Sénégal-Mali : Pape Thiaw prône le football et non le conflit à la veille du match

À la veille du très attendu affrontement entre le Sénégal et le Mali, l’entraîneur sénégalais Pape Thiaw a tenu à rappeler que le football reste avant tout un sport et non un prétexte à la confrontation ou au conflit. Dans ses déclarations, il a répondu aux propos de son homologue malien tout en mettant l’accent sur la dimension fraternelle et humaine qui lie les deux nations.

« Pour moi, c’est un match de football, pas une guerre. Mali et Sénégal ne peuvent pas être en guerre à cause d’un match », a affirmé Pape Thiaw. Selon lui, les liens familiaux et amicaux entre les deux pays sont trop forts pour que l’on puisse parler de conflit autour d’une rencontre sportive. « Il est donc hors de question de parler de guerre ici. Nous restons concentrés sur le jeu et sur ce que nous pouvons faire sur le terrain », a-t-il ajouté.

L’entraîneur a également évoqué sa situation personnelle, qui illustre parfaitement son point de vue. « Si l’on me demandait de choisir entre mes parents, ce serait difficile, car ma mère est malienne et mon père sénégalais. C’est pour cela que je préfère ne pas commenter l’idée de guerre autour d’un match », a-t-il confié.

Sur le plan sportif, Pape Thiaw a présenté sa stratégie pour affronter le Mali. Il a insisté sur la nécessité d’être efficaces et patients face à une équipe malienne réputée pour sa solidité défensive. « Nous savons que nous créons beaucoup d’occasions, mais il faudra être efficaces et patients. Le Mali défend bien, il faudra les mettre sous pression aux bons moments pour les déséquilibrer et marquer », a-t-il expliqué.

L’entraîneur a également souligné l’importance des joueurs clés de son équipe, en particulier Kalidou Koulibaly, capitaine et défenseur central. « C’est un joueur très important pour notre équipe. Sa présence change forcément la donne, mais nous savons ce qu’il peut apporter et nous nous y préparerons », a-t-il précisé.

Enfin, Pape Thiaw a tenu à rappeler que chaque rencontre représente un défi, même pour une équipe aussi compétitive que le Sénégal. « Aucun match n’est facile, et demain ne fera pas exception. Nous devons rester concentrés, travailler ensemble et donner le meilleur de nous-mêmes pour passer ce cap », a conclu l’entraîneur.

Yeumbeul Sud : un individu interpellé pour des abus sexuels répétés sur une mineure

Le Poste de police de Yeumbeul Sud a procédé, le 6 janvier 2026, à l’interpellation d’un individu soupçonné d’abus sexuels répétés. Cette arrestation fait suite à une enquête ouverte en décembre 2025, après le dépôt d’une plainte par la mère de la victime.

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, la victime aurait subi des agressions sexuelles à trois reprises, dans des lieux différents. Les faits, d’une particulière gravité, se seraient déroulés sur une période antérieure à la plainte, dans un climat de peur et de pression. La mère de la victime a en effet expliqué aux autorités avoir longtemps hésité à saisir la justice, par crainte de représailles. Le mis en cause serait un lutteur connu et redouté dans le quartier, une réputation qui aurait contribué à instaurer un climat d’intimidation autour de la famille.

Ce n’est qu’après plusieurs semaines de démarches et sous escorte policière que la victime a pu être conduite à un examen médical, le 17 décembre 2025. Le certificat délivré à l’issue de cet examen a fait état de lésions traumatiques compatibles avec les faits dénoncés, renforçant ainsi les soupçons pesant sur le suspect et permettant aux enquêteurs d’accélérer la procédure.

L’individu a finalement été interpellé le 6 janvier 2026 par les éléments du Poste de police de Yeumbeul Sud. Placé en garde à vue, il fait actuellement l’objet d’auditions dans le cadre de l’enquête, qui se poursuit afin de déterminer avec précision les circonstances des faits, d’établir les responsabilités et de vérifier l’existence éventuelle d’autres victimes.

Guédiawaye : une collégienne de 16 ans interpellée pour avoir ébouillanté une camarade de classe

Un fait divers d’une rare gravité s’est produit dans la soirée du mardi 6 janvier à Gadaye, un quartier de la commune de Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise. Une élève âgée de 16 ans, identifiée sous les initiales L. R. Ndiaye et scolarisée en classe de 4ᵉ au collège Abdou Latif Guèye, a été interpellée puis placée en garde à vue par les éléments du commissariat de Walkhinane Nimzatt. Elle est accusée d’avoir volontairement ébouillanté une de ses camarades de classe, N. Guèye, du même âge.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, les faits se sont déroulés aux environs de 19 heures. Les circonstances exactes de l’agression restent encore floues, mais les premiers éléments de l’enquête font état d’un différend entre les deux adolescentes, toutes deux élèves dans le même établissement scolaire. Au cours de l’altercation, la mise en cause aurait utilisé de l’eau chaude pour s’en prendre à la victime, lui causant des blessures suffisamment sérieuses pour nécessiter une prise en charge médicale urgente.

Alertés après l’incident, les parents de N. Guèye ont procédé à son évacuation vers un hôpital de la localité, où elle a été admise pour recevoir des soins. Aucune précision officielle n’a, pour l’heure, été communiquée sur la gravité exacte des brûlures ni sur l’évolution de son état de santé.

De son côté, la présumée auteure des faits a été conduite au commissariat de Walkhinane Nimzatt, où elle est actuellement en garde à vue. Les enquêteurs cherchent à établir les motivations réelles de cet acte et à reconstituer avec précision le déroulement des événements. En raison de l’âge des protagonistes, la procédure est menée avec les précautions prévues par la loi en matière de justice des mineurs.

Nomination de Moustapha Djitté à la tête de l’ARCOP : Moustapha Diakhaté dénonce une « nouvelle boulette »

L’ancien député Moustapha Diakhaté a vivement critiqué, ce jeudi, la nomination du magistrat Moustapha Djitté au poste de Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), qu’il qualifie sans détour de « nouvelle boulette ». Dans une sortie au ton acerbe, il remet en cause la légalité et la cohérence de cette décision, qu’il impute directement aux autorités actuelles.

Selon Moustapha Diakhaté, la première irrégularité remonte au mercredi 2 octobre 2024. À cette date, affirme-t-il, le magistrat Moustapha Djitté aurait été nommé Directeur général de l’ARCOP « en toute illégalité », sans appel à candidature, pour un mandat de trois ans. Une procédure qu’il juge contraire aux textes en vigueur, estimant qu’un poste aussi stratégique dans l’architecture de la commande publique ne saurait être pourvu sans un processus transparent et compétitif.

Poursuivant son raisonnement, l’ancien parlementaire souligne ce qu’il considère comme une incohérence majeure. Il rappelle que le mandat issu de la nomination d’octobre 2024 court normalement jusqu’au 3 octobre 2027. Or, explique-t-il, le mercredi 7 janvier 2026, une nouvelle décision est intervenue pour nommer à nouveau Moustapha Djitté au même poste de Directeur général de l’ARCOP, alors même que son mandat était toujours en cours.

Pour Moustapha Diakhaté, cette situation pose un sérieux problème de gouvernance et de respect des règles administratives. Il s’interroge sur la pertinence et la légalité d’une telle reconduction ou « renomination » anticipée, y voyant soit une méconnaissance des textes, soit une volonté de les contourner. À ses yeux, cet épisode s’inscrit dans une série de décisions qu’il juge maladroites et préjudiciables à la crédibilité des institutions.

L’ARCOP, en tant qu’organe chargé de veiller à la transparence, à l’équité et à la régularité des marchés publics, occupe une place centrale dans la gestion des ressources publiques. Toute controverse entourant la désignation de son directeur général est donc susceptible d’alimenter le débat public et de fragiliser la confiance des acteurs économiques et des citoyens.

Sharp Vision, ou comment le pouvoir français s’invite dans la régulation des jeux africains

Dans le secteur hautement sensible des jeux et paris en Afrique, la société Sharp Vision n’est pas seulement un acteur technologique. Elle incarne une forme contemporaine d’influence française, plus discrète, plus technocratique, mais tout aussi structurante.

Fondée à Paris en 2022 et dirigée par Cyril Casanova, Sharp Vision se présente comme un prestataire chargé d’accompagner les États africains dans la modernisation et la régulation des jeux et paris. Derrière ce discours d’innovation, l’entreprise s’est progressivement imposée au cœur de dispositifs où se croisent fiscalité publique, données personnelles, contrôle des flux financiers et souveraineté numérique.

Présente dans plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, le Bénin, le Mali et la Guinée, Sharp Vision intervient dans des secteurs stratégiques où la régulation n’est jamais uniquement technique. Elle est, par nature, profondément politique.

Une proximité assumée avec les sommets du pouvoir français

Le positionnement institutionnel de Sharp Vision interroge. La diffusion d’un entretien très valorisant de son fondateur a coïncidé avec une mise en scène assumée de proximité avec le sommet de l’État français : les dirigeants de l’entreprise ont été reçus au palais de l’Élysée.

Une reconnaissance symbolique rare pour une entreprise privée opérant principalement sur des marchés africains sensibles. Ce signal politique n’est pas anodin. Il confère à Sharp Vision une légitimité institutionnelle qui dépasse le cadre habituel d’un simple prestataire technologique et l’inscrit, de facto, dans une sphère d’influence étatique.

Une « régulation intelligente » aux contours politiques

Dans ses prises de parole publiques, Cyril Casanova défend une vision de la « régulation intelligente », fondée sur l’intelligence artificielle et l’exploitation des données des joueurs. Cette approche est présentée comme un outil de prévention des dérives et d’optimisation fiscale, plutôt que comme un dispositif de surveillance.

Mais une question politique s’impose : pourquoi la régulation de secteurs stratégiques africains repose-t-elle sur des technologies, des architectures de données et des choix structurants conçus et pilotés depuis la France ?

Le constat est clair. La conception stratégique, la valorisation économique et la représentation institutionnelle de Sharp Vision s’organisent au sein de réseaux de pouvoir français. Cette configuration brouille la frontière entre assistance technique et influence structurelle.

Des passerelles directes entre haute administration et intérêts privés

Cette lecture est renforcée par le parcours d’Anna Martins, aujourd’hui vice-présidente des affaires publiques et de la communication de Sharp Vision. Avant de rejoindre l’entreprise, elle a évolué pendant près de huit ans au plus haut niveau de l’appareil d’État français, occupant des fonctions stratégiques au sein de plusieurs cabinets ministériels, notamment dans les domaines du commerce extérieur et de la francophonie.

Son arrivée chez Sharp Vision illustre une porosité assumée entre haute administration, diplomatie économique et lobbying privé. Une trajectoire qui éclaire la manière dont certains intérêts français à l’international se prolongent aujourd’hui à travers des entreprises technologiques présentées comme neutres.

Sharp Vision et Honoré Gaming : un écosystème sous influence

Sharp Vision a été conçue comme une filiale d’Honoré Gaming, dirigée par Christophe Casanova, frère du fondateur. Officiellement, les activités sont distinctes. Dans les faits, cette proximité familiale et industrielle soulève de sérieuses interrogations, dès lors que régulation et exploitation commerciale du marché des paris coexistent au sein d’un même écosystème.

Plusieurs enquêtes journalistiques ont également mis en lumière les liens de cet ensemble avec le PMU, opérateur historiquement contrôlé par l’État français. Ces éléments dessinent un enchevêtrement d’intérêts publics et privés qui appelle un examen démocratique approfondi.

Quand l’enquête journalistique devient un sujet sensible

C’est précisément cet angle qu’avait exploré le média d’investigation béninois Olofofo dans une enquête publiée en juin dernier. Le journal y décrivait Sharp Vision comme un possible cheval de Troie des intérêts français dans le secteur des jeux africains.

Quelques jours après la parution de cet article, son fondateur, Hugues Comlan Sossoukpè, est arrêté à Abidjan, transféré au Bénin, puis incarcéré. Les autorités affirment que cette arrestation n’a aucun lien avec son travail journalistique. Le calendrier des événements, lui, continue d’interroger.

Depuis, le site d’Olofofo est inaccessible et ses canaux de diffusion sont silencieux.

Une question politique ouverte

La convergence de ces éléments — proximité avec le pouvoir français, circulation de hauts profils administratifs vers le privé, rôle central dans des secteurs stratégiques africains — pose une question de fond sur les modalités contemporaines de l’influence étrangère sur le continent.

À l’heure où la défiance envers l’influence française s’exprime de plus en plus ouvertement en Afrique, Sharp Vision apparaît comme un cas emblématique d’un modèle d’ingérence plus discret, technologique et institutionnel. Une influence feutrée, mais structurante, dont les effets méritent d’être interrogés publiquement.

Visite de travail à Dakar : le Premier ministre mauritanien Moctar Ould Djay renforce l’axe stratégique avec le Sénégal

Le Premier ministre de la République islamique de Mauritanie, M. Moctar Ould Djay, est arrivé à Dakar ce jeudi 8 janvier 2026 pour une visite de travail de deux jours, marquant une nouvelle étape dans le raffermissement des relations bilatérales entre la Mauritanie et le Sénégal. À sa descente d’avion, il a été chaleureusement accueilli par son homologue sénégalais, M. Ousmane Sonko, dans une atmosphère empreinte de cordialité et de fraternité, à l’image des liens historiques qui unissent les deux pays voisins.

Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de consolidation du partenariat stratégique entre Dakar et Nouakchott, fondé sur une coopération multiforme et une vision commune des enjeux régionaux. Les deux chefs de gouvernement entendent donner une impulsion nouvelle à cette relation privilégiée, en mettant l’accent sur le dialogue politique de haut niveau, la coopération économique et la gestion concertée des défis communs.

Au cours de son séjour, le Premier ministre mauritanien doit s’entretenir avec les plus hautes autorités sénégalaises autour de plusieurs dossiers majeurs d’intérêt commun. Les discussions porteront notamment sur le renforcement des échanges commerciaux, la coopération dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de la pêche, ainsi que sur la mise en œuvre de projets structurants transfrontaliers. Une attention particulière devrait également être accordée aux questions de sécurité, de stabilité régionale et de lutte contre les menaces transnationales, dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires persistants.

La coopération énergétique, notamment autour de l’exploitation conjointe des ressources gazières offshore, figure parmi les axes prioritaires de cette visite. Le Sénégal et la Mauritanie, engagés dans des projets communs d’envergure, entendent renforcer la concertation afin de maximiser les retombées économiques et sociales de ces ressources au bénéfice de leurs populations respectives.

Au-delà des aspects économiques et sécuritaires, cette visite de travail vise également à consolider les liens humains, culturels et sociaux entre les deux pays, liés par une histoire commune, une forte mobilité des populations et des communautés vivant de part et d’autre de la frontière. Les autorités des deux États réaffirment ainsi leur volonté de promouvoir une coopération fondée sur la solidarité, le respect mutuel et la convergence des intérêts.

Réseau de vidéos pornographiques à Guédiawaye : des peines contrastées après un procès sous haute tension

À Guédiawaye, la justice a voulu marquer les esprits face à ce que le parquet a qualifié de « dégradation inquiétante des mœurs ». Jugée en flagrants délits devant le Tribunal de Pikine-Guédiawaye, l’affaire du réseau de production et de diffusion de vidéos pornographiques récemment démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar s’est achevée par des condamnations contrastées. Un dossier sensible et retentissant dont L’Observateur révèle les dessous.

L’affaire avait profondément choqué l’opinion publique, tant par son ampleur que par la sophistication de son mode opératoire. Le lundi 1er janvier 2026, les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar mettaient un terme aux activités d’un réseau structuré opérant à Dakar et dans sa banlieue, avec des ramifications bien au-delà des frontières nationales, notamment en Europe. L’opération a permis la saisie de 152 vidéos à caractère pornographique et l’interpellation de cinq personnes, dont celui présenté comme le principal réalisateur des contenus.

Traduit devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, le groupe était composé de M. Seck, alias Papito, âgé de 31 ans et commerçant, présenté comme l’un des cerveaux du réseau, de I. Diop, alias Flex, 35 ans, coach de basket domicilié aux HLM 5, de M. Kâ, commerçante de 37 ans résidant à Thiaroye, de A. Cissokho, 27 ans, née à Brazzaville et se présentant comme agente immobilière, ainsi que de O. L. Onugbui, Nigériane de 30 ans, prostituée déclarée.

Selon L’Observateur, l’enquête a été déclenchée à la suite d’un renseignement précis signalant l’existence d’un groupe organisé spécialisé dans la production et la diffusion de contenus pornographiques via des plateformes en ligne. Les investigations ont rapidement mis au jour des connexions directes avec des administrateurs de sites pornographiques basés en Europe, connus sous les pseudonymes de « Moustapha » et « Reniwa ». D’après les enquêteurs, M. Seck entretenait des relations étroites avec ces administrateurs, qui finançaient intégralement les tournages. I. Diop était chargé de la captation et du montage des vidéos, lesquelles étaient ensuite transmises via WhatsApp contre rémunération.

Le recrutement des participantes était assuré par M. Seck et M. Kâ, principalement dans le milieu de la prostitution. Les échanges internes et la coordination des tournages se faisaient à travers l’application Telegram. Les participants étaient rémunérés à la journée pour des scènes d’une durée moyenne de trente minutes. Pour faire tomber ce réseau, la Brigade de recherches de Keur Massar a mis en place une opération d’infiltration jugée audacieuse. Une gendarme, opérant sous couverture, a intégré durant plusieurs semaines les groupes Telegram utilisés pour le recrutement. Le 1er janvier 2026, profitant d’un faux rendez-vous organisé pour un prétendu tournage, les enquêteurs ont interpellé M. Seck. L’exploitation de son téléphone portable a permis de découvrir les 152 vidéos incriminées.

Les perquisitions menées chez les autres mis en cause ont confirmé leur implication. Du matériel de tournage, des accessoires, des préservatifs, des produits aphrodisiaques ainsi que des échanges jugés compromettants ont été saisis. Les vidéos mettaient en scène des personnes de nationalités sénégalaise, congolaise et nigériane, la plupart des femmes apparaissant le visage masqué.

À la barre, M. Seck et I. Diop ont reconnu leur participation aux tournages, tout en tentant de minimiser leur rôle dans l’organisation du réseau. Les femmes, de leur côté, ont invoqué la précarité, la manipulation ou encore l’ignorance quant à la diffusion réelle des images. Certaines ont admis l’absence de carnet sanitaire valide, tandis que d’autres ont nié toute implication active dans une organisation criminelle structurée.

Dans un réquisitoire qualifié d’explosif, le procureur de la République a insisté sur la gravité des faits et la nécessité de sanctions exemplaires afin d’endiguer un phénomène jugé préoccupant. Convaincu de la culpabilité de l’ensemble des prévenus, il avait requis cinq ans de prison ferme contre les deux principaux accusés et trois ans ferme contre les femmes.

Après délibéré, le tribunal a toutefois opté pour une ligne plus clémente. M. Seck et I. Diop ont été reconnus coupables de l’ensemble des chefs de prévention et condamnés à deux ans de prison ferme chacun. M. Kâ a écopé de trois mois de prison ferme pour association de malfaiteurs et défaut de carnet sanitaire. Quant à A. Cissokho et O. L. Onugbui, elles ont été relaxées du chef d’association de malfaiteurs, mais reconnues coupables de défaut de carnet sanitaire et condamnées à deux mois de prison assortis du sursis.

Kédougou : à Landieni, Thierno Alassane Sall face au cri de détresse des populations

En tournée dans la région de Kédougou, le député Thierno Alassane Sall est allé à la rencontre des populations locales afin d’échanger avec elles sur les difficultés de développement auxquelles elles sont confrontées. Cette démarche de proximité l’a conduit dans le village de Landieni, où le constat dressé par les habitants s’est révélé particulièrement préoccupant.

À son arrivée, le parlementaire a été interpellé par un discours sans détour du chef de village, Mamadou Yayo Diallo, qui a résumé la situation en des termes alarmants. Selon lui, Landieni vit dans un isolement quasi total, marqué par l’absence d’électricité, un accès très limité au réseau téléphonique et à internet, ainsi qu’un manque criant d’opportunités économiques. « Rien ne va dans ce village », a-t-il lancé, exprimant le ras-le-bol des populations face à des conditions de vie jugées indignes. Il a notamment insisté sur le sort des jeunes, nombreux à être diplômés mais condamnés au chômage faute d’emplois et de perspectives.

Fortes de 318 habitants, les populations de Landieni ont exposé une longue liste de besoins essentiels. Elles réclament en priorité des infrastructures de base capables d’améliorer leur quotidien, telles qu’une ambulance et un poste de santé pour faire face aux urgences médicales, ainsi qu’un réseau téléphonique fonctionnel pour rompre l’isolement du village. À cela s’ajoute la demande d’unités de transformation, indispensables pour valoriser les matières premières locales et créer de la valeur ajoutée. « Nous avons les ressources, mais nous n’avons pas les moyens de les exploiter », a déploré le chef de village, soulignant le paradoxe d’une zone riche en potentialités mais pauvre en équipements.

Les femmes du village ont également saisi l’occasion pour faire entendre leur voix. Elles ont plaidé pour l’installation de moulins afin de faciliter leurs travaux quotidiens liés à l’eau et à la transformation des produits locaux. En outre, elles ont exprimé le besoin de coopératives structurées pour leurs groupements d’intérêt économique, ainsi que de financements adaptés pour développer leurs activités génératrices de revenus. À travers ces revendications, elles espèrent améliorer durablement leurs conditions de vie et contribuer davantage à l’économie locale.

À l’issue des échanges, Thierno Alassane Sall s’est engagé à relayer fidèlement ces préoccupations auprès des autorités sénégalaises. Le député a assuré qu’il mettra tout en œuvre pour que les doléances des populations de Landieni, et plus largement de la région de Kédougou, soient prises en compte. « Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les populations à développer leur potentiel et à améliorer leurs conditions de vie », a-t-il déclaré, se voulant porteur d’espoir pour des habitants longtemps marginalisés.

Collision mortelle sur l’axe Dakar–Casamance : sept morts et plusieurs blessés graves à l’entrée de Farafenni

Une violente collision frontale a endeuillé, hier matin, l’axe Dakar–Casamance, à l’entrée de Farafenni, en Gambie. L’accident, survenu vers 10h15 à la sortie immédiate du Farafenni Bascule Bridge, a opposé un bus de transport interurbain à un minibus de type « Cheikhou Cherifou ». Le bilan provisoire fait état de sept morts et de huit blessés, dont sept dans un état grave.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, le drame s’est produit dans un virage étroit et réputé dangereux de la route transgambienne. Le minibus, qui transportait une quinzaine de passagers en provenance de Ziguinchor, aurait tenté un dépassement risqué dans ce virage aveugle. C’est à cet instant qu’il s’est retrouvé face au bus circulant en sens inverse, chargé de plus de soixante passagers à destination de la Casamance. L’impact, d’une extrême violence, n’a laissé aucune chance aux occupants des deux véhicules.

Sous la force du choc, le bus a quitté la chaussée avant de terminer sa course en contrebas, tandis que le minibus, heurté de plein fouet, s’est partiellement disloqué. Plusieurs passagers se sont retrouvés coincés dans la carcasse du véhicule. Les témoins décrivent une scène d’horreur, marquée par des corps gravement mutilés, parfois méconnaissables. Parmi les victimes figure vraisemblablement un agent de la police judiciaire qui rentrait de permission, selon des sources concordantes.

Aussitôt alertées, les autorités sénégalaises ont déclenché les opérations de secours avec l’appui de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Six corps ont été acheminés vers l’hôpital de Kaolack, tandis qu’un septième a été transféré à Nioro, en attendant les formalités d’identification avant restitution aux familles. Les blessés les plus sévèrement touchés ont été évacués par hélicoptère vers Dakar pour une prise en charge spécialisée. D’autres victimes ont été admises dans des structures sanitaires gambiennes, notamment au Ndemban Health Care Center de Bakau.

Sur les lieux, la chaussée porte encore les stigmates du drame : amas de ferraille, éclats de verre, effets personnels dispersés et traces de sang. La zone a été sécurisée par les militaires gambiens afin de faciliter les investigations. Une enquête a été ouverte pour déterminer avec précision les circonstances de l’accident. Les premières constatations orientent déjà les responsabilités vers le dépassement imprudent du minibus dans une portion de route connue pour sa dangerosité, relançant le débat sur la sécurité routière sur cet axe transfrontalier très fréquenté.

ARCOP : Moustapha Djitté confirmé directeur général après un long intérim

Le communiqué du Conseil des ministres de ce mercredi a levé toute ambiguïté autour de la direction de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Parmi les nominations annoncées figure celle de Moustapha Djitté au poste de directeur général de l’institution chargée de veiller à la transparence et à la régularité des marchés publics. Une décision qui a pu, de prime abord, surprendre plus d’un observateur, l’intéressé occupant déjà cette fonction depuis octobre 2024.

En réalité, il ne s’agissait jusqu’ici que d’un intérim. Moustapha Djitté avait été désigné à l’époque pour assurer la continuité du service après le départ de Saër Niang, figure emblématique de l’ARCOP, qui a durablement marqué de son empreinte le fonctionnement du « gendarme des marchés publics ». Cette nomination provisoire devait permettre à l’institution de poursuivre ses missions en attendant la mise en place d’une procédure formelle pour désigner un successeur définitif.

Contrairement aux habitudes passées, les autorités avaient opté pour une démarche structurée et ouverte. La sélection du futur directeur général a ainsi fait l’objet d’un appel à candidatures, avec un processus confié à un cabinet spécialisé indépendant, chargé d’évaluer les profils en lice sur la base de critères techniques, managériaux et d’intégrité. Une volonté affichée de renforcer la crédibilité et la légitimité de la direction de l’ARCOP, dans un contexte où la commande publique reste un enjeu majeur de gouvernance.

Selon le quotidien Les Échos, qui révèle les coulisses de cette procédure, les résultats ont été sans appel. À l’issue des évaluations, Moustapha Djitté serait arrivé largement en tête, distançant nettement les autres candidats. Une performance qui a conforté les autorités dans leur choix et dissipé toute équivoque sur le caractère définitif de sa nomination.

De fait, la décision entérinée en Conseil des ministres consacre la transformation d’un intérim en mandat plein et entier. Moustapha Djitté devient ainsi le directeur général titulaire de l’ARCOP, avec la lourde responsabilité de consolider les acquis de l’institution, de poursuivre les réformes engagées et de renforcer la régulation des marchés publics dans un contexte de fortes attentes en matière de transparence et de bonne gouvernance.

Abdoulaye Sylla dénonce un déficit de transparence et cède son véhicule parlementaire au Centre d’hémodialyse de Dakar

Le député Abdoulaye Sylla a exprimé de vives réserves quant à la traduction concrète des engagements de transparence et de redevabilité affichés par les nouvelles autorités. Selon lui, ces principes, pourtant largement mis en avant dans le discours public, peinent encore à se matérialiser dans la gestion quotidienne des affaires parlementaires.

S’exprimant sur la polémique liée à l’attribution des véhicules aux députés, l’élu a regretté ce qu’il considère comme une reproduction de pratiques anciennes par la majorité parlementaire. Il déplore notamment l’absence d’informations claires, complètes et accessibles sur les modalités de ces décisions, estimant que cette opacité va à l’encontre des exigences de gouvernance responsable attendues dans le contexte politique actuel.

Fidèle à la ligne de conduite qu’il affirme s’être imposée depuis le début de la législature, Abdoulaye Sylla a rappelé avoir renoncé, dès son installation à l’Assemblée nationale, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat. Ces ressources, précise-t-il, ont été volontairement reversées au Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire essentielle confrontée à des difficultés récurrentes de fonctionnement.

Dans le prolongement de cette démarche, le député a annoncé avoir demandé que le véhicule parlementaire qui devait lui être attribué soit également affecté au même centre de santé. Il justifie cette décision par le déficit important de moyens matériels dont souffre l’établissement, alors même qu’il joue un rôle crucial dans la prise en charge de patients atteints d’insuffisance rénale.

Abdoulaye Sylla tient toutefois à relativiser la portée de son geste, qu’il refuse de présenter comme exceptionnel. À ses yeux, il s’agit avant tout d’un choix « simple et rationnel ». En tant que chef d’entreprise disposant de moyens personnels suffisants pour assurer ses déplacements, il estime plus cohérent et plus utile que ce véhicule serve à renforcer les capacités opérationnelles d’une structure de santé publique plutôt que de rester à son usage personnel.

Décès de Seydou Madani Sy : le Président Bassirou Diomaye Faye salue la mémoire d’un grand serviteur de l’État

Le Sénégal est en deuil suite au décès de Seydou Madani Sy, ancien ministre, recteur et haut commis de l’État, rappelé à Dieu ce mercredi 7 janvier 2026. Figure emblématique de l’administration sénégalaise et du monde universitaire, le défunt a suscité une vive émotion au sommet de l’État. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé sa profonde tristesse et rendu un hommage appuyé à un homme dont le parcours a durablement marqué la nation.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef de l’État a fait part de son affliction face à cette disparition. « J’ai appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu de Monsieur Seydou Madani Sy », a écrit le Président Faye, soulignant l’ampleur de la perte pour le pays. Il a salué la mémoire d’un homme qu’il qualifie de « grand serviteur de l’État », insistant sur la dimension exemplaire de son engagement au service de la République.

Seydou Madani Sy fut une personnalité aux multiples responsabilités, ayant occupé des fonctions clés dans l’appareil étatique et universitaire. Premier recteur de l’Université de Dakar, il a joué un rôle fondamental dans la structuration et le rayonnement de l’enseignement supérieur sénégalais à ses débuts. Son passage à la tête de cette institution emblématique reste associé à une vision exigeante de l’excellence académique et à une gouvernance fondée sur la rigueur et le sens du devoir.

Ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice, puis Médiateur de la République, Seydou Madani Sy s’est également illustré dans le domaine judiciaire et institutionnel. À chacune de ces fonctions, il a incarné, selon le président de la République, un attachement constant aux valeurs de la République, fait de probité morale, de respect des institutions et de dévouement à l’intérêt général. Son parcours témoigne d’une vie consacrée à l’État, dans la discrétion mais avec une influence durable.

Le président Bassirou Diomaye Faye a enfin adressé ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à ses proches, ainsi qu’aux communautés universitaire et judiciaire, particulièrement touchées par cette perte. En conclusion de son message, le chef de l’État a formulé une prière empreinte de solennité et de respect : « Que la terre lui soit légère ».

Avec la disparition de Seydou Madani Sy, le Sénégal perd l’une de ses grandes figures morales et intellectuelles, dont l’héritage continuera d’inspirer les générations actuelles et futures.

Conseil des ministres : de nouvelles nominations pour renforcer la régulation de la commande publique et l’enseignement supérieur

Réuni ce mercredi 7 janvier 2026 sous la présidence du Chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Conseil des ministres a procédé à plusieurs nominations stratégiques touchant à la fois la régulation de la commande publique et le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces décisions traduisent la volonté des autorités de consolider la gouvernance et d’assurer la continuité des missions au sein d’institutions jugées clés pour le développement du pays.

Au titre de la Présidence de la République, le Conseil a entériné la nomination de Moustapha Djitte, magistrat de formation, au poste de Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP). À la tête de cet organe central dans le contrôle et la transparence des marchés publics, il aura la responsabilité de veiller au respect des règles de la commande publique et de renforcer la crédibilité du dispositif de régulation, dans un contexte marqué par une forte attente en matière de bonne gouvernance et de reddition des comptes.

Dans le domaine de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, plusieurs changements ont également été actés. Le professeur titulaire Mababa Diagne a été nommé Recteur de l’Université Amadou Mahtar MBOW. Il succède au professeur Ibrahima Cissé, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette nomination s’inscrit dans une logique de continuité académique et de renforcement du leadership universitaire, à un moment où les universités sénégalaises sont appelées à relever des défis majeurs liés à la qualité de la formation et à l’adéquation entre enseignement et besoins du marché.

Toujours au sein du même ministère, le professeur d’informatique Papa Diop a été porté à la direction du Centre des Réseaux et Systèmes d’Information. Sa mission consistera notamment à piloter les infrastructures numériques et à accompagner la modernisation technologique de l’enseignement supérieur, un enjeu devenu central à l’ère de la digitalisation.

Par ailleurs, l’enseignant-chercheur Chérif Saloum Diatta a été nommé Président du Conseil d’Administration de l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur. Il succède à Amadou Sadio et aura pour tâche de superviser les orientations stratégiques de cette structure chargée de veiller à la qualité et à la crédibilité des établissements et programmes de formation supérieure.

Enfin, Mouhamadou Moustapha Sarr, également enseignant-chercheur, a été nommé Directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel de Diamniadio, en remplacement de Mbossé Ndiaye Gueye. Cette nomination intervient dans un contexte où l’enseignement professionnel est perçu comme un levier essentiel pour l’employabilité des jeunes et le développement des compétences techniques.

Conseil des Ministres du 7 janvier 2026 : le Chef de l’État fixe le cap de l’accélération et des résultats

Réformes économiques et sociales, relance agricole, amélioration du climat des affaires et préparation des JOJ Dakar 2026 au cœur des orientations présidentielles et gouvernementales

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 07 janvier 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A l’entame du Conseil, le Chef de l’Etat adresse ses vœux aux membres du Gouvernement, à l’ensemble de l’Administration, aux Forces de Défense et de Sécurité, à la Diaspora et à toutes les forces vives du Sénégal, à l’occasion du Nouvel An. Il a ensuite axé sa communication sur les points suivants :

Accélération de la mise en œuvre des politiques, programmes et projets publics dans les territoires

Le Président de la République note que son message à la Nation du 31 décembre 2025, a permis de faire le bilan des réalisations de l’Etat et de mettre en perspective les programmes, projets et investissements majeurs.

