dépôt pour diffusion présumée de fausses nouvelles.

Dans une déclaration ferme, Pape Djibril Fall a pointé sans détour la responsabilité du président de l’Assemblée dans ce qu’il qualifie de « régression démocratique ». « Tu fais partie de ceux qui symbolisent la régression démocratique du Sénégal, parce que si Bachir Fofana se trouve actuellement en prison, c’est de ta faute », a-t-il lancé, devant une hémicycle figée par la gravité des propos.

L’affaire Bachir Fofana continue de susciter un vif émoi dans l’opinion publique. Militant actif sur les réseaux sociaux et proche de la mouvance contestataire, Fofana est poursuivi pour avoir relayé des informations présumées erronées sur un marché public relatif à l’achat de véhicules destinés aux députés. Des accusations que plusieurs voix, notamment dans les rangs de l’opposition, considèrent comme politiquement motivées.

Pape Djibril Fall, qui n’en est pas à sa première prise de position contre les dérives institutionnelles, a saisi l’occasion pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression et un climat de plus en plus liberticide. Son intervention, brève mais percutante, a ravivé les tensions au sein de l’hémicycle, certains députés réagissant avec indignation, tandis que d’autres l’ont salué pour son courage politique.

Pour l’heure, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, n’a pas réagi officiellement à ces accusations directes. Mais cette passe d’armes illustre le climat électrique qui règne au sein du Parlement, à l’heure où les nouvelles autorités sont scrutées sur leur capacité à garantir les libertés publiques dans un contexte de transition politique sensible.

Thiadiaye – Quand un rêve d’avenir vire au drame : l’exclusion d’un candidat au Bac mène à une tentative de suicide

Le 27 juin 2025, un drame d’une violence poignante a secoué la commune de Thiadiaye. A. Faye, élève en classe de Terminale, a tenté de mettre fin à ses jours après avoir été exclu des épreuves du baccalauréat pour des raisons administratives. Un acte désespéré qui met en lumière les failles silencieuses de notre système éducatif.

A. Faye, 23 ans, était un élève assidu du lycée de Thiadiaye. Comme des milliers d’autres jeunes Sénégalais, il nourrissait l’espoir de décrocher son baccalauréat, premier sésame vers un avenir meilleur. Mais ce rêve s’est brisé net lorsqu’il a été exclu des épreuves, à quelques semaines du début des examens, en raison d’un extrait de naissance jugé non conforme par l’administration.

Selon les informations rapportées par le journal L’Observateur, le jeune homme, pourtant conscient de sa situation, n’a jamais baissé les bras. Il a continué à suivre les cours, à réviser, à se préparer — comme si un miracle pouvait surgir à la dernière minute. Un espoir silencieux. Une douleur contenue.

Ce vendredi noir, après ses derniers cours, A. Faye est rentré chez lui comme à l’accoutumée. Sans un mot, sans un cri, il s’est enfermé dans sa chambre. Et là, dans un geste de désespoir indicible, il s’est poignardé à l’abdomen à dix reprises, avant de se trancher la gorge.

Ce sont les gémissements du jeune homme, faibles mais audibles, qui ont alerté son oncle. La scène découverte fut d’une horreur insoutenable. Les secours ont été alertés, et A. Faye a été transporté en urgence au centre de santé de Thiadiaye, puis à l’hôpital régional de Mbour. À l’heure où nous écrivons ces lignes, son pronostic vital reste engagé.

Dans les couloirs du lycée de Thiadiaye, c’est l’incompréhension et la douleur. Enseignants et camarades de classe sont sous le choc. Tous décrivent un élève exemplaire, discipliné, studieux, motivé. « Il ne s’est jamais plaint. Il venait en cours, participait normalement. Personne n’aurait imaginé qu’il portait une telle souffrance en silence », confie l’un de ses professeurs, la voix nouée.

Ce drame interroge. Faut-il vraiment exclure un élève pour un extrait de naissance, sans recours, sans médiation, sans accompagnement psychologique ? Avons-nous prévu des filets pour rattraper ceux qui, faute de papiers ou de moyens, glissent entre les mailles de notre système ?

Le geste d’A. Faye, aussi extrême soit-il, reflète une réalité bien plus vaste. Il révèle les failles d’un système administratif souvent inflexible, insensible aux réalités humaines. Il interroge sur l’accompagnement psycho-social des élèves, notamment ceux issus de milieux modestes, et sur le silence dans lequel ils sont parfois contraints de vivre leur détresse.

Ce n’est pas seulement l’histoire d’un élève. C’est le récit d’un système qui, faute d’écoute et d’humanité, peut broyer des destins. Combien d’autres A. Faye vivent aujourd’hui cette détresse silencieuse ? Combien verront leur avenir compromis pour un document égaré, un acte non légalisé, une date erronée ?

Le cas de Thiadiaye doit servir de signal d’alarme. Il est urgent de revoir nos procédures administratives liées à l’examen du baccalauréat. De créer des cellules d’écoute psychologique dans les établissements. D’instaurer des recours clairs et humains pour les élèves confrontés à des irrégularités administratives.

Un diplôme ne devrait jamais coûter une vie. Ce drame est une blessure dans notre conscience collective. Mais il peut aussi être un point de départ : pour bâtir une école plus juste, plus humaine, plus attentive à ceux qui n’ont que leurs cahiers pour se battre.

À suivre…

Dette publique : L’APR et Thierno Alassane Sall exigent des comptes sur les 10 200 milliards FCFA contractés en deux ans

La tension monte autour de la question de la dette publique au Sénégal. Dans un contexte économique tendu, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, et le député Thierno Alassane Sall ont tous deux exprimé leurs inquiétudes et critiques concernant l’endettement massif contracté par le nouveau régime en place. Un chiffre cristallise le débat : 10 200 milliards FCFA sur deux ans. Le gouvernement, de son côté, défend sa gestion et dénonce une manipulation des données.

Dans un communiqué publié jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « 10 200 milliards d’endettement sans résultats visibles ». Pour l’ancienne majorité, il est inconcevable qu’un tel niveau d’endettement n’ait produit aucun impact perceptible sur le quotidien des Sénégalais. Le parti exige des explications précises sur la destination de ces montants : 4 500 milliards FCFA contractés en 2024 et 5 700 milliards déjà prévus pour 2025.

Face à ces critiques, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a réagi ce samedi 28 juin devant l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il a tenu à rassurer l’opinion et les députés sur la régularité et la transparence des opérations financières de l’État. « Ces 10 000 milliards ne sont pas de la responsabilité du gouvernement actuel », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main les accusations portées par l’APR.

Le ministre a aussi précisé que les travaux liés aux différents engagements budgétaires ont été bouclés en décembre dernier, mais n’ont pas encore fait l’objet de discussions parlementaires approfondies. Selon lui, « l’appel d’offres est sérieux et répond à tous les besoins exprimés », tout en insistant sur l’ouverture du gouvernement à toute collaboration visant à détailler les affectations budgétaires.

Le député Thierno Alassane Sall n’a pas mâché ses mots. Dans une publication sur Facebook, il a dressé un tableau sombre de la situation financière du pays. « Les chiffres de cette LFR (Loi de finances rectificative) sont implacables : la dette va s’envoler à 5 715,5 milliards FCFA en 2025 », a-t-il déploré, accusant le régime de creuser la dette sans bénéfices concrets pour la population.

Le parlementaire pointe un échec généralisé : pas d’impact sur le chômage, la vie chère, l’enseignement supérieur, le monde rural, ni sur la santé publique. Pire encore, il accuse : « Pendant ce temps, les néo-apparatchiks se gavent de fonds politiques, financés par la dette ». Pour lui, les Sénégalais subissent les conséquences d’une gouvernance dispendieuse, entre prix à la pompe élevés, pénurie de produits de première nécessité et austérité imposée aux couches les plus vulnérables.

Ce nouvel épisode illustre la fracture entre l’opposition et le gouvernement autour de la politique budgétaire. Tandis que l’APR et certains députés dénoncent une dérive financière, le pouvoir actuel se veut rassurant, invoquant l’héritage lourd laissé par le précédent régime et affirmant œuvrer pour la relance économique.

