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APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois


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