Le dossier controversé sur l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale continue de susciter beaucoup de réactions et est désormais à l’origine d’une action légale. Ce mercredi matin, le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Sur sa page Facebook, il a précisé qu’il devait se présenter à 10 heures au siège de la DSC concernant « une affaire le concernant ».
Cette convocation survient dans un contexte où la polémique autour de l’attribution d’un marché public lié à l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale ne cesse de prendre de l’ampleur. D’après le journal Libération, cette démarche légale aurait été initiée par le président de la chambre parlementaire, El Malick Ndiaye, qui aurait déposé une plainte contre le journaliste pour « propagation de fausses informations et diffamation ».
La plainte a été formulée par Me Bamba Cissé, avocat représentant le président de l’Assemblée. À l’origine de cette démarche, plusieurs déclarations récentes de Bachir Fofana, notamment lors de ses apparitions dans l’émission La Réplica sur Sentv. Il aurait affirmé que la direction de l’Assemblée avait attribué un contrat pour des véhicules à Cheikh Guèye, un nom également cité dans l’affaire du Tribunal de Pikine-Guédiawaye, aux côtés de l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall.
Ces propos considérés comme graves et sans fondement par les plaignants ont mené à cette action qui, selon certaines sources, viserait à « redorer le blason de l’Assemblée nationale face à une campagne de discrédit organisée ».
Ce développement ne passera pas inaperçu chez les défenseurs de la liberté de la presse. Déjà, plusieurs voix s’expriment sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’ils voient comme une tentative d’intimidation envers un journaliste d’investigation. D’autres plaident pour laisser la justice agir tout en soulignant l’importance de vérifier les informations avant toute déclaration publique.
Dans tous les cas, cette affaire remet sur la table les relations souvent tendues entre les institutions publiques et certains journalistes, dans un contexte où la demande de transparence est de plus en plus renforcée. Il reste à voir si cette convocation conduira à des actions légales ou si elle ne sera qu’une étape dans un dossier en évolution.