Rappelant au Gouvernement l’exigence de résultats dans l’exécution des lettres de politiques sectorielles validées, il demande au Premier Ministre de faire un point mensuel sur l’état d’exécution de l’agenda législatif et réglementaire et du Plan d’actions gouvernemental de l’année 2026.

Le Chef de l’Etat insiste sur l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, la relance soutenue de l’économie nationale, la revitalisation des secteurs des infrastructures, constructions, bâtiments et travaux publics, ainsi que des filières à haute valeur ajoutée à l’exportation comme l’horticulture, le tourisme, la pêche et l’artisanat d’art.

Il fait observer que l’année 2026 doit être consacrée à la redynamisation de la solidarité nationale et à l’amplification des interventions et programmes à caractère social, avec un accent spécial sur les efforts en matière d’emploi et d’économie sociale et solidaire, à travers la montée en puissance des coopératives.

Par ailleurs, le Président de la République, après avoir instruit le Premier Ministre de diligenter la mise en place des Pôles-territoires, avant la fin du premier semestre de l’année 2026, lui demande de travailler au renforcement de la décentralisation et de la déconcentration de l’action publique.

Soulignant l’impératif de consolider un Etat de proximité, une administration efficace et performante et la digitalisation des procédures, le Président de la République décide de placer la prochaine Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP) sous le thème de « la qualité du service public »  et la cinquième Conférence sociale sous celui  de « la productivité au Travail ».

En outre, le Chef de l’Etat indique au Premier Ministre l’urgence d’accélérer les restructurations de la sphère publique, en vue d’alléger le fonctionnement des administrations et du secteur parapublic. Il souligne, en outre, son attachement particulier à la mise en œuvre des réformes du secteur de la santé, à l’optimisation des systèmes de financement publics, au fonctionnement régulier des universités et des établissements d’enseignement supérieur publics, au développement de la formation professionnelle et technique  et au bon déroulement de l’année scolaire.

Au demeurant, le Chef de l’Etat indique au Gouvernement la priorité absolue à accorder aux jeunes avec le déploiement cohérent des politiques de jeunesse, éducative et sportive. Il insiste également sur l’impératif gouvernemental d’être prêt à temps, en vue d’une bonne organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Enfin, il demande au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre d’une stratégie de communication gouvernementale orientée vers la culture des résultats et la présentation des réalisations effectives. 

Suivi de la campagne de commercialisation de l’arachide et perspectives de la politique agricole

Considérant que la campagne de commercialisation agricole constitue une période cruciale de la vie économique et sociale nationale, le Président de la République demande au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines en vue d’assurer les meilleures conditions de financement et de commercialisation de la production agricole.

Il rappelle, en outre, l’impératif d’une refondation consensuelle de la politique agricole, basée sur la maitrise de l’eau, l’extension des aménagements, l’amélioration des équipements et des rendements, le développement d’unités de stockage et de conservation des produits, ainsi que la révision concertée des cadres de financement et de subvention. Cette refondation intègre la restructuration des marchés agricoles, la redéfinition du modèle économique de l’Agriculture et le développement de l’agro-industrie nationale. 

Enfin, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller à l’adoption, en Conseil des Ministres, avant la fin du mois de janvier 2026, du projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique et de ses textes d’application.   

Amélioration de l’environnement des Affaires

Saluant le classement du Sénégal dans le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, le Président de la République félicite le Gouvernement, l’APIX et les acteurs du secteur privé pour les efforts collectifs consentis et les performances réalisées, pour améliorer le climat des affaires au Sénégal, malgré la conjoncture mondiale difficile.

A cet effet, il demande au Premier Ministre et au Gouvernement de poursuivre les réformes de l’environnement des affaires, d’évaluer la matérialisation effective des engagements, partenariats et investissements conclus lors de la deuxième (2ème) édition du Forum « Invest in Sénégal » et de préparer la tenue du Conseil présidentiel de l’Investissement, durant la deuxième (2ème) quinzaine du mois de mars 2026.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il effectuera, du 12 au 14 janvier 2026, une visite officielle au Koweït. En outre, il participera le 15 janvier 2026 à la Semaine de la Durabilité d’Abu Dhabi.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Supervision des campagnes agricoles 

Le Premier Ministre a rappelé la tournée qu’il a effectuée dans le bassin arachidier, afin d’apprécier l’état d’avancement du dispositif de commercialisation de l’arachide et de mesurer l’effectivité des orientations arrêtées par le Gouvernement. Cette mission a permis de faire des échanges directs avec les acteurs (producteurs, opérateurs économiques, huiliers industriels, transporteurs, banquiers, collectivités territoriales et services techniques de l’État) et d’identifier les contraintes opérationnelles persistantes afférentes au respect du prix plancher, au manque de liquidité financière et de fluidité des paiements, à la taxe à l’exportation, à l’insuffisance des points de collecte et à la lenteur dans le déchargement des camions.

Le Premier Ministre a réaffirmé la priorité que le Gouvernement accorde à la campagne de commercialisation de l’arachide. Dans cette optique, l’État demeure pleinement engagé à garantir un prix juste aux producteurs, assurer la fluidité des paiements, sécuriser les circuits de collecte et de transport, protéger les installations industrielles et veiller à l’application rigoureuse des décisions issues des Conseils interministériels dédiés. Le Premier Ministre a souligné les mesures arrêtées par le Gouvernement dans ce cadre. Ainsi, pour la SONACOS, il a retenu de faire passer l’objectif de 250 000 tonnes à 450 000 tonnes. S’agissant du financement, le Ministre des Finances et du Budget (MFB) a pu mobiliser 50 milliards, dont 22 milliards auprès de La Banque Agricole (LBA) et 28 milliards auprès de la Banque nationale de Développement économique (BNDE), suivant une intervention par adjudication sur le marché monétaire. La subvention aux industriels sera accordée à ceux qui justifieront leur approvisionnement direct à partir des points de collecte et suivant le prix plancher. Relativement à l’exportation de graines, la suspension de la taxe de 40f/kg est conditionnée à la justification de l’approvisionnement exclusive, par les opérateurs exportateurs, aux points de collecte agréés.

Le Premier Ministre a également demandé de veiller à l’installation et au fonctionnement effectif des points de collectes agréés et de mobiliser tous les moyens disponibles pour mettre un terme à l’approvisionnement des OPS par des circuits parallèles. Il préconise la révision de la politique de la filière. A cet effet, un Comité sera mis en place pour formuler des propositions de la nouvelle politique arachidière du Sénégal. 

Enfin, à propos de la situation du riz produit dans le Nord du pays, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé du Commerce de lui présenter un plan d’actions opérationnel et structuré, pour le déstockage et la commercialisation.

Orientations gouvernementales pour la régulation entre l’industrie et le commerce

Le Premier Ministre a constaté que le secteur industriel est confronté à des défis comme la faible productivité, le déficit d’infrastructures, la faiblesse de l’innovation et l’inadaptation de la fiscalité pour juguler la concurrence déloyale. La situation des importations, marquée par un afflux massif de produits finis, plus compétitifs, entrant en concurrence directe avec la production locale, a pour corollaire une asymétrie fiscale et douanière. Il a demandé, par conséquent, au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels concernés, de veiller au respect des orientations qu’il a définies dans ce cadre, notamment l’élaboration d’une réglementation spécifique permettant de trouver des débouchés aux produits fabriqués localement, la prise de mesures correctives nécessaires (suspension ou suppression de taxes, revue de taux, etc.) et l’application de la base taxable et de la fiscalité appropriées au cordon douanier.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur l’efficacité interne des cycles de licence et de master au sein des universités publiques.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication portant sur le Programme d’Education des Athlètes et la Stratégie Antidopage des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce  a fait une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de loi portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

• Monsieur Moustapha DJITTE, Magistrat, matricule de solde n°602 388/E, est nommé Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP) ;

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

• Monsieur Mababa DIAGNE, Professeur titulaire, matricule de solde n° 106 014/D, est nommé Recteur de l’Université Amadou Mahtar MBOW, en remplacement du Professeur Ibrahima CISSE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

• Monsieur Papa DIOP, Professeur d’Informatique, matricule de solde n°720 793/D, est nommé Directeur du Centre des Réseaux et Systèmes d’Information au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en remplacement de Monsieur Seydina Moussa NDIAYE ;

• Monsieur Chérif Saloum DIATTA, Enseignant-Chercheur, matricule de solde n°107 451/H, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur, en remplacement de Monsieur Amadou SADIO ;

• Monsieur Mouhamadou Moustapha SARR, Enseignant-Chercheur, matricule de solde n°108 837/C, est nommé Directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel de Diamniadio, en remplacement de Madame Mbossé NDIAYE GUEYE.

Décès de Seydou Madani Sy : le Sénégal perd un grand bâtisseur de l’État et de l’université

Le Sénégal est en deuil. Seydou Madani Sy, ancien ministre de la Justice et premier recteur sénégalais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), est décédé ce mercredi à Dakar à l’âge de 93 ans. L’annonce de sa disparition, confirmée par l’UCAD, a suscité une vive émotion dans les milieux universitaires, judiciaires et politiques, tant l’homme a marqué de son empreinte l’histoire institutionnelle du pays.

Juriste de haut niveau, archiviste paléographe et agrégé de droit public, Seydou Madani Sy appartenait à cette génération d’intellectuels sénégalais formés à l’excellence académique et profondément engagés au service de la nation. Son parcours universitaire force le respect. Après avoir été doyen de la Faculté de droit, il devient en 1971 le premier Sénégalais à accéder aux fonctions de recteur de l’Université de Dakar, rebaptisée plus tard Université Cheikh Anta Diop. Il dirigera l’institution pendant quinze années, jusqu’en 1986, à une période charnière marquée par l’africanisation des cadres universitaires et l’affirmation de l’UCAD comme pôle majeur du savoir en Afrique de l’Ouest.

Sous son rectorat, l’université connaît un rayonnement accru, tant sur le plan académique qu’institutionnel. Seydou Madani Sy s’attache à consolider les fondements de l’enseignement supérieur sénégalais, à promouvoir la recherche et à former des générations de juristes, d’administrateurs et d’intellectuels qui occuperont par la suite des postes de responsabilité au Sénégal et au-delà. Pour beaucoup, il restera l’un des grands artisans de l’autonomie intellectuelle et scientifique de l’université sénégalaise.

Son engagement ne se limite pas au monde académique. En 1986, il est appelé à servir l’État en tant que ministre de la Justice et Garde des Sceaux, fonction qu’il occupe jusqu’en 1989. À ce poste sensible, il œuvre au renforcement de l’État de droit et à la consolidation des institutions judiciaires, dans un contexte politique et social exigeant. Par la suite, il est nommé Médiateur de la République, rôle dans lequel sa rigueur juridique, son sens de l’écoute et sa hauteur de vue sont unanimement salués.

Même après avoir quitté les fonctions officielles, Seydou Madani Sy demeure une référence morale et intellectuelle. Sa compétence et sa sagesse sont sollicitées au sein de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI), où il contribue à la réflexion sur l’avenir institutionnel du Sénégal. Parallèlement, il poursuit ses activités de recherche, publiant des travaux reconnus en science politique et en histoire coloniale, confirmant ainsi son statut de chercheur infatigable.

Membre de plusieurs académies prestigieuses au Sénégal et à l’international, le Professeur Sy était respecté pour la profondeur de sa pensée, son attachement aux valeurs républicaines et sa discrétion. Pour l’Université Cheikh Anta Diop, qui lui a rendu un hommage appuyé, il fut avant tout un « bâtisseur », un homme dont toute la vie fut consacrée à l’enseignement, à la recherche et au service de la République.

Avec la disparition de Seydou Madani Sy, le Sénégal perd une figure majeure de son histoire contemporaine, un serviteur de l’État et du savoir dont l’héritage continuera d’inspirer les générations futures.

Affrontements au marché Tilène : vives tensions autour des opérations de libération de la voie publique

De violents affrontements ont éclaté ce mercredi 7 janvier aux abords du marché Tilène, sur l’avenue Blaise Diagne, opposant les forces de défense et de sécurité (FDS) à des marchands ambulants. La situation, particulièrement tendue, a paralysé une partie de cet axe stratégique de la capitale et suscité l’inquiétude des riverains et des usagers de la route.

Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, les heurts ont débuté lorsque les forces de l’ordre ont sommé les commerçants ambulants de libérer la voie publique qu’ils occupaient pour leurs activités quotidiennes. Cette opération s’inscrit dans le cadre des travaux d’amélioration durable de la sécurité et de la mobilité des usagers de la route. Refusant de quitter leurs emplacements habituels, les marchands ont opposé une vive résistance, faisant rapidement monter la tension. Des échanges houleux ont dégénéré en affrontements, marqués par des jets de projectiles et des interventions musclées des forces de sécurité pour tenter de rétablir l’ordre.

Ces incidents surviennent dans un contexte bien précis lié aux préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Dans un communiqué officiel publié antérieurement, le préfet du département de Dakar avait informé les populations du démarrage imminent des travaux de mise à niveau et d’aménagement de la voirie à proximité des infrastructures sportives appelées à accueillir cet événement international. Ces travaux sont pilotés par le ministère des Infrastructures, à travers l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE Sénégal).

Dans ce cadre, il a été annoncé qu’à compter du jeudi 15 janvier 2026, plusieurs mesures de circulation entreront en vigueur. L’avenue Blaise Diagne sera temporairement fermée sur le tronçon compris entre le rond-point de l’hôpital Abass Ndao et la rue 11 de la Médina. Afin de limiter les perturbations, la circulation sera mise en double sens sur une voie du boulevard de la Gueule Tapée, tandis que des itinéraires de déviation ont été définis.

Les usagers de la route sont ainsi invités à emprunter les rues 22 et 6 de la Médina pour contourner la zone des travaux. Un dispositif de signalisation temporaire doit être déployé, avec l’appui de la police et des agents de régulation, afin d’assurer le respect strict des nouvelles mesures de circulation et de garantir la sécurité des personnes et des biens.

Les autorités appellent par ailleurs les automobilistes à faire preuve d’une vigilance accrue à l’approche de la zone concernée, à se conformer à la signalisation mise en place et à respecter les limitations de vitesse ainsi que l’ensemble des consignes de sécurité.

Naissance de la plateforme « RÉFÉRENDUM REK » : des mouvements citoyens montent au créneau pour défendre la Constitution

Un nouveau front de contestation citoyenne vient d’émerger sur la scène politique sénégalaise. Dans un communiqué conjoint rendu public le 7 janvier 2026 à Dakar, les mouvements Rappel à l’Ordre, Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), Rassemblement des Travailleurs (RTS) et Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) ont annoncé la création d’une plateforme dénommée « RÉFÉRENDUM REK ». Cette initiative s’accompagne d’un mot d’ordre sans ambiguïté : « Touche pas à notre Constitution ».

La mise en place de cette plateforme intervient dans un contexte politique marqué par le discours à la Nation prononcé le 31 décembre 2025 par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. À cette occasion, le chef de l’État avait fait part de sa volonté d’engager une réforme constitutionnelle par la voie parlementaire. Une option que les organisations signataires du communiqué rejettent catégoriquement, estimant qu’elle va à l’encontre des principes démocratiques fondamentaux.

Pour ces mouvements citoyens, la Constitution sénégalaise ne saurait être modifiée sans la consultation directe du peuple. Ils soutiennent que la loi fondamentale n’est ni la propriété du gouvernement, ni celle d’une majorité parlementaire, encore moins d’une Assemblée nationale qu’ils jugent marquée par une coloration partisane. Selon eux, la Constitution appartient exclusivement au peuple sénégalais, seul détenteur légitime de la souveraineté nationale. Toute tentative de révision opérée sans l’expression directe de cette souveraineté constituerait, à leurs yeux, une entorse grave aux fondements de la démocratie.

À travers la plateforme « RÉFÉRENDUM REK », les initiateurs entendent ainsi ériger un véritable rempart contre ce qu’ils considèrent comme une tentative de passage en force institutionnel. Ils estiment que toute réforme constitutionnelle d’envergure, en particulier celles inspirées ou issues des Assises de la justice, engage durablement l’avenir de la Nation. Dès lors, une telle entreprise ne pourrait être légitime qu’à la condition d’être soumise à l’approbation populaire par voie référendaire. À défaut, préviennent-ils, la démarche relèverait d’une atteinte caractérisée à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les gouvernants au peuple.

Dans leur déclaration, les mouvements à l’origine de la plateforme fixent clairement ce qu’ils présentent comme des lignes rouges non négociables. Ils refusent toute révision constitutionnelle sans référendum, s’opposent à toute confiscation de la souveraineté populaire et dénoncent par avance ce qu’ils qualifient de coup de force institutionnel.

Au-delà de la dénonciation, l’appel lancé par « RÉFÉRENDUM REK » se veut résolument fédérateur. Les signataires invitent l’ensemble des forces vives du pays à se mobiliser autour de cette initiative citoyenne. Ils s’adressent notamment aux partis de l’opposition, aux organisations de la société civile, aux syndicats, aux universitaires, aux journalistes, ainsi qu’aux autorités religieuses et coutumières. L’objectif affiché est de dépasser les clivages politiques et idéologiques pour défendre un principe jugé fondamental et non négociable : le droit inaliénable du peuple sénégalais à décider lui-même de l’avenir de sa Constitution.

Drame routier à Farafénni : une collision meurtrière fait au moins sept morts

Un nouveau drame de la circulation est venu endeuiller les populations de la zone de Farafénni, localité située à proximité de la frontière sénégalo-gambienne. Ce mercredi, un grave accident de la route s’est produit dans des circonstances particulièrement violentes, plongeant les riverains et les usagers de l’axe dans la stupeur et la consternation.

Selon les informations rapportées par Ibrahima Diop, membre de l’Union des Routiers du Sénégal, la collision a impliqué un minicar de la compagnie Cheikhou Chérifou et un bus circulant sur le même axe. Le choc est survenu dans un virage réputé dangereux, juste après le camp militaire, au moment où le minicar quittait la ville de Farafénni. La violence de l’impact a provoqué d’importants dégâts matériels et semé la panique parmi les passagers.

Le bilan provisoire fait état d’au moins sept personnes décédées sur le coup, tandis que plusieurs autres ont été grièvement blessées. Face à la gravité de leurs blessures, certains des rescapés ont été évacués en urgence vers des structures hospitalières de Banjul, la capitale gambienne, afin de bénéficier de soins spécialisés. Les services de secours, rapidement mobilisés, ont dû faire face à une situation particulièrement éprouvante sur les lieux du drame.

À ce stade, les circonstances exactes de l’accident n’ont pas encore été officiellement établies. Toutefois, les premiers témoignages recueillis sur place font état d’une possible manœuvre de dépassement qui aurait mal tourné dans ce tronçon de route connu pour sa dangerosité. Ce virage, souvent pointé du doigt par les usagers, serait régulièrement le théâtre d’incidents liés à l’excès de vitesse et au non-respect des règles de circulation.

Niger : libération de l’ancien ministre du Pétrole Mahaman Moustapha Barké après près d’un an de détention

Un ancien ministre nigérien du Pétrole, arrêté par les autorités militaires depuis près d’un an, a retrouvé la liberté ce mardi, selon des informations concordantes recueillies par l’AFP auprès de sa famille et de proches.

« Le ministre Mahaman Moustapha Barké a été effectivement libéré ce mardi », a indiqué un membre de sa famille ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité. Un ancien collaborateur de l’ex-ministre a également confirmé cette information, précisant que la libération est intervenue « dans la matinée de mardi ».

Mahaman Moustapha Barké avait été nommé le 9 août 2023 à la tête du ministère de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, peu après la prise de pouvoir par le régime militaire issu du coup d’État survenu quelques semaines plus tôt au Niger. Il occupait un poste stratégique dans un contexte marqué par de profondes mutations politiques et des tensions diplomatiques régionales.

L’ancien ministre avait été arrêté le 13 janvier 2025 à son domicile à Niamey. Depuis lors, les raisons exactes de son interpellation n’avaient jamais été rendues publiques. Les autorités nigériennes n’ont, jusqu’à présent, communiqué ni sur les motifs de sa détention ni sur les conditions ayant conduit à sa libération, laissant planer de nombreuses zones d’ombre autour de cette affaire.

Durant son passage au gouvernement, Mahaman Moustapha Barké avait notamment été en première ligne dans la gestion de la grave crise diplomatique opposant le Niger au Bénin. Cette brouille avait fortement perturbé l’exportation du pétrole nigérien, acheminé depuis le nord-est du pays jusqu’au port béninois de Sèmè-Kpodji via un oléoduc long d’environ 2.000 kilomètres.

Le régime militaire nigérien, engagé dans une politique affichée comme souverainiste et anti-impérialiste, accuse régulièrement le Bénin, considéré comme proche des pays occidentaux, de chercher à déstabiliser le Niger en servant de base arrière à des « terroristes ». Des accusations systématiquement rejetées par les autorités béninoises. Le pétrole représente pourtant un enjeu économique majeur pour les deux États, tous deux partenaires de la China National Petroleum Corporation (CNPC), une entreprise pétrolière publique chinoise impliquée dans l’exploitation et l’exportation de l’or noir nigérien.

Les relations entre Niamey et Cotonou, déjà très dégradées depuis plus de deux ans, se sont encore tendues récemment, les deux pays ayant procédé la semaine dernière à des expulsions réciproques de diplomates.

Parallèlement à la libération de Mahaman Moustapha Barké, la junte nigérienne a annoncé mardi soir la nomination de Hamadou Tinni comme nouveau ministre du Pétrole. Il remplace Sahabi Oumarou, qui avait lui-même succédé en 2024 à Mahaman Moustapha Barké, dans un contexte politique et diplomatique toujours marqué par l’instabilité et les tensions régionales.

Taïba Niassène – Maodo Diallo au Gamou 2026 : hommage à Baye Niass et appel à la cohésion nationale

Taïba Niassène a une nouvelle fois été le cœur battant de la ferveur tidiane à l’occasion du Gamou 2026. Comme chaque année, ce grand événement religieux consacré à la commémoration de la naissance de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass, plus connu sous le nom de Baye Niass, a rassemblé des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de la diaspora.

Dans cette cité spirituelle emblématique, les talibés ont convergé vers la Grande Mosquée pour des séances de prières, des récitals du Coran et des chants religieux, témoignant de leur profond attachement à l’héritage du fondateur de la Fayda Tidianiya. La présence remarquée de nombreuses délégations étrangères a, une fois de plus, confirmé la dimension universelle de ce rassemblement.

Parmi les temps forts de cette édition figurait le discours prononcé par Maodo Diallo, représentant de la Coalition Diomaye Président. Devant une assistance nombreuse composée d’autorités religieuses, de fidèles et d’hôtes venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, le porte-parole de la coalition a rendu un hommage appuyé à Baye Niass, dont le message spirituel continue de transcender les frontières.

Dans son allocution, Maodo Diallo a particulièrement insisté sur le rayonnement international de Baye Niass. Selon lui, la diversité des nationalités présentes à Taïba Niassène constitue une preuve éloquente de l’universalité de son enseignement. « Le Gamou est un espace privilégié de rencontre entre peuples et cultures autour des valeurs de l’islam », a-t-il déclaré, rappelant que le message du vénéré guide religieux dépasse largement le cadre sénégalais.

L’orateur a également mis en exergue l’apport de cet héritage spirituel dans le renforcement de la cohésion sociale au Sénégal. Il a souligné que les principes de tolérance, d’unité et de solidarité prônés par Baye Niass demeurent des repères essentiels pour préserver la paix civile. Dans un contexte national marqué par de multiples défis, il a invité les fidèles à s’inspirer de ces vertus afin de bâtir une société plus harmonieuse et plus solidaire.

S’adressant particulièrement à la jeunesse, Maodo Diallo a lancé un appel à une participation citoyenne responsable, fondée sur des valeurs religieuses et morales solides. Il a également exhorté les autorités étatiques et les acteurs religieux à mieux valoriser le patrimoine spirituel de Taïba Niassène, qu’il considère comme un atout majeur pour le rayonnement du Sénégal sur la scène internationale.

Profitant de cette tribune religieuse, le représentant de la Coalition Diomaye Président est aussi revenu sur la mission actuelle de la coalition. Selon lui, celle-ci s’est engagée dans une nouvelle dynamique de consolidation et de réorganisation interne afin de mieux accompagner les actions du chef de l’État. Cette démarche vise à renforcer l’efficacité de la coalition et à l’adapter aux exigences du moment à travers un travail de terrain méthodique.

« Au cœur de cette mission stratégique se trouve Aminata Touré, responsable de la restructuration de la coalition. Mandatée pour impulser un nouveau souffle à cette entité qui avait porté la candidature victorieuse du président Bassirou Diomaye Faye, l’ancienne Première ministre mène, depuis plusieurs mois, un travail inclusif sur l’ensemble du territoire », a indiqué Maodo Diallo, saluant son engagement constant aux côtés du chef de l’État.

En conclusion, il a lancé un vibrant appel à la paix et à la stabilité, rappelant la portée sacrée du lieu. « Les invocations faites dans cette cité religieuse doivent se traduire par un engagement sincère en faveur du bien-être collectif », a-t-il déclaré.

Cette intervention, largement appréciée par les participants, s’inscrit dans la tradition d’ouverture et de dialogue qui caractérise le Gamou de Taïba Niassène. Elle confirme, une fois de plus, le rôle incontournable de cette cité religieuse en tant que carrefour spirituel et culturel de dimension mondiale, fidèle au message et au rayonnement intemporel de Baye Niass.

Politique : Mbaye Dione en tournée régionale et message fort aux acteurs nationaux

Kaolack, Sénégal – Le secrétaire général national de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a entamé, ce lundi 5 janvier 2026, une tournée politique dans la région de Kaolack. Cette initiative est marquée par une série de rencontres avec des autorités religieuses et des prises de position fermes sur les enjeux économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.

À la tête d’une importante délégation, M. Dione, également député et maire de Ngoundiane, a été successivement reçu par les Khalifes généraux de Médina Baye et de Léona Niassène. À cette occasion, il a sollicité leurs prières pour la réussite de cette tournée régionale, qui vise à renforcer l’implantation de l’AFP sur le terrain et à préparer les prochaines échéances électorales locales.

S’adressant aux notables et aux militants, le leader progressiste a insisté sur la nécessité de sillonner l’ensemble des communes de la région afin de renouer le contact avec les populations. Il a mis en avant les valeurs de proximité et de solidarité qui fondent, selon lui, l’action politique de son parti. Cette démarche s’inscrit, a-t-il expliqué, dans une dynamique de massification de l’AFP et de renforcement de la politique de terrain à l’approche des prochaines joutes électorales.

Au-delà de ses échanges avec les responsables religieux, Mbaye Dione a profité de la tribune pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique nationale, notamment en ce qui concerne la campagne arachidière dans le bassin du Saloum. Il s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gestion actuelle du secteur, dénonçant des lenteurs et des dysfonctionnements dans la mobilisation des financements annoncés pour soutenir les paysans, malgré le budget conséquent communiqué par l’État.

« Comment peut-on instruire l’achat de 450 000 tonnes d’arachides par la SONACOS alors que l’on peine à mobiliser 70 milliards de FCFA de financement ? », s’est-il interrogé. Mbaye Dione a fustigé ce qu’il qualifie de « paroles en l’air » et pointé une incompétence notoire dans la conduite de la politique agricole nationale, visant notamment les récentes annonces du Premier ministre Ousmane Sonko relatives à la campagne arachidière.

Le secrétaire général de l’AFP a conclu son intervention en mettant en garde contre les risques d’une année 2026 difficile pour les Sénégalais, en particulier pour les producteurs agricoles, si la situation financière et organisationnelle du secteur ne connaît pas d’amélioration rapide.

Accompagné de plusieurs responsables régionaux de son parti, Mbaye Dione poursuivra, dans les prochains jours, sa tournée à travers les différentes communes de la région de Kaolack, avec pour objectif de renforcer l’ancrage local de l’AFP et de recueillir les préoccupations des citoyens.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye sous le feu des critiques, entre polémiques publiques et tensions internes

Depuis plusieurs semaines, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, traverse une période de fortes turbulences politiques. Les critiques pleuvent de toutes parts, donnant l’image d’un président du Parlement assiégé, contesté aussi bien par l’opposition que par certains responsables de son propre camp. Cette fronde transversale, qui dépasse le clivage classique majorité-opposition, met en lumière un malaise profond autour de sa gestion et de son positionnement politique.

Selon L’Observateur, la pression exercée sur El Malick Ndiaye est telle qu’il a été quasiment contraint de sortir de son silence pour tenter d’enrayer ce qu’il perçoit comme une véritable « hémorragie ». C’est à l’occasion de la cérémonie officielle de présentation des vœux aux députés et au personnel de l’administration parlementaire qu’il a choisi de s’exprimer publiquement. Au cœur de son intervention figurait la polémique liée à l’acquisition de véhicules destinés aux députés de la 15ᵉ législature, un dossier qui cristallise depuis plusieurs semaines les critiques et les soupçons.

Face aux accusations d’irrégularités et d’opacité, le président de l’Assemblée nationale s’est voulu catégorique. Il a affirmé que la procédure avait été menée dans le strict respect des règles en vigueur, précisant que le dossier avait suivi toutes les voies légales et avait été soumis à la Direction centrale des marchés publics. Tous les actes, a-t-il insisté, ont été dûment datés et conformes à la réglementation. Cette mise au point visait clairement à répondre aux attaques du député Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs, qui avait dénoncé sur les réseaux sociaux le silence supposé d’El Malick Ndiaye et l’absence d’information préalable autour de cette acquisition.

Toujours selon L’Observateur, El Malick Ndiaye a rejeté toute accusation d’opacité et confirmé l’achat d’un premier lot de 76 véhicules. Il a assumé pleinement ce choix, estimant qu’il s’agissait de doter les députés de moyens de locomotion adéquats afin de leur permettre d’exercer efficacement leur mission. Dans le même temps, il a invité Thierno Alassane Sall à privilégier les canaux institutionnels pour s’informer sur des dossiers qu’il juge sensibles, avant toute prise de parole publique.

Cependant, au-delà de cette controverse autour des véhicules, la situation semble bien plus complexe. La pression ne vient pas uniquement de l’opposition, mais s’intensifie également au sein même de la majorité parlementaire. L’Observateur rapporte qu’El Malick Ndiaye fait face à de vives critiques émanant de son propre parti, Pastef. La sortie virulente du député Mouramani Kaba Diakité, membre du directoire du parti, en est l’illustration la plus frappante. Dans un message diffusé au sein d’un panel WhatsApp et largement relayé, ce dernier accuse le président de l’Assemblée nationale de népotisme, de gabegie et de gestion clanique. Il va même jusqu’à réclamer un audit de sa gestion ainsi qu’une révision du Règlement intérieur de l’Assemblée afin de réduire la durée du mandat du président, actuellement fixée à cinq ans.

Pour L’Observateur, cette attaque frontale révèle un malaise plus profond qui commence à prendre forme au sein de l’institution parlementaire. Le professeur Demba Guèye, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, y voit une tension en partie alimentée par la posture même du président de l’Assemblée nationale. Selon lui, El Malick Ndiaye aurait pu différer certaines décisions controversées dans un contexte économique difficile. Il estime également que la manière dont ces décisions ont été assumées, notamment à travers un discours perçu comme arrogant, a contribué à exacerber les frustrations. « Dire “je l’assume” irrite et révolte une partie des Sénégalais », analyse-t-il.

Le professeur Guèye propose par ailleurs une lecture politique plus large de cette séquence agitée. À ses yeux, les attaques contre El Malick Ndiaye pourraient s’inscrire dans une ramification du conflit latent entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le leader de Pastef, Ousmane Sonko. Il rappelle que Mouramani Kaba Diakité est réputé proche de ce dernier. Dans ce contexte, El Malick Ndiaye est accusé d’adopter une position ambiguë, donnant l’impression de jouer un double jeu. « On ne sait pas clairement où le situer entre Diomaye et Sonko », souligne l’enseignant-chercheur, laissant entendre que cette défiance pourrait viser à l’affaiblir politiquement.

Toujours selon L’Observateur, la présidence même de l’Assemblée nationale pourrait être menacée. Le professeur Guèye évoque l’hypothèse d’une stratégie visant à écourter le mandat d’El Malick Ndiaye, à l’image de la jurisprudence Macky Sall, dont le mandat parlementaire avait été abrégé par la fameuse loi dite « Sada Ndiaye ». Il s’interroge sur une possible manœuvre politique destinée à préparer le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, suggérant que le député Mouramani Kaba Diakité pourrait jouer le rôle d’éclaireur chargé de baliser le terrain.

Face à cette tempête politique, le camp d’El Malick Ndiaye affiche toutefois une certaine sérénité. Des membres de son Cabinet, cités par L’Observateur, minimisent ce qu’ils qualifient de « prétendues pressions » et dénoncent des attaques qu’ils jugent dénuées de tout fondement. Selon eux, ces critiques relèvent davantage de la calomnie et de la diffamation que de faits avérés. Ils assurent que le président de l’Assemblée nationale reste concentré sur ses missions et pleinement engagé dans des réformes profondes visant à instaurer une véritable culture de transparence et de rationalisation au sein de l’institution.

Pour ses proches, El Malick Ndiaye serait avant tout victime de son « excès de modernisation ». Ils estiment que les changements qu’il impulse bousculent des pratiques anciennes et dérangent des intérêts solidement ancrés. Convaincus que le temps finira par faire la part des choses, ils se disent confiants quant à l’issue de cette séquence politique agitée, persuadés que les réformes engagées finiront par s’imposer.

