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L’AFFAIRE DE TROP, L’ATTENTE DE TROP

Entre l’or noir et les pieds dans l’eau, le cri de détresse d’un peuple épuisé Par Aly Saleh Au Sénégal, l’hivernage bat son plein et charrie, cette année encore, son lot d’inquiétudes. Entre les canaux de drainage qui débordent et les paniers de la…

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L’AFFAIRE DE TROP, L’ATTENTE DE TROP

Entre l’or noir et les pieds dans l’eau, le cri de détresse d’un peuple épuisé

Par Aly Saleh

Au Sénégal, l’hivernage bat son plein et charrie, cette année encore, son lot d’inquiétudes. Entre les canaux de drainage qui débordent et les paniers de la ménagère qui se vident, le quotidien reste une épreuve de résilience. Pourtant, en toile de fond, une promesse immense se dessine : celle des premières retombées de l’exploitation du pétrole et du gaz. Ce contraste saisissant résume l’un des grands paradoxes de notre époque.

Un quotidien asphyxié par la cherté de la vie

Comment expliquer à un père de famille, préoccupé par le prix du riz et les pieds dans l’eau, que son pays est désormais entré dans le cercle des producteurs de pétrole et de gaz ? L’attente a été longue, trop longue, et les Sénégalais sont épuisés.

Aujourd’hui, de nombreux foyers peinent à joindre les deux bouts. Face à cette détresse sociale, les discours de rupture et les promesses à long terme ne suffisent plus. L’urgence impose des résultats concrets et visibles, notamment pour soulager le panier de la ménagère et contribuer à stabiliser le coût de la vie.

Le baptême du feu pour les nouvelles autorités

C’est précisément sur ce terrain que le nouveau pouvoir est attendu au tournant. Portées par une immense vague d’espérance, les autorités actuelles portent désormais le poids d’une patience nationale qui semble arriver à ses limites.

Pour le gouvernement, l’enjeu n’est plus seulement économique. Il est également social et moral. La rupture tant promise ne peut plus être renvoyée au futur : elle doit désormais se mesurer dans le quotidien des populations.

Il y a donc urgence à accélérer l’action publique, à réduire les lenteurs administratives et à faire en sorte que les politiques publiques répondent au rythme des difficultés vécues par les citoyens.

Transformer le sous-sol en perspectives pour les populations

Les ressources extractives ne doivent pas se réduire à de simples statistiques flatteuses sur le produit intérieur brut. Les revenus issus du pétrole et du gaz doivent contribuer à répondre aux urgences nationales et à préparer durablement l’avenir.

Une partie de ces ressources doit notamment permettre de financer des infrastructures adaptées, afin que l’hivernage puisse davantage être perçu comme une opportunité agricole que comme un calvaire pour les populations urbaines confrontées aux inondations.

Plus encore, ces revenus doivent contribuer au développement de projets industriels structurants, capables de créer des emplois dignes et durables pour une jeunesse en quête de perspectives. Faute d’opportunités suffisantes, une partie de cette jeunesse continue de se tourner vers les routes périlleuses de la migration irrégulière.

Le pétrole et le gaz ont une valeur économique considérable. Mais la richesse la plus précieuse du Sénégal reste sa jeunesse.

Il est désormais temps que les dividendes tirés de nos ressources naturelles contribuent concrètement à améliorer les conditions de vie de ceux qui ont tant attendu.

Aly Saleh

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