Société
Affaire de l’internat de la Mosquée Omarienne : cinq personnes mises en cause dans un dossier d’une extrême gravité
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par
Diack
L’internat de la Mosquée Omarienne, reconnu jusque-là comme un cadre éducatif et religieux sûr pour de nombreux enfants, se retrouve aujourd’hui au centre d’une affaire judiciaire particulièrement troublante. Une enquête ouverte au début du mois d’avril par les services de police a conduit à l’interpellation et à la mise en accusation de cinq personnes, dont quatre mineurs et un adulte. Ils sont soupçonnés d’avoir commis des actes graves sur un enfant âgé de seulement neuf ans, lui aussi pensionnaire de l’établissement.
Ce dossier frappe d’abord par le profil des personnes mises en cause. Parmi elles figurent quatre adolescents âgés de 12 à 16 ans. Le plus jeune, identifié sous les initiales S.N. Ly, n’a que 12 ans. À ses côtés, A. Diallo, 14 ans, A. Fall, 15 ans, et K.A. Thioub, 16 ans, sont également poursuivis. Bien que l’écart d’âge avec la victime puisse paraître relativement faible, la nature des faits dénoncés confère à cette affaire une dimension particulièrement préoccupante, les transformant en agresseurs présumés face à un enfant nettement plus vulnérable.
L’origine de l’affaire remonte à la plainte déposée par une mère de famille, alertée par les confidences de son fils de neuf ans. Ce dernier, interne à la Mosquée Omarienne, lui aurait révélé subir de manière répétée des agressions de la part de camarades plus âgés. Face à la gravité de ces déclarations, la mère a saisi les autorités compétentes. Les enquêteurs ont alors recueilli les propos de l’enfant, qui a pu fournir des indications permettant d’identifier les suspects.
Pour étayer ces accusations, un examen médical a été réalisé à l’Institut d’Hygiène Sociale de Dakar. Le certificat délivré à l’issue de cet examen a confirmé sans équivoque la réalité des agressions subies par l’enfant. Ce document a constitué un élément déterminant dans l’ouverture et la poursuite de la procédure judiciaire.
L’enquête a également mis en lumière l’implication présumée d’un adulte travaillant au sein de l’internat. Il s’agit d’un surveillant âgé de 41 ans, marié et père de trois enfants. Selon les déclarations de la victime, cet homme aurait été informé des faits sans intervenir ni alerter les responsables de l’établissement. Les investigations devront établir s’il s’agit d’une négligence grave ou d’une implication plus directe dans les faits reprochés. À ce stade, il est également poursuivi dans le cadre de cette affaire collective.
Les premières investigations, entamées dès le 4 avril, avaient été temporairement suspendues en raison de l’absence des suspects, partis en vacances. Leur retour au sein de l’établissement en début de semaine a permis aux forces de l’ordre de relancer la procédure. Les cinq personnes concernées ont finalement été interpellées et placées à la disposition de la justice.
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