Recours de Barthélemy Dias : la Cour suprême appelée à se prononcer sur son éviction de la mairie de Dakar

La Chambre administrative de la Cour suprême est attendue après-demain pour examiner le recours introduit par Barthélemy Dias, ancien maire de Dakar, contestant son éviction de ses fonctions municipales. Cette audience, très suivie dans les milieux politiques et juridiques, marque une étape décisive dans une procédure judiciaire longue et complexe qui soulève des enjeux majeurs liés à la gouvernance locale et au respect des règles de droit administratif.

À l’origine de cette affaire se trouve un arrêté préfectoral ayant constaté la démission d’office de Barthélemy Dias de son poste de conseiller municipal de la ville de Dakar. Cet acte administratif, pris par l’autorité de l’État, s’appuie sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales, lesquelles prévoient la perte automatique du mandat électif en cas de condamnation définitive incompatible avec l’exercice d’une fonction élective. En conséquence, la perte du statut de conseiller municipal a entraîné mécaniquement celle de maire, fonction pour laquelle il avait été élu par ses pairs au sein du Conseil municipal.

Barthélemy Dias, par le biais de ses avocats, conteste vigoureusement la légalité de cet arrêté. La défense soutient notamment que l’administration a fait une interprétation erronée ou abusive des textes en vigueur, en procédant à une démission d’office qu’elle juge prématurée et entachée d’irrégularités. Le recours introduit devant la Chambre administrative vise ainsi à obtenir l’annulation de l’arrêté préfectoral, au motif qu’il violerait tant les droits de l’élu que les principes fondamentaux du droit administratif, notamment ceux relatifs à la sécurité juridique et au respect du contradictoire.

Au fil des mois, la procédure a connu plusieurs rebondissements, nourrissant un débat intense au sein de l’opinion publique. Pour les partisans de l’ancien maire, cette éviction s’inscrirait dans un contexte politique tendu et relèverait d’une volonté de l’écarter durablement de la scène politique locale. À l’inverse, ses détracteurs estiment que l’administration n’a fait qu’appliquer strictement la loi, sans considération politique, et que le respect de l’État de droit impose l’exécution des décisions prévues par les textes.

L’audience prévue après-demain revêt donc une importance capitale. Elle permettra à la Cour suprême d’examiner, sur le fond, la régularité de l’arrêté préfectoral et, plus largement, de clarifier les conditions dans lesquelles une démission d’office peut être légalement prononcée à l’encontre d’un élu local. La décision attendue pourrait faire jurisprudence et influencer durablement les rapports entre l’administration territoriale et les collectivités locales.

En attendant le verdict, l’incertitude demeure quant à l’issue de ce bras de fer judiciaire. Quelle que soit la décision de la Chambre administrative, elle aura des répercussions politiques et institutionnelles notables, tant pour l’avenir personnel de Barthélemy Dias que pour la gestion de la ville de Dakar et la pratique du droit des collectivités territoriales au Sénégal.

Guy Marius Sagna dénonce l’opacité dans l’acquisition des véhicules des députés : « Plus jamais ça ! »

Le député Guy Marius Sagna a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « défaillances graves » dans le processus d’acquisition de véhicules destinés aux parlementaires sénégalais, dénonçant une gestion opaque et contraire aux principes de transparence et de démocratie interne à l’Assemblée nationale.

Interpellé par une journaliste sur le prix et la marque des véhicules que l’institution parlementaire s’apprête à fournir à ses membres, le député de PASTEF a déclaré ne disposer d’aucune information officielle à ce sujet. « Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée nationale s’apprête à mettre à ma disposition », a-t-il affirmé, rappelant qu’il avait déjà alerté sur cette situation dès le mois de juin 2025 à travers plusieurs publications.

À l’époque, Guy Marius Sagna avait pointé du doigt des insuffisances structurelles dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, notamment l’absence de consultation des députés et le déficit de processus démocratique dans la prise de décisions majeures, y compris celles liées à l’attribution de véhicules. Selon lui, ces alertes avaient été accueillies par des critiques et des remises en cause, tant au sein de l’hémicycle que dans l’opinion publique, certains allant jusqu’à douter de la véracité de ses propos.

Sept mois plus tard, estime le parlementaire, les faits lui donnent raison. Il affirme qu’aucun député n’a été consulté et qu’aucune information officielle n’a été communiquée sur les modalités de l’achat des véhicules. Une situation qu’il juge révélatrice d’un dysfonctionnement profond de l’institution.

Dans sa dénonciation, Guy Marius Sagna met particulièrement en cause le Bureau de l’Assemblée nationale, composé de 17 membres auxquels s’ajoutent trois représentants des groupes parlementaires. Selon lui, cet organe n’a « pas joué son rôle » et a failli à sa mission de représentation des autres députés et, au-delà, du peuple sénégalais. Il appelle ainsi les membres de cette majorité à rendre des comptes et à présenter des excuses pour ce qu’il considère comme un manquement grave à leurs responsabilités.

Le député ne limite toutefois pas ses critiques au seul Bureau. Il fustige également le silence et l’absence de nombreux parlementaires aux réunions, qu’il qualifie de « complicité passive » dans cette affaire. En revanche, il salue l’attitude des membres minoritaires du Bureau qui, selon lui, continuent de résister malgré les pressions exercées par la majorité.

Pour Guy Marius Sagna, cette controverse autour des véhicules des députés est symptomatique d’un échec dans la rationalisation des dépenses publiques et la réduction du train de vie de l’État, pourtant érigées en priorités dans le discours politique. « Sur cette question des véhicules, l’Assemblée nationale a été un mauvais exemple qu’il faut critiquer et ne pas imiter. Plus jamais ça ! », martèle-t-il.

En conclusion, le député appelle à une vigilance citoyenne accrue et à l’adoption d’une posture politique responsable, véritablement tournée vers l’intérêt général plutôt que vers des considérations personnelles. Pour illustrer son propos, il cite l’historien et militant Walter Rodney : « Au lieu d’être au service du pays, ils étaient au service de leur égoïsme. Tout ce qui leur importait, c’était de garder leurs postes et de jouir du butin qu’ils en retiraient ». Une citation qui, selon lui, résonne tristement avec certaines pratiques encore observées au sommet de l’État.

Scandale présumé de 37 milliards à l’ASER : Thierno Alassane Sall dénonce une électrification rurale fantôme

Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « grave scandale financier » de 37 milliards de francs CFA impliquant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Pour étayer ses accusations, le parlementaire a effectué une tournée de terrain dans la région de Kaffrine, précisément dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, situés dans le département de Birkilane, afin de constater de visu l’état réel des projets d’électrification rurale annoncés par les autorités.

Accompagné du député Adama Diallo et du chroniqueur Abdou Nguer, Thierno Alassane Sall affirme avoir observé une réalité en total décalage avec les annonces officielles. Selon lui, plusieurs localités du département de Birkilane demeurent toujours plongées dans l’obscurité, malgré les importants financements mobilisés dans le cadre de ce programme. Il soutient que les 37 milliards de francs CFA décaissés, notamment à travers un financement de la banque Santander, n’ont produit aucun impact visible sur le terrain. Pour le député, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit, selon ses termes, de ressources publiques destinées à améliorer les conditions de vie des populations rurales.

Face aux habitants rencontrés lors de cette tournée, Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante. Il estime qu’il est inacceptable que des populations entières soient privées d’un droit fondamental tel que l’accès à l’électricité, alors que des sommes aussi importantes ont été engagées au nom de leur développement. À ses yeux, cette situation pose un sérieux problème de gouvernance et de gestion des finances publiques.

Le parlementaire a également exprimé sa déception face à l’absence des députés de la majorité parlementaire qu’il avait invités à participer à cette mission de terrain. Il voit dans ce refus une preuve, selon lui, d’un manque d’intérêt pour la transparence et la reddition des comptes. Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs les autorités en place de chercher à minimiser, voire à étouffer cette affaire afin d’éviter un débat public approfondi sur l’utilisation des fonds alloués à l’électrification rurale.

Dans ce contexte, il a directement interpellé le Directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, lui demandant de s’expliquer clairement sur l’utilisation des fonds destinés à ce programme. Le député exige des réponses précises et appelle l’État à situer toutes les responsabilités. Il réclame également que des sanctions exemplaires soient prises si des faits de détournement ou de mauvaise gestion venaient à être établis, estimant que l’enjeu dépasse les considérations politiques pour toucher à l’intérêt général.

Pour rappel, le programme d’électrification rurale concerné couvre plusieurs régions du pays, notamment Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. Il devait permettre l’électrification de 1 740 villages à travers le Sénégal. Un objectif qui, selon Thierno Alassane Sall, est très loin d’être atteint au regard des constats faits sur le terrain.

Déterminé à aller jusqu’au bout de cette affaire, le député a promis de poursuivre ses dénonciations et ses actions jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Convaincu de la gravité des faits qu’il dénonce, il n’a pas hésité à qualifier cette affaire de « scandale des scandales », appelant l’opinion publique et les institutions compétentes à se saisir pleinement de ce qu’il considère comme l’un des plus grands scandales financiers récents liés à l’électrification rurale au Sénégal.

Affaire Farba Ngom : la Cour suprême face au dilemme de la détention pour raisons médicales

Le sort judiciaire de Farba Ngom sera fixé le 12 janvier prochain. À cette date, la Chambre pénale de la Cour suprême devra se prononcer sur une question à la fois juridique et humaine : le maintien en détention du député-maire des Agnam est-il compatible avec son état de santé, ou faut-il envisager soit son transfert dans une structure hospitalière adaptée, soit la levée pure et simple de son mandat de dépôt pour raisons médicales ?

Selon Les Échos, qui revient largement sur ce dossier sensible, la défense de l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (APR) fonde l’essentiel de son argumentaire sur la dégradation jugée préoccupante de la santé de leur client. Quatre médecins spécialistes, dont un cardiologue et un urologue, ont été sollicités pour évaluer son état. Leurs conclusions sont sans équivoque : Farba Ngom souffrirait de pathologies incompatibles avec les conditions de détention actuelles, notamment en raison de l’absence d’un plateau technique approprié en milieu carcéral, capable de lui assurer un suivi médical conforme aux standards requis.

S’appuyant sur ces expertises médicales, les avocats invoquent l’article 140 du Code de procédure pénale. Cette disposition prévoit explicitement que la mainlevée du mandat de dépôt doit être ordonnée lorsque l’état de santé du prévenu est de nature à mettre en danger sa vie ou son intégrité physique. Pour la défense, le maintien en détention de Farba Ngom, en dépit des avis médicaux concordants, constituerait une violation manifeste de cette règle légale et un manquement grave aux droits fondamentaux du détenu.

Jusqu’à présent, rappelle le journal, le magistrat instructeur avait opté pour une solution intermédiaire en orientant Farba Ngom vers le pavillon spécial. Une décision que ses conseils ont jugée largement insuffisante au regard de la gravité des pathologies diagnostiquées. Par la suite, la Chambre d’accusation a ordonné son transfert dans un établissement hospitalier adapté, tout en maintenant le mandat de dépôt. Cette mesure, perçue comme une demi-mesure par la défense, n’aurait selon elle ni satisfait pleinement aux exigences médicales formulées par les spécialistes, ni respecté l’esprit de l’article 140 du Code de procédure pénale.

C’est dans ce contexte que la Cour suprême a été saisie. Les avocats de Farba Ngom soutiennent que leur client a déjà été entendu sur le fond de l’affaire et qu’il ne présente plus aucun risque pour le bon déroulement de l’instruction. Ils estiment, dès lors, qu’aucune justification objective ne subsiste pour un maintien en détention, surtout si celui-ci compromet gravement sa santé. Leur plaidoirie vise ainsi à obtenir la possibilité pour le responsable politique de bénéficier de soins appropriés en toute liberté, condition qu’ils jugent indispensable à la préservation de sa vie et de son intégrité physique.

Démantèlement d’un réseau de pornographie « Made in Senegal » : les dessous d’une filière clandestine mise à nu à Keur Massar

Derrière l’écran, une industrie souterraine prospérait dans une discrétion quasi totale. Une filière de production et de diffusion de films pornographiques dits « locaux », opérant sous l’appellation sulfureuse de « Made in Senegal », vient d’être démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar à l’issue d’une enquête de longue haleine marquée par une stratégie d’infiltration.

Selon les révélations du quotidien Libération, six personnes ont été arrêtées puis déférées hier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figurent Modou Seck, qui se présentait comme commerçant et apparaît comme le recruteur et l’acteur central du réseau, Ibrahima Diop, 30 ans, monteur-photographe se disant basketteur, Mariama Ka, 36 ans, commerçante domiciliée à Thiaroye, la Nigériane Onugbu Lobth, 29 ans, résidant à Yoff, la Congolaise Aissatou Cissokho, 26 ans, demeurant à Ouakam, ainsi qu’un autre mis en cause interpellé dans le cadre de l’enquête.

Les suspects sont poursuivis pour des faits lourds, notamment association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour défaut de carnet sanitaire, précise Libération. L’ampleur des chefs d’accusation reflète la structuration et la longévité d’un réseau qui s’était professionnalisé au fil du temps.

Les investigations ont révélé que Modou Seck entretenait des liens étroits avec deux administrateurs de sites pornographiques opérant sous pseudonymes et basés en Europe. Ces derniers géraient notamment les plateformes Nandité.com et Nexna.com, déjà connues des services de sécurité. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) avait, en effet, procédé à des arrestations dans un dossier connexe visant ces mêmes sites, désormais au cœur de cette nouvelle affaire.

Toujours selon Libération, la rencontre entre Modou Seck et les administrateurs étrangers aurait été facilitée par Mariama Ka, identifiée comme prostituée. Le fonctionnement du réseau reposait sur une organisation bien huilée : les administrateurs européens finançaient intégralement les productions, tandis que Modou Seck se chargeait du recrutement des acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution. Les tournages et le montage des vidéos étaient assurés par Ibrahima Diop, dans des appartements meublés loués spécialement pour les besoins des enregistrements.

Les communications, tout comme le recrutement, se faisaient essentiellement via le réseau social Instagram. Une certaine « Chacha » y jouait un rôle clé, approchant des « débutantes » et des « débutants » attirés par la promesse de rémunérations en contrepartie de leur participation à des films pornographiques. Cette stratégie permettait d’élargir continuellement le vivier d’acteurs tout en maintenant une certaine opacité.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement signalant la diffusion de vidéos intimes mettant en scène des Sénégalais sur des plateformes pornographiques en ligne. Face à la sensibilité du dossier, les gendarmes ont opté pour une infiltration. Une femme gendarme s’est fait passer pour une actrice potentielle, une manœuvre qui a permis, dans un premier temps, l’interpellation de Modou Seck.

L’exploitation de son téléphone portable s’est révélée particulièrement accablante. Les enquêteurs y ont découvert pas moins de 152 vidéos pornographiques « locales ». L’analyse de ces contenus a montré que la majorité des acteurs et actrices étaient de nationalité sénégalaise, mais aussi congolaise et nigériane. Certaines séquences mettaient en scène des relations multiples, parfois avec des actrices cagoulées, tandis que des hommes, dont Modou Seck lui-même, apparaissaient à visage découvert.

Confronté aux preuves, Modou Seck a reconnu avoir engrangé des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités d’acteur et de recruteur. Sa collaboration avec les enquêteurs a permis l’interpellation progressive des autres membres du réseau et la conduite de perquisitions jugées fructueuses.

Au domicile d’Ibrahima Diop, les gendarmes ont saisi du matériel de tournage, des accessoires visibles dans certaines vidéos, ainsi que des préservatifs et divers produits utilisés lors des séances. Libération souligne enfin que plusieurs acteurs, actrices et recruteurs, formellement identifiés, sont toujours activement recherchés. L’enquête, loin d’être close, pourrait ainsi connaître de nouveaux rebondissements dans les jours à venir.

Mbirkilane – Agriculture : quand un opérateur privé rétablit la confiance entre producteurs et marché

À Mbirkilane, dans un secteur agricole fragilisé par les aléas climatiques et les difficultés de commercialisation, l’action de l’opérateur économique Mor Ka illustre une dynamique rare : celle d’un acteur privé qui contribue à restaurer la confiance entre les producteurs et les circuits de vente.

Dans une filière souvent marquée par l’instabilité des prix et les retards de paiement, Mor Ka se distingue par une pratique rigoureuse fondée sur le respect des prix officiels et la transparence des transactions. Une approche qui tranche avec certaines habitudes décriées par les paysans et qui participe à la sécurisation de leurs revenus en pleine campagne agricole.

Au-delà de l’achat des productions, notamment de l’arachide, l’opérateur s’inscrit dans une logique d’accompagnement de proximité. Présent dans les zones de collecte, il facilite l’écoulement des récoltes et réduit la pression logistique qui pèse habituellement sur les producteurs, souvent confrontés à l’enclavement et au manque de débouchés fiables.

Pour de nombreux paysans du département, cette relation fondée sur la ponctualité des paiements et le respect de la parole donnée constitue un facteur de stabilité. Elle favorise non seulement la continuité de la production, mais aussi une meilleure projection économique des exploitations familiales.

À travers cette expérience, l’exemple de Mor Ka met en lumière le rôle stratégique que peuvent jouer les opérateurs économiques locaux dans la structuration des filières agricoles. Une contribution qui dépasse le simple cadre commercial pour s’inscrire dans une perspective de développement rural durable et de consolidation de l’économie territoriale.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Hypothèque frauduleuse d’un immeuble aux Almadies : Anta Babacar Ngom rétablie dans ses droits par la justice

Dakar, le 05 janvier 2026

Après plusieurs années de combat judiciaire, Madame Anta Babacar Ngom Diack a été rétablie dans ses droits par la justice sénégalaise concernant l’affaire de l’hypothèque frauduleuse de son immeuble situé aux Almadies. Cette décision marque la fin d’une tentative de spoliation immobilière concernant un bien estimé à près de 4 milliards de francs CFA.

L’affaire concerne un immeuble de R+5 en bordure de mer, qui avait été illégalement hypothéqué sur la base de faux documents dans le but d’obtenir un prêt bancaire auprès d’Orabank. Selon l’accusation, les mis en cause — Momar Samb, Tamsir Ndiaye, Tahir Hann, et Ndèye Penda Dieng — ont utilisé une fausse procuration et de faux états financiers pour orchestrer cette opération frauduleuse, présentant le bâtiment comme un simple immeuble nu.

Présente à l’audience devant la Cour d’appel de Dakar, Anta Babacar Ngom, actuelle députée à la 15ᵉ législature et cheffe d’entreprise à la tête de Sedima, a fermement nié avoir vendu son immeuble ou donné procuration à qui que ce soit. Elle a également déclaré ne jamais avoir connu les individus mis en cause, qualifiant ces faits de tentative manifeste de spoliation.

Les événements remontent à 2021 et avaient conduit, en première instance, à de lourdes condamnations pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. Malgré les dénégations des prévenus en appel, le Parquet avait requis la confirmation des peines prononcées, considérant que les charges étaient suffisamment établies.

Suite à cette longue procédure, la justice a reconnu les droits légitimes de la propriétaire, annulant les effets de l’hypothèque frauduleuse et rétablissant Anta Babacar Ngom dans la pleine jouissance de son bien.

« Je suis soulagée et satisfaite. Cette décision honore l’institution judiciaire et envoie un signal fort contre les pratiques de faux et de spoliation foncière. La vérité a fini par triompher. Je fais confiance à la justice de mon pays et je suis heureuse qu’elle ait permis de rétablir mes droits », a confié Anta Babacar Ngom à l’issue de l’audience.

Cette affaire emblématique met en lumière les enjeux cruciaux liés à la sécurisation du foncier et à la lutte contre la fraude documentaire, dans un contexte où les tentatives de spoliation immobilière demeurent une préoccupation majeure au Sénégal.

Contact Presse : Iyane Demba TINE 77 406 36 36

Dakar : le préfet annonce une application stricte de l’interdiction des charrettes et pousse-pousse dans la zone du BRT dès le 8 janvier

Le Préfet du Département de Dakar, Chérif Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye, a annoncé le renforcement de l’application de l’interdiction des véhicules à bras et à traction animale dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT), à compter du jeudi 8 janvier 2026. Cette mesure vise à mettre fin aux nombreuses violations constatées malgré l’existence d’un cadre réglementaire clair.

Selon un communiqué parvenu à la rédaction, cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui avait institué un nouveau plan de circulation dans le département de Dakar. Ce texte interdisait formellement la circulation des pousse-pousse et des charrettes dans les zones concernées par le tracé et l’exploitation du BRT, infrastructure majeure destinée à améliorer la mobilité urbaine et à fluidifier le trafic dans la capitale.

Cependant, la Préfecture constate avec regret que cette réglementation continue d’être largement ignorée par certains usagers. Malgré les rappels et les mesures de sensibilisation, des véhicules à bras et à traction animale persistent à circuler dans la zone interdite. Une situation jugée préoccupante par l’autorité administrative, qui estime qu’elle engendre de sérieuses perturbations du trafic routier, contribuant à l’encombrement de la voie publique et à la dégradation des conditions de circulation.

Le communiqué souligne également que ces véhicules sont souvent stationnés sur des espaces réservés aux piétons, notamment les trottoirs et les zones de passage. Ce comportement compromet gravement la sécurité des piétons et entrave la libre circulation des personnes, en particulier des usagers les plus vulnérables. Pour les autorités, ces pratiques vont à l’encontre des objectifs du nouveau plan de circulation et nuisent à l’efficacité du BRT.

Face à ce constat, le préfet de Dakar a décidé de durcir le dispositif de contrôle. À partir du 8 janvier 2026, tout véhicule à bras ou à traction animale circulant ou stationnant dans la zone d’influence du BRT sera systématiquement immobilisé et mis en fourrière. Les personnes en infraction s’exposeront en outre à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Par cette décision, la Préfecture de Dakar entend rétablir l’ordre dans l’espace public, garantir la sécurité des usagers de la route et des piétons, et assurer le bon fonctionnement du BRT, considéré comme un pilier essentiel de la politique de transport urbain dans la capitale sénégalaise.

Goudomp s’invite dans le paysage cinématographique national grâce au groupe Ibara

À travers la distinction décernée au groupe Ibara lors de la cérémonie du Packao d’Or, c’est bien plus qu’un simple parcours artistique qui est salué : c’est l’affirmation d’une dynamique culturelle solidement ancrée dans les territoires. Cette reconnaissance marque l’entrée symbolique de Goudomp dans la cartographie des espaces de création cinématographique au Sénégal.

Porté par une démarche collective alliant enracinement local et ambition nationale, le groupe Ibara s’impose progressivement comme un véritable vecteur de valorisation culturelle. En honorant cette structure, le Packao d’Or consacre une vision du cinéma comme outil de mémoire, de transmission et d’expression identitaire, en phase avec les réalités sociales et culturelles du Sud du pays.

La dédicace du trophée à d’anciens et actuels acteurs de la politique culturelle traduit une volonté claire : inscrire l’action artistique dans une continuité institutionnelle et communautaire. Elle rappelle également l’importance du dialogue entre créateurs, décideurs et collectivités dans l’émergence de projets culturels durables.

Le soutien exprimé par les responsables culturels, administratifs et territoriaux témoigne de l’existence d’un écosystème en construction, où le cinéma devient un levier de développement culturel local. À Goudomp, cette distinction agit comme un catalyseur, suscitant espoir et fierté au sein des populations, désormais associées à une aventure artistique collective.

En distinguant le groupe Ibara, le Packao d’Or met en lumière le potentiel créatif des zones souvent en marge des grands circuits culturels. Une reconnaissance qui ouvre de nouvelles perspectives pour un cinéma sénégalais plus inclusif, enraciné dans ses territoires et résolument tourné vers l’avenir.

Politique – Gouvernance : Serigne Momar Sokhna prône l’élargissement de la majorité face aux urgences économiques

Dans un contexte économique marqué par de fortes attentes sociales, Serigne Momar Sokhna, président du Grand Mouvement pour le Développement du Sénégal (GMDS), estime que le moment est venu pour le pouvoir en place d’élargir son assise politique. Sortant de sa réserve, ce membre de la coalition Diomaye Président met en avant la nécessité d’une gouvernance ouverte, capable de mobiliser les énergies au-delà des clivages partisans.

Selon lui, les premières orientations du président Bassirou Diomaye Faye traduisent une volonté de rupture méthodique avec les pratiques du passé, tout en cherchant à stabiliser les institutions dans une phase de transition jugée délicate. Toutefois, souligne-t-il, les réformes engagées ne pourront produire des résultats durables sans une mobilisation élargie des compétences nationales.

Abordant la dynamique interne de l’exécutif, Serigne Momar Sokhna balaie les spéculations relatives à d’éventuelles tensions au sommet de l’État. Il présente le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko comme un leadership complémentaire, structuré autour d’une vision commune, où les divergences relèvent davantage de débats stratégiques que de fractures politiques.

L’ancien cadre politique plaide ainsi pour une approche pragmatique du redressement économique, appelant à associer des profils expérimentés, y compris issus de l’opposition ou d’anciens régimes. À ce titre, il cite l’expertise économique de l’ex-Premier ministre Amadou Ba comme un atout potentiel dans une logique de dépassement des lignes partisanes.

Sur le plan institutionnel et judiciaire, le président du GMDS invite à la retenue et au respect strict des principes républicains. Il estime que la crédibilité de l’action publique repose sur une justice indépendante et sur l’instauration d’un climat politique apaisé.

À travers cette prise de position, Serigne Momar Sokhna adresse un message clair : face aux urgences économiques et sociales, la réussite du nouveau pouvoir dépendra autant de la cohésion politique que de sa capacité à s’ouvrir à toutes les forces vives et utiles de la nation.

À Kaolack, l’État promet un meilleur encadrement du marché de l’arachide

En visite ce lundi à Kaolack, au cœur du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle de la commercialisation de l’arachide, une filière longtemps fragilisée par des dysfonctionnements structurels et des pratiques spéculatives.

Face aux producteurs, le chef du gouvernement a tenu un discours de rupture, dénonçant sans détour des comportements qu’il juge préjudiciables aux paysans. « Nous ne pouvons pas accepter que certains achètent l’arachide à 250 francs le kilo pour la revendre à la Sonacos à 305 francs », a-t-il martelé, qualifiant ces pratiques de « malhonnêteté ».

Dans cette dynamique de régulation, Ousmane Sonko a annoncé une mesure forte : l’augmentation de la capacité d’achat de la Sonacos, qui passera de 250 000 à 450 000 tonnes d’arachides. Selon lui, cette décision vise à sécuriser l’écoulement des récoltes et à réduire la dépendance des producteurs vis-à-vis des intermédiaires.

Malgré un contexte budgétaire contraignant, hérité des exercices précédents, le Premier ministre a assuré que l’État mobilisera entre 50 et 75 milliards de francs CFA supplémentaires pour soutenir la Sonacos. Un signal fort envoyé au monde rural, souvent confronté à l’instabilité et à l’incertitude des marchés.

Reconnaissant des « défaillances dans les services de l’État », Ousmane Sonko a expliqué sa présence sur le terrain par une volonté d’écoute et de co-construction de solutions avec les acteurs de la filière. Des programmes concertés avec les producteurs sont ainsi annoncés, dans l’objectif d’assainir durablement la commercialisation de l’arachide.

Au-delà des chiffres, cette visite marque une inflexion dans la gestion de la filière arachidière, avec un État qui entend désormais jouer pleinement son rôle de régulateur, protéger les producteurs et mettre fin aux pratiques spéculatives qui minent le secteur.

Kahone : quand les populations s’approprient le développement communal

À Kahone, le développement local ne se décrète plus uniquement depuis les bureaux municipaux. En décembre 2025, il s’est surtout vécu dans les rues, les quartiers et les places publiques, à travers une forte mobilisation citoyenne portée par le programme « En route vers les 31 décembre à Kahone ».

Pendant plusieurs semaines, la commune a vibré au rythme d’initiatives plaçant les habitants au cœur de l’action publique. Des opérations de nettoyage aux animations culturelles, en passant par les activités économiques et sociales, les populations ont répondu massivement à l’appel, donnant corps à une dynamique participative rarement observée à cette échelle locale.

Dès les premiers jours du mois, les opérations de Set Sétal ont transformé le paysage urbain. Balais à la main, jeunes et femmes se sont investis dans l’assainissement des quartiers, faisant du civisme une affaire collective. Pour beaucoup de participants, ces journées ont permis de retisser les liens de voisinage et de raviver le sentiment d’appartenance à la commune.

Cette mobilisation s’est poursuivie sur le terrain économique avec la tenue de la première foire commerciale de Kahone. Commerçants, artisans et entrepreneurs locaux y ont trouvé une tribune pour exposer leurs produits et rencontrer une clientèle élargie. Au-delà des stands, l’événement a symbolisé l’émergence d’une économie de proximité soutenue par la collectivité locale.

La dimension sociale n’a pas été en reste. À l’approche de la fin d’année, la municipalité, avec l’appui de bonnes volontés, a multiplié les gestes de solidarité en faveur des enfants et des personnes vulnérables. Une manière, selon plusieurs habitants, de rappeler que la fête peut aussi rimer avec partage et attention portée aux plus démunis.

Clôturé par un concert populaire rassemblant des milliers de personnes, le programme du mois de décembre aura surtout laissé l’image d’une commune où les citoyens ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière de la vie locale. À Kahone, cette expérience semble ouvrir la voie à une nouvelle manière de penser la gouvernance locale, fondée sur l’implication directe des populations dans la construction de leur avenir collectif.

CAN 2025 : Iliman Ndiaye forfait face au Soudan, un coup dur pour les Lions de la Teranga

L’incertitude est désormais levée autour de la situation d’Iliman Ndiaye. L’attaquant sénégalais ne figure ni dans le onze de départ ni sur la feuille de match pour le huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face au Soudan. Une absence de poids pour la sélection sénégalaise à l’approche d’un rendez-vous décisif à élimination directe.

En cause, une blessure à la cheville contractée lors de la précédente rencontre face au Bénin. Touché au cours de ce match, Iliman Ndiaye a été soumis à des examens approfondis par le staff médical des Lions de la Teranga. Ces derniers ont finalement recommandé son forfait, estimant que le risque de rechute était trop important dans un contexte d’intensité élevée comme celui d’un huitième de finale de CAN.

Pressenti comme l’une des principales armes offensives du dispositif de Pape Thiaw, l’ancien joueur de Sheffield United devait apporter sa percussion, sa capacité à éliminer dans les petits espaces et sa créativité entre les lignes. Son profil, souvent décisif face à des blocs compacts, était particulièrement attendu face à une équipe soudanaise réputée pour sa rigueur défensive.

L’absence d’Iliman Ndiaye constitue ainsi un véritable coup dur pour le Sénégal, déjà privé de son capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu pour ce match. Deux cadres majeurs manquent donc à l’appel, obligeant le sélectionneur à revoir ses plans, tant sur le plan tactique que dans l’animation collective.

Par mesure de précaution, Pape Thiaw a choisi de ne prendre aucun risque avec son joueur, privilégiant sa récupération complète pour la suite de la compétition en cas de qualification. Ce forfait a conduit le staff technique à réaménager le secteur offensif, avec notamment la titularisation d’Ismaïla Sarr sur les côtés et le retour de Nicolas Jackson à la pointe de l’attaque, chargé de mener le front offensif sénégalais.

Donald Trump revendique la capture de Nicolas Maduro lors d’une opération militaire américaine nocturne

Le président américain Donald Trump a proclamé sa victoire samedi après une opération militaire nocturne menée par les forces américaines, qui aurait conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Le couple a été emmené de force hors du Venezuela afin d’être présenté devant un tribunal fédéral à New York, où il doit répondre d’accusations graves, notamment de « narcoterrorisme ».

Dans une interview accordée à la chaîne Fox News, Donald Trump a relaté la scène avec un enthousiasme à peine voilé, comparant le déroulement de l’opération à un spectacle télévisé. « Je l’ai regardée littéralement comme j’aurais regardé une émission de télévision », a-t-il déclaré, précisant qu’il suivait chaque étape depuis une salle de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Le président américain n’a toutefois pas indiqué qui l’accompagnait au moment des faits.

Selon Donald Trump, Nicolas Maduro se trouvait dans un lieu hautement sécurisé, qu’il a qualifié de « forteresse ». Malgré le caractère extrêmement sensible de l’intervention, tous les militaires américains impliqués seraient revenus vivants. Le président s’est félicité de l’issue de l’opération, soulignant qu’aucune perte humaine n’était à déplorer. « Le fait que personne n’ait été tué est incroyable », a-t-il affirmé, ajoutant que deux soldats avaient été blessés mais qu’ils étaient désormais « en bonne forme ». Se disant profondément ému par le succès de la mission, Donald Trump a conclu : « Je suis fier d’être américain. »

Le président américain a également confirmé que Nicolas Maduro et son épouse étaient en route vers les États-Unis. « Ils seront amenés à New York. Ils ont été inculpés à New York », a-t-il rappelé, reprenant les propos de la ministre de la Justice, Pam Bondi. Cette dernière avait annoncé plus tôt que le couple était poursuivi devant la justice américaine pour des chefs d’accusation incluant le « narcoterrorisme » et le « complot pour importation de cocaïne » sur le territoire des États-Unis.

Donald Trump a précisé que Nicolas Maduro et Cilia Flores se trouvaient à bord d’un navire se dirigeant vers New York, après avoir été transférés par hélicoptère. Usant de son sens de la formule, il a ironisé sur ce trajet forcé, suggérant que le couple avait probablement « adoré » ce vol jusqu’au bâtiment naval.

Sur le réseau social X, la ministre Pam Bondi a affirmé que Nicolas Maduro et son épouse « feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains ». Elle a indiqué que le ministère de la Justice avait publié un acte d’accusation complété, intégrant désormais officiellement le nom de Cilia Flores, qui ne figurait pas dans les versions précédentes du document judiciaire.