Alors que les débats sur la Loi de finances rectificative battent leur plein, la polémique sur la dette risque de s’intensifier. Dans un pays où le coût de la vie reste un sujet brûlant, les citoyens, eux, attendent des actes concrets. Et surtout, des résultats visibles.

Sénégal – Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dénonce une campagne de désinformation et porte plainte contre le journaliste Bachir Fofana

Dans une affaire qui secoue l’institution parlementaire sénégalaise, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a été entendu par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une enquête portant sur la diffusion présumée de fausses informations liées à l’achat de véhicules pour les députés.

Au cœur de cette affaire : des accusations relayées par le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana, selon lesquelles le marché public relatif à l’acquisition de ces véhicules aurait été attribué à Cheikh Guèye, un individu actuellement sous contrôle judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs.

Face aux enquêteurs, le président de l’Assemblée nationale, cité par le journal Libération, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » orchestrée dans le but de ternir son image et de discréditer l’institution parlementaire. Selon lui, ces accusations, relayées massivement sur les réseaux sociaux et certains médias, reposent sur des allégations « mensongères » et « malveillantes ».

« Je suis un homme politique et président de l’Assemblée nationale, au service de la République du Sénégal. Cette double qualité fait de moi une personnalité publique très suivie. Ainsi, la moindre information me concernant est vivement commentée, avec de forts relents politiques et médiatiques », a-t-il déclaré.

El Malick Ndiaye déplore que cette affaire ait été utilisée pour jeter un discrédit injuste sur l’hémicycle : « Des individus malintentionnés, avec leurs complices, s’évertuent depuis quelque temps à diffuser de fausses nouvelles sur l’acquisition de véhicules par l’Assemblée nationale. »

Le président du Parlement réfute fermement les allégations d’un lien entre l’Assemblée nationale et une quelconque procédure judiciaire en cours, en l’occurrence celle impliquant Cheikh Guèye. Il considère que l’affirmation selon laquelle ce dernier aurait obtenu le marché de fourniture de véhicules est « une manipulation de l’opinion publique », soutenue par certains « chroniqueurs supposés » et largement diffusée via les plateformes numériques.

« Une telle information, largement relayée par un système informatique, est attentatoire à la crédibilité de l’institution parlementaire. Elle cherche à faire le lien entre des commandes de véhicules légalement effectuées et un système présumé de corruption », a-t-il martelé.

Sur la base des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, El Malick Ndiaye a décidé de saisir la justice. Une plainte a été déposée contre Bachir Fofana, ainsi que contre tout complice ou commanditaire présumé. Le journaliste, interpellé en milieu de semaine, a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu pour mercredi prochain.

Cette affaire, à la croisée du droit, de la politique et de la liberté de la presse, suscite déjà de vives réactions au sein de l’opinion publique. Si certains dénoncent une tentative d’intimidation des voix critiques, d’autres estiment nécessaire de préserver la dignité des institutions face à la prolifération de fausses informations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°498 – 28 ET 29/06/2025

🔴 RÉVÉLATIONS D’AFRICA INTELLIGENCE SUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT BIO À LA TÊTE DE LA CEDEAO : DIOMAYE DRIBBLÉ PAR SES PAIRS
🔴 SOUS MANDAT DE DÉPÔT, BACHIR FOFANA JUGÉ JEUDI : LA PRESSE EN SURSIS

🔴 MERCATO : PAPE DEMBA DIOP, NOUVELLE RECRUE DE STRASBOURG
🔴 PRÉSIDENCE DE LA LIGUE SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL : ABDOULAYE SEYDOU SOW SORT DU BOIS

Sénégal : l’État mobilise 225,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA

L’État du Sénégal a réussi une importante levée de fonds sur le marché financier régional à travers une émission conjointe de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). L’opération, qui s’est tenue le jeudi 27 juin 2025, a permis au pays de collecter un montant total de 225,5 milliards de FCFA.

Cette émission s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de financement des besoins budgétaires et des projets de développement prévus dans la loi de finances 2025. Elle a été organisée par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor, en partenariat avec l’agence régionale UMOA-Titres qui pilote la mobilisation des ressources sur le marché de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Le montant mis en adjudication s’élevait à 256,25 milliards de FCFA. La forte appétence des investisseurs régionaux s’est traduite par des soumissions atteignant un total de 264,3 milliards, soit un taux de couverture particulièrement élevé de 128,93 %. Cet engouement témoigne de la confiance renouvelée des marchés financiers sous-régionaux vis-à-vis de la signature souveraine du Sénégal. Au final, le taux d’absorption global, qui correspond au rapport entre les montants retenus et le total proposé par les investisseurs, s’est établi à 85,23 %.

Les souscriptions ont été réparties entre plusieurs pays de l’Union, démontrant la profondeur et la diversification du marché financier régional. La Côte d’Ivoire a été le principal souscripteur avec plus de 145 milliards FCFA d’offres déposées, dont 126 milliards ont été retenus. Le Sénégal lui-même a apporté une contribution significative avec près de 104 milliards soumis et un peu plus de 88 milliards retenus. Le Togo a également participé avec des soumissions intégralement acceptées, de même que le Burkina Faso dont les 2,9 milliards proposés ont été entièrement pris en compte. D’autres États comme le Mali et le Bénin se sont également manifestés au cours de cette opération.

Selon les autorités sénégalaises, les ressources mobilisées permettront de couvrir des besoins prioritaires, notamment le financement des investissements structurants, le soutien aux politiques sociales et le respect des engagements financiers du pays.

Cette émission confirme la bonne dynamique du marché régional des titres publics, qui constitue aujourd’hui un levier essentiel de financement pour les États membres de l’UEMOA. Elle marque également une nouvelle étape dans la consolidation de la crédibilité financière du Sénégal, qui reste l’un des émetteurs les plus actifs et les plus sollicités de la zone.

Mise sous bracelet électronique d’agents des Impôts et des Domaines : le SAID exprime sa vive indignation et appelle à la reconsidération

Le Syndicat autonome des agents des Impôts et des Domaines (SAID) est monté au créneau après la décision judiciaire de placer sous bracelet électronique plusieurs de ses membres, accusés de faits commis dans le cadre de leur activité professionnelle. Dans un communiqué, le SAID dénonce une mesure qu’il juge particulièrement disproportionnée et attentatoire à la dignité des fonctionnaires concernés.

Selon le syndicat, ces agents « auraient agi es qualité dans le cadre de l’exercice normal de leurs fonctions ». Dès lors, le placement sous surveillance électronique est perçu comme « une atteinte grave à la dignité professionnelle de nos agents, mais également une remise en cause des prérogatives et des missions de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) ».

Le Bureau exécutif national du SAID (BEN SAID) insiste sur le fait que ces collègues « ayant agi dans le cadre de leurs attributions légales et réglementaires, méritent le respect et la protection, et non un traitement dégradant qui pourrait ternir leur réputation, nuire à leur moral et, au-delà, entacher l’image de la DGID ».

Le syndicat réaffirme sa solidarité et son soutien « indéfectibles » aux agents mis en cause et exprime sa disponibilité pour les accompagner « dans cette épreuve ».

Enfin, le SAID en appelle aux autorités compétentes pour qu’elles reconsidèrent la décision de justice, tout en se réservant le droit de « mettre en œuvre toute action syndicale nécessaire pour préserver le respect et la dignité des agents des Impôts et des Domaines ».

Kaolack / Agriculture : Manque de transparence et de traçabilité dans la chaîne de distribution des semences

Le président de l’association paysanne « Aar Sunu Moomel », Bassirou Ba, tire la sonnette d’alarme sur la qualité déplorable des semences distribuées au Sénégal. Selon lui, la présence de sable en grande quantité dans certains sacs témoigne de pratiques douteuses, compromettant gravement la productivité agricole. Une telle situation, si elle persiste, risque d’affecter la sécurité alimentaire et de mettre en péril les efforts de modernisation de l’agriculture engagés par le gouvernement.

Bassirou Ba pointe également du doigt le manque de transparence, pourtant promis par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Il estime que cette promesse est sabotée par le favoritisme et les pratiques frauduleuses observées dans le processus de distribution. Une suspicion de manipulation plane, alimentant la méfiance au sein des agriculteurs, qui se sentent délaissés et trahis.

