Société
Affaire Pierre Robert : un réseau criminel transnational démantelé par la DIC, quatorze individus déférés à Dakar
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par
Diack
La Division des Investigations Criminelles (DIC) a mis au jour un vaste réseau criminel organisé à caractère transnational, distinct du dossier récemment instruit par la Brigade de Recherches de Keur Massar. Cette affaire, d’une gravité exceptionnelle, a conduit au défèrement de quatorze (14) individus devant le parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le vendredi 6 février 2026.
Les mis en cause sont poursuivis pour des faits lourds de pédophilie en bande organisée, de proxénétisme, de viols commis sur des mineurs de moins de quinze ans, d’actes contre nature ainsi que de transmission volontaire du VIH/Sida. Tous les individus déférés sont de nationalité sénégalaise et seraient impliqués dans un système criminel structuré depuis 2017, opérant entre le Sénégal et la France.
Selon les résultats de l’enquête, ce réseau était spécialisé dans la formation sexuelle de jeunes garçons, recrutés puis transformés en objets sexuels destinés à des hommes, pour la plupart séropositifs. Les actes sexuels, souvent non protégés, étaient filmés et exécutés sur instruction directe du chef du réseau, le ressortissant français Pierre Robert. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France, à la suite de procédures judiciaires ouvertes par les autorités françaises.
Les investigations menées par la DIC s’inscrivent dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, fruit d’une coopération judiciaire étroite entre le Sénégal et la France. Cette collaboration a permis d’identifier les ramifications locales du réseau et de remonter jusqu’aux exécutants opérant sur le territoire sénégalais.
Parmi les quatorze individus déférés figurent notamment quatre « formateurs au sexe », qui ont reconnu avoir commis les actes reprochés sur instruction de Pierre Robert. Ils ont admis avoir agi en contrepartie de transferts d’argent réguliers effectués par ce dernier depuis l’étranger. Les perquisitions menées aux domiciles des suspects, notamment aux Almadies, à Ouakam, à Kaolack et à Tivaouane Peulh, ont permis la saisie de divers objets liés à la commission d’actes contre nature, ainsi que l’interpellation de dix autres personnes gravitant autour de ces formateurs.
Les opérations judiciaires ont également été marquées par la présence à Dakar d’une délégation française composée de deux juges d’instruction, de deux greffières et de dix officiers de police judiciaire, dépêchés pour appuyer les autorités sénégalaises dans le cadre de cette mission conjointe.
Face à l’ampleur et à la gravité des faits, la Police nationale a réaffirmé sa ferme détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité, en particulier celles visant les personnes vulnérables, notamment les enfants. Elle a également souligné que, au-delà de leur caractère pénal, ces pratiques constituent une menace sérieuse pour la santé publique, notamment en raison des risques élevés de propagation du VIH/Sida.
Les autorités sécuritaires assurent que les investigations se poursuivront afin de démanteler totalement ce réseau et d’identifier toute autre personne impliquée, tant au niveau national qu’international.
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