Pour Donald Trump, cette opération constitue avant tout un message politique et sécuritaire fort. Il a estimé qu’elle démontrait que les États-Unis ne se laisseraient « pas intimider » et qu’elle s’inscrivait dans une stratégie globale de lutte contre le trafic de drogue. Le président a notamment évoqué la volonté de bloquer les routes terrestres du narcotrafic, après une série de frappes menées depuis le mois de septembre contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue, afin d’endiguer les flux par voie maritime.

Selon le sénateur républicain Mike Lee, l’opération militaire américaine est désormais terminée. Dans un message publié sur X, il a indiqué, en citant le secrétaire d’État Marco Rubio, qu’aucune nouvelle action militaire n’était prévue au Venezuela maintenant que Nicolas Maduro est détenu par les autorités américaines.

Cette opération spectaculaire rappelle fortement un précédent historique majeur : l’invasion du Panama en 1989 par les États-Unis, destinée à capturer le général Manuel Noriega, alors homme fort du pays et ancien collaborateur des services secrets américains. Poursuivi pour trafic de drogue, Noriega s’était rendu aux forces américaines le 3 janvier 1990, il y a exactement 35 ans jour pour jour. Un parallèle que de nombreux observateurs ne manqueront pas de relever, tant les implications politiques, juridiques et géopolitiques d’une telle intervention sont considérables.

Frappes aériennes présumées à Caracas : Washington accusé d’une intervention militaire directe au Venezuela

Des explosions ont été entendues tôt samedi matin dans plusieurs quartiers de Caracas, la capitale vénézuélienne, suscitant une vive inquiétude au sein de la population et de la communauté internationale. Selon des informations rapportées par plusieurs médias américains, notamment CBS News et Fox News, l’armée des États-Unis serait à l’origine de ces frappes, marquant une escalade majeure dans les tensions déjà vives entre Washington et Caracas.

Les deux chaînes américaines citent des responsables anonymes de l’administration du président Donald Trump, qui auraient confirmé l’implication directe de forces américaines dans ces opérations militaires. D’après ces sources, des avions auraient survolé la capitale vénézuélienne avant et pendant les explosions, laissant supposer des frappes aériennes ciblées. Toutefois, aucun détail précis n’a été fourni quant aux objectifs visés, à l’ampleur exacte des dégâts ou à d’éventuelles pertes humaines.

Sur le terrain, des habitants de Caracas ont fait état de fortes détonations dans les premières heures de la journée, accompagnées de coupures d’électricité temporaires dans certains secteurs. Les autorités locales n’ont pas immédiatement communiqué de bilan officiel, se contentant d’appeler la population au calme tout en dénonçant ce qu’elles qualifient d’« agression étrangère ». Le gouvernement vénézuélien pourrait, dans les prochaines heures, convoquer une réunion d’urgence et saisir des instances internationales pour condamner ces événements.

Du côté américain, le silence officiel est notable. Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n’ont, pour l’heure, confirmé ou infirmé les informations faisant état de frappes menées par l’armée américaine au Venezuela. Cette absence de réaction publique alimente les spéculations et renforce l’incertitude quant aux intentions réelles de Washington dans la région.

Si ces informations venaient à être confirmées, il s’agirait d’un tournant historique dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela, jusque-là marquées par des sanctions économiques sévères, des pressions diplomatiques et des accusations réciproques, mais sans intervention militaire directe revendiquée. Une telle opération risquerait également de provoquer de fortes réactions au sein de la communauté internationale, notamment de la part des alliés du Venezuela et des organisations multilatérales, inquiètes d’une possible déstabilisation accrue de l’Amérique latine.

Naufrage meurtrier au large de la Gambie : le pays endeuillé après la tragédie de migrants en mer

La Gambie est plongée dans le deuil après le naufrage dramatique d’une embarcation transportant des personnes migrantes au large de ses côtes, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Le président gambien, Adama Barrow, a exprimé vendredi sa profonde consternation face à ce drame humain qui a déjà coûté la vie à au moins sept personnes, tandis que de nombreux passagers sont toujours portés disparus.

Dans une déclaration télévisée diffusée par la présidence, le chef de l’État a fait part de sa « profonde inquiétude » après le chavirement d’un bateau qui transportait, selon les premières estimations, plus de 200 candidats présumés à l’exil. Le naufrage est survenu au large de la région de North Bank, dans le nord-ouest du pays, une zone de plus en plus empruntée par les pirogues de migration clandestine à destination de l’Europe.

Alertées par un appel de détresse, les autorités maritimes gambiennes ont lancé une opération de recherche et de sauvetage aux alentours de 01h00 du matin jeudi. Plusieurs embarcations de la marine nationale ont été mobilisées pour tenter de porter secours aux passagers. Le bateau en détresse a finalement été retrouvé échoué sur un banc de sable, laissant craindre le pire quant au sort de nombreuses personnes à son bord.

Selon le président Barrow, 102 personnes ont pu être secourues jusqu’à présent. Beaucoup d’entre elles reçoivent encore des soins d’urgence dans les structures sanitaires du pays. « Malheureusement, seuls sept corps ont été repêchés pour l’instant, mais les opérations de secours se poursuivent afin de tenter de localiser ceux qui manquent toujours à l’appel », a-t-il précisé, soulignant que le gouvernement s’emploie à apporter une assistance médicale, psychologique et humanitaire aux survivants.

Visiblement ému, le président gambien a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. « Au nom du gouvernement et du peuple de Gambie, je présente mes sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux touchés par cette déchirante tragédie », a-t-il déclaré, avant d’adresser un message de solidarité aux proches des disparus. « Je veux dire à chaque parent et proche qui attend avec anxiété de nouvelles informations que vous n’êtes pas seuls. La nation est en deuil avec vous », a-t-il ajouté, saluant au passage l’engagement de toutes les entités ayant pris part aux opérations de sauvetage.

Le chef de l’État a également indiqué que des informations plus précises sur l’identité et les nationalités des victimes seront communiquées dès que possible. Certaines des personnes à bord ne seraient pas de nationalité gambienne. Une enquête gouvernementale a par ailleurs été annoncée afin de faire la lumière sur les circonstances exactes du naufrage et d’identifier d’éventuelles responsabilités.

Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de migration irrégulière en Afrique de l’Ouest. Depuis des années, des milliers de jeunes originaires de la région tentent de rejoindre l’Europe par la dangereuse route de l’Atlantique, principalement en direction de l’archipel espagnol des Canaries. À bord d’embarcations souvent surchargées et vétustes, ces migrants affrontent des conditions de navigation extrêmement périlleuses, au péril de leur vie.

La fermeture accrue des frontières européennes et la restriction drastique de la délivrance des visas poussent de nombreux candidats à l’exil à emprunter des voies clandestines. Ces dernières années, des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Le renforcement récent des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a déplacé les points de départ des pirogues vers le sud, notamment depuis les côtes de la Gambie et de la Guinée-Conakry. Cette évolution allonge considérablement les trajets en mer et en accroît les dangers.

Dans sa déclaration, le président Barrow a insisté sur la portée symbolique et tragique de ce nouveau naufrage. « C’est un rappel douloureux de la nature dangereuse et mortelle de la migration irrégulière. Assurément, aucun rêve, voyage ou promesse ne valent la perte de vies humaines en mer », a-t-il affirmé, appelant implicitement à une prise de conscience collective.

Quelques jours auparavant, le 26 décembre, le gouvernement gambien avait déjà exprimé ses inquiétudes à la suite d’informations faisant état de la disparition d’une autre pirogue partie des côtes nord du pays le 17 novembre. Cette embarcation transportait, selon plusieurs médias locaux, plus d’une centaine de personnes, majoritairement des ressortissants gambiens, qui tentaient eux aussi de rejoindre l’Europe.

À Kaolack, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse fustige la crise des valeurs sociales

La commune de Kaolack, précisément le quartier de Dialègne Niassène, a vécu ce vendredi 2 janvier 2026 un moment de grande ferveur spirituelle à l’occasion de la ziarra annuelle dédiée à Mame Cheikhou Oumar Niasse, figure emblématique de la famille Niassène. Né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie, fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, il fut le deuxième khalif de ce dernier de 1959 à 1966.

La cérémonie officielle, marquée par le recueillement et la dévotion, a réuni autorités religieuses, dignitaires confrériques, disciples et fidèles venus de plusieurs régions du Sénégal et de la sous-région. Au-delà de l’hommage rendu à cet illustre guide religieux, l’événement a également été ponctué de prises de position fortes sur des questions sociales, économiques et morales.

Prenant la parole au nom de la famille religieuse, le porte-parole Sérigne Abdou Samha Niasse a dénoncé ce qu’il qualifie de manquements répétés de la mairie de Kaolack à ses engagements envers le foyer religieux de Dialègne Niassène. Selon lui, plusieurs promesses relatives à l’accompagnement des activités religieuses, à l’aménagement des lieux de rassemblement et à l’amélioration des infrastructures autour du site de la ziarra n’ont toujours pas été respectées. Une situation jugée incompréhensible, au regard du rôle spirituel et social que joue la famille Niassène dans la commune.

Intervenant à son tour, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse, El Hadji Papa Omar Niasse, a exprimé de vives inquiétudes concernant la campagne arachidière 2025-2026. Il a déploré l’absence de fixation officielle du prix de l’arachide, principale culture de rente du bassin arachidier, une incertitude qui, selon lui, plonge les producteurs dans une profonde inquiétude.

« Les paysans ont déjà consenti d’énormes sacrifices, mais ils ne savent toujours pas à quel prix leur récolte sera achetée », a-t-il regretté, estimant que cette situation risque d’aggraver la précarité des familles rurales et de transformer la campagne en une période de soudure prolongée.

Le guide religieux a interpellé les autorités étatiques ainsi que les acteurs de la filière arachidière, les appelant à des mesures urgentes pour soulager le monde rural. « Quand le monde rural souffre, c’est tout le pays qui en ressent les conséquences », a-t-il rappelé, soulignant la dimension sociale et nationale de cette crise.

Sur le plan moral, le Khalif a également dénoncé la perte de repères sociaux et éthiques chez une frange de la jeunesse, ainsi que le non-respect de la parole donnée par certains gouvernants. Selon lui, les promesses non tenues nourrissent la désillusion et la perte de confiance des populations. Il a, en outre, mis en garde contre la destruction de l’image d’autrui à travers des accusations gratuites et des campagnes de dénigrement, qu’il considère comme une menace grave pour la cohésion sociale.

Enfin, El Hadji Papa Omar Niasse a insisté sur l’importance d’un retour à la Sunna du Prophète Mouhammed (PSL), présentée comme un modèle intemporel de paix, de respect et de vivre-ensemble. Il a exhorté la jeunesse à s’attacher davantage à l’éducation religieuse, à la pratique de la prière et aux valeurs morales de l’islam, convaincu que ces repères constituent un rempart contre les dérives et une source de stabilité pour la société.

L’EXODE DES COMPÉTENCES SÉNÉGALAISES : SYMPTÔME D’UNE CRISE D’ATTRACTIVITÉ NATIONALE.

Le récent communiqué du Ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, adressé aux recteurs d’universités et daté du 31 décembre 2025, interpelle à plus d’un titre. Il y est question du recrutement d’une cinquantaine d’enseignants-chercheurs sénégalais par un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Le ton du document laisse transparaître une préoccupation légitime quant au respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur dans les universités publiques sénégalaises.

Cependant, au-delà de la dimension administrative et juridique de cette situation, se pose une question fondamentale que nous ne pouvons plus éluder : pourquoi le Sénégal perd-il ses compétences ?

Un phénomène qui dépasse le cadre universitaire

L’affaire des enseignants-chercheurs n’est pas un cas isolé. Elle constitue plutôt la partie visible d’un iceberg bien plus imposant : la migration massive des compétences sénégalaises vers la sous-région ouest-africaine, le continent et même l’Occident.

Aujourd’hui, dans les aéroports de la sous-région, dans les couloirs des institutions régionales, dans les sièges des entreprises multinationales installées en Afrique de l’Ouest, il est aisé de constater la présence croissante d’experts, de cadres, de professionnels de santé, de spécialistes du développement, d’artistes et même de personnalités publiques sénégalaises qui ont choisi d’exercer leurs talents ailleurs qu’au pays de la Teranga.

Des secteurs entiers sont concernés : la santé, où médecins et infirmiers qualifiés partent vers des horizons plus attractifs ; le monde des affaires, où entrepreneurs et managers trouvent des écosystèmes plus favorables ; l’enseignement supérieur et la recherche, comme le démontre le présent cas ; le développement durable et agricole, où l’expertise sénégalaise s’exporte massivement ; sans oublier les médias, les arts et la culture, où des figures de renommée nationale choisissent désormais d’autres destinations.

Du Sénégal, terre d’accueil, au Sénégal, terre d’exil

Cette situation interroge d’autant plus qu’elle représente un renversement historique. Le Sénégal a longtemps incarné, dans l’imaginaire collectif ouest-africain, l’Eldorado régional, le phare intellectuel, la terre d’opportunités et d’excellence. Dakar était ce mégaphone culturel et académique, ce carrefour où se croisaient les ambitions, les talents et les innovations. Le pays attirait les compétences de toute la sous-région.

Aujourd’hui, ce sont les propres fils et filles du Sénégal qui prennent le chemin inverse, rejoints parfois par des ressortissants d’autres nationalités qui, eux aussi, ne voient plus dans le Sénégal cette destination privilégiée d’antan.

Que s’est-il passé ?

Éviter la stigmatisation, privilégier l’analyse.

Face à cette situation, certaines voix se sont élevées pour réclamer des sanctions contre les enseignants-chercheurs concernés. J’ai personnellement entendu un ancien recteur d’université défendre cette position. Avec tout le respect que je lui dois, je pense qu’il parle avec le cœur, dans l’émotion du moment.

Or, dans une situation aussi complexe et structurelle, on ne peut se permettre de parler uniquement avec le cœur . Il faut prendre du recul, analyser, comprendre et raisonner avec lucidité.

Ces enseignants-chercheurs, ces médecins, ces experts, ces entrepreneurs ne sont pas des traîtres à sanctionner. Ils sont des symptômes d’un dysfonctionnement systémique. Ils sont des professionnels en quête de conditions de travail décentes, de reconnaissance de leurs compétences, de rémunérations dignes de leurs qualifications, d’environnements stimulants pour l’exercice de leur métier.

La question n’est donc pas : “Comment punir ceux qui partent ?” mais plutôt : “Pourquoi le Sénégal n’attire plus ?”

Des signaux qui ne trompent pas

Pendant que le débat public sénégalais se consume dans des joutes politiciennes, des discours souverainistes parfois déconnectés des réalités économiques concrètes, et des polémiques stériles, d’autres pays de la sous-région progressent, réforment, innovent et attirent.

Récemment, la République de Guinée a été classée par l’agence de notation Standard & Poor’s comme la deuxième économie de l’Afrique francophone**. Cette performance, aussi inédite soit-elle, n’a pas suscité l’attention qu’elle mérite dans les analyses stratégiques sénégalaises. Elle témoigne pourtant d’une dynamique réelle : celle de pays qui, malgré leurs défis, créent progressivement des conditions favorables à l’investissement, à l’entrepreneuriat et à l’épanouissement des compétences.

Le Sénégal, pendant ce temps, semble enlisé dans une forme d’autosatisfaction rhétorique qui contraste avec les départs quotidiens de ses meilleurs cadres.

Mon témoignage : un parcours emblématique.

Je m’exprime aujourd’hui non seulement en tant qu’observateur, mais aussi en tant qu’acteur de cette migration des compétences. Né au Sénégal, en Casamance, j’ai grandi en Côte d’Ivoire où j’ai effectué mes études secondaires. Mon parcours professionnel m’a conduit à travailler successivement dans le secteur bancaire, dans des institutions étatiques, au Ministère du Commerce, puis comme Directeur Général de structures de développement au Sénégal

Aujourd’hui, c’est la sous-région qui valorise mon expérience et mes compétences . Je ne suis ni le premier ni le dernier à emprunter ce chemin. Des milliers de Sénégalais qualifiés vivent la même réalité : une expertise formée au Sénégal, parfois aux frais de l’État sénégalais, mais mise au service d’autres nations qui ont su créer les conditions de son expression.

Recommandations pour inverser la tendance

Il est encore temps d’inverser cette dynamique préoccupante, mais cela exige une transformation profonde et sincère. Voici quelques pistes concrètes :

  1. Réformer les conditions de travail et de rémunération dans la fonction publique

Les grilles salariales des enseignants-chercheurs, des médecins, des cadres de l’administration doivent être revues à la hausse et alignées sur les standards régionaux compétitifs. Un professeur d’université ou un médecin spécialiste ne devrait pas gagner trois à quatre fois moins au Sénégal que dans un pays voisin.

  1. Créer un environnement propice à l’excellence académique et scientifique.

Les universités sénégalaises doivent bénéficier d’investissements massifs : laboratoires modernes, bibliothèques numériques, budgets de recherche conséquents, infrastructures dignes. Comment demander à un chercheur de rester quand il manque de moyens pour mener ses travaux ?

  1. Valoriser et reconnaître les compétences nationales

Il faut mettre fin à la culture du mépris des expertises locales. Trop souvent, le Sénégal recrute des consultants internationaux à prix d’or pour des missions que des experts sénégalais pourraient accomplir avec autant, sinon plus, d’efficacité.

  1. Stabiliser l’environnement politique et économique.

Les investisseurs, comme les talents, fuient l’incertitude. Le climat politique doit être apaisé, les règles du jeu économique clarifiées et stabilisées, la justice rendue de manière équitable et prévisible.

  1. Créer un cadre incitatif pour le retour des compétences de la diaspora.

Plutôt que de sanctionner ceux qui partent, pourquoi ne pas créer des programmes attractifs pour favoriser leur retour ? Exonérations fiscales temporaires, facilités d’installation, postes à responsabilité, projets structurants : les leviers existent.

  1. Engager un dialogue national sur la fuite des cerveaux.

Cette question ne peut être traitée par décrets ministériels ou circulaires administratives. Elle mérite un véritable débat national associant universitaires, syndicats, secteur privé, diaspora et pouvoirs publics.

Conclusion : un appel à la lucidité et à l’action

Le communiqué du Ministre de l’Enseignement supérieur exprime une préoccupation légitime. Mais la solution ne réside pas dans le rappel à l’ordre des partants, elle réside dans la transformation profonde du système qui les pousse à partir.

Le Sénégal dispose d’un capital humain exceptionnel, formé dans des institutions de qualité, pétri de valeurs de travail et d’excellence. Mais ce capital s’évapore, se dilue, s’exile. Ce n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.

Nous pouvons encore inverser la tendance , mais cela exige courage, lucidité et réformes structurelles profondes. Le temps de l’autosatisfaction est révolu. Le temps de l’action est venu.

Nos compatriotes qui choisissent d’autres cieux ne sont pas des adversaires. Ils sont des lanceurs d’alerte. Écoutons-les. Comprenons-les. Et surtout, créons les conditions pour que leur talent puisse, demain, s’exprimer pleinement au service du Sénégal.

Driss Junior DIALLO
Consultant International au Cabinet du Premier Ministre de Guinée
Expert en Administration Publique et Privée, En Développement Durable et des Chaînes de Valeurs Agricoles, En Sécurité et Sûreté des aéroports, etc.

Driss Jr. DIALLO,
Conseiller/Consultant,
Auditeur en Sécurité Nationale Pays;
Expertise Géopolitique, Intelligences, Diplomatie, Défense, Paix;
Expertise Négociations, Financements Publiques et bailleurs,
Expertise Structurations Financières de Projets,
Expertise relations Internationales;
Expertise Filières Agricoles,
Expertise Entrepreneuriat,
Spécialiste Accompagnements des Jeunes,
Ingénieur Financier & Business Developper;
CEO GAB

« Homme de l’Année » : Cheikh Mahy Cissé appelle à la citoyenneté et à un journalisme responsable

Désigné « Homme de l’Année » de la commune de Kaolack par le média La Voix du Saloum, Cheikh Mahy Cissé, imam de la Grande Mosquée, a mis à profit cette distinction pour lancer un vibrant appel à la citoyenneté et à la responsabilité collective. Il a interprété cet honneur comme un encouragement adressé à tous les Sénégalais dont les actions sont guidées par l’intérêt général et le rayonnement du pays.

Dans son allocution, l’imam a particulièrement insisté sur le rôle primordial des médias dans la société. « Le métier de journalisme est noble, car il peut diffuser de bonnes nouvelles, éduquer les peuples et unir les nations », a-t-il souligné. Toutefois, il a mis en garde contre les dérives d’un journalisme qui propage la haine, engendre des conflits et attise les divisions. Appelant la presse à assumer pleinement sa mission éducative, il a insisté sur la nécessité de penser aux enfants et à la jeunesse, qu’elle est censée informer et former, afin de leur garantir un avenir sain.

Cheikh Mahy Cissé a également rappelé que la construction nationale relève de la responsabilité de chaque citoyen, quel que soit son domaine d’activité. S’appuyant sur un enseignement islamique, il a précisé : « L’islam ne fait pas de distinction entre les actions mondaines et la dévotion spirituelle. Même débarrasser la rue d’une brindille est un acte d’adoration. »

Enfin, il a exprimé sa gratitude à l’État du Sénégal pour son soutien à son action sociale, matérialisé par le classement de l’hôpital qu’il construit en centre de santé de niveau 2, ainsi que par l’affectation d’un médecin généraliste. Une illustration concrète de son plaidoyer en faveur d’une citoyenneté active au service de la communauté.

Pikine : quatre individus interpellés pour vol à l’arraché lors du combat de lutte Général Malika – Alioune Seye 2

Le Commissariat d’arrondissement de Pikine a procédé, le 1er janvier 2026, à l’interpellation de quatre personnes soupçonnées de vol à l’arraché. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre des opérations de sécurisation mises en place à l’occasion du combat de lutte très attendu opposant Général Malika à Alioune Seye 2.

Selon des sources policières, les forces de l’ordre avaient déployé un important dispositif afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens durant cet événement sportif qui a drainé une foule considérable. C’est au cours de ces patrouilles et contrôles renforcés que les agents ont repéré et neutralisé les individus mis en cause, accusés d’avoir profité de l’affluence pour commettre des vols à l’arraché.

Les suspects ont été immédiatement conduits dans les locaux du commissariat, où ils ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les premiers éléments recueillis laissent penser qu’ils agissaient de manière opportuniste, ciblant des spectateurs distraits dans la cohue autour de l’arène.

L’enquête est en cours afin de déterminer l’étendue exacte des faits reprochés, d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires et de vérifier si les personnes interpellées appartiennent à un réseau plus structuré. Les autorités policières rappellent, par ailleurs, leur engagement à maintenir une vigilance accrue lors des grands rassemblements populaires, afin de prévenir les actes de délinquance et de garantir la sécurité des citoyens.

Douanes sénégalaises : une performance historique de recouvrement en 2025

La Direction générale des Douanes a réalisé une performance remarquable au titre de l’exercice budgétaire 2025, en dépassant largement les objectifs de recouvrement fixés par la loi de finances. Selon un communiqué officiel transmis à la rédaction, les recouvrements effectifs se sont établis à 1.286,1 milliards de francs CFA au 31 décembre 2025, contre un objectif annuel de 1.246,2 milliards. Il en résulte une plus-value de 39,9 milliards de francs CFA, traduisant une dynamique positive et soutenue de la fiscalité douanière.

Cette performance est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans une progression notable par rapport à l’année précédente. En effet, les recettes recouvrées en 2025 affichent une hausse de 103,6 milliards de francs CFA comparativement aux réalisations de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de l’administration douanière dans la mobilisation des ressources publiques.

Parallèlement aux recouvrements directs, les liquidations douanières ont atteint un niveau jamais égalé. Celles-ci, qui englobent les recettes collectées pour le compte d’autres administrations nationales telles que les Impôts et Domaines, ainsi que pour des organisations communautaires comme l’UEMOA et la CEDEAO, se chiffrent à 1.618,4 milliards de francs CFA. Ce montant constitue un record absolu et illustre le rôle central des Douanes dans le dispositif global de collecte des recettes de l’État.

La Direction générale des Douanes souligne que les 1.286,1 milliards de francs CFA recouvrés représentent la contribution directe de l’administration douanière au Budget national au titre de la fiscalité douanière. Cette performance s’inscrit pleinement dans l’option stratégique de souveraineté budgétaire prônée par les Hautes Autorités du pays, visant à renforcer l’autonomie financière de l’État par une mobilisation accrue des ressources internes.

Plusieurs facteurs expliquent ces résultats probants. L’administration met en avant le renforcement de la régularisation des recettes issues des importations de produits pétroliers, une meilleure maîtrise de l’assiette fiscale des produits à fort rendement, ainsi qu’un durcissement de la lutte contre la fraude commerciale. À cela s’ajoutent l’exploitation plus efficace du renseignement commercial et l’analyse approfondie des données, qui ont permis d’optimiser les contrôles et de sécuriser davantage les recettes.

La poursuite de la dématérialisation et de la digitalisation des procédures douanières, y compris au niveau des unités intérieures, a également contribué à améliorer la performance globale. Cette modernisation s’est accompagnée de l’instauration d’un climat de confiance avec les acteurs du dédouanement, favorisant une meilleure conformité et une collaboration plus fluide entre l’administration et les opérateurs économiques.

Au-delà de l’aspect financier, la Direction générale des Douanes est restée fermement engagée dans la lutte contre le trafic illicite et la criminalité transnationale organisée. Au cours de l’année 2025, les services douaniers ont saisi 1.374 kilogrammes de produits illicites, pour une contre-valeur estimée à plus de 82,4 milliards de francs CFA. À ces saisies s’ajoutent d’importantes quantités de faux médicaments, dont la valeur marchande est évaluée à près de 2 milliards de francs CFA, témoignant de la vigilance constante des Douanes face aux menaces pesant sur l’économie et la santé publique.

Assemblée nationale : les premières fissures de la majorité autour de la gouvernance d’El Malick Ndiaye

Alors que la Présidence de l’Assemblée nationale boucle sa première année, un débat inattendu mais explosif s’invite au cœur même de la majorité parlementaire. Les critiques les plus virulentes ne viennent plus de l’opposition, mais de l’intérieur de Pastef. Le député Mouramani Kaba Diakité, numéro trois du parti, a provoqué une véritable onde de choc en accusant publiquement le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, de népotisme, de gabegie et de gestion clanique, selon des propos rapportés par L’AS.

La sortie, particulièrement musclée, a été faite lors d’échanges sur un panel WhatsApp avant d’être largement relayée sur les réseaux sociaux. Originaire de Tambacounda, le parlementaire n’a pas mâché ses mots, dressant un réquisitoire sans concession contre la gouvernance interne de l’institution parlementaire. Une démarche qui peut s’apparenter à un tir contre son propre camp, mais que Mouramani Kaba Diakité assume pleinement, invoquant la nécessité de cohérence et de bonne gouvernance.

Selon lui, El Malick Ndiaye aurait progressivement mis en place un système centré sur ses intérêts personnels et ceux d’un cercle restreint de proches. Il affirme que, à l’image du Président de la République ou du Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale se serait doté d’un cabinet pléthorique, composé en grande partie de personnes issues de son fief et de relations personnelles. Une pratique qui, aux yeux du député, trahirait l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Allant plus loin, Mouramani Kaba Diakité prête à El Malick Ndiaye des ambitions politiques futures qu’il jugerait prématurées et déplacées dans le contexte actuel. « On dirait qu’il est en stage pour demain être à la place de Diomaye », aurait-il lancé, avant de l’exhorter à ne pas se comporter « en loup dans une peau de biche ». Des propos lourds de sous-entendus, qui témoignent d’un malaise profond au sein de la majorité.

Au-delà des attaques personnelles et politiques, le député appelle à des mesures concrètes. Il annonce son intention de proposer un audit de la gestion du président de l’Assemblée nationale, ainsi qu’une révision du règlement intérieur. L’une de ses principales propositions consiste à limiter le mandat du président de l’institution à une durée d’un an renouvelable, alignée sur celle du mandat parlementaire. Une réforme qui, si elle venait à être adoptée, pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs et le fonctionnement interne de l’hémicycle.

Mouramani Kaba Diakité dénonce également des recrutements qu’il qualifie de fictifs. Il évoque notamment des agents affectés à Linguère qui, selon lui, ne se présenteraient jamais à l’Assemblée nationale tout en continuant à percevoir leurs salaires. Pour le député, ces pratiques rappellent des dérives du passé que Pastef a toujours combattues. Il insiste sur le fait que le slogan « Jub, Jubal, Jubanti » ne doit pas rester un simple mot d’ordre, mais se traduire par des actes concrets et visibles.

La taille du cabinet du président de l’Assemblée figure aussi parmi les principaux griefs. Toujours selon L’AS, Mouramani Kaba Diakité affirme qu’El Malick Ndiaye disposerait de 67 agents, contre 47 pour son prédécesseur. À cela s’ajouterait une dotation mensuelle de 5 000 litres de carburant. Plus choquant encore, selon le député, l’Assemblée nationale prendrait en charge un cuisinier personnel du président, rémunéré à hauteur d’un million de francs CFA par mois. Un symbole, à ses yeux, de l’absence de rationalisation pourtant promise aux Sénégalais.

Enfin, le parlementaire soulève la question sensible de la gestion des dettes héritées de la 14e législature. Il affirme que les dettes contractées par les députés de Benno Bokk Yaakaar auraient été réglées, contrairement à celles des députés de Pastef. À cela s’ajoute, selon lui, une opacité persistante autour du marché d’acquisition de véhicules pour les députés. Il dénonce le fait que des retenues soient opérées depuis plusieurs mois sur leurs indemnités, sans que les véhicules promis ne soient livrés ni que des explications claires ne soient fournies. Plus grave encore, aucun député n’aurait voté ce marché, affirme-t-il.

Cheikhou Oumar Niasse (vers 1889–1966)

Figure religieuse et deuxième khalife de El Hadji Abdoulaye Niasse

Cheikhou Oumar Niasse est né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie. Il est le fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, éminent érudit et guide spirituel de la confrérie tidjane, et de Seynabou Diaw, issue d’une famille réputée pour sa piété et son attachement aux valeurs islamiques.

Élevé dans un environnement profondément imprégné de savoir religieux, Cheikhou Oumar Niasse reçoit dès son plus jeune âge une formation islamique rigoureuse. Il grandit à l’ombre de son père, dont il assimile les enseignements spirituels, moraux et intellectuels. Il se distingue très tôt par sa discipline, sa piété et son sens aigu des responsabilités. Cette éducation fait de lui un homme respecté au sein de sa communauté et un héritier naturel de l’œuvre religieuse et sociale de son père.

À la disparition de El Hadji Abdoulaye Niasse, Cheikhou Oumar Niasse est désigné deuxième khalife, fonction qu’il exerce de 1959 à 1966. Durant son khalifat, il s’attache à préserver et à consolider l’héritage spirituel légué par son père, en mettant un accent particulier sur la transmission du savoir religieux, le renforcement de la cohésion communautaire et le respect des valeurs fondamentales de l’islam.

Son leadership se caractérise par la sobriété, la sagesse et un profond sens du devoir. Il œuvre constamment au maintien de l’unité des disciples et à la continuité des enseignements tidjanes, dans un contexte marqué par d’importantes mutations sociales et politiques en Afrique de l’Ouest.

Cheikhou Oumar Niasse s’éteint en 1966, laissant derrière lui le souvenir d’un guide spirituel dévoué, fidèle à l’héritage de El Hadji Abdoulaye Niasse et unanimement respecté pour son engagement sincère au service de l’islam et de la communauté.

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : la voix religieuse se fait porte-voix de la détresse paysanne

Dans le bassin arachidier de Kaolack, la campagne agricole 2025 ne se limite plus à une simple question de rendement ou de prix au kilogramme. Elle est devenue une préoccupation sociale majeure, au point de susciter l’intervention de figures religieuses de premier plan. À Médina Baye, Cheikh Sidy Araby Niass, Khalif de Cheikh El Hadji Mouhammad Zeynabou Niass, a publiquement exprimé son inquiétude face à la situation difficile que traversent les producteurs agricoles.

Lors d’une intervention empreinte de gravité et de responsabilité morale, le guide religieux a dressé un constat alarmant : la précarité persistante des paysans, en dépit des annonces officielles censées améliorer le déroulement de la campagne. Selon lui, les difficultés liées à la commercialisation de l’arachide et des autres céréales continuent de peser lourdement sur les ménages ruraux, compromettant leur stabilité économique et sociale.

Au-delà des chiffres et des discours institutionnels, Cheikh Sidy Araby Niass a insisté sur la dimension humaine de la crise. Retards dans l’écoulement de la production, faibles revenus, incertitude permanente : autant de facteurs qui, selon lui, portent atteinte à la dignité des paysans et fragilisent la cohésion sociale dans les zones rurales. « Lorsque le paysan souffre, c’est toute la société qui est ébranlée », a-t-il rappelé, appelant à une prise de conscience collective.

Le Khalif a également dénoncé des dysfonctionnements structurels dans l’organisation de la filière arachidière, évoquant notamment l’absence de mécanismes de protection efficaces contre la spéculation et les pertes financières. Pour lui, ces insuffisances traduisent un écart préoccupant entre les engagements annoncés et la réalité vécue sur le terrain.

Dans un pays où l’arachide demeure un pilier de l’économie agricole, la sortie de Cheikh Sidy Araby Niass résonne comme un véritable signal d’alarme. Elle rappelle le rôle historique des autorités religieuses en tant que médiateurs sociaux et défenseurs des plus vulnérables. À Kaolack, cette prise de parole vient ainsi renforcer les appels à des réformes urgentes, fondées sur la transparence, la justice économique et le respect de la parole donnée.

Alors que la campagne arachidière 2025 se poursuit dans un climat de tensions et d’incertitudes, cette interpellation morale remet le paysan au centre du débat et invite les décideurs à repenser les politiques agricoles à l’aune des réalités humaines du monde rural.