Par ailleurs, plusieurs techniciens du ministère de l’Agriculture dénoncent leur mise à l’écart dans la gestion des marchés de semences. Ils regrettent que leur expertise soit ignorée au profit d’opérateurs privés, souvent peu fiables, ce qui empêche un contrôle rigoureux de la qualité des semences mises à la disposition des producteurs.

Face à cette crise, il devient urgent pour les autorités de renforcer la transparence et la traçabilité dans toute la chaîne de distribution des semences, en associant davantage les techniciens locaux. Sans réforme en profondeur, la crédibilité des politiques agricoles, pourtant cruciales pour la sécurité alimentaire du pays, restera sérieusement compromise.

Vendredi 27 juin 2025, Journée internationale des MPME – La compétitivité des Petites et Moyennes Entreprises : un levier pour la souveraineté économique

Ce 27 juin, la communauté internationale célèbre la journée mondiale des micros, petites et moyennes entreprises. Les Petites et Moyennes Entreprises apparaissent au niveau mondial comme un vecteur essentiel de développement économique et social et joue un rôle vital dans la croissance inclusive et le développement durable, En Afrique, elles sont considérées comme des sources essentielles d’emplois, de revenus, de croissance locale, d’inclusion sociale et de réduction de la pauvreté.

Les PME forment le socle de l’économie sénégalaise, représentant près de la totalité du tissu entrepreneurial et générant une part significative de l’emploi et de la richesse nationale. Pourtant, leur contribution au développement économique reste en deçà de leur potentiel, entravée par des défis structurels et institutionnels. Dans un contexte marqué par la quête de souveraineté économique, renforcer la compétitivité des PME apparaît comme une priorité stratégique pour réduire la dépendance aux importations, stimuler l’industrialisation et créer des emplois durables.

Les PME sénégalaises, bien que omniprésentes dans le paysage économique, évoluent dans un environnement contraignant. L’informalité, estimée à 97% dans ce segment les prive d’un accès sécurisé au financement, aux marchés structurés et à un dispositif public d’accompagnement articulé. Le processus de formalisation, souvent perçu comme complexe, chronophage et fiscalement dissuasif, dissuade de nombreux entrepreneurs à franchir ce pas pourtant fondamental. Pour faire de la formalisation une réelle opportunité de croissance, il devient indispensable de simplifier les démarches via des plateformes numériques intégrées, de mettre en place des régimes fiscaux progressifs adaptés aux petites structures avec des incitations (baisse de l’impôt sur les sociétés, relèvement de la contribution global unique, exonérations fiscales) et d’intensifier les campagnes d’information sur les bénéfices à long terme de l’enregistrement officiel.

Par ailleurs, la capacité des PME à innover et à monter en gamme demeure limitée. Ce déficit d’innovation s’explique notamment par le faible accès aux outils technologiques, l’absence d’études de marché fiables et une offre de formation technique encore insuffisante. À peine 15 % des PME parviennent à différencier leurs produits ou services de manière compétitive sur les marchés locaux ou régionaux. Pour inverser cette tendance, il est crucial de renforcer les passerelles entre les centres de recherche, les universités et les entreprises, en encourageant la co-création, le prototypage, et l’expérimentation à petite échelle. L’appui à la certification qualité, l’adoption d’outils numériques de gestion, et l’accompagnement à la transformation digitale doivent également être érigés en priorités pour booster la productivité.

L’un des obstacles majeurs à la montée en puissance des PME reste l’accès au financement. Malgré les dispositifs mis en place par l’État et les partenaires techniques et financiers, les PME ne bénéficient que d’une fraction minime des prêts bancaires autour de 9 %. Cette situation reflète à la fois la frilosité du système financier vis-à-vis de ce segment, souvent perçu comme risqué, et l’absence d’outils d’évaluation adaptés à sa réalité. Les solutions alternatives telles que le crédit-bail, l’affacturage, le microcrédit structuré ou le financement participatif restent encore peu développées. Une mobilisation plus large, incluant la diaspora à travers des instruments ciblés comme les « diaspora bonds », la création de fonds dédiés à l’amorçage et à la croissance, et l’introduction de plateformes nationales de scoring de crédit, s’impose pour combler ce déficit structurel de financement.

Un autre levier essentiel de compétitivité repose sur l’intégration des PME aux filières stratégiques de production et aux marchés régionaux. Trop souvent, ces entreprises opèrent en marge des chaînes de valeur dominantes, notamment dans l’agriculture, l’industrie légère ou les énergies renouvelables. Ce cloisonnement limite leur potentiel de croissance, leur visibilité et leur capacité à exporter. Le développement de clusters sectoriels régionaux, dotés d’infrastructures de production, de services mutualisés et de normes harmonisées, permettrait non seulement d’augmenter la valeur ajoutée locale, mais aussi de préparer les PME à profiter pleinement des opportunités offertes par la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Encore faut-il que ces entreprises soient accompagnées dans l’adaptation aux standards internationaux, la maîtrise des procédures commerciales et l’intelligence économique régionale.

L’environnement institutionnel constitue un facteur déterminant de performance pour les PME. Trop souvent, les politiques de soutien à l’entrepreneuriat souffrent d’un manque de coordination entre les différents acteurs publics et privés. Les programmes d’appui, bien que nombreux, manquent parfois de lisibilité et de cohérence, réduisant leur impact. La mise en place d’un comité national de pilotage des politiques PME, chargé d’assurer l’alignement des stratégies, de mutualiser les ressources et d’évaluer les résultats, apparaît aujourd’hui comme une nécessité. La professionnalisation des structures d’accompagnement, la consolidation d’un référentiel unique d’intervention, ainsi que l’adoption de mesures fiscales incitatives ciblées renforcerait l’efficacité de l’action publique.

Le cadre d’appui aux PME souffre également d’un manque de cohérence et de lisibilité. La multiplicité des structures d’accompagnement qu’elles soient publiques, parapubliques ou issues de partenariats engendre des redondances, des conflits de compétence et une dispersion des ressources. Malgré la mise en place de plusieurs agences, l’absence de coordination entre ces entités nuit à l’efficacité globale du dispositif. Les PME, souvent peu informées, peinent à identifier les services disponibles et à naviguer dans un écosystème trop fragmenté. Une réforme structurelle s’impose, inspirée d’expériences internationales réussies comme celle de la Malaisie ou de l’Île Maurice, avec la création d’un guichet unique ou d’une agence centrale intégrée assurant à la fois la coordination stratégique, la rationalisation des interventions, et l’optimisation des ressources au service des entreprises.

Enfin, l’accès des PME à la commande publique reste un enjeu central. Alors même que l’État est le principal donneur d’ordre du pays, les petites entreprises rencontrent d’importantes difficultés pour accéder à ce levier de croissance. La lourdeur des procédures, les exigences en matière de garanties financières, la technicité des dossiers ou encore l’absence d’antécédents dans les marchés similaires sont autant de barrières qui limitent leur participation. Bien que des mesures aient été introduites dans le code des marchés publics pour favoriser la sous-traitance aux PME voir même la co-traitance et introduire un système de préférences, leur mise en œuvre demeure timide. Pour transformer la commande publique en véritable moteur de croissance pour les entreprises locales, il urge de renforcer la formation des PME sur les procédures, de vulgariser les opportunités existantes, d’encourager la constitution de groupements, et d’institutionnaliser un quota de contenu local. Cela suppose également une meilleure structuration administrative et financière des PME, appuyée par des dispositifs ciblés de préparation à la commande publique.

Les PME incarnent l’avenir économique du Sénégal. Leur compétitivité est indissociable d’une vision intégrée qui associe formalisation simplifiée, innovation accessible, financement inclusif et intégration stratégique dans les marchés locaux, régionaux et mondiaux. Accroître leur performance, c’est poser les bases d’une économie souveraine, plus résiliente face aux chocs exogènes, capable de créer des emplois décents, de produire localement les biens et services essentiels, et de projeter son expertise à l’international. En cette Journée internationale des PME, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer leur rôle central dans les stratégies nationales de développement. Faire émerger un tissu de PME compétitives et durables n’est pas une option, mais un impératif pour bâtir le Sénégal de demain.

