Justice
Audit environnemental : la Cour des comptes lance un contrôle inédit sur la gestion des espaces naturels par les communes
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par
Diack
La Cour des comptes du Sénégal franchit une nouvelle étape dans le contrôle de l’action publique locale en matière environnementale. À travers sa Chambre des collectivités territoriales, elle a officiellement lancé, ce jeudi 16 avril 2026 à Dakar, un dispositif de vérification consacré à la préservation et à la valorisation des espaces naturels protégés par les communes. Ce programme d’audit de performance, prévu sur une durée de cinq ans, ambitionne d’évaluer de manière approfondie la contribution réelle des collectivités territoriales à la gestion durable de ces écosystèmes jugés stratégiques.
Porté par une approche novatrice, ce mécanisme se distingue du contrôle juridictionnel classique. Il s’inscrit dans une logique d’évaluation de l’efficacité des politiques publiques locales, en mettant l’accent sur des critères rigoureux liés à la gestion environnementale. L’objectif est d’aller au-delà de la simple vérification de conformité pour apprécier concrètement les résultats obtenus par les municipalités dans la préservation de leur patrimoine naturel.
Selon Amadou Ba Mbodj, président par intérim de la Chambre des collectivités territoriales, cette initiative vise avant tout à responsabiliser les communes, considérées comme des acteurs de premier plan dans la protection des espaces naturels. Il s’agit de les inciter à adopter des pratiques plus durables et à intégrer pleinement les enjeux environnementaux dans leurs politiques locales de développement. L’audit portera spécifiquement sur six espaces naturels protégés répartis dans seize communes à travers le territoire national, offrant ainsi un échantillon représentatif des défis et des opportunités liés à leur gestion.
De son côté, le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, a mis en avant la portée stratégique de cette mission. Il a insisté sur le fait que la véritable valeur ajoutée de cet audit réside dans sa capacité à produire des recommandations concrètes et opérationnelles. Celles-ci devraient permettre d’améliorer significativement l’efficience de l’action publique au niveau local, notamment en matière de gouvernance environnementale et de gestion des ressources naturelles.
Toutefois, la réussite de cette initiative repose sur une condition essentielle : la collaboration active de l’ensemble des parties prenantes. Les autorités administratives, les élus locaux, les conservateurs des espaces protégés ainsi que les comités de gestion sont appelés à travailler de concert pour garantir la fiabilité des données collectées et la pertinence des conclusions qui seront tirées. Cette approche participative est perçue comme un levier déterminant pour assurer l’impact réel du dispositif sur le terrain.
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