Affaire Softcaire–ARP : quand l’incertitude réglementaire fragilise consommateurs, emplois et industrie nationale

Au-delà du différend opposant l’industrie Softcaire à l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), cette affaire met en lumière les failles d’une gouvernance sanitaire mise à rude épreuve par la gestion de l’information. C’est le constat dressé par l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), à l’issue d’une tournée nationale ayant révélé une inquiétude croissante au sein des populations et des acteurs économiques.

Dans les marchés, chez les distributeurs comme auprès des consommateurs, un même sentiment domine : l’absence de communication officielle claire a installé un climat d’incertitude aux conséquences multiples. Chute de la confiance, ralentissement des activités commerciales, interrogations sur la sécurité des produits et craintes quant à l’avenir d’une industrie nationale figurent parmi les effets collatéraux relevés par l’UNCS.

Pour l’organisation, le silence prolongé des autorités sanitaires risque d’aggraver une situation déjà sensible. « Le flou nourrit la spéculation », avertit-elle, soulignant le danger d’une crise de confiance durable, non seulement à l’égard d’un produit ou d’une entreprise, mais plus largement envers l’ensemble du système de régulation.

Si la protection de la santé publique demeure non négociable, l’UNCS insiste toutefois sur la nécessité d’un équilibre dans le traitement du dossier. Elle appelle à une gestion rigoureuse, indépendante et équitable, respectueuse de la présomption d’innocence, afin d’éviter que des milliers d’emplois sénégalais ne soient indirectement menacés par une communication imprécise ou tardive.

L’organisation plaide également pour une approche globale du contrôle sanitaire, recommandant l’extension des inspections à toutes les marques de produits similaires présentes sur le marché. Une mesure qui, selon elle, renforcerait l’équité concurrentielle et rassurerait les consommateurs quant à l’impartialité de l’État.

Dans ce contexte, l’appel de l’UNCS au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique dépasse la simple exigence de transparence. Il s’agit, pour l’organisation, d’un véritable test de crédibilité pour les institutions, appelées à démontrer leur capacité à protéger à la fois la santé des citoyens, la stabilité économique et la confiance du public.

Saly : un vigile écroué pour vol avec violence et usurpation de fonction

Un fait divers aussi choquant que révélateur d’une usurpation d’autorité a conduit à l’incarcération de M. Diallo Diop, vigile de profession, marié et père de famille. Il est poursuivi pour vol avec violence et usurpation de fonction, et a été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Mbour depuis lundi dernier. Les faits se sont produits dans la station balnéaire de Saly, haut lieu touristique du département de Mbour.

Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition du vendredi 2 janvier, l’agression s’est déroulée dans la nuit du samedi 27 décembre, aux environs de minuit, à Saly Carrefour. Vêtu d’un uniforme de police, Diallo Diop aurait accosté une travailleuse du sexe nigériane, identifiée sous le nom de M. Ogoro, devant un bar de la localité. Se faisant passer pour un agent des forces de l’ordre en patrouille, il lui aurait intimé l’ordre de lui remettre l’argent qu’elle avait gagné au cours de la nuit.

Face au refus catégorique de la jeune femme, la situation aurait rapidement dégénéré. Toujours selon la même source, le faux policier se serait livré à une violence extrême, rouant la victime de coups avant de lui arracher son téléphone portable et la somme de 20 000 francs CFA. La scène, d’une rare brutalité, s’est déroulée en pleine voie publique.

La tentative de fuite de l’agresseur a toutefois été de courte durée. Des agents de la brigade de recherches, en patrouille dans le secteur au même moment, ont surpris l’altercation. Une course-poursuite s’en est suivie avant que Diallo Diop ne soit finalement maîtrisé et interpellé. Il a ensuite été conduit au commissariat de police de Saly Portudal pour les besoins de l’enquête.

Devant les enquêteurs, le mis en cause a tenté de minimiser les faits en livrant une version totalement différente. Il a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une agression, mais plutôt d’un différend lié à une « passe » tarifée à 3 500 francs CFA, survenue dans un bâtiment en construction. Concernant l’uniforme de police, il a affirmé qu’il s’agissait d’un simple « cadeau » offert par un cousin adjudant, cherchant ainsi à écarter toute intention frauduleuse.

Ces explications n’ont cependant pas convaincu les autorités judiciaires. Le parquet de Mbour, estimant les charges suffisamment graves et étayées, a décidé de le placer sous mandat de dépôt. Diallo Diop devra désormais répondre de ses actes devant la justice, tandis que cette affaire relance le débat sur l’usurpation de fonction et la sécurité dans les zones touristiques du pays.

Recrutement en Guinée : le ministre Daouda Ngom interpelle les universités publiques sénégalaises

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a exprimé de vives préoccupations à la suite de la découverte de la présence de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais sur une liste d’admis à un recrutement dans la fonction publique d’un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Ces enseignants-chercheurs seraient actuellement en exercice dans les universités publiques du Sénégal.

Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre indique avoir pris connaissance de cette situation à travers des documents officiels relatifs audit recrutement. Selon lui, l’enrôlement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la fonction publique d’un autre État pose un sérieux problème au regard des dispositions légales et réglementaires qui encadrent le statut et les obligations des enseignants-chercheurs au sein des universités publiques sénégalaises.

Le Pr Daouda Ngom estime que cette situation est susceptible d’avoir des répercussions négatives sur le fonctionnement normal des établissements d’enseignement supérieur, notamment en ce qui concerne la continuité des enseignements, le suivi des étudiants et le bon déroulement des activités de recherche. Elle soulève également la question de la gestion des ressources humaines dans un contexte marqué par un besoin constant de personnel qualifié au sein des universités publiques du pays.

Dans cette perspective, le ministre a instruit les recteurs des universités publiques de se saisir sans délai de cette affaire. Il leur a demandé de procéder à un examen approfondi de la situation administrative et contractuelle des enseignants-chercheurs concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs engagements vis-à-vis de l’État du Sénégal et de leurs établissements d’affectation.

Le ministre a également exigé que les recteurs l’informent, dans les meilleurs délais, des résultats de leurs diligences, notamment en ce qui concerne les mesures envisagées ou déjà prises pour le règlement de cette affaire jugée préoccupante. L’objectif affiché est d’assurer une gestion optimale et coordonnée des ressources humaines, tout en garantissant la continuité et la qualité du service public d’enseignement supérieur et de recherche.

En conclusion de sa circulaire, le Pr Daouda Ngom a tenu à souligner l’importance qu’il accorde à l’exécution effective de cette instruction. Il a rappelé aux responsables universitaires leur responsabilité dans la préservation des intérêts du système universitaire national et dans le respect strict des textes en vigueur régissant la fonction d’enseignant-chercheur au Sénégal.

Nouvelle affaire d’abus de confiance : Seydina Fall « Boughazéli » de nouveau dans les filets de la justice

Le feuilleton judiciaire de Seydina Fall, plus connu du grand public sous le surnom de « Boughazéli », connaît un nouvel épisode. À peine condamné à deux mois de prison ferme pour abus de confiance, l’homme de 56 ans se retrouve encore une fois confronté à la justice, dans une affaire aux relents de pratiques immobilières douteuses.

Selon les révélations du quotidien Libération, Seydina Fall a été extrait de sa cellule de la prison centrale de Rebeuss le 30 décembre dernier pour être placé en garde à vue par les éléments de la sûreté urbaine du commissariat de Guédiawaye. Cette nouvelle procédure fait suite à une plainte déposée par une dame identifiée par les initiales A. Sall, qui met en cause « Boughazéli » ainsi qu’un courtier immobilier du nom de Moustapha Ndiaye.

Récemment reconverti en agent immobilier, Seydina Fall est accusé d’abus de confiance dans le cadre d’une affaire de location immobilière. D’après les déclarations de la plaignante, elle aurait été mise en relation avec le courtier Moustapha Ndiaye pour la location d’un appartement présenté comme étant la propriété de Seydina Fall. Après des discussions et un accord verbal entre les parties, ce dernier aurait perçu, dès le mois de novembre 2025, la somme de 370 000 francs CFA, remise contre une décharge. En contrepartie, il se serait engagé à mettre rapidement l’appartement à la disposition de la future locataire.

Cependant, cette promesse ne sera jamais honorée. Malgré le paiement effectué, A. Sall n’a jamais pu accéder au logement en question. Face au silence et à l’absence de solution, elle a fini par saisir les autorités compétentes, estimant avoir été flouée. L’enquête ouverte à la suite de cette plainte a rapidement mis en lumière des zones d’ombre, notamment le rôle du courtier impliqué dans la transaction.

Convoqué par les enquêteurs pour s’expliquer, Moustapha Ndiaye ne s’est pas présenté, compliquant davantage le travail des policiers, selon Libération. Cette absence alimente les soupçons autour d’un possible montage frauduleux et renforce la gravité des accusations portées contre les deux hommes.

Pour sa part, Seydina Fall, extrait de prison pour les besoins de l’enquête, a choisi de garder le silence lors de son audition. Il a indiqué vouloir attendre la présence de son avocat avant toute déclaration. Conformément à la procédure, son droit à un conseil lui a été notifié avant son placement en garde à vue, intervenu le 30 décembre à 14 heures 04 minutes précises.

Dyarchie au sommet de l’État : les mises en garde du Dr Malaw Kanté après la sortie de Ousmane Sonko

La sortie médiatique du Premier ministre Ousmane Sonko, le 1er janvier, au lendemain du message de nouvel an du Président de la République Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter de nombreuses réactions dans le paysage politique sénégalais. Parmi les analyses les plus critiques figure celle du politologue Dr Malaw Kanté, qui évoque une situation préoccupante de « cacophonie au sommet de l’État », susceptible, selon lui, d’avoir des répercussions durables sur l’image et la stabilité du pays.

Dans un entretien accordé à L’Observateur, le spécialiste des questions politiques souligne le caractère inédit de la posture adoptée par le chef du gouvernement. Ousmane Sonko a publiquement affirmé que ses fonctions de Premier ministre ne « brident pas sa liberté », une déclaration que Dr Kanté considère comme un précédent dans l’histoire politique récente du Sénégal. À ses yeux, cette liberté de ton tranche avec la tradition institutionnelle, marquée jusque-là par une hiérarchie exécutive clairement assumée et un alignement public entre le Président et son Premier ministre.

Pour le politologue, cette configuration singulière trouve son origine dans un rapport de force inversé. Il rappelle que le Président Bassirou Diomaye Faye a été porté au pouvoir dans un contexte politique où Ousmane Sonko occupait une place centrale et déterminante. De ce fait, estime-t-il, le Premier ministre apparaît aujourd’hui comme un acteur politiquement difficile à écarter, sans risquer de provoquer un choc majeur au sein de la coalition au pouvoir et, plus largement, sur la scène nationale.

Dans le même temps, Dr Kanté observe que le chef du gouvernement poursuit une offensive verbale contre ce qu’il qualifie de « système », y compris à l’intérieur même de l’appareil d’État. Les annonces répétées de possibles révélations et de « déballages » à venir contribuent, selon lui, à installer un climat d’incertitude et placent parfois le Président de la République dans une position inconfortable, pris entre la nécessité d’incarner l’unité de l’État et les prises de position tranchées de son Premier ministre.

Le politologue estime que le Sénégal semble ainsi s’éloigner du schéma classique d’un couple exécutif cohérent et solidaire, pour glisser vers ce qu’il qualifie de « dyarchie », voire de bicéphalisme conflictuel. Dans cette configuration, le centre réel du pouvoir devient difficile à identifier, brouillant la lecture de l’action publique et laissant planer le doute sur l’autorité qui fixe réellement le cap et le tempo de la gouvernance. Cette situation alimente même, selon lui, l’idée que le Premier ministre pourrait suivre un agenda politique distinct de celui de la Présidence.

Pour Dr Malaw Kanté, les conséquences de cette dissonance ne sont pas anodines. Elle nourrit une confusion générale au sein de l’opinion publique, exacerbe les tensions internes dans la coalition au pouvoir et fragilise, à terme, l’autorité de l’État. Sur le plan international également, cette dynamique est scrutée avec attention et prudence. Certains observateurs y voient déjà les prémices d’une forme de « guerre froide » entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.

Fatick – Éducation : le lycée de Passy, un investissement stratégique contre l’exode scolaire

La pose de la première pierre du lycée de Passy, présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, marque bien plus que le lancement d’un chantier estimé à 3,5 milliards de francs CFA. Elle symbolise une réponse concrète à un déficit structurel de l’offre éducative dans cette commune du département de Fatick, longtemps confrontée à l’exode scolaire de ses élèves.

Pendant des années, l’absence d’un établissement d’enseignement secondaire a contraint de nombreux collégiens et lycéens à se déplacer quotidiennement vers des localités voisines, les exposant aux risques de décrochage scolaire, à la fatigue et à des charges financières supplémentaires pour les familles. Avec une capacité d’accueil de 1 500 élèves, le futur lycée ambitionne de freiner cette dynamique et de rééquilibrer l’accès à l’éducation post-collège.

S’étalant sur une durée de 18 mois, le projet prévoit la construction de 24 salles de classe ainsi que d’un laboratoire, intégrant des innovations à caractère écologique. Cette approche s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir des infrastructures publiques durables, adaptées aux défis environnementaux actuels.

Pour le chef du gouvernement, ce chantier vise à corriger un retard historique. Soixante-cinq ans après l’indépendance du Sénégal, Passy amorce enfin la construction d’un lycée à la hauteur de son statut et de ses ambitions. Un signal fort adressé aux collectivités territoriales, dans un contexte où l’État affiche sa volonté de réduire les inégalités territoriales en matière d’éducation.

Du côté des autorités locales, le soulagement est palpable. Le maire de Passy, Baye Niass, voit dans ce projet un levier de développement humain et social. Au-delà de l’infrastructure, il s’agit d’un investissement dans le capital humain, susceptible d’améliorer les performances scolaires, de renforcer l’employabilité future des jeunes et de favoriser la stabilisation des familles au sein de la commune.

Si les populations saluent unanimement cette initiative, elles restent néanmoins attentives au respect des délais et à la qualité des travaux. Pour elles, l’enjeu est clair : faire de ce lycée un véritable pôle d’excellence éducative, capable de transformer durablement le paysage scolaire local.

À Passy, la pose de la première pierre du lycée ne marque donc pas seulement le début d’un chantier, mais nourrit l’espoir d’un avenir où l’éducation devient un droit pleinement accessible, et non un parcours d’obstacles.

CAN : la FSF dément toute tension avec le sélectionneur et appelle à l’unité autour des Lions

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) est sortie de son silence pour mettre fin aux rumeurs persistantes évoquant de supposées tensions ou divergences entre l’instance fédérale et le sélectionneur national, en pleine Coupe d’Afrique des Nations. Dans un communiqué officiel rendu public, la FSF a tenu à apporter un démenti formel à ces informations qu’elle juge infondées et préjudiciables à la sérénité de l’équipe nationale.

L’instance dirigeante du football sénégalais dit avoir constaté, « avec regret, la persistance de certaines rumeurs et informations distillées par une partie de la presse », laissant croire à l’existence d’un climat conflictuel ou de tensions latentes entre la Fédération et l’encadrement technique des Lions. Des allégations que la FSF rejette catégoriquement, les qualifiant de totalement dénuées de fondement et susceptibles de nuire à la dynamique positive qui entoure la sélection nationale en pleine compétition continentale.

La Fédération insiste sur la qualité des relations entre ses dirigeants et le staff technique. Elle affirme qu’il existe une collaboration exemplaire entre le président de la FSF, le sélectionneur national et l’ensemble de l’encadrement, précisant que les rapports sont « extrêmement cordiaux et fraternels », bien au-delà des simples cadres professionnels et hiérarchiques. Selon la FSF, cette entente repose sur une confiance mutuelle et une vision commune centrée exclusivement sur la réussite sportive du Sénégal.

Dans son communiqué, la Fédération souligne également la forte synergie d’action au sein de la délégation sénégalaise présente à la CAN. Elle rappelle que le travail quotidien s’effectue sous l’autorité du président de la FSF, dans un climat marqué par le respect mutuel, la cohésion et la recherche permanente de l’excellence. L’objectif partagé par tous les acteurs reste de placer l’équipe nationale dans les meilleures conditions possibles afin de maximiser ses chances de performance et de succès.

Face aux spéculations et aux débats jugés inutiles, la FSF appelle à mettre un terme aux polémiques. Elle estime que « l’heure n’est ni à la polémique stérile ni à la division », mais plutôt à la mobilisation générale et à l’unité sacrée autour des Lions, de leur staff technique et de l’ensemble de la délégation. Pour la Fédération, l’enjeu dépasse les considérations secondaires et impose un soutien total à l’équipe engagée dans la quête d’un nouveau sacre continental.

CAN TotalEnergies Maroc 2025 : le Gabon suspend sa sélection nationale après une prestation jugée déshonorante

Le gouvernement gabonais a annoncé, ce 1er janvier 2026, une série de mesures particulièrement sévères à l’encontre de l’équipe nationale de football, au lendemain de la participation des Panthères à la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. Dans un communiqué officiel, le ministère en charge de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, a justifié ces décisions par la contre-performance jugée « déshonorante » de la sélection, estimant qu’elle a porté atteinte à l’image du pays et aux valeurs d’éthique et d’exemplarité défendues par la Ve République.

Selon les autorités, les résultats enregistrés lors de cette CAN, combinés à l’attitude observée au sein de l’équipe, ont suscité une vive indignation au plus haut sommet de l’État. Le ministère considère que la sélection nationale, en tant que vitrine du Gabon sur la scène internationale, se doit d’incarner discipline, engagement et fierté nationale, des principes qui, selon le communiqué, n’ont pas été respectés durant la compétition.

En conséquence, le gouvernement a décidé de dissoudre l’ensemble du staff technique de l’équipe nationale. Cette mesure radicale vise à ouvrir une nouvelle phase de restructuration du football gabonais, avec l’ambition affichée de repartir sur des bases plus solides et plus conformes aux attentes des autorités et du public sportif.

Autre décision forte : la suspension de l’équipe nationale de football jusqu’à nouvel ordre. Cette suspension implique l’arrêt de toutes les activités officielles des Panthères, tant au niveau des compétitions que des regroupements, le temps pour les instances concernées de procéder à une évaluation approfondie de la situation et de proposer des réformes structurelles.

Par ailleurs, deux figures emblématiques de la sélection, Bruno Ecuélé Manga et Pierre-Emerick Aubameyang, ont été mises à l’écart. Le communiqué ne détaille pas les motifs précis de cette décision individuelle, mais elle s’inscrit, selon le ministère, dans une logique de responsabilité et de restauration de l’exemplarité au sein de l’équipe nationale.

Le gouvernement gabonais a enfin interpellé la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), l’invitant à assumer pleinement ses responsabilités dans cette crise. Les autorités attendent de l’instance dirigeante du football national qu’elle tire toutes les conséquences de cet échec sportif et qu’elle s’engage résolument dans un processus de réforme, tant sur le plan de la gouvernance que de la gestion technique et administrative.

Ousmane Sonko révèle l’ampleur de la dette publique et appelle à un combat permanent contre le système

En marge de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune de Passi, tenue ce jeudi, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur l’affaire dite de la « dette cachée », un dossier qu’il juge emblématique de la situation financière réelle héritée par les nouvelles autorités. Devant les populations, le chef du gouvernement a tenu à expliquer les motivations qui ont conduit l’État à lancer, dès sa prise de fonction, un audit approfondi du stock de la dette publique.

Selon Ousmane Sonko, les chiffres officiels communiqués par l’ancien régime étaient loin de refléter la réalité. Il rappelle qu’au moment de quitter le pouvoir, les précédentes autorités avaient annoncé un niveau d’endettement équivalent à 74 % du produit intérieur brut. Or, l’audit engagé par le nouveau gouvernement a révélé une situation bien plus alarmante, avec une dette atteignant désormais 119 % du PIB. Pour le Premier ministre, ce niveau signifie clairement que la dette publique dépasse l’ensemble de la richesse produite par le pays, une situation qu’il qualifie de particulièrement préoccupante pour l’avenir économique du Sénégal.

Face à cette réalité, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité absolue de transparence. Il estime que cet exercice d’évaluation n’avait pas pour but de polémiquer, mais plutôt d’informer les citoyens sur l’état réel du pays au moment de l’alternance. Selon lui, les Sénégalais ont le droit de savoir dans quelles conditions les nouvelles autorités ont hérité de la gestion de l’État. Il soutient également que l’absence d’un tel audit aurait exposé le gouvernement à de lourdes critiques, certains n’hésitant pas, selon ses propos, à accuser l’exécutif d’incompétence face aux difficultés économiques.

Au-delà de la question strictement financière, le Premier ministre a élargi son intervention à une critique plus globale du fonctionnement de l’État. Il a évoqué l’existence d’un système profondément enraciné, qui, selon lui, continue de freiner les réformes engagées. Ousmane Sonko affirme que ce système est encore présent dans plusieurs sphères clés, notamment au sein de l’administration, de la justice, mais aussi à la Primature et à la Présidence. Pour lui, ce réseau de résistances n’a pas encore renoncé et constitue un obstacle majeur à la transformation souhaitée par les nouvelles autorités.

Cheikh Yérim Seck : « Une rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko serait politiquement contre-productive »

L’analyste politique et journaliste Cheikh Yérim Seck estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ont un intérêt stratégique commun à maintenir leur collaboration au sommet de l’État. S’exprimant sur le plateau de 7TV, il a soutenu que toute rupture entre les deux hommes serait non seulement préjudiciable, mais également politiquement contre-productive pour chacun d’eux.

Selon Cheikh Yérim Seck, l’équilibre actuel du pouvoir repose sur une forme de complémentarité entre le chef de l’État et son Premier ministre, dans un contexte politique sénégalais encore marqué par une phase de recomposition. « C’est dans leur intérêt », a-t-il affirmé sans détour, avant d’ajouter qu’« une rupture n’arrange ni Sonko ni Diomaye ». Pour l’analyste, la stabilité de l’exécutif dépend largement de cette entente, qui permet à la fois de consolider l’autorité présidentielle et de préserver la cohésion de la majorité issue de la dynamique politique récente.

Abordant la question de la coalition DiomayePrésident, Cheikh Yérim Seck a toutefois exprimé des réserves quant à la capacité du président Bassirou Diomaye Faye à gouverner durablement sans s’appuyer sur un appareil politique solide et structuré. À ses yeux, cette faiblesse organisationnelle constitue un véritable défi pour le chef de l’État. « Ce sera très difficile pour le président Bassirou Diomaye Faye de gouverner sans appareil politique. Il n’a plus d’espace au sein de Pastef », a-t-il déclaré, soulignant ainsi les contraintes partisanes et institutionnelles auxquelles le président pourrait être confronté à moyen et long terme.

L’analyste s’est également penché sur le rôle confié à Aminata Touré au sein de la coalition présidentielle. Contrairement à certaines perceptions, il estime que l’ancienne Première ministre n’a pas été investie de la direction politique pleine et entière de la coalition. « La coalition n’est pas confiée à Aminata Touré. Elle est désignée superviseur en attendant que l’appareil prenne forme », a précisé Cheikh Yérim Seck, laissant entendre que cette fonction demeure transitoire et limitée dans son champ d’action.

Enfin, évoquant l’hypothèse d’un élargissement de la majorité présidentielle à d’autres formations politiques telles que le Parti démocratique sénégalais (PDS) ou l’Alliance pour la République (APR), Cheikh Yérim Seck a émis des doutes sur la capacité d’Aminata Touré à mener une telle ouverture. Selon lui, si le président Bassirou Diomaye Faye souhaite réellement engager une stratégie de rassemblement avec ces forces politiques traditionnelles, il devra s’appuyer sur une autre personnalité. « Parce que si le chef de l’État veut vraiment s’ouvrir à des forces politiques comme le PDS ou l’APR, ce n’est pas Aminata Touré qui pourra réussir cette mission », a-t-il conclu, soulignant les enjeux délicats d’un éventuel élargissement de la majorité présidentielle.

CAN 2025 : les huitièmes de finale dévoilés, place aux grands chocs

La phase de poules de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a livré son verdict. Après plusieurs jours de compétition intense, les équipes qualifiées pour les huitièmes de finale sont désormais connues, et le tableau final promet des affiches alléchantes entre favoris affirmés, outsiders ambitieux et nations en quête d’exploit. Les prochains jours marqueront l’entrée dans la phase à élimination directe, où la moindre erreur peut être fatale.

Dans la partie haute du tableau, la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, se présente avec le statut de favori. Les Éléphants ont terminé en tête du groupe F après une victoire renversante face au Gabon (3-2), alors qu’ils étaient menés 2-0. Une démonstration de caractère qui renforce leur crédibilité au moment d’affronter le Burkina Faso, le lundi 6 janvier à 21h00 à Agadir. Les Burkinabè, souvent difficiles à manœuvrer dans les matchs couperets, tenteront de déjouer les pronostics face à une sélection ivoirienne riche en expérience et en talent offensif.

Le Sénégal, premier de son groupe, entamera sa campagne à élimination directe le samedi 3 janvier à 16h00 GMT à Tanger face au Soudan. Pour les Lions de la Téranga, cette rencontre constitue le véritable départ de leur tournoi, avec l’objectif clair d’aller le plus loin possible et de confirmer leur statut parmi les grandes nations du continent. La rigueur défensive et la maîtrise collective sénégalaises seront des atouts majeurs face à une équipe soudanaise qui n’a rien à perdre.

Toujours dans cette partie du tableau, l’Algérie affrontera la République démocratique du Congo dans une confrontation qui s’annonce disputée. Les Fennecs, auteurs d’un parcours sans faute en phase de groupes, devront se méfier d’une équipe congolaise athlétique et imprévisible. Le Mali sera opposé à la Tunisie dans un duel très tactique entre deux sélections réputées pour leur discipline et leur solidité. Enfin, le Nigeria, lui aussi parfait en phase de groupes, croisera la route du Mozambique. Les Super Eagles partiront largement favoris, mais devront rester vigilants face à une équipe mozambicaine qui découvre pour la première fois les huitièmes de finale et rêve de prolonger l’aventure.

Dans la partie basse du tableau, le Maroc, pays hôte de la compétition, apparaît comme l’un des grands prétendants au sacre final. Les Lions de l’Atlas affronteront la Tanzanie le dimanche 4 janvier, avec l’ambition de se qualifier sans encombre et de poursuivre leur marche vers le titre devant leur public. Une qualification marocaine pourrait ouvrir la voie à un éventuel derby nord-africain très attendu face à l’Algérie au tour suivant.

Le Cameroun, longtemps leader de son groupe avant les derniers instants de la phase de poules, sera opposé à l’Afrique du Sud. Ce choc entre deux équipes habituées aux grands rendez-vous s’annonce particulièrement relevé, d’autant que les Bafana Bafana restent sur une troisième place lors de la dernière édition de la CAN. Enfin, l’Égypte affrontera le Bénin le lundi 5 janvier dans un match crucial pour la suite de son parcours. Les Pharaons, toujours redoutables dans les compétitions africaines, chercheront à imposer leur expérience face à une équipe béninoise déterminée et ambitieuse.

Message à la Nation : Bassirou Diomaye Faye trace la voie de la relance et de la transformation du Sénégal à l’horizon 2026

À l’occasion du passage à l’année 2026, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé à la Nation dans un message solennel marqué par la vérité des chiffres, la lucidité sur les défis et l’affirmation d’une ambition claire pour l’avenir du Sénégal. Revenant longuement sur l’année écoulée, le Chef de l’État a dressé un bilan détaillé de l’action gouvernementale tout en dévoilant un vaste programme d’investissements publics, dans un contexte particulier dominé par l’organisation prochaine des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Le Président a qualifié l’année 2025 de véritable tournant, une « année de vérité » qui a permis de mettre en lumière des déséquilibres structurels profonds hérités de longues années de gouvernance. Il a reconnu l’ampleur des difficultés économiques et sociales rencontrées, tout en soulignant que ces contraintes n’ont pas freiné l’engagement de l’État à agir. Selon lui, l’année écoulée a aussi été celle des réformes courageuses et nécessaires, menées avec méthode et transparence. Dans le domaine social, il a mis en avant les économies substantielles réalisées par les ménages sénégalais grâce à la baisse des prix des produits essentiels, estimées à 342,5 milliards de francs CFA. Le Chef de l’État a tenu à saluer l’engagement du Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ensemble du gouvernement, qu’il a crédités d’une détermination constante à redresser l’État et à restaurer la confiance des citoyens.

Le bilan sectoriel présenté par le Président fait état de résultats significatifs dans plusieurs domaines clés. Dans le secteur de la santé, 34 postes de santé ont été ouverts et 76 ambulances médicalisées déployées à travers le pays, avec une projection de 112 ambulances en service dès 2026. L’éducation n’est pas en reste, avec la livraison de 2 400 salles de classe et de 1 389 blocs administratifs, ainsi que le recrutement de 2 000 enseignants affectés prioritairement dans les zones les plus vulnérables. En agriculture, la production céréalière nationale a franchi le seuil de 2,5 millions de tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé un dynamisme longtemps perdu, signe selon le Président d’un retour progressif à la souveraineté alimentaire. Sur le plan industriel, la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, a permis de recréer plus de 2 300 emplois directs. En matière d’emploi et d’entrepreneuriat, plus de 8 000 petites et moyennes entreprises ont été accompagnées, générant près de 130 000 emplois directs et indirects.

Se projetant vers l’avenir, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que l’année 2026 sera placée sous le signe de la relance effective de l’investissement public. Des enveloppes budgétaires importantes sont prévues pour impulser une nouvelle dynamique de développement. Le secteur de la santé bénéficiera de 91 milliards de francs CFA, destinés notamment à la construction de 35 centres de santé de proximité et à l’achèvement de l’hôpital oncologique de Diamniadio. L’éducation recevra 62,8 milliards de francs CFA pour la réalisation de 2 500 nouvelles salles de classe. Le Président a également annoncé 50 milliards de francs CFA pour le lancement du Grand Transfert d’Eau, 100 milliards pour les infrastructures routières et urbaines, ainsi que 91 milliards pour le développement des agropoles du Sud et du Centre du pays.

Parmi les projets structurants, le Grand Transfert d’Eau occupe une place stratégique. Ce programme ambitieux permettra de mobiliser jusqu’à 1,8 million de mètres cubes d’eau par jour afin de répondre durablement aux besoins croissants de Dakar, Mbour et Thiès. Il contribuera également à l’irrigation de près de 15 000 hectares, renforçant ainsi la production agricole et la résilience face aux changements climatiques.

Le Président a par ailleurs mis l’accent sur la connectivité et l’inclusion numérique. Le Sénégal ambitionne d’atteindre une connectivité quasi universelle grâce au déploiement d’antennes satellitaires, permettant à près d’un million de citoyens d’accéder gratuitement à Internet dès 2026. Dans le domaine énergétique, 367 nouvelles localités seront raccordées au réseau électrique, offrant l’électricité à plus de 1,2 million de personnes supplémentaires.

Sur le plan institutionnel, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre 2026. Ils portent notamment sur la révision de la Constitution, la mise en place de la Cour constitutionnelle, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature et celle de la Commission électorale nationale indépendante. Il a également salué l’installation prochaine de l’Office national de lutte contre la corruption, issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, symbole selon lui d’une nouvelle ère de gouvernance fondée sur la compétence, l’intégrité et le mérite.

L’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 a été présentée comme une vitrine exceptionnelle pour le Sénégal et pour l’Afrique. Premier événement olympique jamais organisé sur le continent africain, les JOJ constituent, selon le Président, un symbole de confiance internationale et de capacité organisationnelle. Il a appelé les Sénégalais à faire preuve d’exigence et de discipline afin de montrer au monde l’image d’une jeunesse responsable, d’un peuple hospitalier et d’une nation capable de tenir ses engagements.

Le Chef de l’État s’est également félicité de la décision du 68ᵉ Sommet de la CEDEAO de confier pour la première fois au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation. Il y voit une reconnaissance forte et sans équivoque du rôle du pays sur la scène régionale et africaine.

Enfin, concluant son allocution sur une note de fermeté et d’humanisme, le Président a réaffirmé que « aucune violence n’est tolérable dans la République ». Il a promis une lutte sans relâche contre les violences faites aux femmes et le féminicide, avec des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces crimes. Le message présidentiel s’est achevé sur un appel à l’unité nationale et à l’espérance, invitant les Sénégalais à poursuivre ensemble le choix de l’action et de la transformation pour bâtir un Sénégal plus juste, plus fort et plus souverain.

Baisse du prix de l’électricité : un souffle nouveau pour le pouvoir d’achat des Sénégalais dès janvier 2026

Une bonne nouvelle se profile pour les ménages et les petits professionnels sénégalais. Conformément à une décision de la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie (CRSE), une nouvelle grille tarifaire de l’électricité entre en vigueur, marquant une baisse significative des coûts pour les petits consommateurs. Cette mesure s’inscrit dans la politique sociale du Gouvernement visant à alléger les charges des foyers et à soutenir l’activité économique à petite échelle.

À compter du 1er janvier 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) applique une réduction tarifaire de 10 % sur la première tranche de consommation électrique. Cette tranche, qui couvre les usages allant de 0 à 150 kilowattheures (kWh), concerne aussi bien les clients en post-paiement que ceux utilisant le système de prépaiement Woyofal. L’objectif affiché est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages tout en renforçant la compétitivité des petits acteurs économiques.

Concrètement, pour les clients relevant de l’Usage Domestique Petite Puissance, le prix du kilowattheure passe de 91,17 francs CFA à 82 francs CFA. Du côté de l’Usage Professionnel Petite Puissance, qui regroupe notamment de nombreux artisans, commerçants et petites entreprises, le tarif baisse de 163,80 francs CFA à 147,43 francs CFA par kilowattheure. Cette réduction représente un allègement non négligeable sur les factures mensuelles, dans un contexte marqué par la cherté de la vie.