Dr Ibra MBAYE
Économiste – Planificateur
Expert en finances publiques et en développement du secteur privé

Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord
 Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d’expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques soient-elles. On peut ne pas partager ses positions, on peut même remettre en question l’équilibre de certaines de ses analyses — cela ne fait pas de lui un journaliste de moindre valeur.

Le journalisme est un métier à risque. L’erreur peut exister, une source peut se révéler fragile. Cela fait partie de l’exercice. Mais arrêter un journaliste dans le cadre de ses fonctions revient à porter atteinte à cette liberté d’expression, socle de toute démocratie. Il existe des mécanismes de régulation, comme le CORED, qui peuvent être mobilisés pour arbitrer ce type de situations — à condition qu’ils soient renforcés et réellement opérationnels.

Concernant l’affaire du marché des véhicules, pourquoi l’Assemblée nationale n’a-t-elle pas jugé utile de publier un démenti formel aux affirmations de Bachir Fofana ? Pourquoi tarde-t-elle à éclairer l’opinion sur le choix supposé d’une entreprise étrangère pour ce marché public ? Et si violation du principe de préférence nationale il y a, pourquoi ne pas la clarifier, documents à l’appui ? Il y a, en réalité, des urgences autrement plus importantes que celle d’un marché de véhicules.

La justice en question
 Si le procureur s’est effectivement autosaisi dans cette affaire, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi Bachir Fofana ? Pourquoi un journaliste ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

On ne compte plus les dossiers sensibles, les délits manifestes, les atteintes graves à la chose publique qui n’ont suscité aucune réaction du parquet. Est-ce cela, la justice de rupture ? Une justice qui cible les journalistes pendant que d’autres affaires, autrement plus graves, dorment dans les tiroirs ?

Une Assemblée loin du peuple
 En tant que citoyens, sans étiquette politique, nous nous interrogeons sur ce que signifie réellement une « Assemblée de rupture ». La 15e législature ne nous ressemble pas. Elle ne répond pas à nos attentes. Elle semble plus prompte à s’occuper de véhicules pour députés qu’à exiger la publication des rapports d’exécution budgétaire, pourtant encadrée par la loi.

N’est-ce pas au Parlement de contrôler l’action du gouvernement ? La rupture ne se proclame pas dans les discours. Elle se prouve dans les actes. Des actes concrets, courageux, qui servent l’intérêt général.

Crier « rupture » ne suffit pas. Il faut la matérialiser.

Libérez Bachir Fofana.

Assemblée générale de la SODAV : 553 millions de FCFA redistribués aux ayants droit en 2024

La Société Sénégalaise du Droit d’Auteur et des Droits Voisins (SODAV) a tenu ce jeudi 26 juin 2025 son assemblée générale ordinaire, consacrée à la présentation du rapport annuel 2024. Les participants ont pu examiner le rapport d’activités, celui sur les affaires culturelles et sociales, ainsi que le rapport financier produit par le commissaire aux comptes.

Aly Bathily, directeur gérant de la SODAV, a salué une performance qu’il juge « positive » dans un environnement numérique en mutation rapide. Le développement du streaming, des plateformes en ligne et de l’intelligence artificielle impacte profondément les modes de diffusion et d’exploitation des œuvres. Pour faire face à ces bouleversements, la SODAV a intensifié ses efforts de digitalisation et modernisé ses outils de gestion collective.

Sur le plan financier, l’exercice 2024 a permis de percevoir 630 millions de francs CFA et de redistribuer 553 692 051 francs CFA aux ayants droit, sur la base de critères équitables et en conformité avec les standards professionnels. « Si l’on se limite au niveau national, la performance est bonne », a déclaré Aly Bathily, qui a remercié l’État du Sénégal pour sa subvention, essentielle au soutien des artistes.

Le directeur gérant a exprimé son optimisme pour les prochaines années. Il a indiqué que la SODAV poursuit l’exploitation des opportunités offertes par l’appui public et s’emploie à améliorer encore la collecte et la répartition des droits, en attendant la mise en œuvre effective de la rémunération pour copie privée. « Nous espérons que les chiffres seront meilleurs l’année prochaine », a-t-il ajouté.

Présidant la rencontre, le Secrétaire d’État à la Culture, Bacary Sarr, a salué la démarche de transparence et la régularité de la reddition des comptes. Il a exhorté la SODAV à maintenir cette dynamique de modernisation et d’information des mandants. Bacary Sarr a par ailleurs apporté des précisions sur deux enjeux essentiels : la copie privée et le statut de l’artiste.

Concernant la copie privée, il a rappelé que le gouvernement avait pris, en Conseil des ministres, des mesures pour finaliser ce dossier, avec l’ambition d’en garantir l’effectivité prochaine. Sur le statut de l’artiste, il a assuré que tous les services concernés restaient mobilisés pour rendre ce dispositif opérationnel, soulignant qu’il constitue une avancée structurante en faveur des créateurs, des interprètes, des danseurs et de tous les professionnels du secteur culturel.

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

Assemblée nationale : une séance marathon attend les députés ce samedi

À peine ont-ils adopté, ce vendredi 27 juin, la loi portant révision du règlement intérieur, que les députés de la 15ᵉ législature s’apprêtent à reprendre le chemin de l’hémicycle pour une journée parlementaire particulièrement dense.

Dans un communiqué diffusé par sa cellule de communication, l’Assemblée nationale annonce qu’une séance plénière se tiendra ce samedi 28 juin 2025 à partir de 9 heures. Les élus examineront le projet de loi n°11/2025 relatif à la loi de finances rectificative pour l’exercice en cours, un texte qui suscite déjà de nombreux débats dans la classe politique et l’opinion publique en raison des montants inédits de financement envisagés.

La même journée, à 15 heures, les députés poursuivront leurs travaux avec la tenue du Débat d’orientation budgétaire (D.O.B.), rendez-vous annuel qui permet au gouvernement de présenter les grandes lignes de sa stratégie économique et financière pour l’année suivante, et aux parlementaires d’en débattre en amont de la préparation du prochain budget.

Assemblée nationale : les députés adoptent la révision du Règlement intérieur

Les députés de la 15ᵉ législature ont procédé, ce vendredi, à l’adoption de la proposition de loi n°10/2025 portant révision du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le texte a été approuvé à une très large majorité, recueillant 138 voix favorables et une seule abstention.

Cette réforme vise à doter les élus du peuple des instruments nécessaires pour mener à bien leurs missions constitutionnelles. Selon les initiateurs du texte, le nouveau dispositif permettra aux parlementaires de légiférer, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques dans des conditions renforcées, conformément aux exigences de la Charte fondamentale.

Au cours de la séance, plusieurs amendements ont été soumis au débat, notamment ceux portés par les députés Maguette Sène et Anta Babacar Ngom. Après examen, ces propositions ont été rejetées par l’Assemblée nationale.

Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE élu vice-président du Conseil exécutif du WAPP

Réunis à l’occasion de leur 65ᵉ session, les membres du Conseil exécutif du Système d’échanges d’énergie électrique ouest africain (WAPP) ont procédé à l’élection du nouveau vice-président de l’organe. À l’issue des travaux, Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE, directeur général de la Société de gestion de l’énergie de Manantali (SOGEM), a été élu pour un mandat de trois ans.

Cette désignation s’inscrit dans le cadre de la résolution WAPP/410/RES.23/06/25, adoptée conformément aux textes fondateurs de l’EEEOA, notamment les décisions des Sommets de la CEDEAO de 1999 et 2006, l’Accord de siège signé avec le Bénin, ainsi que les mises à jour successives de la convention portant organisation et fonctionnement de l’institution.

En qualité de vice-président, Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE aura pour mission d’accompagner la gouvernance de l’organisation et de contribuer à la concrétisation de l’un des plus grands chantiers énergétiques de la sous-région : l’intégration des réseaux nationaux d’électricité en un marché régional unifié, fiable et durable. Il devra également veiller à la mise en œuvre efficace des décisions du Conseil exécutif, dont il devient l’un des principaux animateurs.

Créé en 1999 par décision des chefs d’État de la CEDEAO, le WAPP joue un rôle stratégique dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et le développement des échanges transfrontaliers d’électricité. Le Conseil exécutif pilote la planification, la supervision et l’orientation de cette ambition régionale, considérée comme essentielle pour le développement économique et la stabilité énergétique de l’Afrique de l’Ouest.