Selon la Senelec, plus de 2,6 millions de clients répartis sur l’ensemble du territoire national bénéficieront directement de cette mesure. Il s’agit donc d’une réforme à fort impact social, touchant une large majorité d’usagers de l’électricité au Sénégal.

Toutefois, cette baisse reste ciblée. Les tarifs applicables aux tranches de consommation supérieures ne connaissent aucun changement, tout comme ceux concernant les clients de Moyenne et de Grande Puissance. Pour les abonnés domestiques, la structure tarifaire demeure organisée en trois niveaux, avec une première tranche allant de 0 à 150 kWh désormais facturée au tarif réduit, une deuxième tranche comprise entre 151 et 250 kWh, et une troisième tranche au-delà de 250 kWh.

S’agissant des utilisateurs du système Woyofal, la réglementation en vigueur reste stricte. Le tarif appliqué à la deuxième tranche de consommation est aligné sur celui de la troisième, et la taxe sur la valeur ajoutée de 18 % continue de s’appliquer conformément aux dispositions légales en vigueur.

Alioune Tine plaide pour une justice indépendante et respectueuse des droits humains au Sénégal

Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center et figure majeure de la défense des droits humains au Sénégal, a relancé le débat sur l’état de la justice sénégalaise. Dans une récente prise de position, il estime qu’il est aujourd’hui impératif de créer les conditions d’une justice véritablement indépendante, conforme aux obligations internationales de l’État en matière de droits humains. Une sortie qui s’appuie, selon lui, sur l’observation de la gestion de plusieurs dossiers judiciaires sensibles.

Pour étayer son propos, Alioune Tine cite notamment le cas de Pape Malick Ndour. Selon lui, l’ancien ministre fait face à plusieurs accusations sans que les raisons objectives de son emprisonnement ne soient clairement établies. Il souligne que ce dernier se retrouve désormais sous bracelet électronique, assorti d’une restriction majeure : l’impossibilité de s’exprimer publiquement. Une situation qui, à ses yeux, pose un sérieux problème au regard des principes fondamentaux de l’État de droit.

Le défenseur des droits humains rappelle que le respect de la présomption d’innocence est un pilier essentiel de toute démocratie. Ce principe, dit-il, consacre la liberté comme règle et la détention comme exception. Il insiste également sur la nécessité de garantir les droits fondamentaux des personnes mises en cause, ainsi que le strict respect des procédures judiciaires. Pour Alioune Tine, ce sont ces garanties qui permettent d’assurer l’effectivité, la crédibilité et la légitimité d’une politique pénale axée sur la redevabilité et la reddition des comptes, sans dérive ni instrumentalisation.

Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien président de la Rencontre africaine des Droits de l’Homme (Raddho) élargit son analyse à d’autres affaires qu’il juge préoccupantes. Il évoque notamment le cas de Badara Gadiaga, chroniqueur et polémiste, dont les prises de position sembleraient déranger. Selon Alioune Tine, ce dernier se retrouve privé de parole alors que son dossier serait vide de tout fondement juridique solide, ce qui soulève des interrogations sur le respect de la liberté d’expression.

Alioune Tine mentionne également des situations qu’il qualifie de « cas limites », notamment celles de Farba Ngom et de Mabinetou Diaby. Il alerte sur le fait que leur état de santé serait incompatible avec une détention, appelant ainsi à une prise en compte plus humaine et plus responsable des conditions de privation de liberté, conformément aux standards internationaux en matière de droits humains.

Enfin, le fondateur d’Afrikajom Center déplore ce qu’il considère comme un déséquilibre dans le traitement des dossiers judiciaires. Il estime que la justice devrait également se pencher avec le même sérieux sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), qui suscite actuellement une vive controverse dans l’opinion publique. Pour lui, l’égalité devant la loi et l’impartialité de la justice sont indispensables pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

À Koungheul, la filière arachidière interpelle le nouveau pouvoir à la veille du discours présidentiel

À la veille du discours à la Nation du président Bassirou Diomaye Faye, la filière arachidière, pilier de l’économie rurale sénégalaise, fait entendre sa voix depuis Koungheul. À travers l’agriculteur et acteur du développement local Pape Médoune Seck, c’est l’ensemble du monde rural qui appelle à une refondation urgente des mécanismes de commercialisation de l’arachide.

Parmi les principales préoccupations exprimées figure la faible implication des industries de transformation locales. L’absence répétée de structures telles que la CAIT et COPEOL lors des deux dernières campagnes de commercialisation est perçue comme un dysfonctionnement majeur, fragilisant les producteurs et alimentant une instabilité persistante des prix.

Autre point sensible : la taxe de 40 francs CFA appliquée à l’exportation de l’arachide. Jugée contre-productive par les acteurs du secteur, cette ponction est accusée de réduire la compétitivité des opérateurs et d’impacter directement les revenus des producteurs, déjà confrontés à une hausse généralisée des charges agricoles.

La question du financement demeure également centrale. Les retards de paiement des opérateurs, tout comme les arriérés dus aux fournisseurs d’intrants agricoles (engrais et semences), compromettent sérieusement la préparation des prochaines campagnes. Pour Pape Médoune Seck, la mise en place de mécanismes de paiement rapides, voire anticipés, apparaît comme une condition indispensable à une relance durable de la production.

À travers ces revendications, Koungheul met en lumière des défis structurels qui dépassent le cadre local. À quelques heures du discours présidentiel, le monde rural espère des signaux forts en faveur d’une gouvernance agricole plus efficace, capable de restaurer la confiance et de sécuriser l’avenir de la principale culture de rente du Sénégal.

Guy Marius Sagna rejette les distinctions d’« homme de l’année » et réaffirme son engagement au service des populations

Le député Guy Marius Sagna a réagi publiquement aux mentions répétées de son nom dans divers classements ou distinctions le présentant comme « homme de l’année ». Dans un message publié à l’occasion du passage à la nouvelle année, le parlementaire a clairement demandé à ne plus être associé à ce type de reconnaissance, qu’il juge contraire à sa conception de l’engagement politique et citoyen.

Dans son message, Guy Marius Sagna insiste sur le fait qu’il ne recherche aucune distinction personnelle. Il affirme ne nourrir aucune ambition liée à des honneurs individuels ou à des comparaisons avec d’autres personnalités publiques. À l’inverse, il explique vouloir se consacrer exclusivement au service des populations, qu’il place au cœur de son action politique. Se définissant lui-même comme un « serviteur » et un « domestique » des peuples, le député revendique une posture d’humilité et de dévouement, loin de toute quête de reconnaissance symbolique.

Le parlementaire souligne également que son engagement ne se mesure pas à travers des trophées ou des classements, mais à l’aune du travail accompli auprès des citoyens. Il indique aspirer, chaque année, à être plus engagé et plus utile aux populations qu’il ne l’a été l’année précédente. Pour lui, l’essentiel réside dans la constance des luttes menées et dans l’impact concret des actions entreprises en faveur des droits, de la justice sociale et de la souveraineté des peuples.

En conclusion de son message, Guy Marius Sagna a adressé ses vœux pour l’année 2026. Il a exprimé le souhait que cette nouvelle année soit marquée par des « luttes et des victoires », au service de pays qu’il décrit comme souverains, justes, démocratiques et prospères. Un message qui s’inscrit dans la continuité de son discours politique, axé sur l’engagement collectif plutôt que sur la valorisation individuelle.

CAN 2025 : Le Sénégal fixé sur son adversaire, rendez-vous décisif face au Soudan en huitièmes de finale

Vainqueur du Bénin et solide leader du groupe D, le Sénégal a longtemps dû patienter avant de connaître l’identité de son adversaire en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Ce n’est qu’à l’issue des dernières rencontres du groupe E que le suspense a pris fin, avec la qualification du Soudan pour le second tour de la compétition.

Malgré une défaite face au Burkina Faso (2-0) lors de la dernière journée, la sélection soudanaise a validé son billet en terminant à la troisième place de son groupe. Les Crocodiles du Nil ont profité des résultats enregistrés dans les autres poules pour figurer parmi les meilleurs troisièmes, une configuration rendue possible par le nouveau format élargi de la CAN. Avec trois points au compteur, le Soudan termine derrière l’Algérie, victorieuse de la Guinée équatoriale (3-1), et le Burkina Faso, mais devance suffisamment d’autres troisièmes pour poursuivre l’aventure.

Cette qualification revêt une dimension particulière pour le Soudan, qui retrouve une phase à élimination directe de la CAN pour la première fois depuis 2012. Une performance notable dans un contexte extrêmement difficile, alors que le pays est plongé depuis plusieurs mois dans une guerre civile aux lourdes conséquences humaines et sociales. Sur le terrain, les joueurs soudanais ont affiché un état d’esprit combatif et une solidarité qui leur ont permis de rester en course jusqu’au bout.

Le Sénégal, de son côté, aborde ce rendez-vous avec le statut de favori. Premiers de leur groupe, les Lions de la Téranga ont montré de la maîtrise, de l’intensité et une certaine maturité collective lors de la phase de poules. Portés par une génération expérimentée et ambitieuse, ils visent clairement une place dans le dernier carré, voire mieux, dans cette CAN 2025.

Scandale Softcare : Guy Marius Sagna dénonce l’inaction du ministère de la Santé

Treize jours se sont écoulés depuis l’annonce d’une « mission conjointe sans délai » par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour enquêter sur le scandale Softcare, et l’activiste et parlementaire Guy Marius Sagna exprime aujourd’hui son impatience et son indignation. Dans un communiqué publié le 18 décembre, le ministère avait promis une enquête rapide afin de faire la lumière sur cette affaire qui secoue l’opinion publique. Cependant, selon Guy Marius Sagna, les citoyens restent dans l’expectative face à l’absence de résultats concrets.

« Cela fait treize (13) jours que nous attendons. C’est extrêmement grave », déclare l’activiste, rappelant que l’expression « sans délai » implique une action immédiate, prompte et efficace. Pour lui, le retard accumulé alimente la suspicion et fragilise la confiance des Sénégalais envers les autorités sanitaires, alors même que l’affaire touche directement la santé publique et la sécurité des consommateurs.

Guy Marius Sagna appelle à une prise de responsabilité urgente de la part du ministère, estimant que cette inaction est inacceptable face à un scandale qui pourrait avoir des conséquences sur la santé des citoyens. Selon lui, le gouvernement ne peut se permettre de tergiverser dans un dossier où la rapidité et la transparence sont essentielles pour rétablir la confiance et garantir la protection des populations.

Trafic d’avortements clandestins entre Dakar et Saly : trois prévenus risquent deux ans de prison ferme

Détenus depuis le 24 décembre 2025 à la prison de Mbour, S. B. Ndiaye, déléguée médicale, F. Kane, présenté comme un faux médecin, et O. Ndiaye, marchand ambulant, ont comparu devant le tribunal de grande instance de Mbour pour avoir, selon l’accusation, organisé un lucratif trafic d’avortements clandestins entre Dakar et la station balnéaire de Saly. Les trois mis en cause encourent chacun une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs CFA.

L’affaire trouve son origine le 23 décembre 2025, à la suite d’un renseignement anonyme parvenu à la gendarmerie. L’information faisait état d’un trafic de médicaments abortifs présumément orchestré par F. Kane. Les enquêteurs ont alors mis en place un dispositif d’infiltration afin de vérifier la véracité des faits. Une gendarme s’est fait passer pour une cliente désireuse d’interrompre une grossesse et a contacté F. Kane par téléphone pour commander des produits abortifs.

Convaincu d’avoir affaire à une transaction habituelle, F. Kane aurait accepté la commande, fixé un rendez-vous à son domicile et confirmé un prix de 120 000 francs CFA. Au cours de l’échange, il aurait ensuite contacté S. Bousso Ndiaye pour obtenir des précisions sur la posologie des médicaments, ce qui, selon les enquêteurs, a permis d’établir un lien direct entre les différents protagonistes du réseau.

Interpellé peu après, F. Kane a conduit les forces de l’ordre au domicile de la déléguée médicale. Lors de son arrestation, S. Bousso Ndiaye a, à son tour, révélé l’identité de O. Ndiaye, présenté comme son fournisseur basé à Dakar. Les gendarmes se sont alors rendus au marché « Keur Serigne Bi », dans la capitale, où O. Ndiaye a été interpellé sans opposer de résistance.

Les éléments de l’enquête présentés à l’audience décrivent un mode opératoire bien structuré. O. Ndiaye aurait fourni les boîtes de médicaments abortifs à des prix compris entre 12 000 et 15 000 francs CFA. Ces produits étaient ensuite remis à F. Kane, qui les revendait aux femmes souhaitant interrompre une grossesse au tarif de 120 000 francs CFA. S. Bousso Ndiaye, selon l’accusation, jouait le rôle d’intermédiaire entre le fournisseur et le revendeur final.

À la barre, la déléguée médicale a reconnu percevoir une commission sur chaque transaction, évaluée entre 15 000 et 20 000 francs CFA. Des déclarations qui, pour le parquet, confirment l’existence d’un trafic organisé et motivé par le gain financier, en violation des lois en vigueur au Sénégal en matière d’avortement et de distribution de médicaments.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme contre chacun des trois accusés, estimant les faits suffisamment graves et établis. Il a également demandé le paiement d’une amende de 100 000 francs CFA par prévenu au profit du Trésor public.

Arnaque à l’Oumra : un gérant d’agence de voyages déféré pour escroquerie aux billets d’avion

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (DNLT), structure relevant de la Direction de la Police aux frontières (DPAF), a déféré, le 24 décembre 2025, un individu devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs et escroquerie portant sur des billets d’avion, dans une affaire qui a profondément choqué des candidats au pèlerinage à La Mecque.

Cette procédure judiciaire fait suite à une plainte collective déposée le 21 décembre 2025 par plusieurs victimes contre une agence de voyages établie aux Parcelles Assainies, plus précisément dans la zone de Pattes d’Oie. L’agence s’était engagée à organiser une Oumra pour plus d’une vingtaine de pèlerins, moyennant des sommes importantes versées à l’avance pour la prise en charge du voyage, des billets d’avion et des formalités connexes.

Cependant, le rêve spirituel des pèlerins s’est brutalement transformé en cauchemar au moment de l’enregistrement à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Sur place, les voyageurs ont découvert avec stupéfaction que leurs billets, censés être émis par la compagnie Emirates, n’étaient en réalité pas confirmés, les empêchant ainsi d’embarquer. Alertées, les autorités compétentes ont immédiatement ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.

À ce stade de la procédure, huit victimes ont officiellement déposé plainte, évaluant le préjudice financier global à 15 460 000 francs CFA. Le principal mis en cause, gérant de l’agence incriminée et également guide religieux du groupe de pèlerins, a été interpellé le 22 décembre 2025 par le Commissariat spécial de l’AIBD, avant d’être remis à la DNLT pour la suite des investigations.

Lors de son audition, le suspect a reconnu avoir encaissé la somme de 3 700 000 francs CFA. Il a toutefois affirmé avoir transféré cet argent via la plateforme de paiement Wave à l’un des fondateurs de l’agence, qui serait actuellement en fuite à l’étranger. Le mis en cause a par ailleurs rejeté la responsabilité du reste des fonds sur les chargées de clientèle de l’agence, soutenant pour sa défense avoir transmis aux pèlerins, à travers un groupe WhatsApp, des billets qu’il croyait valides.

Trois transplantations rénales réussies à l’Hôpital militaire de Ouakam : une avancée majeure pour la médecine sénégalaise

L’Hôpital militaire de Ouakam a franchi un cap important dans la prise en charge des maladies rénales au Sénégal en réalisant avec succès trois transplantations rénales entre le 23 et le 25 décembre derniers. L’information a été rendue publique par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), qui s’est félicitée du bon déroulement de ces interventions chirurgicales de haute technicité.

Selon la note publiée par la DIRPA, l’ensemble des donneurs et des receveurs se portent bien à l’issue des opérations. Un élément rassurant qui témoigne non seulement de la réussite médicale des greffes, mais aussi de la qualité du suivi post-opératoire assuré par les équipes de l’Hôpital militaire de Ouakam.

Dans le détail, ces transplantations ont été rendues possibles grâce à des dons intrafamiliaux, illustrant une solidarité forte au sein des familles concernées. Une femme a ainsi fait don de son rein à son petit frère, un jeune garçon a offert un rein à sa mère, tandis qu’un autre donneur a permis à son oncle de bénéficier d’une nouvelle chance de vie. Ces gestes altruistes, posés dans un cadre médical strict et sécurisé, mettent en lumière l’importance du don de rein comme alternative durable à la dialyse pour les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique.

Pour la DIRPA, ces interventions viennent confirmer l’expertise nationale dans le domaine de la transplantation rénale. Elles traduisent le haut niveau de compétence des équipes médicales sénégalaises, composées de chirurgiens, de néphrologues, d’anesthésistes, d’infirmiers et de techniciens spécialisés, qui ont travaillé de manière coordonnée pour assurer le succès de ces opérations délicates.

Au-delà de la prouesse médicale, ces transplantations réussies constituent un signal fort pour le système de santé sénégalais. Elles témoignent des progrès réalisés ces dernières années dans la prise en charge des maladies rénales, tout en renforçant la confiance des patients dans les capacités des structures hospitalières nationales à réaliser des actes médicaux complexes.

Acte IV de la décentralisation : à Kaolack, les territoires réclament plus d’autonomie et de moyens

Kaolack a été, durant deux jours, au cœur du débat national sur l’avenir de la décentralisation au Sénégal. La ville a accueilli une étape décisive des concertations consacrées à l’Acte IV de la décentralisation, dont la 9ᵉ journée s’est achevée ce mardi 30 décembre. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les attentes fortes et parfois pressantes des collectivités territoriales, confrontées aux limites du modèle actuel de gouvernance locale.

Autour des autorités étatiques, élus locaux, représentants de l’administration, acteurs de la société civile et techniciens territoriaux ont dressé un diagnostic largement partagé. Tous ont convenu que la décentralisation, dans sa forme actuelle, peine à répondre efficacement aux besoins des populations. Le manque de ressources financières, la faiblesse des compétences transférées et l’insuffisance des marges de manœuvre accordées aux collectivités constituent autant de freins à un développement local réellement inclusif.

Présidant la cérémonie de clôture, le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Balla Fofana, a reconnu que la transformation profonde de l’action publique ne peut se faire sans un ancrage territorial solide. Selon lui, l’Acte IV doit rompre avec une décentralisation essentiellement administrative pour ouvrir la voie à une gouvernance locale plus performante. Il a insisté sur la nécessité d’une véritable territorialisation des politiques publiques, afin que les décisions prises au niveau central tiennent davantage compte des réalités locales.

Les discussions de Kaolack ont particulièrement mis l’accent sur la problématique du financement des collectivités territoriales, identifiée comme l’un des principaux goulots d’étranglement. Le ministre a admis que les dotations de l’État, à elles seules, ne suffisent plus à soutenir les ambitions des communes et des départements. Il a ainsi plaidé pour l’élaboration d’un nouveau modèle économique des collectivités, fondé sur une fiscalité locale plus adaptée, le recours aux partenariats public-privé et l’exploration de mécanismes innovants de mobilisation des ressources.

Au-delà de la question financière, les participants ont également souligné les incohérences territoriales qui limitent la mutualisation des moyens et des compétences entre collectivités voisines. Pour Moussa Balla Fofana, l’enjeu ne se limite pas à un simple redécoupage administratif. Il s’agit plutôt de promouvoir une coopération intercommunale dynamique, capable de porter des projets structurants à l’échelle des pôles territoriaux, notamment dans les domaines de l’économie locale, des infrastructures et de l’aménagement du territoire.

Les conclusions issues de cette étape de Kaolack viendront alimenter le rapport national de concertation, considéré comme la pierre angulaire du futur document de politique publique sur l’Acte IV de la décentralisation. L’ambition affichée par les autorités est de bâtir des collectivités territoriales viables, disposant de ressources humaines qualifiées et de capacités techniques renforcées, afin de répondre plus efficacement aux préoccupations quotidiennes des citoyens. Parmi les priorités identifiées figurent l’assainissement, l’amélioration du cadre de vie, le développement économique local, l’éducation et l’adaptation aux changements climatiques.

Au final, les échanges tenus à Kaolack ont surtout révélé une exigence claire et largement partagée par les acteurs territoriaux : aller au-delà des intentions et traduire les réformes annoncées en actions concrètes. Pour les collectivités, l’Acte IV de la décentralisation ne doit plus être une simple réforme institutionnelle, mais un véritable levier de développement local et de rapprochement durable entre l’État et les citoyens.

Emploi, formation et gouvernance locale : le modèle Sarata Sonko à l’épreuve de Kaolack

Kaolack s’apprête à franchir un cap important dans la promotion de l’emploi des jeunes. Sarata Sonko, candidate déclarée à l’investiture du parti PASTEF pour la mairie de Kaolack, a annoncé avoir sécurisé des partenariats européens en vue du lancement, dès le mois de janvier prochain, d’un ambitieux programme de formation qualifiante destiné à la jeunesse locale.

Selon la candidate, ces formations porteront sur des métiers d’avenir à forte employabilité, notamment la maçonnerie moderne, l’électricité bâtiment et la plomberie, entre autres filières techniques. L’objectif est de doter les jeunes de compétences pratiques et immédiatement valorisables sur le marché du travail, tant au niveau local qu’international.

Pour Sarata Sonko, cette initiative s’inscrit dans une vision claire et structurée du développement local.

« La formation professionnelle constitue un levier essentiel pour lutter contre le chômage et l’émigration irrégulière. Nous voulons offrir aux jeunes de Kaolack des compétences concrètes qui leur permettront de s’insérer durablement dans le monde du travail », a-t-elle déclaré.

À l’issue des formations, des attestations reconnues par les partenaires européens seront délivrées aux bénéficiaires, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités d’emploi.

Cette annonce a été faite lors d’une rencontre tenue ce mardi 30 décembre 2025, en présence d’acteurs communautaires, de jeunes et de femmes de la commune. À cette occasion, Sarata Sonko a exposé sa vision d’une gouvernance territoriale plus inclusive, transparente et orientée vers le développement durable. Elle a notamment insisté sur la nécessité de réformer la gestion des collectivités territoriales, confrontées, selon elle, à de nombreux défis structurels.

« Kaolack regorge d’énormes potentialités humaines, économiques et culturelles, mais celles-ci restent insuffisamment exploitées faute d’une gouvernance de proximité efficace », a-t-elle souligné.

Figure montante de la scène politique locale, Sarata Sonko s’est récemment illustrée sur le plan académique en terminant major de sa promotion lors d’une formation en gestion des collectivités territoriales à Paris. Une performance saluée par ses proches et plusieurs observateurs, qui y voient la confirmation de son sérieux, de sa rigueur et de sa parfaite maîtrise des enjeux de la décentralisation.

À travers ce programme de formation et son engagement en faveur de l’emploi des jeunes, Sarata Sonko entend poser les bases d’un nouveau modèle de gouvernance municipale, axé sur l’autonomisation des populations, le développement durable et la valorisation du capital humain local.

Lutte antitabac au Sénégal : des progrès solides, mais une vigilance accrue s’impose

Les politiques antitabac mises en œuvre au Sénégal portent leurs fruits, mais les autorités sont appelées à renforcer leur arsenal réglementaire afin de préserver les acquis face aux nouvelles stratégies de l’industrie du tabac. C’est le principal enseignement des derniers résultats de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (GATS), publiés cette semaine.

La GATS constitue un outil de référence pour mesurer l’évolution de la consommation de tabac, évaluer l’impact des politiques publiques et identifier les domaines nécessitant des interventions supplémentaires. Menée pour la première fois au Sénégal en 2013, puis reconduite en 2015, cette enquête a permis de documenter les effets positifs d’une politique nationale résolue en matière de lutte contre le tabagisme. Les données les plus récentes confirment cette tendance encourageante, avec une baisse de plus de 25 % de la consommation de tabac chez les adultes depuis 2015.

Aujourd’hui, seulement 4,4 % des adultes sénégalais consomment du tabac, un taux qui figure parmi les plus faibles du continent africain. Ce résultat est largement attribué à l’adoption de lois strictes, à la sensibilisation accrue des populations et à l’engagement constant des pouvoirs publics et de la société civile en faveur de la santé publique.

Cependant, malgré ce faible niveau de prévalence, la menace demeure. L’enquête met en lumière une stratégie offensive des grandes multinationales du tabac, telles que Philip Morris International et British American Tobacco, qui cherchent à investir des marchés comme celui du Sénégal à travers de nouveaux produits. Cigarettes électroniques, sachets de nicotine et dispositifs de tabac chauffé sont de plus en plus promus comme des alternatives prétendument moins nocives, alors même que leurs effets sur la santé, notamment chez les jeunes, suscitent de sérieuses inquiétudes.

Au Sénégal comme ailleurs dans le monde, ces produits sont commercialisés de manière à séduire un public jeune. Les campagnes de promotion s’appuient fortement sur les réseaux sociaux, la présence lors de festivals et de concerts, ainsi que sur des arômes attractifs et des emballages soigneusement conçus pour capter l’attention des adolescents et des jeunes adultes.

Face à cette situation, les organisations de défense de la santé appellent à une réaction rapide et ferme. « Il est essentiel que le Sénégal réglemente ces produits afin d’empêcher l’industrie du tabac de créer une nouvelle génération de toxicomanes et d’anéantir les progrès considérables réalisés par le pays dans la lutte contre le tabagisme », avertit Bintou Camara Bityeki, directrice des programmes Afrique de la Campagne pour des enfants sans tabac.

Dans un communiqué, cette organisation salue les avancées constantes du Sénégal en matière de réduction du tabagisme et réaffirme sa disponibilité à accompagner le pays, notamment dans l’extension des espaces sans fumée, une fois les amendements législatifs en cours adoptés. Elle insiste sur l’urgence d’agir pour contrer les nouvelles tactiques de l’industrie du tabac et protéger durablement les populations, en particulier les jeunes.

Adoption sous tension de la deuxième loi de finances rectificative 2025 : l’Assemblée nationale divisée sur la gouvernance budgétaire

Examinée dans l’urgence, la deuxième loi de finances rectificative (LFR) de l’année 2025 a été adoptée hier par l’Assemblée nationale, au terme de débats particulièrement houleux. Le vote s’est déroulé dans un climat de fortes tensions, marqué par les critiques virulentes de l’opposition sur les conditions d’examen du texte et sur la lecture que le gouvernement fait de la situation économique et financière du pays.

La présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, Aïssata Tall Sall, a ouvert le front des critiques en dénonçant ce qu’elle considère comme un passage en force. Selon elle, les délais impartis aux députés étaient incompatibles avec un travail parlementaire sérieux. Elle a rappelé que le projet de loi, composé de 86 pages, a été transmis aux élus avant-hier à 13h04, alors même que la réunion de la commission était prévue à 15 heures. Pour l’ancienne ministre, il était matériellement impossible d’analyser un document d’une telle importance en moins de deux heures, ce qui, à ses yeux, porte atteinte à la mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale dévolue aux parlementaires.

Au-delà de la forme, Aïssata Tall Sall s’est longuement attardée sur le fond du texte. Adoptée en Conseil des ministres le vendredi 26 décembre 2025, cette loi de finances rectificative ne comporterait, selon elle, aucune recette exceptionnelle, contrairement aux attentes suscitées après le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi. Elle a ainsi dénoncé ce qu’elle qualifie de contre-performances budgétaires, évoquant notamment un recul des recettes fiscales, un manque à gagner sur les recettes non fiscales, ainsi qu’une baisse significative des dons, aussi bien en capital que budgétaires.

Pour la députée de l’opposition, cette diminution des dons internationaux n’est pas anodine. Elle traduirait, selon elle, une perte de crédibilité et une perception négative du pays auprès de ses partenaires. Elle a estimé que les déclarations répétées du gouvernement sur l’existence de dettes cachées auraient contribué à fragiliser la confiance des bailleurs. Pour illustrer son propos, elle a eu recours à l’image de la « gribouille », cette enfant qui, pour échapper à la pluie, se jette dans le fleuve, afin de dénoncer une communication gouvernementale qu’elle juge maladroite et contre-productive.

Autre point de crispation soulevé par la présidente du groupe Takku-Wallu, le recours fréquent aux décrets. Elle a indiqué que cinq textes auraient été adoptés en seulement trois mois, un rythme qu’elle estime excessif et qui, selon elle, appelle une interpellation collective sur le respect de l’esprit du débat démocratique et du rôle du Parlement.

Face à ces attaques, la majorité parlementaire a fermement défendu la démarche du gouvernement. Le député Ayib Selim Daffé a rappelé que l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances prévoit explicitement le dépôt d’une loi de finances rectificative lorsque les équilibres budgétaires initiaux sont bouleversés. Il a souligné que la LFR traduit une hausse globale des recettes de 12,5 %, soit 484 milliards de francs CFA supplémentaires par rapport à 2024. Selon lui, le gouvernement a fait le choix de la transparence, de la sincérité budgétaire et de la rigueur, une approche qu’il a opposée aux pratiques passées, évoquant des emprunts contractés sans autorisation parlementaire.

Dans le camp de la majorité, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a, pour sa part, insisté sur l’importance de renforcer l’évaluation des politiques publiques afin de mieux mesurer l’impact réel des dépenses de l’État. Une autre élue du parti Pasteef a formulé plusieurs recommandations axées sur la transparence budgétaire, la priorisation des investissements dans les secteurs clés comme les infrastructures, l’éducation et la santé, l’optimisation de la fiscalité, une gestion prudente de la dette et une implication accrue des acteurs locaux dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Des interrogations techniques ont également émergé au cours des débats. Le député Tafsir Thioye a attiré l’attention sur l’évolution du principal des emplois intérieurs, passé de 151 milliards de francs CFA dans la loi de finances initiale à 850 milliards dans la LFR. Il s’est interrogé sur la nature de ces montants et sur leur éventuelle intégration dans la dette bancaire, appelant à des clarifications afin de permettre aux citoyens de mieux comprendre la gestion des finances publiques.

Enfin, plusieurs députés, dont Thierno Alassane Sall, ont profité des discussions pour rappeler l’attente persistante de près de 16 000 fonctionnaires concernant le paiement de l’indemnité de logement. Ils ont souligné qu’il s’agit d’un engagement de l’État qui tarde à se concrétiser et qui continue de susciter frustration et incompréhension au sein de la fonction publique.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour contre-attaque et prépare une demande de liberté provisoire

Entendu longuement, hier, par le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), Pape Malick Ndour a opté pour une stratégie de contre-offensive judiciaire. Selon L’Observateur, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) a versé au dossier une série de justificatifs et d’éléments de preuve destinés, selon sa défense, à déconstruire méthodiquement les accusations portées contre lui. Cette audition au fond, qualifiée de décisive par ses conseils, ouvre désormais la voie au dépôt imminent d’une demande de liberté provisoire.

Inculpé depuis le 7 novembre 2025 pour association de malfaiteurs, complicité de détournement de deniers publics portant sur plus de 2,7 milliards de francs CFA et blanchiment de capitaux, l’ex-ministre de la Jeunesse a été interrogé pendant près de quatre heures, de 10 heures à presque 14 heures. Une audition marathon au cours de laquelle, d’après ses avocats, il a répondu point par point aux questions du Collège des juges d’instruction du PJF.

Cité par L’Observateur, Me Oumar Youm, membre du pool d’avocats de Pape Malick Ndour, affirme que son client s’est expliqué « avec précision, objectivité, pertinence et clarté ». L’un des points centraux des échanges a porté sur une lettre que l’accusation assimile à une instruction de mainlevée d’une garantie de cautionnement. Une interprétation que la défense conteste vigoureusement. Pour Me Youm, il ne s’agissait nullement d’un ordre, mais d’« une simple demande d’explication et de clarification », inscrite dans une démarche de transparence administrative.

Toujours selon le quotidien, Pape Malick Ndour a également produit des pièces justificatives relatives aux acquisitions de matériels et aux paiements effectués dans le cadre du Prodac. La défense soutient que l’ensemble des opérations a été conduit dans le strict respect des règles en vigueur. Elle insiste par ailleurs sur le fait qu’aucune des parties impliquées dans le projet — ni Green 2000, l’entreprise israélienne chargée des travaux, ni Locafrique, la structure en charge des paiements — n’a, à ce jour, formulé de plainte pour malversation ou irrégularité financière.

S’agissant du montant au cœur du dossier, estimé à 2,7 milliards de francs CFA, Me Oumar Youm est catégorique : « Le paiement n’a pas été effectué par Pape Malick Ndour, mais par Locafrique, un organisme privé mandaté par l’État du Sénégal ». Selon l’avocat, le rôle de son client s’est limité à la transmission de documents commerciaux attestant de la régularité des prestations fournies par Green 2000, des éléments qui auraient été intégralement mis à la disposition de la Justice.

Interrogé par le président du Collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, ainsi que par un substitut du parquet financier, sur un paiement de 40 millions de francs CFA, l’ancien ministre a nié avoir donné le moindre ordre de paiement. Il affirme avoir simplement sollicité des documents relatifs à une opération antérieure à sa prise de fonction à la tête du Prodac. Concernant les 2,7 milliards de francs CFA, il a soutenu que toutes les pièces justificatives ont été produites, allant jusqu’à recommander aux magistrats de vérifier la traçabilité du matériel auprès du Port autonome de Dakar et des services des Douanes, rappelant que le Prodac bénéficiait d’une exonération douanière.

Affaire Ascot Commodities : la justice sénégalaise inflige un nouveau revers au groupe suisse face à Bocar Samba Dièye

Le long feuilleton judiciaire opposant l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye à la société suisse Ascot Commodities vient de connaître un nouveau tournant décisif. Après plusieurs années de procédures et de rebondissements, la justice sénégalaise a, une fois encore, rendu une décision favorable à l’homme d’affaires, affaiblissant un peu plus la stratégie judiciaire de son adversaire étranger.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, le tribunal de Dakar, statuant en référé le 22 décembre dernier, a décidé de rétracter l’ordonnance à pied de requête n°444/2025, rendue le 23 mai 2025 dans le cadre de cette affaire. Cette décision est loin d’être anodine, puisqu’elle annule purement et simplement l’autorisation accordée à Ascot Commodities d’exécuter au Sénégal une sentence arbitrale rendue à Paris.

À l’origine de ce contentieux aux enjeux financiers considérables figurent des créances supposées datant de 2004. Des créances que Bocar Samba Dièye a toujours fermement contestées, les qualifiant de dénuées de tout fondement. Malgré cette contestation persistante, Ascot Commodities était parvenue à obtenir, le 10 février 2025, une condamnation par sentence arbitrale rendue par la Chambre arbitrale internationale de Paris. S’appuyant sur cette décision, le groupe suisse avait ensuite saisi le tribunal de Dakar afin d’en obtenir l’exequatur et de pouvoir en poursuivre l’exécution sur le territoire sénégalais.

Cette démarche vient cependant de subir un sérieux coup d’arrêt. Le tribunal de Dakar a estimé que les conditions juridiques requises pour l’exécution de la sentence arbitrale n’étaient pas réunies et a, en conséquence, annulé l’ordonnance d’exécution précédemment accordée. Une décision qui conforte davantage la position de Bocar Samba Dièye et fragilise celle d’Ascot Commodities dans ce bras de fer judiciaire.

Fait notable, avant même cette annulation, la société suisse avait franchi un nouveau cap. Le 14 novembre 2025, Ascot Commodities avait procédé à une saisie-attribution de créances sur les avoirs de Bocar Samba Dièye, pour un montant particulièrement élevé de 7.042.017.089 francs CFA. Une initiative que l’opérateur économique sénégalais a immédiatement contestée, saisissant la justice à travers une assignation en contestation et en mainlevée de la saisie. Cette procédure reste à ce jour pendante devant le tribunal de commerce.

Toujours selon Libération, Bocar Samba Dièye soutient que les créances invoquées par Ascot Commodities sont « fictives ». Il affirme qu’elles porteraient sur une livraison de riz qui aurait été intégralement réglée. À l’appui de sa défense, il indique avoir effectué le paiement via un compte séquestre ouvert à la BICIS, un élément qu’il considère comme central dans ce dossier. Plus encore, la justice sénégalaise aurait déjà condamné Ascot Commodities à lui verser la somme de 300 millions de francs CFA dans le cadre de ce même contentieux, renforçant ainsi sa thèse d’une procédure abusive.

Guinée : Mamadi Doumbouya élu président dès le premier tour avec plus de 86 % des voix

CONAKRY — Les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 ont été rendus publics ce mardi 30 décembre, lors d’une proclamation solennelle diffusée en direct sur la télévision nationale, la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), à partir de 22 heures. Selon les chiffres officiels annoncés par l’organe chargé du scrutin, le Général Mamadi Doumbouya est élu président de la République de Guinée dès le premier tour.

Le président de la transition recueille 4 594 262 voix, soit 86,72 % des suffrages exprimés, un score sans appel qui consacre une victoire écrasante. Cette performance électorale traduit l’ampleur du soutien dont il a bénéficié tout au long de la campagne, portée par une large coalition politique et sociale rassemblant partis, mouvements citoyens et notabilités à travers l’ensemble du territoire national.

À l’annonce des résultats, des scènes de liesse ont été observées dans plusieurs quartiers de Conakry ainsi que dans de nombreuses villes de l’intérieur du pays. Des rassemblements spontanés, chants et klaxons ont ponctué la soirée, témoignant de l’enthousiasme des partisans du vainqueur, qui voient dans ce résultat l’aboutissement du processus de transition engagé depuis son arrivée au pouvoir.

Les autres candidats engagés dans la course présidentielle arrivent très loin derrière le Général Doumbouya. Certains d’entre eux ont toutefois exprimé leur désaccord avec les chiffres publiés et annoncé leur intention de contester les résultats provisoires. Ils évoquent notamment des irrégularités relevées dans certaines circonscriptions et appellent à un examen approfondi du processus électoral.

Le scrutin du 28 décembre s’est néanmoins déroulé globalement dans le calme, selon les observateurs nationaux déployés sur le terrain. Malgré quelques incidents isolés signalés çà et là, aucune perturbation majeure n’a été rapportée, permettant le bon déroulement des opérations de vote dans la majorité des bureaux.

CAN 2025 : Pape Thiaw savoure la démonstration des Lions face au Bénin et la première place du groupe D

Le Sénégal a parfaitement conclu sa phase de groupes de la CAN 2025. Vainqueurs sans appel du Bénin (3-0), les Lions de la Teranga terminent en tête du groupe D, un objectif clairement affiché et pleinement assumé par le sélectionneur Pape Thiaw. En conférence de presse d’après-match, le technicien sénégalais n’a pas caché sa satisfaction, mettant en avant la solidité collective et la maturité de son équipe.

Dès l’entame de la compétition, le staff technique avait fixé un cap précis : finir leader du groupe pour aborder la suite du tournoi dans les meilleures conditions. Une ambition atteinte au terme de cette troisième journée, comme l’a rappelé Pape Thiaw avec fierté. Selon lui, cette victoire face au Bénin est bien plus qu’un simple succès comptable ; elle confirme surtout l’identité de jeu et la cohésion du groupe. Les Lions ont affiché une maîtrise globale, tant sur le plan tactique que mental, en contrôlant la rencontre du début à la fin avec sérieux et discipline.

Le sélectionneur a particulièrement insisté sur la dimension collective de la performance. Pour Pape Thiaw, ce match a montré que le Sénégal est une équipe solide, capable d’imposer son rythme, de gérer les temps forts comme les temps faibles et de rester concentrée jusqu’au coup de sifflet final. Une constance qu’il considère comme essentielle dans une compétition aussi exigeante que la Coupe d’Afrique des nations.

Seul bémol de la soirée, l’expulsion de Kalidou Koulibaly à la 71e minute est venue ternir un tableau presque parfait. Un épisode que le sélectionneur a toutefois tenu à relativiser. Loin de blâmer son capitaine, Pape Thiaw a préféré souligner son engagement total et son esprit de sacrifice. Pour lui, ce carton rouge illustre surtout la générosité d’un joueur prêt à tout donner pour le collectif, même dans l’adversité.

Interrogé sur ses choix tactiques et les changements opérés en cours de match, le sélectionneur sénégalais a mis en avant la profondeur et la qualité de son effectif. Il a rappelé que la concurrence au sein du groupe est saine et bénéfique, allant jusqu’à affirmer qu’il dispose de “28 titulaires”. Une richesse qui lui permet d’adapter ses choix en fonction des matchs, sans jamais perdre en intensité ou en qualité de jeu. Tous les joueurs, qu’ils soient titulaires ou remplaçants, ont selon lui répondu présents avec le même état d’esprit.

Enfin, Pape Thiaw a reconnu avoir suivi attentivement l’évolution des autres rencontres du groupe, notamment celle du Congo, conscient que chaque résultat pouvait avoir une incidence sur le classement final. Cette vigilance témoigne de l’approche méthodique du sélectionneur, soucieux de maîtriser tous les paramètres avant d’aborder la phase à élimination directe.

Près de 7 000 élèves apprennent le russe au Sénégal, selon l’APRUS

En choisissant la capitale du Saloum pour abriter son assemblée générale ordinaire annuelle, l’Association des Professeurs de Russe du Sénégal (APRUS) a envoyé un signal fort en faveur de la décentralisation de ses activités et du renforcement de l’enseignement du russe à l’intérieur du pays.

La rencontre s’est tenue ce mardi 30 décembre 2025 au lycée Waldiodio Ndiaye de Kaolack, en présence de professeurs venus des différentes académies du Sénégal.

Cette assemblée statutaire a servi de cadre à l’évaluation des actions menées au cours de l’année scolaire 2025, mais aussi à une réflexion stratégique sur l’avenir de l’enseignement de la langue russe dans le système éducatif sénégalais. Pour le président de l’APRUS, Amath Séga Diop, le choix de Kaolack n’est nullement fortuit.

« Nous avons voulu sortir de Dakar pour aller à la rencontre de nos collègues de l’intérieur du pays. L’enseignement du russe concerne toutes les académies du Sénégal », a-t-il souligné.

Un réseau national en pleine structuration

Les échanges ont permis de mettre en lumière l’implantation progressive, mais solide, de la langue russe à l’échelle nationale. À ce jour, près de 7 000 élèves apprennent le russe dans 69 établissements secondaires, encadrés par 119 professeurs répartis dans les 13 académies du pays.

Une dynamique que l’APRUS attribue en grande partie à la structuration de son réseau et aux actions de renforcement des capacités des enseignants, notamment à travers des stages de formation en Russie et des sessions de formation animées par des experts russes au Sénégal.

La coopération sénégalo-russe au cœur des débats

Au-delà du bilan pédagogique, l’assemblée générale a également mis l’accent sur l’importance de la coopération éducative entre le Sénégal et la Fédération de Russie. Les participants ont rappelé que l’enseignement du russe constitue un levier stratégique pour faciliter l’accès des étudiants sénégalais aux bourses d’études offertes par l’État russe.

Ces bourses, couvrant les cycles Licence, Master et Doctorat, concernent des secteurs clés tels que la médecine, l’ingénierie, l’énergie ou encore les nouvelles technologies.

« Former des élèves dès le secondaire à la langue russe, c’est préparer l’élite de demain à saisir ces opportunités internationales », a insisté le président de l’APRUS.

Vers une meilleure visibilité du russe au Sénégal

À l’issue de la rencontre, les membres de l’association ont plaidé pour une plus grande reconnaissance institutionnelle de la langue russe, ainsi qu’un accompagnement accru des autorités éducatives. L’objectif affiché est de renforcer la visibilité du russe comme langue de formation, d’ouverture culturelle et d’insertion académique.

En tenant son assemblée générale à Kaolack, l’APRUS confirme ainsi sa volonté de rapprocher ses actions du terrain et de faire de l’enseignement du russe un outil de développement éducatif au service de l’ensemble du Sénégal.

CAN 2025 : Kalidou Koulibaly expulsé face au Bénin, un tournant majeur pour les Lions

Le Sénégal a vécu un moment de grande tension ce mardi lors de son match contre le Bénin, comptant pour la troisième journée de la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Les Lions de la Téranga ont en effet terminé la rencontre sans leur capitaine et pilier défensif, Kalidou Koulibaly, expulsé en seconde période après une intervention jugée irrégulière par l’arbitre.

La scène s’est produite à la 68e minute de jeu. Alors que le Sénégal cherchait à conserver la maîtrise du match face à une équipe béninoise accrocheuse et déterminée, Kalidou Koulibaly est intervenu en retard sur un attaquant adverse. Le défenseur central sénégalais a effectué un tacle par derrière, action immédiatement sanctionnée par l’arbitre d’un carton rouge direct, sans appel. Cette décision a provoqué une vive réaction sur le terrain, tant du côté sénégalais que sur le banc, conscient de l’importance du joueur dans l’équilibre de l’équipe.

Privés de leur capitaine, les Lions ont dû réorganiser leur dispositif défensif dans un moment clé de la rencontre. Leader naturel de la défense et véritable patron dans les moments difficiles, Koulibaly incarne non seulement la solidité défensive du Sénégal, mais aussi son autorité morale. Son expulsion a ainsi fragilisé l’arrière-garde sénégalaise et compliqué la gestion de la fin de match, face à un Bénin qui a tenté de profiter de sa supériorité numérique.

Au-delà de la rencontre elle-même, ce carton rouge représente un véritable coup dur pour le Sénégal dans la perspective des huitièmes de finale. Sauf retournement disciplinaire peu probable, Kalidou Koulibaly manquera le prochain match, laissant le sélectionneur face à un casse-tête défensif. Il devra recomposer sa charnière centrale sans son homme fort, dans une phase à élimination directe où la moindre erreur peut être fatale.

Réforme de la décentralisation : l’État acte une nouvelle étape avec l’installation du Comité de pilotage de l’Acte 4

En marge de l’installation officielle du Comité de pilotage chargé de finaliser les projets de réforme de la décentralisation et des pôles territoires, le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a salué l’aboutissement d’un vaste processus de concertations mené à l’échelle nationale. Pendant plusieurs mois, ces consultations ont sillonné le pays sur plus de 5 000 kilomètres, couvrant l’ensemble des huit pôles territoires et associant toutes les catégories d’acteurs concernées.

Selon le ministère, cette démarche participative a permis de rencontrer élus locaux, forces vives, autorités administratives, organisations de la société civile et simples citoyens. Les échanges, qualifiés de riches, ouverts et inclusifs, ont favorisé la remontée des attentes, préoccupations et propositions des territoires. L’ensemble de ces contributions constitue désormais la base de travail de l’Acte 4 de la décentralisation, présenté comme une réforme structurante destinée à refonder l’organisation territoriale et à renforcer l’efficacité de l’action publique locale.

Placée sous l’autorité directe du Premier ministre, la nouvelle instance de pilotage aura un rôle central dans la conduite du processus. Elle sera chargée d’assurer le cadrage stratégique global de la réforme, de valider les grandes orientations, les plans d’action et les documents de politique publique qui en découleront. Le Comité aura également pour mission d’arbitrer les questions interministérielles, de lever les éventuels blocages institutionnels et d’examiner, puis de valider, les propositions finales issues des travaux techniques.

Pour le ministère, la mise en place de ce Comité traduit la volonté du Gouvernement d’inscrire la réforme dans une logique de transversalité, à la hauteur des enjeux territoriaux. Elle confirme aussi l’ambition de faire des pôles territoires un véritable levier de transformation systémique, capable de promouvoir un développement équilibré, inclusif et durable sur l’ensemble du territoire national, en tenant compte des spécificités locales.

En conclusion, le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit de tous les élus locaux, acteurs territoriaux et citoyens qui se sont mobilisés tout au long du processus. Leur engagement et leurs contributions sont présentés comme déterminants pour la réussite de cette réforme qualifiée d’historique, appelée à redéfinir durablement la gouvernance territoriale du pays.

CAN 2025 : Le Sénégal surclasse le Bénin et s’offre la première place du groupe D

L’Équipe nationale du Sénégal a parfaitement rempli sa mission en s’imposant avec autorité face au Bénin (3-0), validant ainsi sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc. Grâce à ce succès net et sans bavure, les Lions de la Teranga terminent en tête du groupe D, devançant la République démocratique du Congo.

Dès l’entame de la rencontre, les hommes d’Aliou Cissé ont affiché leurs intentions. Bien en place tactiquement, solides dans les duels et précis dans la circulation du ballon, les Sénégalais ont progressivement pris le contrôle du jeu. Cette domination s’est concrétisée par l’ouverture du score signée Abdoulaye Seck, qui a parfaitement exploité une situation favorable pour mettre les siens sur de bons rails.

Porté par cet avantage, le Sénégal a continué d’imposer son rythme face à une équipe béninoise souvent contrainte de défendre. La maîtrise collective des Lions, alliée à une rigueur défensive constante, a limité les velléités offensives des Guépards. Avant la fin de la première période, Habib Diallo a doublé la mise, récompensant une phase de jeu bien construite et confirmant la supériorité sénégalaise.

Au retour des vestiaires, le scénario n’a guère changé. Le Sénégal, sûr de ses forces, a poursuivi son pressing intelligent tout en gérant ses temps forts. Chérif Ndiaye est venu sceller définitivement le sort de la rencontre en inscrivant le troisième but, offrant ainsi une avance confortable aux Lions et mettant fin aux derniers espoirs béninois.

La fin de match a toutefois été marquée par un fait notable : l’expulsion du capitaine Kalidou Koulibaly. Réduits à dix, les Sénégalais ont fait preuve de maturité et de discipline pour conserver leur avance jusqu’au coup de sifflet final, sans jamais être réellement inquiétés.

Clôture des travaux parlementaires : El Malick Ndiaye appelle à la responsabilité et à l’unité nationale

À l’occasion de la clôture des travaux parlementaires de fin d’année, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a adressé un message solennel à la Nation, aux députés ainsi qu’aux membres du gouvernement. Cette allocution, prononcée dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et institutionnelles, a été empreinte de gravité, de responsabilité et d’un profond esprit de rassemblement.

S’adressant d’abord au peuple sénégalais dans son ensemble, le président de l’institution parlementaire a formulé des vœux de paix, de santé, de stabilité et de prospérité partagée. Il a exprimé l’espoir que l’année 2026 s’ouvre sous le signe de l’espérance, de la cohésion nationale et du progrès collectif. Pour El Malick Ndiaye, les défis auxquels le pays est confronté appellent à une mobilisation accrue de toutes les forces vives de la Nation, dans un climat apaisé et constructif.

Dans son message, le président de l’Assemblée nationale a également interpellé les députés et les membres du gouvernement sur la portée de leur mission. Il a insisté sur la nécessité, pour les représentants du peuple et les responsables de l’exécutif, de rester fidèles à leur engagement fondamental : servir le Sénégal et les Sénégalais avec dignité, responsabilité et un sens élevé du devoir. Selon lui, l’action publique doit continuer de s’appuyer sur des valeurs fortes, notamment l’intégrité, le patriotisme et le respect des principes républicains.

El Malick Ndiaye a rappelé que l’engagement au service de la Nation ne saurait se concevoir en dehors d’un esprit de dialogue et de respect mutuel. Il a souligné l’importance de privilégier l’intérêt général dans toutes les décisions, estimant que la confiance des citoyens envers les institutions dépend largement de la capacité des acteurs publics à travailler ensemble, dans la transparence et la solidarité. À ses yeux, le Parlement demeure un espace central de débat démocratique et de construction du consensus national.

« Que 2026 soit portée par notre volonté commune de servir le Sénégal avec responsabilité », a-t-il déclaré, lançant un appel clair à l’action collective. Il a invité l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels à renforcer la solidarité nationale et à consolider la confiance dans les institutions, afin de répondre efficacement aux aspirations légitimes des populations.

Au terme de son allocution, le président de l’Assemblée nationale a proposé la levée de la séance, marquant ainsi la fin des travaux parlementaires de l’année. Cette clôture s’est faite sur une note d’unité et de projection vers l’avenir, avec l’ambition affirmée de bâtir, ensemble, un Sénégal plus juste, plus stable et résolument tourné vers le progrès.

Cheikh Diba défend la transparence budgétaire et justifie une seconde loi de finances rectificative

Devant les députés, ce matin, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications détaillées sur la situation budgétaire du Sénégal et les motivations ayant conduit le gouvernement à présenter une seconde loi de finances rectificative. Une intervention marquée par la volonté d’écarter toute interprétation alarmiste et de réaffirmer l’option de la transparence dans la gestion des finances publiques.

S’agissant des recettes fiscales, évaluées à 137 milliards de francs CFA, le ministre a formellement rejeté l’idée d’une contre-performance. Il a insisté sur la dynamique positive des recouvrements, soulignant qu’en glissement annuel, les recettes enregistrent une progression de plus de 11 % par rapport à 2024. Pour Cheikh Diba, ces chiffres traduisent non seulement la résilience de l’économie nationale, mais aussi l’efficacité des dispositifs de mobilisation des ressources internes mis en place par l’administration fiscale.

Le ministre a également tenu à défendre l’image du Sénégal sur la scène internationale, mise en débat ces dernières semaines. Selon lui, « l’image du Sénégal n’est pas écornée », bien au contraire. Il a rappelé que la relance de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) découle d’un « travail inédit de transparence » engagé par les autorités. Cette démarche, a-t-il expliqué, vise à asseoir la crédibilité du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers en fournissant une information claire et exhaustive sur l’état réel des finances publiques.

Cheikh Diba est aussi revenu sur les conséquences budgétaires du remaniement ministériel intervenu en septembre. Ce réaménagement de l’équipe gouvernementale a entraîné, selon lui, d’importantes réorganisations au niveau institutionnel. Des changements de périmètres ministériels ont été opérés et des décrets de transfert sont intervenus pour tenir compte des nouvelles attributions. Ces ajustements ont nécessité une redistribution des crédits et des programmes entre plusieurs ministères afin d’assurer la cohérence de l’action publique et l’alignement des ressources sur les nouvelles priorités gouvernementales.

Dans le même esprit, le ministre a souligné le travail conséquent réalisé dans le cadre des décrets d’avances. Il a indiqué que des réajustements ont été effectués pour répondre à certaines urgences, tout en veillant scrupuleusement à la préservation de l’équilibre budgétaire. Cette gestion, a-t-il précisé, s’est faite dans le respect des principes de prudence et de soutenabilité des finances publiques.

Sur le plan juridique, Cheikh Diba a tenu à lever toute ambiguïté. Le gouvernement, a-t-il affirmé, n’était pas légalement tenu de présenter une loi de finances rectificative. Le choix de le faire relève avant tout d’une démarche volontaire. « Nous avons voulu faire ce travail pour renforcer la crédibilité avec le parlement », a-t-il expliqué, insistant sur le caractère opportun et responsable de cette initiative. Pour le ministre, il s’agit d’un acte de respect à l’égard de l’institution parlementaire et d’un signal fort en faveur de la bonne gouvernance.

Au final, cette seconde loi de finances rectificative s’inscrit, selon Cheikh Diba, dans une logique de dialogue constructif avec les députés et de consolidation de la confiance entre l’exécutif et le législatif. Une démarche qui, au-delà des chiffres, vise à ancrer durablement la transparence et la redevabilité au cœur de la gestion des finances publiques du Sénégal.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour de nouveau auditionné au PJF, maintenu sous contrôle judiciaire

Convoqué ce jour au Pool judiciaire financier (PJF), l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été une nouvelle fois auditionné par les enquêteurs dans le cadre de l’instruction en cours. À l’issue de cette comparution, il a regagné son domicile en homme libre, tout en demeurant soumis au contrôle judiciaire assorti du port d’un bracelet électronique.

Au cœur de ce dossier figure un rapport d’expertise établi par le cabinet ADR, à la demande du PJF, en janvier 2025. Ce document met en lumière des irrégularités financières estimées entre 2,2 et 2,7 milliards de francs CFA. Les experts y relèvent notamment des paiements jugés non justifiés ainsi que des retenues de garantie évaluées à environ 40 millions de francs CFA, éléments qui alimentent les soupçons de mauvaise gestion de fonds publics.

Ce n’est pas la première fois que Pape Malick Ndour est entendu par la justice dans cette affaire. Déjà auditionné le 7 novembre dernier, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) avait été inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. À la suite de cette inculpation, il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de porter un bracelet électronique.

Malgré la gravité des accusations, Pape Malick Ndour continue de contester fermement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. L’ancien ministre, qui a servi sous le régime de Macky Sall, clame son innocence et affirme sa volonté de coopérer pleinement avec la justice afin, dit-il, de faire toute la lumière sur cette affaire.

L’instruction se poursuit au niveau du Pool judiciaire financier, où les magistrats s’appuient sur les résultats de l’expertise et les auditions successives pour établir les responsabilités éventuelles. En attendant l’issue de la procédure, Pape Malick Ndour reste soumis aux mesures restrictives décidées par la justice, dans un dossier suivi de près par l’opinion publique en raison des montants en jeu et de la qualité des personnes mises en cause.

Passy : Moussa Balla annonce une mobilisation pour l’accueil du Premier ministre

Passy — Moussa Balla, président du Groupement d’intérêt économique (GIE) Doolel Chauffeurs Xar Katou Mat du département de Foundiougne, a annoncé une forte mobilisation en vue de réserver un accueil chaleureux au Premier ministre, Ousmane Sonko, attendu ce jeudi à Passy à l’occasion des Journées culturelles de la localité.

Chauffeur de profession et militant engagé de la première heure, Moussa Balla a exprimé sa volonté de contribuer activement à la réussite de cette visite officielle, qu’il qualifie d’historique pour la commune.

Dans ce cadre, il prévoit la mise à disposition d’une vingtaine de cars afin d’assurer le transport et l’accompagnement des différentes activités inscrites au programme de l’événement.

Se présentant comme un fidèle soutien du chef du gouvernement, le président du GIE réaffirme ainsi son engagement politique et sa disponibilité à œuvrer pour le plein succès de la visite du Premier ministre à Passy.

Kaolack – Daaras : les maîtres coraniques plaident pour un meilleur accompagnement de l’État

À Kaolack, l’avenir des daaras a été au centre de deux journées de concertation et d’échanges entre les autorités éducatives et les maîtres coraniques. Cette initiative, portée par l’État du Sénégal à travers le ministère de l’Éducation nationale, s’inscrit dans le cadre des préparatifs des prochaines Assises nationales des daaras, destinées à repenser en profondeur le modèle de l’enseignement religieux.

Après une première phase de concertations organisées au niveau communal, l’ensemble des acteurs des daaras de la région a été invité à réfléchir, durant deux jours, aux principales problématiques qui affectent ces structures éducatives. L’objectif, selon l’Inspecteur d’académie de Kaolack, M. Samba Diakhaté, était avant tout d’écouter les acteurs de terrain et de recueillir leurs propositions.

« L’objectif, c’était justement d’écouter les acteurs qui gravitent autour des daaras, de leur permettre de poser un diagnostic et de formuler des propositions aptes à aller vers une gestion concertée et largement acceptée de la problématique des daaras au niveau national », a-t-il expliqué.

Ces concertations se sont déroulées dans les 41 communes de la région de Kaolack, avant d’être synthétisées au niveau départemental lors de rencontres tenues les 23, 24 et 25 décembre, notamment à Guinguinéo, sous la supervision des préfets. La rencontre régionale, organisée sous l’égide du gouverneur de Kaolack, visait ainsi à produire une synthèse régionale des recommandations.

« Il s’agit, à travers le comité régional, de consolider les propositions afin de porter la contribution de la région de Kaolack aux Assises nationales des daaras », a ajouté l’Inspecteur d’académie.

Parmi les principales problématiques identifiées figurent le fonctionnement des daaras, la réglementation, les conditions de vie des talibés, le manque de moyens, l’adaptation des programmes, ainsi que les mécanismes d’évaluation. Les propositions issues de ces travaux seront transmises au niveau national, qui se chargera ultérieurement de réunir l’ensemble des parties prenantes lors des assises.

Prenant part activement aux échanges, les maîtres coraniques de Kaolack ont dressé un diagnostic sans complaisance de la situation des daaras au Sénégal. Ils ont unanimement appelé à un accompagnement plus soutenu de l’État.

« Face aux nombreux défis structurels, sociaux et pédagogiques qui affectent les daaras, nous appelons à un accompagnement plus conséquent de l’État », a plaidé Oustaz Mamadou Lamine Fall, président régional des maîtres coraniques de Kaolack.

Les responsables de daaras ont notamment dénoncé les conditions d’apprentissage difficiles des talibés, marquées par l’insuffisance d’infrastructures adaptées, le déficit de matériel pédagogique, l’accès limité à l’eau potable et aux soins de santé, ainsi que la précarité des conditions de vie dans plusieurs établissements.

Ils ont également insisté sur la prise en charge sociale et la protection des enfants, soulignant la nécessité de concilier le respect des droits de l’enfant avec les fondements et les valeurs de l’enseignement coranique.

Ces concertations constituent ainsi une étape importante vers une réforme inclusive et concertée des daaras, avec l’ambition de bâtir un cadre éducatif plus structuré, plus protecteur et mieux adapté aux réalités contemporaines du Sénégal.

OFNAC nouvelle ère : l’épreuve de la grande corruption à l’aune du dossier QVS

Après leur prestation de serment le lundi 22 décembre dernier devant la Cour d’Appel du Tribunal de Grande Instance de Dakar, le président Moustapha Kâ et les onze membres composant la nouvelle équipe de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ont officiellement pris service. Cette entrée en fonction s’est matérialisée par la traditionnelle cérémonie de passation de témoin avec l’équipe sortante dirigée par Serigne Bassirou Guèye, marquant ainsi le début d’un nouveau chapitre pour cette institution stratégique de l’architecture de gouvernance publique.

La mission qui attend la nouvelle équipe est d’autant plus déterminante qu’elle intervient dans un contexte juridique renouvelé. L’OFNAC hérite en effet de la loi n°2024-06 du 9 février 2024, modifiant la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, laquelle élargit considérablement son périmètre de compétences. Désormais, l’Office peut se saisir d’office ou être saisi par tout citoyen, toute structure publique ou privée, mener des enquêtes approfondies, recourir à des techniques spéciales d’investigation et accéder à l’ensemble des informations nécessaires avant de transmettre ses rapports au procureur de la République. Cette montée en puissance confère à l’OFNAC un rôle central dans la lutte contre la grande corruption, notamment dans ses ramifications locales et administratives.

C’est précisément au moment où ce nouvel Office se met en place qu’un dossier emblématique, aux relents persistants de grande corruption, semble toucher à son épilogue. Il s’agit de l’affaire QVS, une société détenue par des hommes d’affaires hollandais qui, depuis son apparition sur la scène publique sénégalaise, est accusée de se maintenir dans une illégalité flagrante. Selon le journal Le Témoin, QVS aurait défié de manière ostentatoire les décisions des juridictions nationales, bénéficiant de complicités internes, décrites comme des « nègres de service » tapis dans l’ombre et manœuvrant au cœur même de l’administration.

La dernière décision de justice rendue à la veille de Noël, largement relayée par la presse, a pourtant semblé sans équivoque. Elle met définitivement un terme aux prétentions de QVS sur le site litigieux, tranche en faveur de la Société Nouvelle Ville (SNV) et assortit l’injonction de libération d’une astreinte de 500 000 francs CFA par jour de retard. Si cette décision peut apparaître comme un « happy end » judiciaire, elle soulève néanmoins de lourdes interrogations politiques et institutionnelles, en premier lieu pour l’OFNAC.

Comment expliquer, en effet, qu’une société ne disposant ni de titre de propriété ni de permis de construire ait pu, pendant aussi longtemps, défier ouvertement la justice sénégalaise sans être inquiétée ? Pour rappel, QVS s’est installée illégalement sur un site régulièrement attribué à la Société Nouvelle Ville par décret d’utilité publique. Une mesure d’expulsion avait été prononcée dès le 4 mai 2023, puis confirmée par une décision de justice définitive rendue le 31 août 2023. À l’issue de ce délai, l’entreprise était tenue de libérer les lieux. La Cour des comptes, dans son rapport définitif 2019-2021 sur l’audit de la performance de la Direction des Eaux, Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols, avait d’ailleurs déjà dénoncé cette occupation irrégulière.

Malgré l’épuisement de toutes les voies de recours devant les juridictions compétentes, et en dépit d’un mandatement délivré par le Procureur général pour procéder à l’expulsion de QVS, y compris par la force publique si nécessaire, l’exécution de la décision a constamment été entravée. À chaque échéance, des manœuvres obscures ont permis de retarder ou d’annuler l’opération. Plus grave encore, la Gendarmerie nationale, pourtant saisie par voie d’huissier avec un mandatement en bonne et due forme, est accusée d’avoir fermé les yeux, freinée par les tentacules d’une mafia qui gangrènerait l’administration.

Ce dossier illustre de manière éclatante les mécanismes de la grande corruption, laquelle implique souvent des décideurs politiques et de hauts fonctionnaires capables de manipuler les lois et les politiques publiques à des fins personnelles, sans considération pour les dommages causés à l’intérêt général. Les préjudices subis par la Société Nouvelle Ville depuis l’occupation illégale de ses terres sont aujourd’hui qualifiés de colossaux, tant sur le plan économique que sur celui de la crédibilité de l’État de droit.

À l’heure où le discours officiel se réclame des principes de « jub, jubbaal, jubanti », l’OFNAC apparaît plus que jamais comme un outil central de la politique de transparence et de reddition des comptes. L’affaire QVS constitue, à ce titre, un véritable test de crédibilité pour la nouvelle équipe dirigée par Moustapha Kâ. Laisser passer une telle forfaiture reviendrait à consacrer l’impunité de réseaux puissants et à affaiblir durablement la confiance des citoyens dans les institutions. C’est pourquoi, au-delà de son apparente conclusion judiciaire, ce dossier appelle une action résolue de l’OFNAC, afin que la lutte contre la grande corruption cesse d’être un slogan et devienne une réalité tangible pour tous.

Vol de chèvres à Diass : B. Faye et Ch.T. Guèye attendent leur verdict

Les chauffeurs B. Faye et Ch.T. Guèye, détenus depuis le début du mois de décembre à la Maison d’arrêt de Mbour, dans l’ouest du pays, pour un vol présumé de chèvres, seront fixés sur leur sort ce mardi 30 décembre 2025. C’est ce que révèle l’édition du jour du journal L’Observateur.

Les faits remontent à une sortie à Diass, localité située à environ 40 km au sud-est de Dakar. Selon les accusations, les deux hommes se seraient rendus dans cette localité en voiture et auraient dérobé deux chèvres appartenant au berger A. Sow, avant de les charger dans leur véhicule. Leur fuite a été interrompue après que leur voiture est entrée en collision avec une grosse pierre, permettant ainsi aux villageois de les rattraper. Pris en flagrant délit, ils ont été immédiatement remis à la gendarmerie de Diass.

Lors de leur présentation devant la barre le 23 décembre 2025, Ch.T. Guèye, qui avait initialement reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire, est revenu sur sa déclaration et a affirmé n’avoir commis aucun vol. Il a expliqué sa présence sur les lieux par le fait qu’il accompagnait une dame à une cérémonie familiale. De son côté, B. Faye a reconnu le vol d’une seule chèvre et a indiqué que c’est Ch.T. Guèye qui l’aurait invité à se rendre sur les lieux.