Filière mangue en Casamance : les acteurs commerciaux du Balantacounda déplorent le manque d’infrastructures de conservation et de transformation

La filière mangue en Casamance traverse une période de profond malaise. Réunis pour dresser le bilan de la campagne de commercialisation 2025, les acteurs commerciaux du Balantacounda, dans le département de Goudomp, ont exprimé leur inquiétude face à des difficultés persistantes qui plombent ce secteur pourtant vital pour l’économie locale.

Le constat est sans appel : manque d’infrastructures de conservation, absence de logistique de transport adaptée, difficultés chroniques d’accès aux marchés extérieurs. « Chaque année, c’est le même calvaire. Les mangues pourrissent dans les cartons avant même d’arriver à destination », a déploré Ibou Diatta, président de l’Association des vendeurs de mangues du Balantacounda, face à ses collègues, visiblement lassés par une situation qui ne change pas.

Les producteurs et commerçants rappellent que des promesses avaient pourtant été faites. Depuis plusieurs saisons, l’État s’était engagé à construire des chambres froides et une usine de transformation des mangues. Mais sur le terrain, ces engagements demeurent lettre morte. « On nous parle d’infrastructures modernes pour la conservation et la transformation des mangues, mais rien n’a bougé », s’est indigné Ibou Diatta, qui pointe la responsabilité de l’administration dans ces retards répétés.

Les conséquences sont lourdes pour des centaines de familles qui vivent directement ou indirectement de la filière. Faute de moyens de conservation et de transformation, de nombreux commerçants sont contraints de brader leur production, quand ils ne la perdent pas complètement. « Notre travail n’est plus rentable. Nous sommes découragés », a confié un vendeur qui a préféré garder l’anonymat, expliquant qu’il avait perdu plus de la moitié de son stock en seulement quelques jours.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur lancent un appel pressant aux nouvelles autorités sénégalaises. Ils demandent la construction rapide d’infrastructures de stockage frigorifique, l’amélioration des routes et des moyens de transport, ainsi qu’un accompagnement spécifique pour faciliter l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

« Nous avons besoin d’un vrai plan d’appui. La Casamance regorge de talents et de ressources. Il ne reste qu’à nous donner les moyens de travailler dans de bonnes conditions », a insisté Ibou Diatta, exprimant la lassitude, mais aussi la détermination d’une profession à bout de souffle.

Libération de Bachir Fofana : la CAP interpelle l’Assemblée nationale et dénonce une atteinte à la liberté de la presse

La Coordination des Associations de Presse (CAP) a franchi un nouveau palier ce jeudi en intensifiant sa mobilisation pour obtenir la libération immédiate du journaliste-chroniqueur Bachir Fofana, placé en garde à vue depuis le 25 juin pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Une délégation regroupant les principales organisations médiatiques du pays s’est rendue à l’Assemblée nationale afin de rencontrer le cabinet du président El Hadji Malick Ndiaye. Dans un communiqué transmis à Ledakarois, la CAP a salué « la diligence avec laquelle cette audience a été accordée par le Président, bien qu’il ait été appelé à la présidence de la République à la dernière minute ».

Au cours de cette rencontre, les représentants de la presse ont présenté deux demandes jugées prioritaires : le retrait pur et simple de la plainte contre Bachir Fofana et sa relaxe immédiate, ainsi que l’implication active du président de l’Assemblée nationale dans un processus de pacification durable des relations entre le pouvoir exécutif et les acteurs des médias. Selon la CAP, les premières démarches pour obtenir une réponse rapide des autorités auraient déjà été engagées.

L’organisation professionnelle dit exprimer sa « vive inquiétude » après cette interpellation qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’expression et de la presse. Elle estime que ce placement en détention « soulève de sérieuses interrogations quant au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’informer, pilier essentiel de toute démocratie ».

Dans son communiqué, la CAP dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « dérive inquiétante », pointant « des convocations et emprisonnements qui incitent à l’autocensure » et une mesure jugée « disproportionnée » pour un simple délit présumé de diffusion de fausses nouvelles. Elle regrette que les mécanismes d’autorégulation, tels que le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED), n’aient pas été sollicités en amont pour examiner le différend.

Face à cette situation, la Coordination propose des solutions alternatives plus respectueuses des équilibres démocratiques. Elle estime qu’« un rectificatif ou une mise en demeure aurait été une approche plus appropriée, en parfaite conformité avec les principes de déontologie journalistique ».

La CAP rappelle que les dirigeants des organisations membres ont toujours privilégié la médiation et le dialogue comme moyens de résolution des litiges, et précise que des démarches concrètes ont été entreprises avec les différentes parties prenantes pour éviter l’incarcération et prévenir la répétition de tels incidents.

Réaffirmant sa détermination à suivre avec la plus grande vigilance l’évolution de ce dossier sensible, la CAP lance un appel pressant aux autorités judiciaires et politiques en faveur de « la libération immédiate de Bachir Fofana » et exige « le respect scrupuleux des droits des journalistes ». Dans le même temps, l’organisation rappelle aux professionnels de l’information leur responsabilité collective : « L’obligation de respecter les rigueurs professionnelles du métier est la meilleure garantie de ne pas s’exposer inutilement à des poursuites judiciaires ».

Abus de confiance portant sur 65 millions de F CFA : le Pr Daouda Ndiaye traîné en justice par une ONG suisse

Le parasitologue sénégalais et ancien candidat à la présidentielle de 2024, le Pr Daouda Ndiaye, est poursuivi devant la justice pour abus de confiance portant sur un montant de 65 millions de francs CFA. L’ONG suisse Naturasana AG l’accuse d’avoir détourné ces fonds qui étaient destinés à la réalisation d’un projet d’étude clinique finalement resté sans suite.

Le dossier, désormais pendant devant le tribunal, devrait connaître son épilogue judiciaire le 24 juillet prochain, date à laquelle le délibéré est attendu.

Contacté par L’Observateur, le Pr Ndiaye rejette en bloc les accusations qu’il qualifie de « manipulation orchestrée pour nuire à sa réputation scientifique ». Selon lui, il s’agit d’une manœuvre destinée à instrumentaliser sa crédibilité. « Il s’agit d’un groupe d’individus malintentionnés qui ont tenté d’utiliser ma crédibilité pour valider frauduleusement une étude clinique », a-t-il affirmé.

Le chercheur soutient que l’ONG l’avait approché avec des documents censés attester de la réalisation préalable d’une phase 2 d’essai clinique au Cameroun, condition indispensable avant d’engager la phase 3 au Sénégal. Or, après vérification auprès du Comité national d’éthique et de l’OMS, ces documents se sont révélés être des faux, ce qui a entraîné le rejet de la demande d’autorisation de l’étude.

« Ils ont publié une fausse étude en ligne. Lorsqu’ils ont été confrontés aux preuves, ils ont reconnu leur tromperie et ont voulu tout abandonner », a-t-il expliqué. Le Pr Ndiaye affirme d’ailleurs avoir saisi le Procureur de la République pour engager des poursuites contre ces responsables s’ils remettaient les pieds au Sénégal.

Quant à l’utilisation des 65 millions de francs CFA, l’ancien candidat à la magistrature suprême soutient que les fonds ont été employés conformément aux termes du contrat. « J’ai mobilisé une équipe et lancé les travaux préparatoires. Toutes les procédures ont été respectées. Leur demande de remboursement est infondée et ne vise qu’à salir ma réputation », a-t-il insisté.

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur Bachir Fofana écroué, procès prévu le 3 juillet

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa présentation devant le procureur. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, il a été écroué en attendant son procès qui se tiendra en flagrant délit le 3 juillet 2025 devant le tribunal de Dakar.

Cette décision intervient après sa convocation et son audition par les enquêteurs, dans un contexte où la lutte contre la désinformation occupe une place de plus en plus centrale dans l’espace médiatique sénégalais. Aucune précision n’a encore été apportée sur la nature exacte des propos ou publications qui lui sont reprochés.

L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux de la presse et sur les réseaux sociaux, certains dénonçant un climat de tension grandissant entre les autorités judiciaires et les chroniqueurs critiques. Le procès du 3 juillet sera suivi avec attention, tant par les professionnels de la communication que par les défenseurs de la liberté d’expression.

Commerce des armes : Seydi Gassama plaide à l’ONU pour un contrôle rigoureux des munitions conventionnelles

Le 25 juin 2025, à New York, Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est monté à la tribune de la 4ᵉ Réunion préparatoire des États parties sur le cadre mondial pour la gestion des munitions conventionnelles. Dans son intervention, il a lancé un appel pressant aux États membres de l’ONU pour un contrôle renforcé et rigoureux des munitions conventionnelles tout au long de leur cycle de vie, afin de réduire les risques graves qu’elles font peser sur les droits humains et la stabilité internationale.

Dans son discours, il est revenu sur la situation dramatique qui frappe le Sahel depuis plus de trente ans. Il a rappelé qu’au fil des décennies, cette région a connu une violence récurrente, ponctuée d’accords de paix successifs sans jamais parvenir à une paix durable. « Cette violence, marquée par des périodes d’accalmie suite à des accords de paix successifs, a fait des milliers de morts au cours de ces trois décennies », a-t-il souligné.

Le Directeur d’Amnesty International Sénégal a aussi cité les conflits meurtriers en cours, notamment au Soudan et en République démocratique du Congo, où les affrontements ont déjà causé plusieurs milliers de victimes depuis le début de l’année.

Se fondant sur une étude publiée en 2018 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), Seydi Gassama a rappelé qu’environ 12 millions d’armes légères et de petit calibre circulent dans l’espace sahélien, dont plus de 500 000 sont détenues par des civils. Il a précisé que ces armes et leurs munitions proviennent souvent d’autres régions d’Afrique, mais aussi de filières internationales incontrôlées. « Les munitions qui alimentent les acteurs non-étatiques viennent d’autres régions du continent, et même parfois en dehors du continent et des mêmes circuits que les ALPC », a-t-il indiqué.

Saluant les avancées internationales, il s’est félicité de l’adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA) en 2013 et du nouveau cadre mondial sur la gestion des munitions, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2023. Il a toutefois insisté sur l’urgence de passer des engagements aux actes concrets. « La mise en œuvre rigoureuse du cadre mondial par tous les États membres permettra de réduire les risques liés à une gestion inadéquate des munitions classiques sur les droits humains, le droit international humanitaire et le développement durable », a-t-il affirmé.

Seydi Gassama a également insisté sur la nécessité d’une coopération technique accrue entre les États et d’une assistance soutenue aux pays qui en ont besoin, jugeant cet appui déterminant pour l’efficacité du nouveau dispositif. Il a enfin souligné le rôle essentiel des organisations non gouvernementales et des communautés, notamment les victimes, les jeunes et les femmes, dans la mise en œuvre du cadre mondial. « Comme pour les processus concernant les armes légères et de petits calibres, la participation des organisations de la société civile, celles des communautés, notamment des victimes, des jeunes et des femmes, doit être recherchée et encouragée par les Nations unies et les États membres », a conclu le Directeur d’Amnesty International Sénégal.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Le Sénégal revoit ses ambitions à la baisse mais injecte 500 milliards FCFA pour soulager son économie

Malgré un contexte économique mondial incertain et des défis internes croissants, le gouvernement sénégalais a adopté une Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2025, marquée par une double dynamique : un ajustement prudent des prévisions macroéconomiques et une réponse vigoureuse au besoin de liquidités internes, avec une enveloppe exceptionnelle de 500,9 milliards FCFA destinée au paiement des arriérés de la dette intérieure.

Initialement projetée à 10,7 %, la croissance du PIB pour l’année 2025 a été révisée à 8 %, une baisse significative mais toujours robuste dans un environnement sous tension. Cette révision prend en compte le ralentissement de l’activité économique mondiale, la modération des recettes attendues du secteur pétro-gazier, ainsi que les aléas climatiques pesant sur la campagne agricole.

Dans le même temps, le déficit budgétaire est réévalué à 7,82 % du PIB, bien au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA (3 %), traduisant la volonté du gouvernement de soutenir l’activité malgré les pressions sur les finances publiques. Ce niveau de déficit, quoique élevé, est justifié par la priorité donnée à la relance économique et au règlement de passifs pesants sur les entreprises nationales.

La grande annonce de cette LFR 2025 réside dans le dédblocage de 500,9 milliards FCFA pour le remboursement des arriérés de la dette intérieure. Cette mesure phare vise à soulager les entreprises nationales, particulièrement les PME, étranglées par les retards de paiement de l’État. Ce règlement attendu devrait :

Fluidifier la trésorerie des entreprises locales Stimuler l’investissement privé Renforcer la confiance entre les opérateurs économiques et l’administration Réduire les risques de faillites en cascade dans certains secteurs clefs (BTP, fourniture, services publics délégués, etc.)

En clair, c’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques, dans un contexte où la relance repose en grande partie sur la vitalité du tissu productif national.

Le gouvernement sénégalais affiche ainsi une volonté affirmée de soutenir son économie tout en corrigeant ses projections avec réalisme. Le ministre des Finances a souligné que cette révision ne remet pas en cause les grandes priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), mais en ajuste les instruments pour mieux faire face aux urgences conjoncturelles.

Le Sénégal espère, avec ces mesures, stimuler la demande interne, restaurer la confiance des investisseurs, et préserver les acquis macroéconomiques dans la perspective d’une stabilisation à moyen terme. La consolidation des finances publiques reste un objectif, mais elle passe désormais par une relance ciblée et responsable, centrée sur la solvabilité de l’État vis-à-vis de ses partenaires économiques internes.

La LFR 2025 est à la fois un acte de réalisme budgétaire et un geste de confiance envers l’économie nationale. Le pari du gouvernement : payer ses dettes pour relancer la machine économique, tout en gardant le cap des réformes structurelles. Reste à voir si cette injection de liquidités portera les fruits escomptés et permettra au Sénégal de préparer une reprise solide, inclusive et durable à l’horizon 2026.

Porokhane : le maire Alassane Mbaye engagé pour la santé de ses concitoyens – Un important appui en matériel médical aux structures sanitaires

Dans une dynamique de renforcement du système de santé local, le maire de la commune de Porokhane, Monsieur Alassane Mbaye, a procédé ce jeudi à la remise officielle de matériel médical aux structures sanitaires de la localité.

S’exprimant lors de la cérémonie, le maire a souligné l’importance de cet appui :

« La santé fait partie des compétences transférées aux collectivités territoriales. En tant que maires, la recherche de partenaires techniques et financiers est donc essentielle. C’est dans ce cadre que nous avons établi un partenariat fructueux avec des amis basés en Angleterre, à qui nous avons soumis nos besoins les plus urgents, notamment en matière de santé. »

Outre les postes de santé de la commune, le centre de santé de Nioro du Rip a également bénéficié d’un appui matériel conséquent, destiné à améliorer la qualité de la prise en charge des patients.

« Nous avons aussi pris en charge une ligne électrique d’une valeur de 1 300 000 FCFA, au bénéfice de l’ensemble des structures. Chaque établissement a reçu une dotation adaptée à ses besoins spécifiques », a précisé M. Mbaye.

Dans une volonté d’inclusion et de justice sociale, des fauteuils roulants ont également été distribués à des personnes à mobilité réduite, identifiées par les services sociaux communaux.

« Nous avons un devoir moral et citoyen d’accompagner nos concitoyens confrontés à des difficultés de mobilité. Ce geste symbolique vise à favoriser leur autonomie et leur intégration », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, plusieurs équipements essentiels ont été remis aux structures : masques anti-poussière, gants, matériel de pédiatrie, dispositifs de diagnostic, entre autres.

« Ce don s’inscrit pleinement dans notre politique de santé communautaire, axée sur l’amélioration des conditions de vie des populations », a martelé le maire.

En conclusion, Alassane Mbaye a exprimé sa profonde gratitude envers les partenaires britanniques et a réaffirmé son engagement à poursuivre ces actions en faveur du bien-être sanitaire des habitants de Porokhane :

« Ce n’est qu’un début. Nous continuerons à œuvrer sans relâche pour offrir aux populations un accès équitable à des soins de qualité. »

Justice à huis clos : le face-à-face manqué entre Ismaïla Madior Fall et ses co-inculpés

Ce mercredi, au 3e étage du Palais de justice de Dakar, l’affaire impliquant Ismaïla Madior Fall, ancien ministre sénégalais de la Justice, a connu un nouveau tournant tendu. Inculpé pour tentative de corruption dans un projet de partenariat public-privé qui a échoué, l’ancien Garde des Sceaux a été entendu au fond par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Mais au lieu d’un affrontement judiciaire tranché, la séance s’est transformée en joute procédurale, nourrie par les protestations de la défense.