Cependant, le berger A. Sow a maintenu ses accusations, affirmant que le vol concernait en réalité 60 chèvres. Selon lui, il s’agirait d’un vol répété, les accusés ayant déjà été aperçus en train de dérober son bétail à plusieurs reprises. Il a précisé que le mode opératoire des deux hommes consistait à mélanger du maïs et des comprimés afin de neutraliser les animaux avant de les transporter.

La victime présumée réclame la somme de trois millions de FCFA à titre de dommages et intérêts. Après plusieurs débats, la présidente du tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera donc rendu ce mardi 30 décembre, mettant fin à plusieurs semaines de suspense pour les accusés et la victime.

Sébikotane : Une anomalie contractuelle majeure pointée par l’ITIE

Le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) révèle une situation préoccupante concernant le bloc d’exploration de Sébikotane. Selon ce document, le contrat attribué à la société Oranto Petroleum aurait été signé sans avoir obtenu l’approbation réglementaire nécessaire, soulevant de sérieuses interrogations sur sa validité juridique.

Cette irrégularité met en lumière un manquement aux procédures établies par le cadre légal et réglementaire sénégalais, qui exige que tout contrat d’exploration ou d’exploitation dans le secteur des hydrocarbures soit préalablement validé par les autorités compétentes avant sa signature. L’absence de cette approbation pourrait avoir des conséquences importantes, non seulement sur la légalité du contrat lui-même, mais aussi sur les obligations fiscales et environnementales liées à l’exploitation du bloc.

Le rapport de l’ITIE attire également l’attention sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans l’attribution des licences et contrats pétroliers et gaziers. Les experts soulignent qu’une telle situation pourrait créer un précédent dangereux si elle n’est pas corrigée rapidement, en compromettant la confiance des investisseurs et l’intégrité du secteur des hydrocarbures au Sénégal.

Du côté des autorités, aucune communication officielle n’a encore été publiée pour clarifier les circonstances entourant cette signature, ni sur les mesures envisagées pour régulariser la situation. Pour Oranto Petroleum, cette révélation pourrait entraîner une réévaluation de ses droits et obligations sur le bloc de Sébikotane, ainsi qu’un examen plus strict de sa conformité aux règles nationales et internationales.

RTS : Pape Alé Niang réagit aux accusations de réduction de salaires et d’avantages excessifs

Le Directeur de la Radio Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, a pris la parole ce mardi 30 décembre afin de clarifier la situation suite au mouvement de contestation déclenché par les travailleurs de l’institution. Ces derniers l’accusent notamment d’une réduction « abusive et unilatérale » des salaires, ainsi que de conditions de travail jugées insuffisantes.

Dans un communiqué diffusé à PressAfrik, Pape Alé Niang assure que, avant sa prise de fonction, les salaires des mois d’avril et mai 2024 étaient calculés sur la base d’un décret signé par l’ancien président Macky Sall le 27 mars 2024, soit au lendemain de l’élection de Diomaye Faye. Ce décret prévoyait des augmentations salariales avec une incidence financière évaluée à 1,8 milliard de francs CFA par an. Cependant, le directeur précise que l’application effective de ce décret reste suspendue, car l’arrêté interministériel déterminant les modalités de versement n’a pas encore été pris par les autorités compétentes.

S’agissant des accusations portant sur une prétendue augmentation « faramineuse » de sa propre rémunération, Pape Alé Niang affirme qu’il n’a pas le pouvoir de fixer son salaire, qui est strictement encadré par la loi. « Il est clairement établi que je n’ai pas le privilège de fixer mon salaire », insiste-t-il.

Le directeur a également tenu à clarifier la question de son véhicule, rappelant que depuis les réformes de 2021 sur le système de gestion du parc automobile de l’État, la RTS ne dispose plus de véhicule de fonction. « Je précise que j’utilise ma voiture personnelle depuis le jour de ma passation de service avec mon prédécesseur », a-t-il souligné.

Ces explications interviennent moins de 24 heures après que des membres du personnel de la RTS, dirigés par le syndicaliste Alioune Badara Kane, aient dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « hausse de salaire considérable » du directeur, alors que leurs propres rémunérations auraient été « brutalement réduites ».

Bourses universitaires : l’État débloque 11,8 milliards FCFA pour apaiser le climat social

Dans un contexte économique contraint, le gouvernement sénégalais a fait le choix de maintenir son engagement envers les étudiants. À travers la seconde loi de finances rectificative pour l’année 2025, l’exécutif a inscrit une dotation exceptionnelle de 11,8 milliards de francs CFA destinée à compléter les bourses des étudiants de l’enseignement supérieur. Cette mesure figure parmi les dépenses urgentes jugées prioritaires par l’État, avec pour objectif principal de contribuer à l’apaisement du climat social dans les universités.

Cette décision intervient alors que les finances publiques sont fortement éprouvées. Selon les données officielles, l’État fait face à une baisse cumulée de 137,8 milliards de francs CFA de ses recettes par rapport aux prévisions initiales. Cette contraction résulte à la fois d’un recul des ressources internes, estimé à 21,2 milliards de francs CFA, et d’une chute plus marquée des ressources externes, évaluée à 116,6 milliards de francs CFA. Malgré ces contraintes budgétaires significatives, le gouvernement a choisi de préserver les dépenses sociales jugées essentielles, au premier rang desquelles figurent les bourses étudiantes.

Dans l’exposé des motifs accompagnant la loi de finances rectificative, l’exécutif justifie clairement cette orientation. Le complément des bourses est présenté comme une réponse directe à « l’impératif de l’apaisement du climat social dans les universités », dans un contexte où les retards de paiement et l’insuffisance des allocations ont souvent été sources de tensions, de grèves et de perturbations du calendrier académique. En renforçant l’enveloppe dédiée aux bourses, l’État entend ainsi réduire les frustrations des étudiants et favoriser un environnement plus serein propice aux études.

Au-delà de la dimension sociale, cette mesure traduit également une volonté politique de protéger le capital humain, considéré comme un levier stratégique pour le développement du pays. En soutenant les étudiants malgré la baisse des recettes publiques, le gouvernement envoie un signal fort quant à la place accordée à l’éducation et à la formation supérieure dans ses priorités.

Lutte contre l’émigration irrégulière : la Marine nationale intercepte une pirogue de 82 migrants au large de Dakar

La Marine nationale a mené, ce lundi 29 décembre 2025, une nouvelle opération de secours en mer à environ 90 kilomètres au large des côtes dakaroises. Une pirogue transportant 82 candidats à l’émigration irrégulière a été interceptée par les forces navales sénégalaises, évitant ainsi un drame humain en haute mer.

Selon des sources sécuritaires, l’embarcation tentait de rallier clandestinement les îles Canaries lorsque sa progression a été repérée par les unités de surveillance maritime. Les passagers, parmi lesquels figuraient des hommes, des femmes et des mineurs, ont été pris en charge par la Marine nationale avant d’être acheminés vers la terre ferme pour les procédures d’identification et d’assistance humanitaire.

Cette intervention s’inscrit dans une dynamique soutenue de lutte contre l’émigration irrégulière observée tout au long du mois de décembre. Face à la recrudescence des départs clandestins depuis les côtes sénégalaises, la Marine nationale a intensifié ses patrouilles et ses actions de veille maritime afin de sécuriser les espaces maritimes et de sauver des vies.

Le 9 décembre dernier, une embarcation en détresse transportant 238 migrants avait déjà été secourue en pleine mer, dans des conditions jugées extrêmement dangereuses. Quelques jours plus tard, le 23 décembre, ce sont 174 personnes qui ont été interceptées à environ 70 kilomètres des côtes, alors qu’elles tentaient la traversée. Le 26 décembre, une autre pirogue avec 93 passagers avait été secourue à une trentaine de kilomètres au large de Dakar, confirmant l’intensité des tentatives de départ en cette période de l’année.

Les autorités sénégalaises rappellent régulièrement les risques élevés liés à l’émigration irrégulière par voie maritime, notamment en raison de la surcharge des embarcations, de l’état précaire des pirogues et des conditions météorologiques souvent imprévisibles. Elles réaffirment également leur engagement à renforcer la prévention, la surveillance des côtes et la coopération avec les services compétents pour endiguer ce phénomène.

Se déplacer la nuit à Dakar : entre contraintes urbaines et nouvelles solutions de mobilité

À Dakar, la mobilité nocturne demeure un enjeu majeur du quotidien urbain. Lorsque la nuit tombe, la ville change de visage : les rues se vident progressivement, l’éclairage devient inégal selon les quartiers et l’offre de transport se raréfie. Pour de nombreux habitants, notamment les étudiants, les travailleurs de nuit et les femmes, se déplacer après une certaine heure devient une expérience marquée par l’incertitude et parfois par la peur. La nuit transforme ainsi l’espace urbain en un temps sous contrainte, où la liberté de circulation est réduite et conditionnée par la disponibilité des moyens de transport.

À partir d’une certaine heure, le système de transport public ralentit nettement, voire s’arrête complètement. Les bus deviennent rares, les temps d’attente s’allongent et les alternatives se font plus coûteuses. Cette réalité est particulièrement éprouvante pour les jeunes femmes. Aminata, étudiante en licence, témoigne de ce sentiment d’insécurité : rentrer seule tard le soir est pour elle une source constante de stress. Un soir, après des cours terminés vers 23 heures, elle s’est retrouvée sans bus et face à la rareté des taxis. Elle a dû marcher plusieurs minutes dans une rue mal éclairée et presque déserte, avançant avec appréhension, attentive au moindre bruit derrière elle. Son expérience illustre celle de nombreux Dakarois confrontés à l’absence de solutions fiables la nuit.

Les transports publics et les taxis constituent pourtant la colonne vertébrale de la mobilité urbaine à Dakar. Toutefois, leur disponibilité varie fortement selon l’heure et le quartier. La mise en service du Bus Rapid Transit (Sunu BRT) le 15 mai 2024 a renforcé l’offre de transport, notamment grâce à des fréquences élevées aux heures de pointe. Mais cette amélioration reste surtout perceptible en journée, car le service demeure limité en heures tardives. À mesure que la nuit avance, la densité de l’offre diminue, rendant les trajets plus longs et plus pénibles. Le cœur de la nuit, entre 1 h 30 et 4 h 30, est la période la moins active : les transports publics se font presque inexistants et les taxis, moins nombreux, appliquent des tarifs variables, parfois élevés et imprévisibles pour les usagers.

Or, la mobilité est une condition essentielle pour participer pleinement à la vie urbaine, que ce soit pour étudier, travailler ou simplement rentrer chez soi en sécurité. Face à ces contraintes, de nouvelles solutions émergent afin de répondre aux besoins spécifiques des déplacements nocturnes. Ces offres reposent souvent sur des modèles plus flexibles, combinant tarification selon la distance, plateformes numériques et services personnalisés.

Dans ce contexte, les Voitures de Transport avec Chauffeur (VTC) se sont progressivement imposées comme une alternative crédible et rassurante pour la mobilité nocturne à Dakar. Disponibles à toute heure, elles offrent un niveau de confort et de sécurité apprécié par les usagers. L’identification des chauffeurs, le suivi GPS en temps réel et la possibilité de partager son itinéraire avec un proche contribuent à renforcer le sentiment de confiance, en particulier chez les étudiantes et les personnes qui rentrent tard. Pour beaucoup, savoir qu’un trajet peut être suivi à distance représente un facteur déterminant de tranquillité d’esprit.

Mamadou, chauffeur de nuit dans une clinique, raconte combien ces services ont changé son quotidien. Terminant son service à 2 heures du matin, il se retrouvait auparavant sans moyen de transport sûr pour rentrer chez lui. Aujourd’hui, grâce aux VTC, il peut suivre son trajet et s’assurer que le chauffeur est vérifié, ce qui lui permet de rentrer sereinement après une longue nuit de travail. Son témoignage met en lumière l’importance de solutions adaptées aux réalités des travailleurs nocturnes.

À Dakar, où les rythmes de vie nocturnes se sont considérablement développés, les habitants expriment un besoin croissant de solutions de transport fiables, transparentes et accessibles. Les acteurs du secteur l’ont bien compris. Selon un représentant de la plateforme Yango, la sécurité ne doit jamais être une option : l’objectif est de permettre à chacun de rentrer chez soi en toute sérénité, même lorsque la ville s’endort.

Classement Business Ready 2025 : le Sénégal signe une entrée remarquée et confirme la dynamique des réformes économiques

Pour la première fois, le Sénégal figure dans le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, un nouvel outil d’évaluation internationale du cadre réglementaire et institutionnel des économies. Le pays se classe 8ᵉ sur les 27 États africains évalués, une performance notable qui vient consacrer, sur le plan international, les réformes engagées ces dernières années pour améliorer le climat des affaires. Selon l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix), ce résultat traduit une amélioration mesurable de l’environnement économique national, dans un contexte africain marqué par de fortes disparités en matière de gouvernance et d’attractivité économique.

Cette entrée du Sénégal dans le classement s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation économique et sociale, dont l’un des axes majeurs consiste à refonder les relations entre l’État et le secteur privé. Les autorités sénégalaises mettent en avant les progrès réalisés dans la simplification des procédures administratives, le renforcement de la transparence réglementaire et l’amélioration de la prévisibilité des règles applicables aux entreprises. À travers cette lecture officielle, le classement Business Ready apparaît comme la reconnaissance d’une orientation assumée vers une administration plus efficace, plus lisible et plus équitable, capable de réduire les coûts indirects qui pèsent traditionnellement sur les investisseurs et les entrepreneurs.

Le rapport Business Ready marque une rupture méthodologique avec l’ancien classement Doing Business, longtemps critiqué pour ses limites. Désormais, l’évaluation ne se limite plus à l’existence formelle des textes juridiques et réglementaires, mais s’intéresse également à leur mise en œuvre effective et à leur impact réel sur les acteurs économiques. Pour l’édition 2025, les données ont été collectées entre septembre 2023 et décembre 2024 à partir d’enquêtes menées auprès d’entreprises, de praticiens du droit et de l’économie, ainsi que d’administrations publiques. Cette approche permet de mieux appréhender les écarts entre les réformes annoncées et les pratiques observées sur le terrain, donnant ainsi une image plus fidèle de la réalité du climat des affaires.

La performance du Sénégal prend une dimension particulière dans un contexte de transition politique. Elle est interprétée par les autorités comme un indicateur de résilience institutionnelle et de continuité de l’action publique, au-delà des alternances et des recompositions politiques. Cette lecture suggère que certaines réformes structurelles ont atteint un niveau de maturité suffisant pour produire des effets mesurables et reconnus à l’échelle internationale, même dans une phase de changement politique.

Pour autant, cette 8ᵉ place continentale ne constitue pas un aboutissement définitif, mais plutôt un point d’étape. L’Apix souligne que de nouvelles réformes ciblées ont déjà été identifiées afin de consolider les acquis et d’améliorer la performance du pays lors des éditions 2026 et 2027 du rapport. Le maintien, voire la progression, du Sénégal dans ce classement dépendra de sa capacité à traduire les engagements réglementaires en bénéfices tangibles pour les entreprises, notamment en matière de réduction des délais administratifs, de sécurité juridique et de maîtrise des coûts. Le défi central reste donc de transformer cette reconnaissance internationale en un levier durable d’investissement, de création d’emplois et de croissance inclusive.

LFR2 2025 : un budget de fin d’exercice sous tension, entre ajustements prudents et interrogations de gouvernance

Examinée et adoptée à la majorité par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire le 29 décembre 2025, la seconde loi de finances rectificative (LFR2) pour l’année 2025 est désormais soumise à l’examen de la plénière de l’Assemblée nationale. Loin d’un simple exercice technique de fin d’année, ce texte s’impose comme un révélateur des fragilités structurelles des finances publiques sénégalaises, dans un contexte marqué par un ralentissement économique, une contraction des recettes et des mutations institutionnelles importantes. Il cristallise ainsi des enjeux majeurs liés à la sincérité budgétaire, à la qualité de la planification et à la crédibilité de la trajectoire financière de l’État.

L’environnement macroéconomique dans lequel s’inscrit cette LFR2 demeure contrasté. Sur le plan international, les perspectives restent empreintes d’incertitudes. Le Fonds monétaire international table sur une croissance mondiale de 3,2 % en 2025, mais cette dynamique reste fragile, exposée aux tensions commerciales persistantes, au durcissement des politiques monétaires dans les grandes économies et aux effets de plus en plus visibles des risques climatiques. En Afrique subsaharienne, la croissance apparaît plus résiliente, estimée à 4,1 %, tandis que l’espace UEMOA affiche un dynamisme supérieur, avec un taux de croissance du PIB réel évalué à 5,9 %, selon les données avancées dans l’exposé des motifs.

Au niveau national, ces tendances se traduisent par une révision à la baisse de la croissance économique. Le taux de croissance du PIB sénégalais pour 2025 est désormais fixé à 7,8 %, contre 8,8 % initialement projeté. Cette correction est principalement imputable à un ajustement dans le secteur des hydrocarbures, dont les performances ont été revues à la baisse. Hors hydrocarbures, la croissance est estimée à 3,8 %, un niveau modeste au regard des besoins de transformation structurelle de l’économie. Cette révision n’est pas sans conséquences sur les équilibres budgétaires, en particulier sur la mobilisation des recettes.

La baisse des recettes constitue d’ailleurs le premier enjeu central de cette seconde loi de finances rectificative. Les recettes budgétaires sont revues à la baisse de 137,8 milliards de FCFA, affectant aussi bien les ressources internes que les financements extérieurs. Face à cette contraction, le Gouvernement a procédé à un ajustement à la baisse des dépenses afin de préserver l’équilibre global du budget. Les recettes du budget général sont désormais arrêtées à 4 531,1 milliards de FCFA, tandis que les dépenses atteignent 6 227 milliards de FCFA. Les comptes spéciaux du Trésor, quant à eux, demeurent stables, avec 215,4 milliards de FCFA aussi bien en recettes qu’en dépenses. Si l’exécutif met en avant une gestion prudente et responsable, cette situation met en lumière la forte sensibilité des finances publiques aux chocs exogènes et aux hypothèses de croissance parfois jugées optimistes par certains observateurs.

Les débats autour de la LFR2 ont également été marqués par la question sensible du recours aux décrets d’avance. Le texte prévoit la ratification de cinq décrets d’avance, pour un montant cumulé de 213,4 milliards de FCFA, pris afin de faire face à des situations qualifiées d’urgentes ou d’intérêt national. Ces mesures ont notamment concerné le fonds de calamités et imprévus, l’achèvement de la polyclinique de l’Hôpital principal de Dakar, des programmes d’équipement des forces de défense et de sécurité, ainsi que des projets structurants dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Si le Gouvernement justifie ce recours par l’urgence et la nécessité de continuité de l’action publique, plusieurs commissaires ont exprimé leurs réserves, estimant qu’un usage répété de cet instrument exceptionnel pourrait fragiliser le principe de sincérité budgétaire et révéler des insuffisances dans la planification initiale des dépenses.

La LFR2 intègre par ailleurs des dépenses supplémentaires évaluées à 56,8 milliards de FCFA, présentées comme incompressibles. Ces charges concernent notamment le paiement des salaires de la SONAGED et les prestations de nettoiement, le complément des bourses des étudiants, le règlement de dettes liées aux universités, la construction de résidences universitaires dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026, la prise de participation de l’État dans l’Africa Finance Corporation, ainsi que le renforcement de l’alimentation des forces de défense et de sécurité. Ces arbitrages illustrent la pression croissante des charges sociales, éducatives et sécuritaires sur un budget déjà fortement contraint, limitant les marges de manœuvre de l’État.

Sur le plan institutionnel, la loi de finances rectificative vise également à aligner le budget sur la nouvelle architecture gouvernementale issue du remaniement du 6 septembre 2025. La fusion de certains ministères, la création de nouveaux départements et la réaffectation de plusieurs structures administratives ont rendu nécessaires des transferts de crédits afin de garantir la cohérence et la continuité de l’action publique. Cet ajustement, bien que technique en apparence, reflète les impacts budgétaires directs des choix politiques et organisationnels opérés au sommet de l’État.

Infrastructures routières dans le nord : Abdou Karim Sall interpelle le ministre Cheikh Diba sur l’avenir des projets du Dandé Mayo

Lors de l’examen de la seconde loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale, le député Abdou Karim Sall a vivement interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur l’état d’avancement des travaux d’infrastructures routières dans le Dandé Mayo et, plus largement, dans la zone nord du Sénégal. Une intervention marquée par des préoccupations fortes sur le sort des projets annoncés sous le régime précédent et sur la dégradation avancée de certaines routes.

Prenant la parole devant l’hémicycle, le parlementaire a d’abord rappelé les engagements publics pris lors de l’inauguration de l’autopont par l’ancien ministre des Infrastructures, Mansour Faye. À cette occasion, avait-il souligné, il avait été clairement annoncé que les travaux de construction de routes ainsi que de trois ponts dans la zone devaient démarrer de manière imminente. Or, plusieurs mois après ces annonces, les populations du Dandé Mayo attendent toujours de voir ces promesses se concrétiser sur le terrain.

Abdou Karim Sall a ensuite élargi son propos en revenant sur les engagements pris en 2021 par l’ancien président de la République, Macky Sall, dans le cadre du désenclavement du Dandé Mayo. Ce programme prévoyait notamment la construction de 240 kilomètres de routes et de 55 kilomètres de pistes, un chantier d’envergure censé améliorer la mobilité des populations, stimuler les activités économiques locales et renforcer l’intégration territoriale de cette partie du pays. « Monsieur le ministre, où en êtes-vous avec ces projets ? », a-t-il lancé, cherchant à savoir si ces initiatives figurent toujours parmi les priorités du nouveau pouvoir dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le député n’a pas dissimulé son inquiétude face à ce qu’il perçoit comme un possible ralentissement, voire un abandon, de certains projets hérités du régime précédent. Il a particulièrement insisté sur l’état préoccupant de plusieurs axes routiers dans le nord du pays. « Certaines routes dans le nord sont catastrophiques. Elles méritent d’être reconstruites le plus rapidement possible », a-t-il martelé, estimant que la situation actuelle pénalise lourdement les populations et entrave le développement économique de la zone.

Pour clore son intervention, Abdou Karim Sall a attiré l’attention du ministre Cheikh Diba sur une autre préoccupation majeure des populations locales : l’accès à l’eau potable. Il a souligné que, dans certaines localités du nord, cette question demeure un défi quotidien, appelant l’État à apporter des réponses urgentes et durables.

Vols à Auchan Mermoz : deux clients interpellés et déférés au parquet

Deux clients ont été arrêtés le 22 décembre 2025 dans l’enceinte du supermarché Auchan Mermoz, à Dakar, pour des faits de vol de marchandises. Les interpellations ont été rendues possibles grâce à la vigilance du service de sécurité de l’enseigne, qui a déjoué deux tentatives distinctes survenues le même jour.

Selon les informations recueillies, le premier mis en cause, identifié comme Hervé Preira et s’étant présenté comme étudiant, a été appréhendé alors qu’il tentait de quitter le magasin sans régler des articles qu’il avait sélectionnés. La valeur totale des produits concernés a été estimée à 296 250 francs CFA. Les agents de sécurité, attentifs à ses faits et gestes, sont intervenus avant qu’il ne franchisse la sortie, mettant fin à la tentative.

Quelques heures plus tard, une seconde interpellation a eu lieu dans des circonstances similaires. Une cliente répondant au nom d’Itouha Carine Belvie Josiane aurait tenté de sortir du supermarché avec des marchandises d’une valeur estimée à 305 910 francs CFA, en utilisant le même procédé. Là encore, l’intervention rapide des vigiles a permis d’empêcher la sortie frauduleuse des produits.

Les deux personnes ont été retenues sur place avant d’être conduites à la brigade de gendarmerie de Ouakam pour les besoins de l’enquête. Placées en garde à vue, elles ont été entendues par les enquêteurs, puis déférées au parquet le mercredi suivant, à l’issue de la procédure.

Au cours de leurs auditions, les deux mis en cause ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils ont également sollicité la clémence de la justice. L’enquête devra désormais déterminer avec précision les circonstances exactes de ces vols présumés et établir s’il existe ou non un lien entre les deux interpellations survenues le même jour au sein du même établissement commercial.

Budget communal des Agnam : une hausse historique à 800 millions FCFA grâce à un appui de 300 millions de la Banque mondiale

La commune des Agnam vient de franchir un cap important dans sa dynamique de développement local avec une augmentation substantielle de son budget annuel. Initialement fixé à 500 millions de francs CFA, le budget communal s’établit désormais à 800 millions de francs CFA, grâce à une dotation additionnelle de 300 millions de francs CFA accordée par la Banque mondiale. Cette progression budgétaire marque un tournant significatif pour cette collectivité située dans la vallée du fleuve Sénégal.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, cette enveloppe financière a été intégrée au budget communal et adoptée à l’unanimité par le Conseil municipal. Le journal souligne que le vote s’est déroulé dans un climat de consensus, toutes obédiences politiques confondues, traduisant une convergence de vues des élus locaux autour de l’importance stratégique de ce financement pour l’avenir de la commune. Cette unanimité témoigne d’une volonté partagée de placer l’intérêt général et le développement territorial au-dessus des clivages politiques.

Les 300 millions de francs CFA octroyés par l’institution de Bretton Woods s’inscrivent dans le cadre du Projet de résilience et de développement communautaire (PRDC) de la Vallée du fleuve Sénégal. Ce programme vise à accompagner les collectivités locales dans la réalisation d’actions structurantes capables de renforcer durablement les capacités économiques et sociales des populations vivant le long du fleuve. Il s’agit notamment de soutenir des initiatives à fort impact local, en tenant compte des réalités socio-économiques et environnementales propres à cette zone.

Toujours selon L’Observateur, le PRDC a pour ambition principale de renforcer la résilience socio-économique et climatique des communautés du bassin du fleuve Sénégal, aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie. Le programme s’attaque de manière ciblée aux effets persistants de la pauvreté et aux défis liés aux changements climatiques, qui affectent particulièrement les zones rurales. Inondations, sécheresses récurrentes et dégradation des terres constituent autant de contraintes auxquelles les populations riveraines doivent faire face au quotidien.

Au-delà de l’aspect financier, le projet met l’accent sur le développement local et l’amélioration de la gouvernance. Il soutient le renforcement des chaînes de valeur locales, en ciblant des secteurs économiques porteurs susceptibles de générer des revenus durables et de créer des opportunités d’emploi. Parallèlement, le PRDC prévoit des actions visant à améliorer la gouvernance locale, à renforcer les capacités des collectivités territoriales et à promouvoir une plus grande participation des communautés dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets de développement.

Le programme accorde une attention particulière aux régions de Saint-Louis, Matam et Tambacounda, identifiées comme des zones prioritaires en raison de leur forte vulnérabilité aux aléas climatiques, mais également de leur important potentiel agricole et économique. La commune des Agnam, de par sa situation géographique dans la vallée du fleuve Sénégal, s’inscrit pleinement dans ce périmètre d’intervention stratégique.

Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya largement en tête selon des résultats partiels, l’opposition crie à la mascarade

Le chef de la junte guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, dispose d’une avance écrasante sur ses huit adversaires à l’élection présidentielle organisée dimanche, selon les premiers résultats officiels partiels provisoires rendus publics lundi soir. Ces chiffres, lus à la télévision nationale RTG par la directrice générale des élections, Djenabou Touré, confirment la position de grand favori du chef de l’État de transition.

À Conakry, Mamadi Doumbouya arrive très largement en tête dans plusieurs communes clés de la capitale, notamment Kaloum, Matam, Sonfonia et Ratoma. Dans ces circonscriptions, ses scores dépassent fréquemment les 80 %, creusant un écart considérable avec ses concurrents. Cette dynamique favorable se retrouve également dans d’autres localités du pays. À Coyah, ville située à proximité de Conakry, comme dans plusieurs zones de l’intérieur, le général Doumbouya conserve une avance comparable. Il domine notamment dans les préfectures de Boffa et Fria à l’ouest, Gaoual au nord-ouest, Koundara et Labé au nord, ainsi qu’à Nzérékoré dans le sud-est du pays.

Ce scrutin s’est tenu dans un contexte politique très contesté. L’opposition, dont plusieurs figures majeures ont été écartées du processus électoral, avait appelé au boycott de cette présidentielle. L’élection intervient plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui avait renversé le président Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010. En l’absence de candidats d’envergure issus de l’opposition traditionnelle, la participation électorale constituait l’un des principaux enjeux du scrutin.

Selon les chiffres officiels annoncés par la commission électorale, le taux de participation s’est élevé à 85 %. Un chiffre immédiatement contesté par un mouvement citoyen réclamant le retour des civils au pouvoir. Dans un communiqué publié lundi, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a affirmé qu’« une immense majorité de Guinéens a choisi de boycotter la mascarade électorale » organisée par la junte. Le FNDC estime que les électeurs ont refusé de s’associer à ce qu’il qualifie de simulacre de scrutin, sans toutefois avancer de statistiques alternatives.

Près de 6,8 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, dont environ 125 000 Guinéens vivant à l’étranger. Âgé de 41 ans, Mamadi Doumbouya semble ainsi en mesure de remporter la présidentielle dès le premier tour, face à des candidats peu connus du grand public, dans un climat marqué par un net rétrécissement des libertés publiques.

Plusieurs candidats ont d’ailleurs dénoncé des irrégularités. Abdoulaye Yéro Baldé a fait état, dans un communiqué publié lundi soir, de « graves irrégularités », évoquant notamment l’accès refusé à ses représentants dans certaines commissions de centralisation des votes ainsi que des cas présumés de bourrage d’urnes. De son côté, Faya Millimono a dénoncé un « brigandage électoral », accusant les autorités d’exercer des influences sur les électeurs et évoquant également des pratiques de bourrage d’urnes.

Sur le plan sécuritaire, le chef de la gendarmerie nationale, le général Balla Samoura, a appelé lundi matin, lors d’une déclaration à la télévision publique, à maintenir le dispositif de sécurité déployé le jour du vote. Il a invité les forces de défense et de sécurité à faire preuve de vigilance et de réactivité jusqu’à la clôture définitive de l’ensemble des opérations électorales, tout en soulignant qu’aucun incident majeur n’avait été enregistré lors du scrutin.

La veille, les forces de sécurité avaient annoncé avoir neutralisé, dans la banlieue de Conakry, des membres d’un groupe armé soupçonnés de nourrir des intentions subversives menaçant la sécurité nationale. Au lendemain du vote, des engins blindés et des véhicules des forces de l’ordre restaient visibles à certains carrefours stratégiques de la capitale. Malgré cette présence sécuritaire renforcée, la vie a progressivement repris son cours normal à Conakry, avec la réouverture des principaux marchés et des services publics.

Cette élection intervient quelques semaines après l’adoption d’une nouvelle Constitution, approuvée fin septembre par référendum, là encore dans un contexte de boycott de l’opposition. Selon les chiffres officiels, la participation à ce référendum aurait atteint 91 %. Le nouveau texte constitutionnel autorise les membres de la junte à se présenter aux élections et a ainsi ouvert la voie à la candidature de Mamadi Doumbouya. Il a également modifié la durée du mandat présidentiel, portée de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.

Moustapha Ka prend les rênes de l’OFNAC sous le signe de l’intérêt général et de la responsabilité républicaine

Nommé président de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), Moustapha Ka a officiellement pris fonction en affichant une ligne de conduite claire : servir l’intérêt général et assumer pleinement la responsabilité républicaine qui s’attache à la mission de l’institution. Dans un discours à la fois sobre et solennel, le nouveau président a tenu à mesurer la portée de la confiance placée en lui par le président de la République, tout en rappelant la singularité de l’OFNAC, une structure née d’une exigence citoyenne profonde de justice, d’équité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dès l’entame de son propos, Moustapha Ka a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, Serigne Bassirou Gueye, qu’il a présenté comme un collègue respecté et un compagnon de parcours. Il a salué le travail accompli sous son magistère, soulignant que l’OFNAC a, au fil des années, consolidé ses bases institutionnelles, renforcé sa crédibilité auprès des citoyens et obtenu des résultats significatifs dans la prévention et la détection des pratiques de corruption. Un bilan d’autant plus méritoire, a-t-il reconnu, que ces actions ont souvent été menées dans un contexte exigeant, parfois marqué par des attentes fortes et des pressions diverses. Ce succès, Moustapha Ka l’a attribué à un effort collectif, mettant en avant l’engagement des membres sortants, des cadres et de l’ensemble du personnel de l’Office, qu’il a qualifiés de « gardiens silencieux de l’intégrité ».

Fort d’une longue carrière dans la magistrature et d’une implication dès la création de l’OFNAC en 2012, le nouveau président a insisté sur sa connaissance approfondie de l’institution, de son fonctionnement et de ses défis. Cette familiarité, a-t-il expliqué, lui impose une approche lucide et mesurée. Refusant toute tentation de précipitation, Moustapha Ka a affirmé que la lutte contre la corruption ne saurait se réduire à des actions spectaculaires ou ponctuelles, mais qu’elle se construit dans la durée, à travers la méthode, l’exemplarité et l’intelligence collective. Pour lui, l’efficacité repose autant sur la rigueur des procédures que sur la cohérence de l’action institutionnelle.

Au cœur de sa vision figure la prévention, qu’il considère comme le levier le plus durable et le plus efficace dans la lutte contre la corruption publique. Il a particulièrement insisté sur l’importance de l’éducation citoyenne, appelant à un investissement accru dans les universités, les écoles et les centres de formation afin d’ancrer, dès le plus jeune âge, une culture de l’intégrité et de la responsabilité. Selon lui, la sensibilisation et la formation constituent des remparts essentiels contre les dérives, en contribuant à façonner des comportements éthiques et à renforcer la vigilance collective.

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