Derrière les murs feutrés du Palais, l’atmosphère était électrique. Selon L’Observateur, les avocats d’Ismaïla Madior Fall ont vivement dénoncé ce qu’ils qualifient de « manœuvre grossière » pour compromettre leur client. En cause : la présence… ou plutôt l’absence des deux autres figures clés de l’affaire – Cheikh Guèye, entrepreneur, et Mohamed Anas El Bachir Wane, ex-directeur des Constructions au ministère de la Justice.

Longtemps présentés comme co-inculpés, ces deux hommes sont aujourd’hui requalifiés en « témoins à charge ». Un changement de statut qui ne passe pas pour la défense de Madior Fall, qui y voit une rupture flagrante du principe d’égalité devant la justice. « Comment peut-on transformer deux mis en cause en témoins à charge ? » s’est insurgé l’un de ses avocats.

L’affaire se complique davantage avec l’élément institutionnel : Madior Fall bénéficie du privilège de juridiction, un traitement spécial accordé aux anciens ministres, qui impose qu’il soit jugé exclusivement par la Haute Cour de justice. Un privilège qui, selon ses défenseurs, a isolé leur client d’un procès commun avec les autres protagonistes. « Si Ismaïla Madior Fall n’avait pas bénéficié du privilège de juridiction, ils auraient comparu devant la même juridiction », rappellent-ils.

Ce privilège, censé garantir un traitement rigoureux et impartial, semble ici alimenter un climat de soupçon et d’injustice. Pour la défense, c’est un outil devenu piège, utilisé pour restructurer l’accusation au détriment de leur client.

Au lieu de clarifier les responsabilités dans ce dossier explosif mêlant justice, infrastructure publique et soupçons de corruption, l’audience a laissé place à une querelle de procédures. Aucun élément nouveau sur le fond n’a filtré. Mais une chose est claire : l’instruction prend une tournure éminemment politique.

Ismaïla Madior Fall, jadis incarnation d’une justice réformatrice, se retrouve aujourd’hui dans le rôle de l’accusé, au cœur d’une affaire dont les ressorts juridiques et symboliques dépassent sa seule personne. Le procès à venir s’annonce d’autant plus crucial qu’il pourrait, au-delà de son sort personnel, poser un jalon important dans la manière dont la justice sénégalaise traite les dossiers impliquant d’anciens dignitaires de l’État.

Grave accident sur l’axe Dahra–Linguère : un véhicule du cortège ministériel se renverse, quatre blessés graves

Un grave accident de la circulation s’est produit ce vendredi 27 juin aux environs de 10 heures sur la route reliant Dahra à Linguère, précisément à hauteur du village de Somme, situé à une dizaine de kilomètres de la commune de Dahra. L’incident a impliqué un véhicule appartenant au cortège du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mountaga Diao, en route vers Matam pour une mission officielle.

Selon des sources sécuritaires présentes sur les lieux, c’est le véhicule du Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère qui s’est renversé après avoir effectué plusieurs tonneaux. L’accident aurait été provoqué par l’éclatement simultané de deux pneus, entraînant une perte de contrôle du véhicule et sa sortie de route.

Le bilan provisoire fait état de quatre blessés graves, dont le DAGE lui-même. Les victimes ont reçu les premiers soins au centre de santé Élisabeth Diouf de Dahra, avant d’être évacuées en urgence à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga par les sapeurs-pompiers.

Le ministre Mountaga Diao, qui ne se trouvait pas à bord du véhicule accidenté, est sain et sauf. Il a poursuivi sa route vers Matam, où il était attendu dans le cadre d’une mission officielle.

Dégradation des terres cultivables : l’Institut National de Pédologie à pied d’œuvre pour restaurer la fertilité des sols au Sénégal

Face à l’avancée préoccupante de la dégradation des terres cultivables à travers le pays, l’Institut National de Pédologie (INP) intensifie ses efforts pour proposer des solutions durables, adaptées aux enjeux agricoles du Sénégal. S’appuyant sur des données scientifiques et une approche territorialisée, cette structure technique du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) œuvre à restaurer la productivité des sols, un enjeu central pour la sécurité alimentaire nationale.

Depuis plusieurs années, l’appauvrissement des sols menace les rendements agricoles, fragilise les exploitations familiales et compromet la résilience des écosystèmes. En réponse, l’INP a lancé des actions ciblées sur le terrain, dans le but d’enrayer la perte de fertilité et de remettre en production durable les terres dégradées.

Dans la zone des Niayes, considérée comme un pôle horticole majeur du pays, la coordination territoriale est confiée à Ndeye Awa Sow, ingénieure agronome spécialisée en génie rural et doctorante en sciences agronomiques à l’Université de Thiès. Sa mission consiste à superviser les activités de terrain visant à restaurer la qualité des sols, un facteur déterminant pour la productivité agricole.

« La qualité des sols conditionne directement les performances agricoles, et donc la sécurité alimentaire à l’échelle nationale », souligne Ndeye Awa Sow.

Sous sa houlette, l’INP met en œuvre un programme national d’amendement des sols, fondé sur des analyses scientifiques rigoureuses et des expérimentations en milieu réel. Ce programme repose sur une note conceptuelle validée par le MASAE, et vise à améliorer les pratiques culturales tout en corrigeant les carences des sols.

Les solutions proposées varient selon les besoins spécifiques des territoires : utilisation de matières organiques pour enrichir les sols appauvris, apports calcaires pour corriger l’acidité, incorporation de biochar pour améliorer la structure des sols. Le programme comprend également des actions d’information, de formation et d’accompagnement des producteurs.

Au-delà de l’aspect technique, l’INP met l’accent sur une utilisation rationnelle des intrants agricoles. Si leur disponibilité est cruciale, leur efficacité dépend étroitement des pratiques des agriculteurs. Consciente de cet enjeu, l’institution a lancé une campagne nationale de sensibilisation dans sept zones agricoles du pays. Objectif : former les producteurs sur les meilleures pratiques d’épandage, les dosages recommandés, et les périodes d’application optimales.

« Il ne suffit pas de livrer des amendements aux producteurs, encore faut-il qu’ils sachent comment les utiliser de manière efficace et durable », insiste Mme Sow.

Des outils pédagogiques, des démonstrations de terrain et un appui technique de proximité sont mobilisés pour accompagner les producteurs dans l’adoption de nouvelles pratiques plus durables.

L’action de l’INP s’inscrit dans une démarche de transition agroécologique, alliant protection des ressources naturelles, amélioration des rendements et adaptation aux effets du changement climatique. À travers ses différentes interventions, l’institut contribue à renforcer la résilience des écosystèmes agricoles et à sécuriser les moyens de subsistance des communautés rurales.

« Assurer la santé de nos sols, c’est aussi assurer notre sécurité alimentaire et notre souveraineté », affirme la responsable de la coordination des actions dans les Niayes.

À ce titre, l’INP entend jouer pleinement son rôle dans la revalorisation durable des terres agricoles sénégalaises.

A. Saleh

Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

Affaire Bachir Fofona : le journaliste déféré au parquet pour diffusion de fausses nouvelles

Le journaliste Bachir Fofona a été déféré, ce vendredi, au parquet de Dakar par la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc). Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de déclarations polémiques sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale.

Interpellé mercredi sur ordre du ministère public, Bachir Fofona a été placé en garde à vue dans les locaux de la Dsc, après avoir relayé sur les réseaux sociaux des informations jugées erronées et non vérifiées concernant un prétendu scandale lié aux conditions d’achat desdits véhicules. Selon les autorités, ses propos auraient contribué à propager une fausse information susceptible de troubler l’ordre public et de jeter le discrédit sur une institution républicaine.

Le journaliste passera la journée dans les locaux du tribunal, communément appelés « la cave », en attendant d’être présenté au procureur de la République. Il appartiendra à ce dernier de décider d’un éventuel placement sous mandat de dépôt ou d’une remise en liberté provisoire.

Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse et la responsabilité des journalistes, dans un contexte national marqué par des tensions entre certains organes de presse et les autorités judiciaires. Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté d’expression suivent de près cette procédure, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation de la justice pour museler les voix critiques.

Macky Sall aux Assemblées d’Afreximbank : plaidoyer pour une gouvernance renforcée des institutions financières africaines

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a participé ce mardi aux 32e Assemblées annuelles de l’African Export-Import Bank (Afreximbank), organisées à Abuja, la capitale fédérale du Nigéria. Il était l’un des intervenants d’un panel de haut niveau consacré aux institutions financières multilatérales africaines (IFMA) dans un monde de plus en plus polarisé.

Ce panel stratégique a réuni des personnalités de renom du monde politique, économique et financier africain pour discuter des grands défis qui se posent aux IFMA. Macky Sall, dont l’expérience en matière de gouvernance et de diplomatie est largement reconnue, a pris une part active aux débats, apportant sa lecture des enjeux liés à la souveraineté économique du continent.

Le leadership des dirigeants africains face aux tensions géopolitiques et à la reconfiguration des alliances économiques ; La confiance des partenaires internationaux, notamment dans un climat où les critères de transparence et de performance sont de plus en plus exigeants ; La mobilisation des ressources internes, enjeu crucial pour réduire la dépendance extérieure et renforcer la résilience financière du continent ; Le rôle du secteur privé africain dans le financement du développement et l’innovation ; Les conditions d’accès au crédit pour les États africains, souvent confrontés à des taux prohibitifs ; Le traitement équitable de la dette et les mécanismes de restructuration en période de crise ; Le financement adéquat des projets stratégiques, notamment en infrastructures, santé et éducation ; La gouvernance des IFMA, question centrale dans la quête d’efficacité, de redevabilité et d’appropriation africaine.

Dans son intervention, Macky Sall a insisté sur la nécessité d’une gouvernance plus inclusive, transparente et pragmatique au sein des IFMA. Selon lui, ces institutions doivent non seulement renforcer leurs capacités d’intervention, mais également s’adapter aux nouvelles réalités économiques et aux aspirations des peuples africains.

L’ancien chef de l’État a également plaidé pour un partenariat rénové entre les IFMA, les États et le secteur privé, en misant sur une approche centrée sur la création de valeur, l’industrialisation et l’intégration régionale.

Depuis la fin de son mandat présidentiel, Macky Sall continue d’être sollicité sur la scène internationale pour partager son expérience en matière de gouvernance, de diplomatie économique et d’intégration régionale. Sa participation à ce panel témoigne de son engagement pour une Afrique forte, souveraine et solidaire, capable de faire entendre sa voix dans les grands forums mondiaux.

Atelier National de Formation Digitalise Youth sur la désinformation: Mieux outillé la cible jeune.

La confédération nationale du scoutisme au Sénégal a tenu un atelier sur la lutte contre la désinformation.

‎Une rencontre qui va permettre de mieux outillé la jeunesse sur les menaces quotidien du digital.

‎Afin quelle comprenne les mécanismes de la désinformation, maîtrise le fact-checking et les outils OSINT(open source intelligence), utilise stratégiquement les réseaux sociaux pour  des actions citoyennes.Au final de concevoir des mini -campagnes de plaidoyer.

Atelier National de Formation Digitalise Youth sur la désinformation: Mieux outillé la cible jeune.

Nouveau rebondissement dans l’affaire judiciaire entre Abdoul Mbaye et son ex-épouse Aminata Diack

Le feuilleton judiciaire opposant l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye à son ex-épouse Aminata Diack est loin d’avoir livré son épilogue. Plus de dix ans après leur séparation, les deux anciens conjoints sont à nouveau convoqués devant la Chambre civile et commerciale de la Cour suprême du Sénégal, selon des informations relayées par le journal Les Échos et reprises par Seneweb.

À ce stade, peu de détails ont filtré sur les contours précis de cette nouvelle procédure. Toutefois, les sources indiquent qu’elle serait liée à leur divorce et à la liquidation de leurs biens communs — une question sensible qui continue d’alimenter leur contentieux.

Pour rappel, Abdoul Mbaye avait été condamné par la Cour d’appel à un an de prison avec sursis et à une amende d’un million de francs CFA, pour complicité de faux et tentative d’escroquerie. Il avait également été sommé de verser 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Aminata Diack. Cette décision avait suscité une vague de réactions dans l’opinion publique, compte tenu du profil politique de l’ancien chef du gouvernement.

Saisie en cassation, la Cour suprême avait jugé le montant des dommages excessif, ordonnant une révision. Plus encore, elle avait validé l’argumentaire de l’ancien Premier ministre concernant un changement de régime matrimonial intervenu dès 1994, entérinant ainsi une séparation des biens qui modifie substantiellement l’approche juridique du litige.

Aminata Diack avait par la suite introduit une requête en rabat d’arrêt contre cette décision, une démarche exceptionnelle dans le système judiciaire sénégalais. Mais cette tentative s’est soldée par un échec, la haute juridiction ayant rejeté le recours, confirmant ainsi sa position antérieure.

Ce nouvel épisode marque une escalade supplémentaire dans une affaire privée devenue publique, qui met en lumière la complexité des procédures de divorce et de partage des biens, surtout lorsqu’elles impliquent d’anciens hauts responsables de l’État.

Ousmane Sonko en Chine : des retombées concrètes attendues pour le Sénégal

En visite officielle en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a exprimé sa grande satisfaction à l’issue de ses échanges avec les plus hautes autorités chinoises. Reçu successivement par son homologue Li Qiang puis par le président Xi Jinping au Palais du Peuple, le chef du gouvernement sénégalais a salué des discussions fructueuses, porteuses d’engagements concrets pour le développement du Sénégal.

« Nous sortons très satisfaits de ces rencontres. Dans les jours et les semaines à venir, les Sénégalais verront de façon concrète les retombées de cette visite », a déclaré M. Sonko, soulignant la portée stratégique de ce déplacement, le tout premier effectué hors du continent africain depuis sa nomination le 5 avril 2024.

Le Premier ministre a mis en avant l’intérêt manifeste des autorités chinoises pour la Vision Sénégal 2050, le nouveau cadre stratégique du développement national impulsé par le président Bassirou Diomaye Faye. La Chine s’est engagée à accompagner la mise en œuvre de ce programme ambitieux, axé sur la souveraineté économique, l’industrialisation, la transformation des territoires et le redressement des finances publiques.

« Les autorités chinoises ont été très réceptives à nos propositions, qu’il s’agisse de coopération intergouvernementale, de développement local ou de financement d’infrastructures structurantes », a précisé M. Sonko.

Au-delà des grandes lignes politiques, le chef du gouvernement a évoqué des avancées concrètes. Pékin aurait validé certaines propositions sénégalaises, notamment dans le cadre de la coopération décentralisée entre les pôles territoriaux sénégalais et des provinces chinoises. D’autres projets sont en cours de finalisation, avec des engagements fermes de soutien financier et technique de la part de la Chine.

« Nous avons eu l’occasion de sensibiliser nos interlocuteurs sur les réalités africaines et les priorités spécifiques du Sénégal. Sur plusieurs dossiers, des accords de principe ont été obtenus, ce qui augure des résultats visibles très rapidement », a-t-il assuré.

Le Premier ministre a également tenu à souligner la nature du partenariat entre Dakar et Pékin, qu’il qualifie de « juste, équitable et respectueux des souverainetés ». Pour lui, cette relation s’inscrit dans une logique de coopération gagnant-gagnant, à rebours des logiques de domination ou de dépendance.

« Le président Xi Jinping nous a assurés de son soutien pour aider le Sénégal à surmonter les difficultés financières laissées par le précédent régime. C’est un signe fort de confiance dans notre nouveau cap », a conclu Ousmane Sonko.

Ce déplacement en Chine marque une étape majeure dans la relance des relations bilatérales et le repositionnement du Sénégal dans les grands équilibres géostratégiques mondiaux. Alors que le pays cherche à diversifier ses partenariats économiques et à affirmer sa souveraineté, la Chine apparaît comme un allié de poids dans cette nouvelle phase.

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